Le p'tit coin de Yugcib
Bienvenue dans mon petit coin : ici c'est l'entrée et vous accrochez vos manteaux, vos vestes, vos impers... Ensuite je vous convie à la découverte de ces billets qui viennent les uns à la suite des autres depuis mai 2009...
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Pensée du jour, 21 décembre 2011 :
- Par guy sembic
- Le 21/12/2011
- Dans Pensée, réflexions, notes, tags
S'il fallait se résoudre à vivre pauvre mais en vivant mieux, alors j'en serais très heureux...
En effet nous sommes un milliard sur cette Terre à vivre riche mais mal, et, tout en vivant aussi riches que nous pouvons l'être mais aussi mal en vérité, nous contribuons à faire mal vivre six milliards de pauvres...
Un jour, les pauvres de toujours, ayant pour la plupart d'entre eux, observé que les riches d'un certain nombre de pays, vivaient mieux nantis, se sont dit qu'eux aussi pouvaient vivre mieux nantis... Alors ils ont commencé à faire ce que les riches d'un certain nombre de pays avaient déjà fait avant eux...
Et qui peut en toute justice reprocher à ces pauvres de toujours, d'aspirer à être plus riches ?
Le drame de notre époque, c'est que la pauvreté s'installe dans la richesse, ou plus exactement dans une richesse de plus en plus avariée dans laquelle cependant on continue de se repaître avec avidité... Et que la richesse là où elle s'installe et s'étend quelque peu là où auparavant elle n'existait pas, fait en vérité vivre mal avec l'illusion de vivre bien...
... Par exemple : un garçon de 15 ans dans un village du Mali ou du Niger roule sur un scooter et va sur facebook avec son téléphone portable, et bouffe du poulet Européen à bas prix : est-ce cela vivre mieux ?
... Ou encore : trois ou quatre pinards différents lors d'un repas de famille, de fête, de réunion d'amis ; une promo à Carrefour Market pour du Homard à l'Américaine, une nouvelle console de jeux pour le fiston de 9 ans... est-ce cela vivre mieux ?
... Ou, "autre chose encore" :
Décréter être capable de dormir à la dure, de se laver au ruisseau... En bons "Occidentaux" que nous sommes y compris les "non occidentaux acquis à l'occident"... est-ce cela, aussi, vivre mieux ?
... Il "me fait rire" ce monde : tous ces riches qui jouent aux pauvres, et tous ces pauvres qui singent les riches !
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La montagne de l'âme, de Gao Xinjian
- Par guy sembic
- Le 17/12/2011
- Dans Articles
Romancier, dramaturge, metteur en scène, critique littéraire et peintre, Gao Xinjian, né en 1940, est réfugié politique à Paris depuis 1988. Son oeuvre foisonnante en fait l'un des plus grands créateurs de notre temps.
"La montagne de l'âme" est sans doute à mon sens, l'un des plus grands chefs d'oeuvre de la littérature contemporaine...
À lui seul, de toute l'oeuvre de son auteur, ce livre a justifié l'attribution du Prix Nobel de Littérature en l'an 2000. (En fait "La montagne de l'âme" est son livre le plus connu, mais Gao Xinjian est également l'auteur de nouvelles, de poèmes, et d'un opéra "La neige en Août")...
Un livre surprenant, où l'on se laisse aller, ou plutôt conduire à travers paysages, lieux, légendes, personnages ; où l'imaginaire et le réel semblent ne plus avoir de frontières précises...
Il n'y a pas vraiment de trame ni d'intrigue ni de suite organisée, mais du vécu, de l'exprimé, de la confidence, de la douceur, de la liberté, du pensé... et des personnages émouvants. Et ce tutoiement comme si l'auteur s'adressait lui-même à son lecteur par l'intermédiaire du personnage du livre...
Ce qui m' a interpellé dans cette oeuvre, dirais-je, presque "sculpturale", c'est ce dédale de galeries en pleine nature où l'on est emporté comme sur des voies d'eau aux rives féériques, comme dans une sorte d' "asiatique marais poitevin"...
Un livre qui se lit et se relit...
Où l'on est loin du "sens commun", où nous est suggéré l'existence d'un "passage" non pas vers un monde meilleur ou un "différent" hypothétique, mais vers ce monde qui est sans doute en nous, que nous devons apprendre à connaître et qui a toujours existé ; et qu'aucun pouvoir en place et en force ne peut rayer de la carte...
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Il bâtit, bâtit bâtit...
- Par guy sembic
- Le 15/12/2011
- Dans Chroniques et Marmelades diverses
Il bâtit, bâtit bâtit...
Bâtit son nid...
Il a 30 balais...
Un double équateur de bourrelets, déjà, oui, à 30 balais, entre son Sud Fesses-Pattes et son Nord Caisse-Tronche.
Il a signé un prêt bancaire... de 20 berges... presque hésité sur 25.
Mais 5 ans de plus, ça faisait pas le crépi ni la véranda en sus.
20 berges... Il va la payer jusqu'au DEUG de son fiston, sa baraque, s'il a pas fait un infarctus avant...
Quatre fois le prix qu'elle aurait coûté, lotissement " Les Alouettes ", s'il avait pu la bâtir sans signer le prêt... ( en héritant, par exemple )
Il est cadre moyen dans une boîte qui vend et achète, se restructure et fusionne avec une autre boîte.
Sans battre de l'aile, la boîte affiche un bulletin de santé qui laisse présager une restructuration...
Autant dire que, tous diagnostics confondus, même si pour le trimestre à venir la conjoncture est favorable, les directeurs, pressés par leurs cohortes d'actionnaires, vont exiger un dégraissage en matière de coûts salariaux...
Il quitte " Les Alouettes " à 7 plombes du mat', se tape 40 bornes avec sa caisse pour aller bosser et la boîte encore lui demande de crapahuter dans les embouteillages, sur les voies de contournement et dans les dédales des ensembles pavillonnaires de la mégapole voisine, peut-être 100 bornes, autant de rond-points et de feux tricolores, afin de négocier des contrats juteux, de débrouiller des affaires complexes...
Il sera de retour aux " Alouettes " à l'heure du journal télévisé, avec sa Mégane. Vanné, pompé, saturé d'objectifs commerciaux, l'estomac chargé de nourritures bavantes et coulantes ou conditionnées en barquettes ou encore, s'il a pu aller au resto, tout confit d'un plat du jour plantureux ; la tête bouffée par son boulot à la con qui consiste pour l'essentiel à fourguer à des tas de gens des produits et des services superflus.
Les " com ", par les temps qui courent, ça douille pas des masses et ça paie pas le dernier modèle d'ordi ou de camescope haut de gamme..
Il a son samedi... Tout de même !
Mais le samedi, c'est pour les courses, le matin, entre 10 heures 30 et midi, à Carrefour ; et la tondeuse, 1200 mètres carrés, l'après-midi, après la sieste du voisin, de préférence. Et Patrick Sébastien à la Télé, le soir.
Les samedi soir de juin, on se fait un petit barbecue discret/discret, si le vent vient du bon côté...
Les toutous, des gros pour la plupart, des " Je monte-la-garde ", ça aboie fort, aux " Alouettes "... surtout lorsqu'un cycliste inconnu s'égare dans le lotissement.
Dimanche matin... Un gros dodo jusqu'à 10 plombes et plus. Le tiercé, le repas dominical, la sieste, la promenade en bagnole quand il fait beau jusqu'à la petite forêt apprivoisée à 3 kilomètres au delà de la sortie de l'autoroute, ou, quand il pleut, une virée au centre commercial ouvert le dimanche pour voir les beaux canapés, les cuisines intégrées...
Dimanche soir à la télé... Il hésite entre "le diable s'habille en Prada" sur la Une, ou " Les enquêtes de Murdoch" sur la Trois...
Depuis 2 ans qu'il a bâti...bââti-bââti, aux " Alouettes ", il a pas encore fait son crépi. Il est encore tout de briques vêtu et, financièrement, nu comme un ver... Parce que la Mégane en plus des traites de la baraque, il faut la payer... Et l'un dans l'autre, les deux prêts, celui de la baraque et celui de la bagnole, ça fait plus de la moitié de la paye... Largement plus.
A chaque fin de mois, il est raide comme un passe-lacet et doit des sous partout...
Il bâtit, bâtit bâtit...
Bâtit sa vie... de tic et de toc, avec des projets qui ne vont pas plus au Sud que la rive Nord de la Méditérranée, pas plus à l' Ouest que la côte Atlantique ; des projets, des évasions, des étés, des campings et des bungalows, tous reliés par des kilomètres d'asphalte...
Et tous ces arrêts devant les distributeurs automatiques de billets.
Il bâtit, bâtit bâtit...
Bâtit son nid...
De tout ce qu'il peut y couver dedans jusqu' aux coquilles crevées de ses aspirations...
Quand il se connecte sur le blog de sa jolie voisine, il assiste à un défilé de mode quatre saisons qui le ravit et il se régale des expressions du visage de la jeune femme, écoute ou lit ce qu'elle raconte, explore tout ce qu'elle a blogué et facedeboucqué...
Il bâtit, bâtit bâtit...
De tic et de toc, de tout ce qui est préfabriqué, standardisé, normalisé, planifié, règlementé, aseptisé...
À quoi peut bien servir une cuisine intégrée lorsque, du lundi au vendredi, on ne bouffe que des denrées en barquette, en plastique ou en boîte ; le samedi soir, la pizza du camion de passage ; et le dimanche, si l'on cocufie sa salle à manger-salon pour le menu gastronomique de l'hôtel des Acacias, au beau milieu de tous ces Messieur-Dame en costume, tailleur, coiffure en chou-fleur, moustaches à la Jacques Lanzman et pochettes de cuir à bandoulière ?
Il a bâti, bâti-bâti...
Mais dans sa maison, y' a pas de bibliothèque. Il ne lit pas de bouquins. C'est pas un intellectuel.
Chez son voisin, y' a une très grande bibliothèque, en autre chose que du toc, du beau bois, des étagères solides qui supportent de gros volumes reliés de cuir. Mais le voisin qui ne lit pas davantage que lui, achète cependant vingt-cinq euros en moyenne, tous les grands succès, tous les grands prix littéraires, tous les ouvrages à la mode que pondent les auteurs connus, les hommes politiques, les journalistes et les écrivains de renom...
Pour les derniers romans de la saison il est abonné à France Loisirs. S'il ne lit pas, alors pourquoi les achète-t-il, tous ces bouquins ? Tout de même, il les "survole" un peu, à temps perdu (les plus "calés") pour avoir l'air de s'y connaître...
Chez le " Tabac-journaux " du coin, les rayons du milieu du magasin regorgent de tout ce qui peut sortir, se vendre, à grand renfort de bandes publicitaires, rouges le plus souvent, autour des livres, avec la sacro-sainte mention " prix renaudot, fémina, interallié ", etc...
Les bouquins, c'est comme la bouffe, la mode, les programmes télé, les séries américaines et les derniers films qu'on voit dans toutes les grandes salles de cinéma. Ils sont aussi " aseptisés ", peut-être un peu moins que la bouffe. Ils sont là pour prouver que le monde existe bel et bien, en bonne et due forme, avec quelques malheurs, certes... et un peu de contestation parce qu'il faut que ça "remue les tripes" de temps en temps. Les " pas aseptisés ", ils sont trop dangereux : ceux-là, on les trouve pas dans les bibliothèques des municipalités de Gauche et encore moins de Droite, ni dans les librairies, ni chez le " Tabac-Journaux " du coin.
Il a donc bâti, bâti bâti, notre mec de trente balais...
Et les balais s'empilent, s'agglutinent comme des allumettes à chaque gâteau d'anniversaire.
Il vient un temps où les balais commencent à se déplumer. Et les traites sont toujours là, fidèles au rendez-vous de la fin du mois !
Si l'on peut, on fera plus cossu que la Mégane l'an prochain, car le dos, sur des centaines de kilomètres, passé la quarantaine, dans une caisse qui secoue, il se met à gueuler parfois...
Quand les balais passent, les habitudes changent...
À la place du pantalon à doubles poches latérales, on arbore la petite pochette en cuir ou la sacoche à rabats et bandoulière. Au lieu de s'asseoir sur le canapé les genoux croisés avec son assiette de charcuterie salade composée devant la télé pour le thriller, on bouffe à table, normalement, en famille.
Cinq ans après avoir bâti, bâti bâti... not' mecton il a traversé une p'tite crise... La crise existentielle, le pourquoi et le comment, le sens du monde, qu'est-ce qu'on fout sur Terre et tout le tremblement ! Alors, il s'est mis à avoir de la " vie intérieure ".
Résultat, sa femme l' a plaqué, ses enfants ont tous les soirs déserté le domicile familial. C'était devenu invivable pour tout le monde.
Il a essayé d'écrire un bouquin, not' mecton... Pas besoin d'être un intellectuel pour écrire un bouquin... Une histoire impossible, une histoire de gosses turbulents dans une cité HLM en pleine explosion socio-culturelle, avec des gonzesses hyper-drôles, des vieux qui veulent pas aller en maison de retraite, des banquiers qui se révoltent, des assureurs qui se désassurent, des facteurs qui brûlent la publicité en pleine rue, et des femmes qui ne font plus à bouffer ni la vaisselle ni la lessive ni le repassage... Le style y était... à peu près, sauf les mots qui n'existent pas dans le dictionnaire. L' atmosphère ? Oh, putain, ouais, y'en avait, de l'atmosphère... ça n'en finissait pas, trois cent pages !... Mais il y passait ses nuits, ses dimanches, ses congés, il en bouffait plus...
À un océan de la conclusion, not' mecton, il a lâché... Il a renoncé, tout bazardé. Il a coulé, coulé coulé.
Non, on n'écrit pas un bouquin quand on crèche aux " Alouettes ", quand on fait un boulot de " système " et qu'on n' a ni les relations, ni l'environnement pour... Pensez-vous, comment trouver le temps de composer tout d'abord en consignant les idées générales dans un carnet, puis de taper ensuite le texte, de corriger, de relire, d'arranger, de vérifier si ça tient debout... l'enchaînement, le scénario, la concordance des situations, la vraisemblance, le style, l'orthographe, la documentation, toutes ces heures et ces heures, où chaque paragraphe est un bout de terrain conquis, et ces jours et ces nuits sur des mois et des mois, faits d'instants volés à la routine ; les regards moqueurs ou indifférents des autres... Après huit heures d' activité professionnelle et de déplacements, avec toutes ces tracasseries quotidiennes, sans contacts, sans relations, sans pouvoir vraiment se confier à personne dans son enourage, sans appuis médiatiques ou autres... Autant vouloir faire sortir une forêt d'un désert, accoucher une vache du ventre d'une souris... C'est de la folie, de l'utopie, du suicide moral...
La crise s'est tassée, finalement, au bout de quelques années. Elle a fait comme tous les ronds dans l'eau, elle s'est diluée...
Sa femme est revenue : au Tabac Journaux du coin, on a vite fait le tour des magazines people et de mode en dépit de leur immense diversité...
Le fiston est revenu aussi : on ne peut pas toujours crécher dans la piaule des copains...
Il bâtit, bâtit bâtit...
... Ou plutôt...
Il pâtit, pâtit pâtit...
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Errances littératoques, 7
- Par guy sembic
- Le 15/12/2011
- Dans Chroniques et Marmelades diverses
Slip sale
Bec qui pue
Robe tachée de sperme
Mouche bleue dans le pli d'un foulard
Frayeurs suspectes
Ver de dent
Punaise calcinée
Bout de langue sur le chancre d'une verge
Viande qui tremble sous l'averse de grêle
Vinaigre de cornichon
Moutarde au sang noir
Mayonnaise éventée
Aigreurs qui régalent
Joies éclaboussées sur un tapis de danse
Pucerons vrombissant
Neuf écrit sur un oeuf d'oie
Long râle un dix-sept après midi les volets clos
Petite craie bleue empanachée de foutre de verrat crissant sur le tableau blanc
Jupe fendue sur le galbe d'une jambe écorchée
Pied dans une bassine emplie de plâtre effrité
Visage quiqueté léché violé pétri mordu
Rancoeurs béates ou souveraines s'écoulant toutes froides de la louche ébréchée
Quatre queues croisées à travers la déchirure d'une écharpe de jeune femme
Cirque effondré sur la place du bourg jonchée de toitures éclatées
Rires gras aux haleines brûlantes de fours béants empuantis de résidus de grillades
Mouchoirs durs et secs de crasses et de jutes
Père Noël lubrique exhibitionniste ouvrant refermant sa houppelande
Têtes encapuchonnées
Visages pailletés
Coulures
Zobs jectifs
Fêtes pétées
Pff't
Allo
Bip Bip Bip...
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La France d'hier, la France d'aujourd'hui...
- Par guy sembic
- Le 14/12/2011
- Dans Chroniques et Marmelades diverses
La France ( la France politique, économique, sociale, "morale"; la France des familles, la France de la culture, de l'école ; la France d'un certain nombre de "valeurs")... A commencé à se "déliter" dès le "règne" de Georges Pompidou, et surtout ensuite, à partir du "règne" de Valéry Giscard d'Estaing...
De Gaulle n'aimait pas les manipulations d'argent ni je crois, la spéculation boursière portant sur des valeurs sans cesse fluctuantes et permettant à court terme de réaliser d'importants bénéfices...
... Mais "ne versons pas" pour autant, au spectacle de la France d'aujourd'hui en complète décomposition politique, sociale et économique... Dans la nostalgie de ce qui jadis fut...
C'était "un autre monde"... Et il y avait derrière une "façade" rassurante et que l'on aimait regarder, la détresse et la solitude des exclus, et, d'une autre manière, d'autres fanges, d'autres hypocrisies...
Et en ce "temps là" l'on imaginait un futur (celui de l'An 2000) où il suffisait d'appuyer sur des boutons, avec des machines, des robots et une libération de toutes sortes de contraintes, voire même du travail...
Ou bien l'on aimait à se faire peur (profusion de films catastrophe et de guerres atomiques entre les Américains et les Russes, ou d'invasions de Martiens)...
Et florissait aussi toute une littérature prophétique...
Tout cela dans un contexte de croissance économique, de nouvelles technologies et de consommation. Mais un contexte duquel était exclue cependant une proportion plus importante qu'aujourd'hui de nos concitoyens...
Ce n'était pas la mondialisation, pas autant le chômage, pas le sida, pas les usines fermées, on mourait plus sûrement et plus rapidement du cancer...
Et il y avait d'autres peurs entretenues par les gouvernements et les partis politiques de droite ou du centre : le Communisme à la Stalinienne et aux Goulags, le Péril Jaune, la Bombe Atomique...
Et puis... Tout le monde n'avait pas dans son logement ou sa modeste maison style "loi Loucheur années 30" une salle de bains, des WC à l'intérieur et encore moins la télévision...
... La France d'aujourd'hui est un "désert relationnel avec à perte de vue des fleurs de sable cristallisées"...
... La France d'hier n'imaginait pas la France d'aujourd'hui avec ses couvertures de Paris Match et ses titres dans les grands journaux...
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Errances littératoques, 6
- Par guy sembic
- Le 14/12/2011
- Dans Chroniques et Marmelades diverses
Cadavre en putréfaction d'un actionnaire de fonds de pension Américain sur un tas de claviers déglingués d'ordinateurs...
Vieux milliardaire cul-de-jatte en barboteuse, empalé sur un phallus d'orge mouillé de salive par une horde de miss...
Cervelle fossilisée de dinosaure lilliputien au fond de la sacoche d'un géologue Atlante momifié...
Foetus étranglé dans une boîte de cassoulet obstruant la cuvette des WC d'un train de banlieue...
Poubelles renversées vomissant des têtes de chat et des calculatrices de poche dans le couloir des cuisines d'un lycée mandarin...
Un fil de fer tordu et rouillé dans la boue d'un pré, quelques poteaux de ciment brisés, une hirondelle foudroyée, une moitié de savonnette, un ballon crevé, un nounours guillotiné...
Et cette poule affolée qui traverse le chemin et bute dans le grillage de la clôture...
Cadavre, cervelle, poubelle, cocote déplumée.. Tout cela sous un ciel qui pue...
Dans les draps froissés que l'étreinte animale a souillés, le sommeil s'est vidé de tous les mauvais poèmes qui se balançaient déssechés et pourrissants, accrochés à la barre tout en haut de la Tour des Pendus...
Et gisaient entre les plis des draps, les foetus têtes d'épingle des rêves pervers, les croûtes cloquées des souvenirs...
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Une Poste transformée en épicerie
- Par guy sembic
- Le 10/12/2011
- Dans Anecdotes et divers
À Poyanne, une localité proche de Tartas, de Mugron et de Monfort en Chalosse dans les Landes, la Poste "PéTéTique" de jadis est devenue un "mini supermarché" ouvert le soir jusqu'à 21 h comme les épiceries Arabes des grandes villes... Mais ici, l'on n'y fait absolument plus la moindre opération postale... Et l'établissement "PéTéTique" devenu supermarché fait en même temps office de bistrot et de "fast food"...
La distribution postale se fait par dépôt du courrier dans des boîtes aux lettres regroupées en blocs situés en bordure des lotissements à l'entrée de l'accès principal... Et ainsi les facteurs -et les "fofacteurs"- n'ont plus à affronter les "toutous féroces" qui montent la garde autour des maisons...
Dans toutes les communes de Chalosse désormais urbanisées, apparaissent des lotissements de maisons construites pour la plupart en trois jours tout compris et entourées de parcelles de terrain de 700 mètres carrés...
À noter que jadis, la population de ces villages était moins importante qu'elle ne l'est aujourd'hui du fait de l'implantation de tous ces nouveaux lotissements... Et qu'il n'y avait pas de "fofacteurs" (de sociétés de messagerie privées concurrentes de la Poste)... ressemblant à des extraterrestres entièrement casqués et se déplaçant sur des scooters au carénage de vaisseau spatial pirate...
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Une mise en scène organisée
- Par guy sembic
- Le 09/12/2011
- Dans Chroniques et Marmelades diverses
J'ai l'impression que toutes ces émissions de télévision ou de radio sur RTL ou EUROPE 1 ou autres, qui ont pour thème quasi quotidien la crise, l'Europe, l'Euro, les agences de notation, les cinquante milliards de dette, etc. ... Sous la forme de débats et dans lesquelles sont invités des personnages du milieu politique ou économique... Et dans lesquelles également, l'on invite des gens à s'exprimer... Que tout cela participe en fait à une "mise en scène" organisée... Un vaste spectacle de "jeux de cirque" comme au temps des jeux de Rome : l'on y assiste en spectateurs que nous sommes tous, à une sorte de "lente agonie du condamné dans l'arène sous les coups répétés des mercenaires engagés et sous les griffes et les morsures des fauves"... Mais la différence avec les jeux de Rome, c'est que les spectateurs que nous sommes tous, conviés par la publicité qui se fait autour de l'évènement, ne sont plus assis sur des gradins mais assis chez eux devant leur poste de télévision.
"Mourra-t-il, ne mourra-t-il pas?"... (le condamné)... Telle est la question à l'ordre du jour. Oui, comme au temps des jeux de Rome ! Nous sommes bel et bien "au cirque" ! ... Et c'est "passionnant", cela "prend au ventre" ! Et nous avons réussi à notre insu, à oublier à quel point le "condamné", ce "condamné que l'on regarde mourir lentement"... n'est finalement autre que chacun de nous-mêmes...
... Et le "spectacle" n'est pas prêt de s'arrêter de si tôt ! Dès que le "condamné" semble au plus mal, à terre et tout ensanglanté voire l'un de ses membres déchiqueté, voilà-t-il pas que surgit une équipe de "soigneurs" pour tenter de le relever... Et il se relève en effet, le "condamné"!...
Au bout de ce qui lui reste d'une main il brandit un couteau dont la lame déjà bien tordue et bien élimée le "protège" encore (si l'on peut dire) de ces mercenaires féroces qui s'avancent et ont eux, des glaives autrement plus tranchants...
En spectateurs que nous sommes, comme au temps des jeux de Rome, nous assistons, nous assistons encore et encore... Et durant le temps d'un spectacle qui s'éternise, la recette ne cesse d'augmenter ou de se consolider...
