Articles de yugcib

  • La vie est dure, cruelle... Mais belle...

    ... C'est la raison pour laquelle j'ai lu Bernard Clavel "de fond en comble" : en général, les romans de Bernard Clavel finissent assez mal, parfois même très mal... Le personnage principal meurt en effet (par exemple dans "Le silence des armes")...

    Bernard Clavel "ne fait jamais dans la dentelle" en ce sens qu'il dénonce dans ce qu'il raconte dans ses livres, toute l'hypocrisie, toute la violence, tout l'orgueil, toute l'injustice du monde... Les personnages qu'il met en scène et tiennent le rôle principal sont des êtres humbles, pauvres, écrasés par la vie, mais tous, d'une grande dignité et d'une grande ténacité ... Ce sont donc des êtres d'une grande beauté intérieure.

    Et Bernard Clavel "ne fait pas de cadeau" aux riches, à ceux qui sont du bon côté de la barrière et profitent, aux imposteurs et aux arrogants...

    La vie n'est pas un conte de fées loin s'en faut! Chaque livre de Bernard Clavel nous le rappelle...

    Mais tout ce que l'on nous fait avaler en nous gavant, tout ce qu'on nous met comme "olive dans le fondement" -bien huilée et qui chatouille et qu'on en redemande- c'est une "école d'obscurantisme"...

    La vie est dure, cruelle, mais belle... Et les âmes fortes s'en sortent toujours sans les "toubibs de la tête et du bide", sans les curés, les imans, les gourous, les trompetteurs... Et les femmes belles autant du dedans (sinon plus) que du dehors, sont belles même avec un sac de patates sur le cul !

     

  • Les déserts relationnels

    Les déserts relationnels que les humains ont étendu sur la planète en dépit des technologies de communication dont ils se sont dotés, et cela même depuis la fin du 20ème siècle surtout... Sont bien plus inhospitaliers que les déserts géographiques d'Amérique, d'Asie, d'Afrique ou d'Australie...

    Dans les déserts relationnels il y a toujours quelque part sur un banc dans une gare, marchant sur un trottoir de ville, assis ou debout dans le métro ou dans le bus, avançant dans les allées d'un grand magasin ; un enfant, un homme ou une femme qui rêve, regarde, tend son visage ou sourit... Mais que personne ne regarde jamais...

     

  • La postérité, une sorte de vie éternelle ?

    ... Si la postérité peut être une sorte de vie éternelle pour tous les humains qui y entrent, les traîtres, les assassins et les salauds dans les livres d' Histoire qui seront écrits dans l'avenir, auront la postérité qu'ils méritent... C'est à dire le jugement que porteront sur eux les générations d'humains à venir...

    Pour même si peu que l'on puisse croire en une vie "dans l'au delà" ou en une "vie éternelle" ou en une postérité (le souvenir ou la trace de ce que l'on a réalisé de son vivant),

    est-il possible d'être indifférent à ce que penseront les gens des générations à venir, en particulier les jeunes ; à moins de se moquer complètement de ce que penseront les gens des générations à venir ?...

    Les traîtres, les assassins et les salauds, se moquant complètement de ce que l'on pensera d'eux, n'ont devant eux que les jours qui leur sont comptés, que la satisfaction arrogante, orgueilleuse et prédatrice de leurs actes... Et, sans doute faut-il hélas dire, que dans l'avenir, ils seront imités par de futurs salauds qui s'inspireront de leurs actes criminels...

     

  • Les marques d'estime

    ... Sans doute davantage à mon sens que dans la relation de vive voix avec un proche, un ami ou même l'une ou l'autre parmi nos connaissances autour de nous ; dans les réseaux sociaux et sur la Toile en général, les marques d'estime, de considération, les commentaires élogieux qui nous sont adressés... Ne sont-ils, en vérité, que le "son de cloche" qu'il nous sied d'entendre parce que la résonance en nous de ce "son de cloche" nous conforte dans l'idée que l'on se fait au fond de nous, d'un "plus vrai ou d'un meilleur de soi-même"...

    Mais que dire, que penser, de tout ce que l'on n'entend pas, de tout ce que l'on ne voit pas écrit, et même de ce qui ne se dit pas, ne s'écrit pas, ne se voit pas... Que dire, que penser à la connaissance le plus souvent par hasard ou par "ouie-dire", d'un "tout autre son de cloche" que celui qu'il nous sied d'entendre ? Que dire, que penser de cet interminable silence dont on ne sait ce qu'il porte et dont on ne fait jamais la traduction qu'il conviendrait de faire ?

    ... Un jour, tout cela, tout ce que l'on a été, tout ce que l'on a fait ou pas fait, dit ou pas dit, écrit ou pas écrit, et qui aura retenu ou non les regards, ces regards là plutôt que d'autres... Tout cela sera le journal de bord inachevé d'un cosmonaute naufragé devenu silhouette de poussière dans une capsule-canot en errance dans l'espace...

     

  • La révolte des humbles

    ... La révolte des humbles et des bons commence dans un silence qui résiste au bruit que font les orgueilleux, les arrogants et les meneurs... Et se poursuit jusqu'à ce que les humbles et les bons demeurés debout et le regard droit devant alors que tant des leurs ont vu leurs yeux incendiés et sont tombés ; fassent de leur silence résistant une colère rendant inaudibles enfin les bruits faits par les orgueilleux, les arrogants et les meneurs...

     

  • Le privé et l'intime, et la place publique

    ... La vie privée (dans l'environnement familial et proche) ne me semble pas être un univers que l'on "exporte" sur la place publique... (Je veux dire par là, que la vie privée n'est partageable en partie – et encore cela reste à voir et dans quelle mesure- qu'avec des “très proches” c'est à dire des personnes “choisies” )... Cependant, je pense qu'un écrivain ou un auteur, mais aussi une personne qui s'exprime publiquement sur la Toile, peut “dans une certaine limite”, transcrire ou évoquer une histoire, un environnement, une situation en rapport avec ce qu'il a vécu... A travers des récits, des anecdotes, des romans où les personnages sont fictifs et ressemblent à des personnages existant réellement... Encore faut-il que cela ait un intérêt pour le lecteur (ou l'interlocuteur)...

     

    J'ai toujours été étonné, de voir sur le Net, exposé publiquement (donc en dehors de la sphère privée et accessible au premier venu), des photos d'enfants, d'adolescents, de jeunes femmes et hommes, qui à mon sens ne devraient figurer que dans des albums de famille)... Ainsi que des relations écrites d'événements de vie quotidienne ayant un caractère tout à fait personnel voire intime, de l'ordre de ce que l'on peut raconter par exemple dans un "journal de sa vie", ou encore de la même veine -j'appelle cela "de la parlote"- que ces conversations "à bâtons rompus" entre voisins l'un et l'autre debout une heure durant derrière la clôture, "parlote" du genre "patates salades le temps qu'il fait le monde va mal la politicaille"...

    ... Bon, “sa pomme” (sa propre pomme) exposée à tout venant en long en large et en travers... pourquoi pas après tout ?... Mais “la pomme” d'un proche, de son gosse, de son ami(e), autrement que dans la “sphère uniquement privée” des personnes choisies, au vu et au su de tout un chacun et visible en simple recherche... ça, non...

     

    ... Pardon, mais je fatigue vite quand je lis des trucs pareils sur le Net (ce que j'appelle de la parlote) , ou quand j'entends ces mêmes trucs entre voisins et connaissances du coin... Et j'"hallucine" à la vue de tout ce qu'on produit à tout va, au vu et au su de tout le monde, de photos et de vidéos qui ne devraient être visibles que dans un groupe d'amis et de proches... Mais bon, cela dit, je comprends que l'on dise aussi que ça fatigue, de voir apparaître sur le Net, un peu trop souvent d'interminables développements sur des sujets de réflexion...

     

  • D'un côté une tape amicale dans le dos, et d'un autre côté un coup de bâton...

    ... J'ai toujours été sidéré, ulcéré, révolté... Par l'hypocrisie (autant dans le propos que dans le comportement), de bon nombre de gens autour de moi (toutes générations confondues, de toute culture, de toute sensibilité, de tout "milieu social")...

    D'un côté "une grand tape dans le dos" (avec des louanges, des mots d'encouragement et d'amitié qui te sont adressés dans une apparence de sincérité, de loyauté, de considération...) mais d'un autre côté, tout se qui se dit, s'écrit, dans ton dos, quand t'es pas là pour le voir et l'entendre... et que tu découvres un jour ou l'autre, en tel lieu d'expression notamment sur la Toile, exprimé précisément par l'une de ces personnes de ton entourage ou de tes connaissances...

    Je préfère, et de loin, cent fois, mille fois mieux "qu'on me vole direct dans les plumes", "qu'on m'en mettte plein la figure"... Mais en face, sans fioritures...

    Au moins, quand "t'en prends plein la patate", direct, même si ça fait très mal, pour peu que que tu te fendes de deux sous de réflexion, tu te dis que, après tout, il y a quand même une part de vérité dans ce qu'on te balance à la figure... Bon, c'est vrai parfois, la "part de vérité" elle est minime... mais elle n'en demeure pas moins, "une part de vérité" tout de même...

    Et quand bien même n'y aurait-il aucune part de vérité dans ce que l'on te reproche et que par hasard tu découvres, exprimé ainsi à ton sujet et qui te dessert, te juge et contribue à éloigner les autres de toi... Il y a cette interrogation qui te vient sur ce que tu t'efforces d'être et de paraître "au mieux", cette interrogation qui te vient sur le sens, sur la portée, sur l'authenticité, sur la sincérité mêmes, de tout ce que tu produis, de toi, et que tu exposes...

    Et cette interrogation qui te vient, qui suscite en toi de la réflexion, a toujours un impact en toi, de plus ou moins longue durée par la suite...

     

  • L'origine de "Travail Famille Patrie"

    ... C'est au colonel François De La Roque, né le 6 octobre 1885 à Lorient et mort le 28 avril 1946 à Paris, militaire, homme politique et résistant français ; que l'on doit cette devise demeurée si célèbre "Travail Famille Patrie", qui figurait dans "Le Petit Journal", un organe de presse ayant été l'un des 3 principaux quotidiens français, dans les années 1930...

    Cette devise lui sera empruntée sans son autorisation, par "les crapules de la culture qui vont entourer, de 1940 à 1944, le vieux maréchal, chef de l'Etat Français" ( Dixit Eugène Saccomano dans son livre "Céline coupé en deux", roman )...

     

    ... Toute époque, en fait, et donc tout particulièrement la nôtre en ces années présentes depuis 2010, a ses "crapules de la culture", ses pourvoyeurs d'une pensée qui s'articule sur ce qui doit se croire et se savoir, et devant être consommé par le plus grand nombre... Mais avec, de temps à autre, quelques "marginalités" portées en avant, pour cause de "retombées économiques et financières" (il faut bien "caresser dans le sens du poil", c'est toujours bon à prendre)...

     

  • La vie est un héritage

    ... "La vie est un héritage, elle se transmet" ( Adolphe d'Houdetot, "Dix épines pour une fleur- 1853 ).

     

    ... En effet la vie (celle du monde tout entier d'une part, et la nôtre en particulier d'autre part), la vie d'aujourd'hui telle qu'elle est, est faite de tout ce qui nous a précédé (du monde, de nos parents, grands parents, de tous nos ancêtres depuis des siècles, des millénaires)...

    Nous sommes, chacun de nous, le petit morceau nouveau d'un immense puzzle qui n' a cessé depuis des milliers d'années de s'étendre et de contenir de plus en plus de pièces ; et dans ce petit morceau il y entre une part de tout ce qui est acquis, et une autre part de "quelque chose de nouveau et qui nous est propre"... Et c'est aussi ce "quelque chose de chacun de nous qui nous est propre", que l'on va transmettre... (mais qui n'aurait pu être sans ce qui nous a été transmis)...

     

  • L'Art ne change pas la vie

    ... "L'Art ne peut pas changer la vie" ( Michel Houellebecq, dans Plateforme )...


     

    ... L'Art sous toutes ses formes, mais aussi le meilleur de soi-même que l'on peut donner ou offrir aux autres... Ne peut changer la vie, ne peut changer la vie des autres... dis-je...

    Mais à mon sens, cela n'est pas aussi désespérant que l'on pourrait le penser et le croire... Parce que si vraiment le meilleur de soi-même donné aux autres, et l'Art, pouvaient effectivement changer la vie (en mieux)... L'Art et le meilleur de soi-même n'auraient alors pour seule et unique raison d'être, que la certitude d'un résultat heureux et fini, et donc limité à la vue de la ligne circulaire de l'horizon...

    J'imagine le fameux "rocher de Sisiphe" enfin parvenu au sommet de la montagne, désormais immobile, en équilibre sur la ligne de la crête de la montagne... L'effort enfin "récompensé" mais être là, debout au sommet, les bras ballants, avec tout autour un paysage figé... et un ciel en somme, toujours aussi haut, toujours aussi inaccessible... Et au loin mais en fait tout proche, la ligne de l'horizon...

    La raison d'être de l'Art et du meilleur de soi-même à donner aux autres, n'est autre que celle de ce mouvement sans fin d'avance et de recul du fameux "rocher de Sisiphe" tout au long de la pente de la montagne...


     


     

  • C'est le regard de l'autre, qui "t'existe"

    ... "La possibilité de vivre commence dans le regard de l'autre" ( Michel Houellebecq, dans Les particules élémentaires )...


     

    ... Ce que dit là Michel Houellebecq me fait penser à tous ces visages que je vois passer non loin de moi dans les lieux publics, dans la rue, dans des galeries marchandes de Carrefour et de Leclerc géant ou de grands intermarchés, Décathlon et autres grandes surfaces commerciales, mais aussi dans les fêtes de village, dans les marchés, dans les manifestations culturelles en salle ou en extérieur, dans les foires, à la plage en été, dans les restaurants... Et encore il faut dire, dans les réunions familiales ou entre amis et connaissances où là en ces lieux "en principe plus intimes" l'on se regarde, étant proches autour d'une table...

    Tous ces visages auxquels à vrai -à hélas dire- l'on ne prête aucune attention, sinon lorsque pour une raison ou une autre ils sont ceux de personnes qui malencontreusement nous bousculent, ou nous interpellent sur un ton plus ou moins agressif ou "quémandeur"...

    La violence, la dureté, le manque de considération ou de bonté naturelle, dans le rapport de communication, nous incite à penser que le regard que l'on peut porter à l'autre dans un espace public, risque d'être perçu intrusif, dérangeant, ou déroutant, voire agressif parfois... Alors même que ce regard tout au contraire, n'est autre que celui que l'on porte vers l'autre afin de lui exprimer toute la considération que l'on a de lui, l'attention que l'on lui porte... Une manière en quelque sorte, de "l'exister" cet autre...

    C'est en effet par le regard que l'autre porte sur toi, par ce que contient et exprime ce regard,

    que te vient la conscience de ton existence...

    Et c'est aussi, par le regard que tu portes à l'autre, par ce que contient et exprime ton regard, que vient à l'autre la conscience de son existence...

    Devoir "s'exister" soi-même est une désespérante nécessité, et de surcroît, il entre toujours dans le fait de devoir "s'exister", une bonne part d'aléatoire...

    Mais "être existé" (déjà, rien que par un regard, avant que ne commence tout autre chose) c'est cela "être aimé" en vérité...

    Celui ou celle qui "existe" l'autre, l'aime, en fait, cet autre, sans peut-être avoir conscience qu'il l'aime, cet autre...

     

  • Toujours davantage de bio, oui, mais ...

    ... Afin de répondre à une demande de plus en plus pressante, d'un plus grand nombre de consommateurs, le "bio" s'industrialise et emprunte les mêmes voies que celles de l'économie de marché, autrement dit les "autoroutes" (forcément à péage) gérées par des lobbies de l'agro alimentaire en partie reconvertis dans le "bio" et donc dans la diffusion en Grandes Surfaces (classiques telles que Leclerc, Carrefour, Intermarché ; ou dédiées telles que des grandes enseignes spécialisées dans les produits "bio")...

    Mais jusqu'à quel point est-il possible de concilier qualité et quantité, sachant bien que pour "faire de la quantité" (et donc pouvoir nourrir de plus en plus de gens sur la planète) il faut forcément agir par la chimie, par la technologie, par des méthodes et par des procédés de culture permettant de produire toujours plus, et cela en éliminant tout ce qui empêche ou réduit le rendement (des céréales, des fruits, des légumes, de la viande d'animaux d'élevage)?

    "Faire du bio", oui mais... Certes sans herbicides, sans pesticides... mais avec quoi pour les remplacer, ces herbicides et ces pesticides ? Car il faut bien produire afin de répondre à la demande !

    J'y vois là, dans cette affaire du "bio" à grande échelle, une vaste hypocrisie... Un moyen à coup sûr, pour les lobbies de l'agro alimentaire qui investissent dans le Bio, de réaliser des profits plus conséquents...

    De toute manière, la pluie qui tombe (ou la neige ou le grésil) n'est pas "bio" ! Ni l'air que l'on respire, ni l'eau que nous buvons fût-elle cette eau, minérale ou passée par des stations d'épuration !

    ... Plus de 3 milliards d'humains sur cette planète, dont la plupart vivent en Amérique du Nord, en Europe, en partie en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud (et même jusqu'au fin fond des terres situées en Arctique) en fonction de leur revenu annuel variant dans une proportion de 1 à 10 ; sont des "consommateurs réels et potentiels", déjà pour le "pas bio" avant le "bio"...

    Mais... "bio" ou "pas bio"... le Haïtien ou le Malgache, lui, avec bon nombre d'autres gens de pays "hors développement économique"... il faut d'abord qu'il survive...

    Quelle "futilité" que cette sorte de nouveau cosmétique parmi tant d'autres, en vente chez "Biomonde"... Et que toutes ces marques de yaourts aux nouvelles saveurs, à perte de vue dans les grandes surfaces ! Et tous ces nouveaux modèles de fringues homme/femme/enfant, et ces gadgets de téléphonie, d'informatique, d'internet... de jouets, de bonbons, de gâteaux, de bouffe, de films de cinéma, de séries télé !... Quelle gabegie tout ça ! Et les accros du "bio" qui voudraient "bio-iser" tout ça !... Et les lobbies qui ne demandent pas mieux que de "bio-iser" tout ça ! ...

    Ridicule, indécent, impie, barbare, anti-civilisationnel, anti humain, anti nature tout ça ! Et pour notre plus grand malheur à tous, un de ces jours, sous la forme d'un truc vache qui va nous tomber sur la tête venu du ciel, ou qui va nous foutre le feu dans le buffet et dans le bide !

     

  • Fleurs fanées

    Fleurs fanées

    Avant la fin de janvier

    Tous ces voeux pieux

     

    Et, étrangement silencieux

    Ou parfois sentencieux

    Ces personnages

    Dans notre entourage

    Tout au long de l’année

     

    Et comme par le trou d’un évier

    S’écoulent les silences

    Et les sentences


     

  • Une pensée exprimée, est-elle une affirmation ?

    ... Toute pensée, en quelques mots ou une ou deux phrases exprimée ; qu'elle soit celle d'un grand écrivain, d'un auteur connu, d'un homme politique, ou même qu'elle soit celle de tout un chacun d'entre nous, est souvent considérée, autant par celui ou celle qui l'exprime, que par tous ceux et celles qui la partagent ou ne la partagent pas, comme étant une affirmation, une "vérité" en somme, pour qui l'exprime et la partage (mais une "contre vérité" pour qui ne la partage point)...

    Plutôt que vue comme étant une affirmation, autant par celui ou celle qui l'exprime que par ceux et celles qui la partagent ou ne la partagent pas ; elle devrait être vue comme suscitant de la réflexion, c'est à dire que l'on devrait tout naturellement, s'efforcer de considérer ce que cette pensée vaut, ce qu'elle implique, ce qu'elle excepte, ainsi que les questions qu'elle soulève...

    Autrement dit, une pensée exprimée n'est pas un étendard derrière lequel il faut tous en choeur marcher, ni le drapeau d'en face qu'il faut mettre à terre et déchirer...

    Ce qui relie les humains entre eux tient peut-être davantage de ce sur quoi on s'interroge plutôt que de ce que l'on partage seulement entre quelques uns...


     

  • Prendre le large, film de Gaël Morel

    ... Avec Sandrine Bonnaire dans le rôle d'Edith, une ouvrière dans une usine textile, dont la vie est bouleversée par un plan social et qui se voit proposer de rejoindre l'usine délocalisée au Maroc, à Tanger dans la "zone franche"...

    Vivant seule et sans attache autre qu'un grand fils, plutôt que le chômage, elle préfère s'éloigner de son fils, et elle est la seule de toute son usine à accepter d'aller travailler au Maroc...

    ... Un film d'un réalisme poignant, où l'on voit vivre dans un quotidien difficile et parfois hostile, cette femme âgée de 45 ans, Edith, qui d'ailleurs va perdre son emploi dans cette usine textile délocalisée et devra pour survivre, un matin, monter dans une camionnette pour aller cueillir des fraises et être payée à la journée en espèces...

    Ce que l'on voit dans ce film, les conditions de travail en usine et dans les cultures fruits et légumes ; les conditions d'hébergement, d'hygiène, de nourriture, plus que sommaires pour tous ces gens amenés sur les lieux de travail en fourgonnette (le soir ils dorment dans des granges ou des étables ou des bâtiments désaffectés)... Tout ce que l'on voit, oui, c'est la vraie réalité ! Et dans le confort (relatif) qui est le nôtre en France même quand on est très pauvre, l'on peine à imaginer que dans tous les pays du monde hors Europe, tous ces pays "en voie de développement" l'on puisse vivre et travailler dans des conditions aussi précaires, aussi dures, proche de l'esclavage, sans aucune protection en matière de droits, de santé, de retraite ! Et dans des pays tels que Haïti et Madagascar c'est encore pire que par exemple au Maroc !

    En fait -pour dire la vérité- c'est même pas qu'on imagine, non on n'imagine pas du tout! Pris que nous sommes nous européens et en particulier français, dans un environnement quotidien de consommation de masse alimentation loisirs vêtements équipements confort relatif hygiène logement vacances etc.... Seuls encore, les SDF, les gens qui travaillent mais dorment dans des voitures, les exclus de la consommation; enfin tous ces gens aux ressources si limitées, eux ne sont dans aucun "imaginaire" que ce soit, parce qu'il faut d'abord survivre au jour le jour !

    Ces fourgonnettes dans lesquelles on charge très tôt le matin, des gens en attente durant des heures que l'on vienne les chercher et dont une bonne partie devra revenir le lendemain, oui, ces fourgonnettes qui amènent des gens travailler sur des chantiers ou dans des champs de culture... Et qui sont payés à la journée ou à la semaine, en espèces et sans aucun contrat de travail... Il faut savoir qu'en France ça existe ! En dépit des règlements, des lois européennes sur le travail ! Oui ça existe en toute illégalité, parvenant à échapper aux contrôles !

    L'on en parle très peu ou à "mots couverts" mais c'est la réalité ! Une sorte d'"omerta" organisée et en toute hypocrisie, plane sur le monde du travail, avec la complicité ou l'indifférence des gouvernants, des politiques, des élus... Parce que ce sont, partout dans le monde, partout dans cette économie de marché mondialisée, les lobbies, les grands groupes, les financiers, les actionnaires qui font la loi, leur loi !

    L'on ne pourra sortir de ce système que par une internationalisation de la résistance et des luttes et dans une coordination de toutes les associations, organismes humanitaires, avec le concours des réseaux sociaux, la parole libérée, les actions menées et reliées entre elles...