Articles de yugcib

  • "That is the question"...

         A propos de "L'éclair de mon vivant et l'absolu désert de ma mort"...  

    "Que ferais-je dans l'absolu désert de ma mort, de mes quelque vingt mille lieues d'écriture ? Je n'en ferai rien, cela est certain... Et qu'en fis-je dans l'éclair de mon vivant ?"

    A dire vrai je m'étais déjà posé la question... Mais peut-être pas jusqu'à ces années présentes, avec autant d'acuité...

    Toujours est-il que je n'ai pas de réponse... Seulement mon écriture, telle qu'elle me vient, comme une sorte de respiration (et la respiration est indispensable et inhérente à la vie)...

    Mais je ne peux écrire ni comme un auteur de romans ni peut-être même comme un écrivain (écrivain au sens de ce que l'on entend par "écrivain")... Mon oeuvre est impubliable : trop dispersée, trop fragmentaire, et en même temps d'une gravité, d'une densité et d'une prolixité dans un même univers immuable et intemporel...

    A la fin de ma vie serais-je peut-être parvenu à exprimer tout ce que je voulais dire...

    Avant le Net, avant les blogs, avant les forums ; j'écrivais dans des carnets ou avec une machine à écrire : ce n'étaient là, pas même des "bouteilles à la mer" puisqu'il n'y avait pas d'océans, pas de mers, pas de lacs, pas de rivières pour transporter mes mots... Il n'y avait que l'Insaisissable".

    Et puis il y eut le Net...

    Je n'aurais sans doute pas cessé d'écrire, sans le Net...

  • L'espoir a des nuées ardentes mais il s'épuise

          D'un côté si tu dis, si tu fais, si tu te manifestes, si tu vas, si tu t'élances... Une fois, deux fois, trois fois... Cela ne vient pas... A moins que tu sois comme un billet de banque au bord d'un trottoir...

    D'un autre côté si tu ne fais pas, si tu ne dis pas, si tu ne te manifestes pas, si tu ne vas pas, si tu ne t'élances pas... jamais, jamais... à coup sûr alors, cela vient encore moins... sauf si l'on tombe sur toi comme sur un billet de banque au bord d'un trottoir...

    D'un côté il te vient l'espérance et avec l'espérance, jusqu'à des nuées ardentes... mais l'espérance s'épuise comme une vie qui fuit au bout d'une vieillesse...

    D'un autre côté, de ce côté où tu ne fais jamais, vient la quasi certitude que rien ne se manifestera... et l'habitude de ne pas faire, de laisser couler les jours jusqu'au bout de la vieillesse...

    Dans une réunion d'amis et de connaissances ou dans une réunion de personnes qui ne se connaissent pas ou très peu... Il y a parfois - à dire vrai assez souvent- entre deux ou plusieurs personnes de cette réunion, une absence ou une indifférence qui se manifeste...

    Dans une réunion familiale (je pense lors d'un mariage ou d'un de ces "grands anniversaires")... L'absence ou l'indifférence qui peut exister entre deux ou plusieurs personnes... Se révèle peut-être plus perceptible, plus "pesante"... Il y a en effet ces gens qui ne s'étaient encore jamais vus de leur vie, ou qui s'étaient une fois vus voici dix ou vingt ans ; et ce garçon ou cette fille de la toute dernière génération... qui jamais, ne communiquent avec celui ou celle dont il a vaguement entendu parler (lequel ou laquelle d'ailleurs, de son côté, n'a pas précisément chercher à se manifester)... "L'on ne sait pas ce qu'il ou elle fait dans la vie, et à dire vrai, l'on y est indifférent puisque cela ne participe pas, ni de près ni de loin, à notre vie"...

    Bien sûr il y a -ou il y a eu - ce que l'un ou l'autre a eu l'initiative de faire pour que le lien s'établisse... Une fois, deux fois, trois fois déjà par le passé... Mais non, le lien ne s'est pas pour autant établi...

    Il y a aussi (parfois) ces "nuées" comme "chargées d'une électricité", tout à fait occasionnelles et fugitives, sans avenir... qui semblent, le temps d'une fête ou d'une saison, ou par le fait d'une lettre, d'un événement particulier, d'une situation, d'une émotion ou à l'évocation d'un souvenir commun... relier les êtres entre eux...

    ... En écrivant cela, tout ce que je viens de dire, je pense à ce livre d'Alice Ferney que j'ai lu dernièrement : "Les Autres"...

    ... Ah ces "Autres"!... Ils peuvent être (et pour moi ils le sont - et je le déclare - )... ce qui "remplacerait Dieu"... Mais un "vrai Dieu" en quelque sorte : un Dieu sans aucune espèce de complaisance civilisée et obséquieuse, un Dieu qui dit s'il aime ou n'aime pas et pourquoi, un Dieu qui se manifeste, un Dieu qui "t'existe", un Dieu "sans aucun ennemour ni troudebaleries aux humeurs du jour"...

  • Poisson des mots

         

    Oh, poisson des mots, petit poisson des mots qui voyage dans les petits aquariums en série reliés les uns aux autres... Selon l'alvéole que tu traverses, tu demeures petit poisson des mots, le même petit poisson, mais tu changes l'éclat, la couleur et la forme de tes écailles, ou même de ta robe tout entière... Ou tu modifies le mouvement de tes nageoires, sinon ton mouvement tout entier... tout en demeurant le même petit poisson...

    Les visiteurs de cette alvéole là par exemple, lorsqu'ils passent devant la vitre et te voient voler dans l'eau, ne te "captent" pas dans ce "pyjama" là... Alors tu mets un "pyjama" - peut-être plus "familier"- à leurs yeux... En y introduisant cependant dans les rayures colorées, quelque éclat un peu étrange mais néanmoins perceptible...

    Petit poisson des mots volant dans toutes ces eaux d'aquariums, il est un "pyjama" qui te ressemble encore plus qu'un autre, plus que tous ces autres avec lesquels tu voles... Mais à la vue duquel les visiteurs qui se plaisent à suivre son mouvement en écharpes de nuages étirés ou déchirés et dansant dans l'eau... Ne sont pas nombreux...

    Petit poisson des mots, c'est triste et vain de voler dans le pyjama qui te ressemble le mieux devant les visiteurs d'un aquarium se plaisant à ne suivre que les vols en éclats et couleurs qui les font toujours et sans cesse s'arrêter... Et c'est d'autant plus vain, d'autant plus triste, de voler dans ce pyjama là si l'aquarium est celui dans lequel tu as grandi, ou celui qui te rappelles d'où tu viens...

    Mais vole, vole tout de même, petit poisson des mots !

    ... NOTE : J'avais conçu, "dans le temps"... "Poison des mots"... Mais autant chercher afin de le trouver, une "bonbonnette à cornue dans une immense usine à gaz" !

     

  • Les chefs d'orchestre du bal des violons

         Un système n'existe que par ce qui, en chacun de nous, habitants de cette planète, le fait exister... Par exemple un système politique, un système économique, une mode...

    Toute la force et toute la pérennité d'un système résident dans le fait qu'un maximum de ce qui est en chacun de nous, le fait exister... Y compris de ce qui, en chacun de nous, s' opposerait au système.

    Les "chefs d'orchestre du bal des violons" ne sont que des sortes de "magiciens" opportunistes... Se révélant le plus souvent déloyaux.

  • Facebook, une sorte de Staracadémy planétaire

    Facebook (face de bouc selon la terminologie Yugcibienne)... Serait aux yeux d'un certain nombre de gens, une sorte de "Staracadémy planétaire"...

    Alors expliquez-moi comment, un mecton (ou une mectone) "lambda", tout ce qu'il y a de plus "lambda"... pourrait joindre sur Facebook -face-de-bouc (ou de boucque)... Nicolas Sarkozy ou Patrick Sébastien par exemple ?

    Notons que Nicolas Sarkozy et Patrick Sébastien, ne sont pas "amis" sur Facebook...

    Facebook, j'y suis (mais je m'y promène sans déodorant ni musique tambourinée en battements de coeur de pieuvre)... et je trouve que c'est un "sympathique foutoir"... Aussi n'y "Yugcib'je" que très occasionnellement et loin de moi l'idée d'essayer de contacter Nicoas Sarkozy ou Patrick Sébastien...

    Ce "lambda" (ou cette "lambdade") qui fait un "beau blog", qui compose selon ses dires, de "fort belles chansons"... voudrait bien sans doute "tapidanser" sur Facebook comme sur le podium de Staracadémy... et décrocher le ponpon en poussant du coude les petits copains, voire en les mordant aux fesses...

    Tu cherches un ancien copain de fac, une fille pour laquelle tu as "flashé", une connaissance de jadis ou du temps de ton enfance ? Il y a tous ces homonymes, ces photos truquées ou arrangées, ces "profils" fictifs ou mensongers... Alors va-t-en t'y retrouver là-dedans!

    Sans compter que les vies ont passé, que les souvenirs se sont dilués, que les gens se souviennent à peine de toi et que tout rêve de retrouvailles est surtout ton rêve à toi...

    Tu sais, je vais te dire une bonne chose : celui ou celle qui te cherche, te retrouvera toujours sans forcément passer par Facebook... Un ami, un vrai ami, il se manifeste, et toi, tu n'as pas besoin de lui courir après...

    C'est triste, c'est vain, de courir après des gens qui jamais, au grand jamais – ou alors une fois ou l'autre en passant – ne courront vers toi de ce même élan qui est le tien...

    Par les mots que j'écris sur la Toile , je presse des doigts ou des mains que je ne vois pas, mes yeux se posent sur des visages que je ne rencontrerais peut-être jamais, je tague comme sur de longs murs dont je ne sais quels passants les longent et lisent ce qui est tagué... Et mon Facebook le plus évident, le plus accessible, c'est celui où je peux toucher, sentir, voir, écouter et dire...

  • Jetset Planet, éclatée comme une coquille de noix

    Jetset Planet éclatée comme une coquille de noix entre les doigts

     

    Une étoile filante ?

    L'on dit "fais un voeu"...

    "Gagner au Loto"... "Voler comme un oiseau"... Nous vient-il à l'esprit...

    Sans réfléchir puisque l'étoile file trop vite pour que l'on réfléchisse...

    Alors voici "par avance" mon voeu...

    A "copier/coller" juste au moment du passage du trait de lumière dans la nuit...

    Par une sorte de drôle de hasard, et comme par la découverte soudaine d'étranges cailloux bleus disséminés sur le sable d'une plage immense... Voilà-t-il pas que quelque "Jetsèterie médiatique" de "Jetset Planet" et de ses foudres de modes toutes aussi subites qu' éphémères ; à la suite de quelque nouvel engouement de saison et à la faveur d'un sentiment ou d'un ressenti faisant "tache d'huile" sur la "toile sociale" contre les pollutions d'un monde en déliquescence... Voilà-t-il pas que cette "Jetsèterie médiatique" décide de "m'inviter" et de m'introduire dans son univers barricadé et feutré , de "m'acheter" en quelque sorte, afin de m'utiliser "au mieux de ses intérêts"... (mais j'imagine l'espèce de condescendance déguisée en reconnaissance de façade, que les "pontes" de cette "Jetsèterie" ne manqueraient pas de manifester à mon égard avec force tapes dans le dos et félicitations de divers jurys de pacotille rutilante...

    Alors une fois dans la place - et à peine entré à dire vrai- (Ah les cons, leur credo c'est de toujours penser que l'on devient heureux et comblé et bien dans leurs putains de bottes)... je ferais éclater comme une coquille de noix entre mes doigts cette "Jetset Planet" de merde et ses foudres de modes... Mais ce ne sont point les gens en particulier que je ferais éclater comme des coquilles de noix pressées entre mes doigts, ni ces gens qui eux-mêmes tournent ou se dandinent sur le manège enchanté de "Jetset Planet"... parce que tous ces gens de quelque "Jetsèterie" qu'ils viennent... ont tous en eux et en particulier, quelque chose qui n'a rien de "Jetset"...

    Un "système" n'existe qu'avec ce qui, venu de chacun, le fait exister... Et il y a toujours ce qui en chacun, ferait qu'il n'existe pas...

    ... Le voilà, mon voeu... A "copier/coller" au moment du passage du trait de lumière... Mais j'hésitais encore entre "ça" et "voler comme un oiseau"... (Soit dit en passant si je veux vraiment/vraiment voler comme un oiseau, je peux le faire au moins une - et seule - fois dans ma vie : en me jetant d'une phénoménale hauteur, 3ème étage de la Tour Eiffel par exemple, ou autre lieu très élevé surplombant un abîme)...

    Pour certains rêves, le rêve de voler comme un oiseau entre autres, le prix à payer c'est sa peau... Pour d'autres, le rêve de faire éclater "Jetset Planet" comme une coquille de noix entre ses doigts, par exemple, ça vaut pas le coup de risquer sa peau : "Jetset Planet", un jour peut-être, éclatera d'elle même sans l'intervention de quelque rêveur si "hors norme" et si révolutionnaire qu'il soit... Elle éclatera comme une coquille de noix tout bonnement pressée par l'air qui l'environne...

  • Réseaux et liens... Et houle

     

    Le monde n'est pas seulement "mondialisé"... Il est aussi "planétaire". La mondialisation et le "planétarisme" ce n'est pas tout à fait la même chose...

    La mondialisation c'est l'économie du marché, de la culture et de l'information, et la circulation des biens et des personnes à travers le monde.

    Le planétarisme ce sont des réseaux et des liens qui se forment dans le monde entre les gens qui communiquent entre eux ; sont souvent informels, sporadiques, parfois inorganisés, spontanés... Mais ont ceci de particulier qu'ils ont pour espace le monde entier et non plus comme jadis, seulement une région, une ville ou un pays...

    Et c'est le Net qui contribue aujourd'hui dans une large mesure, au planétarisme (mais aussi à la mondialisation).

    Et le Net devient comme une sorte de houle déferlante qui véhicule dans l'instant même en tous lieux de l'espace planétaire, toute sa dangerosité, toutes ses dérives et toutes les formes de pensée ou de comportements, d'habitudes de loisirs et de consommation qui précipitent ce monde dans un brouillard opaque et corrosif, le rendant plus dangereux ou plus délétère qu'il ne l'était auparavant... Mais il y aussi dans cette sorte de houle déferlante, toute aussi puissante que la "marée noire" qu'elle porte, toute l'énergie rayonnante d'une culture, d'une conscience, d'une communication, d'un ensemble de savoirs et de connaissances, d'une forme de pensée résistante aux valeurs de la mondialisation et aux carences des états, des économistes et des gouvernements... Qui libère peu à peu le monde de l'emprise du brouillard corrosif et opaque...

    Dans ces réseaux et par ces liens qui se forment dans le monde entre les gens, entre les peuples même, et en particulier dans la nécessité de se libérer de l'oppression et de la misère qui sévissent en un lieu donné sur la planète ; il vient de ces énergies, de ces actions menées, de ces spontanéités et de ces manières de s'organiser et de se répandre, de ces initiatives... Qui font que le Net "rejoint la rue et les gens et les foules"... Et c'est ainsi que le monde sortira peu à peu de cet "âge de pierre" où l'on jette tant de pierres contre les renards de sable au dos pelé dans un désert de pierres constellé de fleurs décolorées de roche friable.

    ... "La tension sociale monte dans les pays émergeants" [Le Monde, vendredi 20 Août 2010]

    Mexique : conflit à la mine d'or d'El Cubo... Sénégal : grève contre Shell... Brésil : grève chez Renault et Volvo... Thaïlande : conflit chez Michelin... Et tant d'autres, tant et tant d'autres conflits sociaux de par le monde (le plus souvent "éclipsés" par la presse et l'audio visuel à la solde des grands lobbies internationaux)...

    ... "Les blogueurs russes ont vaincu le feu" [Le Monde, vendredi 20 Août 2010]

    Un réseau social s'est formé, grâce à des blogueurs, pour qu'un mouvement de pompiers volontaires puisse se mettre en place et ainsi pallier aux carences d'un état et d'autorités déficiants...

    On le voit bien, le Net a beaucoup contribué dans ces deux "affaires" : les ouvriers et leurs syndicats dans les pays "émergeants" s'informent entre eux, d'un pays à l'autre, de l'actualité et des actions menées... Et les blogueurs de Russie d'une région à l'autre, pareillement, lors de cette série d'incendies ravageant leur pays...

    ... "L'âge de pierre" n'est pas "pour toujours"... Même si vient demain un "âge du gourdin"...

     

  • Facebook, c'est "l'âge de pierre" du Net

    Facebook, c'est "l'âge de pierre" du Net... Et c'est mieux que "pas encore d'âge du tout!"

    Dans la rue, sur la place publique, partout où des gens se trouvent rassemblés et communiquent entre eux, il suffit d'un "meneur"ou d'une personne vraiment motivée et déterminée, sachant trouver les mots qu'il faut pour entraîner les gens autour d'une idée ou d'un projet ou dans la poursuite d'un objectif à atteindre.

    A défaut d'un meneur ou d'un instigateur, les gens peuvent se sentir confusément reliés entre eux dans un même ordre d'idée ou de sentiment, et former entre eux des associations d'importances diverses selon des affinités, des ressemblances, des modes de vie, des origines communes... Mais jamais, ils ne "feront bloc" ensemble, d'un seul et immense élan, jamais ce qui pourtant les relie, ne deviendra "houle déferlante"... Pour cela, il faut un meneur... Et la puissance du Verbe, le Verbe qui porte toute sa volonté, tout son agissement, toute son énergie en lui, comme le feu qui prend et s'étend...

    Dans la rue, sur la place publique, partout où les gens se trouvent rassemblés et communiquent entre eux, celui dont la voix s'élève et porte et voit les gens autour de lui , devient celui qui va atteindre et entraîner ces gens... Et les gens alors, si la voix porte et atteint, ne peuvent ignorer cette voix qui s'élève, et ils vont l'écouter.

    ... Par contre sur le Net, ce n'est "pas la même chose" : le Net n'est pas la rue ni la place publique même si cela ressemble à la rue... Le Net c'est comme l'univers tout entier dont on ne peut percevoir les limites et qui serait peuplé de millions et de millions de "Terres" : de l'une ou l'autre de ces "Terres" s'élève le Verbe, mais le Verbe se disperse dans l'espace et atteint des "Terres" non seulement séparées par l'espace mais aussi par le temps...

    Il y aurait bien "Facebook"... Mais bon, il faudrait utiliser alors Facebook pour autre chose qu'un apéro géant !

    Facebook, c'est "l'âge de pierre du Net"... Comme au tout début de l'humanité avant que ne soient inventés puis fabriqués les outils pour qu'un âge différent soit...

    Mais assurément, sur le Net (et par le Net) il y a "tout un travail" (de communication)... forcément "de longue haleine" et assidu, à accomplir... Afin qu'un jour, la rue avec la place publique et le pays tout entier d'une part ; et le Net d'autre part... puissent se rejoindre...

    ... Après tout, peut-être bien que "tout commence par la puissance du Verbe"... et le Verbe, c'est l'esprit, c'est le coeur, c'est le vouloir agir, c'est l'imagination, c'est l'innovation, c'est le feu et avec le feu l'énergie... Et c'est aussi le Verbe qu'il faut, sur le Net ! Le Verbe pénétrant, diffusant, voyageant et se frayant son chemin là où il est accueilli, mais aussi là où il a hésité à faire résonner son timbre...

    Mais le pouvoir n'appartient pas à celui qui mène, qui incite et entraîne...

    Le pouvoir et tout ce que le pouvoir fait être et réaliser, appartient à ceux à qui il a été donné ou transmis...

    L'erreur fondamentale (en quelque sorte ce serait à mon sens l'équivalent du "péché originel")... C'est de croire (et de faire en sorte) que le pouvoir appartient à celui qui le détient et l'impose par la force...

    Ainsi la "puissance du Verbe" au seul service d'un pouvoir que l'on détient et dont on se sent proprétaire, et que l'on impose par la force ou l'endoctrinement...Ne peut que faire évoluer l'humanité (et la civilisation) dans une même sorte "d'âge de pierre" dont on ne sait jamais si oui ou non cet âge préfigure la venue d'un âge différent...

  • L'égoïste romantique, de Frédéric Beigbeder

         J'en suis à la page 62, de ce livre -sous la forme d'un journal rédigé par un "écrivain fictif" (Oscar Dufresne)...

    Mais je ne sais pas si j'irai jusqu'au bout...

    Oscar Dufresne à chaque page, cite des noms de gens (sans doute de milieux branchés, people and Cie...) que je ne connais pour ma part "ni d'Eve ni d'Adam"... et n'aspire pas à connaître. Des gens dont je me moque bien de l'existence et de "ce qu'ils font et sont dans la vie et dans l'actualité"...

    Il est vrai que dans cette culture "has-been" de "branchés et de "people" et de toutes ces cliques "bling bling" qui gravitent autour)... Je suis d'une nullité phénoménale, d'une nullité de voyou insolent, iconoclaste et fouteur de merde... Et ma nullité en ce domaine, je la pète haut et fort en un bras d'honneur à me faire un bleu dans le creux du coude...

    Dix, quinze fois par page, notre Oscar Dufresne emploie des locutions, des termes d'une espèce d'argot américain ou anglosaxon techno-branché-à la mode, par exemple ce terme "Has-been" : "has been, pour moi ce serait un type (ou une typesse) du genre "je sais tout/j'ai tout vu/j'ai vécu" - et qui même quand il sait pas, fait comme s'il savait, de telle sorte que celui qui sait vraiment, doute de son savoir... (et comme il faut bien l'allure ou le genre qui sied à un tel personnage "has-been", on remarque le pull jeté négligeamment sur les épaules, l'une ou l'autre de ces manières empruntées et de ces "singeries civilisées" ; ou les lunettes noires, quelque piercing sur l'aile du nez ou autre "quincaillerie" au poignet, ou une montre de marque)...

    Mais c'est ça la culture d'aujourd'hui, avec le sexe en plus qui pue la crevette pourrie, la mayonnaise éventée, la raie du cul, l'anus et la suce, le croupion et les nichons au champagne ou au bourbon, le tortillage de cul en sueur estivale en boîte climatisée ; tous ces clichés de merde que tout le monde avale, cette civilisation pour les riches et les "dans le vent" qui se fout des pauvres et se pique de modernité iphonisée, internétisée, night-club-isée, pipolisée, crétinisée et qui prône une "morale qui défait la morale"...

    Non, si c'est ça l'île de Ré (ce qu'il en dit ) jamais j'irai en vacances à l'île de Ré !

    Has-Been... Has-Been... oui... Une marque de fayots en boîte ou de bouillabesse lyophilisée, oui, dirais -je !

  • Silence radio à défaut de clamer sa pensée bouleversée

         Inondation au Pakistan, coulée de boue en Chine... Et tant d'autres événements dramatiques de par le monde, proches ou lointains... Et dont toutes les Télés nous diffusent les images...

    C'est vrai que jadis, lorsqu'il n'existait ni télé, ni internet ni i-phone, "on ne savait rien de tout cela" et l'on n'était affecté que par le gros orage qui avait sévi dans sa vallée, que par la diligence qui avait versé dans le ravin à la sortie du village...

    Et pendant tout ce temps là, le temps de ces évènements dramatiques partout dans le monde, on "blogue", on "fait la révolution sur le clavier d'un ordinateur", on fait sa valise pour aller en vacances, on pousse son chariot de commissions en sortant du Leclerc géant, on klaxonne rageusement le "con qui avance pas ou qui se trompe de file"... Et merde, merde! ça en devient presque "indécent" ! Et que faire? Comment réagir? Envoyer de l'argent? Du fourbi de première nécessité? On fait tout ça... oui, on le fait...

    Et je me dis " Et si on fermait sa gueule ?" Si on arrêtait de bloguer de tout et de rien, de poétiser, de pétasser, de filer-les-oeufs-fausser"... Trois jours-minutes ou heures de silence... Oui au moins se taire, fermer le robinet de toute cette indécence pseudo culturelle et ostentatoire et larmoyante et sans aucune utilité, dépourvue de sens... qui coule à flots dans les bassines débordantes de notre "égoïsme économique mondialisé"!

    Ah, putain! On crèvera tous avec ce nombril de merde bardé de nouilles luminescentes!

    ...Je voulais dire par là (c'est le sens de ma réflexion)... que parfois, en face de tant et tant de misères, d'injustices, de violence, de catastrophes -proches ou lointaines et impliquant souffrances, chagrins, deuils et immenses et irrémédiables pertes des gens- l'on devrait, plutôt que de continuer à pérorer, à rouler les mécaniques sur des blogs, sur Facebook, dans des bouquins... Ne serait-ce que par un minimum de décence ou de respect, par égard vis à vis de tous ces gens qui souffrent et meurent le plus souvent dans l'anonymat... Au moins se taire ne fût-ce qu'un moment, un tout petit moment dans sa vie...

    Certes, en tant qu'artiste ou écrivain, l'on peut faire comme jadis Voltaire après le tremblement de terre de Lisbonne en 1755, c'est à dire "prendre sa plume et laisser parler son coeur et son esprit"... Mais peut-être pas dans le "feu même de l'actualité" alors que fument encore les décombres et que meurent de faim les gens... L'urgence (secours et aide financière) appartient aux acteurs, à leur efficacité sur place, et à tous les gens que nous sommes de par le monde et qui peuvent en fonction de leurs moyens si dérisoires puissent-ils paraître, contribuer par un don... Encore faut-il que l'argent collecté de la sorte par de grands organismes humanitaires, puisse être immédiatement utilisé au bénéfice des sinistrés (et non pas dévié vers des réalisations ne profitant qu'à des minorités plus privilégiées (ou moins exposées)...

    L'urgence (et urgence il y a toujours) n'est pas dans les discours inutiles et oiseux, dans la réflexion philosophique, dans la poésie, dans le larmoiement, dans tous ces "voeux aussi pieux qu'émus" que l'on adresse à des populations éprouvées dans leur chair et dans leur âme ; et encore moins dans l'exhibitionnisme de ses productions personnelles sur des blogs ou sur Facebook...

  • Les vacances

         ... Ah, les vacances, les vacances !... Et en Août, en Août... ce mois où "tout le monde part" (enfin, enfin... "un certain nombre de gens" dans la mesure où leur buget le leur permet!)...

    Pourquoi en Août? C'est bien simple : c'est le seul mois que l'année scolaire ne mord pas à l'un ou l'autre bout... Alors, comme il y a les enfants, on part en Août.

    En fait, le plus gros des vacanciers c'est entre le 20 juillet et le 20 Août.

    Et que de monde en toutes régions! Campings bondés ; locations, meublés, hôtels, résidences secondaires longtemps réservés à l'avance ou difficiles voire impossibles à trouver ; embouteillages monstres aux abords des "terminaux vacanciers" (sites de vacances), parkings pris d'assaut, bouchons de plusieurs kilomètres sur les portions de routes et autoroutes que tout le monde emprunte...

    Et les night club, discothèques, dancings, fêtes foraines, festivals et "festiveaux", les nuits "blanches", la drague, le farniente... etc... etc...

    ... D'un autre côté si je puis dire, il faut tout de même reconnaître que de telles concentrations humaines sont parfois "heureuses" dans la mesure où les gens se trouvent comme "reliés entre eux" dans une sorte de "communication ondulatoire" (totalement différente de la communication dans les jours "hors vacances")...

    En effet dans ce que j'appelle "communication ondulatoire" il y a cette présence de l'autre, des autres... Comme un paysage qui s'ouvre et dont les formes et les couleurs se précisent et se nuancent peu à peu, "effaçant" une solitude intérieure, "crevant" une bulle d'isolement...

  • Reconnaissance

         Une reconnaissance régionale (pour un écrivain, son oeuvre ou l'une de ses oeuvres) est sans doute une reconnaissance (à mon avis) plus "précieuse" qu'une reconnaissance dans le "monde général de la littérature"...

    J'irais même jusqu'à dire que lorsque cette reconnaissance n'est que celle du lieu où l'on vit, auprès des gens que l'on connaît, dans sa famille, auprès de ses amis, dans son environnement immédiat... Cela est encore plus "précieux"...

    Il y aurait peut-être quelque chose de "désespéré" et de "dramatique", pour un être d'écriture et de poésie (et d'une grande sensibilité)... à rayonner loin, très loin même, dans un espace situé hors de notre portée et dispersé, et dans lequel on ne pourra sans doute jamais se rendre ni s'exprimer directement ... Si l'on ne rayonne pas dans le ciel tout juste situé au dessus de ses yeux...

    Que faire d'une reconnaissance générale et diffuse dans un espace immense, où les rencontres, les échanges, ne sont que virtuels ? Où "être lu" n'implique aucun contact, aucune relation "solide et durable" ?

    Lors des veillées, des soirées ou des réunions entre parents, amis, voisins, connaissances, que l'on peut faire encore chez soi, dans son quartier, un lieu public de son village ou de sa ville, celui ou celle qui raconte, chante, joue d'un instrument de musique, devient en quelque sorte le personnage central. Et si cela ne "rayonne pas aux cinq cents diables", cela rayonne fort, alors !

  • Romans populaires

          Si l'on peut dire (mais tout en demeurant dans la mesure et dans la réflexion plutôt que de verser dans le seul rejet systématique) de Marc Lévy, de Guillaume Musso et d'autres littérateurs populaires... Que ces auteurs là ne peuvent que difficilement être qualifiés d'écrivains (tant ils passent pour si peu littéraires voire médiocres aux yeux de certains)... Alors que pensez vous en toute objectivité, d'un Christian Signol par exemple, qui lui aussi est un auteur populaire ?

    Est-ce que selon vous, Christian Signol "souffrirait une comparaison plus heureuse" par rapport à un Lévy ou à un Musso ?

    Dans la "même veine" (si je puis dire) que Christian Signol, on peut citer Henri Troyat avec par exemple l'un de ses livres "les semailles et les moissons" (qui fit récemment l'objet d'une adaptation pour un film de télévision)... Et Henri Bordeaux, cet auteur populaire du début du 20ème siècle ( que ma grand mère quand elle était jeune fille avait du plaisir à lire)...

    Mais Henri Troyat et Henri Bordeaux furent tout de même de l'Académie Française...

    Personnellement, j'ai lu quelques livres de Christian Signol et mon avis serait le suivant :

    "C'est un auteur de romans populaires que l'on pourrait qualifier d'écrivain , relativement proche d'un Henri Troyat dans "les semailles et les moissons", et comparable à un Henri Bordeaux du début du 20ème siècle"...

    Selon Courteline, il n'y aurait pas de "genre inférieur" mais des productions ratées (qui néanmoins pour certaines d'entre elles se vendent en centaines de milliers d'exemplaires)...

    Encore faudrait-il définir ce qu'est une "production ratée"... Ratée pour son inconsistance, pour ses "coquilles", pour ses clichés, pour ses invraisemblances, pour sa forme ou pour son contenu? Ou ratée parce qu'incomprise, obscure, sans avenir ? Ratée parce qu'elle n'intéresse personne ou si peu ?

    Les valeurs du monde ne sont ni plus ni moins aujourd'hui que les valeurs du CAC 40 (ou du Dones Jones) et de tout ce qui découle directement ou indirectement de ces valeurs... Et l'on peut dire que la littérature par le livre (le livre "produit consommable"), que l'Art par les vernissages, les galeries et les expositions en salle ou sur les marchés, que la musique par ses orchestres de rue ou de place publique les soirs de fête en été dans les lieux touristiques... Se fondent dans ces valeurs du monde... Et le "raté" aujourd'hui, c'est ce qui n'entre pas dans les valeurs du monde "cacarantemédiatisées", s'insurge et entre dans la délinquance... Parce qu'il n'y a plus d'autre alternative au point de "non retour" aujourd'hui atteint, que cette délinquance caractérisée, violente, sans merci et dévastatrice des valeurs "cacarantemédiatisées" du monde...

    Ce n'est point ce que l'on peut penser ou juger d'un auteur, d'un écrivain, d'un artiste... Ce n'est point un Lévy, un Musso ou un Signol... qui est en cause, qui "fait ou ne fait pas" la littérature.

    C'est cette orgie, cet "orgasme sans âme", cette "troudebalerie" des valeurs du monde !

    Et quel coup de hache à donner sur le grand miroir dans lequel se regarde le monde !  

     

     

  • Coup de hache sur une mer gelée

     

    « Un livre doit être la hache qui fend la mer gelée en nous », écrivait Kafka en 1904, dans une lettre à Oskar Pollak, le 27 janvier…

     

    Cette « mer gelée en nous » n’est-elle pas comme une banquise dont les bourrelets, les rides, les creux et les bosses à perte de vue, sont autant de repères et de marques pour ces « aventuriers » de la vie que nous sommes, alors que nous venons tout juste de franchir l’une de ces « frontières » de l’Histoire, sans doute la plus déterminante mais aussi la plus incertaine ; et de pénétrer en un « territoire » qui pourrait être comme les « territoires » précédents, un immense palier, une sorte de plateau au bout duquel il n’y pas d’horizon discernable ?

    Et ne traversons nous pas, en nos existences qui passent comme l’éclair de l’orage ou comme une « éternité » entre deux portes, de ces « territoires paliers » qui sont autant de « banquises »toutes tracées de nos chemins ?

    A la surface de cette « mer gelée en nous », et même, je crois, jusqu’à une certaine profondeur, s’y répète, s’y perpétue l’immobilisme des habitudes, une certaine forme de renoncement ou d’indifférence, ou, ce qui n’est guère mieux, une forme d’espérance « angélique » et d’une consistance purement émotionnelle ; et, ce qui est sans doute pire encore, un ensemble de certitudes trop vite acquises dont on se fait un « rempart sécuritaire » qui, de toute évidence, ne peut résister aux  grands blizzards que les évènements autour de nous ont soulevés…

    Il est assurément très peu de ces livres ou de ces écrits, de nos jours comme par le passé, qui sont cette « hache fendant la mer gelée »… Et quand bien même voleraient en éclats tous ces repères, toutes ces habitudes, tout ce renoncement, toutes ces indifférences, tous ces silences, ces « shizophrénies intellectuelles », ces certitudes, ces angélismes et ces hypocrisies… N’en viendrait-il pas d’autres, de ces bourrelets, de ces rides, de ces creux et de ces bosses d'une mer gelée à perte de vue ?

    « Un livre qui fend la mer gelée » est un livre qui dérange parce qu’il casse ce sur quoi l’on marche… Et c’est fou ce que l’on s’attache à ce qui porte nos pas !

     

     

     

  • Amour raté aux bas déchirés

    "Il n'est pas de genres inférieurs, il n'est que des productions ratées".

    [Courteline]

    Et de même, dis-je :

    "Il n'est point d'amours bas de gamme, il n'est que des amours ratés aux bas déchirés".

     

    Et encore :

    "Tous les ennemours de quelque genre qu'ils soient, sont inférieurs, même lorsqu'ils se sont parés des plus beaux atours de l'amour".