Articles de yugcib

  • Le voyage en Norvège, 14 juin au 18 juillet 2009

     Quelques paysages, de Narvik à Alta le long de la côte...

    Sur le plateau du Cercle Polaire, entre Moi Rana et Fauske...

         

    Un hytter (sorte de cabanon en planches ou en rondins) équipé de couchettes superposées, d'une plaque chauffante, d'un frigo et d'un mobilier très sommaire : une petite table et 2 tabourets. Les WC et lavabos douches sont dans un autre bâtiment collectif...

         Un minou Norvégien 

         Trente quatre jours... Soit du dimanche 14 juin 2009 jour du départ des Vosges (La Chapelle devant Bruyères 88600) au samedi 18 juillet 2009 jour du retour dans les Vosges.

    34 jours dont 30 passés en Norvège...

    Des paysages fantastiques, immenses, tourmentés, rocheux, désolés, ou de forêts de conifères et de bouleaux, ou verdoyants et assez luxuriants proches de la mer de Norvège ; de magnifiques, tortueux et profonds fjords (de toutes tailles) entourés de murailles de granit et de pics enneigés (le plus beau c'est celui de Geiranger : 80 km de long entre massifs découpés, falaises granitiques et sommets jusqu'à 1800 m de hauteur)...

    La côte, complètement déchirée, éclatée et aux contournements infinis, hérissée de masses rocheuses et de pics, d'aiguilles et de crêtes enneigés (en moyenne 1200 à 1500 m d'altitude)...

    La côte, vertigineuse et d'une beauté absolue de Narvik à Alta et au Cap Nord (avec la traversée du Finmark aux hauts plateaux rocheux couverts de lichens, de mousses, de tourbes et de toundra)... Les îles Lofoten (68/70 degrés de latitude) tempérées par le Gulf Stream...

    Alesund, une ville de pêcheurs et d'activités nautiques, étirée sur une presqu'île en forme d'hameçon... Les fjords de la côte Ouest que l'on traverse en ferries ou par des ponts géants...

    Bergen et la “ville en bois” (tout le quartier du port) ; Oslo la capitale de la Norvège (548 000 hab) avec son hôtel de ville (Radhus) magnifique (là où est donné le prix Nobel de littérature en décembre), son palais du Gouvernement, son centre ville à l'architecture ultra moderne et futuriste, son port, son immense parc (Vigenlandparken)...

    Le centre de la Norvège (région de Lillehammer et de Röros) aux paysages polaires et de haute montagne (jusqu'à plus de 2000m)...

    ... Une rue de mineurs (mines de cuivre sur un haut plateau désolé près de Röros) Mais cette mine n'est plus exploitée :

    Des milliers de km parcourus par les routes de Norvège (innombrables tunnels comme des boyaux aux parois rocheuses et tourmentées), routes parfois très étroites et au bord de ravins à pic...

    La Norvège de l'extrémité sud à Halden (frontière avec la Suède) jusqu'au Nordkapp, sur des distances kilométriques effarantes (plus de 3000 dans un sens et 3000 dans l'autre)... Des paysages du bout du monde totalement désertiques et battus par les vents, seulement peuplés de rennes sauvages en troupeaux (dans le grand Nord)... Ou bien d'autres paysages boisés (sapins, épicéas, bouleaux) ou herbeux et inextricables de végétation compacte, entre les chaînes de montagnes et les massifs rocheux...

    896 kilomètres de Trondheim (la “ville frontière” entre la Norvège du Sud et la Norvège du Nord) à Narvik (150 km à vol d'oiseau au delà du cercle polaire), puis 550 km de Narvik à Alta, puis encore 248 d'Alta au Nordkapp ou 545 d'Alta à Kirkenes en traversant les hauts plateaux désolés du Finmark (Kirkenes, frontière avec la Finlande et la Russie)...

    Les hauts plateaux abrupts et désolés, couverts de glaciers, de rocaille, de toundra, et surmontés de massifs rocheux découpés, à plus de 1200 m d'altitude, du Hardangervidda (3400 kilomètres carrés et une réplique “méridionale” du Finmark et du plateau du cercle polaire) entre Bergen et Gol par la route 7 qui va jusqu'à Oslo...

    Le passage “mythique” du cercle polaire entre Moï Rana et Fauske (66,33 degrés de latitude) dans une région de hauts plateaux recouverts de neiges éternelles sur les crêtes et les sommets, avec son Polar Senteret Cirkel devant lequel stationnent bon nombre de caravanes, voitures et camping-cars pour passer la nuit (claire comme le jour en juin et juillet) ; avec la route 6 (pas plus large qu'une petite “nationale” en France) étirée à l'infini à travers ce haut plateau rugueux et tourmenté sans plus aucune végétation autre que des tourbes, des mousses et des lichens ou de très petits buissons épineux ; avec la voie unique du chemin de fer, visible depuis la route et serpentant tout au long des pentes rocailleuses (c'est la ligne interminable qui relie Oslo à Bödo dans le grand Nord mais qui en fait débute à Malmö en Suède et passe à Göteborg).

    Trente quatre jours de “vadrouille” en camping et sous tente (parfois en hytter, sorte de cabanon en rondin ou planches très rustique), en voiture à 60km/h de moyenne, de 150 à 450 km par jour avec de très nombreux arrêts... Une nourriture “d'explorateur” (hareng fumé, pain norvégien, pommes, fruits secs, eau du robinet – ni bière ni pinard- légumes en conserve, riz, biscuits complets)... Et un moral d'acier pour affronter les conditions parfois de promiscuité et d'inconfort dans les campings Norvégiens surpeuplés de touristes venus de toute l'Europe (WC lavabos douches souvent insuffisants en nombre)... Et ces interminables cortèges sur les routes (surtout aux Lofoten, autour de Bergen et d'Oslo) de camping-cars, de caravanes et véhicules hétéroclites... Et ces campings qui à partir du 1er juillet (avant c'est moins fréquenté) sont archi pleins et où l'on s'installe anarchiquement, et où il faut faire la queue aux douches et aux lavabos pour se “laver l'cul” jusqu'à des minuit une heure...

    ... Trente quatre jours...

    Dont seulement trois jours de pluie ( durant 5 heures de temps environ le matin ), quatre jours de ciel vraiment couvert et sombre mais sans pluie, et tous les autres jours alternance soleil ciel bleu (un bleu pâle parce que dans ces régions de haute latitude la troposphère n'a que 7000 m d'épaisseur au lieu de 12000 en latitude moyenne et 17000 en basse latitude) quelques nuages, et du vent... Une température rarement supérieure à 20 degrés (et de 5 à 8 quand le soleil atteint son point le plus bas)... 1er jour de pluie à Lillehammer le 18 juin, 2ème à Roros le 20 juin, et 3ème à Oslo le 15 juillet (mais seulement le matin)... A Bergen, réputée “très arrosée” il faisait beau et chaud le 13 et 14 juillet (jusqu'à 26 degrés)... Au Cap Nord le 25 juin 5degrés de température sous un ciel gris et un vent de 140 km (on a dormi dans notre voiture entourée de camping-cars qui “balançaient de droite et de gauche”sous les assauts furieux du vent sur le parking de Nordkapp Senteret)...

    Lors de notre passage du cercle polaire le 22 juin nous avions également dormi (si l'on peut dire!) dans la voiture sur le parking du “Senteret”mais le vent était moins fort et le ciel totalement dégagé...

    J'ai vu le “soleil de minuit” dans des conditions idéales à Alta et aux îles Lofoten (ciel clair)... A 2h du matin ce jour là vers les 26/27/28 juin, notre étoile brillait dans tout son éclat à 5 degrés d'angle au dessus de l'horizon (impressionnant et très beau, très émouvant)... Et à 2h de l'après midi (point le plus haut) le soleil se trouvait à 45 degrés d'angle au dessus de l'horizon en donnant sur le paysage une clarté comme chez nous début mars, et une “petite chaleur”...

    ... Le soleil, tel que je l'ai vu à 2h du matin le 25 juin au Nordkapp, voilé par les nuages...

     

    Et à Alta voici ce que cela donne :

    ... Et à Andenes, extrémité Nord Lofoten :

    Passé le 21 juin jour du solstice d'été, le soleil “descend” (de son point le plus haut à 14h et de son point le plus bas à 2h) de 1 degré tous les 4/5 jours et de 12 degrés environ en 45 jours, de telle sorte qu'à l'équinoxe de septembre à 14h on le voit à 23 degrés et demi au dessus de l'horizon et qu'à 2h il est à 23 degrés et demi au dessous de l'horizon (et au niveau de l'horizon à 20h et 8h)... Il faut tout de même un intervalle de deux semaines environ pour se rendre compte “de visu” du changement (augmentation ou diminution de hauteur du soleil à 14h)...

    En ce qui concerne la “nuit polaire” en fait même à Alta et au Nordkapp elle n'est vraiment nuit noire qu'en décembre et janvier de 16h à 10h soit durant 18h (parce que tant que le soleil ne “descend” pas en dessous de 17 degrés sous l'horizon, il reste dans le ciel des “traînées de clarté diurne”)...

    Aux Lofoten par exemple, on voit le soleil à 2h du 27 mai au 17 juillet, et au Nordkapp du 14 mai au 30 juillet. Par contre à Bergen et à Oslo fin juin, le soleil disparaît durant 4 ou 5h durant lesquelles on y voit clair quand même...

    Dans le Nord il ne pleut presque pas en juin et juillet... Comme la troposphère n'a que 7000 m d'épaisseur, les systèmes nuageux de cumulonimbus notamment n'y ont jamais de grands développements verticaux et donc, pas d'orages, pas de grêle, pas de tornades, pas de fortes pluies... Le vent vient de la mer ou de l'océan arctique et circule à basse altitude, les nuages ne sont que des cirrus, des cirrocumulus ou des stratus et n'apportent que des brumes ou du crachin... Par contre au niveau d'Oslo, de Bergen et de la Norvège du Sud, il y a “quelques intempéries” en été : pluie plus forte, averses, petits orages mais cela ne dure pas des jours entiers... Toutefois dans le Nord comme dans le Sud, il est très rare de voir un ciel totalement dégagé une journée entière (et les températures varient beaucoup en peu de temps : en une heure on passe de 20 à 8 ou à 5 et vice versa au gré des vents et de la couverture nuageuse...

    Je n'ai pas trouvé que la vie était si chère qu'on le dit en Norvège : denrées et produits alimentaires en magasins libre service assez “bon marché”. Et les campings 100 Nok pour une tente, une voiture et deux personnes (environ 11euro) et les “hytter” 250/300 Nok... Les “Rom” (sorte de chambres plus ou moins collectives) et les hytter sont dotés d' équipements collectifs avec plaques chauffantes prises électriques et lavabos WC douches... Un euro correspond à 9,65 Nok... (c'est fou ce qu'on est “riche” en Nok – dix fois plus- mais avec 1000 Nok en fait, on en “fait plus” qu'avec 100 euros)...

    Par contre ce qui “douille” ce sont les péages et les ferries mais seulement si l'on en emprunte beaucoup... Il faut compter de 120 à 200 Nok environ pour une traversée en ferry (voiture avec conducteur et un passager) selon la longueur du passage (et ça va assez vite et c'est permanent et facile d'accès)...

    ... Un passage en ferry :

    La route 6 qui est l'une des plus longues routes du monde en kilomètres (environ 4000) commence en Suède après Malmö ; passe par Göteborg, Oslo, Lillehammer, Dombâs, Oppdal, Stören, Trondheim, Steinkjer, Mosjöen, Moi Rana, Fauske, Narvik, Alta, puis rejoint la route 69 près de Russenes pour aller à Honningsvâg et Nordkapp, avant de poursuivre son cours interminable depuis Russenes jusqu'à Kirkenes par Karasjok et la traversée du Finmark désertique et polaire, puis de longer la frontière avec l'extrémité Nord de la Finlande. A Kirkenes la frontière avec la Russie est toute proche : Boris Gleb.

    Cette route est une autoroute de Malmö jusqu'à la frontière de Norvège (Halden) ensuite elle n'est autoroute que sur de courtes distances avant et après Oslo, puis une route à peine comparable à l'une de nos “nationales” en France, et dans le Nord au delà de Trondheim elle est parfois assez étroite et sans aucune signalisation horizontale et dans la traversée du Finmark elle est chaotique, sinueuse, bosselée, craquelée et sans protection sur des bords au dessus de petits ravins ou fossés profonds... L'on y croise (surtout après le 1er juillet) des colonnes de camping-cars et grosses caravanes, des cyclotouristes et des motocyclistes “chargés comme des ânes. Il n'y a jamais de bornes kilométriques mais seulement de temps à autre un panneau jaune indicateur de distances jusqu'aux prochaines villes...

    Tout au long des principales routes de Norvège, sont aménagées (d'un seul côté) des aires de repos avec WC (toilettes sèches qui “sentent très mauvais” du fait qu'elles sont très utilisées)...

    Les villes en Norvège n'ont pas autour d'elles comme en France ou en Espagne de zones d'activités commerciales genre Carrefour ou Leclerc géant. Les commerces, boutiques, galeries marchandes y sont concentrés dans les villes même, en des bâtiments à l'architecture moderne mais sans gigantisme et bien espacés, avec des plantes et arbustes en massifs et des jets d'eau, dans un “cadre” assez agréable... Mais à partir de 17 ou 18h, “Rideau”! Tout est fermé... Sauf les stations d'essence et les “Rimi”, “Coop”, “Kiwi” (supermarkett) jusqu'à 23h en semaine et 19h le samedi...

    Les rues se croisent à angle droit et la structure des villes est purement géométrique comme en Amérique, et d'une architecture tout aussi géométrique et ordinaire (mais pas “moche”)...

    J'ai appris quelques mots de Norvégien (c'est plus “facile” que le Suédois)... “Takk” (merci)... “God dag” (bonjour)... “Mye” (combien)... Ils ont 3 voyelles de plus que nous dans leur alphabet (29 lettres)... Par contre pour leur clavier d'ordinateur ce n'est pas évident : pas d'accent pour faire des “é” et des “à”! Et leur arobase est sur la gauche, et il y a bien sûr les 3 voyelles en plus : un “o” barré (qui se prononce “eu” ) , un “a et e” collés qui se prononce è ouvert ; un “a” surmonté d'un petit rond qui se prononce “o” très ouvert ; sans oublier leur “sj” ou “sk” qui se prononce “ch” sifflé ; et leur “y” comme un “u” tirant vers le “i”... Et des “t” et des “d” qui sont muets...

    ... Voici un magnifique matou Norvégien, pensionnaire permanent d'un camping :

    Je conseille aux jeunes chômeurs et Rmistes sans avenir en France, à venir travailler en Norvège : ils ont des structures d'accueil pour les étrangers, plein de boulots (même sans diplôme), au bout de trois mois ils te donnent un permis de résident, c'est “assez bien payé” (au moins dix mille Nok par mois pour des boulots de manoeuvre -et c'est pas ce qui manque dans ce pays - et quinze ou vingt mille Nok si tu as de la technique et du “métier”)... C'est une société démocratique “égalitaire”, on te laisse tranquille, tu es respecté, tu gagnes ta vie et il y a tout ce qu'il faut pour se loger pas trop cher pour un débutant... Bien sûr il faut se conformer aux sructures et aux différentes dispositions règlementées...Il n'y a pas (ou très peu) de vols, de délinquance et encore moins de viols... (la femme est très respectée – elles sont très belles, très fines, très bien habillées d'ailleurs)...

    Pas de “grands crimes” ni de violences... Mais c'est assez “moutonnier” et “amorphe”, et “pas très chaleureux” (on ne se fait pas la bise comme en France ou en Espagne)...Toutefois les Norvégiens aiment découvrir des choses qu'on leur montre en matière de relation et d'expression et de comportement qui les surprennent (et s'y habituent très vite)...

    Les Norvégiens sont en très grande majorité Luthériens de religion ou de diverses confessions issues du protestantisme. Ils ont de magnifiques églises en “bois debout” et des cimetières complètement différents des nôtres où les tombes y sont de simples monuments modestes de granit ou de pierre posés debout sur l'herbe avec un petit oiseau sculpté dessus...

    Bien que croyants, Chrétiens et se rendant aux offices religieux, les gens dans ce pays sont tolérants et respectueux des libertés individuelles : les homosexuels et les “marginaux” ne sont pas “catalogués” ni jamais ennuyés, vivent au grand jour sans problème... Il n'y a pas ou très peu de comportements agressifs ou violents ou sectaires ou d'exclusion, mais inversement pas de manifestations chaleureuses ou familières ou affectueuses non plus, ni d'expansionisme ni de grands enthousiasmes bruyants et ostentatoires...

    A Bergen dans un quartier un peu “à l'écart” et silencieux et à l'ombre de grands arbres tout près du marché aux poissons et de la ville en bois, je me suis fait draguer par un homosexuel (un beau jeune homme d'une trentaine d'années très blond aux cheveux courts avec des yeux bleus comme la mer)... Je m'étais assis sur un banc sous les arbres en attendant ma femme qui se trouvait à ce moment là dans un magasin du quartier du port. Le type arrive, il me fait un grand sourire, devine que j'étais un étranger et commence à me parler dans un Anglais maladroit. Il me demande du feu, s'assoit à côté de moi, et me propose une bière qu'il sort de son sac... Et voilà que s'engage entre nous une conversation dans un Anglais “francisé” de mon côté (un peu appuyé de quelques mots de Norvégien appris ces derniers jours) et “teinté de Norvégien” de son côté... Une situation assez cocasse et somme toute fort sympathique et surtout sans conséquence. Le type s'est très vite rendu compte que je “ne mangeais pas de ce pain là” et cela s'est terminé naturellement, sans agressivité, sans insistance aucune et par un “Good bye”...

    Il y a un potentiel fou en développement économique et industriel... Et aussi sur le plan artisanal, artistique, littéraire, scientifique et toutes sortes d'activités... Je dirai que la Norvège c'est “un pays riche qui est encore en voie de développement”, a besoin de main d'oeuvre (beaucoup de main d'oeuvre) pour “aller de l'avant” et exploiter ses ressources... Mais personne ne veut y aller vivre à cause de l'hiver polaire et du climat (pourtant il n' y pleut pas beaucoup sauf au printemps et à l'automne)... Leur journée de boulot en général c'est de 9h à 17h... Et 15h le “Lordag” (samedi)... Mais souvent le “Lordag” ils ne travaillent pas... Les vacances scolaires d'été c'est du 15 juin au 15 Août...

    De l'Europe et de la mondialisation, les Norvégiens n'en gardent pour eux-mêmes que ce qui les intéresse et qui est essentiel pour eux : vendre leurs produits (la pêche et le pétrole), l'espace Schengen (pour la main d'oeuvre)... Ils n'ont que 4 millions et demi d'habitants sur un territoire long comme le Chili (et à la côte aussi éclatée en îles et îlots et découpée en fjords et détroits) mais pas cependant de zones rurales dépeuplées comme en Suède car l'on y voit un peu partout bon nombre de chalets et maisons en bois disséminés ou plus ou moins regroupés en pleine nature avec des chemins d'accès “impossibles”... 3 grandes villes ont plus de cent mille habitants : Oslo 548000, Bergen 244000 et Trondheim 124000... Toutes les autres villes ne sont que de “gros bourgs”...

    C'est fou ce que l'environnement géographique et naturel (et le climat) influent sur la société, l'économie et la vie quotidienne dans un tel pays!

    Leurs loisirs durant leurs congés et leurs week ends sont pour l'essentiel consacrés à la pêche (saumon) et au ski (de fond et de descente) : il y a pour cela bon nombre de centres de vacances aménagés(avec campings, hytter et rom ou chalets familiaux)... Lors de l'une de nos haltes (entre Alesund et Bergen) nous avons séjourné dans un camping retiré où il n'y avait que des Norvégiens en vacances soit des groupes et familles entières de pêcheurs dont les caravanes se trouvaient disséminées dans les bois de bouleaux et de sapins près d'une tumultueuse et très large rivière à saumons. J'ai vu un type en cuissarde sortir un gros saumon de l'eau et un groupe en face sur l'autre rive qui applaudissait fort (entre eux dans l'intimité et en famille ils sont prolixes et expansifs et rient et parlent)...

    ... Un village de pêcheurs aux Lofoten :

    J'ai rencontré des Espagnols (jeunes) qui se sont installés en Norvège (et des Africains aussi) pour y travailler : ils ont le “mal du pays” mais ils disent qu'en Norvège on vit bien (sur le plan respect du travail, gain, libertés individuelles, relations, société)... Sauf qu'ils trouvent l'hiver “assez terrible”, long et obscur...

    Il y a Internet partout dans d'excellentes conditions (en particulier au Nordkapp Senteret, à Alta, aux Lofoten)... Wifi accès libre et gratuit... Mais la confluence de nombreux points visibles d'accès en certains endroits très fréquentés par les touristes entraîne parfois des dysfonctionnements...

    Pour finir, dernière étape 17/18 juillet : parti de Falkenberg sur la côte Sud Ouest de Suède, traversée du Danemark, passage ferry Rodby/Puttgarden, traversée de l'Allemagne de Lubeck à Karlsruhe et retour dans notre maison samedi 18 vers 13h (1400 km de routes à grande circulation jour et nuit)...

    ... Nous sommes “complètement crevés” et “sonnés”... Et un peu “déboussolés” !

    Lors d'arrêts dans les stations d'autoroute en Allemagne et même aujourd'hui encore en France (où cela fait tout drôle de se faire à nouveau comprendre dans sa propre langue maternelle) il m'arrive de dire “takk” pour “merci” et “God dag” pour “bonjour” !

    ... Et il me reste des “petits Nok” (et un billet de 100) que je conserve en souvenir de ce “fabuleux voyage”...

    Dans un certain sens, cela ressemblait un peu (si je puis dire!) à la traversée d'Eridan du “Grand Continent” (la Circadie du “Pays des guignols gris” d'Enizola à l'Atlas Médian par le Grand Nord)... Paysages et géographie de mon invention dans mon roman...

    ... Je souhaiterais (si c'est possible) rencontrer un Norvégien qui parle Français pour échanger des idées, de la culture, des connaissances (littéraires et autres)...

    Ce sont bien les descendants des Vikings (j'ai vu à Oslo dans un musée l'un de leur bateau restauré), un peuple de marins, avec une pensée, une âme, une culture, une poésie, des arts, une manière de vivre en communauté, en famille... De bons artisans, des techniques remarquables de construction d'habitations... Rien à voir avec ce que les livres racontent sur “ces farouches guerriers envahisseurs pilleurs violeurs le long des fleuves Européens” (cela c'était le “mauvais côté des choses”)!

    Ce pays, la Norvège, a encore un “énorme potentiel” en énergie et en développement, créations, richesses, culture, économie, marchés, artisanat, industrie, technologie... Et a visiblement besoin d'apport étranger... Ils ne sont que 4 millions d'habitants sur des milliers de kilomètres! Tous les “bons projets” y sont les bienvenus et y ont de l'avenir! C'est un peu comme l'Amérique des années 20 (avec le flingue en moins)!

    ... Et des femmes d'une grande beauté...

    Takk, takk, takk!

    Kan du skrive det ned ?

    Hvor er et billig hotell?

    Hva er adressen vandrehjem ?

    God dag! Jeg er fra Fransk...

    Jeg liker Norge

    Hvor mye er det ? Hva heter du?

    Bilen starter ikke! ( ... Elle a toujours bien redémarré, la bagnole! Jamais “har fatt motorstopp”! -pardon pour le petit rond au dessus du “a” de “fatt” -j'ai un clavier Français)!

    ... LE VOYAGE EN NORVEGE, suite...

    Voici quelques paysages :

             

     

    ... L'on peut très bien vivre sans l'Europe de Bruxelles et sans la mondialisation... La Norvège vit très bien sans...

    Alors pourquoi la France ou un autre pays de l'Euro ou des “27” ne parviendrait-il pas à vivre sans l'Europe de Bruxelles et sans la mondialisation?

    Tout en ayant une monnaie unique (l'Euro ou une autre), tout en faisant du commerce, des échanges, en établissant tout simplement entre les peuples et les pays ou les régions, des sortes de “lois” naturelles, logiques, non contreignantes et qui ne “nivellent” pas les gens dans un système économique formaté et essentiellement favorable aux grandes puissances financières et possédantes?

    De cette Europe des marchés et de la mondialisation économique et culturelle, la Norvège n'en prend que ce qui l'intéresse pour son bien être, son commerce, et pour la libre circulation des personnes dans l'espace Européen...

    C'est une société démocratique et égalitaire en ce sens, que les plus riches (par exemple les grands propriétaires, la famille régnante) n'étalent pas avec ostentation, démesure, provocation, insolence leur richesse et se mêlent à la population comme des gens ordinaires...

    La reine de Norvège en particulier, se rend habituellement dans un petit village de pêcheurs des Lofoten et prend un repas tout à fait ordinaire dans un restaurant fréquenté par les gens de la région, et cela sans qu'une “horde de paparazzis” gravite autour d'elle...

    L'on imagine mal notre président Nicolas Sarkozy accompagné de son épouse Carla Bruni et de son cher ami Bouygues, venir en jeans et en débardeur manger une bouillabesse toute simple dans un bistro populaire du port de Marseille...

    Leurs cimetières n'ont pas comme chez nous de ces mausolées monumentaux ou de ces “grands pieux de marbre à trois ou quatre sommiers superposés” qui font encore étalage dans la Mort de tout ce que l'on fut dans la vie, riche et puissant, connu et influent et marquant ainsi pour l'éternité sa place dans le monde des vivants qui toutes les toussaints fleurissent de chrysanthèmes le pieux défunt et sa tombe “grand lit familial” (parfois à colonnes) ! Ici, en Norvège, les morts n'ont qu'un simple bloc de granit ou de pierre planté dans l'herbe avec le nom, l'année de naissance, l'année de la mort... Et souvent, un mignon petit oiseau sculpté posé au dessus... J'ai beaucoup aimé ces cimetières Norvégiens qui à mon sens, sont comme la vie des Norvégiens : sans ostentation, sans provocation, sans étalage de richesses, avec juste la dignité, la simplicité et bien sûr, le souvenir qui demeure, et tout cela dans l'intimité et la discrétion... L'on y rencontre à toute heure parfois, une femme seule qui vient poser une petite fleur dans un vase pas plus grand qu'un verre, ou bien un vieil homme courbé s'arrêtant pensif devant l'un de ces “monuments” sous lequel repose la personne qu'il a aimé...

    ... Voici un cimetière Norvégien :

    Mais bon... La France c'est la France – et il y a l'héritage de l'Ancien Régime des Rois, des Cours et des aristocrates ; puis les excès et les violences de la Révolution, et encore le régime Napoléonien, et le Second Empire des aristocrates, des princes gouvernants et des hauts fonctionnaires...

    Et la Norvège c'est laNorvège – et il y a là l'héritage des Vikings (qui étaient “autre chose” que ces guerriers farouches et pilleurs ravageurs sur les fleuves Européens) c'est à dire un peuple de marins, de pêcheurs et de chasseurs pour leur subsistance, des gens habiles à construire de grandes maisons communautaires, des bateaux capables d'aller en Amérique et de circuler sur les fleuves de Russie jusqu'à la mer Noire et la Méditérranée, des gens courageux et endurants qui connaissaient la géographie, l'astronomie, la médecine, qui avaient des techniques et un outillage très élaborés, une âme, une culture et une manière de vivre ensemble afin que chacun ne manque de rien d'essentiel. Leurs chefs étaient tout simplement des gens qui avaient -un peu plus que les autres- le sens des responsabilités, de l'initiative, de l'invention et de l'autorité naturelle et qui bien sûr entraînaient les autres dans leurs entreprises...

    Je déplore toutefois (incroyant que je suis et sans religion) leur Wotan et tous leurs dieux auxquels il fallait toujours offrir des sacrifices (animaux et humains) et faire “flamber” sa dépouille sur des bateaux qui auraient pu servir à un autre usage, des bateaux chargés de toutes les richesses du Mort, et de ses esclaves... Cela aussi, tout comme les raids ravageurs le long des fleuves Européens, c'est “le mauvais côté des choses”!

    L'on n'aime pas dans la Norvège actuelle, ces grands écarts de richesse et de pauvreté que l'on voit un peu partout dans le monde... Tout le monde travaille, il n'y a pas vraiment de privilèges, les plus bas salaires sont de l'ordre de 10 000 Nok (environ 1200 Euro) par mois si l'on travaille “à temps complet” soit une journée “normale” de 7 à 8 h avec une pause d'une demi heure environ pour le déjeûner (un simple casse croûte puisque le “grand repas” de la journée c'est le matin de bonne heure et le soir vers 17 ou 18h)...

    Avec 10 000 Nok en fait, l'on a (à ce qui m'a semblé) davantage de pouvoir d'achat qu'avec 1200 euros en France...

    Les Norvégiens, s'ils n'ont presque jamais des “baraques” genre “petite forteresse cossue et tarabiscotée” comme en France... Arrangent par contre très bien leur intérieur avec tous les équipements modernes “high tech” et avec goût et harmonie... Ils préfèrent, plutôt que d'avoir des maisons à façades et extérieurs imposants, dépenser de l'argent pour leurs vacances, leurs loisirs, acheter de grandes caravanes et des camping-cars, prendre l'avion pour se déplacer ou pour aller “sous les tropiques”...

    En hiver ils se retrouvent dans des centres de vacances en montagne ou sur les hauts plateaux, pour pratiquer le ski de fond (grandes ballades et excursions familiales), ou encore le ski de descente, et vivent alors dans des chalets ou des maisons en bois qu'ils occupent en famille ou en groupe associatif.

    Et tout le reste de l'année, ils prennent des jours de congé pour aller pêcher le saumon (et d'autres poissons) dans les fleuves ou dans les larges rivières à cours rapide et à fond irrégulier et rocailleux

    Le soir ils font alors “bombance” sur des tables dressées au bord de la rivière et font cuire le poisson à la broche sur un feu de branches ou sur un barbecue... Ils dorment dans leurs caravanes installées au milieu du bois et cela “fait drôle” de voir ainsi tout un campement en pleine nature!

    Ils ont presque tous un bateau, petit ou gros mais un bateau quand même! Forcément, ils sont entourés d'eau de toute part : quand ce ne sont pas la mer et les fjords, ce sont les lacs (parfois immenses) ou les fleuves et rivières... D'ailleurs les trois plus importantes villes du pays, Oslo, Bergen et Tronheim, sont des villes maritimes... Avec dans leurs ports (qui sont tentaculaires ou découpés en baies) des “forêts” de mâts de bateaux, à voile, à moteur, de toutes tailles...

    Leur gouvernement encourage les gens à demeurer dans les campagnes et à cet effet des subventions sont accordées, qui permettent à des familles d'élever 3 ou 4 vaches, un troupeau de moutons, d'acheter des rennes, et vivre des produits qu'ils fabriquent artisanalement... Et ils vivent très bien! Dans de confortables mais simples maisons en bois fort joliment arrangées de l'intérieur avec tous les équipements les plus modernes... Il y a écoles, magasins, bus, et parfois le train qui passe et s'arrête... De telle sorte que même avec seulement 4 millions d'habitants, le pays paraît peuplé de partout.

    Seul inconvénient : ils manquent de médecins et de professions médicales! Dans ce domaine là, ils ont vraiment besoin de médecins, d'infirmiers, venus d'autres pays Européens! Mais quel “jeune toubib” en France, qui vient de terminer ses études, va vouloir s'installer en Norvège, surtout dans le Finmark ?

    Les jeunes qui ont obtenu leur bac ou terminé leurs études primaires quittent leur famille pour se rendre dans les 3 villes où il y a des universités, le plus souvent à Oslo – et c'est difficile pour les jeunes du Nord qui se trouvent à plus de 2000 km d'Oslo... A cet effet le gouvernement leur accorde une bourse qui leur permet de louer un petit logement, de se nourrir, de se vêtir et de subvenir à leurs besoins de base en fournitures, équipements, livres... Ils ne sont pas “à la charge” de leurs parents... Et les cours sont gratuits, il n'y a pas de droit d'inscription.

    J'ai eu l'occasion de voir dans la rue ou sur des chantiers de construction, bon nombre de travailleurs (Norvégiens ou étrangers – Roumains, Russes, Espagnols, Africains - )... Ils “n'avaient pas l'air stressés”, travaillaient sans “forcing” et même s'octroyaient sans problème des pauses et parlaient entre eux dans différentes langues...Et à 5h de l'après midi, parfois à 4h, “tout s'arrête”! Machines et gens!

    Les Norvégiens ont beaucoup souffert durant la seconde guerre mondiale : ils ont subi une occupation très dure, de nombreuses représailles (exécution massive d'otages et déportations)... Il y eut sur les hauts plateaux du Finmark et partout en Norvège de terribles batailles d'usure et d'embuscades. Les Allemands avaient des sous-marins dans tous les fjords pour aller traquer les convois des Alliés ravitaillant la Russie par l'Arctique... Il y eut une très grande bataille dans la région de Narvik en plein hiver (les Allemands “ont mis le paquet” pour “mettre la main” sur les mines de fer et les usines sidérurgiques de cette contrée industrielle) et tout un régiment de Chasseurs Alpins venu de France à la rescousse des Norvégiens a péri dans cette terrible bataille aux côtés de nombreux Norvégiens...

    C'était très impressionnant de lire tous ces noms Français mêlés aux noms des Norvégiens (avec des “o” barrés, des “ae” collés et des petits ronds sur les “a”), sur un immense monument aux morts, au bord de la route 6 quelque part, sur des “hauts” battus par le vent du Nord, après Narvik en allant sur Alta...

    ... Le camping de Fauske ( à environ 40km au Nord du Cercle Polaire) :

     

    ... Une petite anecdote avant la 3 ème partie...

     

    Nous étions ce jour là dans la grande maison des Vikings (entièrement restaurée comme dans le temps), située sur une hauteur, aux îles Lofoten...

    Nous regardions les cartes postales dans l'entrée... J'en vis une en noir et blanc, qui représentait un visage de femme, un visage d'une grande beauté, au regard chaleureux et lumineux. Cette femme n'était pas “dans sa toute première jeunesse” mais elle avait une grâce, une élégance, une simplicité tout à fait émouvantes et je tenais la carte entre mes doigts, ne pouvant me résoudre à la replacer sur son support...

    Dans un certain sens, le visage de cette femmme me rappelait celui de ma mère lorsqu'elle avait 35 ans...

    ... “Mais c'est la reine de Norvège que tu regardes, Guy! Elle est belle n'est-ce pas?” Me dit ma femme...

    Et je retournai alors la carte et lus que c'était bien la reine de Norvège...

    ... Des femmes, j'en ai beaucoup regardé durant les 34 jours de notre voyage, du Sud, du grand Nord, des villes, de partout où nous sommes passés...

    A Lillehammer par exemple, un matin pluvieux où nous nous trouvions dans une galerie marchande , j'en ai vu une très élégante, vêtue d'un imperméable fourré qui lui seyait à merveille, ouvert sur un joli chemisier blanc et une jupe droite noire fendue sur le côté, bien coiffée, sans aucun maquillage, avec un visage ravissant et de belles jambes... Ainsi que d'autres, jeunes ou moins jeunes, toutes très belles et très bien habillées...

    J'ai remarqué que dans ce pays, les femmes en général ne portent pas sur elles de “rutilante quincaillerie”(autour du cou, des épaules, des poignets ou des chevilles ou dans les cheveux), ne se maquillent pas beaucoup ou assez discrètement, et n'arborent pas des coiffures compliquées architecturées comme des gâteaux en tour de Babel...

    Bien sûr l'on y rencontre tout comme en France ou partout dans les pays “développés”, des femmes qui “ne font pas attention” à ce qu'elles mangent, lèchent de plantureuses glaces, se gavent de confiseries, de gâteaux et autres sucreries bourrées de crème et de matières grasses... Et sont de ce fait, “fort larges de hanches, de ventre et de fesses et craquent dans leurs pantalons”... Mais en Norvège ce n'est pas la majorité! Et pourtant c'est un peuple qui a eu faim (au début du 20ème siècle et durant la guerre de 40), un peuple qui n'a pas toujours été riche comme de nos jours!

    ... Paysages :

                                               

     

     

     

     

     

  • Les lapins se sont endormis...

         Dans le petit coin de Yugcib, un espace de pré vert et hirsute... En cette "solstistique" période de l'année ne gambaderont plus de lapins...

    Les lapins se sont endormis... Peut être montreront-ils le bout de leur museau, entre deux nuages passant et devenant poussière de brume ?

    Sans doute lorsque le soleil de midi aura un peu baissé dans le ciel, reviendront trotter dans le pré vert et hirsute, les lapins...

     

  • Le paon d'Yvette

     

    Il avait sa paone! Mais la paone qui dormait toujours au pied d'un arbre, fut surprise une nuit par un renard...

    Alors le paon demeura seul.

    Léo chantait de février à août, vingt à trente fois dans la journée et parfois une ou deux fois la nuit...

    Jamais je n'ai autant aimé ce chant là, que celui de tout autre oiseau... Peut-être parce que le cri du paon, celui d'Yvette ma voisine, celui de tous ceux que j'ai entendus, me semblait être l'expression d'une traversée de vie ; d'une vie comme un été orageux de lumière bleue, d'ombres chaudes de nuages et de bruissements de feuilles...

    Un jour j'ai imaginé que Léo pouvait penser et ressentir comme un humain... Mais alors comment répondre à ce chant? Avec seulement des mots d'humain?

    Et Léo un jour d'août, alors que son cri déjà s'éteignait dans une lumière de fin d'été, fut blessé dans un combat qu'il eut avec un chien et mourut...

    Désormais la traversée se ferait sans le cri de Léo...

     

  • Comment voyez vous le jour de votre centenaire ?

    Je serais photographié à côté d'une jeune et jolie femme très bien habillée, très chic, très élégante et d'une gentillesse à en “mourir de régal”... Ou même de plusieurs jeunes et jolies femmes...

    Il n'y aurait pas, sur la table de fête, un énorme gâteau plantureux avec plein de bougies dessus... Mais un saucisson 10% seulement de “matière crasse”, une bouteille de pinard, quelques petits gâteaux “qui coulent pas” et sans doute des bouteilles de champagne...

    Il y aurait “toute une flopée” de journalistes et j'en profiterais pour parler de mon site et de mon blog... Et des bouquins que j'ai écrits...

    Parce que “avoir cent ans” c'est un “grand évènement”, et comme les journalistes venus me voir seraient des gens d'une “certaine dimension d'humanité et de sensibilité”... Mon site et mon blog auraient un certain succès , même auprès de personnes qui auparavant et toute ma vie durant, m'avaient trouvé confus, oiseux, trop long ou trop idéaliste...

    Il va sans dire qu'en 2048 (je suis né en 1948) le sommaire de mon site “battrait un record de défilement”, que je serais dans plus de mille pages de Google, et qu'il faudrait plusieurs livres de la collection “La Pléïade” pour rassembler tout ce que j'ai pu écrire dans ma vie, avec les correspondances, les courriels aux amis, etc.

    Je louerais des vélos pour qu'ensemble, avec les journalistes venus me voir, on fasse un “tour en ville”, et avec les jeunes femmes je ferais un tour “d'auto-vélo” (arrêt devant chaque boutique de prêt à porter ou de mode féminin)...

    Je raconterais des histoires drôles, et le soir nous dormirions tous dans un grand dortoir d'auberge de jeunesse ou de refuge... Après avoir fait la “plus belle fête de ma vie”...

    ... C'est vrai : “avoir cent ans” c'est quand même un “sacré évènement – trampoline”!

     

    ... “ Il y a de ces rêves d'enfant qui sont à la limite d'être des rêves d'adulte, et donc tout près d'être pris au sérieux par celui ou celle qui a ces rêves dans sa vie : ce sont ces rêves là qu'il importe peut-être de traiter en sa tête avec un certain humour et une certaine dérision... Afin d'éviter que ces rêves nous “mangent la tête”.

    ... Il y a de ces rêves qui ne sont que des rêves d'adulte parce qu'ils ont perdu ce qu'il y avait d'enfant en eux, ont grandi trop fort et trop vite et ont parfois fini par empester leur entourage : ces rêves là, il importe mais avec une certaine prudence, de les dénoncer ; avec résolution de ne pas se laisser impressionner par eux...

    ... Il y a ces rêves de vieillards, aussi vrais et aussi émouvants que ceux des enfants : ces rêves là ne meurent jamais... “

     

    [ Yugcib, Alvéole 14. Voie 143. Espace B1. Trou Noir numéro 32. Univers à gaz M 17 ]

     

  • Eveillé et écoutant, dans les rumeurs de la nuit

     

    Dans “David Copperfield” de Charles Dickens, un passage me revient souvent en mémoire tout au long de ma vie...

    Celui où le personnage principal du livre évoque son camarade (ou ami) s'endormant toujours dans la même position, de côté, et son bras étendu hors du lit, la tête reposant sur ce bras...

    Beaucoup plus encore que les mots même de Charles Dickens dans ce passage, mots sobres et émouvants dans leur simplicité et dans leur précision, évoquant si bien l'être endormi... C'est le sens profond, c'est l'atmosphère, c'est la poésie de ce passage qui me frappe et dont je ne cesse de me souvenir...

    Les êtres endormis dans la position où ils se trouvent comme d'instinct, de préférence ou d'habitude ; m'ont toujours ému.

    Lorsque j'étais pensionnaire au lycée Victor Duruy de Mont de Marsan entre 1962 et 1967, éveillé au milieu de la nuit dans les rumeurs et dans les ombres de la nuit, je regardais mes camarades endormis, j'écoutais leur respiration, et en ces moments là il me venait de “grandes pensées”, une émotion étrange et très belle, et il me semblait alors que tout ce qui vivait en chacun d'entre eux, de ces êtres si animés dans les cours de récréation ; me parvenait comme des secrets chuchotés à l'oreille, ou comme des dessins d'enfant suspendus dans un petit coin de grenier où personne ne va mais un petit coin de grenier devenu soudain accessible...

    Et j'eus par la suite, quelques années plus tard, la même impression, la même émotion, à ces camarades d'auberge de jeunesse endormis, rencontrés au hasard de quelque route...

    Leur respiration devenait parole. Et alors je sentais tout ce qu'ils existaient, tout ce qu'ils s'existaient... Dans le silence de ces nuits d'été que des matins très clairs venaient bien vite peupler d'oiseaux et éclairer de la lumière du jour. Et le jour était toujours nouveau, tel un jour empli de tout le passé, de tout le présent, de tout l'avenir à lui seul...

     

  • Le ruisseau des vanités

     

    Si tout est contestable (ou relatif), si tout est vain, si tout n'est que verbiage, si tout n'est qu'hypocrisie, si tout ne veut rien dire, si tout n'est que confusion, si tout n'est qu'apparence, si tout n'est que tapage, si tout n'est que caprice ou inclination subite et ostentatoire du coeur et de l'esprit... Si tout ce que l'on dit ou écrit est tout cela, oui...

    ... Alors autant ne rien dire, ne rien écrire...

    Et vivre sa vie tout simplement, sans “faire de vagues”; et faire du “tourisme” gastronomique, culturel, paysagique, festivalique, campinguesque, muséïque, sportif, érotique et autre... Et même du “tourisme relationnel”...

    A quoi bon forummer, bloguer, siter, écrire des tapuscrits ou des livres ; polémiquer, ironiser, argumenter, aciditer, ennemouriser (et parfois tout de même aimer)... Et s'exister, penser même?

    Autant rire ou pleurer tout seul, pour autant que cela vienne “tout de go” et que dans l'heure qui suit, l'on aille aux escargots, à la pêche, à la plage, aux champignons ou à un concert ou au cinéma... Ou que l'on ouvre un livre qui, comme disait Simone de Beauvoir, “sauve du désespoir”...

    Dire ou écrire que c'est si beau... Ou si laid ; confettiser ses rêves, à quoi bon ? Pour qui, pourquoi ?

    Le verdict éternel, c'est l'indifférence ; ou cette admiration, ou encore ce désamour qui, autant l'une que l'autre (l'admiration ou le désamour)... Sont un grand silence blême.

    Il ne reste pour traverser ce silence blême, qu'à prendre un enfant par la main, à poser un doigt sur la joue d'un vieillard ou d'un malade, à donner une petite pièce à un sans abri qui a faim... Et à faire toutes ces “petites choses” tout au long de sa vie, pour les autres... Dans le silence.

     

  • Un signal émis : trop tôt ou trop tard ?

     

    Fut émis un signal d'une beauté inouïe. Mais le monde qui le devait recevoir ne demeurait dans l'espace qu'une écorce, une chrysalide...

    Il existait dans l'espace un autre monde qui était une ressemblance, une sorte de copie numérique du monde chrysalidé. Un monde tout aussi unique... Et c'est ce monde là qui reçut le signal.

     

  • Le vivant numérisé ?

     

    On numérise l'image, le son et le mouvement...

    Parviendra-t-on à numériser les odeurs, les fragrances ?

    L'image c'est de la lumière, de très petits points de lumière. Et la lumière ce n'est pas de la matière. Ce sont des particules : les photons.

    Le son c'est des ondes, pas de la matière non plus.

    Le mouvement est une succession très rapide d'images dans une continuité ou dans un sens...

    Mais pour les odeurs ou les fragrances, les éléments constituants sont des atomes, des molécules... Et donc de la matière.

    Imaginons une goutte d'eau, ou un grain de poussière, numérisé : ce serait la plus grande révolution ou innovation technologique de tous les temps...

    Une “porte ouverte” sur la numérisation d'organismes simples, puis d'organismes plus complexes.

    La numérisation c'est un “voyage dans l'espace” : l'image, le son, le mouvement sont émis en un lieu et reçus en un autre lieu.

    La numérisation est une forme de traitement et de transformation de l'image, du son et du mouvement jusqu'à la reconstitution.

    Numériser un atome, une molécule, une odeur, une fragrance, une goutte d'eau, un grain de poussière, un organisme simple... Puis un être vivant, c'est traiter et transformer tout cela pour le reconstituer en un ieu ou en un espace donné.

    Une fois numérisée, la matière peut-être, tout comme l'image, le son et le mouvement, stockée ou enregistrée sur un support informatique, ou directement transmise vers une destination précise.

     

    ... L'ère de la numérisation du vivant, sera-t-elle l'ultime étape du développement de la technologie?

     

    J'imagine ceci :

     

    Je viens te voir dans un mail, en pièce jointe. Si tu me supprimes, je ne suis pas mort, je suis sur une clé, je suis sur un disque dur, je suis sur un fichier dans “windows live sky drive” ; je suis aussi “au vrai” pour le temps de mon existence, et encore “au vrai” dans le fichier où je suis numérisé... Jusqu'à la fin des temps ou l'usure complète du support ou le “tilt final” de windows live... Je peux me diffuser, multiplier les “copier/coller”, et si ce n'est plus moi qui me diffuse, d'autres me diffuseront.

    Tu ne peux pas me tuer! Tu peux seulement me zapper, me mettre en corbeille, effacer la pièce jointe...

     

    Et si la numérisation du vivant existait déjà dans la “mécanique du cosmos” sous la forme de “reproductions” n'étant jamais des “clones” mais des “ressemblances” aussi diverses et uniques les unes que les autres?

     

  • La liberté est trop belle pour que l'on fasse n'importe quoi avec

     

    En écrivant ceci : "la liberté est trop belle pour que l'on fasse n'importe quoi avec"... C'est avec une "certaine émotion" que je l'écris (et que bien sûr je le pense)...

    "N'importe quoi" , c'est en fait ce qui fait perdre son sens à la liberté. Et la liberté perd son sens à partir du moment où celle que l'on prend soi même fait perdre la liberté aux autres humains, les humains qui nous sont proches,tout d'abord, et les autres humains plus généralement et dans la relation que nous avons avec eux...

    La liberté n'a que faire de toute "morale", de tout code social, de toute "éthique", de tout principe ou de tout règlement régissant la vie des hommes... Elle n'est pas l'affaire d'un seul et unique "acteur", elle est une conscience vive et aiguë de l'existence de l'autre. Elle est la plus grande richesse que les hommes sur cette Terre puissent partager.

    Et dans le partage de la liberté, dans le vécu de la liberté, dans ce qu'implique la liberté dans la vie des hommes, c'est à dire dans la conscience, dans la responsabilité et dans la réflexion qui lui sont inséparables ; elle abolit les frontières, les tribunaux, les états, les lois, les gouvernements, les polices et les armées...

     

  • St Ex et l'aéropostale...

    Antoine de Saint Exupéry est (et demeurera toujours) l'un de mes écrivains préférés...

    D'ailleurs j'ai une partie de son oeuvre dans un livre de la collection La Pléiade... Une sorte de "Bible" si je puis dire...

     

    Je me souviens d'un commentaire sur un forum... D'une réflexion d'un auteur écrivain membre de ce forum, en réponse à une évocation que je fis de l'oeuvre de St Exupéry... Il disait que St Ex était "macho", que son univers n'était qu'un univers d'hommes et d'exploits aéronautiques, et que de surcroît il était plutôt "de valeurs traditionnelles" et qu'il s'étonnait qu'un auteur tel que moi (si atypique et si anticonformiste et si anarchisant" puisse apprécier Saint Exupéry...

     

    A dire vrai, je n'ai jamais trouvé nulle part, chez aucun écrivain encore, une telle "dimension humaine" (je veux dire à ce point là)...

    Certes, beaucoup d'écrivains ont de la "dimension humaine"... Mais celle de St EX est vraiment tout à fait particulière : nous sommes bien là dans une dimension d'émotion, de poésie et de réflexion que je qualifie de "révolutionnaire"... (quelque chose qui à mon sens fait défaut dans le monde d'aujourd'hui, mais peut être retrouvé, ou "réinventé")....

     

    En face de ce "vide"(le vide de la pensée, de la réflexion et de la poésie, au profit d'une autre culture, la culture de l'immédiateté et de l'effet médiatique et de l'émotion formatée")... En face de ce "vide", oui, je souffre comme on peut souffrir d'une fracture aussi pernicieuse, aussi béante, qu'inacceptée... Et je sens qu'au fil des années, dans cette traversée de la vie qui est la mienne, un fossé de plus en plus grand se creuse entre deux sortes de cultures fondamentalement différentes l'une de l'autre : une culture à laquelle j'adhère (et qui, en quelque sorte me ressembe"... Et une culture dont je ne puis supporter qu'elle nous envahisse et nous pervertisse, une culture que je suis prêt à combattre au risque d'y "laisser ma peau" parce vivre sous son empire, c'est pire que de mourir...

     

  • Un livre, un site ou un blog...

    Finalement je crois, pour un auteur ou pour un écrivain, vu "l'usine à gaz" que c'est pour produire un livre, surtout un "vrai livre", vu la diversité dans les offres de service qui existe dans toutes ces "usines à gaz", vu le temps qu'il faut pour qu' enfin le livre "sorte"...

    Et vu la difficulté qu'il y a à "promouvoir" le livre de telle façon qu'il soit un peu lu et son auteur découvert...

    Autant entretenir un site ou un blog qui soit "autre chose" qu'une simple "vitrine" ou "journal personnel"... C'est à dire plus encore que ce que peut contenir un livre ou des livres...

    J'ai dit une fois qu'un site ou qu'un blog ne pouvait être à lui seul, une "oeuvre littéraire" complète (sans l'existence de livres publliés)... Mais je crois (et l'avenir nous le dira) qu'un site ou qu'un blog d'écrivain a peut-être pour destin de se "dimensionner" différemment en évoluant vers ce que l'on peut qualifier d'oeuvre littéraire...

    Et là, pas "d'usine à gaz", pas de temps d'attente d'acceptation, de publication par qui que ce soit, une liberté absolue ,mais une liberté qui "suppose" une "conscience, une réflexion, un travail,, une responsabité de la part de l'écrivain... (la liberté est trop belle pour que l'on fasse n'importe quoi avec)

    ... Le site ou le blog, de surcroît, a un autre avantage : il peut être une magnifique symbiose entre l'écrit, l'image, le son et le mouvement.

     

     

  • Ces oiseaux là...

    Certains oiseaux qui ne sont pas cependant si “étrangers de passage” ne viennent jamais sur “ces bords de fenêtres là”...

    En ouvrant ma fenêtre – avec son bord de fenêtre – ce matin là ; je me dis que ces oiseaux là, on ne les voyait plus! Ils ne se posent plus sur les bords de fenêtre. Et des fenêtres, et des bords de fenêtre, j'en vois de toutes parts et de toutes sortes : ouvertes, fermées, avec leurs bords “miettés” ou “grainés” ou encore seulement “rayonnés” de soleil...

    Une petite fiente de ci de là... Sur un bord de fenêtre... Peut-être même sur mon bord de fenêtre aussi...

    Et cette “science” que l'on dit être prospective (et parfois divinatoire) de ces fientes occasionnelles , cette “science là” je ne l'ai pas...

    La fiente ne me dit pas l'oiseau qui est venu, ni le chant de l'oiseau...

    ... Un autre matin je me dis : “Il y a six mois je pensais que si l'oiseau que j'étais ne chantait plus sur des bords de fenêtre, il aurait tout de même chanté jusque là, l'essentiel de tout ce qu'il pouvait chanter en sa vie...

    Mais il fallait encore que tout ce qui fut chanté depuis ce matin d'il y a six mois, le fût...

     

  • Une dimension humaine

    Je pensais, après la disparition de l'AF 447 d'Air France dans l'océan Atlantique, aux lectures que j'avais faites des livres d'Antoine de Saint Exupéry, à Mermoz et la grande aventure de l'Aéropostale vers l'Amérique du Sud...

    Et je pensais aussi à la “grande famille” (si l'on peut dire) des navigateurs du ciel (pilotes, hôtesses et stewards) ; aux rêves, à l'expérience vécue, au ressenti, aux connaissances techniques et à la formation suivie, de tous ces gens de l'air et de l'espace...

    Et je me disais qu'au delà de la dimension dramatique qui est et restera toujours celle de chacune de toutes les tragédies de l'aviation civile ou militaire.. Il y a aussi une autre dimension : une dimension d'humanité dans toute sa profondeur, dans tout son sens, dans tout ce que cette dimension d'humanité implique dans la vie personnelle et relationnelle de ces gens qui passent leur vie dans le ciel et dans les nuages...

    Je pensais encore à ce livre dont je ne me souviens pas le nom de l'auteur et qui fut écrit en souvenir d'un évènement dramatique... Et authentique.

    C'était une équipe de footballeurs Argentins dont certains d'entre eux je crois, étaient accompagnés de leur famille, et qui devaient se rendre de Buenos Aires à Santiago, un jour du mois d'août en plein hiver austral. Leur avion s'abîma dans les Andes à quelque 3500 mètres d'altitude sur un plateau rocheux recouvert de neige et de glace. Tout autour et à perte de vue l'on n'apercevait que des pics et des aiguilles, des murailles disloquées et des flancs rocheux abrupts. Un vent glacial soufflait avec violence, il n'y avait aucun oiseau ni aucun animal en vue, seulement de longs rouleaux déchirés de nuages sombres chargés de tempête et d'aiguilles de glace. Et tout le plateau était comme brisé, éclaté en morceaux séparés par de profondes crevasses dont on ne voyait pas le fond, ou percé de bouches béantes aux lèvres gonflées et gelées... Un paysage d'une violence inouïe!

    Quelques survivants, peut-être deux ou trois tout au plus, au bout de deux mois, parvinrent un jour de printemps dans une vallée Chilienne...

    Comme aurait pu dire Mermoz : “ Ce que ces gens là ont fait, aucune bête n'aurait pu le faire “...

     

  • Aux côtés et au milieu des humains...

     

    ... Toute forme de “mise en scène” dans la représentation ou dans la relation orale ou écrite d'un évènement dramatique, est impudique...

     

    Ce que je dis être "la dimension dramatique" d'un évènement (accident, fait de guerre, violence, suicide, maladie, famine, épidémie, catastrophe naturelle)... N'est jamais une "nécessité" ni quelque chose dont on doit comme par "devoir" prendre conscience "à chaque instant de notre vie"... C'est à dire une "nécessité" ou un "devoir de conscience" qui aurait le pouvoir de nous "faire changer" (en mieux, en plus "humain", en moins indifférent)... Car dans ce cas ce n'est plus que de la "morale"... Et une manière "un peu anesthésiante" pour nous "consoler" ou nous permettre de "mieux vivre ensemble" durant le temps qui suit l'évènement...

    La "dimension dramatique" c'est cette réalité omni présente chaque jour de la Terre, qui est toujours et immuablement la même dans chacun des évènements tragiques de la vie des femmes, des hommes et des enfants de cette planète, mais qui nous impacte personnellement ou non, et dont nous avons chacun de nous un "ressenti" différent, une "approche" ou une réflexion différente... Sinon, pas d'approche ou de réflexion du tout...

    Cependant, je le redis encore : beaucoup plus sans doute que les journalistes, les reporters, les chroniqueurs et les médias ; dans la "traduction" de cette dimension dramatique, dans son évocation et dans la manière dont on en témoigne (qui ne doit jamais être une "mise en scène")... Les écrivains, les poètes, les philosophes, les penseurs... Et les gens de religions (pour les croyants en un Dieu)... Ont certes, une oeuvre de parole ou d'écriture à réaliser en face de cette dimension dramatique aux côtés et au milieu des humains...

    ...Et une fois la parole dite, l'écriture diffusée... Il reste l'agissement, l'acte à accomplir... Et cela toujours aux côtés et au milieu des humains.

     

  • Un Grand Vivant

    La mort c'est un “Grand Vivant” qui n'a pas plus de chances d'exister que du temps où il était un vivant parmi les vivants...

    L'on entre dans la mort tel que l'on fut de son vivant. Et la différence entre ce “vivant parmi les vivants” que l'on était , et ce “Grand Vivant” que l'on devient” ; c'est que le “Grand Vivant” ne peut plus s'exister : il ne peut alors exister que si l'on l'existe...

    ... Des proverbes et des maximes...

    J'en connais peu, par coeur, de ces proverbes et de ces maximes et autres pensées d'auteurs que l'on apprend à l'école ; parce que j'étais mauvais en récitation...

    Alors je les invente... Mais je suis aussi mauvais dans la récitation de ce que j'invente...

    Ne pouvant retrouver mot pour mot ce que j'invente, j'écris ce qui me vient à l'esprit et me semble digne d'être retenu...

    Si toutefois cela se perdait, il m'en demeurerait l'essence, et dans ma vie la trace où porter mes pas...