Articles de yugcib

  • Le jardin enchanté

     

         Être aimé du plus grand nombre, c'est comme se promener dans un jardin enchanté à l'intérieur duquel on finit par ne plus être enchanté du tout... Et d'ailleurs, de ce jardin enchanté, l'on n'en connait peut-être pas les extérieurs aménagés...

    Ce jardin enchanté, dans les allées où l'on peut (et l'on ne s'en prive pas) s'y déculotter et déposer son caca , et où l'on y croise des visages amis louant nos fleurs cultivées et même parfois nos cacas qui les amusent... Ce jardin enchanté, il faudrait être convié par un jardinier de la Ville, à s'en extraire...

    Mais seulement voilà : aucun jardinier de la Ville ne vient... Et s'il vient, il est le plus souvent un imposteur ou une sorte de proxénète.

    Et pourtant, et pourtant... Il faudrait le faire le Voyage!... Le Voyage imprévisible et dangereux aux périls possibles en pays inhospitaliers...

    Aucun jardinier de la Ville ne venant, ou cet imposteur, ce proxénète venant et étant éconduit... Alors jamais le Voyage décidé...

    Entreprendre le Voyage sans y être convié... C'est peut-être ainsi que l'on quitte le moins ses amis, et que l'on en rencontre d'autres...

     

  • Artistes et écrivains décriés et controversés...

     

         Ce sont les artistes ou les écrivains les plus décriés, les plus controversés et parfois les moins aimés, qui m'interpellent le plus et aussi m'émeuvent. Alors s'ouvre à mon regard un horizon au delà duquel j'imagine un passage non pas vers quelque chemin qu'il me conviendrait de suivre, mais vers un espace de connaissance, de compréhension et de découverte des choses et des êtres... Un espace qui peu à peu s'élargirait et en lequel je me sentirais relié aux êtres et aux choses qui l'emplissent...

    Ces artistes là, ces écrivains là, ne sont pas forcément ceux qui me sont les plus sympathiques. Il y en a même parmi eux dont les comportements, les manières d'être, la relation qu'ils ont avec leurs semblables... Me hérissent.

    Mais il leur arrive de porter en eux une générosité inattendue et singulière, une humanité et un regard sur le monde sans concession à l'hypocrisie, à la médiocrité et à un “tout venant” bardé de repères idéologiques, culturels et autres.

    Ces artistes là, ces écrivains là, ne se compromettent pas. Alors ils me deviennent sympathiques et donc, fréquentables...

    Hommes et passant leur vie à divorcer dix fois, à culbuter des femmes, ils n'en sont pas moins hommes...

    Femmes “aimant ça” et se faisant leur vie durant, culbuter... Elles n'ont sont pas moins femmes... et féminité...

    La vraie générosité, la vraie gentillesse, cette dimension d'humanité pouvant exister chez un artiste ou chez un écrivain... Ne sont pas des salons où l'on se vautre sur des divans et que l'on emplit de toutes les haleines venues y puer et conspuer... Ce seraient plutôt des forteresses imprenables mais cependant ouvertes et ne dominant ni sur un territoire ni sur des gens.

     

  • C'est la musique, la plus belle écriture du monde !

         En écriture personne, jamais, n'égale ou n'égalera, comme en musique... Mozart !

    L'on peut ne pas aimer Émile Zola, ne pas “porter aux nues” Arthur Rimbaud ou Victor Hugo... Mais il me semble difficile de ne pas aimer Mozart.

    Je me souviens – pour l'avoir vu trois fois – de “Out of Africa”, ce film “légendaire”... Et donc de cette scène où l'on voit une troupe de singes (de grands singes) parcourant la savane et tout à coup, immobilisée devant un phonographe diffusant de la musique de Mozart...

    L'opérateur tourne la manivelle et la musique emplit tout le paysage, les singes s'approchent et se groupent en position assise...

    Il y a dans cette scène, quelque chose de surréaliste et de fantastique mais en même temps, d'une saisissante crédibilité... D'une crédibilité bien plus “crédible” à mon sens, que par exemple dans un film qui montrerait un ange justicier et flamboyant foudroyant de son épée une troupe de méchants guerriers à la solde d'un dictateur ou d'un sorcier sanguinaire...

    Dans l'écriture, toutes les écritures... Qu'on le veuille ou non, que l'on s'en défende ou pas, il y a toujours, inévitablement, directement ou indirectement... quelque chose de “manichéen”.

    Dans l'écriture mais aussi dans la philosophie, dans les idées, dans la pensée même...

    Mais peut-être la poésie est-elle une forme d'expression, un art, plus proche de la musique qui elle, me semble d'une dimension plus élargie et plus universelle dans son langage...

    J'ai dit une fois que j'aurais préféré être musicien – et si cela avait été possible un grand musicien – plutôt qu'un homme d'écriture...

    Mais je n'avais que mon écriture...

     

  • Paris Colmar

     

    Ah, Paris Colmar, Paris Colmar!...

    Tout le monde a entendu parler de cette marche de cinq-cents kilomètres de Paris à Colmar, presque légendaire et à laquelle participent tous les ans des marcheurs chevronnés et déterminés...

    ... Et le Yugcib, lui, voilà-t-il pas qu'il nous pond une histoire (à sa façon) d'un Paris Colmar... En train!

    Une “drôle de marche”, oui... À priori...

     

    Par ce froid et maussade matin de février, il prend le train à la gare de l'Est pour Colmar.

    Il s'était déjà “tapé” un Paris Brest, un Paris Moulins, un Paris Bordeaux... À la suite d'un échange de missives entre lui et une jeune femme...

    Elle s'appelle Ange Marie. Sur la photo, elle fait assez chic, joli visage, bien habillée...

    Il bosse de nuit. Il est un peu crevé... et pas dans le plus bleu vif de son âme... Le train part à 6h 13. Un express qui s'arrête dans toutes les villes de la ligne... Une chaleur à crever dans le compartiment. Et dehors, les arbres nus aux branches couvertes de givre, un paysage couleur de caca et tout plat...

    Que va-t-il lui raconter ? À Brest, À Moulins, À Bordeaux... Fiasco/fiasco...

    À Brest, l'arsenal, les Aristochats au ciné, une ballade en bagnole, les parents hyper sympa (ce qui l'avait beaucoup surpris vu son allure d'apache)... Mais la fille n'en avait à la bouche que pour son frère engagé dans l'armée, que pour ses études à terminer, selon ses dires...

    Il eût peut-être suffi d'un effleurement de doigts sur la manche de ce joli petit manteau rouge entr'ouvert sur une robe tout aussi jolie...

    Et la vieille Minette dans le logis des parents! Qui ne cessait de détaler de son coussin à chacune de ses approches!

    À Moulins elle s'appelait Madeleine et elle lui avait réservé une chambre à l'Hôtel du Parc.

    Cela avait “mouru en eau de boudin” en évocation de souvenirs d'enfance difficiles.

    Je vous aiderai, je vous aiderai”... qu'elle avait dit... Retour dans un autorail rapide par une journée de mars battue de neige et de grésil...

    À Bordeaux, c'était une jeune, encore jeune divorcée dont le petit garçon était très polisson ... Il “faisait pas le poids” ce mec en vélo qui n'avait qu'un sac à dos et des carnets dans les poches de son pantalon... Il y avait juste eu quelques frottements assez émouvants dont il était ressorti le slip mouillé...

    ... Deux heures de l'après midi. Gare de Colmar. Et quel froid! Quelle grisaille!

    Elle est là... Il la reconnaît tout de suite. Un grand manteau mais de bonne coupe. Le cou tout emmitouflé dans une longue écharpe de laine joliment nouée et tombant sur un côté du manteau.

    Le visage... Ah, le visage! Un peu “chevalin”... mais bon... quelque chose de chic et de discret, presque émouvant...

    Le “vous” disparaît au bout de quelques phrases... ça a l'air “bien parti”...

    Sa deux chevaux est garée sur la parking de la gare. Comme prévu, ils se rendent à l'auberge de jeunesse où il “crèchera” - en principe – trois nuits...

    Visite de l'auberge de jeunesse, puis tour du centre ville. Les boutiques (confiserie, antiquités, prêt à porter féminin...)

    Elle habite dans un tout petit studio (une chambre quelque peu séparée d'un coin cuisine) situé au sixième étage d'un immeuble de la place de la cathédrale... Les deux fenêtres sont mansardées.

    Avant le tour de ville, elle le fait monter, l'invite à entrer, lui propose de prendre un café... Et elle se change. La température s'est subitement adoucie, le ciel s'est dégagé. Elle apparaît vêtue d'une robe bordeaux, en laine, de très bonne coupe, ses jambes gainées de bas foncés. Elle n'a plus se dit-il, ce visage chevalin comme tout à l'heure à la gare... Elle est même émouvante.

    Ils “font les boutiques” autour de la place de la cathédrale. Elle a l'air assez chic tout de même. Il se sent presque bien à ses côtés...

    La nuit vient... Ils gravissent, lui derrière elle, les escaliers du vieil immeuble. Ils vont passer la soirée ensemble et elle le raccompagnera à l'auberge de jeunesse.

    Elle avance deux chaises en face d'une petite table puis passe au mini four deux quiches... Elle sort d'un petit meuble bas, une bouteille de vin... Du Pinot Gris...

    La bouteille à peine entamée, les deux quiches avalées, le papier gras encore sur la table avec les miettes éparses , elle se rend quelques instants dans sa chambre d'où elle revient soutenant un énorme album de photos...

    Elle ouvre l'album...

    Un moment de “flottement”... Une étrange sensation de bien être mais en même temps, une hésitation comme à tendre son visage juste au dessus d'une fleur dont on a perçu l'essence délicate mais qui, parce que cette fleur est une fleur chez la fleuriste, et que c'est veille de fête des mères avec plein de monde dans la boutique, l'on n'ose sentir à la vue des gens...

    Elle est bien coiffée, la nuque dégagée, la peau blanche piquée de légères taches...

    Il lui vient comme un courant électrique dans les doigts de sa main gauche qui se sont approchés de sa main à elle, posée sur le bord de la table...

    L'album... Oh, l'album!

    Rien que des photos d'elle avec des bonnes soeurs...

    La plus belle... La plus éclatante... À Rome sur la place Saint-Pierre... Elle “pose” aux côtés du Pape...

    Rien que des photos de bonnes soeurs, des pages et des pages de photos où on la voit en compagnie de bonnes soeurs...

    Voyages de lieux saints, visites de cathédrales, processions, pélerinages... Des cars de curés, ou de filles en uniformes bleus...

    Elle lui raconte son enfance...

    Enfant de l'assistance publique, puis recueillie par les Soeurs... Éducation et pensionnat dans un établissement catholique...

    Ah”... “Oh”... “C'est toi, là?”... Il ne sait plus quoi dire... Il est comme “gelé”...

    Il n'y a pas, il n'y aura pas d'effleurement de doigts...

    Vers onze heures le soir sous la nuit étoilée et froide, elle le raccompagne à l'auberge de jeunesse. Ils se donnent rendez-vous pour le lendemain dimanche à midi... Elle viendra le prendre à l'auberge de jeunesse...

    Dans la nuit, sur le lit de l'AJ, dans son “sac à viande”, il lui vient des insomnies... et un trouble... ça lui fait au plus profond de lui comme un galop de chevaux fous traversant un orchestre aussi long qu'un paysage, et le visage et la silhouette d'Ange Marie jetés sur lui, doucement jetés... Il a un râle, un long râle...

    Ah, putain, quelle Amérique sur le “sac à viande”!

    Il n' y avait plus de bonnes soeurs, plus de pape, plus de cars de curés et de filles en uniforme bleu...

    Dimanche midi. Elle est pile à l'heure au rendez-vous. Elle a la même robe qu'hier...

    Elle dit “ nous allons à la cafétéria du Mammouth, on a rendez-vous avec un jeune couple d'amis à moi. Ils viennent tout juste de se marier en janvier, tu verras, ils sont très gentils”...

    Très chic en effet le jeune couple...

    Ils ont beaucoup aimé les histoires qu'il leur a raconté... Des histoires de son invention. Rires, regards, émotion... Mais par moments tout de même, un peu de gravité...

    Un peu traditionalistes et de style “vieille France” du genre “qui va à la messe aux Grands Jours”, les amis d'Ange Marie... Mais sympas.

    De toute manière, il n'a jamais été, lui, du genre à “rentrer dans le lard” des gens qui ne sont pas de son monde, à partir du moment où il y a un fond de gentillesse dans l'air.

    Un peu “gavatcho”, un peu anarchiste, sac à dos vélo auberges de jeunesse et auto-stop, fringué comme un as de pique, hirsute de barbe et de cheveux, oui certes... mais il a de la ressource et de l'imagination... enfin pas toujours...

    Il n'y a qu'avec les acides, les perfides, les constipés de première ou les arrogants, les imbus de certitudes et les condescendants... qu'il se frite! Ceux là en général, quoi qu'il fasse, qu'il dise ou ne dise pas, qu'il écrive... Il sait qu'avec eux c'est foutu/foutu... Alors, là, oui, on peut “voler dans les plumes”!

    Après le repas à la cafétéria du Mammouth, ils se rendent au col de la Schlucht. À deux voitures. La deux chevaux d'Ange Marie (poussive sur la route enneigée du col) devant, et la R8 du jeune couple ami, derrière... Une magnifique après midi grand soleil grand bleu de février ...

    Mais en haut, pas de luge ni de ski... Juste un café dans un bar, puis longé les barrières et retour à Colmar...

    Ah, le retour... Le retour!

    Les amis les avaient quittés à la Schlucht car ils descendaient vers Gérardmer...

    L'un à côté de l'autre dans la deux chevaux, Ange Marie au volant, pas un mot ne fut prononcé...

    Trente kilomètres rien qu'avec le bruit du moteur de la deux chevaux...

    Pas un mot, pas un regard l'un vers l'autre...

    Il est sans ressource...

    Ça lui porte sur l'estomac...

    Il étouffe, il n'en peut plus... Il est obligé de lui demander de s'arrêter, juste avant d'entrer dans Colmar...

    Ouvrant la portière de la deux chevaux, il s'arcboute, se tient le ventre et se met à vomir tout ce qu'il peut...

    Sans un mot, elle s'arrête devant l'auberge de jeunesse...

    Il descend, elle redémarre aussitôt...

    Le lendemain matin, le “père aub” au moment de son départ, lui remet une petite enveloppe...

    Dans l'enveloppe ce mot d'elle : “Ce n'est pas la peine de nous revoir”...

    Retour le lundi matin, départ 10h 24 pour Paris Est...

    Même temps gris et froid qu'à l'aller... Paysage couleur de caca et arbres dénudés aux branches couvertes de givre...

    Retour sans magie... ou presque...

    La bosse dans le pantalon... En face d'une jeune femme chic dans le compartiment, jambes ravissantes croisées et un panier à minou à ses côtés... Et un vieux type en gabardine crasseuse, pas rasé, la main enfoncée dans une poche de la gabardine, comme s'il tenait un revolver, à l'autre bout du compartiment côté couloir...

     

    Cela n'avait tenu qu'à un demi centimètre de bout de doigt, ce demi centimètre qui, franchi, lui aurait fait se jeter doucement sur elle... Mais c'était un geste, un tout petit geste, ce doigt posé sur sa main, puis sur sa nuque, qu'il avait senti grave à accomplir... Elle eût pu devenir sa femme... Sans doute le serait-elle devenu... Il y avait en elle un fond de vraie gentillesse...

    Il aurait été à l'église, oui...

    Mais putain, toutes ces photos de bonnes soeurs, ces curés... !

     

    Un jour, une lettre de 14 pages écrite à une autre “jeune femme chic” aurait raison d'un “hier passé à tirer la langue”... Et là, pas de curé, pas de religion, et le “demi centimètre” serait franchi sans la moindre hésitation mais avec une certaine gravité...

     

    ... Imaginons une issue différente à la fin de cette histoire...

     

    Il ouvre l'enveloppe. Ce petit mot d'elle “ce n'est pas la peine de nous revoir”. Son train pour Paris Est part à 10h 24. Il décide de le rater, ce train...

    Il se rend place de la cathédrale. Il est neuf heures du matin. Il tocque à la porte de son petit studio au sixième étage du vieil immeuble.

    Elle ouvre. Ils se regardent... Elle est habillée, coiffée... Elle lui dit d'entrer. Sans un mot il se jette sur elle...

    Les mots viendront après...

    Elle lui dit : “pour l'église, t'en fais pas, j'ai pas de famille, ça sera comme tu voudras. J'aurai pour témoins les amis dont tu as fait hier la connaissance. Ils t'adorent...”

    Et il lui dit “ j'aurai pour témoin mon ami, celui dont je t'ai parlé et qui a crapahuté dans toute l'Europe en auto stop et qui a vendu son sang en Grèce pour acheter à manger, et qui s'est marié en décembre dernier. Il viendra avec sa femme”...

    ... Cinq ans plus tard, il se tue bêtement lors d'une chute en vélo en descendant “à fond la caisse” le col de la Schlucht.

    ... Il a mieux valu que “ça se passe comme ça a eu lieu”, l'histoire...

     

     

  • La jeune femme dans la vitrine, sans caca dans le ventre

     

    Dans le domaine du virtuel – et toute relation par messages et échanges sur les forums du Net est forcément virtuelle - le sourire, le regard, l'effleurement de lèvres, la main qui touche, la voix... Ne peuvent passer à travers l'écran d'un ordinateur...

    Il y a bien "Web cam" (et autres technologies) mais bon...

    ... Tout au plus (ou "au mieux") peut-on "écri-sourire", "écri-regarder", "écri-lèvriser", "écri-toucher'"... "écri-visager"...

    ... Et si "tout"... dans le réel, dans le virtuel... dans le "virtuoréel"... N'était que chimères? Étroites ou lumineuses et vastes chimères? Chemins de poussières d'étoiles éclatées sciant en musique l'espace cosmique ?

    ... De toute manière quand la "purée" est partie, que les "tartinettes" ont fini de castagner, que le rêve est envolé... ça ressemble à un petit bout tout fripé de ballon de gosse...

    Le virtuel ? les forums? les blogs? Ils faudrait déjà qu'ils... qu'elles s'habillent comme des jeunes femmes chic!

    Parfois, il arrive qu'un espèce de clodo se plaque sur la vitrine, se mette à saliver devant un mannequin joliment arrangé, puis pète la vitrine et se barre avec le mannequin sous le bras... jusqu'à une cabane dans les bois, une cabane connue de lui seul, lui, le clodo...

    Les “Conventionots”, ces êtres qui ne sont ni des clodos ni des barjos ni des “Ulumunus”... Et qui n'ont pas – en apparence – de “vices méchants”... Ne pètent pas les vitrines et ne se barrent pas avec la “jeune femme sans caca dans le ventre”... Mais ce sont eux, les “Conventionots” qui sont la loi du monde, cette loi du monde bardée de religion, de morale et de repères sécurisants, et qui poncent les planchers pour que disparaissent les traces des rêves...

    Dans le domaine du virtuel, “relationnellement parlant”, l'on demeure cependant dans le spectre si élargi soit-il, du “tout venant”... Et les chimères n'en deviennent que plus étroites encore, du fait de la largeur du spectre qui leur donne la possibilité de se multiplier en un nombre quasi infini de fils momentanément argentés et lumineux...

     

     

  • La vraie gentillesse

     

    La vraie gentillesse est quelque chose de tout à fait exceptionnel qui, chez les gens en règle générale ne se manifeste presque jamais ou seulement en des occasions toutes particulières dans la relation... Elle est le fait, très rare, de seulement quelques personnes parmi des centaines et des centaines de personnes en ce monde.

    Mais ce que l'on rencontre le plus souvent, c'est ce que j'appelle “le tout venant” dans la relation...

    Et dans le “tout venant” il y a toutes sortes de nuances, comme dans un immense spectre, très élargi, de couleurs différentes jusqu'à l'une de ses limites ou bords, d'un côté ou de l'autre...

    Il faut donc s'accommoder du “tout venant”, et recevoir, éprouver la vraie gentillesse lorsqu'elle se manifeste, comme un “cadeau du ciel”, quelque chose qui n'est jamais un dû, ni une récompense ni “allant de soi”...

    La vraie gentillesse n'a rien à voir avec le fait d'être un grand écrivain, un grand penseur, un poète ou un artiste talentueux ; n'a rien à voir avec l'âge que l'on a, si l'on est un homme ou une femme, si l'on est cultivé ou pas, si l'on est Africain, Asiatique, Landais, Vosgien, Américain ou Australien...

    La vraie gentillesse est... Ou n'est pas.

    Mais le plus souvent, hier ou aujourd'hui, elle n'est pas... Et celui ou celle qui la porte en lui ou en elle depuis son enfance, n'a pas à se sentir en “exil” dans le monde du “tout venant”, n'a pas à rougir de l'avoir alors que tout autour de lui ou d'elle, bruit ce monde de criailleries, de trépidations et de moqueries...

    La vraie gentillesse cependant, s'élève comme une petite herbe dans la fissure d'un caniveau, ou un rameau entre deux moellons sur la façade d'un bâtiment...

     

  • L'aléatoire

     

         Le caractère aléatoire des choses de la vie, de tout ce que l'on réalise, de tout ce que l'on exprime, de tout ce qui survient ou ne survient pas dans notre vie pour telle ou telle raison justifiée ou non... M'a toujours fasciné et interpellé... M'a toujours paru en définitive plus « juste » - et peut-être plus « moral »- si je puis dire... Il y a là une vraie réflexion, grave, profonde, sans réponse « toute faite » ou « proposée »...

         Dans l'aléatoire il me semble qu'il y a comme une « vérité naturelle » - ou « cosmique » même... Une « vérité » qui mettrait tout le monde, tout ce qui existe, sur un même « plan d'égalité » - ou d'uniformité – mais comme un prisme qui aurait un nombre infini de facettes, de facettes différentes les unes des autres en nuances de couleurs et de luminosités...

     

  • Voltaire disait...

     

    Voltaire je crois, disait qu'il fallait "un peu de religion au bon peuple" afin qu'il ne donne libre cours à ses instincts primaires et qu'il se "civilise" un peu... Ce qui sous-entendait que les gens plus "nobles" ou plus et mieux éduqués... n'avaient pas besoin de religion.

    Je ne tiendrais pas pour ma part, tout à fait le même discours que Voltaire...

    D'abord il n'y a pas de "bon peuple" (bon ou mauvais ou inculte ou crédule). Il n'y a que le peuple “tout court” tel qu'il est dans l'environnement qui est le sien...

    Ensuite, les "nobles" (en esprit et en coeur - ou en tout ce qu'on voudra selon les valeurs qui ont cours en ce monde), les "éduqués"( le "gratin" quoi)... Ont peut-être besoin de la religion dans la mesure où la religion conforte leurs principes "moraux" et les assoit sur les sièges du haut desquels ils dominent ou prétendent dominer...

    Je dirais plutôt qu'au peuple il ne faut pas de religion. Mais je dirais cela de manière à ce que le peuple découvre lui-même sans y être forcé... que la religion est inutile. Car je crois le peuple doué d'une certaine intelligence que malheureusement on lui a comme interdit d'avoir.

     

  • Tradition chrétienne et catholique

     

    J'écoutais sur France Culture la semaine dernière une émission (je ne souviens plus de laquelle et je n'avais pas pris note) où il était question de “l'héritage Chrétien” (ou Catholique) en France...

    Je ne puis dans l'exactitude reproduire les mots qui furent dits, mais voici le sens général :

    Dans notre pays, une longue tradition chrétienne et catholique constituerait un socle culturel, une base commune et originelle, de la même façon que le seraient, les fondations d'une maison ou d'un bâtiment...

    Et c'est ce “principe fondamental” qui était alors présenté dans l'émission, comme étant en quelque sorte la “valeur” à “mettre en avant” ou à restaurer et qui devrait “faire référence”.

    N'en déplaise à ceux et celles de nos concitoyens dans ce pays, qui souscrivent à ce genre d'idée... “L'héritage chrétien et catholique en tant que socle à mettre en valeur, en tant que référence culturelle et morale”... je m'y assois dessus!” Et je dis “merde”!

    Que ce soit en France ou ailleurs, de tous temps à jamais, aucune civilisation humaine présente ou passée et se réclamant d'un fondement religieux ou d'un culte, n'est plus “morale” qu'une troupe d'animaux sauvages ou qu'une communauté d'un million de fourmis dans une fourmilière...

    Si l'on devait parler de “morale” c'est à dire donner un sens à un mot inventé par les hommes... Alors les animaux c'est à dire tous les animaux à l'exception des humains, seraient à mon sens “plus moraux” que les Humains...

    Mais il paraît (c'est ce qu'on lit dans la Bible) que Dieu a donné pouvoir, tous pouvoirs, à l'homme sur tout ce qui vit, se meut et pousse sur la Terre... Et donc, le droit de se servir d'un animal (ou de toute forme de vie animale et végétale) comme bon lui semble, pour son profit et pour son bien-être.

    Comme il est confortable et empli de certitudes rassurantes, ce pouvoir donné par Dieu à l'homme! Un Dieu qui, au moment de créer la femme (une “compagne” ou “auxiliaire utile” à l'homme selon l'idée originelle) n'a rien trouvé de mieux que d'extraire une côte à Adam pour y modeler dedans un corps de femme!

    Comment une femme, digne de sa féminité, de tout ce qui la fait femme, peut, tout au fond d'elle même, en se sentant cependant chrétienne et catholique s'il en est... traiter ce passage de la Bible évoquant la côte extraite d'Adam?

    ... Bien sûr, l'on peut (Science et Connaissance obligent et obligeront de plus en plus)... Envisager un sens “philosophique” à “cette affaire là” (et à bien d'autres)... Il n'en demeure pas moins que ce qui est écrit l'est! (et écrit comme sur de la pierre)!

    ... Il y a tout de même quelque chose que j'aime bien, chez les Chrétiens (et les autres)... À propos de “ces conneries d'horoscope, de voyance, de magie et d'occultisme” : “ils peuvent pas blairer” (du moins les “vrais croyants et pratiquants” selon la doctrine)... et moi non plus!

    ... Il y a en outre (mais seulement lorsque c'est vraiment sincère et émouvant) quelque chose d'autre encore, que j'aime bien chez les Chrétiens (et les autres) : quand on parle d'amour, de gentillesse, de mansuétude, de pardon (mais pas systématiquement), de charité, de partage... (Tout ça, soit dit en passant, c'est ce qui existe chez les animaux sous une forme et avec des applications différentes mais peut être plus efficaces : par la solidarité instinctive de l'espèce pour sa survie, son évolution, son existence, sa faculté à se reproduire, s'organiser, s'adapter , vivre en symbiose avec d'autres êtres vivants ou végétaux, y compris dans les conditions environnementales les pires qui soient)... Et si l'on veut vraiment parler de “morale”, alors elle bien là, pour moi, cette “morale”! Et pas dans les religions, ni dans la politique ni dans les idéologies ni les civilisations humaines policées, règlementées, segmentées et aujourd'hui de plus en plus formatées...

     

  • Le prix des choses vécues

          Ce qui manque peut-être le plus à notre époque (celle qui commence depuis les années 90 du 20 ème siècle) c'est du prix aux choses vécues. Ce prix qui est fait de l'élan, du rêve, de l'action, de l'énergie, de la volonté, de l'intelligence et de l'imagination que l'on met afin que les choses soient vécues ; ce prix qui est fait de tout ce qui est ressenti, qui a de l'écho, de l'émotion, de la consistance, qui prend de la mémoire et se partage dans ces “choses vécues”... Et c'est dirais-je, le “coulant” qui prend le dessus sur le “prix”, ce “coulant” qui nivelle tout sur son passage et décolore les émerveillements...

    "les choses vécues" ayant quelque peu perdu le prix qu'elles avaient au profit du "coulant"... l'on se passe du style, de l'âme et de la pensée comme l'on se passerait de vêtements devenus peu aisés à porter... Il est en effet plus aisé -et surtout plus "loisiresque", de se ballader sur des plages, des boulevards ou des terrasses de café, avec des bermudas et des maillots imprimés de slogans... De "bloguer" entre copains en se racontant et s'échangeant les derniers potins de la bande, les dernières vidéos et clips sensationnels...

    Sans doute y-a-t-il là une culture "toute autre", qui a aussi sa place dans le monde... Et le seul reproche en définitive que j'adresserais à cette culture, c'est de n'avoir de la part de ceux et celles qui en font leur "pain quotidien"... que de l'ennemour... cet ennemour qui imite si bien -ou si mal – l'amour.

     

  • La liberté est trop belle pour que l'on fasse n'importe quoi avec !

     

    La liberté est trop belle pour que l'on fasse n'importe quoi avec”...

    Je l'ai déjà dit.

    Je le répète...

    À quand un ministre de la Culture – ou de l'Intérieur- qui donnera un grand coup de poing sur la table et sera à l'origine d'une loi qui interdira -et fera fermer d'office sans préavis, tous ces blogs et ces sites, ces vidéos et ces films qui circulent librement sur le Net et que leurs auteurs truffent d'images, de photos scandaleuses et brutales où l'on voit par exemple :

    -Des hommes divorcés montrant ce qu'ils firent dans l'intimité avec leur ex-femme...

    -Des filles de douze ans montrant leurs deux papas au pieu (quoique ces filles là ne doivent pas être légions, tout de même!... Mais avec tout ce qu'on voit circuler sur le Net, il faut s'attendre à tout...

    Bien sûr ces “exemples” là sont extrêmes... Et je ne vais pas perdre mon temps à vérifier! Je sais seulement que “ça” existe...

    Il y a “moins extrême” certes... Mais tout aussi vulgaire, tout aussi brutal, ignoble, injurieux, discriminatoire, perfide, voyeuriste...

    Passe encore que l'on raconte à ses copains/copines ses états d'âme, ses “coups de blues”, ses amours ratés, ses coucheries, ses “problèmes intimes” et autres petits évènements de sa vie... Avec des participes passés en “er”, des mots à moitié bouffés ou d'un style “SMS”... Ou en s'échangeant des photos un peu raides et d'un rire facile... Oui, passe encore!

    Mais de grâce, assez de violence et de vulgarité abjecte, de pornographie et d'intimités dévoilées !

    ... Et à côté de cela, dans l'immensité de cet univers des blogs, des sites et des forums ; lorsque surgit un poète, une femme ou un homme d'écriture et de pensée, personne ni aucun média ne semble s'y intéresser : là, il n'y a pas de promotion!

    D'autre part, est-il “normal” qu'un auteur ayant reçu un prix littéraire et susceptible d'être invité dans un ou plusieurs pays étrangers lors de salons ou de conférences, tienne certains propos un peu “lestes” même si de tels propos seraient en partie justifiés ?

    Toute hypocrisie me révolte, toute sincérité et tout ce qui est “du fond de ses tripes” m'émeut, m'interpelle (et je partage dans mon esprit et dans mon coeur une telle sincérité même sans “fioritures” et crue)... Mais toute violence (même juste) qui atteint un être, des hommes, un pays, une nation, dans ce qu'il y a de plus “naturellement humain” en cet être ou en ces hommes, dans ce qu'il y a de plus “naturellement particulier et recevable” en un pays, en une nation... Me révolte aussi...

    Il me semble qu'en certains moments, dans telle situation particulière et qui ne se renouvelle peut-être pas, à un certain niveau de relation, lorsque l'on se trouve invité à dire le regard que l'on porte sur le monde, sur l'actualité... En tant qu'écrivain ou artiste, ou Intellectuel ou Scientifique... On ne peut plus se comporter, ni écrire ni parler “comme le commun des mortels” ... Et je sens bien alors, à quel point il est difficile de concilier une certaine humilité avec cette consistance empreinte de gravité que l'on peut porter en soi...

    ... J'en reviens à cette idée qui m'est venue sous le coup d'une grande colère et qui est celle d'interdire et de fermer ces blogs “scélérats”, ces sites abjects...

    Et je réfléchis en ce sens :

    Le monde est le monde (il l'a d'ailleurs toujours été et le sera toujours jusqu'à la fin)...

    Et si “le monde est le monde”, alors le Net est aussi tel qu'il est... C'est à dire aussi dur, aussi injuste, aussi “crasse”...

    Rien ni personne, ni aucun “espèce de dieu” ni aucune “entité philosophique ou idéologique ou d'une quelconque pensée”... Ne peut faire que la nuit ou le jour, l'ombre ou la lumière, la vie ou la mort, ne soient plus.

    ... Et que serait la vie sans la mort?

    Que serait la poésie sans la vulgarité?

    Que serait la littérature sans le langage ordinaire de tous les jours?

    ... Ce que j'aime dans la violence, c'est sa capacité à acquérir de la consistance, du talent, de la dérision et de l'humour. Et en ce sens, elle devient plus violente que la violence la plus brute et la plus habituelle. Je pense aussi que cette violence là, porte en elle une très grande dimension d'humanité.

    ... Ce que j'aime dans la conception de “l'homme révolté” d'Albert Camus, c'est que cet homme révolté est en puissance, en dimension, tout d'abord, un homme qui pense, qui réfléchit, qui “pèse et sous-pèse” (le pour et le contre), qui se sent intimément responsable de ses écrits, de ses propos et de ses actes... Mais c'est aussi, parce qu'il est homme, et seulement homme et animal, un homme déchiré parfois, un homme pouvant être traqué jusque dans ses derniers retranchements... à cause du genre de révolte qu'il a en lui et le fait souvent seul parmi ses semblables...

     

  • Les vrais amis...

     

    À qui confier ses préoccupations d'ordre littéraire ou artistique sinon à ses “vrais amis” ?

    C'est à dire à ces très rares personnes qui, une fois rencontrées, vues et revues, n'ont jamais cessé de se manifester d'une manière ou d'une autre que ce soit en entretenant une relation par courrier ou par un forum du Web ou un blog, ou par des rencontres rendues possibles, ou encore par quelque chose existant dans la relation, que je définirais comme le contraire d'une forme d'autisme?

    Car il y a bien -à mon sens – une forme d'autisme (n'ayons pas peur du mot) à se senir “étranger”- et donc farouchement solitaire voire grégaire et sans doute en révolte ouverte – dans un monde relationnel ayant pour fondements essentiels les valeurs d'apparence et d'appartenance à un système.

    Je dis, j'affirme qu'il n'y a pas d'amis dans “ce monde là”, ce monde de la compétition, des apparences et de la notorité, du charisme, des médias, de la “Star Académy planétaire”! Ce monde des forums-scènes du Web, des blogs-cathédrales et de toutes sortes de productions diffusées à grands coups de pubs, ce monde de polémiques à n'en plus finir, ce monde où tout un chacun veut avoir le dernier mot, ce monde de violences et d'hypocrisies et de condescendances, ce monde “trou-de-balesque”, parfois raciste, sexiste et dont les représentants (humains) les plus en vue, les mieux considérés et les plus influents se prennent quasiment tous pour des “cadors”, sont sortis des grandes écoles... Ou sont partis de rien -comme ils disent- avant d'être devenus ce qu'ils sont aujourd'hui...

    Non il n'y a aucun ami dans un tel monde : seulement et de temps à autre au gré des modes et des engouements (et de la grossière alchimie des Médias)... Des admirateurs, des “fans”, des “clones”, des gens qui t'applaudissent et te bissent mais te maudissent si tu ne plais plus ou si tu te “plantes”!... Ou si tu “fais un peu le con”!

    Dans un tel monde au milieu de telles gens, et dans le genre de relation qui se construit et se déconstruit dans ce monde là... Vient cette forme d'autisme de celui ou celle qui devient incapable de s'intégrer et de participer à ce monde là... Il vient là, oui, un véritable et insurmontable problème de communication avec des gens qui déjà, alors que tu viens à peine de commencer à t'exprimer, te “clouent le bec” ne serait-ce que par le regard qu'ils portent sur toi!

    Là où tu es irrémédiablement “écrasé” (pour ne pas dire écrabouillé)... Tu n'es plus rien, tu n'as plus ta place... Il ne te reste alors que ta violence et la volonté farouche, démesurée, laminante, de donner du talent et de la consistance à cette violence, de lui faire prendre parfois un coeur et un esprit d'enfant, afin qu'elle étonne tout au moins, si elle ne peut faire tomber les murs...

    Avec les “vrais amis” il n'y a plus d'autisme. C'est à dire : plus cette forme d'autisme. Et “ce monde là” alors, commence à crever dès lors qu'on commence à plusieurs, à le faire crever. Car il faut qu'il crève, ce monde là! Ou qu'il devienne minoritaire, qu'il “morde à son tour la poussière”!

    À qui confier ses préoccupations d'ordre littéraire ou artistique lorsque ces préoccupations ne sont pas -ou plus – tout à fait les mêmes que celles de tous ces autres aspirants à “la place au soleil”, sinon à ses “vrais/vrais amis”?

    Chacun sait bien qu'il n'y a pas en vérité, de place pour tous, sous le soleil! Et qu'il en faut monter, toujours plus haut, de ces échafaudages afin d'accéder à cette gigantesque plate-forme soit-disant plus proche du soleil que le fond de la vallée d'ombre où l'on se meurt d'ennui et de piétinements.

    S'il n'y a pas de place pour tous sous le soleil, c'est peut-être son propre soleil qu'il faut tenter d'inventer, ou d'extraire de cette parcelle d'univers que l'on porte en soi... Et si on le peut, diffuser l'idée qu'il est possible d'extraire le soleil que l'on porte en soi dans son univers.

    Mais on ne passe pas au travers de cet “autisme en soi devant le monde barricadé” sans y laisser un peu ou beaucoup de sa peau...

     

  • Le style

     

    Rivarol, non sans hauteur mais avec beaucoup de lucidité, a déclaré :

     

    Le style n'est rien, mais rien n'est sans le style”...

     

    Et je dis pour ma part :

     

    Le style n'est rien, parce qu'en règle générale il en fout plein la vue même s'il véhicule des jolis mots dans son mouvement le plus élégant qui soit... Alors s'il arrive à en foutre plein la vue avec des mots plats ou vides de sens, n'en parlons pas!

    ... Mais rien n'est sans le style quand le style vient tout droit -et comme la lave d'un volcan- du plus profond du coeur du réacteur en soi... Et c'est en règle non générale que l'on fait du style avec le coeur de son réacteur. Et c'est dommage que l'on fasse si souvent du coeur de son réacteur avec seulement des mots-pets sans un pet de style... Comme on le fait la plupart du temps dans ces forums du Web de cinquante mille inscrits et aux cinquante mille réactions épidermiques, dans ces blogs confettis qui se satellisent autour d'une même étoile appelée Facebook ou Skyrock”...

     

  • "Affreuseries" de la vie

     

    Les petites “bintzeries” de la vie quotidienne, à poil dans l'appart'!

    Toutes ces singeries civilisées entre voisins de palier ou dans le hall de la mairie!

    Nénés qui frétillent au dessus d'une poêle à frire!

    Jolie femme qui pète!

    Bel homme qui rote!

    Fromages qui puent et longues traînées brunes sur le verre du grand pot de moutarde presque vide!

    Frigos qui fleurent, la porte un instant entrebaillée!

    Assiettes de la veille au soir enduites de beurre d'escargot refroidi!

    Salades composées barbouillées de mayonnaise rose au jaune d'oeuf et aux crevettes puant le sexe sale sur des assiettes en carton posées sur les genoux, une fesse sur le canapé en face de la télé!

    Pourvu qu'il y ait un trou et que ça fleure bon la fesse fraîche!

    Haleines de bébés-dinosaures au p'tit dèj, en pyjama fripé et gratouilles les ongles noirs dans l'entrejambe!

    Café au lait tiède “peauhant” en surface et tartines beurrées au munster avancé!

    Le choc des viandes sur un lit défait qui pue la sueur et le foutre!

    L'ordi qu'on rallume, une canette de bière à côté du clavier, en bermuda de clown torse à poil à midi moins le quart quand toute la famille et les invités sont prêts à se mettre à table!

    Cartons de pizza balancés de la bagnole sur le trottoir et cendriers vidés au feu rouge!

    Coups de klaxon et appels de phare rageurs de jeunes et vieux chauffards mâles, imbéciles et pressés!

    Pourvu qu'il y ait un trou et que ça fleure sexe la fesse!

    Pourvu qu'il y en ait pour moi!

    « T'as pas cinq euros, je vais chercher un DVD? » Glapit « Bac plus 2 » vautré sur le canapé devant la télé!

    « Ah, putain qu'elle est lourde la carafe d'eau! » Gémit le pauvre vieux au bras tremblant et fragile comme une allumette en paille, à la table de réfectoire de la maison de retraite!

    « Merde! Y'a plus un radis sur le livret bleu d'la mémé! » Crie comme un putois le jeune neveu aux dents longues et au portable 3G plus !

    « Alors il se maille le cul ce connard? » Gueule comme un veau de la vitre baissée de sa bagnole, le trentenaire bouffé de crédits et pressé d'enfiler le rond-point!

     

    ... C'est contre toutes ces “affreuseries”, déjà, qu'il faut se battre! Qu'il faut se révolter!

    ... Et de toute mon écriture je me révolte! De cette écriture que je diffuse et qui se love dans les plis de la Toile jusqu'à ce qu'un « Slip Bingo basse taille/ Bac plus 2 pète devant le frigo ouvert » ou une « Troune du Cune tout aussi Bac plus 2 et soft citadine/portable 3G/ Macdo/ Macdrive » ou encore un « p'tit costard attaché case/crédit conforama/télé home cinéma/ pressé dans les rond-points »... Y tombe dessus! Et que ça fasse comme la grosse mouche réveillée qui d'un brusque et insolent bourdonnement, te saute au visage depuis le pli de la Toile où elle était lovée, en embuscade !

    ...Pour que la carafe d'eau soit plus aussi lourde sur la table de la maison de retraite!

    Pour qu'il y ait un peu plus de “chic”, de “classe” et de gentillesse entre les gens que nous sommes!

    Ça n'a l'air de rien, mais ça commence peut-être par un coup de brosse à dents avant le p'tit dèj , le pet qu'on retient, l'ordi qu'on allume pas avant de se mettre à table, et tous les coups de klaxon rageurs en moins!

    «Parole, parole... » chantait Dalida!

    «Bagnole, bagnole... klaxonne, klaxonne... Télé, oh Télé, c'que t'es laide... » Chant'-je!

     

  • Sous postérité de 600 ans, ou postérité de 50 ans ?

     

    "Il suffit d'ouvrir un manuel de littérature grecque ou latine pour constater que les belles époques littéraires sont d'un demi-siècle alors que les littératures dites de décadence durent six-cents ans"

    [Julien Benda]

     

    ... Il me sied peu, fort peu sinon pas du tout, pour ma part, d'entrer dans une postérité qui durerait six-cents ans...

    A priori, la postérité d'une durée de cinquante ans me conviendrait mieux!

    ... A mon avis l'on doit "se sentir mieux" dans une époque littéraire qui entre dans une postérité d'un demi-siècle.

     

    ... Qu'en est-il de NOTRE EPOQUE littéraire ? Que penser d'une "postérité en exil" comme un étrange pays que l'on n'oublie pas après l'avoir vu et visité mais dont la carte figure sur un immense Atlas complètement décoloré, un atlas dont on tournera les pages durant six-cents ans?

    Et ne vaut-il pas mieux que "l'étrange pays que l'on n'oublie pas et vers lequel on retourne" puisse figurer sur un bel Atlas dont aucune page n'est décolorée ?