Articles de yugcib

  • La manif du 24 juin

     

    Un océan de visages à l'assaut d'un rivage occupé et colonisé par des brutes à fric accompagnées de leurs hordes de mercenaires !

    Sus aux brutes à fric et à leurs hordes de mercenaires !

    Dans le financement des retraites la durée moyenne de la vie humaine n'y est pour rien...

    Dans le financement des retraites tout comme dans le financement de ce qui est nécessaire et ordinaire au bien être de millions de gens... Ce sont les brutes à fric et leurs hordes de mercenaires qui doivent rendre gorge !

     

     

  • Comment meurt-on sur le Web ?

    EST ? OU N’EST PLUS ?

     

    Comment meurt-on sur le Web ?

    Tout au long du monde et donc sur le “plancher des vaches, circulent dans les feuilles de chou régionales ou nationales, notices nécrologiques et autres avis de disparition que des cartes de visite à noir liseré confirment via Sidi el Factor.

    Au jour fixé pour la mise en terre ou en cendres d’un destin foudroyé ; à la queue leu leu messieux dames demoiselles et demoiseaux en funèbre défilé, suivent le corbillard ou taillent le bout de gras sur le parvis de l’église…

    « Ah ! Il était ceci… Il était cela ! »

    Il n’est plus : voilà la vérité !

    Et l’on le sait, qu’il n’est plus !

    Ou bien on l’apprendra.

    Alors c’est une affaire entendue… Et parfois, osons le dire, attendue !

    Il ne dira plus rien, on le lira peut-être s’il a écrit…

    Il est parti… Parti, parti !

    Mais sur le Web ? Et le site, et le blog, et les forums où il s’exprimait ? Et son e-mail ?

    Silence radio ! Plus d’info du jour, plus rien…

    Un pseudo par ci, par là… qui peu à peu disparaît dans les fosses communes des forums de discussion... Une trappe s’ouvre par pur hasard  : mots et épluchures de mots émergent d'une vase remuée...

    Le temps de tous ces mots n'est plus...

    Site, blog, boîte e-mail, encore suspendus sur les fils de la Toile, ne sont plus désormais que voiles déchirés de peaux mortes...

    L’on ne dit pas, alors : « il était ceci…il était cela »… Puisqu’on ne sait s’il est encore ou n’est plus... Et d'ailleurs si l'on ne le voit plus dans les forums, si l'on ne lit plus de nouveau message sur son blog ou sur son site... Se pose-t-on des questions?

    La chrysalide  ne vibre plus...

    La chrysalide pulsait comme le cœur d’un orchestre de fête d’été battant la même mesure !

    L’on devrait peut-être sur le Web, ouvrir une nef pour y inscrire les disparus en des alvéoles reliées aux registres d’Etat Civil…

    Ainsi l’on saurait… De ces chrysalides qui ne vibrent plus...

     

    Google.fr : recherche : « la nef des disparus »… Un pseudo ou un nom... Réponse : « Inconnu à la nef » ou « Entré dans la nef le… »

     

    Marrons nous ! Aimons nous ! Emouvons nous ! Répondons nous ! Emerveillons nous ! Filons nous des tuyaux !... Les uns les autres. Tant qu’il est temps encore ! Car dans la nef, ça sera trop tard…

     

  • "La littérature est une drogue dure" [Denis Bélanger]

     

         Il y a la littérature dont on se nourrit et qui enrichit notre esprit, par la lecture déjà, de toutes sortes d'ouvrages de tous les genres et de toutes les sensibilités ; par la connaissance de ce que le monde et de ce que les gens sont faits ou ont fait... Et l'on peut dire de cette littérature là, qu'elle est celle à laquelle on pense le plus... qu'elle constitue un “bagage”, ou une “référence”, et dans une certaine mesure, qu'elle nous “ouvre ces portes” par lesquelles on entre dans le “grand salon de la Relation”... Et il est certain que, sans cette littérature qui nourrit et enrichit, ou si cette littérature est seulement une enveloppe superficielle qui nous recouvre... l'on ne peut que difficilement entrer dans le “grand salon”, et qu'à dire vrai, l'on entre plutôt dans des salles de bistrot ou des salles à manger salon de petits pavillons de cités...

         Il y a la littérature que l'on produit soi-même pour autant que que l'on devienne acteur, ou auteur ou créateur et qui vient de l'imaginaire, de la vision, de l'émotion, de la réflexion, de la voix et donc de l'expression que l'on porte en soi... Et la “drogue dure”, c'est cette littérature là... Qui à mon sens, tendrait à “faire perdre” la conscience de la nécessité de la littérature qui nourrit et enrichit... Et qui de surcroît, tendrait aussi par une dimension élargie et diverse de la production s'il en est, à nuire à celui qui en est comme “drogué”...

         L'équilibre est difficile à trouver entre la nécessité de cette littérature dont on se nourrit, et le besoin de la littérature que l'on produit...Car le temps qui passe n'est jamais extensible et l'inclination à produire demeure forte, exactement comme un besoin de drogue...

    Mais ce que l'on produit ne peut se passer de ce dont on se nourrit et s'enrichit... Ce que l'on produit par dépendance quasi exclusive à la production, finit par perdre en partie sa valeur, par se dénaturer, par se déliter de ci de là, en petites pièces éparses sans intérêt réel ou encore en d'autres petites pièces incongrues voire disgracieuses dans le puzzle... (l'un des effets pervers de la “drogue dure”)...

         La littérature dont on se nourrit, tous ces livres lus, tout ce qui est vu et su après avoir été recherché, et qui a été ou qui a pu être retenu... Cela aussi peut être une “drogue dure”... Mais dans une “moindre mesure” à mon sens, et avec des “effets secondaires” moins pervers parce que plus “gérables” au quotidien notamment dans la relation avec ses proches ou avec ses amis, dans la manière d'organiser son temps, par exemple... L'effet sans doute le plus pervers me semble être alors celui de la certitude acquise, ostentatoire et sans cesse confortée, du “bagage” que représente un acquis de connaissances, de lectures, de savoirs... Une certitude en soi derrière laquelle on peut se retrancher, ou dont on peut s'enorgueillir outre mesure... À noter qu'il y a également dans le fait de produire de la littérature, le même “effet secondaire” pervers : cette certitude confortée et ostentatoire de ce que l'on produit, sous-tendue par une conscience aiguë voire démesurée de la valeur de ce que l'on produit...

     

     

  • Les "Bluebloggers" !

     

         À quand une équipe de "Bleus"... de blogueurs du Net... En tournée mondiale ; et apéros sympas et textuants faceboucqués un peu partout sur les places publiques (et même dans les banlieues pourries de Johannesbourg et de Mexico) ?

     

  • Un écrivain peut-il avoir une "vision politique" ?

     

    Jérôme Nodenot (Antoine, sur le forum d'Alexandrie Online) nous écrit ceci :

     

    « Je me suis posé en effet des questions (...) : un écrivain a-t-il déjà eu une "vision politique" dans ces ouvrages ? On peut répondre que oui, mais pour quelques-uns seulement : je sais que Voltaire prônait le système anglais et le libéralisme, je crois. On pourrait parler aussi des utopistes. Mais dans la plupart des cas, je ne sais pas si l'on peut vraiment parler de "vision politique", au sens où je le comprends c'est-à-dire qui peut influencer la mise en place d'un nouveau système, qui peut changer le monde concrètement.

     

    J'ai souvent ri lorsque j'entendais les interviews de Soljenitsine, par exemple : il a été le pourfendeur du communisme, c'est ce qui a fait sa gloire en plus de son immense talent, et quand le communisme est tombé il a jugé que le système capitaliste et la mondialisation était peut-être encore pire que le communisme (du moins pour les Russes). Bref, l'homme était un empêcheur de tourner en rond, un "emmerdeur" (pardon pour le gros mot) qui critiquait toujours tout. A-t-il jamais préconisé une solution politique à tous ses griefs ? Je ne pense pas. Les écrivains sont des emmerdeurs, qui rêvent souvent d'un monde plus humain, plus authentique, de grands observateurs de la nature humaine, surtout, mais des politiciens, je ne le pense pas.

     

    Je peux me tromper complètement sur le sujet, je l'avoue : quiconque pourra me contredire sur la question sera le bienvenu, parce que c'est une question pas si évidente qui est posée ici. »

     

    ... Victor Hugo, le grand Victor Hugo (et l'on pourrait citer bien d'autres « grands » -artistes, écrivains et poètes)... Victor Hugo oui, le poète et l'écrivain éternel... Dans les années 1840 - 1845, était reçu par le roi Louis Philippe et conversait avec lui en privé... Et il a magnifié de sa plume le retour du tombeau de Napoléon, de Sainte Hélène... Mais il fut bien plus qu'un observateur, un poète et un écrivain au moment de la révolution de 1848 et il a montré qu'il était du côté des humbles, des "petits", des "sans gloire" et des opprimés, et il s'est élevé, se servant de sa notoriété, contre l'injustice, contre l'arbitraire...

    Il n'a pas adhéré à la politique de Napoléon III et dut s'exiler...

    ... Mais Victor Hugo, c'était un "monument"!... Soit dit en passant question femmes il était en émoi... Trois femmes dans sa vie : son épouse Adèle I, Juliette et Léonie (« l'unique »... mais qu'il a quand même trompée)...

    Je pense qu'un écrivain et à plus forte raison si cet écrivain est un penseur et un poète... qu'il ne peut être que l'ami (parfois intime quoique sans concession ni complaisance) des hommes et des femmes de son temps... Du fait, dirais-je, de sa dimension d'humanité...

    Il n'est aucunement question de "manger à tous les râteliers"... Mais il y a cet esprit, cette indépendance d'esprit, cette liberté, ce "oser dire et faire", cette force en soi, cette sorte d'élégance du coeur et de l'esprit, de la manière d'être et de communiquer... Qui font qu'aucune porte ne peut se fermer brutalement, que tout, absolument tout, des êtres de ce monde, peut être écouté, considéré, parfois même aimé contre le sens commun...

    Le poète, l'écrivain, le penseur... a pour ami le prince, l'arsouille, l'anarchiste, le coquin, le pourfendeur de ses contemporains, le proscrit, le milliardaire comme le plus pauvre et le plus démuni des humains... Mais c'est un ami sans complaisance, sans appartenance, qui ne peut ni être acheté ni vendu sur le marché de la Relation... Et en ce sens là, il n'a, effectivement, aucune vision politique. Disons que sa politique alors, c'est sa dimension d'humanité.

    Je ne pense pas qu'un artiste ou qu'un écrivain doive publiquement s'engager par exemple, lors d'une élection présidentielle ou législative, c'est à dire prendre parti devant les médias et devant les gens , pour tel ou tel candidat à l'élection, se produire sur scène dans un spectacle organisé par le parti politique du candidat à l'élection qu'il déclare ainsi soutenir. Que ce même artiste ou écrivain, s'il souhaite lui même se présenter... peut-être! (mais la dimension d'humanité de cet artiste ou de cet écrivain s'il en est et autant qu'elle est, peut-elle se révéler compatible avec la politique même ?)

    ... Viendra peut-être un temps, un jour, où la dimension d'humanité succèdera à la politique...

     

  • Aux heures de retransmission en direct des matches de la coupe du monde

     

         Merci à celles et ceux d'entre vous qui, aux heures de retransmission en direct des matches de football de la coupe du monde, ont recherché sur le Net mon blog « Paroles et Visages » ou mon site « yugcib » sur « monsite com »... Et ont lu quelques pages ou textes de moi...

    ... Je le dis et je le répète « je chie sur les Bleus » et « je chie sur le Foot-Fric-Roi »... Mais cela ne m'empêche point d'être de tout coeur avec les passionnés de Foot (ou d'autres sports) qui, très certainement pour beaucoup d'entre eux, aiment le jeu, l'ambiance du jeu, la technique et l'art du jeu... et ne pensent pas, alors même qu'ils suivent toutes les parties, que des montagnes de fric et des emmêlements de combines crasseuses peuvent être derrière tout cela... Car l'on peut oublier oui, les palaces, les disparités, les « coups bas », le Fric-Roi, les « monstres sacrés », l'orgie médiatique, tout l'orgueil du monde, tout le sens du monde... puisque l'essentiel demeure toujours : l'Art !

     

  • Tout au bout du couloir : mur ou ouverture béante ?

     

         L'arrivée d'Internet à la fin du 20ème siècle et son essor au début du 21ème, c’est comme l'arrivée de l'imprimerie à la fin du 15ème siècle. J’irais même jusqu’à dire que vivre sa vie actuelle en étant totalement étranger à la pratique du Web et de l’informatique, est une forme d’illettrisme comparable à l’analphabétisme qui régnait au 19ème siècle avant la loi de Jules Ferry rendant l'école publique, gratuite et obligatoire... Quoique depuis le milieu du 18ème siècle et même avant, l'instruction des enfants avait commencé de se généraliser.

    Certes je ne blâme pas les  inconditionnels  de la culture, de l’information et de l’expression écrite sans le Web, pas plus que je n’aurais blâmé au 19ème siècle les gens qui n’envoyaient pas leurs enfants à l’école mais qui néanmoins les éduquaient selon des pratiques ancestrales, des principes et des valeurs, des connaissances de la vie et de la nature, et leur apprenaient un métier…

    Mais je pense tout de même que la révolution informatique et que la pratique du Net changent notre vie dans le monde présent et futur tout comme en son temps le fit la découverte de l’imprimerie. Et qu’il n’est donc pas  raisonnable  à mon sens de demeurer à l’écart de ces nouvelles technologies de la communication en dépit de tous les dangers, de tous les risques et de toutes les dérives possibles...

    Qu’en serait-il aujourd’hui de la culture en général et de l’expression écrite, par les seules concentrations de sociétés d'édition et de diffusion de l'information désormais entre les mains d’un Lagardère, d’un Dassault ou de quelque groupe financier ?

    Si le Web est un moteur de vulgarisation du vulgaire et du sens commun à tel point qu’il envahit de ses productions « polluantes » tous les univers sociaux, il est aussi un moteur de développement culturel, par la diffusion NON MARCHANDE des œuvres de l’esprit que les éditeurs et les producteurs prostitués à la loi de l’argent ne “vulgarisent” que dans une moindre mesure...

    Il y a -et il y aura je crois bien pour longtemps encore- des inconditionnels du “sans le Web dans leur vie”, comme il y a des “réfractaires” à la carte bleue, au téléphone portable... et des nostalgiques de la machine à écrire... Et ces inconditionnels là, ou ces “réfractaires”, sont de tous milieux sociaux, de tous âges et l'on compte même parmi eux des écrivains et des intellectuels...

    Mais de quel côté, à bien réfléchir – et avec une certaine gravité- sont la raison ou la sagesse ou la folie ? Le progrès ou l'obscurantisme ? Dès lors que l'on se “mure” ou que l'on se retranche dans une certitude, dans un concept, dans des valeurs, dans quelque aspiration à “vivre autrement”, ou dans quelque rejet ou refus, dans un mode de vie, dans une culture ?

    Dès lors que, adhérant aux certitudes aussi anciennes et traditionnelles que nouvelles et actuelles, l'on se “mure” ou se retranche par ailleurs dans un “devoir d'accompagnement ou de refus”, dans une forme d'intégrisme “solennel, partisan et ostentatoire”?

    Il me semble qu'entre la certitude et le devoir d'une part... Et la conviction intime en soi et la réflexion d'autre part ; il y a une différence :

    -Être sûr et devoir, c'est comme avancer dans un couloir qui, si long soit-il et avec des portes ouvertes ou fermées sur ses côtés, aboutit à un mur d'une épaisseur infinie...

    -Être intimement convaincu et réfléchir, c'est comme avancer dans un même couloir aussi long soit-il et avec des portes ouvertes ou fermées sur ses côtés, mais tout au bout du couloir s'ouvre, béant et infini, un espace qui semble vide et ne l'est pas cependant... Et c'est bien la conviction intime et profonde, et la réflexion, qui fondent de l'espérance dans ce regard ignorant que l'on a, au seuil de l'ouverture béante et infinie...

    Plutôt que d'être sûr et de devoir, ce qui me désespère... Je préfère cette conviction intime et profonde que j'ai en moi, du possible ou de l'ailleurs ou de l'autrement, et toute la réflexion qui accompagne cette conviction...

     

  • La femme habillée

     

         La femme habillée serait-elle plus « attirante » que nue comme un ver ? C’est possible… Lorsque ce qu’elle porte et la manière dont elle le porte lui sied au plus vrai, au plus intime, au plus émouvant de ce qu’elle est et qui émane d’elle...

    Et le regard dont j'étreins alors cette femme, ce regard à oser dire vrai qui est le mien et tel qu'il respire jusqu'à même haleter, soudain jailli du ciel comme un éclair de foudre blanche, vitrifie toutes ces laideurs que j'ai du monde, éteint toutes ces violences que je porte contre le monde... Et même toutes les morts me deviennent comme irréelles ou incongrues... Et le temps qui passe n'a plus d'espace... Ce sont des hardiesses et des inspirations qui me viennent et non plus ces hésitations, ces « pourquoi » et ces « comment » si lourds à porter...

    Et je me plais dans ce regard dont j'étreins une femme lorsque cette femme porte sur elle ce qui la fait être elle, elle seule au monde et pas une autre... J'aime la femme qui fait de son apparence non pas une afféterie afin de plaire devant le monde ou de suivre une mode, mais un don d'elle même, un don de ce qu'elle porte en elle de vrai et d'unique et qu'elle exprime de la manière dont elle s'habille, se coiffe, s'arrange...

    Cela dit, il y a dans la nudité quelque chose d'émouvant et d'intime qui ne devrait jamais être pornographié...

     

  • Le combat est inégal mais l'espérance magnifique !

     

    Toute certitude heureuse, tout acquis n’est que tête de pont à tenir aussi longtemps que possible... Le combat est inégal, toujours inégal, entre cette force en soi que l'on déploie et cette force du monde qui nous bouscule...

    Il n’y a pas de miracle : le meilleur en nous-mêmes ne suffit pas, aussi crédible et aussi rayonnant qu'il soit.

    Il n’y a pas de miracle mais seulement une espérance magnifique, déraisonnable même.

    Et c’est par cette espérance-là et tout ce qui l’anime en nous que la tête de pont  parvient à tenir.

    Il n'y a peut-être qu'une seule certitude heureuse : celle d'un visage ou d'un regard qui un jour, alors que rien de nous-mêmes n'était su, s'est tourné vers nous comme pour nous parler...

    Sans doute y-a-t-il une manière à nulle autre pareille, de porter un regard sur un être... Alors même que tous nos regards ne sont habituellement que prières muettes ou questions ou rêves, ou viols ou effrois ou indifférences ou encore présences de soi éclaboussées...

    ... Porter ce regard là sur un être, ce regard à nul autre pareil ! Ce regard avec lequel on ne regarde jamais...

     

  • "Des possédants possédés par ce qu'ils possèdent" [Charles De Gaulle]

     

         “Je veux m'entourer d'hommes purs et distingués – loin de moi les fats, je veux voir des artistes – Liszt, Delacroix,Berlioz,Meyerbeer, je ne sais qui encore. Je serai homme avec eux et on jasera d'abord, on le niera, on en rira”...

    [George Sand]

     

    ... Assurément il y a de l'actualité dans cette réflexion de George Sand... Ces hommes (et ces femmes) d'aujourd'hui, “purs et distingués”, sont devenus rares et certains d'entre eux même, sont infréquentables du fait de leur mode de vie, de leur comportement et de ces choix qu'ils font à l'encontre du sens du monde...

    Non pas que ces hommes et ces femmes d'aujourd'hui (artistes, écrivains ou autres) soient “purs” au sens religieux, au sens de l'ascétisme ou d'un engagement absolu... Car ils sont “purs” tout simplement parcequ'ils sont authentiques et fidèles à eux-mêmes et aux valeurs en lesquelles ils croient, et qu'au delà de leur authenticité transparaît en outre leur singularité...

    Non pas que ces hommes et ces femmes d'aujourd'hui soient seulement “distingués” au sens de la culture, de la connaissance, de leur élégance dans leurs gestes et dans leurs propos et leur manière de vivre et de communiquer avec leurs semblables... Car ils sont “distingués” tout simplement parceque leur esprit et leur coeur, et donc leur intelligence, sont étrangers aux corruptions du monde et n'entrent pas dans le jeu du monde, ce jeu dans lequel il faut qu'il y ait toujours un ou des gagnants (et bien sûr de nombreux perdants)...

    À l'époque de George Sand, la femme n'avait pratiquement aucun droit, aucun statut dans une société régie par les hommes. Une femme ne pouvait être écrivain ou artiste que sous le nom de son mari ou de la signature d'un homme (souvenons nous de ce qu'était la société en France et en Europe au 19ème siècle, une société essentiellement régie selon le droit Romain et de surcroît dominée par la religion imposant la soumission et l'obéissance de la femme à l'homme)...

    George Sand devait donc à son époque, se faire homme, c'est à dire vivre comme un homme, afin d'exister – de “s'exister et de se faire exister”- parmi les hommes et en particulier parmi les artistes et les écrivains hommes...

    Aujourd'hui nous sommes entourés d' êtres (hommes et femmes) qui, comme l'écrivait le général De Gaulle, sont “des possédants possédés par ce qu'ils possèdent”... Et la société tout entière, Européenne ou mondiale, est désormais régie selon la loi de l'économie de marché, des profits, de la consommation, de la rentabilité et du résultat immédiat, et tout cela au détriment d'un bien-être ou d'un meilleur-être commun à plus long terme... Et cette société là produit forcément beaucoup plus de fats que d'hommes (ou de femmes) “purs et distingués”...

    Mais ces hommes et ces femmes d'aujourd'hui, “purs et distingués” parce qu'authentiques, singuliers et n'entrant pas dans le jeu du monde, aussi rares qu'ils soient, existent et sont d'ailleurs connus sinon reconnus... Et ils existent bel et bien dans “ce monde là”, ce monde de la fatuité, de la performance et de la rentabilité.

    Être homme ou femme aujourd'hui parmi ces “purs”... L'on en jase d'abord parce que cela semble “perdu d'avance”, ou parce que l'on en nie la possibilité et l'utilité, ou parce que l'on en rit avec condescendance...

    Tous ces “possédants possédés par ce qu'ils possèdent”... Que possèdent-ils ? Des propriétés, des maisons, des voitures, une fonction plus ou moins “valorisante” dans quelque organisme ou association, un “poste clef” dans une entreprise commerciale, un mandat électoral, une culture générale, un diplôme, une clef, un droit, un accès, une légitimité... ? Ou même encore, un talent, une intelligence, une capacité à réaliser , une notoriété, un pouvoir de conviction?

    Quoique l'on possède, que ce soit un bien matériel, une propriété ou de l'argent ; que ce soit un bien “immatériel”, un talent ou une capacité... Nous sommes et demeurons “possédés par ce que nous possédons”... Et il n'y a donc pas, à priori, d'êtres “purs et distingués” parmi les Humains... Seulement des êtres qui s'efforcent “de par leur nature” à devenir “purs” (et qui sont rares et infréquentables)...

     

  • Un grand vol d'étourneaux

    Éternel...

    Je pense à « étourneau »...

    Un grand vol d'étourneaux emplissant tout le ciel...

    Pas même le temps d'une aube ou d'un crépuscule...

     

  • Les yeux fous

          Ce que je n’ai ni écrit ni exprimé mais qui m’a néanmoins traversé, est encore plus immense que tout ce que l'on peut lire de moi...

    Tout cela réuni, le dit et le non dit, est une partie d’un univers inachevé, relié à d’autres univers.

    Ainsi sommes nous tous, êtres de tous les mondes : nous disparaissons avec l’immensité de tout ce que nous n’avons jamais exprimé.... C’est la raison pour laquelle le regard que je porte sur les êtres de ce monde est un regard grave et recueilli. Et qu'une interrogation me vient, comme celle d’un enfant dont les yeux tournés en direction des étoiles rêvent de toucher d’inaccessibles lèvres de lumière...

    J'ai imaginé ce regard aussi grave que recueilli, tracé sur une grande feuille de dessin...

    J'ai voulu conjurer la laideur du monde qui salit et viole les êtres... Ou les rend silencieux...

    J'ai voulu entrer dans les souvenirs, dans les non dits et dans l'inexprimé des êtres...

    De mes yeux fous et de tout ce que je n’ai pas dit ou écrit mais qui m’a traversé, j’ai rêvé de vous immortaliser, êtres de ce monde émiettés dans l'histoire et dans la géographie.

    De mes yeux fous, j'ai cherché ce qui a été aimé et perdu.

     

  • L'on saura que tu es, ou que tu fus... Mais...

    Le Web éternise les regards qui parlent... Et les éternuements qui piaillent.

     

    Que ce soit par hasard ou par recherche, l'on saura que tu es ou que tu fus...

    Cette postérité à la quelle rêvent tous les artistes, tous les écrivains et même tout un chacun selon ce qu'il réalise en sa vie... Est devenue universelle, permanente et toute proche... Aussi proche que ce que tu vois par ta fenêtre ouverte ou par un livre trouvé ou choisi dans une très grande bibliothèque...

    Et ce sont Google, tous les moteurs de recherche sur la Toile, tous les mots clefs possibles et imaginables, qui font cette postérité là...

    La postérité a changé de champ visuel (ou de champ de connaissance) : elle était celle des écrivains et des artistes ou des inventeurs dont les oeuvres traversaient les siècles et se répandaient de mémoire en mémoire ; elle appartient désormais à tout un chacun et elle est par une trace de toi qui demeure parmi toutes les autres traces à jamais laissées...

    La postérité c'est aujourd'hui une sorte de “Bac” ou de “Deug” que tout un chacun sur cette planète peut passer, une sorte de “Bac” ou de “Deug” dont le résultat est connu d'avance : tout le monde est reçu (avec ou sans mention)...

    Alors vous me direz : “ il vaut mieux être reçu avec une mention très bien.”... Comme si le champ visuel (ou de connaissance) de la postérité pouvait se “rétrécir” c'est à dire reprendre la dimension qu'il avait avant ! (avant Google, avant le Net, avant les moteurs de recherche, les archives et bibliothèques virtuelles, les blogs et les forums)...

    Non, tant que la Toile sera, le champ visuel ou le champ de connaissance ne “rétrécira” jamais... Bien au contraire il s'élargira.

    Artistes, écrivains, grands ou petits blogueurs... Quel que soit votre talent, votre “discours”, votre “vision du monde”, votre niveau d'études ou de culture, quoi que vous écriviez ou produisiez... ou éternuiez... Vous êtes désormais “éternaux” (c'est à dire de cette “éternité” aussi provisoire que l'existence de la Terre, du Soleil, des Hommes et des civilisations)...

    Est-ce que c'était “mieux”, la postérité, avant ?

    Est-ce que ce sera “mieux”, la postérité par Google et par le Net... Cette postérité de champ très élargi et si universel qui “reçoit” toutes les copies de Bac? Toutes ces copies parmi elles, dont la trace “éternelle” ne fera pas la postérité rêvée mais la postérité dont on se passerait bien...

     

  • Beau et gentil ? Pour qui et pourquoi ?

     

         Tu couines comme un petit chat, les pattes de devant tendues, à plat ventre, avec la queue en l’air et les yeux pleins d’amour... Et l'on te marche dessus sans savoir que tu existes…

    Tu aboies, tu mords, tu pisses et tu chies sur le trottoir devant une charcuterie fine ou une pâtisserie... Et l'on te donne des coups de pied au cul !

    Tu fais le beau et le gentil.. Ou tu fais le laid et le con... Tu fais surtout Toi en pensant que... mais mon cul, y'a rien qui vient... ou des coups de tatane ou un grand silence blême.

    Dans cette Europe socialement et économiquement nivelée par le bas, le boulot que tu fais ne vaut plus rien et, cadre moyen ou trouduc, chomdu ou retraité, tu es vaissellisé et tu pars en glouglou dans le grand égout puant du monde...

    Se lever à 5heures du matin, rouler cent bornes aller retour en bagnole cinq jours sur sept…

    Se décarcasser pour qu'enfin ça marche et que des paumés autant que des huiles se tapent sur la panse en te regardant courir...

    Ou péter le vase sacré, brandir des pancartes dans les manifs, grèveter par ci par là un jour ou deux, puer du bec sur les décolletés des femmes dans les coktailsd'entreprise, larguer une perlouze dans le métro entre deux attaché-case...

    Faire le beau et le gentil... Ou le laid et le con...

    Pour qui, pourquoi et contre ou avec qui ou quoi?

    C'est tout bardé de militaires et de policiers, guirlandé dans les rues de caméras, pollué de cultes et de modes et de Télédébilité, épié par les renifleurs de quartier ou de cité qui caftent aux autorités tous les couinements suspects autour des poubelles renversées...

    Faire le beau et le gentil ? On te marche dessus sans savoir que tu existes ! Faire le laid ou le con, traîner la savate la bave aux lèvres, lacérer quelques mollets potelés, pisser sur les choux des platebandes municipales? On s'en fout car l'on passe... Ou l'on sort la trique quand ça dépasse la mesure!

    Entre Shopi la peau du pis, Champion la peau du croupion, Super U la peau du cul (car ils sont tous accros de nos porte-monnaies) et les panneaux géants de pub à perte de vue... Entre tous ces tarés en bagnole qui t’engueulent au moindre prétexte, ces « riche-à-crever » pleins de placements et d’arrogance, ces pauvres que s’ils étaient riches ils t’en feraient peut-être encore plus chier que les riches nés riches… Oui, il y a de quoi se taper le crâne!... Ou se murer dans sa petite forteresse personnelle, ou se silencer, s'indifférer entre des écrans aux couleurs de lézards lumineux...

    L’amour, ça paie pas ! Et quand t’es mort, c’est trop tard ! Ils peuvent se les foutre au cul, les fleurs sur ton âme !

    La gueulante ça paie pas non plus! Et quand ça rapporte que des coups de tatane, ça te rend encore plus sale cabot!

    Il faut peut-être devenir poète ou artiste...

    Ou menuisier ou plombier ou cafetier ou brocanteur...

     

  • Les nouvelles invasions

     

    Dans l'été qui vient, de nombreux Français aux budgets écornés ne vacanceront plus comme ils vacancèrent jusqu'aux étés 2007 et 2008...

    Mais d'autres vacanciers viennent, aux finances insolentes et aux budgets nouvellement dopés par une croissance économique en éveil récent... Ce sont les touristes Russes, Chinois, Asiatiques, Nord Américains ou d'autres pays lointains, gens d'affaires et de marché et d'industrie relativement aisés, riches ou même très riches... Ces “hordes” de gens qui n'ont souvent d'autre culture que celle du fric et de la réussite sociale et des nouvelles modes, et qui dépensent sans compter durant leurs séjours dans nos montagnes, sur nos plages, dans nos villes d'eaux ou de plaisirs... Et les hôteliers, les loueurs de résidences meublées, les restaurateurs (je veux dire ceux d'entre eux qui affichent des prix de chambre à 50 euros et plus, des menus à partir de 25 euros) ne seront guère affectés par la crise et par l'austérité Européenne ambiantes car ils verront arriver par pleins cars ou en voitures de location, tous ces étrangers friqués.

    Il est assez évident que les tenanciers de fast-food, que les petits boutiquiers de plage et que les restaurateurs au menu du jour à onze euros, et que les petits “hôtels à la papa” (dont bon nombre d'entre eux d'ailleurs ont fermé ces dernères années) n'ont pas pour clientèle privilégiée ces riches étrangers venus de Russie ou de Chine... Et qu'ils ne peuvent pas trop compter sur les familles Françaises des congés payés qui emportent provisions et intendance dans leurs voitures pour un séjour d'à peine une semaine en camping...

    De quels visages devrions nous accueillir ces “hordes” de touristes étrangers “riches à crever”, aux achats insolents, qui se “bâfrent” dans nos meilleurs restaurants et dorment dans nos hôtels 3 ou 4 étoiles?

    Cette saison d'été 2010, je la sens déjà toute puante de cette nouvelle médiocrité culturelle bardée de pognon d'affaires qui va nous envahir partout, occuper nos casinos, nos plages et nos stations de montagne, nos villes d'eaux... Sans compter tout ce que l'intelligentsia des cartels Russes et Chinois et de toutes les mafias du monde, achète comme terrains et immeubles dans nos plus belles régions de France désormais colonisées et parc-de-loisirées...

    Je verrais bien quelques bandes d'anarchistes, ou de “mauvais garçons”, ou même de “terroristes économiques”, tous bien décidés et bien organisés, nous nettoyer “tout ça” en un certain nombre d'actions “coup de poing” menées “à la hussarde et sans faire dans la dentelle”!

    L'Europe est en train de devenir un “pays de bonitude touristique” désormais squatté par les populations aisées des nouveaux empires Nord Américain, Russe et Chinois... Avec pour régions privilégiées et aménagées en conséquence, la France, l'Espagne, l'Italie, la Grèce, la Croatie et accessoirement la Tchéquie et la Pologne et la Hongrie... Les matières premières, la grande industrie, la métallurgie, les “affaires”, les cartels, les groupes financiers, les banques, le commerce, le textile, l'automobile, l'informatique et la technologie ... et tout le salariat qui va avec... Tout ça maintenant c'est ailleurs qu'en Europe...

    Mais il est vrai aussi que du 16ème siècle jusqu'au milieu du 20ème siècle, c'était l'Europe qui imposait sa loi au monde (et surtout aux régions du monde qu'elle colonisait et exploitait)...