Le p'tit coin de Yugcib

P1000015 1Bienvenue dans mon petit coin : ici c'est l'entrée et vous accrochez vos manteaux, vos vestes, vos impers... Ensuite je vous convie à la découverte de ces billets qui viennent les uns à la suite des autres depuis mai 2009... 

NOTE : les billets sont classés par catégories qui figurent dans le menu à gauche : faire défiler jusqu'à BLOG où apparaissent les noms des catégories du blog, puis la liste des derniers billets publiés. 

  • La liberté et la justice sont indissociables

     

         La liberté et la justice... Ou la justice et la liberté, sont indissociables.

    Et je dis aussi que la liberté ne peut devancer la justice, pas plus que la justice ne peut devancer la liberté, pour autant que la justice et la liberté, ou la liberté et la justice coexistent ensemble...

     

    Voici un extrait de la lettre de Michel Onfray à Nicolas Sarkozy, à propos de l'entrée au Panthéon des cendres d'Albert Camus :

     

    ... « Monsieur le Président, vous qui, depuis deux ans, avez reçu, parfois en grande pompe, des chefs d'Etat qui s'illustrent dans le meurtre, la dictature de masse, l'emprisonnement des opposants, le soutien au terrorisme international, la destruction physique de peuples minoritaires, vous qui aviez, lors de vos discours de candidat, annoncé la fin de la politique sans foi ni loi, en citant Camus d'ailleurs, comment pourrez-vous concilier votre pragmatisme insoucieux de morale avec le souci camusien de ne jamais séparer politique et morale ? En l'occurrence une morale soucieuse de principes, de vertus, de grandeur, de générosité, de fraternité, de solidarité.

    Camus parlait en effet dans L'Homme révolté de la nécessité de promouvoir un "individualisme altruiste" soucieux de liberté autant que de justice. J'écris bien : "autant que". Car, pour Camus, la liberté sans la justice, c'est la sauvagerie du plus fort, le triomphe du libéralisme, la loi des bandes, des tribus et des mafias ; la justice sans la liberté, c'est le règne des camps, des barbelés et des miradors. Disons-le autrement : la liberté sans la justice, c'est l'Amérique imposant à toute la planète le capitalisme libéral sans états d'âme ; la justice sans la liberté, c'était l'URSS faisant du camp la vérité du socialisme. Camus voulait une économie libre dans une société juste. Notre société, Monsieur le Président, celle dont vous êtes l'incarnation souveraine, n'est libre que pour les forts, elle est injuste pour les plus faibles qui incarnent aussi les plus dépourvus de liberté.

    Les plus humbles, pour lesquels Camus voulait que la politique fût faite, ont nom aujourd'hui ouvriers et chômeurs, sans-papiers et précaires, immigrés et réfugiés, sans-logis et stagiaires sans contrats, femmes dominées et minorités invisibles. Pour eux, il n'est guère question de liberté ou de justice... Ces filles et fils, frères et soeurs, descendants aujourd'hui des syndicalistes espagnols, des ouvriers venus d'Afrique du Nord, des miséreux de Kabylie, des travailleurs émigrés maghrébins jadis honorés, défendus et soutenus par Camus, ne sont guère à la fête sous votre règne. Vous êtes-vous demandé ce qu'aurait pensé Albert Camus de cette politique si peu altruiste et tellement individualiste ? »...

     

    Les Etats Unis d'Amérique de Barack Obama en 2010 (les mêmes Etats Unis de 2010 qui auraient pu être aussi ceux de Mac Cain ou de Sarah Palin, d'ailleurs)... Avec leurs cent millions de pauvres (pauvres en dessous du seuil de pauvreté), font figure d'un pays du « tiers monde » : ponts et routes, industrie et infrastructures, et écoles, complètement délabrés...

    Et la Russie d'aujourd'hui, qui se dépeuple et dont l'espérance de vie des gens diminue, la Russie des nouveaux « ultra-riches » anciens du KGB... Et tant d'autres pays qu'ils soient des républiques ou des états, dominés par les puissances d'argent et les lobbies industriels, agro-alimentaires et commerciaux... Et la Chine communiste à la pensée unique de ses dirigeants ennemis de la liberté d'expression, qui s'est très bien « pacsée » avec le libéralisme et le marché... Et la Corée du Nord seul pays du monde encore « communiste stalinien », où règne pauvreté et corruption...

    Il paraît que Dieu et que la religion vont « sauver le monde »...

     

    ... J'ai lu avec une certaine émotion je le dis, la lettre de Michel Onfray à Nicolas Sarkozy...

     

    Albert Camus (dont j'ai lu à peu près toutes les oeuvres), demeure pour moi "le plus grand philosophe, écrivain, romancier, essayiste et intellectuel de tout le 20 ème siècle"... Il y en a d'autres que lui que j'aime aussi et que je lis... Mais c'est, à quelques nuances près, Albert Camus que je préfère entre tous...

     

    A présent, en tant qu'homme (homme tout court dépouillé se son "aura" de philosophe et écrivain et penseur, homme qu'il fut en tant qu'homme dans sa vie personnelle en dehors de ses combats et de ses engagements)... Là, j'aurais peut-être quelques "réserves"...

     

    Mais quel être, en vérité, et en ce monde... Quel être quelque grand que soit son rayonnement, quelque "vénération" que l'on puisse avoir pour lui... Est cet "homme totalement et tellement et authentiquement homme dans le sens le plus noble du terme? » Et si cet homme existait, serait-il crédible ?

     

    Cette lettre certes, est d'un style d'écriture "assez dense", et manque peut-être de fluidité dans certaines phrases...

    Mais il n'en demeure pas moins qu'elle "dit des vérités" non seulement essentielles mais incontestables... (l'on ne peut qu'y souscrire alors même que l'on serait de ce « bord » qui n'est pas celui de Camus)...

    Il est "très difficile" de se poser en "détracteur" lorsque "certaines vérités" sont ainsi exprimées et "portées à bout de bras" avec toute la force d'un engagement au service de la liberté, de la justice et d'une telle dimension d'humanité...

     

    Ce qui fait généralement la « popularité » d'un écrivain, d'un journaliste, d'un chroniqueur, d'un « discoureur  public »... Ce n'est pas forcément le fait qu'il soit lu ou écouté par un très grand nombre de gens... Cela vient pour l'essentiel de la diversité et du nombre de réponses, commentaires qu'il reçoit : plus il est commenté (dans un sens ou dans un autre) et plus il est controversé ou décrié ou apprécié ou conforté... Plus il fait « parler de lui et de ce qu'il exprime », et plus il devient « populaire » donc...

    Mais lorsqu'il s'avère « très difficile » de se poser en « détracteur »... Ou « très banal » de se poser en « admirateur », parce que ce qui est alors exprimé « lamine » la controverse et invalide l'argumentation ; parce que ne répondre ou ne commenter que pour approuver ou conforter devient trop « banal »... Alors la « popularité » de l'écrivain ou de l'auteur qui s'exprime et diffuse, cesse d'être visible... Il n'y a même plus, à proprement parler, de « popularité »... Et, tout au bout de ce silence des autres qui peut paraître long, assourdissant et désespérant, vient peu à peu une certitude : la certitude de ce qui est atteint et qui va demeurer dans les coeurs et dans les esprits...

     

  • Qu'est-ce qu'un best seller ?

     

         Un best seller c'est une bête sellée -et fort bien sellée- dont on se fait sa monture de choix pour courir par tous ces chemins du monde que l'on dit « être de bonne direction »...

    Le problème c'est que les bêtes parfois -si ce n'est souvent- ne sont pas des chevaux ni même des ânes... Mais des sortes de « centaures » ou de « créatures volantes » sur le dos desquels on a posé des selles de western ou de fantasmagorie...

     

  • Quel type de queue n'aimez-vous point ?

     

    ... Les pires je crois, ce sont les queues fourchues... Je m'explique :

     

    Ce dimanche matin 31 octobre je me suis rendu à l'intermarché (ouvert le dimanche de 9h à midi)... Je n'avais rien prévu pour ce midi...

    J'ai pris un poulet.

    Y'avait à chacune des six caisses ouvertes, "une queue de tous les diables". Et toutes les queues sauf une, étaient "fourchues", c'est à dire que, contre la fin du rayonnage la queue se séparait en deux branches... Le point le plus "névralgique" dans ce genre de queue, est bien évidemment celui où les deux branches se rejoignent...

    Et l'on ne sait jamais quelle branche est "prioritaire" par rapport à l'autre... (je déteste ce type de queue)... Aussi ai-je choisi la queue (la seule des six) "non fourchue" (mais dans laquelle il n'y avait pas forcément moins de monde)...

    ... Il était 9h et demi à peu près... Je me suis dit "c'est fou ce que les gens sont pragmatiques, ils ont tous pompé que c'était cette nuit le changement d'heure, et y'a pas dans le lot un clampin quelque peu rêveur sur les bords qui a oublié de changer sa pendule"...

     

    ... C'est vrai : c'est dimanche, veille de Toussaint, y'a la messe, y'a les tombes, et hier soir à la Télé y'avait Patrick Sébastien "les années bonheur" (quand c'est pas ça c'est "le plus grand cabaret du monde")... Suivi de "On est pas couché" de Laurent Ruquier...

    Moi, les dimanche 31, ça me fait penser plutôt à ces femmes chic, qui se mettent sur leur 31 pour plaire à leur mec et faire une "belle sortie" (au cinéma ou en ville)... Et y'en a la queue toute raide à avoir...

     

  • Quelques événements du début du 21 ème siècle...

     

    Les attentats du 11 septembre 2001... La guerre en Irak en 2003... Le tsunami en Asie en 2004...

    La découverte d'eau sur Mars en 2004... la première greffe de visage en 2005... L'élection de Nicolas Sarkozy en 2007... La crise des subprimes et ses suites financières en 2007... La Belgique sans gouvernement pendant 192 jours en 2007... L'élection de Barack Obama en 2008... La grippe A/H1N1 en 2009...

     

     

    Certains de ces événements ont retenu - au moment où ils ont eu lieu - mon attention, mais aucun à mon avis ne m'a semblé absolument déterminant et suivi de conséquences qui aient pu "changer notre vie"...

    L'eau sur mars? L'élection de Nicolas Sarkozy et de Barack Obama? Le tsunami? Le 11 septembre 2001?... Y'a "pas de quoi en faire un fromage"... Quoiqu'il y ait eu "fromage" (d'une certaine odorance - ou puance?- )

    ... Par contre (et ce n'est pas mentionné dans la liste)... Il y eut - à partir de 2005 (début 2005)- les premières séries (ou vagues) de blogs... En 2004 on n'entendait pas encore vraiment parler de blogs sur Internet...

    C'est vrai que dans la vie des gens, tout d'abord des jeunes, l'arrivée des blogs a "changé la donne" dans le relationnel, dans la communication... Sans compter que déjà en 2005, il existait des téléphones portables de "nouvelle génération" qui, avec le développement des blogs et la transmission de photos et de vidéos... Nous "propulsaient" en quelque sorte dans le 21 ème siècle.

    Alors que dire, à présent, de ces "smartphones" avec écran tactile, clavier intégré, internet 3G, facebook et toutes les nouvelles applications pour une communication et une diffusion instantanées ?

    Cela "ne change pas le monde", certes... (parce que les problèmes demeurent les mêmes quand ils ne s'aggravent pas)... Mais quel "abîme" entre deux époques : celle d'avant le Net jusque vers le milieu des années 90, et celle de maintenant avec le Net depuis le milieu des années 90 !

    J'ai défini à ma manière ce qui me semblait être « l'ancien monde » et le « nouveau monde »... Et j'ai pris pour repère, une date : le 9 novembre 1989, jour où le « mur de Berlin » est tombé... Mais je dis aussi que cette date n'est qu'un repère : le jour où s'est produit en un lieu particulier du monde, un événement dont les humains vont se souvenir... Parce que l'on ne peut prendre par exemple, pour repère, le jour (quel jour dans quels jours) où les premiers téléphones portables, les premiers sites d'internet sont apparus...

    Le premier modem, en fait, a été utilisé en 1958... En 1981 déjà, certaines grandes entreprises publiques ou privées (dont la Poste par exemple en région parisienne) utilisaient des ordinateurs de guichet reliés à des centres informatiques de gestion...

    La première fois de ma vie que j'ai entendu parler de « téléphone portable » c'était en 1990, et je me souviens en effet avoir utilisé l'un des modèles commercialisés à l'époque (de simples téléphones tout juste bons à recevoir ou transmettre des appels, et munis de répertoires)...

    La première fois que j'ai entendu parler d'Internet, c'était en 1995 alors que déjà se répandaient et se commercialisaient les premiers ordinateurs en version Windows 95, et que l'on se connectait à l'Internet avec un modem de 56 Kbits (à peine)! Et j'ai donc acheté mon premier ordinateur le 8 septembre 1996, équipé en Windows 95 avec un disque dur de... 1,7 Go!... Et une fente pour introduire des CD, une autre pour y glisser des disquettes de 3,5 Mo! (on ne parlait pas encore de clé USB)...

    La première fois que j'ai entendu parler de « sites personnels » c'était en été 2001 dans une rubrique du journal Sud Ouest Dimanche... Mais en ce temps là, et ce jusqu'en 2004/2005, il n'y avait pas à proprement parler, d'hébergeurs de sites, et il fallait donc « construire » soi même son site...

    Et « tout est ensuite allé très vite » à compter de 2005 : le haut, voire très haut débit, le Wifi, le 3G, les blogs, les hébergeurs de sites, les nouvelles générations de téléphones portables, l'e-book...

     

    On peut dire qu'avant le 9 novembre 1989 (puisque je prends cette date pour repère)... C'était « l'ancien monde » : le monde sans l'internet et sans la téléphonie mobile... Le monde des machines à écrire, des télex ou télégrammes, du courrier postal et des lettres avec un timbre, du Fax et des magnétophones...

    Et il me vient parfois une réflexion « grave et profonde » dans laquelle entre une part d'émotion, à la pensée de tous ces artistes, écrivains et intellectuels, poètes, romanciers, chroniqueurs, journalistes... Nés avant 1940 voire 1930 ou 1920, qui ont traversé le 20 ème siècle dans l'environnement de « l'ancien monde »... Et n'ont pas connu (ou seulement dans leurs vieux jours), le « nouveau monde »...

    Dans le même « ordre d'idées » et avec, tout aussi également, la même réflexion « grave et profonde et emplie d'émotion »... je pense à tous ces artistes, ces écrivains, ces intellectuels, ces romanciers, poètes, chroniqueurs et journalistes... Nés après les années 60 du 20 ème siècle (ou qui sont nés ou naîtront dans le « nouveau monde »)... Les uns auront encore connu « l'ancien monde »,

    et les autres, trop jeunes encore pour être des écrivains ou des romanciers, évolueront dans le « nouveau monde » avec la seule connaissance de « l'ancien » par les écrits, les images et les documents...

     

     

  • Les humoristes

     

         La plupart des humoristes qui se produisent en salle, sur les plateaux de télévision ou sur la place publique, aujourd'hui ne me font pas rire du tout...

    Il est vrai que, d'une part je ne regarde jamais ou très rarement ces shows télévisés ou émissions de divertissement dans les quelles se produisent les humoristes, et que d'autre part, ma connaissance de ces humoristes demeure très limitée, et que je ne sais donc pas s'il y a de « bons » humoristes et qui sont-ils...

    Mon sentiment est que, d'une manière générale, les humoristes d'aujourd'hui « n'enfoncent pas le bâton – et ne touillent pas- dans les lessiveuses qu'il faudrait »... (l'image est mal choisie parce que de nos jours dans nos pays à économie avancée et technologique, il n'y a plus que des machines à laver)...

    Il est cependant de ces « lessiveuses » dans lesquelles bon nombre de gens « trempent »... Le plus souvent dans un silence résigné et dans le coin le plus obscur de leur demeure... Et souffrent, seuls, sans jamais évoquer le « sujet » (c'est à dire le bout de drap taché – et bien taché- qui résiste aux « enzymes »... Et c'est à peine si de temps à autre, comme s'ils souhaitaient malgré eux que la « tache » se mette à bouillonner en surface, ils se risquent à quelque allusion très indirecte...

    À mon sens l'humour ne porte vraiment que lorsque le bâton s'enfonce et touille dans la lessiveuse dont personne ne parle...

    L'on n'ose pas même les nommer, ces « lessiveuses »!... qui ont de ces linges crasses ou en sang noir dont les enzymes les plus gloutons ne viennent jamais à bout... Et ces linges « indignes » sont aussi comme des peurs que l'on enfouit en soi, que l'on ne traitera jamais par la drôlerie ou par la dérision, dont on ne cessera jamais de pleurer ou de s'effrayer en silence, en silence résigné, solitaire et souffrant...

    Pensez donc, imaginez la lessiveuse sur un grand fourneau « quatre pots » surmonté d'un tuyau très haut, en plein milieu de la place publique ! (l'image peut à juste titre paraître « assez surréaliste »)...

    Je me souviens de cet habitué d'un bistrot de Paris du 12 ème arrondissement, un bistrot dans lequel je me rendais du temps où je travaillais au centre de tri postal PLM... Le type, récemment amputé d'une jambe (de toute la jambe jusqu'en haut de la cuisse) « faisait le clown » devant le comptoir au milieu d'autres habitués, et à chaque pirouette de mots drôles, à chacune de ses réflexions sur un sujet d'actualité, il levait haut sa jambe de bois (une béquille à dire vrai) et tapait un grand coup sur le zinc au risque de renverser les verres. Il partait ensuite d'un grand éclat de rire, et « faisait des figures de style » avec sa jambe béquille, et « pied-au-cul-tait » le postérieur de ses potes, et payait une « tournée générale »...

    Mais, mais... Une jambe de bois n'est jamais qu'une jambe de bois... Il y a pire... Ou pire encore : il pourrait y avoir pire...

     

    ... J'aimais beaucoup Pierre Desproges...

    Au moins lui, il "décapait" ! (dans un certain sens, bien que cela ne soit pas du tout comparable, je le trouvais parfois "encore plus décapant" que Coluche, Coluche que j'aimais beaucoup aussi !)

     

    ... La pratique de l'auto dérision dans certains domaines de sensibilité... Tout comme la lecture de quelques auteurs de littérature ou écrivains "hors normes"(et d'ailleurs décriés)... Contribuent largement à me "sauver du désespoir"...

     

    "Se foutre de sa propre gueule", ou encore "péter sur ses propres certitudes », ou remettre en cause sa pensée "; "se descendre avant que les autres te descendent"... C'est, dans une certaine mesure "gagner ce ciel de son vivant où l'on peut voler libre et haut, avant d'atteindre le ciel que le "bon dieu" a promis "si..."

     

     

     

  • Photos, images et écrits sur les blogs

     

         De très nombreux auteurs de blogs et de sites publient des photographies qui, à mon avis, sont bien plus à leur place dans un album que l’on regarde en famille ou entre amis ; plutôt qu’ainsi exposées à la vue de tous sur la Toile.

    Est-il vraiment nécessaire (et souhaitable) dans un monde aussi dangereux, ouvert à toutes les curiosités, à toutes sortes de motivations, à toutes les utilisations possibles de documents personnels, voire intimes… De se découvrir ? De s’exposer comme dans une vitrine, de diffuser des images certes très belles et parfois même originales mais si personnelles ?

    Ou encore de produire des photographies de personnes très proches ?

    Qu’un auteur, un écrivain, un artiste reconnu dans le monde ; qu’une personne connue de longue date dans l’environnement relationnel qui est le sien ; puisse produire dans un livre, sur un blog ou sur un site, des documents le concernant, des photographies par exemple ; cela je le conçois et le juge même parfois nécessaire. Mais seulement dans la mesure où ces documents entrent dans ce que l’on peut définir comme une œuvre littéraire ou artistique pouvant survivre à son auteur… Et encore ! Faut-il établir une différence entre ce qui est du domaine de l’intime, et ce qui ne l’est pas…

    L’intime, à mon sens, ne peut être directement révélé et encore moins exposé. [Cela dit, que penser d’André Gide et de son « Si le grain ne meurt » ?... Par exemple]

    L’intime, par contre, peut être « transposé » dans un récit ou apparaître dans une œuvre, et cela par des personnages inventés ou créés de toutes pièces, en des situations imaginaires… Ou ayant eu lieu mais « arrangées »…

    L’intime, directement produit sur la scène du monde, même embelli et divulgué avec la plus grande sincérité selon l’idée affichée que « l’on n’a rien à cacher »… serait presque une forme d’exhibitionnisme en laquelle « Moi Je » est le personnage central… Et dominant de tout son ressenti, de toutes ses émotions, de tout son « Ego »…

    Ce qui n’est pas du domaine de l’intime, mais du monde, de notre environnement ; peut cependant entrer dans une oeuvre personnelle comme si c'était l'expression « intime » d'une situation, d'un événement ou d'un fait divers : il se noue alors un lien entre l’intime en soi et le « transmissible » autour de soi...

    Et par la portée, par le rayonnement de « l'intime en soi » révélé indirectement dans la relation écrite ou exprimée, il n'y a plus cette « éclaboussure » de la crudité même de l'intime telle qu'elle nous est projetée ordinairement et directement...

    Ayant à ce jour consulté plus ou moins régulièrement des blogs qui ne sont pas -ou très peu- des journaux intimes, je constate que, dans le sens de ce que je viens d’exprimer, les photos ou les documents qui apparaissent dans ces blogs là, sont diffusés dans l’esprit d’un projet littéraire ou artistique, ou plus généralement dans l'esprit d'une relation épurée de tout effet ostentatoire ou d'inutiles expositions... Et qu’ alors, il n’y a aucune confusion possible avec un simple journal intime tel qu’on en peut voir, et par milliers sur la Toile…

    Un blog certes, peut être l’un ou l’autre : le journal de sa vie et de ses activités au jour le jour ; ou une oeuvre au même titre qu'une oeuvre en livres ou en écrits...

    Se découvrir, se révéler sur un blog ou sur un site, que tant de personnes étrangères à notre environnement visitent ; c’est assurément prendre quelques risques, s’exposer ou se fragiliser dans la mesure où ce que l’on divulgue peut être exploité, utilisé ou récupéré.

    Mais se découvrir, c’est aussi par le choix que l’on fait de diffuser des photos ou des images ou des écrits ; exporter « quelque chose de soi » qui est peut-être attendu, espéré, rêvé… Par l’autre, par les autres.

     

  • Georges Frèche

     

         Ayant appris la mort de Georges Frèche, je me souviens de ce que j'avais écrit à son sujet, exprimant ma colère contre les propos qu'il avait tenus sur les harkis...

    Aujourd'hui alors qu'il vient de disparaître à la suite d'une crise cardiaque à l'âge de 72 ans, je ne peux pas dire que j'éprouve un chagrin fou...

    Cependant, la mort de cet homme fait monter en moi toute une réflexion grave et profonde sur le sens de ce que nous espérons et réalisons dans notre vie... Et aussi sur la portée du rayonnement que l'on peut diffuser autour de soi, si modeste ou si grand qu'il soit...

    Il y a bien là, comme de l'autre côté d'une immense et fracassante chute d'eau, quelque chose de mystérieux, de trouble, d'indicible... qui nous échappe et que peut-être on aimerait rejoindre...

    Il y avait, dans l'intonation même de la voix de cet homme, lorsqu'il s'exprimait « du fond de ses tripes », quelque chose qui ressemblait à un cri d'adolescent turbulent du midi de la France ne supportant pas l'injustice...

    Mais parce qu'il ne supportait pas l'injustice, il en arrivait à dire des choses injustes et même scandaleuses.

    Une autre manière aussi, de comportement et de propos d'enfant turbulent et ingérable du midi de la France, c'était la provocation délibérée...

    L'un des personnages les plus « truculents » du « paysage politique » de la France d'aujourd'hui, vient de disparaître... Il nous reste – entre autres – Jean Marie Le Pen et sa fille Marine... Et Jean Luc Mélenchon...

    Dans le « paysage » de la littérature contemporaine, je ne sais pas s'il y a vraiment des personnages aussi « truculents et ingérables »... parmi les plus et mieux connus d'entre eux...

    Ce sont « ces personnages là », truculents et ingérables (et dérangeants)... Qui font défaut dans la plupart des « paysages »... Eux au moins, « ne font guère dans ce troudebalisme consensuel » dans lequel des millions de Français jeunes et vieux se complaisent en face de leurs télés ou en lisant des revues à sensation...