Le p'tit coin de Yugcib

P1000015 1Bienvenue dans mon petit coin : ici c'est l'entrée et vous accrochez vos manteaux, vos vestes, vos impers... Ensuite je vous convie à la découverte de ces billets qui viennent les uns à la suite des autres depuis mai 2009... 

NOTE : les billets sont classés par catégories qui figurent dans le menu à gauche : faire défiler jusqu'à BLOG où apparaissent les noms des catégories du blog, puis la liste des derniers billets publiés. 

  • Les bagages sur le quai

         Le voyageur un jour devra laisser tous ses bagages sur le quai... Autant dire tout ce qu'il possède et par quoi il est possédé : ses biens matériels, son pouvoir et sa position sociale, son intelligence et son oeuvre, l'oeuvre de sa vie entière... Mais il devra laisser également tous ses souvenirs, tout ce qu'il n' a pas dit, tous ses rêves, toutes ses aspirations et tout ce que personne, jamais personne n'a su de lui, ou ne saura jamais...

    Quand à ce que l'on a su de lui (ou cru savoir), à ce qu'il a laissé ou légué ou transmis, à tout ce qu'il a dit ou écrit ou exprimé, fût-ce une oeuvre, une oeuvre d'artiste ou d'écrivain et de témoin de son temps... Ce sera là un bagage aussi, un bagage confié à d'autres voyageurs ou laissé en l'état... Mais un bagage avec lequel un autre, ou ces autres voyageurs, un jour, ne partiront pas eux non plus...

    Je pense à ces cathédrales qui défient les siècles, mais pas les ères géologiques... à ces routes et ces surfaces bitumées des villes que la végétation percera, à ces grands arbres du temps du Roi Soleil dont le tronc et les branches ont fini par se déssecher, au règne des dinosaures de 140 millions d'années, et au dernier arrivé sur la Terre : l'Homme...

    ... Et à toutes ces étoiles dont on ne voit pas encore la lumière...

    Cela me donne le vertige !... Mais c'est tellement beau que j'en ai les pieds sur terre comme debout sur le plancher de la nacelle d'une montgolfière au dessus des prés, des champs, des forêts et des chemins que je parcours en marchant...

  • Les Invasions Barbares

     

         Vous souvenez vous - pour celles et ceux d'entre vous qui l'ont vu - de ce film sans doute datant de 2003 : "Les Invasions Barbares" ?

    Dans la première image du film, l'on entre dans un immense hall - couloir d'hôpital où sont allongés sur des lits contre les cloisons et entre les portes, malades et blessés en attente de soins, ou arrivés là en urgence... "à perte de vue" pour ainsi dire... Et l'on entend toutes sortes de bruits, de cris, de plaintes, et tout cela dans un grand "remue-ménage" au beau milieu d'incessantes allées-venues d'infirmières, de médecins...

    Un homme d'une personnalité "hors du commun" ayant eu une existence "chaotique" et âgé d'environ 60 ans se trouve là, dans une chambre de cet hôpital, soigné pour un cancer...

    Le fils de cet homme est jeune, "bien dans sa peau" dans son travail de cadre au sein d'une importante société, et sans nul doute préoccupé de sa carrière et de ses relations dans le monde où il évolue... Il n'a pas revu son père (divorcé)- et "assez marginal" de par son caractère et son genre de vie- depuis quelques années. Dès qu'il apprend cependant la maladie et l'hospitalisation de son père, il "saute" dans le premier avion en partance pour se rendre auprès de son père, et décide de faire pour lui "le meilleur auquel il aspire" et dépense son énergie et son argent afin que son père puisse jouir des meilleurs services, du meilleur traitement, etc. Puis il recherche et appelle chacun des anciens ou proches amis ou connaissances de son père, qui tous viennent et ensuite l'accompagnent durant les jours de sa vie finissante jusqu'aux tous derniers moments...

    Les situations, les dialogues, les scènes sont drôles et émouvantes, dans ce film... Et tout cela dans une grande sensibilité, avec beaucoup de pudeur, de délicatesse, de moments très forts...

    Une relation pour le moins surprenante entre deux hommes (le père et le fils) si différents l'un de l'autre, une histoire d'amitié qui prend un sens tout à fait particulier (et profond) dans une situation dramatique (mais qui demeure drôle et même parfois assez cocasse)... Tous ces gens, ces amis, ces anciennes connaissances qui ont répondu à l'appel du fils, alors qu'ils venaient eux-mêmes d'horizons divers et de lieux éloignés...

    ... Si je devais me constituer une collection de films en DVD, tout comme l'on réalise avec passion une collection personnelle de timbres ou de cartes postales... Assurément il y aurait dans ma collection de films préférés " Les Invasions Barbares", avec "L'insoutenable légèreté de l'Etre", "Sur la route de Madison", "Out of Africa", "Dernier domicile connu" (avec Lino Ventura), "Le grand bleu", "Soleil Vert"... et sans doute d'autres encore dont les titres ne me viennent pas tout de suite en esprit... De plus, les films que je cite sont accompagnés de la musique qui leur convient tout à fait et pour le mieux. Par exemple dans les Invasions Barbares au final, l'on entend la chanson de Françoise Hardy "L'Amitié" (ce qui, après avoir vu le film, est particulièrement émouvant)...

    ... Il est d'ailleurs étonnant que ce film "Les invasions barbares" vraisemblement sorti en 2003, n'ait pas été (à ma connaissance) diffusé par la suite sur une chaîne de télévision (FR 3 ou ARTE) alors que bien d'autres l'ont été (dont "Sur la route de madison" et "Out of Africa" par exemple)...

    Mais j'ai acheté le DVD... un jour, trouvé tout à fait par hasard... dans une grosse corbeille contenant en vrac des thrillers américains et pas mal de "navets à deux balles"... Au Leclerc géant (espace "culturel"), et pour 4 euros ! (quelle étrange trouvaille d'une telle "perle" au beau milieu de toutes ces productions de merde bradées à bas prix pour un public de pauvres gens, de tant et tant de pauvres gens au cerveau lessivé par la culture bêta du système!)...

    Il est vrai que ce pauvre "Invasions barbares" trônait au dessus de la pile comme une belle fleur oubliée confondue avec d'autres sortes de fleurs envahissantes aux couleurs criardes ou délavées - vraiment barbares, elles- ...

     

     

  • Des Hacine et des Hèle

     

           Ils s'élevèrent, nuages mouvants de lumière crue, isolés ou formant de petites colonnes, dans la poussière corrosive des déserts de pierre du monde...

    Et ils coururent tels des cavaliers fous, au devant de ces longues caravanes qui toutes, se disloquaient dans la traversée des déserts de pierre, ou se rejoignaient en convois de Pakthes , de Zélithes ou de Plouques...

    Au début, personne n'y crut. L'on disait "ce sont les Hacine et les Hèle, des sortes de démons venus du Grand Espace au delà du ciel"... Ou encore " ce sont des caravaniers rebelles, accourus pour tenter de nous conduire au pays des Paplouques".

    Personne n'y crut parce qu'ils n'étaient au devant des caravanes de marchands et de chalands, que des nuages épars s'étirant sans changer la couleur du ciel...

    Mais les caravanes firent tout de même cercle et se barricadèrent de murs de pierres montés à la hâte, et les rebelles furent attachés aux roues des chariots, subirent des lavages d'estomac afin qu'ils vomissent leurs rêves...

    Les Hacines et les Hèles n'étaient pas venus à l'assaut des caravanes, mais ce fut, au dires des caravaniers... Tout comme. Et la résistance s'organisa contre ces Hacine et ces Hèle dont les visages de lumière crue heurtaient les masques dont s'étaient parés les caravaniers.

    Le monde n'était devenu que déserts de pierres et les caravanes s'étaient mises debout, figées en hautes tours à hublots lumineux et enroulées de gigantesques rubans gris...

    De la fin - ou d'un "jour proche ou lointain"- tout le monde en parlait dans les caravanes... Les "c'eus qué pensé que" s'opposaient aux "c'eu's qué voyé otreman"... Mais personne, jamais, ne sut vraiment... Entre temps il avait eu, outre les Hacine et les Hèles... Les Toquetautotes, puis les Eldoradaures...

     

  • Le cours de notre vie sans les astres

         Ne me demandez jamais de quel signe je suis... Ne me parlez jamais d'horoscope, d'ésotérisme ou de voyance ou de magie ou de sorcellerie ou de ces "mystères" que la science ne peut expliquer mais dont on fait état avec soit-disant d'irréfutables indices...

    Je fais pour ainsi dire un rejet de ces "choses là"...

    Comme si une conjonction de planètes, la position d'un astre par rapport à un autre corps céleste ou quelque évènement cosmique particulier, pouvait influencer notre comportement, avoir une action sur notre corps, notre santé, notre esprit, nos émotions, nos sentiments, nos rencontres!... Comme si le cours de notre vie, alors, pouvait être soumis et régi ainsi et cela sans que nous puissions jamais nous-même de par notre volonté et de par notre intelligence,

    choisir, décider, agir, se sentir responsable...

    Il y a déjà tout ce qui nous est imposé par l'environnement économique, social, familial, professionnel, et qui entre pour une bonne part, de gré ou de force dans nos vies... Alors si en plus de tout cela il faut qu'une conjonction de planètes, un "thème astral" ou un évènement cosmique à répétition ou occasionnel, se "mettent de la partie"... Notre vie dans une dimension où elle pourrait encore avoir un sens, n'a guère plus de sens que dans la dimension où elle n'en a plus du tout...

  • Tous les mariages, vus d'ensemble se ressemblent...

          ... Mais ils sont chacun d'eux, aussi différents que l'un ou l'autre de ces mille et mille tableaux de peinture dont les couleurs et les lignes et les formes se fondent en des compositions de paysages dont les détails peu à peu sous notre oeil, apparaîssent, se précisent et racontent... 

    Au delà de tout ce que le regard peut balayer comme le ferait l'objectif d'une caméra d'un bout à l'autre de l'assemblée des personnes présentes... Le marié dans son costume sombre, la mariée dans la robe qu'elle porte sur elle, les filles et les femmes bien habillées, coiffées et arrangées ; et tous les invités de la noce formant de petits groupes... S'ouvrent les fleurs des champs et des prés et se répandent les essences dans le paysage... Parce que le regard se pose, entre et se faufile dans toutes ces vies des uns et des autres dont le visage devient fenêtre, dont l'existence nous est en partie connue pour certaines de ces vies, ou inconnue et seulement de passage...

    Ah, la solennité du moment, les témoins, la signature sur le grand livre officiel, le serment de fidélité et d'assistance "jusqu'à ce que la mort sépare" ! Mais... Ah, la vie qui sera et ce qui viendra... peut-être dès demain !

    Cela coûte cher, un mariage... Mais il y faut du solennel, de l'Eglise, du Code Civil, et bien sûr, le costume, la robe de mariée, les invités, la fête... Et du grand apéro au repas de noces, et jusqu'au lendemain le dimanche midi où s'attablent encore la parenté et les amis très chers, ce sont toutes ces vies qui se sont touchées le temps de l'évènement, toutes ces vies dont beaucoup d'entre elles ne s'étaient pas croisées et ne se suivront pas...

    ... J'ai toujours ressenti, dans un mariage, peut-être là plus qu'ailleurs dans un autre évènement que l'on fête, où sont assemblées plusieurs dizaines de personnes... Cette gravité dans l'évènement, dans la relation, dans la fête même et dans le caractère solennel de la fête... Je me suis toujours senti alors, invité dans un mariage, tel un enfant émerveillé enclin de par son caractère à "faire le pitre" -ou "l'artiste"- mais devenu soudain sans voix, humble et perdu - mais intensément relié- à toutes ces vies connues ou inconnues, touchées ou effleurées ou seulement imaginées...

     

     

     

  • Un choix difficile et risqué

         Il m'arrive de penser que certains êtres humains brutaux, vulgaires, violents et dangereux dans leurs agissements, ne peuvent être traités en êtres humains. Alors je me dis que les droits de l'homme sont une sordide hypocrisie inventée par la civilisation, et que peut-être, vaudrait-il mieux substituer à la "philosophie des droits de l'homme", une sorte de justice radicale et expéditive ou même  une élimination pure et simple de ces êtres impossibles et dangereux. Mais il me vient une interrogation et par delà, une réflexion...

     Et si, confronté à de tels êtres, un autre choix que celui de la confrontation violente pouvait être fait ?

     Et si, par cet autre choix, devait s'ouvrir comme une porte sur un inconnu dont on n'aperçoit à priori qu'une béance absurde et vertigineuse ?

     Alors l'enjeu d'un tel choix ne vaudrait-il pas que l'on risque sa vie ?

    Ce que l'on appelle ou proclame "philosophie des droits de l'homme" ou cette conception que l'on se fait d'une justice civilisée et se prétendant rédemptrice, est plus en réalité une mode qu'un véritable choix... Et en ce sens, c'est une faiblesse, un désaveu, un pourrissement organisé. Et de même, toute forme d'autorité brutale, punitive et excluante exercée dans l'urgence, est un aveu de faiblesse avec la perspective d'un échec.

     Dans le choix qu'il me vient à l'esprit de faire, le choix d'un comportement ou d'un agissement susceptible d'éveiller en un être humain un sentiment, une émotion, une conscience et une intelligence qui auparavant n'existaient pas, il y a un risque certain à prendre... Mais il y a aussi, pour autant qu'elle puisse se manifester et s'imposer, une force agissante et déterminante qui surpasse toute forme de violence, une force sans laquelle il ne demeure que faiblesse, abdiquation et pourrissement...

     Mais je dis aussi que l'interrogation et la réflexion qui me viennent, perdent leur acuité et sans doute leur sens, dans le cas particulier des prédateurs sexuels assassins d'enfants ou de femmes, ainsi que dans le cas de ces tyrans ou dictateurs pouvant être responsables de génocides et de crimes contre l'humanité...

  • Tire sur 5 iphones !

         Tout en haut de la page d'accueil des forums que je fréquente assidûment, j'aperçois – mais n'y prête aucune attention - "tire sur 5 iphones"...

    Je canarderais bien de ma sarbacane Yugcibienne toute vibrante et toute tordue, avec des grains de grosse limaille de fer, sur ces 5 iphones à la fois, afin de les faire péter en mille éclats...

    Je canarderais bien aussi 5 télés, 1 sarko, 5 députains, une bonne douzaine sinon plus, de vedettes ou "sous-vedettes" du Show Biz", quelques hommes (ou femmes) d'état et de gouvernement... et j'en passe et j'en passe de toutes ces têtes à cartonner...

    ... Mais je rejoins la pensée d'Albert Camus, qui disait que la révolution était la négation de la révolte...

    En tant qu' "homme révolté" je me révolte contre les révolutions et contre les conformismes...

    Les révolutions conduisent inévitalement et inexorablement à une forme de barbarie primaire ou "civilisée", et cela dans l'excès et la démesure...

    Les conformismes nivellent la pensée et remplacent la réflexion par des béquilles se substituant à de vraies guiboles...

    La révolte, c'est l'affirmation dans la parole et plus encore dans l'action délibérée, pensée et responsable, dans le choix de ses comportements en toute situation dite “sensible” ou même ordinaire ; c'est aussi la réflexion et la mesure...

    La révolution peut casser un monde en particulier en un lieu donné, que ce lieu soit une ville, un pays, un territoire... La révolution peut même casser le monde tout entier...

    Mais la révolte ne casse ni un monde en particulier en un lieu donné, ni le monde tout entier... La révolte se lève et se dresse face au monde, prend ce monde en son état du moment de son histoire “à bras le corps” et le porte devant ses pieds tel un ballon de foot qui directement ou par passes, finit sa course entre les poteaux du but...

     

  • Une mort projetée et perdue, dans un silence éternel

     

          Je me rêvai mort, d'une mort projetée et perdue dans un silence devenu éternel...

    Le silence, de mon vivant, était long, mais non sans fin...

    Dans cette mort là que je rêvai, il y avait ce prolongement infini de tous les silences que j'avais combattus et qui me poursuivaient...

    Et il avait aussi -et c'était peut-être pire – le prolongement infini et d'une conscience aiguë, de ce silence de moi à ces regards qui m'avaient rencontré et cherché...

    J'errai, mort, dans ce silence devenu éternel, ayant enfin acquis la connaissance, su le pourquoi et le comment...

    Mais j'étais à jamais dépossédé de cette vie que j'avais eue.

    Je n'aimai pas cette mort dont je rêvai et qui était comme un verdict sans appel possible...

    Alors je m'éveillai...

    J'entendis bruire l'océan sur le rivage...