Articles de yugcib

  • Judéochrétocratie et Islamocratie

     

         Il y aurait en gros, sur cette planète, deux systèmes de « pensée unique » ou si l'on veut, deux civilisations « cultuo-culturelles » : la civilisation Judéochrétienne et la civilisation de l'Islam... Du moins pour le moment et cela depuis plusieurs siècles... Puisque les autres civilisations existantes (tout aussi « cultuo-culturelles ») ne sont pas sur cette planète aussi présentes et aussi dominantes que la civilisation Judéochrétienne et la civilisation de l'Islam... Soit Juifs et Chrétiens d'une part et Musulmans d'autre part...

    Il me paraît « assez évident » que les deux civilisations (Judéochrétienne et de l'Islam) ne sont (et ne seront jamais) entre elles comme par exemple deux familles voisines vivant au même étage et dans deux appartements communiquants, puisque nous avons bien là deux modes de vie et deux cultures totalement différentes entre elles et ne pouvant pas dans la vie de tous les jours, dans leurs pratiques, dans leurs prescriptions, s'amalgamer entre elles... Au mieux peut-on arriver à concevoir des « arrangements », des accords, des compromis ou des adaptations... qui de toute évidence sont rejetés par les factions les plus « intégristes » (et déterminées) de chacune des deux civilisations... ou des deux familles dans l'exemple que je cite plus haut...

    Pour « compliquer les choses », au sein même de chacune des deux civilisations il existe des « courants de pensée » et même des croyances différentes les unes des autres (et qui se combattent entre elles)...

    Je suis en complète et formelle opposition, et en révolte ouverte contre les valeurs Judéochrétiennes ET contre les valeurs de la civilisation de l'Islam... À l'exception cependant des seules valeurs à mes yeux, valides et communes aux deux civilisations : à savoir les valeurs d'humanisme (fraternité, solidarité, partage, amour du prochain)... Malheureusement ces valeurs humanistes dont se réclament pourtant les deux religions, sont depuis leurs origines même, bafouées ou perdues de vue en fonction des divergences d'intérêts et des situations conflictuelles...

    Je considère que le fait de se réclamer de l'une ou de l'autre de ces deux civilisations, ou d'appartenir “par tradition” à l'une ou l'autre d'entre elles, implique forcément à terme (et en fonction de la sensibilité des situations et des circonstances et des événements) un rejet ou une peur de l'Autre, de l'intolérance, de la dureté dans la relation...

    Mais dans cette révolte et dans cette opposition formelles que j'exprime – parfois avec violence – je ne souhaite pas que l'on en vienne à s'entretuer ou s'éliminer ou s'ignorer ou se rejeter entre Chrétiens, Juifs ou Musulmans ( ce qui est une réalité déjà, dans le monde)... Et je n'envisage pas non plus dans mon esprit une « éradication » de l'une ou l'autre de ces civilisations par une forme de conflit armé généralisé ou par des dispositions autoritaires et brutales visant à éliminer ou enfermer des gens ou des peuples de par le monde...

    Je pense (et c'est bien là toute mon espérance) que la civilisation Judéochrétienne et la civilisation de l'Islam... et les autres civilisations « cultuo-culturelles » ainsi que toutes les formes de « pensée unique »... finiront par disparaître peu à peu d'elles-mêmes, sous la poussée de l'évolution de l'esprit humain... (et que viendra alors une autre civilisation succédant aux anciennes).

    Ce qu'il y a de commun, aussi, entre les Judéochrétiens et les Musulmans, c'est le fait de considérer que l'esprit humain ne peut exister sans Dieu, que la Connaissance c'est Dieu qui la donne, que Dieu est le Créateur du ciel et de la Terre et de toute vie... Partant d'un tel « axiome », l'idée de « l'évolution de l'esprit humain »(sans Dieu) serait « satanique »... et donc, à combattre...

    Ce sont les Arts, la Culture, la Science, la Philosophie, la Littérature, la Poésie, la pensée et la réflexion qui contribuent ensemble à l'évolution de l'esprit humain et de tout ce qui en découle par les oeuvres et par les actes des hommes ... L'esprit humain agit comme un moteur ou un levier ou une commande : c'est alors l'ensemble de la machine dans tous ses mécanismes, qui se met en mouvement... C'est donc cela, selon la “vérité” des religions, qui serait “satanique”? C'est donc cela que les religions “surpasseraient”?

    La religion s'affirme et s'impose en tant que “modèle universel de pensée” seul et valide, et évitant à l'être humain de se poser la question de son origine et de son destin... La religion infirme ou au mieux, relativise la science, les arts, la pensée et la réflexion, à moins que ces dernières n'aient d'autre vocation que celle de louer ou de magnifier l'oeuvre du Dieu créateur de toutes choses...

    Toute la question est de savoir si l'on accepte ou non le modèle de “pensée unique” plus imposé que proposé, par la religion... Et encore faut-il avoir en soi la capacité – en toute connaissance- à accepter ou à refuser...

    Mais comment des centaines de millions d'humains peuvent-ils avoir en eux-mêmes, au plus profond d'eux-mêmes, cette connaissance, et donc, cette capacité en eux-mêmes à accepter ou à refuser... S'il ne leur est donné qu'une seule et unique forme de connaissance, celle “venue de Dieu”? Une connaissance qui “voisine” d'autre part avec toutes les imbécilités et les nourritures dont ils sont gavés à longueur de journées?

     

  • Facebook, Twitter and Cie

     

    Dans l'utilisation de Facebook ou de Twitter, ou encore de MSN ou de tout autre moyen de communication en direct (chat ou messagerie instantanée)... J'avoue que je suis “assez préhistorique” et peu enclin à devenir “expert” en ce domaine...

    Facebook, je ne sais pas vraiment comment ça fonctionne, je n'en maîtrise que très peu les fonctions de base, ni ce que l'on peut faire avec... Tous ces “amis” à valider, toutes ces invitations à je ne sais quel événement, tous ces “scoops” des uns et des autres... Je m'y perds et ça me semble un peu vain, vide de sens et d'à propos dans la mesure où tout cela s'affiche et te télescope “à tout bout de champ”... Idem pour Twitter (qui me paraît encore plus “serpent de mer” que Facebook)...

    Je sais cependant (car je m'informe) que beaucoup de gens (et pas forcément que des jeunes) afin de transmettre une nouvelle, une information, un message , à plusieurs dizaines voire centaines ou milliers d'autres personnes, le font par Facebook ou encore mieux par Twitter, grâce à des listes d'amis, de relations ou par les liens d'un réseau...

    Mais voici ce que j'en dis, de cela : “C'est pas aussi simple et aussi miraculeux qu'un bouton sur lequel on cliquerait, et te ferait connaître à l'instant (et être lu ou écouté) par des milliers de gens”...

    Si cela était, ça se saurait!

    Non, pour moi, Facebook et Twitter... Et MSN et compagnie... C'est pas le Pérou!

    Et c'est la raison pour laquelle je n'y passe point ma vie, d'autant plus que presque tout ce qu'on raconte sur Facebook, Twitter and Cie... est “à dormir debout” (pas tout le temps tout de même)...

    D'autre part je m'insurge aussi quelque peu, quand je vois dans les mails ces messages diffusés à x destinataires dont on a connaissance de leurs adresses mail... Merde! “copie cachée” c'est pas fait pour les chiens !

    Jamais je n'envoie en “liste” et jamais donc, non plus, en “copie NON cachée”!

    Disons que j'ai d'autres “travers”... Celui entre autres qui consiste à diffuser le même texte (avec parfois tout de même quelques différences) dans plusieurs forums (ou univers de communication)...

    Pour conclure je déclare ceci :

    Si d'aventure quelque “ami” ou connaissance ou l'un ou l'autre de mes lecteurs, maîtrisant très bien Facebook et Twitter et jonglant avec ces “boules” tel un “pro”... Souhaite me “facedebooker” ou me “twitteriser”, alors je lui en donne l'autorisation...

     

  • Tout ce qui se dit et s'écrit

     

         Dans un état démocratique... ou “pseudo démocratique”, mais où cependant les autorités en place ont tendance à suivre – de près ou de loin – tout ce qui se dit et s'écrit... C'est, disons, la “consensualité du monde” qui fait ou permet la liberté d'expression.

    Et dans un tel monde si “modes et tendances” et si inféodé à une forme générale de “pensée commune”, les autorités en place ne s'intéréssent que très peu voire pas du tout, à tout ce qui d'une manière ou d'une autre contrevient à un ordre de pensée dominant (et qui demeure dominant)...

    Ainsi laisse-t-on s'exprimer des artistes ou des écrivains “contestataires” parfois même considérés “amuseurs publics” et dont les représentations en salle ou dans la rue sont perçues telles des “pauses -récréations” entre ces interminables et difficiles “cours de la vie réelle” (que par ailleurs un très large public soumis de gré ou de force se plaît à fustiger constamment)...

    Si les plateaux de télévision, les scènes et les tribunes de l'espace médiatique, les pages des grands quotidiens d'information et des magazines sont plutôt le “domaine réservé” des plus lus, des plus écoutés et des plus vus... Si ces mêmes plateaux de télévision ou tribunes d'espace médiatique donnent parfois la parole à des personnages moins remarqués (mais choisis à dessein)... Le Web par contre, est le domaine “non réservé” et donc totalement libre, à toute forme d'expression (populaire, artistique ou littéraire)...

    Il est évident qu'un tel domaine, celui du Web, aussi vaste, aussi divers, aussi infini... Ne peut en aucun cas faire l'objet d'une surveillance dans le détail, constante et approfondie... À moins de “couper le robinet à la source” ( comme l'on ferait par exemple en fermant quelques vannes d'alimentation à la sortie d'un bassin principal pour que l'eau ne vienne plus dans certains réseaux de distribution)... Mais là, c'est ce que l'on fait dans les pays non démocratiques, totalitaires ou de dictature... Où la “consensualité du monde” n'y a là plus aucun sens, plus aucune réalité puisque dans ces pays totalitaires, c'est le peuple tout entier qui est “muselé”, la liberté d'expression inexistante, l'internet seulement accessible pour le pragmatique et l'utilitaire de base (ou la diffusion de la pensée dominante)...

    Certes la tendance à suivre de près ou de loin tout ce qui se dit et s'écrit – dans les pays démocratiques ou pseudo démocratiques – s'alourdit, se renforce, s'organise, se structure... Mais il n' en demeure pas moins réel aussi (et incontournable), que tout ce qui se dit et s'écrit, du fait de son immensité et de sa diversité, ne peut être suivi dans le détail et dans sa totalité... À moins de faire l'objet sur quelque requête d'une autorité, d'une recherche particulière ou d'un ciblage...

    Je pense que le meilleur combat et la plus forte et plus efficace résistante possible à un “ordre établi” ou à une forme de pensée dominante, consiste à faire peu à peu perdre du terrain à cet “ordre établi” ou à cette pensée dominante... De telle sorte que ces derniers tout en gardant l'illusion de leur pouvoir, s'affaiblissent de jour en jour jusqu'à se voir retranchés en d'ultimes redoutes qu'il faudrait alors prendre d'assaut...

     

     

  • Coup de poing sur le silence "béabêta"

     

         Ce qui me révolte ce n'est pas le pourcentage des abstentionnistes annoncé par les instituts de sondage pour le second tour des élections régionales, et donné plus important encore que lors du premier tour...

    Non, ce n'est pas ce chiffre par lui-même (de l'ordre d'environ 55 pour cent) dans son ensemble...

    Car je considère le fait de s'abstenir de se rendre aux urnes comme une “forme d'expression” dans la mesure où s'abstenir est un acte réfléchi, argumenté, pensé et exprimé tel une réponse, et donc c'est bien là une manière de voter, que de ne pas se rendre aux urnes...

    Ce qui me révolte c'est le silence... Le silence “béabêta” dirais-je... et oserais-je dire sans complaisance...

    Car ce silence là, cette forme “inconsistante” donc, de l'abstention, d'une abstention non pensée, non réfléchie, sans argumentation autre que celle de propos insipides dans le genre “ça ne m'intéresse pas”, ou “je m'en fous”, sans autre réaction qu'un haussement d'épaules ou qu'un froncement de nez ou qu'un regard vide de sens... Est un silence imbécile, un silence lourd de conséquence et qui engage un pays, un peuple tout entier, et toutes les composantes d'une société dans une déliquescence générale en ouvrant tout grand la porte à toutes les dérives possibles...

    Ce silence là, dans le fait de s'abstenir de voter, est de même nature que le silence dans la communication ou dans la relation : il y a le silence en tant que réponse, forme d'expression, et qui vaut parole... et il y a ce silence indifférent et “béabêta” qui lui, ne vaut rien du tout... Et c'est ce silence là que je tape de mes poings, que je piétine avec rage et dont je veux crever l'enflure...

    Je vais essayer d'être optimiste en pensant -avec une sorte d'espérance- que dans les probables 55 pour cent d'abstentions, il n'y aura que pour moité, voire tiers... de silence “béabêta”...

     

  • Absolument scandaleux...

     

    Christophe Hondelatte, ton débat sur RTL mardi 16 mars 2010 (“langue de vipère- On refait le monde”) à 19h 30 à propos de Jean Ferrat...

    Rappelons que ce débat quotidien entre 19h et 20h sur RTL est animé par Anne Sophie Mercier, de Charlie Hebdo ; PPDA, journaliste et écrivain ; Robert Ménard, éditeur et écrivain ; Ivan Rioufol, du Figaro...

    Autrement dit des gens qui ont “un certain rayonnement et sont lus et écoutés”...Mais de sensibiltés différentes...

    Ce débat à propos de Jean Ferrat, ce soir là, du jour même des obsèques de Jean Ferrat, était à mon sens “totalement indécent” et ne devait pas être donné ce jour là... C'était “une insulte” à la mémoire de Jean Ferrat, une discussion “imbécile” et vulgaire, inconsistante et “de parti pris”...

    L'un des interlocuteurs reprochait à Jean Ferrat dans sa chanson “Ma France” de citer Robespierre...

    Certes oui, Robespierre n'est sans doute pas “une bonne référence” dans l'histoire de notre pays... pas plus que Staline dans l'histoire de la Russie... Mais Jean Ferrat dans sa chanson “Ma France” évoque aussi (et surtout) “Monsieur Thiers”... qui fit fusiller la France (sous-entendu “une partie de la France”) lors de la “semaine sanglante” de la Commune en mai 1871...

    Et ce même interlocuteur nous explique qu'il “ne comprend pas” que Jean Ferrat puisse “cautionner” à travers son oeuvre, la barbarie de régimes révolutionnaires tels que la Terreur et le communisme ! (c'est ce qu'il laisse entendre dans son propos)... Et ça, c'est révoltant, absolument scandaleux, d'insinuer que Jean Ferrat ait pu “fermer les yeux” sur ces “laideurs du monde”... Lui qui fut un poète, un partisan de la non violence (bien que demeurant un révolté), un être paisible qui a délibérément quitté la scène en 1973 pour aller s'installer dans un village en Ardèche, un être d'une si grande modestie et d'une si émouvante simplicité dans sa relation avec ses amis et ses proches...

    D'ailleurs, rappelons aussi (car c'est important) que Jean Ferrat en dépit de sa vive et fraternelle sympathie envers le Parti Communiste, n'a jamais adhéré en prenant une carte de membre de ce parti...

    Georges Brassens, lui, chantait “Mourons pour des idées, mais de mort lente!”

    Et Léo Ferré disait à propos du drapeau noir de l'anarchie (que l'on brandit sur les barricades et dans les manifs) “ Un drapeau, même noir, même celui de l'anarchie, c'est quand même un drapeau”...

    ... Et l'on sait tous ce qui se passe, après les barricades, après que l'on ait renversé les gouvernements, liquidé les blancs ou les bleus avec les curés et les banquiers : ce sont des drapeaux, des étendards, des slogans, des mots d'ordre, des leaders (ou des meneurs) derrière lesquels on se rallie... Et ce n'est jamais comme dans la chanson de Jean Ferrat “ et c'était comme si tout recommençait, la vie, l'espérance, et le merveilleux, et le miraculeux voyage”... Non, ce n'est jamais ainsi!... Puisque tout recommence... comme avant, comme toujours !

     

  • "Le poète a toujours raison" : ne nous quitte jamais, Jean !

     

    Ils doivent se sentir “un peu courts” dans leurs valeurs, dans leurs certitudes et dans leurs repères... Tous ces gens qui ne sont point du même univers de sensibilité qu'un... Jean Ferrat... Par exemple.

    Le poète a toujours raison... Que c'est beau la vie... Que la montagne est belle... Je ne suis qu'un cri... “

    Et tant d'autres “vérités” - oui pour une fois l'on peut oser dire que ce sont des “vérités”- tant d'autres “vérités” chantées par Jean Ferrat, tant d'autres “vérités” par la plume du poète Louis Aragon... Tant d'autres “vérités” de tant et de tant d'autres poètes... Qui se dressent, toutes debout face au ciel, éternelles, imputrescibles en dépit de tout ce dont on les poisse ou les déchire ou les pervertit...

    Ils doivent en ce jour du deuil d'un poète tel que Jean Ferrat, ils doivent dans le retentissement d'une oeuvre à jamais présente désormais dans le coeur de tant de gens... ils doivent, oui, se sentir “un peu courts”... Tous ceux et celles qui ne sont pas et n'ont jamais été et ne seront jamais “de cet univers là”!

    Ils ont jusqu'à présent tout gagné contre le plus grand nombre, ils ont séduit et trompé, ou parfois brutalisé, assassiné ou emprisonné... Et il y a aussi tous ceux et celles qui les servent... Mais ils n'ont pas raison, et devenus “si courts” en face de la beauté et de la force d'une oeuvre debout, l'oeuvre de Jean Ferrat, l'oeuvre de tous les poètes du monde... Ils doivent devenir “une espèce en voie de disparition”... Qu'il ne faut en aucun cas, protéger...

     

    ... Et voici le “discours” que je tiens, à présent, en face de “Tartempion” ce “clampin béabêta accro dur/dur” de thrillers américains pétants, qui ne lit QUE de la presse People et filme ses pets sur i-phone... et n'aime pas Jean Ferrat :

    Tu te sens pas un peu court, Tartempion, au milieu de tous ces gens de plusieurs générations y compris de la tienne, celle des nés en 1990 et quelque, oui , tu te sens pas un peu court et sans consistancce au milieu de ces millions de gens dans notre pays qui rendent hommage à Jean Ferrat, et qui d'une manière ou d'une autre, dans leur coeur et dans leur esprit, rejoignent Jean Ferrat ?”

    ... Et je tiens le même “discours” en face des “barons du CAC 40”, des actionnaires de fonds spéculatifs, de certains “politicards plantureux de bide et d'épaules et de joues”...

    Tartempion béabêta, barons du CAC 40 et politicards véreux... C'est vous les cons, les horribles cons, les cons qui pètent le monde, les cons qui congratulent et se vautrent dans un “troudebalisme” qui pue la crevette sexe sale, la mayonnaise éventée, le cornichon au vinaigre et la crème fouettée à la fraise synthétique... Et les “super-grands cons”, les décideurs, les hyper managers, les fous du fric-roi et des grosses bagnoles et des villas et des propriétés dans les paradis fiscaux tropicaux...

    Vous vous sentez pas un peu courts, Tartempion béabêta, barons du CAC 40 et politicards véreux, et milliardaires peopolisés, en face d'un Jean Ferrat ou d'un Jacques Brel ou d'un Léo Ferré, ou même encore en face de tant de gens passant leur vie sans tambours ni trompettes à faire du bien autour d'eux partout où sévit la misère, la misère cette “chienne pelée du monde”?

    Pour ma part je sais plus que jamais aujourd'hui de quel côté je me trouve et me situe... Et je sais aussi plus que jamais quel monde je combats...

     

  • Jean Ferrat, ce n'est pas fini...

    Il y avait Léo Ferré né en 1916 et disparu en 1993...

    Il y avait Georges Brassens né en 1921 et disparu en 1981...

    Il y avait Serge Gainsbourg né en 1928 et disparu en 1991...

    Il y avait Jacques Brel né en 1929 et disparu en 1978...

     

    Et il y avait encore jusqu'au 13 mars 2010, Jean Ferrat né en 1931 (en fait le 26 décembre 1930)...

     

    Jean Ferrat était le seul de ces cinq grands compositeurs, chanteurs et poètes du 20ème siècle, à avoir connu dans sa vieillesse le “nouveau monde”, le monde d'après les années 90 du 20ème siècle... Quoique depuis un certain nombre d'années cependant, Jean Ferrat s'était retiré de la scène et de toute sa vie durant était demeuré discret, fidèle à ses engagements et à ses idées... Et un peu à l'écart des grands tourbillons médiatiques...

    Nous tous, de ces générations d'entre deux mondes (les générations des gens nés entre 1930 et 1980) ont donc connu et entendu dans nos vies, ces “géants” de la chanson et de la poésie.

    Le tout premier à nous quitter fut Jacques Brel en 1978.

     

    En viendra-t-il encore dans le “nouveau monde”, le monde du 21ème siècle, de ces “géants”?

     

    Dans “l'ancien monde” pour devenir écrivain et auteur, il fallait pour produire un livre, utiliser une machine à écrire, puis déposer l'ouvrage dactylographié ou même tout simplement manuscrit, chez un éditeur...

    Pour devenir cinéaste, il fallait toute une technologie dans la mise en place de décors appropriés, une technologie du son, des studios d'enregistrement, et tout un appareillage assez complexe...

     

    De nos jours, n'importe qui le voulant vraiment et pas forcément en ayant du talent, peut produire un livre avec un ordinateur et internet ; ou un film avec une caméra numérique...

     

    Ainsi l'écriture, la littérature, le cinéma, la chanson et la musique cessent-ils de dépendre comme autrefois, de ces machineries et procédures et techniques d'avant l'informatique et le numérique... Et qui n'étaient guère à la portée de tout un chacun...

    Ce sont les logiciels, les circuits imprimés, l'électronique, les nanotechnologies, et toutes sortes d'instruments ou de supports, de boîtiers, de synthétiseurs et d'accessoires divers, qu'il suffit d'apprendre à utiliser au mieux, qui remplacent désormais les anciennes machineries et procédures.

    Tout cela crée forcément des conditions plus favorables à l'émergence d'un plus grand nombre de talents, de créateurs et d'auteurs... D'autant plus que ces conditions nouvelles se généralisent en se commercialisant et en s'universalisant...

     

    Alors on imagine mal des “géants” qui seraient encore plus “géants” que les “géants en cohortes de géants”... Tout comme dans un concours d'entrée à une grande école dont mille candidats sur cent mille n'auraient d'écart entre eux autour de 18 sur 20, que le quart d'un millième de point !

    Il faudrait s'en réjouir, de cela! Plutôt que de regretter l'ancien temps!... Si le monde paradoxalement et contre l'émergence de tous ces talents, de ces auteurs et de ces créateurs ; ne se dérobait point sous nos pas...

     

    Jean Ferrat, ce n'est pas fini!...

    Léo Ferré, Georges Brassens, Serge Gainsbourg, Jacques Brel, ce n'est pas fini!... Même si le monde se dérobe sous nos pas...

     

  • Coups portés sur une enclume, échos de silence

          En général les gens sont beaucoup plus sûrs de l'ennemour que l'on a pour eux, que de l'amour que l'on a pour eux...

    D'un côté ils se fondent une certitude qui leur pourrit la vie, et d'un autre côté il leur vient une incertitude qui entretient leur espérance... Mais dans l'incertitude qu'ils ont, de l'amour que l'on a pour eux, ils passent leur vie à porter des coups sur une enclume ne répercutant que des échos de silence...

    Tous ces gens dont on se dit qu'ils ne nous aiment pas, c'est avec insolence ou violence, d'un regard farouche, d'un jugement sans complaisance, que l'on pense à eux et les rayent de notre vie... Ce sont comme des bûchers que l'on allume où l'on ferait brûler des visages de papier à défaut d'y pouvoir brûler des visages réels... À trop approcher ses yeux de ce feu sans cesse entretenu, c'est le paysage tout entier au devant et autour de soi, qui luit en se déformant et devient un territoire étranger, hostile et désert...

    Tous ces gens dont on ne sait s'ils nous aiment mais dont nous n'imaginons jamais l'ennemour qu'ils pourraient avoir à notre égard, nous font porter des coups répétés sur une enclume ne renvoyant que des échos de silence mais il y a l'espérance...

    Tous ces gens qui nous aiment mais dont nous ne savons pas l'amour aveugles que nous sommes, ce sont comme des feux dont nous n'apercevons jamais les flammes parce que nous sommes dans un paysage qui luit en se déformant et demeure le territoire de nos silences et de nos regards noyés dans un impossible ailleurs...

     

  • Les générations entre deux mondes

     

    Entre “Pétété” et Remington d'une part ; et “i-phone” et les ordinateurs d'autre part...

     

    Du temps où la Poste s'appelait Pétété, du temps où l'on câblait de Panama à son banquier en Europe, du temps où les écrivains tapaient leurs romans sur des Remington, du temps des routes bombées bordées de platanes, du temps où l'on payait le pompiste et l'on réglait sa note d'hôtel avec des billets de banque, du temps des routes nationales et des carrefours en croix ou en patte d'oie, du temps où l'on s'embarquait au Havre ou à Cherbourg pour se rendre en Amérique... Le monde était coupé en deux : les pays de l'Est d'un côté, à économie socialiste et collectiviste, avec le grand géant soviétique ; et les pays de l'Ouest de l'autre côté, avec les Etats Unis d'Amérique, super puissance industrielle et technologique...

    Mais si le monde était coupé en deux, il était aussi dans une autre partie “encore en jaune clair, en bleu ou en violet ou en vert ou en blanc et aux frontières en pointillé”, une mosaïque de territoires purement géographiques et ethniques généralement occupés, colonisés et exploités par les pays de civilisation Européenne et judéochrétienne...

    Ce temps là, celui de la Poste “Pétété” et des “Remington” et des deux blocs de l'Est et de l'Ouest ; prit fin à la chute du mur de Berlin... L'on peut dire (c'est ce que je dis) que la date du 9 novembre 1989 est comme le premier janvier d'un “an Zéro”, date à partir de laquelle le monde commence à être différent : le monde de l'Est et le monde de l'Ouest désormais se fondent en un seul et même monde économique et social ; la mosaïque de territoires “en jaune clair, en bleu ou en violet ou en vert ou en blanc et aux frontières en pointillé”, déjà devenue une constellation de pays nouveaux avant la fin du “monde d'avant”... se structure peu à peu en vastes ensembles ou espaces économiques et politiques...

    Ce temps là, celui d'avant la chute du mur de Berlin ; avait été précédé par celui de la Poste à cheval, des diligences et des bateaux à voile... Lui-même précédé encore, ce temps là, par d'autres temps...

    Mais l'on peut dire – pour simplifier – que tous les temps situés avant les années 90 du 20 ème siècle, sont “L'Ancien Monde”...

    Il y avait eu au 15 ème siècle déja, une “révolution technologique” quasi universelle du moins dans le monde d'alors, celui de la civilisation des peuples d'Europe : l'invention de l'imprimerie...

    L'on peut dire de nos jours (fin 20 ème – début 21 ème siècles) qu'une autre “révolution technologique” d'ampleur universelle voit le jour et se développe rapidement : celle du téléphone mobile, d'internet, de l'informatique et du numérique...

    Il y a une singularité, une dimension nouvelle dans l'émotion, dans la pensée, dans la réflexion et dans la relation humaine... et quelque chose de tout à fait unique, exceptionnel... À être de ces générations “d'entre deux mondes”... Pour celui ou celle d'entre nous, de ces générations, qui en ressent au plus profond de lui-même la portée, les effets et les bouleversements dans sa vie personnelle et tout autour dans le monde... Ces générations dont les toutes premières sont celles des gens nés entre 1930 et 1940 environ , et dont les suivantes sont celles des gens nés entre 1950 et 1980...

    Car ce sont là des générations qui auront connu dans une partie de leur vie plus ou moins longue, dans leur enfance pour les dernières, “l'Ancien Monde”... Et auront donc été “imprégnées” de la culture du 20 ème siècle tout en se trouvant confrontées selon leur diverses sensibilités, aspirations et rêves, à la culture émergente du “Monde Nouveau”...

    Les générations qui viennent, celles des nés aux alentours de l'an 2000, puis celles qui suivront, n'auront donc rien vécu par elles-mêmes de ce qui fut “l'Ancien Monde”... dont elles n'auront connaissance que par les documents (imprimés ou numérisés) , les images et videos et films, les livres, ou encore par la parole, par le récit des anciens (de plus en plus vieillissants)...

    Avant les années 90 du 20 ème siècle, il y avait toujours eu comme une “continuité” : les époques se succédaient sans qu'il ne vienne jamais quelque rupture brutale ou quelque transformation radicale dans l'ordre économique, traditionnel et social, ou même familial... Les différences d'une époque à l'autre, n'étaient perceptibles que graduellement et selon des modes de vie évoluant avec les progrès de la science, de la médecine, des découvertes de nouveaux pays ou espaces géographiques, et de la technologie, des moyens de locomotion et de transport... Il y avait seulement eu à partir du 19ème siècle, une accélération dans la continuité, une continuité qui demeurait quoiqu'il arrive, la caractéristique essentielle de “l'Ancien Monde”....

    Nos générations actuelles, celles des gens nés à partir de 1930/1950 et jusque vers 1980, sont les témoins directs et vivants de cette rupture – ou de cette “fracture” même – à partir de laquelle se disperse en fragments épars cette ligne de “continuité” : l'on sent bien qu'il n'y a plus de continuité, mais deux “lignes” nettement séparées, profondément différentes dans leur tracé...

    L'on pourrait voir aussi, comme deux mondes, deux “Terres” qui seraient entées en collision, se seraient imbriquées l'une dans l'autre. Du bord de la Terre qui surplombe l'autre Terre, le promeneur (ou voyageur) aperçoit devant lui depuis tout en bas de la fracture, un immense paysage qui à première vue, ressemble au paysage se déroulant derrière lui du côté de la Terre qui surplombe... Mais un vertige, peut-être une sorte d'angoisse, et en même temps, comme une nostalgie, s'emparent du promeneur... qui plus jamais, ne pourra désormais poser son pied sur le sol “d'en bas”... Car il n'existe pas de “chariot volant” pour se rendre sur la “Terre d'en dessous”... Il n'y a plus que la vue dans l'immédiat, depuis le bord en haut de la fracture, et il ne restera que le souvenir, ensuite, de cette vue... puisqu'il faudra bien suivre l'une ou l'autre de ces routes de la Terre qui surplombe...

    Ainsi est l'homme ou la femme, quelle que soit sa condition, né autour de 1930 ou jusque vers 1980, tel ce promeneur ou voyageur soudainement “décalé” d'une “Terre” à l'autre...

    Les artistes, les écrivains, les penseurs et les poètes des générations actuelles ont sans doute en tant que témoins, observateurs et créateurs d'oeuvres littéraires ou autres, une grande responsabilité dans la mesure où ils doivent désormais transmettre alors que le fil de la continuité est rompu, et que se posera sans doute la question d'une forme nouvelle de continuité jusque là inconnue et encore inconcevable... ( serait-ce un espace aux dimensions non perceptibles, aux repères mouvants , un espace dans lequel le temps -passé, présent, futur – n'aurait plus de sens ? )...

    Je pense aussi à ces très grands écrivains et auteurs du 20ème siècle, nés après 1910 et décédés avant 1990, dont certains d'entre eux seraient aujourd'hui très âgés s'ils avaient vécu : quel aurait été leur regard, comment aurait évolué leur pensée, et comment auraient-ils intégré dans leur vie, la fin de leur vie, ces nouvelles technologies de la communication, du téléphone mobile, du numérique, de l'informatique et de l'internet?

    D'autres très grands écrivains ou romanciers nés à la fin du 19ème siècle, du fait qu'ils auraient passé cent ans en 1990 ou 2000 et sont donc forcément morts avant, “ratèrent” de peu si l'on peut dire le “Nouveau Monde”. Mais qu'avaient-ils imaginé, pensé, de ce que pouvait devenir le monde, par exemple dans un moment de solitude, lors d'une promenade en forêt, ou avant de s'endormir le soir ou en se réveillant le matin?

     

  • Un visage surgi d'un bouillonnement de souvenirs

     

         Ils sont du même pays, de la même région, de la même ville... mais sans doute pas du même quartier...

    Ils étaient l'un à côté de l'autre dans un camping, en vacances sur la côte Vendéenne... Ils s'étaient échangé des livres, et durant les quinze jours qu'ils passèrent l'un à côté de l'autre, avec d'autres vacanciers amis occasionnels et de passage, un soir ils se réunirent et organisèrent un barbecue. Ils prirent ce soir là, des photos et rirent et conversèrent jusque tard dans la nuit... Ils firent même, ensemble, un jour de pluie, une excursion pédestre par des chemins côtiers, et un autre jour ils déambulèrent entre les étals d'un marché local...

        Dix ans plus tard ils se rencontrèrent tout à fait par hasard dans la galerie marchande d'une grande surface commerciale d'une ville située dans une région proche de la leur...

    L'un reconnut l'autre mais l'autre ne réagit point...

    Dix ans c'est un gouffre !

    En dix ans l'on oublie – du moins pour l'un – ce qui a pu pour un temps, le temps d'une rencontre, relier des êtres entre eux...

    Ainsi les rêves prennent-ils feu, puis emportés par le temps deviennent ils d'autres rêves qui ont éteint ceux d'autrefois...

    Ainsi s'établissent des liens entre des personnes qui, un temps, vécurent ensemble, et ces liens perdurèrent-ils une saison, puis une autre saison... Et ainsi dans cet espace qui est celui du temps, de ce temps qui passe et que l'on compte en mois et en années, les liens disparaissent-ils, et parfois cependant il demeure de ces liens, comme une trace à peine visible de pas sur la poussière d'un chemin...

    Tout ce qui exista entre l'un et l'autre, en vacances d'été dans ce camping sur la côte Vendéenne, ne fut pas anodin... Et cette brève rencontre dix ans plus tard dans la galerie marchande d'une grande surface commerciale, est, en rapport de ce qui jadis fut, totalement surréaliste... dramatiquement surréaliste...

    Et que dire, que penser, que faire alors... ou ne pas faire ?

    L'un était devenu pour l'autre un étranger...

    Un visage surgi d'un bouillonnement de souvenirs, un visage tout à fait par hasard entrevu et dont le regard s'il eût été perçu – et sans doute l'a-t-il été – aurait été ressenti comme une intrusion dans une vie présente...

     

  • Les Fofacteurs

     

    1er Mars 2010, la Poste dans les grandes villes voit apparaître quelques uns de ses concurrents distributeurs de courrier d'entreprises et de banques...

    1er Janvier 2011, la Poste s'ouvrira entièrement au marché du traitement et de la distribution du courrier, perdant le monopole qu'elle détenait sur les plis de moins de 50 grammes...

    Tout d'abord dans les grandes villes et cela depuis plus d'un an déjà, l'on voit circuler les “Fofacteurs”, humanoïdes robotisés revêtus de combinaisons renforcées en simili-cuir et vinyle, couturées de bandes argentées, arborant sur leur poitrine ou dans leur dos, les sigles de leur guilde en grosses lettres blanches en forme de flamme ; sillonnant les rues en pilotant des scooters “vaisseau-spatiohiques”, n'ôtant pas même de leur tête leur casque intégral de cosmonaute de messageries planétaires en distribuant le courrier dans les vestibules guérites sécurisés des entrées d'immeubles...

    Ils sont, ces “fofacteurs”, en noir ou en bleu nuit, parfois en orange pétant... Et c'est déjà ce que l'on voit dans les grandes villes car ces “fofacteurs” ne véhiculent plus seulement le courrier des banques et des entreprises mais aussi le courrier des particuliers...

    “Moins cher” paraît-il ! Mais surtout totalement déshumanisé et formaté selon des règles entièrement élaborées dans des salles d'ordinateurs par des gestionnaires et des techniciens BAC plus 5 en Informatique et Développement Commercial et Etudes de Marché... Les bureaux administratifs changent d'adresse tous les six mois et les différents sièges directeurs de sociétés anonymes de messageries ainsi que leurs filiales vont et viennent d'une capitale Européenne ou Américaine à l'autre et tout ou partie est acheté, revendu ou cédé ou échangé par des Actionnaires de Fonds d'Investissements ou par des groupes bancaires... (mais là en ce qui concerne la Poste Française et ses concurrents Anglais ou Allemands, je crois que j'anticipe un peu!...)

    ... Pourquoi ne pas imaginer et concevoir un nouveau jeu de stratégie entre internautes “accros et scotchés” durant des heures, un jeu mettant en scène des “fofacteurs” se flinguant et se crevant les pneus de leurs scooters, avec des “Pététètes” qui capotent, des tonnes de sacs de courrier en souffrance dans des avions cargo immobilisés par les grèves illimitées des “personnaux naviguants”, ou même de véritables opérations de guerre avec des commandos d'anti “fo et fofofacteurs” assistés de polices privées, de détectives et de mercenaires ?

    ... J'imagine en l'an 2071 dans les pages d'un illustré pour enfants et jeunes adolescents, une sorte de “Pim/Pam/Poum” relooké”, une histoire de facteur à vélo du temps où la Poste s'appelait “Pétété” : un malandrin, Adolphon a mis des punaises dans la tarte que va offrir Tante Poume à Pete Etex le nouveau jeune facteur remplaçant...

     

  • Une chrysalide ou un souffle

     

         Ce sont ces situations auxquelles nous sommes tous chacun de nous, un jour confrontés :

    l'extrême souffrance ou la disparition d'un être cher, d'une personne que l'on a connue et aimée, ou même encore notre propre souffrance à l'approche de la mort...

    Il y a aussi toutes ces catastrophes naturelles, ces maladies et ces accidents, ces faits de guerre ou de violences lorsque souffrent et meurent tant de personnes...

    Il m'est arrivé parfois dans mes écrits, de « ne pas faire dans la dentelle »...

    Mais je ressens au fond de moi la vanité de toute réflexion philosophique, de toute forme de poésie et de littérature que ce soit, confronté directement ou témoin dans l'événement... dans ces situations là...

    Alors les mots n'ont plus de sens lorsqu'en l'occurrence ils sont alignés pour « dire quelque chose »...

    Les jugements n'ont plus de sens, ceux-là même qui étaient justifiés tout comme ceux que nous nous étions fait des événements et des personnes en particulier...

    Il ne reste dans le moment, de l'oeuvre de toute une vie, qu'une chrysalide...

    Il ne reste de ce qui fut un drame, un vide affectif, un silence, une violence au quotidien, une indifférence, un ressentiment, lorsque ce ce fut le cas pour chacun de nous et ayant souffert de tout cela... Qu'un souffle qui a cessé d'être une haleine ou une sorte de « parole respiration »... et qui emporte nos rêves et nos pensées...

    Oui, c'est là ce que je ressens, dans ces situations auxquelles nous sommes confrontés...

    C'est là ce que je ressens dans le moment... Mais pour combien de temps avant de ne pas, de nouveau, « faire dans la dentelle » ou « faire des confettis »... pour peu qu'il me soit encore prêté vie ?

     

    Un tremblement de terre de forte magnitude en Haïti, un autre encore plus fort au Chili...

    Une catastrophe ferroviaire à Bruxelles et un immeuble qui explose à Liège, en Belgique...

    Une digue qui se rompt et l'océan Atlantique qui entre dans les terres, engloutissant tout un lotissement d'une ville de la côte Vendéenne en France, et noyant à 4 heures du matin plusieurs dizaines de personnes dans leurs maisons...

    Et tout cela dans les deux premiers mois de l'année 2010... Cela fait beaucoup !

    En 1755 après le tremblement de terre de Lisbonne, Voltaire, écrivain et philosophe exprima sa pensée dans la portée universelle qu'eût ce tragique événement à tavers tous les pays d'Europe...

    L'on peut se demander si l'écriture, si la pensée, si la poésie, si la littérature... peuvent “sauver du désespoir”... Lorsque les forces gigantesques de la nature, lorsque la violence et la brutalité des hommes, lorsque l'histoire, la géographie et les évènements déferlent sur les rivages si fragiles et si exposés, de l'humanité...

     

     

  • Dans dix mille ans...

     

         J'ai imaginé l'être humain dans dix mille ans...

    Voici ce qu'écrit, en l'an – non pas de grâce puisqu'il n'y a plus de religions- 12997, un exilé sur le satellite Ramsès IV où vivent les Interdits (les exclus, les renégats, les révoltés, les réprouvés de la Terre et des Mondes Artificiels) :

     

        « En ce temps là (il y a plus de dix mille ans) étaient les Riches et les Pauvres... Ou ce qui revenait au même, les Privilégiés et les Subissants... Les gens vieillissaient (ils appelaient cela le vieillissement)... Lorsque les gens parvenaient à un âge d'environ soixante années après leur naissance, leur apparence se dégradait et ils devenaient selon la terminologie de l'époque, des vieillards... L'on voyait d'ailleurs de plus en plus de ces « vieillards », souvent âgés de plus de cent ans...

    Depuis environ un millier d'années sur la Terre et sur les Mondes Artificiels, l'humanité est divisée en deux castes : les Immortels et les Mortels...

    « Riche » ou « pauvre » n'a aucun sens de nos jours... Toute la différence de nos jours tient en l'existence des deux castes... Mais où se situe exactement la différence entre les Immortels et les Mortels ? Car les Immortels meurent tout de même puisque l'altération des tissus cellulaires après s'être considérablement ralentie vers l'âge de soixante années après la naissance, reprend subitement un jour, de telle sorte que l' Immortel s'effondre alors sur lui même en quelques minutes, devenant un cadavre... Il en est de même pour les Mortels !

    En vérité la différence est dans la durée : les Mortels pour la plupart d'entre eux, s'effondrent sur eux-mêmes dès qu'ils approchent ou dépassent l'âge de cent ans après leur naissance... Alors que les Immortels (qui font et sont la Loi du Monde) passent les siècles et les millénaires... Ainsi, certains de nos actuels Immortels ne savent pas s'ils disparaîtront par exemple, en 14337 ou en 17522...

    Pour accéder à la caste des Immortels, les postulants, au préalable sélectionnés par des Juges réunis en concile, étaient autorisés à subir une intervention biochimique modifiant leur code génétique. À la suite de cette intervention et selon ce qui avait été décidé par les Juges, les Immortels alors, dépassaient l'âge de cent ans et leur disparition (qui n'était cependant pas programmée) pouvait intervenir aussi bien cent ou deux cents ans plus tard, que mille ou deux mille ans plus tard...

    La différence est aussi dans la répartition entre les Mortels et les Immortels : les Mortels constituent environ 90 pour cent de l'ensemble de l'humanité...

    Lorsque les Bioscientifiques, il y a de cela plusieurs milliers d'années avaient élaboré, puis généralisé le « Processus » (et donc mis fin au « vieillissement ») l'on ne parlait pas encore de « castes »... Il y avait bien sûr, les Mortels et les Immortels mais du fait de la sélection considérée “juste et normale”, d'assez nombreux Mortels et Immortels disparaissaient en définitive dans un espace de temps aussi grand que celui de plusieurs générations d'anciens mortels d'avant la mise au point du “processus”... Ainsi des Immortels “mouraient” à l'âge de 190 ans, et des Mortels “vivaient” jusqu'à 215 ans, par exemple...

    La notion de « caste » n'est intervenue que peu à peu, insensiblement... Jusqu'au moment où l'on s'aperçut que certains scientifiques, écrivains, poètes, artistes, philosophes, hommes politiques d'envergure, intellectuels, chercheurs et savants, médecins de renom, ingénieurs et découvreurs... vivaient bien plus longtemps que les autres humains plus « ordinaires »... Alors on définit nettement la caste des Immortels et la caste des Mortels... De telle sorte que la sélection fut plus “sévère”, que les Immortels “moururent” en général beaucoup plus tard, et que les Mortels n'eurent plus guère de chances de “vivre” au delà de cent ans...

    Il y eut ensuite au fil des siècles, à dire vrai en 2 ou 3 siècles seulement, une évolution des valeurs, des modes, des besoins, des aspirations et des projets... Une évolution « déliquescente » et même « vertigineuse » (dans le même genre que le déclin de l'empire romain)...

    De nouveaux Immortels apparurent... qui auparavant seraient demeurés de simples Mortels... Des êtres veules, sans consistance, brutaux, jouisseurs, dominateurs mais sans aucune envergure d'esprit ou de coeur...

    Et des Mortels par contre, qui auraient du faire partie de la caste des Immortels, telle qu'était à l'origine la caste des Immortels... atteignaient à peine l'âge de cent ans, s'effondrant soudainement sur eux-mêmes... et dont les oeuvres ne furent jamais connues car c'étaient les Nouveaux Immortels, désormais les Maîtres du Monde...

    ... J'étais devenu en 12997, un Mortel jugé « trop dangereux » parce que susceptible de détrôner par la puissance de mon oeuvre, tous ces Immortels inconsistants ou prédateurs faisant et étant la Loi du Monde... L'on m'accusa d'entraîner les autres Mortels à renverser les Immortels et à faire devenir les Mortels, des Immortels répartis en une seule caste selon leurs différentes dispositions et talents tous aussi nécessaires et utiles ; un grand procès eut lieu et je fus condamné à finir mes jours sur le satellite Ramsès IV...

    Mais parmi les Immortels, il en est qui sont mes amis et oeuvrent contre les autres Immortels...

    Je pense à ces anciennes civilisations humaines d'il y a plus de dix mille ans, à certains peuples dont les chefs disaient qu'ils étaient des sorciers et se mettaient des plumes de grands oiseaux autour de leur cul et de leur tête...

     

    N'importe quel romancier de Science Fiction pourrait faire sur ce sujet, un livre de trois cent pages !

    Pour ma part je traite un tel sujet en une seule page, sous la forme que je viens de présenter...

    Les détails, le scénario, un plus long récit avec des personnages, des dialogues, des épisodes ou des chapitres, un fil conducteur avec une trame, une intrigue, un déroulement, un suspense, une conclusion ou un dénouement... Oui tout cela, on peut se l'imaginer, se le construire à sa manière, se le représenter et s'en faire une “matière à penser”!

    Laissons donc les romanciers faire leur travail, d'autant plus qu'ils sont assez nombreux sur le marché du roman...

    Par contre, un écrivain “non romancier” qui se hasarderait en se lançant dans un récit de trois cent pages sur un thème de fiction quel qu'il soit... se perdrait dans un fil qui cesserait au bout de dix pages d'être “conducteur”, son histoire “éclaterait” et il finirait par raconter d'autres histoires...

    Mais c'est vrai : beaucoup d'écrivains (la majorité à coup sûr) veulent être des romanciers!

    Et c'est la raison pour laquelle il y a tant et tant de “bons livres de bons auteurs” qui sont comme de “beaux meubles de bons ébénistes”... Et de “livres passables ou médiocres d'auteurs ordinaires” qui sont comme des “meubles de contrefaçon d'un fabricant en série”...

     

     

  • Les écrivains "immortalisent" en bien ou en mal

     

         Lorsqu'un écrivain déja bien connu et lu de son vivant – et qui vraisemblablement sera encore plus connu et lu après sa mort - “enterre” (même très littérairement) dans ses écrits, une ou des personnes en particulier (pour des raisons qui lui paraissent justes et fondées)... Alors c'est pour cette personne là, ou ces personnes là, comme une “immortelle condamnation à mort”...

    C'est pourquoi les écrivains déja connus et lus de leur vivant, à un certain moment de leur vie et pour autant qu'il leur vienne un regard qu'auparavant ils n'avaient pas... Devraient peut-être envisager comme un “droit de grâce” qu'ils exerceraient en modifiant leurs écrits au sujet de cette ou de ces personnes là... ou même en retirant de leurs écrits ces lignes qui identifient ces personnes et les accusent... Commuant ainsi une “condamnation à mort immortalisée” en “indifférence et oubli” à perpétuité”...

    Bien entendu si un regard “différent” ne vient pas (et ne saurait venir -et pour cause-) alors ce qui est écrit le demeure à jamais... et “l'immortelle condamnation à mort” devient effective...

    Les écrivains “immortalisent” parfois dans leurs écrits sous forme de mémoires ou de récits ou d'anecdotes, des personnages qu'ils ont connu ou fréquentés, qu'ils ont aimés ou détestés... Mais ils devraient “immortaliser” de la même manière que les artistes peintres “immortalisent” des visages... Ou à la rigueur, “immortaliser” comme le feraient de très bons caricaturistes...

    Cependant, il y a dans une “immortelle condamnation à mort”... de l'immortel tout de même!

    Alors que dans une “ indifférence ou un oubli à perpétuité” il n' y a pas d'accession à l'immortalité.

     

    À noter que la même personne “enterrée” (d'une manière très littéraire “ne faisant pas dans la dentelle”)... peut être “immortalisée” par un autre écrivain qui lui, n'a pas du tout le même regard ni le même vécu, en ce qui concerne cette personne... Ou qu'une “accession à l'immortalité” relève par les mots de l'autre écrivain, cette personne, de “l'indifférence ou de l'oubli à perpétuité”...

     

  • Les mots apparaitront calligraphiés sans crêtes grumeleuses

     

         Troussalet Hectorion... Celui qui avait écrit « Les Sentiers de l'Espoir » et envoyé son manuscrit par la poste aux éditions du Canard Laqué... Il « reprend du service », le Troussalet Hectorion. Et le voici de nouveau, quelques années plus tard... Toujours aussi « plombé » qu'au temps des Sentiers de l'Espoir »... Par cette interwiew de deux journalistes régionaux lors d'un salon du livre à Cabeau Plage... Tout le pays avait lu le dimanche suivant, l'article rédigé par l'un des deux journalistes... Oh cela n'avait point été un article « incendiaire »... Mais l'idée que l'on se fit alors de l'auteur de ce livre, n'incita jamais les organisateurs de festivals locaux ni les associations culturelles du pays, à inviter Troussalet Hectorion dans leurs spectacles ou dans leurs manifestations publiques...

    Il est vrai que l'interwiew fut « assez désastreuse »... À tel point que l'Hectorion lui-même, ayant visionné par la suite l'enregistrement effectué, « ne sut plus où se mettre » cloué sur sa chaise dans le salon en face du poste de télévision alors qu'une partie de la famille était réunie... Il ne s'était pas reconnu, l'Hectorion... Ou plutôt si : il avait reconnu cet Hectorion qui le « déshectorionnait » et dont il voulait tant se débarrasser...

    Et voici ce qu'il nous dit aujourd'hui, l'Hectorion :

     

     Peut-être, oui peut-être... Aurais-je souhaité que certaines personnes en particulier – plus que d'autres – aient mieux connu mes écrits...

    Peut-être aurais-je souhaité de la part de ces personnes là, une sorte de compréhension, une adhésion à ma pensée...

    Mais seulement voilà : ce sont précisément ces personnes là aux quelles je ne « dis pas toujours », et même parfois auxquelles je ne dis rien...

    À écrire comme je le fais sur mon ordinateur... Ce sont en définitive des personnes que jamais je ne rencontrerai – proches par la situation géographique, ou fort éloignées, à l'autre bout de la planète- qui auront connaissance de mes écrits...

    C'est drôle la vie, tout de même ! Aimer des personnes autant que l'on peut les aimer... Et ne pas leur faire lire ce que l'on écrit, ou n'en faire lire qu'une toute petite partie... Et d'autre part, diffuser « à tour de bras » et « tout azimuts »! Absurde ! Impensable ! Et c'est pourtant la réalité...

    La relation, c'est peut-être une sorte de « roulette »... Le « barillet » que l'on tourne alors, n'a pas comme le barillet du revolver, six trous... mais une infinité de trous... Et dans des trous, seulement quelques trous, l'on y a mis des balles... et pas des balles « à blanc »... des « vraies » balles...

    On le voit bien : le risque est énorme, absolu, déraisonnable... ou « calculé »... le risque de « se trouer sa propre peau »... ou la peau de l'Autre...

    ... Ah, la « déflagration », oui... la déflagration... celle d'une balle qui n'est « pas à blanc » et qui te fait une peau à laquelle tu ne t'attendais pas et que tu reconnais cependant...

    Quand je serai mort, je ne pourrai plus m'expliquer, ni répondre ni argumenter ni me justifier ni contredire ni éclaircir ni révéler ni infirmer ou confirmer... Ni rien ajouter à ce que j'ai écrit...

    Ce sera tel que découvert à l'état brut, fragmentaire mais « tout d'un seul bloc » ; immense mais « si à l'intérieur d'un horizon à hauteur d'homme »...

    Alors lira-t-on, saura-t-on...

    Mais je serai mort...

    Ah, ces jours d'été de la toute première année du millénaire où je gravais des mots sur le sable mouillé de la plage de Cabeau ! ... Sans me soucier de la marée qui montait, mais les yeux lancés vers ces silhouettes lointaines dont j'inventai les visages... Peut-être aurais-je attendu, les mots gravés à mes pieds, une brindille – crayon entre deux doigts, espérant contre mon attente quelque lame effaçeuse... Car... si ç'eût été l'un de ces visages à ne pas avoir été inventé, et d'une certaine manière si familier, il eut mieux valu que les mots ne soient plus visibles, peut-être...

    La mort est une lame dans la marée montante, qui ne dilue pas les mots gravés sur le sable...

    Et les mots apparaissent alors après le passage de la lame, dans une calligraphie dépouillée de crêtes grumeleuses...

     

    ... Voir (ou revoir) : Troussalet Hectorion, dans rubrique «  Confettis 2 »... de mon site.

    Les « éditions du Canard laqué », c'était la maison « Gallinacet » de Panamo... Cela se passait en 2027 à Sainte Ursule les Engelures sur le plateau de Chibrac, et là, Hectorion en « reprenant du service » évoque « Cabeau Plage » où il gravait des mots sur le sable mouillé... l'été de la première année du millénaire...