Le p'tit coin de Yugcib

P1000015 1Bienvenue dans mon petit coin : ici c'est l'entrée et vous accrochez vos manteaux, vos vestes, vos impers... Ensuite je vous convie à la découverte de ces billets qui viennent les uns à la suite des autres depuis mai 2009... 

NOTE : les billets sont classés par catégories qui figurent dans le menu à gauche : faire défiler jusqu'à BLOG où apparaissent les noms des catégories du blog, puis la liste des derniers billets publiés. 

  • Le mythe de l'écho

     

         L'écho, l'idée même de l'écho en tant que voix perçue comme une sorte de réponse à sa propre voix, est un mythe... Un mythe aussi ancien que l'histoire des hommes.

    Il est celui, ce mythe, du voyageur qui traverse un désert entouré dans le lointain, de très hautes montagnes dont les lignes de crête et les formes dansent dans la brume lumineuse de l'horizon...

    Le voyageur épele et répète un interminable monologue et à chaque pas qu'il fait en avant, il « musique » son monologue tel un joueur de pipeau.

    Et, des confins de l'horizon dansant et brumeux où se profilent les très hautes montagnes, ne parvient aucun écho.

    Mais il y a le vent, le vent venu du soleil levant, le vent venu du soleil couchant. Et quand vient le vent, vient parfois l'écho, un écho...

    Mais l'oreille du voyageur n'entend que ce qu'elle veut entendre. Et le monologue s'envole, s'envole contre toutes ces volutes tourbillonnantes de sable qui, elles, sont grinçantes ou déchirantes de voix minérales...

    Quelle discordance entre ce que veut entendre l'oreille et ce que le vent porte !

    Quelle discordance sans fin, que le voyageur s'épuise à voir comme une possible concordance... ou s'acharne à perpétuer !

    Nécessité ou dérision, que cette discordance ?

    Nécessité, car le désert est nu et brutal, et que le monologue épelé et répété et « musiqué », devient lui-même discordant au voyageur lui-même, à tel point que le voyageur alors, à défaut de l'écho qui ne vient pas, entre dans la danse des courants tourbillonnants et en écoute les voix auxquelles il accepte de répondre...

    Dérision parce que, de la discordance entre ce que l'oreille veut entendre et ce que le vent porte, ne revient que ce même et épuisant monologue, sourd, aveugle et stérile... Qu'un jour peut-être – mais à quoi cela servira-t-il?- des hommes auront découvert et appelé « oeuvre »...

     

     

  • LA SCENE

    C'est la scène même que je veux !

    Pas la loge tout en face de la scène pour les invités de marque, ni quelque strapontin au fond de la salle...

    La place dans la loge, la place sur le strapontin... sont des places où je me sens en exil...

    À la limite – et dans une certaine mesure cela peut valoir la scène – je veux bien -si tel est mon choix, alors- une place debout entre les portes battantes, une place d'observateur et de témoin de ce qui se joue ou se trame sur la scène...

    ... La scène donc !

    Comme en une “fin de rideau” inachevée où il n'y aurait pas eu de “lever de rideau”...

    Des applaudissements?

    Non... Un orgasme plutôt !

     

  • Mouru ta vie en bandant debout...

     

         

         Sur le Web, peut-être plus encore que dans la vie réelle, les êtres et tout ce que les êtres expriment, ou diffusent... Ne sont que “météores” ou quelquefois “comètes à la chevelure argentée dont on a noté le passage dans l'espace un moment traversé, mais dont on s'est peu à peu éloigné de la lumière”...

    Et pourtant, et pourtant!... Le Web ce n'est point la rue, ce n'est point la scène, ce ne sont point tous ces lieux vrais de la vie où les gens se rassemblent, se touchent et se parlent... Le Web c'est encore plus immense que la rue ou la ville où l'on vit, le Web cela contient bien plus, oh combien plus de “lieux” en lesquels on peut apparaître simultanément... Le Web abolit les distances... Et en ce sens, c'est à dire par sa dimension et par tout ce qui le fait présent à l'instant ; il devrait surpasser de très loin tous les porte-voix des rassemblements de foule, tous les livres les plus répandus, tous les journaux à plus grand tirage...

    En somme le Web c'est la voix à la plus grande et plus immédiate portée du monde.

    L'on a dit que le cheval fut la plus grande (et noble) conquête de l'homme... Il reste à réaliser la conquête du Web, mais encore faudrait-il y espérer voir là, dans une telle entreprise... “une certaine noblesse”!

     

    ... Mortalité de cette histoire, c'est que si tu cesses de te mortaliser, personne ne viendra toquer sur ta tombe où tu vis encore, ne viendra non plus te remortaliser et encore moins t'immortaliser...

    Y'aurait donc une seule alternative... qui consisterait à ne jamais cesser de se mortaliser encore et encore et toujours...

    Y'a donc pas d'mortalité sur cet' téterre!

    ... Morte alitée (ou mort alité) : tu as mouru ta vie en bandant debout...

     

  • Je fis ce rêve là...

     

    ... J'avais vingt ans de moins qu'aujourd'hui et j'étais dans un travail qui ressemblait beaucoup au travail que je faisais dans les années 90 : conseiller financier à la Poste...

    Mon “boss” me paraissait presque sympathique et j'étais pour ainsi dire en une sorte de relation apparentée à de l'amitié avec lui... Il n'était pas, le “boss”, un “foudre de guerre” ni un fana de la performance, du résultat et du “paraître”...

    Mais un matin il me fit venir dans son bureau...

    On ne vous voit plus dans votre bureau ni chez vos clients, et durant les trois derniers mois vous n'avez à votre actif que deux signatures de contrats... de toutes petites affaires en réalité... Que se passe-t-il ?”

    Je ne sus que répondre, je baissai la tête, à court d'arguments et d'explications... Car la seule ou les seules explications que j'aurais pu fournir, m'eûssent irrémédiablement perdu.

    Je me voyais déjà dans la situation de précarité de ces chômeurs en fin de droit, ne pouvant plus payer mon loyer, interdit bancaire... De toute évidence la “boîte” ne me garderait point...

    En vérité ce travail je l'avais en horreur... Tous ces objectifs demesurés – et absurdes – de production, ces horaires impossibles, ces contraintes, ces séances de training et de phoning, jeux de rôle et autres imbécilités inventées par la Boîte... Cette “philosophie” de la performance et du résultat à n'importe quel prix... Et encore ces réunions, ces conférences épuisantes en discours, présentations de graphiques et de courbes... alors qu'au dehors resplendissait un ciel bleu d'été... Oui, tout cela j'en avais par dessus la tête...

    Et je me disais que la retraite, c'était bien loin encore, et même la possibilité “d'arrêter avant” - sous forme de cessation progressive d'activité professionnelle.

    Quelle galère ! Ne valait-il pas mieux, au pire, être “chômeur errèmiste” ? ... Ou – on peut rêver- artiste, écrivain, poète et gagner quatre sous par ci par là comme les troubadours du moyen âge? Vivre dans une roulotte, voyager, voir du monde, faire le pitre sur une place publique... et cela jusqu'à 90 ans même !

    ... Par chance ce n'était qu'un cauchemar que je fis là, cette nuit du 24 au 25 juin 2010... et je m'éveillais, paisible retraité de 60 ans ayant déjà à son actif trois années de “CPA” (cessation progressive d'activité)... Et totalement délivré – et désormais étranger en heureux exil- de ce monde du travail abject, inhumain, broyeur de rêves et te “pétant la tête” !

    ... Oh combien je comprends l'angoisse, le mal de vivre, la révolte, le peu d'intérêt en face d'un avenir barricadé et formaté, que manifestent à présent de si nombreux jeunes de moins de 25 ans que l'on commence à voir affluer dans les grandes manifs!

    Certes, le monde du travail, autrefois, n'était pas drôle du tout... Mais il y avait tout de même une “dimension d'humanité” où l'enfer sur cette Terre s'ouvrait parfois sur de “petits paradis”...

     

  • Tu...

     

         Je dis “tu” et non pas “vous” : c'est là, de ma part, une marque profonde de respect avant même toute familiarité ou intimité pouvant éventuellement exister… Le « vous » c'est lors de certaines de mes colères et de mes foudres ; c'est aussi pour les personnes avec lesquelles je ne souhaite pas vraiment entrer en relation suivie, du moins dans un premier temps… Quoique ce ne soit pas chez moi, une règle absolue. Je disais bien « vous » à certains de mes collègues de travail alors que je les aimais beaucoup. Les Anglais, c’est connu, ne disent « tu » qu’à Dieu. Or, pour moi, Dieu c’est vous… Enfin, certains d’entre vous !

    ... Existerait-il une sorte de symbiose entre l’artiste, le poète ou l'écrivain, et son public ? Une symbiose dans le genre de ce qui existe dans la nature entre des plantes et des êtres vivants ? Et j’irais même jusqu’à dire entre l’artiste, le poète ou l'écrivain et son public... une relation amoureuse déconnectée du temps, de l’espace et des conventions ?

    Il y a je crois, une certaine similitude entre la relation amoureuse entre deux êtres, et la relation amoureuse entre l'artiste, le poète ou l'écrivain et son public... C'est d'ailleurs cette relation là, et nulle autre qui ne serait que déguisée, dénaturée ou pervertie, ou encore utilisée à des seules fins d'intérêts personnels ou de domination... Qui aurait réellement du pouvoir... Un pouvoir si puissant qu'il invaliderait tous les autres pouvoirs auxquels le genre humain croit si fort...

    ... “Tu”, en quelque sorte... dans l'idée que porte ce tout petit mot... voudrait bien entrer dans une relation amoureuse...

     

  • Y'a plus d'sens !

     

         Il n'y a même plus de “sens du monde”... Le monde n'a tout bonnement... plus de sens...

    Et notre pays, la France, la France des Droits de l'Homme, de Voltaire et de Victor Hugo... a perdu la tête !...

    Il n'y aura point le 14 juillet prochain, de Garden Party à l'Elysée... mais il y a tout le reste, tout le reste qui pue le sexe sale, qui pue le fric, qui pue l'arrogance, qui s'étrangle devant le monde, du gâteau à la crème auquel il croit encore et dont il bave dans sa tête comme une queue qui a juté avant d'avoir bandé...

     

     

  • La manif du 24 juin

     

    Un océan de visages à l'assaut d'un rivage occupé et colonisé par des brutes à fric accompagnées de leurs hordes de mercenaires !

    Sus aux brutes à fric et à leurs hordes de mercenaires !

    Dans le financement des retraites la durée moyenne de la vie humaine n'y est pour rien...

    Dans le financement des retraites tout comme dans le financement de ce qui est nécessaire et ordinaire au bien être de millions de gens... Ce sont les brutes à fric et leurs hordes de mercenaires qui doivent rendre gorge !

     

     

  • Comment meurt-on sur le Web ?

    EST ? OU N’EST PLUS ?

     

    Comment meurt-on sur le Web ?

    Tout au long du monde et donc sur le “plancher des vaches, circulent dans les feuilles de chou régionales ou nationales, notices nécrologiques et autres avis de disparition que des cartes de visite à noir liseré confirment via Sidi el Factor.

    Au jour fixé pour la mise en terre ou en cendres d’un destin foudroyé ; à la queue leu leu messieux dames demoiselles et demoiseaux en funèbre défilé, suivent le corbillard ou taillent le bout de gras sur le parvis de l’église…

    « Ah ! Il était ceci… Il était cela ! »

    Il n’est plus : voilà la vérité !

    Et l’on le sait, qu’il n’est plus !

    Ou bien on l’apprendra.

    Alors c’est une affaire entendue… Et parfois, osons le dire, attendue !

    Il ne dira plus rien, on le lira peut-être s’il a écrit…

    Il est parti… Parti, parti !

    Mais sur le Web ? Et le site, et le blog, et les forums où il s’exprimait ? Et son e-mail ?

    Silence radio ! Plus d’info du jour, plus rien…

    Un pseudo par ci, par là… qui peu à peu disparaît dans les fosses communes des forums de discussion... Une trappe s’ouvre par pur hasard  : mots et épluchures de mots émergent d'une vase remuée...

    Le temps de tous ces mots n'est plus...

    Site, blog, boîte e-mail, encore suspendus sur les fils de la Toile, ne sont plus désormais que voiles déchirés de peaux mortes...

    L’on ne dit pas, alors : « il était ceci…il était cela »… Puisqu’on ne sait s’il est encore ou n’est plus... Et d'ailleurs si l'on ne le voit plus dans les forums, si l'on ne lit plus de nouveau message sur son blog ou sur son site... Se pose-t-on des questions?

    La chrysalide  ne vibre plus...

    La chrysalide pulsait comme le cœur d’un orchestre de fête d’été battant la même mesure !

    L’on devrait peut-être sur le Web, ouvrir une nef pour y inscrire les disparus en des alvéoles reliées aux registres d’Etat Civil…

    Ainsi l’on saurait… De ces chrysalides qui ne vibrent plus...

     

    Google.fr : recherche : « la nef des disparus »… Un pseudo ou un nom... Réponse : « Inconnu à la nef » ou « Entré dans la nef le… »

     

    Marrons nous ! Aimons nous ! Emouvons nous ! Répondons nous ! Emerveillons nous ! Filons nous des tuyaux !... Les uns les autres. Tant qu’il est temps encore ! Car dans la nef, ça sera trop tard…