Le p'tit coin de Yugcib

P1000015 1Bienvenue dans mon petit coin : ici c'est l'entrée et vous accrochez vos manteaux, vos vestes, vos impers... Ensuite je vous convie à la découverte de ces billets qui viennent les uns à la suite des autres depuis mai 2009... 

NOTE : les billets sont classés par catégories qui figurent dans le menu à gauche : faire défiler jusqu'à BLOG où apparaissent les noms des catégories du blog, puis la liste des derniers billets publiés. 

  • Les nouveaux chiens de garde...

    ... Film documentaire de Gilles Balbastre.

         La "pensée unique" -et inique- dans mon esprit, c'est ce système de diffusion par les technologies de la communication et par la presse écrite de tout ce qui doit se croire et se savoir... Ce système qui est un réseau complexe d'alliances, de soit-disantes mésalliances, et de ramifications inextricables.

    Journalistes, éditorialistes, experts médiatiques, "caciques" des émissions politiques et économiques de la télévision, tous, sans exception, sont en fait les "évangélistes" de la "pensée unique"...

    Certains d'entre eux, à vrai dire la plupart d'entre eux, nous semblent illusoirement participer à un contre-pouvoir démocratique dans la mesure où ils exercent cet art qui consiste à bien conforter les citoyens lambda que nous sommes dans le sens des émotions, des engouements et des détestations du moment, en réponse à tous selon les sensibilités de chacun...

    Mais ils sont tous, ces "caciques" de la "pensée unique" -et inique- les "pièces rapportées" mises en place sur tous les plateaux, par les grands groupes industriels du CAC 40, par les cartels d'affaires, de banque, d'assurance et de finance internationnaux ; sinon même des mafias...

    Ainsi lorsque vous regardez n'importe quelle émission politique ou économique ou sociétale de télévision, quelque soit le présentateur, directeur de chaîne, organisateur, producteur... Lorsque vous lisez l'un ou l'autre des plus grands journaux quelle que soit la ligne éditoriale, le "courant de pensée plus ou moins de droite ou de gauche"... Vous n'avez pour information que "ce qui doit se croire et se savoir", que "ce qui est censé faire débat", que la "pensée unique" en fait... Une "pensée unique" qui est tellement diversifiée, qui prend tellement de sensibilités en compte, qui est un tel "marché de produits" comme dans une grande surface... que vous avez inévitablement l'impression de "toujours vous y retrouver", et donc, de croire que vous êtes écouté, représenté démocratiquement...

    Je vais même "plus loin" : les "chiens de garde" sont aussi, outre dans la presse et dans les médias, présents dans le monde des artistes, des intellectuels, des écrivains... Y compris les "pas tout à fait comme les autres" qui, d'une manière ou d'une autre, ont été "récupérés" par le système en place... (les "purs", les "non aseptisés", les vrais contestataires de la pensée unique... ceux là, ils ne sont jamais "récupérés" et encore moins "sur le devant de la scène")...

    Les seuls espaces publics qui demeurent encore "relativement libres" et dans lesquels on peut se produire et s'exprimer sans média interposé, sans être "soutenu" par un personnage influent ou par quelque puissance d'argent, en toute indépendance, sans devoir dire ni merci ni merde à quelque producteur, patron ou éditeur... Ce sont la rue, la place ou le lieu public (dans un bus, dans le métro, dans un café par exemple)... et sur le Web...

    ... Déjà en 2005 j'écrivais à peu près ceci :

    "Le Système récupère pour la bonne cause et parce qu'au fond cela arrange bien ses affaires, quelques marginalités de temps à autre, quelques personnages turbulents ou truculents de langage et un peu contestataires à leur manière, histoire d'amuser quelque peu le monde des bien pensants... parce que ça libère, parce que ça fait plaisir un moment, et qu'au fond, ça permet au Système de se maintenir, et qu'en plus ça peut même rapporter de l'argent", avoir des retombées locales économiques et touristiques"...

    ... Je fais cependant une différence en ce qui concerne le journaliste "de terrain" qui se rend en un lieu "impossible et dangereux" où règne une violence extrême, un lieu où peu de journalistes se rendent, un lieu où l'on ne sait qu'en partie ou pas du tout ce qui s'y passe réellement... Afin de témoigner de ce qu'il voit sur place et de transmettre l'information...

    Et d'une manière générale, le journaliste qui observe les faits et les situations avec la réflexion et le regard qu'il porte sur l'évènement ; avec l'écoute et le questionnement qu'il a des personnes qu'il rencontre...

    Le fait que ce journaliste travaille pour un organe de presse affilié directement ou indirectement à quelque "grand groupe du CAC 40", ne change rien à la personnalité, à la sensibilité de ce journaliste... Mais il semble que le monde du CAC 40 et des puissances financières quant à lui, occulte cette réalité de l'humain, ne cherche qu'à la pervertir, à l'acheter ou à la déformer... ou à l'écraser...

    ... Ces "nouveaux chiens de garde" que sont donc journalistes, éditorialistes, experts médiatiques... Mais aussi artistes, intellectuels, écrivains... Ainsi d'ailleurs que les "maîtres chiens" de la meute recrutés par les "maîtres des domaines"... Ne constituent pas comme l'on pourrait le croire, comme l'on veut nous le faire croire, un "cordon de sécurité intraversable" protégeant la forteresse...

    Les "chiens de garde", avant d'être chiens de garde, étaient "chiens tout court courant dans les bois et dormant auprès des gens"...

    ... Lors de la révolution Iranienne en 1979 il y eut cette foule immense massée en rangs serrés devant le palais du Shah : les gardes lourdement armés tiraient sur la foule, dans les premiers rangs tous tombaient, puis d'autres rangs avançaient, les gardes à chaque avancée de la foule continuaient de tirer jusqu'au moment où à force de tirer il venait encore et toujours plus de gens et alors les gardes ont cessé de tirer, la foule a fini par bousculer les gardes et à envahir le palais...

    Si les gardes ont cessé de tirer c'est parce que beaucoup d'entre eux ont réalisé que le massacre devenait absurde et qu'à un moment donné ils se sont souvenu qu'avant d'être des gardes, ils étaient des gens du peuple... (mais les Ayatollahs prirent ensuite le pouvoir, et d'une autre manière, ce ne fut pas mieux pour le peuple qui peut-être mourut moins de faim mais fut mené d'une main de fer)...

  • Le monde actuel ne se résume pas à une seule logique

         Je ne comprends pas ce qu' exprime Michel Onfray au sujet de Jean Luc Mélenchon :

    Michel Onfray reproche à Jean Luc Mélenchon de faire référence à Robespierre et à Saint Just... Comme si Jean Luc Mélenchon c'était, ce serait selon lui, "la Terreur années 2012-2014 ou 15 en France"...

    Déja, nous ne sommes plus dans le même contexte historique : en 1793 la France avait "toute l'Europe sur le dos", et elle était en son sein même, complètement déchirée... et de toute évidence le monde d'alors était, par les armes, par les engagements, par les combats sur les champs de bataille et dans les rues des villes et des campagnes, très meurtrier, et d'une violence extrême... En 2012 la France est "dans l'Europe" et la violence est aujourd'hui celle des marchés et de la finance...

    L'on ne peut donc plus instaurer "la même Terreur" qu'en 1793.

    Il s'agirait plutôt d'une "rupture"... Une "rupture" dans la quelle la "logique" actuelle (celle du pouvoir de l'argent et des marchés, celle du toujours plus dans la croissance, dans la rentabilité, dans le profit)... serait cassée...

    Mais Jean Luc Mélenchon, et la France tout entière si elle "suivait" Jean Luc Mélenchon, ne peut à elle seule "casser" cette "logique"...

    Peut-être, je dis bien "peut-être"... L'Europe toute entière y parviendrait-elle...

    Mais demandez à un Brésilien, à un Indou, à un Chinois, ce qu'il en pense, lui, de la "logique" du monde actuel...

    Comment voulez vous qu'un Brésilien, qu'un Indou, qu'un Chinois, qui, il y a seulement dix ans, gagnait 100 euros par mois et maintenant en gagne 300, puisse souhaiter "casser la logique" ?

    ... De Jean Luc Mélenchon, je dirais qu'il est un "précurseur" ou "qu'il ouvre une voie possible"... Mais que dans le contexte actuel, il n' y a (à la limite) que le peuple de France, et les peuples d'Europe, qui peuvent avec lui et les "forces de gauche", casser la logique d'entraînement du moteur. Mais il se trouvera très vite d'autres gens et d'autres peuples, pour faire alors tourner le moteur à la manivelle si le démareur a été cassé...

    ... De surcroît, le monde actuel ne se résume pas (et c'est peut-être là le plus important) à cette seule "logique" de la croissance, du développement, de la consommation, des marchés et de la finance... Certes c'est bien là le "grand moteur" celui qui est considéré comme étant incontournable et nécessaire... aux yeux non seulement de ceux "qui font le monde" mais aussi aux yeux de ceux qui "adhèrent" à ce monde... (et qui sont très nombreux)...

    Il y a aussi les cultures, l'histoire même de chaque peuple, ce qui a été vécu, expérimenté, ce qui vient de loin, de très loin, du fin fond de l'Histoire... Les cultures, l'histoire, le passé, les croyances, la vie des peuples et des nations, et des civilisations... Et les uns sont Chrétiens, les autres Musulmans, les autres encore Juifs, Bouddhistes, animistes...

    Et c'est avec tout cela qu'il faut compter, pour parvenir à établir une relation... C'est cela toute la difficulté, tout le défi à surmonter...

    La question que je me pose c'est "comment arriver à parler avec ce Brésilien, cet Indou, ce Chinois, qui gagnait cent euros par mois et en gagne maintenant trois cents ; comment arriver à parler avec l'Algérien, l'Egyptien, l'Iranien, l'Irakien, l'Afghan, le Russe, l'Indonésien, l'Israélien, le Touareg... ? Alors même que coexiste avec la logique du marché et de la finance, la logique de l'affrontement et du retranchement ?

  • Les yeux fous

          Ce qui n'est pas écrit ni exprimé néanmoins nous traverse...

    Ce qui est écrit et exprimé n'est en réalité que la partie émergente, visible, et donc lisible, d'une oeuvre inachevée reliée à d'autres oeuvres...

    Ce qui n'est pas écrit ni exprimé disparaît à l'instant même de notre dernière respiration.

    C'est dans ce qui néanmoins nous traverse sans l'écrire, sans l'exprimer, que nous vient parfois ce regard tourné vers d'inaccessibles lèvres de lumière, cette pensée qui entend d'innombrables voix et s' efforce de traduire les échos répercutés mais aussi les silences...

    Transcrire ce regard sur une grande feuille de dessin, réaliser ainsi la fresque de tous ces souvenirs que nous n’avons pas eus, la fresque de toutes ces lèvres de lumière que nos doigts n'ont pas découvertes, la fresque de toute cette pensée ayant entendu les innombrables voix et à peine traduit  les échos et les silences...

    Embellir, magnifier jusqu'à la déraison cette beauté et cette "essence des êtres et des choses"...

    Froisser, déchirer, incendier la laideur du monde qui viole et salit les êtres et les choses...

    Par ces yeux fous qui cherchent et finissent par trouver ou retrouver ce qui est perdu, oublié, délaissé, ignoré, mais qui cependant ne cesse d'exister...

  • Oser être

    Ne pas oser être en présence de gens qui nous sont proches et que nous rencontrons aujourd'hui et demain...

    Mais... Oser être avec des gens que nous ne rencontrons jamais et qui vivent pour certains d'entre eux à des centaines de kilomètres...

    Quel paradoxe !

    Mais c'est ainsi, dans un monde où la technologie de la communication abolit les distances et les espaces, rétrécit illusoirement les solitudes ou tout au contraire les élargit en les creusant là où elles pourraient ne plus être...

  • Les scooters -ou deux roues- de la mort

          Une nouvelle "phobie" (peur irraisonnée, angoissante et obsédante, de certains objets, de certaines situations ; ou crainte ou aversion instinctive)... ne risque-t-elle pas de s'installer dans notre pays, en particulier dans nos villes, dans "certains" quartiers de nos villes ?

    Une phobie, la phobie à vrai dire, du "type casqué en scooter ou sur un deux-roues motorisé"?

    Et sans doute, plus généralement, la phobie du visage dissimulé sous un "passe-montagne" en hiver, sous une cagoule, une capuche et de grosses lunettes de soleil opaques en toutes saisons ; la phobie du visage que l'on ne peut reconnaître tant il est maquillé, lunettisé, casquetté, chapeauté... ?

    Encore, oui, une autre phobie... Comme s'il n'y en avait pas déjà assez et en si grand nombre, de "phobies"...

    Les émerveillements se sont décolorés ou ont disparu... Ce sont les phobies qui leur ont succédé ! Des phobies qui se sont imposées ou se sont insinuées... Des phobies qui ont été portées par les médias, les télés, les forums du Net et des radios...

    Tuons les phobies! Inventons le scooter de la mort à visage découvert qui trucide à bout portant les phobies !

    ... J'étais contre la casquette, contre le chapeau, contre la capuche -sauf quand il pleut à verse- ... J'étais contre les lunettes de soleil grosses comme des soucoupes volantes – sauf sur la plage ou sur la neige en plein soleil-... J'étais contre les "avatars" sous lesquels on se présente sur les forums du Net... J'étais contre toutes ces formes d'anonymat sous lesquelles on se dissimule mais diffuse tant de vacheries, de fantasmes et de rumeurs à tout va...

    ... Je le suis à présent, "encore plus", contre tout cela ! ... Et la parole, l'écriture, ça se dit et ça s'écrit aussi avec son visage, son regard, son sourire... à pied, en vélo, en bagnole, dans le train, dans le métro, dans le bus, à Carrefour Markett ; et pas seulement dans un meeting de Jean Luc Mélenchon ou de Nicolas Sarkozy ou de Marine Le Pen ou de François Hollande... Ou encore dans quelque fête populaire en été quand tout le monde s'embrasse !

  • L'histoire dans l'Histoire

         Il y a toujours une histoire dans l'Histoire...

    Et cette histoire dans l'Histoire n'est pas la "petite histoire" des Historiens qui parfois font cette "petite histoire"...

    Car la "petite histoire" tout comme l'Histoire elle-même, est toujours écrite et connue... Certes, pas autant que l' Histoire parce que n'intéressant qu'un petit nombre de personnes en particulier pour des raisons précises ou personnelles...

    L'histoire dans l'Histoire est en fait une histoire inconnue, et qui demeure à jamais inconnue... Mais c'est une histoire qui a une existence, une réalité... dont on soupçonne l'existence parfois , et qui fait l'objet de toutes sortes de suppositions, qui éveille de l'imaginaire...

    De même qu'il y a toujours une histoire dans L'Histoire... Il y a toujours, aussi, une histoire dans l'histoire de la vie d'une personne... Une histoire inconnue qui demeure à jamais inconnue... Parce l'écrivain lui-même ou l'auteur ou l'artiste ou l'artisan de son Histoire (et donc de son oeuvre tout entière) n'écrit pas cette "histoire dans l'histoire de sa vie"... Cette "histoire dans l'histoire de sa vie" qui a cependant une existence, une réalité, mais qui ne peut, si belle ou si triste qu'elle soit, être jetée dans l'Histoire...

  • L'oiseau mouillé dans le creux de la main

    "Un écrivain est essentiellement un homme qui ne se résigne pas à la solitude. Chacun de nous est un désert".

    [ François Mauriac ]

    ... Un homme ou UNE FEMME... aimerais-je préciser cependant...

    ... La solitude de l'écrivain ou du poète, et même la solitude de l'homme ou de la femme ordinaire dans la traversée de la vie ; vient parfois trembler comme un oiseau mouillé dans le creux de la main délicate qui l'accueille... Et dans cette main elle s'y détend et oublie la faim qu'elle a d'y exploser ce qu'elle contient ; elle y souffle entre les doigts son haleine d'oiseau qui, bien plus qu'une confidence, est une âme tout entière, une âme inexplosée mais sans fin et tendue dans la joie qu'elle a d'être accueillie...

    Mais les solitudes pour la plupart d'entre elles, sont des solitudes qui hurlent, aussi bien celles des écrivains et des poètes, que celles des hommes et des femmes ordinaires...

  • Tous ces êtres...

    Tous ces êtres qui nous attendent et que l'on ne touche jamais ni d'un mot ni d'un regard ni d'un doigt...

    Tous ces êtres qui passent et sur lesquels nous "confettisons", silhouettes proches ou lointaines qui n'entreront jamais en notre fête...

    Tous ces êtres qui chantent, rient ou pleurent, et qui autour de nous "confettisent" aussi, visages proches ou lointains, alors que nous passons à côté de la fête qu'ils font, sans les voir, sans les écouter...

    Il est vrai aussi que la fête peut se faire bruyante, sans manèges enchantés, ou si troublante ou si étrange que personne ne s'y arrête...

    Toutes ces attentes que l'on a et qui mordent dans le silence !

    Tout ce qui nous vient d'ici ou d'ailleurs, d'elle ou de lui, d'eux, de tous ces visages... Et qui sombre dans une indifférence entretenue...

    Et il n'y a qu'une fois, une seule fois...

    En une seule vie...

    En une seule traversée...

    L'attente, la volée de confettis...

    Le silence mordu...

    L'indifférence comme la poussière effaçant les traces de nos pas...

    Et les traces de leurs pas...