Articles de yugcib

  • Vers un millénaire ou une ère d'absurdité ?

     

         L'être humain dans sa forme , dans sa morphologie et dans ses caractères actuels, est le même être humain que celui qui vivait il y a trente cinq mille ans en Europe, et dont on retrouvait des représentants du même genre à quelques variantes près en Afrique et en Asie centrale, et un peu plus tard en Amérique...

    Si son contemporain de l'époque ( de – 40 000 à – 15 000) l'homme dit "de Néanderthal"(et qui lui, peuplait des régions de notre planète depuis 120 000 mille ans) a progressivement disparu entre – 25 000 et – 15 000 ; l'homme "moderne" quant à lui, a commencé d'exister vers - 40 000 c'est à dire durant la dernière glaciation (qui a cependant, un peu reculé entre – 35 000 et – 25 000).

    Alors que les Néanderthaliens étaient en voie de disparition, vers – 25 000 la glaciation entre dans sa phase terminale et se renforce même, de – 20 000 à – 18 000.

    L'homme "moderne" s'est non seulement développé durant la période glaciaire (un peu atténuée certes) mais il a survécu à la dernière phase sévère de la glaciation...

     

    ... Il semble que notre espèce actuelle qui a 40 000 ans d'existence environ, entre dans un "millénaire d'absurdité" (absurdité économique, sociétale, intellectuelle, civilisationnelle)...

    Et je me demande si une glaciation (si elle devait survenir) ne serait pas encore "préférable" à un millénaire (ou à un temps indéterminé) d'absurdité...

    Survivre à une ère d'absurdité économique, sociétale, intellectuelle et civilisationnelle... Me paraît très incertain si l'être humain n'entre pas peu à peu dans une autre phase de son évolution...

    Dans notre patrimoine génétique, nous aurions, nous, descendants directs de cet "homme moderne" qui vivait il y a trente cinq mille ans ; un peu moins de 5% des gènes des Néanderthaliens... Ce qui prouverait que les deux espèces d'êtres humains, même si elles avaient à peu près le même mode de vie, la même technologie dans la fabrication des outils, la même "intelligence", étaient donc assez différentes l'une de l'autre...

    Nous serions peut-être (c'est une hypothèse que j'ose avancer), en notre état d'homme "moderne" actuel, des sortes de "Néanderthaliens" qui pourraient prochainement coexister avec une nouvelle forme d'homme "moderne" empruntant elle aussi tout comme il y a 40 000 ans, 5% (plus ou moins) du patrimoine génétique de l'espèce existante...

     

  • Il y a trente cinq mille ans...

     

         Il y a trente cinq mille ans, il n'y avait pas de Bible, pas de Coran ni aucun autre « livre saint »... Pas d'églises, pas de mosquées ni de temples ni de cathédrales ; pas de Chrétiens, pas de Musulmans ni de Juifs..

    Mais il y avait les Esprits !

    Ah, les Esprits! Ces « putains d'esprits » (bons ou mauvais) qui régissaient la vie des communautés humaines éparpillées sur les continents de la Terre d'alors... !

    Les humains de ces époques lointaines observaient les viscères des animaux morts, et en déduisaient à quoi servait tel ou tel organe ; ils connaissaient les vertus de toutes sortes d'herbes et de plantes... Mais la bactérie, le virus, le pus, le gonflement, la douleur, l'empoisonnement, tout cela c'était « les Esprits »...

    Et les tremblements de terre, la foudre, le vent, la pluie, l'incendie, l'inondation, l'éboulement de roches... Cela aussi c'était « les Esprits »...

    Et les esprits étaient aussi dans la relation, la relation des humains entre eux et avec les plantes, les animaux, les objets...

    Et, entre les humains, les humains ordinaires et vaquant à leurs occupations quotidiennes... Et les Esprits, il y avait les Sorciers... qui n'étaient comme leurs congénères que des humains, mais investis de pouvoir et d'autorité...

    En somme, les Esprits, c'était la Science, la science encore inconnue et comme un paysage dont on voit tout ce qui le compose dans le détail et dans son ensemble ; la science en le seul état de ce qui se voit et se ressent mais que l'on ne peut expliquer autrement que par l'existence des esprits...

    Je dis « ces putains d'esprits » parce qu'on leur faisait dire à l'époque, à ces esprits, « tout ce qu'on voulait qu'ils disent » selon les aspirations ou les intérêts du moment des uns ou des autres...

    Avec la Bible et les curés, avec le Coran et les Imans, il s'est avéré que les intérêts et les aspirations du moment, soutenus ou confortés par la « révélation », l'écriture et le prêche, se sont affirmés avec plus de force et plus de violence...

    En définitive ces « Esprits » d' il y a trente cinq mille ans... Quoiqu'ils m'eussent pompé l'air si j'eus vécu en ce temps là... Je les trouve « plus crédibles » ou « mieux fondés » que nos religions et cultes actuels (qui ne sont peut-être que des « copies relookées de scribes sortis de diverses écoles d'un monde policé et civilisé »)

     

  • L'Amérique profonde

     

         Certains « à priori » me paraissent « mieux fondés » que d'autres... En voici un que j'énonce à ma manière :

     

    « Il y aurait aux Etats Unis d'Amérique, une différence « plus marquée encore » qu'en France, entre d'une part la classe dirigeante, celle des riches et des gens à revenus « moyens », des privilégiés et des élites (milieux intellectuels, scientifiques, artistes)... Et d'autre part la classe des pauvres, des gens  ordinaires et anonymes à revenus très modestes »...

     

    Non pas que les élites en Amérique soient forcément « de plus grand renom et meilleures que nos élites en France ou en Europe ou en Chine ou ailleurs dans le monde... Mais la différence tient pour l'essentiel je crois, à la déchéance, à la médiocrité ambiante et à la banalité du quotidien dans lesquelles vivent des millions d'Américains pauvres ou à revenus plus que modestes...

    Prenons par exemple le « citoyen Lambda » d'une petite ville du Texas ou de l'Iowa, qui n' a pu poursuivre d'études faute du moindre financement (de sa famille ou autre), ou qui pire encore, n'a reçu qu'une éducation très sommaire voire inexistante... Quel peut être « l'horizon » de ce citoyen ?

    C'est à peine déjà s'il sait que la Terre est ronde ! (il ne le sait en vérité, que parce qu'un jour à la Télé, il a vu une image satellite)... Il n'écrit ni ne lit, il n'entend que les « potins » de son quartier ou de sa ville, il vit dans l'indigence (parfois même sans électricité ni télévision ni même de logement pour les plus démunis -qui sont légions-) , il va le dimanche écouter béatement le sermon ou le prêche du pasteur ou du révérend (qui lui dit : « c'est dieu qui a créé le monde »), et il « traîne » des heures, avec ses potes et trois ou quatre caisses de bière sous le grand réservoir cylindrique de sa ville... Et tout au loin, se profilent les Rocheuses au delà d'une étendue immense de plaines... Un « horizon » qui nivelle les rêves ou les éteint plutôt qu'il ne les allume... Un « horizon » qui n'incite jamais à « voyager » ailleurs que dans le saloon du quartier et dans les vapeurs d'alcool...

    Le sort ou le destin de ce citoyen Lambda de « l'Amérique profonde » n'est guère plus enviable que celui d'un Chinois pauvre, d'un habitant du Sahel ou d'une banlieue miséreuse de Rio de Janeiro, de Mexico ou de Johanesbourg...

    Si dans nos grandes villes en France ou dans nos « zones rurales urbanisées » nous n'en sommes pas encore tout à fait « à ce point là »... Nous « en prenons le chemin »...

    En France nous avons tout de même encore quelques médiathèques, bibliothèques, associations socioculturelles ou sportives ou d'artistes ; des « infrastructures modernes et adaptées » et une « organisation de la vie en société »... Alors qu'aux USA, tout cela en partie, n' existe plus ou moins, que sous l'égide de quelque communauté religieuse...

    Doit-on en déduire que, plus il y a de religion, et plus il y a de l'obscurantisme ? Le pire étant la religion associée et « pacsée » avec le pouvoir économique et financier et politique...

    Un certain nombre de personnes, en France et en Europe (mais peut-être encore plus en France qu'ailleurs)... Pensent que tous ces millions de gens  très ordinaires ou sans éducation et désoeuvrés d'Amérique du Nord (et de France) vivent et acceptent de vivre (et même se complaisent par facilité ou veulerie) dans une médiocrité ambiante et générale, « éclipsant » le fait pourtant avéré, que cette médiocrité est « orchestrée », organisée, planifiée à grande échelle par les gouvernements à la solde et à la botte des banquiers et des financiers et des élites et magnats et autres décideurs.

    Se sachant ou se prétendant, eux, « moins médiocres » ou « plus intellectuels », ils en viennent à mépriser ces millions de gens qui selon leurs propos (toujours les mêmes) n'auraient que ce qu'ils méritent et doivent donc continuer à végéter... et surtout à « ne pas emmerder les bons citoyens  bien englués dans leur petit confort ...

    L'éducation et la capacité à réfléchir, à décider soi-même et à « se prendre en main »... Ne peuvent « ad eternam » être le seul droit et bien, des riches et des privilégiés, pendant que les autres seraient exclus de ce droit et de ce bien...

    Par cette « marche » inexorable et injuste qui dure depuis des millénaires et qui ressemble à une galère romaine avec batteurs, aides batteurs, chefs batteurs et rameurs... C'est toute la Terre et l'humanité qu'elle contient, qui se « condamne à mort »...

    Et peu importe alors, les rameurs épuisés que l'on jette par dessus bord, puisqu'au prochain port, banquetteront les batteurs avec le gouverneur et ses ministres !

     

  • Pfff' f' th... !

     

         Je ne suis pas assez bon caricaturiste pour produire le dessin qui me vient à l'esprit (ou plus exactement "qui me monte à la tête") après avoir vu Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde et le Président Chinois accompagné de son épouse toute vêtue de rouge (et toutes les "huiles politiques" du Gouvernement Français) au dîner de l'Elysée... L'on pouvait voir sur la table une énorme corbeille de roses rouges entourée de toute une "théorie" de pièces de vaisselle en argent aux motifs "baroque"...

    De gauche à droite, se tenaient Christine Lagarde, le président Chinois, Nicolas Sarkozy et l'épouse du président Chinois... Où était placée Carla, je ne sais plus...

    ... J'improvise :

    Le moment est solennel : le maître d'hôtel en chef et le sommelier en titre, font leur entrée dans le salon de l'Elysée... Nicolas Sarkozy va prononcer quelques mots et « s'éclaircit la gorge »...

    Christine Lagarde très droite dans sa veste bleu marine impeccable aux épaulettes renforcées, avec une belle écharpe chiquement arrangée autour de son cou, sent venir un gaz... Ses lèvres anales s'écartent doucement sous la poussée du gaz qui lui vient de son intestin... pfff'f'th... un pfff'f'th parfaitement inaudible mais qui "file" comme un petit souffle long de respiration profonde... Une discrète "odorance" tout d'abord, commence à se répandre sous sa jupe et sous la table... Et l'odorance discrète se transforme rapidement en une pestilence de décomposition de boyaux qui embaume les personnes présentes à ses côtés...

    Nicolas Sarkozy est "un peu gêné" mais il ne laisse rien voir de son embarras : il croit que c'est le président Chinois qui a "loufé"...

    ... Je me souviens, un jour quand j'avais onze ans et que j'allais me promener du côté de la "ferme des cochons", j'observai une grosse truie qui faisait placidement le tour de sa cabane de planches... La truie péta : son anus écarté vibrait comme deux feuilles sous une onde sonore, j'ai entendu un long "pfff'f'th", et ça a pué comme jamais de ma vie je n'avais encore senti puer...

    L'être humain et le porc sont des omnivores et ont le même appareil digestif... Mais ce ne sera jamais un « pfff'f'th » odorant ou pas, silencieux ou bruyant, qui changera quoi que ce soit en matière d'accords commerciaux entre états ou nations...

    Un pays de plus d'un milliard d'humains produira forcément par ses écoles et par ses universités, davantage d'ingénieurs, de chercheurs, de scientifiques, qu'un pays de soixante ou cent millions d'humains... Ce qui fait donc la force de la Chine du 21 ème siècle, c'est son milliard et demi d'habitants et dans ce milliard et demi, les trois cents millions d'entre eux qui depuis peu, « vivent aussi bien ou presque », que quelques millions de Français avec maison ou appartement, voiture, électroménager, vacances, équipements de loisirs, télévision, téléphonie et Internet...

    Accords « historiques »? Tapis rouge ? Quelque « fausse note » (en particulier ce petit « Pfff'f'th » qui eût pu être) ? Bah... Cela fera cent, mille, dix ou quinze mille emplois de ci de là... Mais combien encore de salaires de misère, de « déclassés », de chômeurs, de part et d'autre des « empires du milieu » de l'argent ?

    Il ne faudra peut-être pas aux Chinois, depuis le début du 21 ème siècle, comme mille ans d'Ancien Régime » en France , pour parvenir au niveau d'une civilisation des droits humains et sociaux qui d'ailleurs en France et en Europe sont de plus en plus bafoués...

     

  • Quel avenir pour la forêt Landaise ?

     

    D'ici quelques années il ne restera rien ou presque plus rien, de la forêt Landaise... Qui aurait pu cependant se remettre de la tempête de décembre 1999 s'il n'y avait eu dix ans plus tard une autre tempête plus terrible et plus dévastatrice encore, celle du 24 janvier 2009...

    Et quand une forêt se meurt, une forêt d'une grandeur telle que la forêt Landaise, c'est notre planète la Terre qui, comme le corps d'une bête ou d'un humain, perd un doigt, une main, un pied, une patte, une partie de son pelage ou de sa peau...

    Fragilisés parce qu'en partie déracinés, courbés, tordus ou fendus, les pins qui ont survécu meurent peu à peu rongés par les larves d'un insecte, par des colonies de chenilles... Et même les jeunes pins qui avaient résisté à l'ouragan sont atteints...

    Les Landes du 21 ème siècle ne reviendront pas comme on pourrait le croire, les Landes d'autrefois, d'avant la forêt de pins, du temps des bergers à échasses parcourant les marais et les étendues de bruyères et de genêts et d'ajoncs... Il y avait là, depuis le début du 20 ème siècle des industries, toutes les industries du bois, et donc un "bassin d'emplois" comme on dit de nos jours...

    Et une vie, des villes, une activité, une économie, un marché, une culture... Une civilisation, une société, en somme...

    Tout cela va peu à peu disparaître à l'exception peut-être de l'industrie touristique qui elle, tout au long du littoral Atlantique, ne cesse de "bétonner", de construire des barres d'immeubles, des lotissements de résidences de vacances, des parkings et des routes goudronnées là où il n'y avait voici dix ans, que des chemins de forêt ou des ronces et des bruyères sur des collines de sable...

    Les dancings, discothèques, boutiques de fringues et de souvenirs (soit dit en passant l'artisanat local a été remplacé par un artisanat de produits venus de pays Asiatiques ou Africains, ou encore de produits fabriqués à la chaîne et de grande marque), les restaurants, les hôtels, les campings trois ou quatre étoiles, les parcs de loisirs et d'attractions foraines, les casinos... Tout cela désormais, puisqu'il n'y aura plus que les plages... Défiera cette mort immense toute proche du côté où se lève le soleil, ce silence et ce désert des Landes, ces villes et villages dépeuplés...

    L'orgueil des riches et des pauvres qui jouent aux riches, et le farniente, et le paraître, et le "bling/bling" d'une jeunesse égoïste arrogante et friquée, et la loi du marché, la loi de la Bourse, la loi du fric pourri, et les aménagements fiscaux en faveur des privilégiés... Et l'indifférence des élus de la nation et de l'europe devant le désastre économique d'une région entière ; tout cela se fout de la forêt qui meurt et de l'avenir d'une population...

     

  • Les Psychlos dominent la Terre

     

    La planète Psychlo c'est le monde des consortiums économiques, industriels, agro-alimentaires et commerciaux, avec leurs groupes de dirigeants, leurs gens d'affaire, leurs conseillers, leurs banquiers et leurs actionnaires... Et c'est aussi le monde des élites des milieux intellectuels, des milliardaires et de tous les privilégiés de ce monde que l'on voit partout, à la télévision, dans les conférences internationales; de tous ces personnages « le cul bordé de nouilles » qui se pavanent dans les salons, qui « politiquent et discourent », ont tous de grandes maisons entourées de parcs ou de domaines, des résidences de villégiature, des avions et des bateaux...

    Ils parlent tous le Psychlo, ces gens là ! … Et, tout comme les « Psychlos » du livre de Science Fiction de L.Ron Hubbard, ils ont trois mètres de haut, pèsent dans les 500 kilos ; ils pratiquent la téléportation et peuvent prendre forme et visage humain...

     

    Lire la suite

  • La liberté et la justice sont indissociables

     

         La liberté et la justice... Ou la justice et la liberté, sont indissociables.

    Et je dis aussi que la liberté ne peut devancer la justice, pas plus que la justice ne peut devancer la liberté, pour autant que la justice et la liberté, ou la liberté et la justice coexistent ensemble...

     

    Voici un extrait de la lettre de Michel Onfray à Nicolas Sarkozy, à propos de l'entrée au Panthéon des cendres d'Albert Camus :

     

    ... « Monsieur le Président, vous qui, depuis deux ans, avez reçu, parfois en grande pompe, des chefs d'Etat qui s'illustrent dans le meurtre, la dictature de masse, l'emprisonnement des opposants, le soutien au terrorisme international, la destruction physique de peuples minoritaires, vous qui aviez, lors de vos discours de candidat, annoncé la fin de la politique sans foi ni loi, en citant Camus d'ailleurs, comment pourrez-vous concilier votre pragmatisme insoucieux de morale avec le souci camusien de ne jamais séparer politique et morale ? En l'occurrence une morale soucieuse de principes, de vertus, de grandeur, de générosité, de fraternité, de solidarité.

    Camus parlait en effet dans L'Homme révolté de la nécessité de promouvoir un "individualisme altruiste" soucieux de liberté autant que de justice. J'écris bien : "autant que". Car, pour Camus, la liberté sans la justice, c'est la sauvagerie du plus fort, le triomphe du libéralisme, la loi des bandes, des tribus et des mafias ; la justice sans la liberté, c'est le règne des camps, des barbelés et des miradors. Disons-le autrement : la liberté sans la justice, c'est l'Amérique imposant à toute la planète le capitalisme libéral sans états d'âme ; la justice sans la liberté, c'était l'URSS faisant du camp la vérité du socialisme. Camus voulait une économie libre dans une société juste. Notre société, Monsieur le Président, celle dont vous êtes l'incarnation souveraine, n'est libre que pour les forts, elle est injuste pour les plus faibles qui incarnent aussi les plus dépourvus de liberté.

    Les plus humbles, pour lesquels Camus voulait que la politique fût faite, ont nom aujourd'hui ouvriers et chômeurs, sans-papiers et précaires, immigrés et réfugiés, sans-logis et stagiaires sans contrats, femmes dominées et minorités invisibles. Pour eux, il n'est guère question de liberté ou de justice... Ces filles et fils, frères et soeurs, descendants aujourd'hui des syndicalistes espagnols, des ouvriers venus d'Afrique du Nord, des miséreux de Kabylie, des travailleurs émigrés maghrébins jadis honorés, défendus et soutenus par Camus, ne sont guère à la fête sous votre règne. Vous êtes-vous demandé ce qu'aurait pensé Albert Camus de cette politique si peu altruiste et tellement individualiste ? »...

     

    Les Etats Unis d'Amérique de Barack Obama en 2010 (les mêmes Etats Unis de 2010 qui auraient pu être aussi ceux de Mac Cain ou de Sarah Palin, d'ailleurs)... Avec leurs cent millions de pauvres (pauvres en dessous du seuil de pauvreté), font figure d'un pays du « tiers monde » : ponts et routes, industrie et infrastructures, et écoles, complètement délabrés...

    Et la Russie d'aujourd'hui, qui se dépeuple et dont l'espérance de vie des gens diminue, la Russie des nouveaux « ultra-riches » anciens du KGB... Et tant d'autres pays qu'ils soient des républiques ou des états, dominés par les puissances d'argent et les lobbies industriels, agro-alimentaires et commerciaux... Et la Chine communiste à la pensée unique de ses dirigeants ennemis de la liberté d'expression, qui s'est très bien « pacsée » avec le libéralisme et le marché... Et la Corée du Nord seul pays du monde encore « communiste stalinien », où règne pauvreté et corruption...

    Il paraît que Dieu et que la religion vont « sauver le monde »...

     

    ... J'ai lu avec une certaine émotion je le dis, la lettre de Michel Onfray à Nicolas Sarkozy...

     

    Albert Camus (dont j'ai lu à peu près toutes les oeuvres), demeure pour moi "le plus grand philosophe, écrivain, romancier, essayiste et intellectuel de tout le 20 ème siècle"... Il y en a d'autres que lui que j'aime aussi et que je lis... Mais c'est, à quelques nuances près, Albert Camus que je préfère entre tous...

     

    A présent, en tant qu'homme (homme tout court dépouillé se son "aura" de philosophe et écrivain et penseur, homme qu'il fut en tant qu'homme dans sa vie personnelle en dehors de ses combats et de ses engagements)... Là, j'aurais peut-être quelques "réserves"...

     

    Mais quel être, en vérité, et en ce monde... Quel être quelque grand que soit son rayonnement, quelque "vénération" que l'on puisse avoir pour lui... Est cet "homme totalement et tellement et authentiquement homme dans le sens le plus noble du terme? » Et si cet homme existait, serait-il crédible ?

     

    Cette lettre certes, est d'un style d'écriture "assez dense", et manque peut-être de fluidité dans certaines phrases...

    Mais il n'en demeure pas moins qu'elle "dit des vérités" non seulement essentielles mais incontestables... (l'on ne peut qu'y souscrire alors même que l'on serait de ce « bord » qui n'est pas celui de Camus)...

    Il est "très difficile" de se poser en "détracteur" lorsque "certaines vérités" sont ainsi exprimées et "portées à bout de bras" avec toute la force d'un engagement au service de la liberté, de la justice et d'une telle dimension d'humanité...

     

    Ce qui fait généralement la « popularité » d'un écrivain, d'un journaliste, d'un chroniqueur, d'un « discoureur  public »... Ce n'est pas forcément le fait qu'il soit lu ou écouté par un très grand nombre de gens... Cela vient pour l'essentiel de la diversité et du nombre de réponses, commentaires qu'il reçoit : plus il est commenté (dans un sens ou dans un autre) et plus il est controversé ou décrié ou apprécié ou conforté... Plus il fait « parler de lui et de ce qu'il exprime », et plus il devient « populaire » donc...

    Mais lorsqu'il s'avère « très difficile » de se poser en « détracteur »... Ou « très banal » de se poser en « admirateur », parce que ce qui est alors exprimé « lamine » la controverse et invalide l'argumentation ; parce que ne répondre ou ne commenter que pour approuver ou conforter devient trop « banal »... Alors la « popularité » de l'écrivain ou de l'auteur qui s'exprime et diffuse, cesse d'être visible... Il n'y a même plus, à proprement parler, de « popularité »... Et, tout au bout de ce silence des autres qui peut paraître long, assourdissant et désespérant, vient peu à peu une certitude : la certitude de ce qui est atteint et qui va demeurer dans les coeurs et dans les esprits...

     

  • Qu'est-ce qu'un best seller ?

     

         Un best seller c'est une bête sellée -et fort bien sellée- dont on se fait sa monture de choix pour courir par tous ces chemins du monde que l'on dit « être de bonne direction »...

    Le problème c'est que les bêtes parfois -si ce n'est souvent- ne sont pas des chevaux ni même des ânes... Mais des sortes de « centaures » ou de « créatures volantes » sur le dos desquels on a posé des selles de western ou de fantasmagorie...

     

  • Quel type de queue n'aimez-vous point ?

     

    ... Les pires je crois, ce sont les queues fourchues... Je m'explique :

     

    Ce dimanche matin 31 octobre je me suis rendu à l'intermarché (ouvert le dimanche de 9h à midi)... Je n'avais rien prévu pour ce midi...

    J'ai pris un poulet.

    Y'avait à chacune des six caisses ouvertes, "une queue de tous les diables". Et toutes les queues sauf une, étaient "fourchues", c'est à dire que, contre la fin du rayonnage la queue se séparait en deux branches... Le point le plus "névralgique" dans ce genre de queue, est bien évidemment celui où les deux branches se rejoignent...

    Et l'on ne sait jamais quelle branche est "prioritaire" par rapport à l'autre... (je déteste ce type de queue)... Aussi ai-je choisi la queue (la seule des six) "non fourchue" (mais dans laquelle il n'y avait pas forcément moins de monde)...

    ... Il était 9h et demi à peu près... Je me suis dit "c'est fou ce que les gens sont pragmatiques, ils ont tous pompé que c'était cette nuit le changement d'heure, et y'a pas dans le lot un clampin quelque peu rêveur sur les bords qui a oublié de changer sa pendule"...

     

    ... C'est vrai : c'est dimanche, veille de Toussaint, y'a la messe, y'a les tombes, et hier soir à la Télé y'avait Patrick Sébastien "les années bonheur" (quand c'est pas ça c'est "le plus grand cabaret du monde")... Suivi de "On est pas couché" de Laurent Ruquier...

    Moi, les dimanche 31, ça me fait penser plutôt à ces femmes chic, qui se mettent sur leur 31 pour plaire à leur mec et faire une "belle sortie" (au cinéma ou en ville)... Et y'en a la queue toute raide à avoir...

     

  • Quelques événements du début du 21 ème siècle...

     

    Les attentats du 11 septembre 2001... La guerre en Irak en 2003... Le tsunami en Asie en 2004...

    La découverte d'eau sur Mars en 2004... la première greffe de visage en 2005... L'élection de Nicolas Sarkozy en 2007... La crise des subprimes et ses suites financières en 2007... La Belgique sans gouvernement pendant 192 jours en 2007... L'élection de Barack Obama en 2008... La grippe A/H1N1 en 2009...

     

     

    Certains de ces événements ont retenu - au moment où ils ont eu lieu - mon attention, mais aucun à mon avis ne m'a semblé absolument déterminant et suivi de conséquences qui aient pu "changer notre vie"...

    L'eau sur mars? L'élection de Nicolas Sarkozy et de Barack Obama? Le tsunami? Le 11 septembre 2001?... Y'a "pas de quoi en faire un fromage"... Quoiqu'il y ait eu "fromage" (d'une certaine odorance - ou puance?- )

    ... Par contre (et ce n'est pas mentionné dans la liste)... Il y eut - à partir de 2005 (début 2005)- les premières séries (ou vagues) de blogs... En 2004 on n'entendait pas encore vraiment parler de blogs sur Internet...

    C'est vrai que dans la vie des gens, tout d'abord des jeunes, l'arrivée des blogs a "changé la donne" dans le relationnel, dans la communication... Sans compter que déjà en 2005, il existait des téléphones portables de "nouvelle génération" qui, avec le développement des blogs et la transmission de photos et de vidéos... Nous "propulsaient" en quelque sorte dans le 21 ème siècle.

    Alors que dire, à présent, de ces "smartphones" avec écran tactile, clavier intégré, internet 3G, facebook et toutes les nouvelles applications pour une communication et une diffusion instantanées ?

    Cela "ne change pas le monde", certes... (parce que les problèmes demeurent les mêmes quand ils ne s'aggravent pas)... Mais quel "abîme" entre deux époques : celle d'avant le Net jusque vers le milieu des années 90, et celle de maintenant avec le Net depuis le milieu des années 90 !

    J'ai défini à ma manière ce qui me semblait être « l'ancien monde » et le « nouveau monde »... Et j'ai pris pour repère, une date : le 9 novembre 1989, jour où le « mur de Berlin » est tombé... Mais je dis aussi que cette date n'est qu'un repère : le jour où s'est produit en un lieu particulier du monde, un événement dont les humains vont se souvenir... Parce que l'on ne peut prendre par exemple, pour repère, le jour (quel jour dans quels jours) où les premiers téléphones portables, les premiers sites d'internet sont apparus...

    Le premier modem, en fait, a été utilisé en 1958... En 1981 déjà, certaines grandes entreprises publiques ou privées (dont la Poste par exemple en région parisienne) utilisaient des ordinateurs de guichet reliés à des centres informatiques de gestion...

    La première fois de ma vie que j'ai entendu parler de « téléphone portable » c'était en 1990, et je me souviens en effet avoir utilisé l'un des modèles commercialisés à l'époque (de simples téléphones tout juste bons à recevoir ou transmettre des appels, et munis de répertoires)...

    La première fois que j'ai entendu parler d'Internet, c'était en 1995 alors que déjà se répandaient et se commercialisaient les premiers ordinateurs en version Windows 95, et que l'on se connectait à l'Internet avec un modem de 56 Kbits (à peine)! Et j'ai donc acheté mon premier ordinateur le 8 septembre 1996, équipé en Windows 95 avec un disque dur de... 1,7 Go!... Et une fente pour introduire des CD, une autre pour y glisser des disquettes de 3,5 Mo! (on ne parlait pas encore de clé USB)...

    La première fois que j'ai entendu parler de « sites personnels » c'était en été 2001 dans une rubrique du journal Sud Ouest Dimanche... Mais en ce temps là, et ce jusqu'en 2004/2005, il n'y avait pas à proprement parler, d'hébergeurs de sites, et il fallait donc « construire » soi même son site...

    Et « tout est ensuite allé très vite » à compter de 2005 : le haut, voire très haut débit, le Wifi, le 3G, les blogs, les hébergeurs de sites, les nouvelles générations de téléphones portables, l'e-book...

     

    On peut dire qu'avant le 9 novembre 1989 (puisque je prends cette date pour repère)... C'était « l'ancien monde » : le monde sans l'internet et sans la téléphonie mobile... Le monde des machines à écrire, des télex ou télégrammes, du courrier postal et des lettres avec un timbre, du Fax et des magnétophones...

    Et il me vient parfois une réflexion « grave et profonde » dans laquelle entre une part d'émotion, à la pensée de tous ces artistes, écrivains et intellectuels, poètes, romanciers, chroniqueurs, journalistes... Nés avant 1940 voire 1930 ou 1920, qui ont traversé le 20 ème siècle dans l'environnement de « l'ancien monde »... Et n'ont pas connu (ou seulement dans leurs vieux jours), le « nouveau monde »...

    Dans le même « ordre d'idées » et avec, tout aussi également, la même réflexion « grave et profonde et emplie d'émotion »... je pense à tous ces artistes, ces écrivains, ces intellectuels, ces romanciers, poètes, chroniqueurs et journalistes... Nés après les années 60 du 20 ème siècle (ou qui sont nés ou naîtront dans le « nouveau monde »)... Les uns auront encore connu « l'ancien monde »,

    et les autres, trop jeunes encore pour être des écrivains ou des romanciers, évolueront dans le « nouveau monde » avec la seule connaissance de « l'ancien » par les écrits, les images et les documents...

     

     

  • Les humoristes

     

         La plupart des humoristes qui se produisent en salle, sur les plateaux de télévision ou sur la place publique, aujourd'hui ne me font pas rire du tout...

    Il est vrai que, d'une part je ne regarde jamais ou très rarement ces shows télévisés ou émissions de divertissement dans les quelles se produisent les humoristes, et que d'autre part, ma connaissance de ces humoristes demeure très limitée, et que je ne sais donc pas s'il y a de « bons » humoristes et qui sont-ils...

    Mon sentiment est que, d'une manière générale, les humoristes d'aujourd'hui « n'enfoncent pas le bâton – et ne touillent pas- dans les lessiveuses qu'il faudrait »... (l'image est mal choisie parce que de nos jours dans nos pays à économie avancée et technologique, il n'y a plus que des machines à laver)...

    Il est cependant de ces « lessiveuses » dans lesquelles bon nombre de gens « trempent »... Le plus souvent dans un silence résigné et dans le coin le plus obscur de leur demeure... Et souffrent, seuls, sans jamais évoquer le « sujet » (c'est à dire le bout de drap taché – et bien taché- qui résiste aux « enzymes »... Et c'est à peine si de temps à autre, comme s'ils souhaitaient malgré eux que la « tache » se mette à bouillonner en surface, ils se risquent à quelque allusion très indirecte...

    À mon sens l'humour ne porte vraiment que lorsque le bâton s'enfonce et touille dans la lessiveuse dont personne ne parle...

    L'on n'ose pas même les nommer, ces « lessiveuses »!... qui ont de ces linges crasses ou en sang noir dont les enzymes les plus gloutons ne viennent jamais à bout... Et ces linges « indignes » sont aussi comme des peurs que l'on enfouit en soi, que l'on ne traitera jamais par la drôlerie ou par la dérision, dont on ne cessera jamais de pleurer ou de s'effrayer en silence, en silence résigné, solitaire et souffrant...

    Pensez donc, imaginez la lessiveuse sur un grand fourneau « quatre pots » surmonté d'un tuyau très haut, en plein milieu de la place publique ! (l'image peut à juste titre paraître « assez surréaliste »)...

    Je me souviens de cet habitué d'un bistrot de Paris du 12 ème arrondissement, un bistrot dans lequel je me rendais du temps où je travaillais au centre de tri postal PLM... Le type, récemment amputé d'une jambe (de toute la jambe jusqu'en haut de la cuisse) « faisait le clown » devant le comptoir au milieu d'autres habitués, et à chaque pirouette de mots drôles, à chacune de ses réflexions sur un sujet d'actualité, il levait haut sa jambe de bois (une béquille à dire vrai) et tapait un grand coup sur le zinc au risque de renverser les verres. Il partait ensuite d'un grand éclat de rire, et « faisait des figures de style » avec sa jambe béquille, et « pied-au-cul-tait » le postérieur de ses potes, et payait une « tournée générale »...

    Mais, mais... Une jambe de bois n'est jamais qu'une jambe de bois... Il y a pire... Ou pire encore : il pourrait y avoir pire...

     

    ... J'aimais beaucoup Pierre Desproges...

    Au moins lui, il "décapait" ! (dans un certain sens, bien que cela ne soit pas du tout comparable, je le trouvais parfois "encore plus décapant" que Coluche, Coluche que j'aimais beaucoup aussi !)

     

    ... La pratique de l'auto dérision dans certains domaines de sensibilité... Tout comme la lecture de quelques auteurs de littérature ou écrivains "hors normes"(et d'ailleurs décriés)... Contribuent largement à me "sauver du désespoir"...

     

    "Se foutre de sa propre gueule", ou encore "péter sur ses propres certitudes », ou remettre en cause sa pensée "; "se descendre avant que les autres te descendent"... C'est, dans une certaine mesure "gagner ce ciel de son vivant où l'on peut voler libre et haut, avant d'atteindre le ciel que le "bon dieu" a promis "si..."

     

     

     

  • Photos, images et écrits sur les blogs

     

         De très nombreux auteurs de blogs et de sites publient des photographies qui, à mon avis, sont bien plus à leur place dans un album que l’on regarde en famille ou entre amis ; plutôt qu’ainsi exposées à la vue de tous sur la Toile.

    Est-il vraiment nécessaire (et souhaitable) dans un monde aussi dangereux, ouvert à toutes les curiosités, à toutes sortes de motivations, à toutes les utilisations possibles de documents personnels, voire intimes… De se découvrir ? De s’exposer comme dans une vitrine, de diffuser des images certes très belles et parfois même originales mais si personnelles ?

    Ou encore de produire des photographies de personnes très proches ?

    Qu’un auteur, un écrivain, un artiste reconnu dans le monde ; qu’une personne connue de longue date dans l’environnement relationnel qui est le sien ; puisse produire dans un livre, sur un blog ou sur un site, des documents le concernant, des photographies par exemple ; cela je le conçois et le juge même parfois nécessaire. Mais seulement dans la mesure où ces documents entrent dans ce que l’on peut définir comme une œuvre littéraire ou artistique pouvant survivre à son auteur… Et encore ! Faut-il établir une différence entre ce qui est du domaine de l’intime, et ce qui ne l’est pas…

    L’intime, à mon sens, ne peut être directement révélé et encore moins exposé. [Cela dit, que penser d’André Gide et de son « Si le grain ne meurt » ?... Par exemple]

    L’intime, par contre, peut être « transposé » dans un récit ou apparaître dans une œuvre, et cela par des personnages inventés ou créés de toutes pièces, en des situations imaginaires… Ou ayant eu lieu mais « arrangées »…

    L’intime, directement produit sur la scène du monde, même embelli et divulgué avec la plus grande sincérité selon l’idée affichée que « l’on n’a rien à cacher »… serait presque une forme d’exhibitionnisme en laquelle « Moi Je » est le personnage central… Et dominant de tout son ressenti, de toutes ses émotions, de tout son « Ego »…

    Ce qui n’est pas du domaine de l’intime, mais du monde, de notre environnement ; peut cependant entrer dans une oeuvre personnelle comme si c'était l'expression « intime » d'une situation, d'un événement ou d'un fait divers : il se noue alors un lien entre l’intime en soi et le « transmissible » autour de soi...

    Et par la portée, par le rayonnement de « l'intime en soi » révélé indirectement dans la relation écrite ou exprimée, il n'y a plus cette « éclaboussure » de la crudité même de l'intime telle qu'elle nous est projetée ordinairement et directement...

    Ayant à ce jour consulté plus ou moins régulièrement des blogs qui ne sont pas -ou très peu- des journaux intimes, je constate que, dans le sens de ce que je viens d’exprimer, les photos ou les documents qui apparaissent dans ces blogs là, sont diffusés dans l’esprit d’un projet littéraire ou artistique, ou plus généralement dans l'esprit d'une relation épurée de tout effet ostentatoire ou d'inutiles expositions... Et qu’ alors, il n’y a aucune confusion possible avec un simple journal intime tel qu’on en peut voir, et par milliers sur la Toile…

    Un blog certes, peut être l’un ou l’autre : le journal de sa vie et de ses activités au jour le jour ; ou une oeuvre au même titre qu'une oeuvre en livres ou en écrits...

    Se découvrir, se révéler sur un blog ou sur un site, que tant de personnes étrangères à notre environnement visitent ; c’est assurément prendre quelques risques, s’exposer ou se fragiliser dans la mesure où ce que l’on divulgue peut être exploité, utilisé ou récupéré.

    Mais se découvrir, c’est aussi par le choix que l’on fait de diffuser des photos ou des images ou des écrits ; exporter « quelque chose de soi » qui est peut-être attendu, espéré, rêvé… Par l’autre, par les autres.

     

  • Georges Frèche

     

         Ayant appris la mort de Georges Frèche, je me souviens de ce que j'avais écrit à son sujet, exprimant ma colère contre les propos qu'il avait tenus sur les harkis...

    Aujourd'hui alors qu'il vient de disparaître à la suite d'une crise cardiaque à l'âge de 72 ans, je ne peux pas dire que j'éprouve un chagrin fou...

    Cependant, la mort de cet homme fait monter en moi toute une réflexion grave et profonde sur le sens de ce que nous espérons et réalisons dans notre vie... Et aussi sur la portée du rayonnement que l'on peut diffuser autour de soi, si modeste ou si grand qu'il soit...

    Il y a bien là, comme de l'autre côté d'une immense et fracassante chute d'eau, quelque chose de mystérieux, de trouble, d'indicible... qui nous échappe et que peut-être on aimerait rejoindre...

    Il y avait, dans l'intonation même de la voix de cet homme, lorsqu'il s'exprimait « du fond de ses tripes », quelque chose qui ressemblait à un cri d'adolescent turbulent du midi de la France ne supportant pas l'injustice...

    Mais parce qu'il ne supportait pas l'injustice, il en arrivait à dire des choses injustes et même scandaleuses.

    Une autre manière aussi, de comportement et de propos d'enfant turbulent et ingérable du midi de la France, c'était la provocation délibérée...

    L'un des personnages les plus « truculents » du « paysage politique » de la France d'aujourd'hui, vient de disparaître... Il nous reste – entre autres – Jean Marie Le Pen et sa fille Marine... Et Jean Luc Mélenchon...

    Dans le « paysage » de la littérature contemporaine, je ne sais pas s'il y a vraiment des personnages aussi « truculents et ingérables »... parmi les plus et mieux connus d'entre eux...

    Ce sont « ces personnages là », truculents et ingérables (et dérangeants)... Qui font défaut dans la plupart des « paysages »... Eux au moins, « ne font guère dans ce troudebalisme consensuel » dans lequel des millions de Français jeunes et vieux se complaisent en face de leurs télés ou en lisant des revues à sensation...

     

  • Restez poli !

     

    Chronique de René Borg, dans VOSGES MATIN, le dimanche 24 octobre 2010 :

     

    "IPSOS publie un sondage édifiant sur l'incivisme. Plus de deux Français sur trois estiment que l'incivisme a eu tendance à progresser ces dix dernières années. Les personnes âgées sont encore plus sévères (tu m'étonnes!). Juste, en passant, cette précision qu'IPSOS a zappée : le civisme concerne le respect par rapport à la chose publique. La civilité, parce qu'en fait il s'agit bien de cela, se définit par rapport au respect des règles du bien vivre. Nuance. Mais il s'agit bien d'incivilité dont on parle, celle qui fait dire par 69% des Français, faire preuve de civisme c'est avant tout respecter les autres – ses voisins, toute personne quels que soient son sexe, son âge, son origine. Au fond, cela peut paraître surréaliste de mettre le doigt là dessus, ce que regrette la France profonde sondagée tient à l'incivilité, pas l'incivisme (il s'agit bien d'un autre problème) qui gagne. Le bus surabondé où personne ne cède sa place à la dame âgée. Le carrefour où tout le monde bourre au vert, quitte à paralyser la circulation. La station d'essence où l'on veut se goinfrer de gazole, même si les autres, derrière, ont de bonnes chances de faire ceinture. Rester poli revient à passer pour un demeuré. Inversement, forcer le trait attire l'attention. Comme Jean Luc Mélenchon quand il traite David Poujadas de salaud, larbin, laquais des puissants. C'est du dernier impoli. Mais cela fait le buzz, comme le casse-toi-pov'con, de triste mémoire. Puisque l'exemple vient d'en haut, alors... "

     

    ... Les mêmes 69% de Français (dont vous et moi peuvent faire partie)... Ceux et celles qui "déplorent" (et s'expriment sur ce sujet d'incivilité -souvent d'ailleurs en usant de propos outranciers-) sont en fait les premiers à se comporter égoïstement, vulgairement et avec insolence en maintes situations où ils ont à subir quelque gêne... Et en maintes situations aussi, où ils font preuve d'une passivité ou d'une indifférence ne pouvant que ressembler à de la goujaterie...

    L'exemple de situation le plus endémique, le plus généralisé qui soit entre tous les exemples que l'on peut citer... C'est celui de l'automobiliste rageur et impatient qui, engagé sur une voie, dans un rond point ou se préparant à tourner dans une rue en centre ville, klaxonne brutalement derrière un autre automobiliste hésitant et mal à l'aise dans la circulation...

    (Tout le monde ne dispose pas d'un "GPS" ou autre petit ordinateur sur son tableau de bord).

    ... Oui, c'est vrai – oh combien vrai hélas!- ... "L'exemple vient d'en haut" : d'un président de la République Française même... Jusqu'à bon nombre de nos élus (de droite comme de gauche) en passant par des gens de télévision, de spectacle, et des "célébrités"... Alors comment s'étonner que le "lambda" ou la "lambdade" du coin de la rue, qui du matin au soir tout autour de lui et sur les radios et les télés, n'entend que des vociférations obscènes, des réflexions "à l'emporte pièce" ou des propos outranciers à "effets spéciaux"... Ne se mette pas lui ou elle aussi, à vociférer, à bousculer, à klaxonner ?

     

    ... Mais ce que l'on oublie de dire... et d'écrire... Ce qui passe inaperçu (ou "surréaliste")... Ce qui parfois surprend ou interpelle et peut-paraître "d'un autre temps"... Ce qui est, en fait, le "plus gros pavé que l'on puisse jeter dans une mare"... C'est cette gentillesse, cette délicatesse, cette humilité toute empreinte de dignité, cette merveilleuse simplicité de certaines personnes, dont nous pouvons être les témoins tout proches et directs... Et parmi ces gens là, il y a des "très jeunes", et des gens de toutes conditions et de toutes origines.

    L'environnement familial ou social ou économique, la mode, la culture du temps, l'éducation... Le comportement des uns et des autres (en particulier celui des "bien placés sur la scène publique")... Tout cela n'est pas d'une fatalité ni d'un déterminisme absolu qui nous "plomberait tous"...

     

    ... Petite précision de ma part :

    J'aime bien Jean Luc Mélenchon, ayant comme on dit "le coeur fortement ancré à gauche" (et partageant en grande partie ses idées)...

    J'aime beaucoup moins David Poujadas, que je trouve trop "consensuel"... Et dont le "petit sourire" m'énerve quelque peu...

    Mais bon... On peut aimer les gens sans pour autant apprécier certains de leurs propos et la manière dont ils s'expriment ; et on peut ne pas apprécier les gens sans pour autant les "descendre en flèches enduites de pourriture" en public...