Articles de yugcib

  • L'écrivain original

     

    L'écrivain original n'est pas celui qui n'imite personne, mais celui que personne ne peut imiter”

    [ Chateaubriand, dans “Génie du Christianisme”]

     

    ... Imiter n'est pas copier ni plagier (copier c'est “mécanique” quoiqu'intentionnel, plagier c'est s'emparer d'un écrit qui n'est pas le nôtre quitte à le “transformer” un peu)...

    Imiter est un art, un vrai art... Il n'y a d'ailleurs que de très rares “bons imitateurs”... Qui pourrait par exemple, imiter Coluche... Ou Louis Ferdinand Céline?

    Imiter c'est donner une interprétation, produire une facture personnelle de ce qui fut, de ce qui est, de ce qui sera même... Et cela est inimitable.

    Imiter c'est comme le travail d'un traducteur... Et qui traduirait un écrivain intraduisible?

    L'écrivain original, celui que personne ne peut imiter, ni même traduire tant sa facture est empreinte de ses propres signes, est forcément un écrivain dont le rayonnement ne peut traverser un grand ciel, ne peut être reçu comme il se doit sous les grandes tentes des déserts où en définitive l'on parle le même genre de langage...

     

  • Le silence, une forme de vengeance ?

     

    "Et si le silence, une certaine forme de silence sans ressentiment ni amertume, était en quelque sorte, une vengeance ? "

    Si cela était, c'est ainsi que je me vengerais! Car la plus efficace (et la meilleure) forme de vengeance à mon sens, c'est la vengeance qui est, non pas “un plat qui se mange froid” ou bien “trois odorantes boulettes de viande au fond d'un vase à long col fin”, mais une assiette vide, blanche et sans aucune tache... Ou quelque petite oeuvre messagère et chargée de sens - un film, une musique, une poésie, un conte, une nouvelle, un écrit – ne mettant directement en cause ou ne nommant aucun personnage réel...

    En somme une telle forme de vengeance accorde le “bénéfice du doute”, libère son auteur de tout ressentiment et de toute amertume, et exerce la violence d'une interrogation, soit par l'assiette blanche, vide et sans tache ; soit par le message...

    L'assiette blanche, vide et sans tache, c'est peut-être encore plus “radical” que le message.

     

  • Les jeunes loups rassis pétant haut dans les cocktails

     

    On a la retraite que l'on mérite!” dit-on...

    C'est à dire le montant de la pension de retraite que l'on perçoit chaque mois.

    Si mes renseignements sont exacts, mes collègues de la poste où j'étais en activité jusqu'à la fin de l'année 2004 ; et qui eux “sont allés jusqu'au bout”(de leur carrière) ... Ne perçoivent guère plus de 200 ou 300 Euros par mois de plus que moi ayant cessé mon activité à la poste 3 ans avant l'âge de 60 ans.

    De surcroît il en fut de mes collègues qui, de leur temps à la poste, se montrèrent “foudre de guerre”, carriéristes, opportunistes, “bien dans leur peau” dans un système qu'ils encensaient et auquel ils adhéraient, un système fondé sur des valeurs de productivité, de management et d'objectifs atteints ou dépassés...

    Jeunes loups” de 50 à 55 ans, on les voyait se pavaner dans les cocktails de la Direction. Je les revois encore se pressant autour de la “sainte table” chargée de viandes froides et de petits fours salés et sucrés, en costume cravate et formant un “barrage” de leurs dos et de leurs épaules, interdisant toute approche des autres collègues en pulls et jeans... Et ces femmes en “grand chic” minaudant auprès du Directeur.

    Pour ma part j'ai achevé ma carrière à la poste des Landes 3 ans avant l'heure, doté d'un blâme et d'une notation “D” (défavorable), la plus mauvaise des notations lors de l'entretien annuel d'appréciation (par le N plus 1, supérieur hiérarchique).

    Ce n'est point que j'en fasse une gloire mais je l'exprime ici dans ce forum ainsi que sur mon blog, tel un acrobate en équilibre scabreux exécutant une pirouette sans doute inutile au bord de l'un de ces “trous noirs” de mon être... Sachant que depuis lors, “bien d'eau a coulé sous le pont” et qu'en définitive le rebelle, le meneur d'action de grève et de manif, le marginal, le “fouteur de merde” mais aussi le poète, l'anarchiste, le barbouilleur d'écran d'ordinateur (de la poste) que j'étais... N'est même plus aujourd'hui à la poste des Landes, un vague souvenir... Pas plus que ne sera dans quelques années si je venais à déserter les forums du Web, le Yugcib présent, devenant un aussi vague souvenir, un “crachat cosmique” de poussières et d'éclats de roches agglutinés...

    Ah, ces “jeunes loups” ayant fini rassis et “si bien dans leur peau”, à la bonne heure et même après un petit quart d'heure supplémentaire! Ils ont ramé, ramé/ramé, étaient notés “E” (excellent), fini à un indice majoré dans quelque poste de management ou aux commandes d'un nouveau service...

    Et aujourd'hui à l'heure où la retraite sonne, ils ne perçoivent pas même 200 Euros de plus que moi, de pension!

    Vous me direz “50% des retraités Français n'ont pas 1000 Euros par mois”... Mais bon...

     

    Une petite anecdote :

     

    À la poste des Vosges à Bruyères où j'ai exercé durant 23 ans de 1976 à 1999 dont les dix dernières années conseiller financier, j'avais fini par devenir une sorte de “vedette” (sans doute à cause de mes élucubrations humoristiques et de mon langage de pirate lors des fameux “Harpon 1er, Harpon II, III, IV... “ des différentes campagnes commerciales orchestrées par la direction des clientèles financières)... À tel point qu'au jour de mon “arrosage” le 14 janvier 1999 pour fêter mon départ, ce fut une “nouba” légendaire qui se termina “en boîte” à Gérardmer en compagnie de mes “intimes”... Rien à voir avec la fête toute modeste et “sans tambours ni trompettes” que je fis un même 14 janvier en 2005 à la poste de Saint-Julien-en-Born dans les Landes le jour où j'ai cessé mon activité : étaient présents ce jour là à mes côtés, quelques uns de ces “Brigadiers EAR” que j'avais soutenus jusqu'au bout lors de leur grève contre une restructuration qui les brisait.

    Lors de l'un de mes nombreux retours dans les Vosges je rencontrais assez souvent le jeune conseiller financier de la poste de Bruyères qui m'avait succédé et que d'ailleurs j'avais “formé sur le tas” avant mon départ après ses deux années passées à l'école de la poste... Et qui est toujours mon ami.

    Il me conta un jour cette histoire navrante et bête comme chou dans la mesure où “ça fait un peu léger pour un roman même de gare” :

    L'une des filles de notre équipe du Groupement postal de Saint-Dié, mariée comme moi un 9 Août, divorça au bout de 6 mois pour se “mettre” avec le nouveau directeur du groupement, passa un “EDA” (une sorte d'examen de promotion), et eut pour première action de venir “emmerder” l'un des collègues de notre équipe qui ne remplissait pas ses objectifs.

    Mon ami me dit aussi “depuis que tu es parti c'est plus ça, on se marre plus du tout et c'est devenu chiant à mourir”...

     

    Comme tout cela est loin en 2009! Et comme tout sera plus loin encore en 2030, de ces années actuelles des forums du Web, à la vitesse où tout évolue, se consume, se dilue et finit par disparaître ou tout au mieux à se restructurer...

    Ce ne sont pas les pensions de retraite qui vont vraiment diminuer : ce sont les impôts, les taxes foncières et d'habitation, le prix de l'énergie, le prix de la santé et des nécessités qui vont augmenter! Et peut-être bien aussi le “terrain” sur le Web!

    Imaginez le coût de l'unité de 100 Mo d'espace perso dans un univers “très prisé”...

     

    Et si nous construisions le “Web catacombique” afin que nous ne devenions point les uns et les autres, les “crachats cosmiques” d'un univers entièrement formaté et barricadé?

     

     

  • Petite ou grande immortalité ?

     

    Antoine, sur un forum d'alexandrie éditions, écrit :

     

    Kundera, dans son livre "L'immortalité", distingue deux types de postérité : la "petite immortalité" (celle qui a lieu au niveau des proches, descendants et amis) et la "grande immortalité" (qui a lieu au niveau de l'humanité tout entière). En ce qui concerne les auteurs du web, je ne suis pas suffisamment technicien pour savoir ce qu'il en est de la "grande immortalité" (assez misérable, j'imagine, en particulier si en effet les hébergements seront coupés).”

     

    ... La "petite immortalité" c'est exactement la même chose que l'espace de l'univers dans lequel se meuvent le système solaire et ses planètes (dont la Terre), puis les étoiles ou systèmes d'étoiles proches du système solaire dans une dimension disons, de "quelques années de lumière"... par rapport à la "grande immortalité" qui serait l'univers "infini" selon la pensée des humains.

    La "grande immortalité" serait donc inaccessible puisque nous ne pouvons l'appréhender dans sa totalité, une "totalité" qui n'a pas de sens et ne peut être définie...

    L'on pourrait dire - et on le dit - que la "grande immortalité" alors, serait comparable par exemple à une dimension exprimée (toujours selon un concept humain) en "parsecs" (1 parsec égale la distance Terre Soleil)... Autrement dit, cent millions de parsecs serait une distance "appréciable" (et donc espérée) pour une "grande immortalité"!

    Certaines "fictions" (ou mythes) au sujet de certains personnages "célèbres", "universels" et dont l'existence non prouvée scientifiquement est néanmoins affirmée ; sont assurément "de grande immortalité"... Sans doute certains de ces personnages ont-ils réellement existé, mais ils n'étaient de leur temps, que des personnages tout à fait ordinaires ayant accompli quelque action plus ou moins déterminante dans leur entourage. Ainsi naissent les mythes : dans un contexte historique, économique et social, un personnage en particulier symbolise par son action et par sa parole, une aspiration et une espérance collectives. Alors ce personnage devient “légendaire” et doté de pouvoirs que les autres gens n'ont pas... Mais c'est le mythe qui a le pouvoir, un pouvoir qui n'est que virtuel et dont la virtualité devient un moteur pour toutes les idéologies ou les religions en marche ; une “pépinière” de tyrans, de chefs de guerre, de dictateurs, de papes et de prophètes, de “sauveurs du monde” et de leurs lieutenants et officiants...

     

  • Résonance

     

    Les mots ont une résonance : prononcés ou écrits mais surtout écrits. Et c'est bien cette résonance là, la résonance des mots, qui d'elle même, diffuse dans l'espace tout ce qu'elle contient...

    Et dans l'espace qui n'est pas seulement géographique, cosmique ou universel, il y a aussi tout ce qui vient des êtres vivants, de chaque être vivant en particulier et qui, d'une manière ou d'une autre, fait trace...

     

  • Petite Fleur et Cactus Bleu

     

    Petite Fleur et Cactus Bleu

     

    Certains administrateurs ou gestionnaires de forums – et je les comprends très bien – éliminent de leurs listes de membres celles et ceux d'entre ces membres ou adhérents qui depuis plus d'un an n'ont guère donné signe de vie...

    Toutefois cette “purge” (si l'on peut appeler cela ainsi) n'est sans doute pas envisageable sur des sites d'édition (tels qu'Alexandrie par exemple), sites communautaires d'écrivains et d'auteurs produisant leurs ouvrages et qui incluent des forums où l'on peut s'exprimer, échanger...

    Mais sur ces sites là, il me paraît évident que les membres ou adhérents ont pour priorité de produire leurs oeuvres avant tout ; et ce n'est qu'accessoirement qu'ils s'expriment dans l'un ou l'autre des différents forums du site...

    Le fait de devoir chaque année renouveler son adhésion implique une “réalité première” absolument nécessaire : celle d'être vivant, en bonne santé intellectuelle et jouissant de sa conscience. Un mort ou un “légume” ne peut renouveler son adhésion!

    Et la voici, la question “cruciale” (à laquelle les gestionnaires ou administrateurs de forums ont peut-être pensé mais sans rien prévoir en l'occurence) :

    Que devient une “Petite Fleur” ou un “Cactus Bleu” qui, mort ou réduit à l'état de “légume” ne renouvelle pas son adhésion ?

    Si c'est dans un forum uniquement d'expression et d'échange, alors il ou elle disparaît tout simplement comme s'en vont bien des gens...

    Si c'est dans un forum comme Alexandrie où “Petite Fleur” ou “Cactus Bleu” , morts, n'ont pas renouvelé leur adhésion mais ont néanmoins un ou plusieurs ouvrages dans la bibliothèque du site... Tant que durera la bibliothèque, “Petite Fleur” ou “Cactus Bleu” figureront encore dans la liste des auteurs sur le site...

    Si c'est un blog ou un site dont l'auteur est “Petite Fleur” ou “Cactus Bleu”, et s'il n'y a pas eu renouvellement d'adhésion à la date prévue, auprès de l'hébergeur de site (pour cause de décès) alors que devient le site ou le blog? Est-il archivé, supprimé, accessible et donc encore lisible?

    Sur monsite.com (hébergeur de site) par exemple, s'il n'y a pas eu renouvellement d'adhésion, le site de l'auteur, qui était du vivant de l'auteur en “version pro”, passe quand même automatiquement en version gratuite (et donc continue d'exister)...

    Certes, de très nombreux sites et blogs, du fait de leur contenu (journal perso, blog de copains/copines) n'ont pas “vocation à postérité”, d'autant plus qu'ils sont “écrits comme parlés”; et ont tout naturellement le même destin que ces cartons de vieilles photos et de vieux cahiers sortis d'un grenier ou d'une cave et qui, n'intéressant personne, passent à la déchetterie ou au feu...

    Mais le Net étant encore comme l'Amérique des découvreurs du 16ème siècle, personne ne s'est demandé si une “oeuvre littéraire” pouvait être issue du Net par l'existence d'un blog ou d'un site... Puisqu'une “oeuvre littéraire” par définition classique est un ensemble d'ouvrages édités et diffusés sous forme de livres, d'un auteur reconnu...

    Le Net c'est (tout comme les rivières d'or de l'Amérique du 16ème siècle) une manne d'immédiateté, d'intantanéité du succès, un moyen de gagner de l'argent facilement, un “lupanar planétaire virtuel” où l'on peut baiser, draguer ; une grande loterie de toutes sortes de jeux, une foire, un marché...

    ... Et que devient un nom de domaine (par exemple : http://petite-fleur.fr ) à la mort de l'auteur, du fait que cet auteur ne peut plus renouveler son adhésion à 35 ou 40 euros par an pour son nom de domaine?

    Je suggère que “sentant sa mort venir” (ou même à un certain moment de sa vie) un auteur de site ou de blog qui souhaite conserver son nom de domaine, puisse par exemple souscrire alors à une formule “définitive” : au lieu de payer 35 ou 40 euros pour un an, comme il le faisait auparavant ; payer cash en une seule fois une somme disons, de 300 euros (ou plus selon les services offerts par l'hébergeur)... De telle sorte que le site ou le blog aurait une garantie de vie après la mort...

    Bien sûr il y a encore une autre possibilité :

    Si l'auteur du blog ou du site confie à un proche ou à un ami son mot de passe pour l'accès à la page d'administration, page à partir de laquelle on peut tout concevoir, créer, modifier, ajouter etc.

    Mais quelle décision “difficile à prendre” (et peut-être périlleuse ou aléatoire), que de confier son mot de passe, fût-ce à sa femme, à son fils ou à sa fille, ou à quelqu'un envers qui on aurait la plus grande confiance! Car au delà même de cette personne, qu'adviendrait-il?

    Sans doute la meilleure manière de “résoudre le problème” (à mon idée) serait l'existence d'une sorte d'association d'amis de l'auteur (un groupe de personnes – comme une tribu ou un clan- a forcément beaucoup plus de chances de “survie” ou de pérennité dans le temps qu'une seule ou que des seules personnes isolées dans l'espace... )

     

    Et pour terminer sur cette question, n'oublions pas qu'en cas de déclin brutal de notre civilisation, en particulier si du jour au lendemain nous sommes privés de tout ce dont on jouit aujourd'hui (téléphone, internet, électricité, moyens de transport...) alors fini/fini les “Petite Fleur” et les “Cactus Bleu”!

     

  • Le sucre d'orge et l'olive bien huilée

     

    Le sucre d'orge et l'olive bien huilée

     

    La religion – toutes les religions – et y compris toutes les idéologies ayant à leur tête quelque personnage genre “zorro” ou quelque groupe de personnages d'autorité et de décision , et encore toute pratique pseudo religieuse ; toutes les fables, toutes les fictions et tous les mythes, tout ce qui produit des expédients métaphysiques et en organise le trafic... Oui tout cela dis-je, n'a jamais été ni ne sera jamais un espace de réflexion, de culture, de connaissance, de savoir et de progrès pour l'être humain...

    C'est comme un énorme sucre d'orge reproduit à des milliers d'exemplaires et vendu sur tous les marchés de la planète, un sucre d'orge trempé dans tous les colorants possibles et imaginables qui te “branle le bout de la langue et te liquéfie le cerveau”, ou comme une olive bien huilée en forme de suppositoire qui te chatouille l'orifive anal, avant de te cuire le boyau si tu ne suis pas les prescriptions édictées par les “toubibs”...

    Et pour finir “t'y crèves quand même”! Mais qu'importe, y'a le “tunnel de lumière”, les tables qui tournent, la boule de cristal... Et le Paradis, et l'Enfer, et les Anges, la psychologie ésotérique, la philosophie judéochrétienne avec Dieu en sourdine et l'athéisme devenu lui aussi une religion, l'idolâtrie, le Fric Roi et le “Matuvuisme”!

    L'autorité et le pouvoir étaient avant que ne vienne l'homme sur la planète, des forces naturelles et intemporelles... L'être humain comme tous les êtres vivants, eut ces forces en lui dès les premiers âges de son histoire.

    L'autorité et le pouvoir sont des forces qui ne peuvent être reconnues en tant que telles, que si elles n'entraînent pas, ne poussent pas et n'inclinent pas les hommes à devenir “le plus beau, le plus riche, le plus savant, le plus fort, le plus intelligent, le plus ceci ou le plus cela”... En effet dès lors que tu ne correspond plus, même momentanément, à cette image que l'on s'est fabriquée de toi, ton autorité et ton pouvoir (et l'aura qui va avec)... “se font la malle”, et “tu n'es plus bon à rien”!

    L'autorité et le pouvoir sont dans et de la réalité naturelle et intemporelle, dans le sens de la relation entre les êtres et les éléments qui constituent un environnement, dans la symbiose ou dans l'alliance se réalisant, évoluant et s'organisant entre les êtres... L'autorité et le pouvoir ne sont ni dans un ou des dieux, ni dans la religion ni entre les mains d'un maître ni dans la morale...

     

  • La grippe qui fait peur

     

    La grippe qui fait peur

     

    La réalité : mortalité 7 pour 1000...

     

    Par comparaison : la petite vérole (variole) 1 sur 7

    Et la "grippe espagnole" (1918 - 1922) 1 sur 7

     

    ... Pour 7 pour 1000 de mortalité, on va "foutre en l'air" l'économie et la vie d'un pays en fermant 3 mois les écoles, les bureaux, les ateliers, les usines, les lieux publics, etc. ?

    Bonjour les examens, les concours, les études, les formations et tout et tout!

     

    7 pour 1000! La route, le coeur et le cancer font bien plus, autrement plus, que 7 pour 1000!

    ... Et je ne parle pas des suicides!

     

    Merde! Un masque pour "luminer sa femme", pour aller pisser, pour "gnaquer" dans un sandwich... "Ils sont fous ces Humanuscules"!

    ... Et si la "terrible petite bête à 7 pour 1000" passait aussi par internet?

     

  • Home, sweet home, sweet Téterre

     

    Home, sweet home, sweet Téterre...

     

    HOME ? Un somnifère de première! Mais tout de même : un "BON" somnifère... Cela me rappelle un film de science fiction épouvante "SOLEIL VERT" où l'on fait se suicider les "vieux" dans une sorte de "Centre médico social" : on leur passe sur plafond et murs un film en 3D avec des images bouleversantes d'une grande beauté et très émouvantes, et une musique "céleste" berce les "suicidés volontaires" qui bien sûr meurent doucement, "sucés et branlés jusqu'à la moelle de leurs os"... Car la science de l'époque (cela se passe en 2022 à New York) a inventé un "narcotique" conduisant de la sorte à la mort...

    Et le "Système" (politico économique social - et "intellectomane") dont les gouvernants et les dirigeants sont tous de grands seigneurs de la finance et des affaires... "récupère" les cadavres des "suicidés" pour en faire du "soleil vert" (un produit alimentaire de 1er choix sous forme de biscuits )!

    Et ce "soleil vert" génère des profits fabuleux, c'est la "grande affaire" de l'époque avec toutes les conséquences sociales et économiques possibles et imaginables...

    HOME c'est bouleversant et cela fait réfléchir, certes! Et je pense qu'à la base c'est sincère... Mais derrière tout cela je sens l'ombre des "Humanuscules"...

    Trop nombreux encore à mon sens, tous ces gens (petits et grands et de toutes conditions) qui vivent tels des arbres sans branches et sans racines et avec 2 trous dans le tronc, un devant pour avaler, un derrière pour évacuer (quand pour certains ce n'est pas un seul trou comme le trou du cul buccal des oursins!)

    ... SOLEIL VERT, film sorti je crois, vers 1975. A cette époque là, nous versions culturellement dans le “catastrophisme romantique et émouvant” et les gens “aimaient à se faire peur” en imaginant un monde “pourri” tel une bombe à retardement qui “allait tout faire péter”... Mais comme par miracle, il y avait des survivants, des sortes de “messies” de la science, d'une nouvelle éthique ou morale, et le monde “repartait” avec ses bonnes vieilles valeurs judéochrétiennes...

    Je ne pense pas que ce film, SOLEIL VERT, s'il était aujourd'hui conçu même par un cinéaste de renom, puisse être produit et diffusé dans les grandes salles de spectacle du monde. D'ailleurs, depuis l'époque de sa sortie, il n'a jamais été – et pour cause – remis en scène”! La seule fois où j'ai pu le revoir c'était lors d'un festival Fantastic' Arts à Gérardmer en 1998.

     

  • Trompe la mort

     

    Je pensais, ce dimanche 23 Août 2009 sur la plage de Saint Girons dans les Landes, au beau milieu de tous ces estivants et touristes venus de toute la France et de toute l'Europe, en ce magnifique après midi d'été de grande affluence, de parasols qui champignonnent, de crêtes blanches explosives se brisant avec fracas et éclats de lumière sur le sable, de cerfs volants claquant au vent...

    Je pensais, oui, à ce “Lézard Lumineux”, ce colporteur des soirs de feux d'artifice proposant ses “lézards” verts, rouges et bleus aux enfants qui, dans la nuit naissante, font tourbillonner ces “lézards” avant que n'explose la féerie des fusées et des fleurs pleurant de joie dans le ciel...

    Ce “Lézard Lumineux”qui, les soirs d'orage, “lumine” sa femme !

    Et je me dis :

    Un homme dans l'attente qu'il a et qu'il vit d'une femme, dans ce bien être fou qui le saisit en la présence de cette femme, durant tout le temps que s'étend, se lève et se raidit cette attente au plus profond de lui-même... Peut-il, cet homme à ce moment là, mourir?

    Ainsi “Lézard Lumineux” luminant sa femme les soirs d'orage, et se luminant d'elle en colportant ses “lézards”... Trompe la mort.

     

    ... Dans l'attente d'une femme... Dans cette attente heureuse et folle de bien être, d'une femme... Ou de la féminité... Est-il possible de mourir?

    ... VOIR dans Carnet 38 "Lézard Lumineux" ...

     

  • Visages à peine entrevus...

     

         Fragrances aussi fugitives qu'agréables... Ces visages passent, soudainement fous et (ou) heureux de dire bonjour, de dire qui ils sont...

    ... Mais qui dans les jours qui caracolent puis s'éloignent, ne viennent ou ne reviennent plus...

    ... Et l'on ne sait pas, on ne sait plus... On croit, on pense, on “échafaude”, on médit, on se met en transe, on oublie...

        Un visage à peine entrevu, qui nous a montré sa petite lumière, qui nous a souri... Et que l'on aurait pu aimer... Est-il vraiment perdu ?

     

  • Le coeur du réacteur, un outil indispensable mais difficile à manier...

     

    Le coeur du réacteur : un outil indispensable mais difficile à manier...

     

    Que ce soit sur mon site http://yugcib.e-monsite.com , sur le blog associé à mon site (module blog)... Ou sur mon blog “du merdier” http://blog.bebook.fr/yugcib (que j'ai intitulé “blog du merdier” par dérision)...

    L'on peut y lire ou y découvrir des textes (parfois tout à fait par hasard) écrits avec l'émotion, le “regard”, le ressenti, ou la pensée ou la réflexion du moment, et cela même dans une situation particulière, relationnelle et “sensible”...

    Par le regard qu'aujourd'hui je porte sur ces situations, ce vécu du moment, ces êtres réels ou fictifs qu'à ce moment là j'ai évoqués... Et qui m'ont inspiré ces textes là ; je sens venir une évolution : une sorte de clarté ou de “porte qui s'ouvre”. Sans que cela ne puisse s'apparenter à une forme de “paix intérieure”, sans que je cherche le moins du monde à me justifier, à “me faire pardonner”, sans que je cherche non plus à m'excuser de ce que j'ai pu ainsi écrire... Je me sens aujourd'hui conduit à modifier quelques uns de ces textes.

    Je pense que l'on peut très bien conserver en soi une certaine dureté, une dureté impliquant que l'on n'accepte ni l'hypocrisie, ni la condescendance, ni la subordination à certaines “valeurs” (ou repères) de ce monde ( le paraître, la notoriété, le pouvoir...) ni non plus toutes ces formes d'”ennemour” qui font du monde un “désert relationnel”... Oui, je pense profondément que l'on peut conserver en soi cette dureté là, mais sans jamais atteindre directement une ou des personnes en particulier afin de leur faire volontairement du mal...

    Et j'ai bien peur que certains de mes textes (oh, ils ne sont guère “si nombreux que cela”) se révèlent à la longue de véritables “bombes” ou “missiles” à plus forte capacité de nuisance que de réelle portée...

    Et c'est bien de la “portée” qu'il s'agit, c'est à dire du sens, d'une autre forme d'impact que celle de la violence pure, du ressentiment ou de la dénonciation brutale...

    Par la portée, ou par le sens et par la forme, le ton, le contenu même du propos ; tout cela soutenu par l'image... Je dis qu'il est “peut-être” possible de communiquer et de transmettre, d'atteindre et dirais-je “de prendre par la main sans cependant prétendre apprivoiser”...

    J'ai dit que “travailler avec le coeur du réacteur” est très difficile, et aléatoire...

    Difficile en effet de produire “autre chose” que du “journal intime”, des mémoires personnelles, ou de l'autobiographie pure et simple... (C'est un peu comme si l'on étendait de la confiture sur le plus de tartines possible en face d'un grand nombre d'invités).

    Et c'est aléatoire parceque la plupart du temps, cela n'intéresse en réalité que peu de gens ; et que de surcroît cela ne modifie en rien le sens d'une relation qui “demeure ce qu'elle est”...

    Mais “travailler avec le coeur du réacteur” est cependant une nécessité, dirais-je, en littérature ou en écriture, ou en poésie... Ou dans toute forme d'expression artistique d'ailleurs.

    Ce qui est intime, singulier, profond, en un être humain ; doit pouvoir être exprimé et apparaître au monde tel un paysage dans toute sa réalité et son authenticité, son extrême et émouvante beauté s'il en est... Et jamais comme une déclinaison ou une succession de parterres de fleurs, de jardinières le long d'allées bien ratissées dans le “grand parc du monde”...

    Il y a une ambiguité dans l'expression de l'intime : où s'arrête la “confiture sur les tartines”(elle est parfois délicieuse et d'excellente qualité), où commence... “comme une oeuvre de Delacroix par exemple”?

    On ne fait pas, à mon sens, “de l'intime”... Avec seulement des joies et des peines purement personnelles, ni avec seulement le ressenti du moment, ni même avec la pensée ou la vie intérieure du moment...

    L'intime serait “ce qui en soi et au fond de soi, parviendrait à rejoindre ce qui habituellement lui est étranger ou inconnu, indifférent ou ennemi... Et produirait l'oeuvre.

    Par le regard qu'aujourd'hui je porte et qui évolue, parce que je veux encore et toujours “travailler avec le coeur du réacteur”... Je ne puis me résoudre à laisser tels qu'ils furent écrits, certains de mes textes. Je ne veux pas “partir dans les étoiles avec des scories d'abcès dans la poussière que je deviendrai”...

     

  • Tu ne dis jamais rien

     

    Tu ne dis jamais rien

     

    Tout en haut de la façade du bâtiment de la FNAC à Sélestat (Bas Rhin) l'on pouvait lire en très gros caractères bien visibles jusqu'à bonne distance, ce samedi 1er Août 2009 – et j'imagine que cette énorme inscription sur une longue et large bande de drap (d'environ 4 mètres) devait être là depuis quelques jours déjà – l'on pouvait donc lire ceci :

     

    TU NE DIS JAMAIS RIEN

     

    Il me vint alors l'idée en lisant cela – ou plutôt j'imaginai – qu'une grande échelle aurait pu se trouver à proximité de la façade du bâtiment de la FNAC, et que, comme par hasard, j'aurais été muni d'une bombe d'encre noire indélébile...

    Je serais monté jusqu'en haut de l'échelle et atteignant la bande de drap, j'aurais écrit en “encore plus gros” juste au dessous :

     

    SI, JE DIS QUELQUE CHOSE! JE NE FAIS MEME QUE CELA! ET C'EST TOI QUI NE REPOND JAMAIS!

     

    Et j'avais à ce moment là, cette colère, cette rage, cette détermination farouche, ce cri en moi qui sélevait jusqu'à crever le ciel tout bleu, insolemment bleu... Et je levai le poing, je tambourinai à la porte de ce ciel immobile et fuyant dans la chaleur de ce jour d'été... J'aurai voulu le retenir ce ciel, lui arracher les ailes qu'il tenait cachées derrière son dos!

    ... Puis la colère comme toutes les colères de ma vie se perdit dans une sorte de lumière blanche venue de visages, les visages aujourd'hui, de ce jeune marié et de cette jeune mariée du samedi 1er Août 2009 devant l'église de Sélestat...

    Je venais aussi de me dire – par je ne sais quelle intuition ou quel sentiment, par ce qui transparaissait des visages de ces jeunes personnes – que ces mariés là ne se sépareraient sans doute jamais et vieilliraient ensemble...

    Toutes les colères finissent par se perdre dans une sorte de lumière blanche... Les colères qui ne se perdent pas sont des haines... Ou des chaînes de souffrance en nous.

     

  • le voyage en Norvège, journal de bord

     

    L'itinéraire complet du voyage

     

    Dimanche 14 juin

    Départ de La Chapelle devant Bruyères (Vosges) à 6h 15... Latitude 48,5 degrés Nord.

    Traversée de l'Allemagne par les autoroutes : Strasbourg – Pont de Kehl – Karlsruhe – Frankfort – Kassel – Hanover - Hambourg – Lubeck. Arrêt au camping de Neustadt en direction de Puttgarden.

    Dormi sous la tente (une petite Quechua 2 places). 54 degrés de latitude Nord. Beau temps la journée entière, mais vent Nord Est modéré et frais...

     

    Lundi 15 juin

    Départ du camping de Neustadt (où il faisait déjà grand jour dès 4h du matin) – Embarquement sur le ferry à Puttgarden (64 Euro) la traversée jusqu'à Rodby dure 50 minutes. Ce ferry (international) est un véritable “casino flottant” avec tout ce que propose comme gadgets et jeux et produits de luxe ou d'usage courant, wisky, cigarettes etc. la société de consommation touristique...

    Rodby – Kobenhavn – le pont géant reliant Malmö – Malmö – arrêt à Falkenberg sur la côte Sud ouest de la Suède. 57 degrés de latitude Nord. Camping sous tente, beau temps toute la journée, vent Nord Est frais...

    ... La tente Quechua :

    Mardi 16 juin

    Départ du camping de Falkenberg (près de la plage) – Göteborg – passage de la frontière Norvégienne à Halden (autopass), retiré nos premiers “Noks” dans un distributeur de billets (un bourg après Halden) – Moss – contournement d'Oslo – puis direction Hamar (route 6). Arrêt à Tangen dans un petit camping (sous la tente). 59 degrés de latitude Nord. Beau temps toute la journée, vent Nord Est frais...

     

    Mercredi 17 juin

    Départ du camping à Tangen – Hamar – Lillehammer. 61 degrés de latitude Nord. Nous nous installons dans le grand camping de Lillehammer pour 2 nuits. Sous la tente. Beau temps assez chaud toute la journée, sans vent mais le soir le ciel se couvre rapidement...

     

    Jeudi 18 juin

    Journée passée à Lillehammer, temps pluvieux et froid jusque vers 15h. Le matin, centre commercial et galerie marchande (il pleuvait assez fort)... Après midi, visite des maisons de Maihaugen et le soir parcours dans les rues de la ville avec un peu de soleil revenu...

     

    Vendredi 19 juin

    Départ du camping de Lillehammer, route 6 puis route 27 à partir de Ringebu – Folldal – puis route 29 Alvdal – puis route 30 Tynset – Röros. 62,5 degrés de latitude Nord. Arrêt au camping de Hummelfjell (kommune de Tolga) à 26 km avant Röros. Là, nous avons pris un petit “hytter” pour 2 personnes et pour 2 nuits. Nuages, un peu de soleil, du vent assez frais, toute la journée...

     

    Samedi 20 juin

    Journée à Röros. Musée de la mine de cuivre. Maisons des mineurs (en bois et le toit recouvert de terre et de mousses et de végétation). Site minier (cuivre ,qui n'est plus en exploitation) à Olavsgruva au bout d'une route étroite et perdue sur un haut plateau désertique et rocheux battu par un vent... d'hiver! Quand j'ai vu ce paysage j'ai pensé qu'en Patagonie cela ne pouvait être pire! 900 m d'altitude, plaques de neige et de glace sur les massifs rocheux. Nous sommes descendus dans les galeries de la mine de cuivre et avons pris conscience des conditions de travail des mineurs... Temps pluvieux, froid et venteux toute la journée : comme un jour de décembre dans les Vosges! (la plus “moche” journée de ce voyage, en fait, au point de vue du temps!)...

     

    Dimanche 21 juin

    Départ du camping de Hummelfjell (kommune de Tolga) – Röros – Route 30 jusqu'à Stören – puis route 6 Stören – Heimdal – Trondheim 64 degrés latitude Nord – (à la sortie de Tronheim, panneau indicateur : Narvik 896 km et 2 tunnels à péage) – Stördal – Levanger – Steinkjer – Grong – Brekkvasselv – Arrêt au camping de Nyheim, à Namsskovan 65 degrés latitude Nord.

    De Röros à Stören, région haute de montagnes et de vallées, puis paysages verdoyants avant et après Trondheim.

    Temps : nuageux jusqu'à Heimdal vers 11h puis clair et ensoleillé ensuite. Au camping de Nyheim à Namsskovan, dormi sous tente et présence en soirée de nombreux moustiques (pas de vent et une température de 15 degrés)...

     

    Lundi 22 juin

    Départ du camping à Namsskovan – Trofors – Mosjöen – Moï Rana – arrivée au Cercle Polaire vers 16h 45. 66,33 degrés latitude Nord.

    Paysages tout d'abord (jusqu'au delà de Moï Rana) de vallées étroites, de hauts massifs rocheux aux pentes couvertes de résineux (sapins, épicéas) et de bouleaux, crêtes enneigées, glacier au delà de Moï Rana, bien visible depuis la route 6.

    Puis arrivée sur le haut plateau du Cercle Polaire : brusquement plus du tout de végétation, un paysage aride comme un désert de pierre, au relief tourmenté avec de nombreuses plaques de neige, des tourbes, des landes sèches et broussailleuses formées de très petits buisssons rampants épineux, des mousses et des lichens, et quelques ruisseaux de fonte des neiges. 692 m d'altitude. Température 18 degrés à 15h, mais 8 degrés à 19h, puis 5 avec vent modéré après 22h... Ensoleillé et clair, sans nuages toute la journée et jusqu'au lendemain matin le 23 juin...

    Nous avons dormi (d'un seul oeil) dans la voiture sur le parking du Polar Senteret Cirkel, entre 2 camping-cars... La vue (nous étions orientés vers le Nord) était splendide et dans le lointain, la perspective était grandiose, avec la trajectoire inclinée du soleil “descendant” jusqu'à l'horizon puis “remontant” après 2h...

     

    Mardi 23 juin

    Départ du Polar Senteret Cirkel vers 5h et descente vers Fauske du plateau du Cercle Polaire (même paysage qu'après Moï Rana avant le plateau mais encore plus tourmenté et avec une rivière tumulteuse à chutes et cascades) – Fauske – Narvik – Gratangen – Sefermoen – Andselv – Arrêt au camping de Storsteinnes (à 380 km avant Alta) 69,2 degrés de latitude Nord. Dormi à Storsteinnes dans un hytter (celui là avec lavabo/douche/WC à l'intérieur et un peu plus cher que les autres, 450 Nok)...

    Nombreux tunnels (comme à l'intérieur d'un gros intestin boursoufflé, et sombres) entre Fauske et Narvik ; un passage en ferry entre Bognes et Skarbengen (115 Nok), paysages de bords de lacs, de fjords et de hauts sommets en aiguilles et arrêtes et crêtes déchiquetées, de massifs rocheux imposants et découpés d'une altitude comprise en moyenne entre 1200 et 1500 m.

    Très beau temps le matin puis nuageux ensuite, 15 degrés de température, pas de vent... Sombre et bien couvert le soir mais sans pluie...

     

    Mercredi 24 juin

    Départ de Storsteinnes (camping Sagelvatn) – Nordkjosbtn – Storfjord – Odden – baie de Kvaenangen – Arrivée à Alta 70 degrés latitude Nord. Le camping d'Alta est un important lieu de passage (et de séjour) très fréquenté par les touristes venus de toute l'Europe et se rendant ou revenant du Cap Nord... Même en juin ce camping est “archi plein” à partir de 20h... Etant donné le prix d'un emplacement pour une tente (telt) soit 240 Nok, nous avons opté pour un hytter à 390 Nok ( puisque nous sommes arrivés à Alta assez tôt, vers 18h)...

    Beau temps toute la journée avec très peu de nuages, et 15 degrés à 17h. Vu le soleil à 2h en son point le plus bas (5 degrés d'angle au dessus de l'horizon) dans tout son éclat et diffusant une lumière rasante mais vive...

     

    Jeudi 25 juin

    Départ du Strand Camping à Alta avec une température de 19 degrés au matin sous un ciel entièrement couvert mais sans pluie... Vu les peintures rupestres autour du musée d'Alta dans un décor et en face d'un paysage immense de larges baies, de fjords et de montagnes crénelées. Ces dessins (directement tracés à l'origine sur de grands blocs de roches lisses, et restaurés) datent pour les uns de 5 à 6000 ans av JC, et pour les autres de 1500 av JC... Et représentent des scènes de la vie de l'époque, attestant que ces lieux “du bout du monde” étaient déjà habités...

    ... Alta – Olderfjord – puis quitté la route 6 pour la route 69 à Russenes, route qui mène à Honningsvag, puis de là, au Nordkapp en passant par un tunnel à péage (sous la mer) puis en montant sur un haut plateau “polaire” (totalement dépourvu de toute végétation et uniquement rocheux et au relief très tourmenté (fortes pentes, route étroite, ravins, crevasses, pics, sommets ou barrières de roches)... Soit trente et un kilomètres d'une piste bitumée fort étroite et assez périlleuse, en lacets...

    Arrivée au Nordkapp 71,10 degrés de latitude Nord vers 20h 30. Jusqu'à 19h le ciel était bleu puis brusquement s'est levé le vent et sont venus les nuages bas et sombres, depuis l'océan Arctique... Température 6 degrés à 21h, puis 5 degrés après 22h... Le vent s'est renforcé jusqu'à souffler en rafales continues jusqu'à 140 km/h... Sous un ciel sombre et bas, d'épaisse couverture nuageuse “se déplaçant comme un troupeau de rennes ivres”...

    Le paysage de ce bout de terre de l'extrémité de l'Europe (Mageröya) avec ses côtes à falaises déchiquetées, sa végétation (rare) de mousses sèches et brunes, son relief évoquant une concrétion de mâchoires et de carcasses d'animaux morts depuis des années, ses ravins aux parois verticales, ses crevasses et ses amas épars de pierres de toutes tailles... Ressemble sans doute à ce qui doit régner dans les environs du Cap Horn à l'extrémité australe de l'Amérique du Sud. Mais le Cap Nord de la Norvège n'a sûrement rien à voir avec le Cap Horn! Puisque l'électricité y arrive, ainsi que le téléphone et Internet! Seules, les conditions atmosphériques régnant ce 26 juin 2009 à 2h du matin au Nordkapp, ainsi que l'environnement purement naturel, peuvent être comparés à ce qui doit être au Cap Horn par un jour d'été austral, par exemple un 26 décembre froid, venteux et sombre de nuages...

    Nous avons, tout comme sur le plateau du Cercle Polaire, dormi dans la voiture, sur le parking rocailleux du Nordkapp Senteret. Nous pouvions à peine ouvrir la portière de la voiture côté passager ou conducteur tant soufflait le vent, nous voyions les camping-cars devant nous qui tanguaient de droite et de gauche ; et lorsqu'une première fois nous tentâmes de franchir l'espace qui nous séparait de la ballustrade surplombant la falaise de 305 m au dessus de l'océan... Nous n'y parvîmes point, la respiration totalement coupée... Et ce n'est que vers 2h du matin dans une “accalmie” relative et très brève, que nous sommes arrivés – à grand peine – jusqu'à la ballustrade et que nous avons alors pu photographier “un petit bout du soleil” voilé derrière le rideau des nuages et une “pluie très serrée” de lumière orangée et flamboyante, tombant sur l'océan gris depuis une masse de nuages...

    Tout en bas du promontoire rocheux et de la falaise à pic, à 305 m en dessous, en face... A perte de vue... L'immensité de l'océan Arctique, sans icebergs, sans aucune trace ou ligne au loin, de banquise...

    Après réflexion, j'ai pensé que d'avoir vu le “soleil de minuit” au Nordkapp, dans les conditions météorologiques de ce jour là... C'était encore plus beau et plus émouvant que de l'avoir vu sous un ciel dégagé et tout bleu et sans vent...

    Nous avons rencontré au Norkapp Senteret dans la cafétéria, le lendemain matin de ce 25 juin, un jeune Espagnol travaillant ici au Senteret comme cuisinier ( 200 000 visiteurs du monde entier, par an et même l'hiver pour les aurores boréales)... Qui nous a dit “Si vous étiez venus le 23 juin – soit 2 jours plus tôt- vous auriez vu le soleil de minuit dans tout son éclat, car il n'y avait aucun nuage, et pas du tout de vent et il faisait 14 degrés”...

     

    Vendredi 26 juin

    Départ du Nordkapp à 9h 10. Honningsvag – tunnel sous la mer – Russenes – Skaidi – Alta – Arrêt à Altafjord camping (hytter), 100 km environ après Alta vers Narvik.

    Vent fort et nuageux le matin, ciel bleu après 11h, température 6 degrés puis 13 ensuite...

     

    Samedi 27 juin

    Départ de Altafjord camping – Burfjord – Sörkjosen – Djupvik – Olderdalen – Skibotn – Oteren – Andselv – Arrêt camping de Fosseng ( kommune de Fossbaken). Sous la tente.

    La côte, d'Alta à Oteren : d'immenses chaînes et massifs très découpés, recouverts de neige sur les crêtes, ressemblant à d'énormes icebergs noirs sortis de la mer ou enserrant les fjords... Longs contournements de baies et fjords, et tunnels nombreux...

    Beau temps la journée puis nuageux le soir. Au camping de Fosseng les moustiques étaient agressifs...

     

    Dimanche 28 juin

    Départ du camping de Fosseng – Gratangen – Bjerkvik – puis route 10 (la route qui traverse les Lofoten) – Bogen – Evenskjaer – Lödingen – Sortland – puis la route 82 jusqu'à Andenes au camping à l'entrée du bourg. Ce camping est situé en bordure de la plage (sable blanc et gris). En face et à perte de vue c'est la mer de Norvège, nous sommes là à l'extrémité des Vesteralen par 69 degrés latitude Nord. D'Andenes partent les chasseurs de baleines mais aussi des bateaux remplis de touristes pour “voir les baleines” au large... A une soixantaine de milles marins des Lofoten, en traversant cette partie de l'Atlantique Nord, la mer de Norvège, c'est l'Islande...

    Nous installons la petite tente Quechua pour deux nuits au camping d'Andenes... Qui est très occupé, et même par des campeurs sous tentes...

    Nuageux et sombre le matin, puis grand soleil et fraîcheur ensuite...

     

    Lundi 29 juin

    Journée à Andenes. Ciel couvert jusqu'à midi, et soleil ensuite... Andenes est une ville de pêcheurs et aussi une base de l'OTAN. (D'où présence d'Internet haut débit et antennes de téléphonie mobile et télécommunications avec transmission réception de grande qualité)...

    Aux 16ème et 17ème siècle, partaient d'Andenes les baleiniers. Visite du centre des Auréoles Boréales au matin, puis l'après midi du centre baleinier...

    Au camping vers 21h arrive un grand car Finlandais transportant une quarantaine de touristes Anglais : les gens sortent des soutes du car tout le campement et tous leurs sacs, montent un énorme chapiteau sur l'herbe, puis autour du chapiteau, une vingtaine de tentes. Ils étalent tout leur barda, des bancs, des fauteuils pliants, des réchauds, des fûts emplis d'eau, des caisses de nourriture, de la vaisselle... Ils sont venus “voir le soleil de minuit” aux Lofoten et repartiront le lendemain matin...

    Notre petite Quechua était “perdue au milieu de toutes ces tentes de touristes Anglais, de couleur orange et de mêmes dimensions”... Mais ils ont “bien dormi” (sans doute assez fatigués) après 2h du matin, moment où le soleil brillait dans tout son éclat au dessus de la mer à 4 degrés d'angle au dessus de l'horizon (point le plus bas) et diffusant une lumière rasante...

    Par contre aux douches WC lavabos, quelle “folie”, jusqu'à minuit passé!

     

    Mardi 30 juin

    A 9h 20 départ du camping d'Andenes – Risöyhamn par Bleik (l'autre route côté mer de Norvège) – Sortland – puis route 10 Stokmarknes – Melbu – ferry pour Fiskeböl – route 10 Svolvaer – arrêt à Lyngvaer camping de Bobilcamp. Dressé la tente seulement vers 0h 30 (en pleine clarté diurne à cette heure) après avoir visité un petit bourg de pêcheurs aux maisons en bois, retiré au bout d'une route accidentée ; et pris un repas le soir dans un restaurant du port (une soupe de poissons Norvégienne)...

    Beau temps (presque “chaud”) jusqu'au soir...

     

    Mercredi 1er juillet

    La tente au camping de Bobilcamp étant installée pour 2 nuits, journée aller/retour jusqu'à Moskenes (extrémité Sud des Lofoten)...

    Une affluence considérable et ininterrompue sur la route (parfois étroite et accidentée à travers un paysage déchiré et maritime) de voitures avec caravanes, camping-cars, cyclistes lourdement chargés et motocyclistes... Toutes les aires de stationnement (de repos ou avec vue sur les baies et fjords et montagnes abruptes) se trouvaient “prises d'assaut” et quasi inabordables... Et quelle cohue dans les campings environnants!

    A Leknes visite de la grande maison communautaire (restaurée telle qu'elle existait dans le temps) des Vikings... A ce sujet je ne rends pas hommage au “Routard” qui dit que ce site n'est pas “représentatif” (et que c'est artificiel et peu véridique)... Au contraire, j'ai trouvé “très instructif” et “vrai”... (Sauf bien sûr l'inévitable “boutique à touristes” que l'on rencontre partout en tout lieu de visite, musée ou site historique, ou lieu “mythique” de passage)...

    Retour le soir au camping Bobilcamp (un petit camping très sympathique avec un très beau panorama en face, et dans lequel on ne se sentait pas “pressé comme des sardines dans une boîte”en dépit du nombre de campeurs, de caravanes et camping-cars les uns à côté des autres)... J'ai d'ailleurs “signé” dans le livre d'or de ce camping...

    Nuageux, froid, vent, pluie fine le matin, puis éclairicies le soir et nuit claire... (A noter qu'à cette latitude début juillet, il n'y a pas du tout la moindre ombre de nuit et que l'on y voit clair à minuit comme à midi)...

     

    Jeudi 2 juillet

    Départ du camping Bobilcamp – Svolvaer – (tenté passage ferry pour Skutvik mais l'attente était trop longue, seulement 2 ou 3 passages quotidiens à cet endroit là) – Lödingen par la route 10 (côté tunnels) – Bognes – (par le ferry) puis route 6 jusqu'à Fauske. Arrêt au camping de Fauske où nous avons pris un hytter (nous étions un peu fatigués après 4 jours de “telt”... (le hytter ne coûtait ici que 250 Nok et il y avait au camping de Fauske (en plein bois de bouleaux et de sapins) Internet Wifi dans d'excellentes conditions...

    Beau temps toute la journée, avec nuages épars...

     

    Vendredi 3 juillet

    Départ du camping de Fauske – passage retour au Cercle Polaire vers 11h (très beau temps, pas de vent et température 18 degrés) – Moï Rana – Mosjöen – Trofors – Arrêt au camping de Storforsen kommune de Grane (tente)...

    Beau temps toute la journée.

     

    Samedi 4 juillet

    Départ du camping de Storforsen (Grane) – Trondheim (que nous devions visiter mais que finalement nous avons contourné) – Et oui, car si l'on reste partout 2 ou 3 jours voire 4 l'été n'y suffirait pas et il faut bien “faire des choix” - suivi la route 6 en direction de Stören et arrêt dans un camping à l'écart de la route 6 à Valdöyan, site vacancier de pêcheurs surtout fréquenté par des Norvégiens. Il y a là une large et tumultueuse rivière à saumons.

    Il n'y avait pas d'emplacement tentes et nous avons du opter pour une “rom” (chambre à deux ou à plusieurs comme dans un hytter mais dans un bâtiment (une grange aménagée) avec cuisine, séjour, douches lavabos WC collectifs (style auberge de jeunesse). A noter qu'ici, pas de différence entre femmes et hommes : WC, douches lavabos communs! Et il avait des enfants, petits, adolescents, filles et garçons! Mais nous pouvions prendre de l'eau dans une cuvette et faire notre toilette “complète” enfermé dans la “rom”! (Un peu surprenant, ce style d'hébergement!)... 300 Nok payés en espèces et sans reçu... Mais cela avait l'air “très familial, très sympa et très détendu sans aucun problème!”

    Temps : alternance de soleil et de passages nuageux avec petit vent frais...

     

    Dimanche 5 juillet

    Départ du camping de Valdöyan – rejoint la route 6 vers Trondheim jusqu'à Melhus – puis bifurqué route 39 et ensuite route 65 – Rindal – Skei – Halsa – ferry entre Halsa et Kanestraum – route 39 Molde – ferry entre Molde et Vestnes – Sjöholt – Alesund. Arrêt au camping de Voldsdalen (hytter à 350 Nok où nous nous installons pour 2 jours. Le camping était “plein comme un oeuf” et c'est une chance d'avoir pu obtenir encore un hytter à l'heure où nous sommes arrivés.

    A Alesund du 8 au 11 juillet devait se dérouler un grand festival nautique (et une fête) très prisé par les Norvégiens. Il y avait donc énormément de Norvégiens au camping (tentes de toutes tailles avec caravanes, camping-cars et familles entières)...

    Temps : alternance de soleil et de passages nuageux.

    ... Alesund :

     

     

     

    Lundi 6 juillet

    Journée à Alesund. Au centre ville à pied (3 km). Il est “risqué” de s'aventurer en voiture dans les villes en Norvège : parkings uniquement à pièces et limités à 2h de stationnement entre 9h et 17h (gratuits ensuite), parkings centres commerciaux et souterrains seulement dans les très grandes villes et “assez chers” (200 Nok pour 24h)... Et la “Politi” veille : fourrière automatique si infraction!

    La ville d'Alesund (longuement étirée sur une presqu'île en forme d'hameçon) fut reconstruite après un incendie en 1903 et les maisons y sont de style “Art Nouveau” (période 1890-1910)...

    Dans l'après midi nous avons rejoint à l'autre bout de la ville (5km encore à pied) l'Atlantic Center (un site océanographique avec aquariums géants et toutes sortes de poissons)...

    Temps : alternance soleil, passages nuageux, vent modéré et frais...

     

    Mardi 7 juillet

    Départ du camping d'Alesund – route 39 jusqu'à Söholt – puis route 650 (tortueuse, accidentée et en partie, au départ, longeant le fjord de Geiranger (80 km de long) – 2 tunnels avant Stordal (“intestingrêliquels” et sombres comme des fonds de puits éclairés à la bougie) – Un passage court sur un petit ferry entre Linge et Eidsdal – puis longue et vertigineuse montée au dessus du fjord, et descente encore plus vertigineuse par une route en 11 lacets jusqu'à Geiranger située à l'extrémité du fjord...

    Le fjord de Geiranger (l'un des plus beaux, des plus spectaculaires, des plus profonds de toute la Norvège, est de loin le lieu le plus visité : 600 000 touristes par an (dont la quasi totalité en juin et juillet)... L'on y voit du matin 10h au soir 17h d'énormes bateaux de croisière stationner sur le fjord devant le petit port du bourg (de seulement 350 habitants permanents). Depuis les hauteurs environnantes cela “fait drôle” de voir plaqués sur une eau si lisse ces énormes navires de croisière (il est vrai que la profondeur du fjord atteint par endroits 200m)... Des centaines de gens, du monde entier, (dont beaucoup d'asiatiques) descendent par péniches de débarquement sur les quais du port et se hasardent pendant 4heures de temps sur les chemins de promenade autour du bourg (chemins de haute montagne très “périlleux” et difficiles d'accès, à très fortes pentes)... Un grand hôtel (ultra moderne) reçoit chaque jour des colonies de visiteurs en cars climatisés (presque tous des “vieux”)...

    Il y a trois campings autour de Geiranger (qui sont en juillet, “archi pleins” y compris les “hytter grand standing” à 950 Nok la journée!)

    Arrivée au camping de Vinje (l'un des 3) à Geiranger, donc, vers 13h et à cette heure là nous avons pu choisir un emplacement pour notre Quechua...

    Temps : soleil, nuages, vent...

    ... Le camping Vinje, à Geiranger :

     

    Mercredi 8 juillet

    Journée à Geiranger. Le matin promenade 5km environ suivant l'un de ces chemins de montagne jusqu'à un promontoire élevé d'où l'on pouvait apercevoir une grande partie du fjord. Les pentes, raides et rugueuses et souvent déchiquetées ou coupées de longues crevasses dans lesquelles le soleil ne pénètre jamais, conduisent depuis les bords du fjord vers des sommets aigüs à 1800 m d'altitude, couverts de neige et de glaciers. Cela donne une idée de la dénivellation “extrême” qu'il y a entre le niveau de la mer (niveau du fjord) et les plus hauts sommets...

    L'après midi, petite croisière (pour 240 Nok par personne) d'une durée d'une heure trente, à bord d'un bateau (qui n'avait rien à voir avec l'un de ces “monstres touristiques” que sont les navires de croisière internationnaux) le long du fjord de Geiranger jusqu'à la confluence avec une autre partie du fjord... Sur des promontoires dont se demandait comment et par quel chemin on pouvait les atteindre, situés à 1000 m ou plus au dessus du fjord, l'on apercevait des maisons en bois au toit recouvert de végétation , petites fermes isolées perdues dans la montagne... Qui étaient encore habitées au début du siècle dernier...

    Temps : nuageux et pluie fine le matin, puis ensoleillé avec passages nuageux et vent assez frais ensuite...

     

    Jeudi 9 juillet

    Départ du camping de Vinje à Geiranger – Route 63 (acrobatique avec nombreux lacets et étroite, et même périlleuse) jusque sur des hauteurs désolées et polaires recouvertes de végétation basse et épineuse, de tourbes, de lichens, de rocaille, de plaques de neige et de petits glaciers (on se serait cru dans le Sud des Andes, ou dans le massif du Mont Blanc ou encore du côté du Puymorens et de l'Envalira dans les Pyrénées, lorsque règnent en ces contrées “du bout du monde” des conditions météorologiques un peu sévères dans un été hivernal... Puis nous avons bifurqué sur la route 15 vers Stryn – puis route 60 Olden – Byrkjelo – rejoint la route 39 Skei – Förde – Vadheim – Lavik – Knarvik – et enfin Bergen.

    Arrêt à Lone Camping (un très grand camping international) où nous avons dressé la tente...

    Temps : nuageux et vent le matin, puis éclaircies et ciel bleu ensuite...

     

    Vendredi 10 juillet

    Bus 83 (avec un changement en cours de route) pour nous rendre de Lone Camping jusqu'au centre de Bergen.

    Le port, la ville en bois, Bryggen, tour de ville en petit train (avec traduction audio en Français) et promenade dans les rues et les quartiers de Bergen... Repas de poisson et de frites pris sous un étal du marché aux poissons...

    Beau temps toute la journée, température 26 degrés, sans vent...

    Nous pensions rester un jour encore de plus à Bergen, mais au camping promiscuité et fatigue se faisaient sentir après plus de 4 semaines de voyage, d'autant plus qu'à côté de nous campaient sous une haute et vaste tente d'indien de jeunes et bruyants Norvégiens discutant fort tard dans la nuit... (les boules Quiès n'ont pas suffi!)...

     

    Samedi 11 juillet

    Départ vers 11h de Lone Camping, par une température de 24 degrés – traversé tout le centre ville de Bergen (absence d'information de direction) pour rejoindre la route 16 vers Voss – puis bifurqué route 7 (route touristique de Bergen à Oslo) – Tysse – Oystese – Alvik – Granvin – passage en ferry Bruravik – cette route 7 après Bruravik traverse les hauts plateaux désolés et aussi “polaires” que ceux du Finmark, soit toute la contrée du Hardangervidda et du Hallingskanver (glacier de Hardangerjökulen), 1862 m altitude) – Al – arrêt au camping de Al Folkepark (en hytter)...

    Le plateau de la Hardangervidda est un lieu de promenades en ski de fond (et aussi un lieu de séjour de vacances en été pour bon nombre de Norvégiens venus d'Oslo ou de Bergen ou d'ailleurs). Par endroits, en pleine désolation polaire, alors que troupeaux de rennes sauvages tout comme au Finmark traversent les étendues rocheuses, les tourbes et les champs de rocaille, l'on aperçoit de rudimentaires chalets ou même des camps de vacances en bâtiments de bois, dans lesquels séjournent les Norvégiens épris d'aventure, de sports d'hiver et de randonnées pédestres...

    Ce plateau est aussi le lieu de passage entre l'Est et l'Ouest... Et couvre une superficie de 3400 kilomètres carrés...

    Soleil, nuages, et vent fort et froid sur le plateau, température 8 degrés...

     

    Dimanche 12 juillet

    Vers 10h départ du camping de Al Folkepark – route 7 – Geilol – Hol – Gol – Nesbyen – Flâ – Hönefoss – Oslo.

    Arrivée à Oslo vers 16h 30. Nous “débarquons” à Fjordcamping situé à 6 km au Sud d'Oslo à côté de la route 6 (autoroute) en direction de Göteborg.

    Mais ce camping est “minable” (installations sanitaires d'un “autre âge” et digne d'un pays du “tiers monde” avec douches seulement séparées par une toile cirée, au sol de lino crasseux et fendu, WC lamentables, réchaud cuisine à gaz et tout noir de fumées et de graisse, fuites d'eau douches et lavabos, deux lavabos hors d'usage, urinoirs bouchés... Et dans un local en panneaux préfabriqués genre Soconatra à moitié pourri recouvert de feuillages brunis et de poussière)... C'était à peine si 3 ou 4 hommes ou femmes à la fois pouvaient tenir dans ce “boui-boui” de “bidonville” pour une toilette forcément sommaire et dans d'inconfortables conditions d'hygiène sans aucune intimité possible...

    Dans ce camping ne séjournaient au demeurant, que des Roumains, des Russes, des Espagnols et des Africains du Centre de Main d'Oeuvre situé à proximité, dans des caravanes ou sous des tentes du genre “camp volant” ... Et quelques touristes égarés... Le gérant du camping (un Asiatique “Norvégiénisé”) nous a tout de même demandé 250 Nok pour un emplacement de “telt” pour une nuit!

    Nous ne sommes donc restés qu'une seule nuit dans ce camping minable et surpeuplé... Au matin à la première heure nous “mettions les voiles”...

    Temps : soleil, nuages, vent... Température 14 degrés...

     

    Lundi 13 juillet

    Nous avons traversé Oslo par le “Sentrum” pour rejoindre le camping de Bogstad, situé à 9 km au Nord Ouest d'Oslo. Par bonheur, depuis le “Sentrum”, le parcours jusqu'au camping était bien fléché... Mais que de détours, de rond-points, de carrefours, de bifurcations! Une heure pour y parvenir! Il est vrai qu'à Oslo comme dans toutes les villes Norvégiennes, l'on s'arrête systématiquement à tous les passages piétons, l'on roule à 40 ou 30 aux lieux de passage dans les rues commerçantes (mais il n'y a jamais d'embouteillages comme à Paris ou à Bordeaux).

    Impressionnant la structure auroroutière et de circulation à voies multiples et directionnelles, pour une ville de 548 000 habitants!

    Les bus et les taxis, eux, ont une voie spéciale, rapide et ne sont pas tenus apparemment, de respecter strictement les limitations de vitesse... Aussi est-il très commode (et rapide) d'emprunter les nombreuses lignes de transport public, tramway, bus, métro (5 lignes)...

    Le camping de Bogstad est vraiment un camping géant, de quelque 700 emplacements de tente, et sans doute autant sinon davantage de caravanes et camping-cars, doté de toutes les infrastructures et équipements nécessaires en sanitaires, WC, douches lavabos, cuisine collective, local pour les machines à laver, etc. Rien à voir avec le fjordcamping! (Qui n'est d'ailleurs pas répertorié dans les guides et livres de tourisme)... Il n'en demeure pas moins qu'à Bogstad Camping, comme partout en Norvège en juillet, vu le nombre de campeurs et donc de gens de passage ou séjournant, les WC, les douches et les lavabos se révèlent en nombre forcément insuffisant... D'où une promiscuité “écrasante” rendue encore plus difficilement supportable sur plusieurs jours de suite, par des emplacements de tente et de caravanes non délimités : ici comme ailleurs dans les campings Norvégiens, l'on s'installe où l'on peut, comme l'on peut, les uns très près des autres...

    Le bus 32 nous transporte directement en seulement une demi- heure de la sortie du camping de Bogstad au centre même d'Oslo, à “National théatreret” par exemple pour 36 Nok par personne.

    Et vu les horaires de passage et la fréquence de ces passages, nous pouvons revenir fort tard dans la soirée... Ou partir à n'importe quelle heure du camping... Aussi ce lundi 13 juillet dès notre installation terminée vers 11h, sommes nous partis pour le centre d'Oslo...

    Visite du grand parc autour du Palais du Gouvernement, des avenues du centre ville, du port et du quartier de la Radhus (hôtel de ville) à l'architecture tout à fait particulière et originale...

    Temps : soleil, nuages et température 22 degrés...

    ... Une jolie Norvégienne à Folklandpark, Oslo :

     

    Mardi 14 juillet

    Au matin vers 4h nous avons été réveillés par un bruit assourdissant d'une grande intensité... Durant plus d'une heure, un gros hélicoptère rouge et blanc survola le camping et le quartier environnant (très habité de grands immeubles au milieu des arbres) à basse altitude... Cela me parut “assez surréaliste”!

    Tout le camping y compris les “couche tard” était ce matin là, dès 7h, “sur pied de guerre” et c'était un défilé, un va et vient interminables aux toilettes, lavabos et douches... Sur le “gazon” tout le monde avait installé sa table pour le petit déjeûner et les “toutous” petits et gros, s'ébattaient autour de leurs maîtres...

    Ce matin là nous avons pris dans le port un bateau-bus (le 91) pour nous rendre dans la presqu'île coupant le large fjord d'Oslo en deux parties... Toutes couvertes à perte de vue de milliers de bateaux à voiles ou à moteur...

    Visite (passionnante et instructive quoiqu'en Anglais) du Viking skip huset ( reconstitution “au vrai” de deux bateaux Vikings et exposition de vêtements, objets, armes, outils, coffres, bijoux, pierres)...

    Nous avons cependant pu acheter à la boutique un petit livre en Français retraçant l'histoire des Vikings...

    L'après midi : visite, toujours dans la presqu'île, du Folkemuseum (maisons en bois et église en “bois debout”... Avec animations et présence de très jolies jeunes Norvégiennes habillées à l'ancienne...

    Temps : beau et chaud, devenant nuageux et lourd en soirée... La nuit (qui déjà à Oslo mi juillet “reprend du poil de la bête” durant quatre heures) sévit un orage avec bonne averse, gros tonnerre et beaux éclairs...

     

    Mercredi 15 juillet

    Revu encore les avenues du centre ville, puis visité le National Galleriet (qui est l'équivalent du Louvre à Paris – en un peu moins grand-). Entrée non payante mais audio guide en Français pour 25 Nok... Et sacs en consigne (gratuite)... Nous y sommes surtout allés pour voir les oeuvres du peintre Munch...

    L'après midi visite (il a fallu prendre un tramway depuis Radhus (hôtel de ville) de Vigenlandparken après avoir traversé toutes les rues du centre d'Oslo (style début 20ème souvent en petites briques claires)...

    Nombreuses et imposantes statues de pierre polie (granit) dans les allées de Vigenlandparken...

    Temps : pluvieux le matin, puis éclaircies et beau le soir...

    Nous pensions rester une quatrième journée à Oslo... Mais le soir, ce 15 juillet, s'installe au camping tout juste à côté de nous mais vraiment très près alors que plus bas il y avait de la place, un couple d'Allemands sous une tente... Et ce soir là de surcroît affluence maximum au camping et “accrobaties impossibles” pour parvenir à faire sa toilette complète... A 1h du matin!

    Nous étions “démoralisés par la cohue du camping”, fatigués après 33 jours de voyage et nous décidâmes de “lever les voiles” le lendemain matin à la première heure!

    ... Oslo, L'hôtel de Ville (Radhus) :

     

    Jeudi 16 juillet

    Départ (sans regret et “l'âme sereine”) du camping de Bogstad... Traversée d'Oslo par le “Sentrum” pour rejoindre au Sud l'autoroute E6/E18 en direction de Göteborg – Repassé la frontière à Halden (avec tout de même un peu de nostalgie en quittant ce pays “ne faisant point partie de l'Europe de Bruxelles, n'étant pas non plus l'esclave de la Mondialisation, à la société démocratique et égalitaire, où les automobilistes sont respectueux et attentionnés à l'égard des piétons, qui n'est pas si cher qu'on le dit, et dont la reine a un si joli visage et dîne dans un restaurant de pêcheurs d'un modeste village de pêcheurs aux Lofoten”)...

    Nous fonçâmes, cette fois à plus de cent de moyenne, sur l'autoroute E6, passant Göteborg et nous arrêtant à Falkenberg sur la côte Sud Ouest de Suède dans un camping “en retrait” (et au bord de la mer)... Dans ce camping peu fréquenté par les touristes étrangers, il y avait par contre beaucoup de Suédois en vacances.

    Pour la dernière fois, nous plantâmes notre tente Quechua dans un espace en principe réservé aux caravanes mais avec l'autorisation du gérant pour une nuit... Le camping, en fait un centre de vacances Suédois, était “plein comme un oeuf” (j'ai rarement vu un tel entassement de caravanes, de grandes tentes familiales, de camping-cars... A perte de vue et à peine irrigué par d'étroits passages comme des rues d'une ville du Moyen Age...

    Ce soir là il faisait très beau et nous avons pu admirer depuis la plage un magnifique (et très long) coucher du soleil sur la mer du Nord en imaginant de l'autre côté de l'horizon les côtes du Danemark... Invisibles depuis Falkenberg.

    Dernière “mauvaise surprise” (de camping) cette nuit là : je me lève à 2h et quart pour aller aux toilettes, et “Wotan de merde”... Les WC étaient bouclés (et donc inaccessibles)! J'ai donné un coup de pied très fort sur la porte en bois des sanitaires! Ce fut là ma seule colère de tout le voyage...

     Vendredi 17 juillet

    Départ de Ugglarps camping (Falkenberg) à 9h. Température 24 degrés, beau temps bien ensoleillé...

    Malmö – le pont géant menant à Kobenhavn – embarquement à Rodby pour Puttgarden (ferry international “casino flottant”) - Lubeck (pluie et vent pendant la traversée en ferry) – Hamburg – Hanover – (beau temps revenu puis gros orage forte pluie) - arrêt 4h dormi dans la voiture sur un parking autoroute après Hanover – Kassel – Frankfort – (à nouveau pluie) – Karlsruhe – Strasbourg – retour chez nous dans notre maison vers 13h le samedi 18 juillet.

     

    ... Merci en particulier, à cette dame d'une soixantaine d'années qui parlait l'Allemand, qui nous réserva un accueil si “bon enfant” au camping de Hummelfjell (Tolga) le 19 juin 2009, et qui nous fit connaître notre premier “hytter” (une jolie petite “maison de poupée”) pour seulement 240 Nok... (La communication est tout de même plus facile lorsqu'on peut s'exprimer, du moins pour l'essentiel, en plusieurs langues)...

    ... Merci à cette jeune, jolie et charmante jeune fille, sans doute une étudiante qui, coiffée d'un casque de mineur nous guida et nous donna des explications dans un Anglais hésitant teinté de Norvégien, jusque dans les galeries les plus profondes de la mine de cuivre d'Olavsgruva située sur un haut plateau désolé ressemblant à la Patagonie... Le 20 juin 2009.

    ... Merci à ce jeune Espagnol qui, à la cafétéria du Nordkapp le 25 juin 2009, nous parla un peu de son pays dans lequel il revenait une fois l'an, et nous dit qu'en Norvège on y vivait bien en dépit du froid et de l'obscurité de l'hiver...

    ... Merci à ce Belge vivant depuis 14 ans en Norvège, et qui, avec ses enfants, gérait le site du cratère d'une météorite, quelque part entre Alta et Narvik, et qui nous donna des informations essentielles sur la vie des gens et le pays de Norvège... Le 27 juin 2009.

    ... Merci à la reine de Norvège (que je n'ai pas rencontré) et dont le visage sur une carte postale en noir et blanc, si joli et et si délicat, me rappelait le visage de ma mère...

    ... Merci, pour conclure, à tous ces gens, à tous ces visages de Norvégiens, dont le sourire était timide voire inexistant, qui paraissaient froids et indifférents... Mais dont le coeur était chaleureux et tout empli de pensée intime, de respect d'autrui et de discrétion...

     

  • Le voyage en Norvège, photos

         Quelques paysages de la Norvège du Nord, Lofoten, Finmark, Alesund, Geiranger...

     

    Bateaux, à Alesund

    Dans le cratère d'une météorite

    Une église en bois debout

    Bergen, vue depuis une hauteur

    Bryggen, le quartier dans le port, en bois, à Bergen

    Dans le fjord de Geiranger

    Le fjord de Geiranger

     

     

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