Le p'tit coin de Yugcib

P1000015 1Bienvenue dans mon petit coin : ici c'est l'entrée et vous accrochez vos manteaux, vos vestes, vos impers... Ensuite je vous convie à la découverte de ces billets qui viennent les uns à la suite des autres depuis mai 2009... 

NOTE : les billets sont classés par catégories qui figurent dans le menu à gauche : faire défiler jusqu'à BLOG où apparaissent les noms des catégories du blog, puis la liste des derniers billets publiés. 

  • Le paon d'Yvette

     

    Il avait sa paone! Mais la paone qui dormait toujours au pied d'un arbre, fut surprise une nuit par un renard...

    Alors le paon demeura seul.

    Léo chantait de février à août, vingt à trente fois dans la journée et parfois une ou deux fois la nuit...

    Jamais je n'ai autant aimé ce chant là, que celui de tout autre oiseau... Peut-être parce que le cri du paon, celui d'Yvette ma voisine, celui de tous ceux que j'ai entendus, me semblait être l'expression d'une traversée de vie ; d'une vie comme un été orageux de lumière bleue, d'ombres chaudes de nuages et de bruissements de feuilles...

    Un jour j'ai imaginé que Léo pouvait penser et ressentir comme un humain... Mais alors comment répondre à ce chant? Avec seulement des mots d'humain?

    Et Léo un jour d'août, alors que son cri déjà s'éteignait dans une lumière de fin d'été, fut blessé dans un combat qu'il eut avec un chien et mourut...

    Désormais la traversée se ferait sans le cri de Léo...

     

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  • Comment voyez vous le jour de votre centenaire ?

    Je serais photographié à côté d'une jeune et jolie femme très bien habillée, très chic, très élégante et d'une gentillesse à en “mourir de régal”... Ou même de plusieurs jeunes et jolies femmes...

    Il n'y aurait pas, sur la table de fête, un énorme gâteau plantureux avec plein de bougies dessus... Mais un saucisson 10% seulement de “matière crasse”, une bouteille de pinard, quelques petits gâteaux “qui coulent pas” et sans doute des bouteilles de champagne...

    Il y aurait “toute une flopée” de journalistes et j'en profiterais pour parler de mon site et de mon blog... Et des bouquins que j'ai écrits...

    Parce que “avoir cent ans” c'est un “grand évènement”, et comme les journalistes venus me voir seraient des gens d'une “certaine dimension d'humanité et de sensibilité”... Mon site et mon blog auraient un certain succès , même auprès de personnes qui auparavant et toute ma vie durant, m'avaient trouvé confus, oiseux, trop long ou trop idéaliste...

    Il va sans dire qu'en 2048 (je suis né en 1948) le sommaire de mon site “battrait un record de défilement”, que je serais dans plus de mille pages de Google, et qu'il faudrait plusieurs livres de la collection “La Pléïade” pour rassembler tout ce que j'ai pu écrire dans ma vie, avec les correspondances, les courriels aux amis, etc.

    Je louerais des vélos pour qu'ensemble, avec les journalistes venus me voir, on fasse un “tour en ville”, et avec les jeunes femmes je ferais un tour “d'auto-vélo” (arrêt devant chaque boutique de prêt à porter ou de mode féminin)...

    Je raconterais des histoires drôles, et le soir nous dormirions tous dans un grand dortoir d'auberge de jeunesse ou de refuge... Après avoir fait la “plus belle fête de ma vie”...

    ... C'est vrai : “avoir cent ans” c'est quand même un “sacré évènement – trampoline”!

     

    ... “ Il y a de ces rêves d'enfant qui sont à la limite d'être des rêves d'adulte, et donc tout près d'être pris au sérieux par celui ou celle qui a ces rêves dans sa vie : ce sont ces rêves là qu'il importe peut-être de traiter en sa tête avec un certain humour et une certaine dérision... Afin d'éviter que ces rêves nous “mangent la tête”.

    ... Il y a de ces rêves qui ne sont que des rêves d'adulte parce qu'ils ont perdu ce qu'il y avait d'enfant en eux, ont grandi trop fort et trop vite et ont parfois fini par empester leur entourage : ces rêves là, il importe mais avec une certaine prudence, de les dénoncer ; avec résolution de ne pas se laisser impressionner par eux...

    ... Il y a ces rêves de vieillards, aussi vrais et aussi émouvants que ceux des enfants : ces rêves là ne meurent jamais... “

     

    [ Yugcib, Alvéole 14. Voie 143. Espace B1. Trou Noir numéro 32. Univers à gaz M 17 ]

     

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  • Eveillé et écoutant, dans les rumeurs de la nuit

     

    Dans “David Copperfield” de Charles Dickens, un passage me revient souvent en mémoire tout au long de ma vie...

    Celui où le personnage principal du livre évoque son camarade (ou ami) s'endormant toujours dans la même position, de côté, et son bras étendu hors du lit, la tête reposant sur ce bras...

    Beaucoup plus encore que les mots même de Charles Dickens dans ce passage, mots sobres et émouvants dans leur simplicité et dans leur précision, évoquant si bien l'être endormi... C'est le sens profond, c'est l'atmosphère, c'est la poésie de ce passage qui me frappe et dont je ne cesse de me souvenir...

    Les êtres endormis dans la position où ils se trouvent comme d'instinct, de préférence ou d'habitude ; m'ont toujours ému.

    Lorsque j'étais pensionnaire au lycée Victor Duruy de Mont de Marsan entre 1962 et 1967, éveillé au milieu de la nuit dans les rumeurs et dans les ombres de la nuit, je regardais mes camarades endormis, j'écoutais leur respiration, et en ces moments là il me venait de “grandes pensées”, une émotion étrange et très belle, et il me semblait alors que tout ce qui vivait en chacun d'entre eux, de ces êtres si animés dans les cours de récréation ; me parvenait comme des secrets chuchotés à l'oreille, ou comme des dessins d'enfant suspendus dans un petit coin de grenier où personne ne va mais un petit coin de grenier devenu soudain accessible...

    Et j'eus par la suite, quelques années plus tard, la même impression, la même émotion, à ces camarades d'auberge de jeunesse endormis, rencontrés au hasard de quelque route...

    Leur respiration devenait parole. Et alors je sentais tout ce qu'ils existaient, tout ce qu'ils s'existaient... Dans le silence de ces nuits d'été que des matins très clairs venaient bien vite peupler d'oiseaux et éclairer de la lumière du jour. Et le jour était toujours nouveau, tel un jour empli de tout le passé, de tout le présent, de tout l'avenir à lui seul...

     

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  • Le ruisseau des vanités

     

    Si tout est contestable (ou relatif), si tout est vain, si tout n'est que verbiage, si tout n'est qu'hypocrisie, si tout ne veut rien dire, si tout n'est que confusion, si tout n'est qu'apparence, si tout n'est que tapage, si tout n'est que caprice ou inclination subite et ostentatoire du coeur et de l'esprit... Si tout ce que l'on dit ou écrit est tout cela, oui...

    ... Alors autant ne rien dire, ne rien écrire...

    Et vivre sa vie tout simplement, sans “faire de vagues”; et faire du “tourisme” gastronomique, culturel, paysagique, festivalique, campinguesque, muséïque, sportif, érotique et autre... Et même du “tourisme relationnel”...

    A quoi bon forummer, bloguer, siter, écrire des tapuscrits ou des livres ; polémiquer, ironiser, argumenter, aciditer, ennemouriser (et parfois tout de même aimer)... Et s'exister, penser même?

    Autant rire ou pleurer tout seul, pour autant que cela vienne “tout de go” et que dans l'heure qui suit, l'on aille aux escargots, à la pêche, à la plage, aux champignons ou à un concert ou au cinéma... Ou que l'on ouvre un livre qui, comme disait Simone de Beauvoir, “sauve du désespoir”...

    Dire ou écrire que c'est si beau... Ou si laid ; confettiser ses rêves, à quoi bon ? Pour qui, pourquoi ?

    Le verdict éternel, c'est l'indifférence ; ou cette admiration, ou encore ce désamour qui, autant l'une que l'autre (l'admiration ou le désamour)... Sont un grand silence blême.

    Il ne reste pour traverser ce silence blême, qu'à prendre un enfant par la main, à poser un doigt sur la joue d'un vieillard ou d'un malade, à donner une petite pièce à un sans abri qui a faim... Et à faire toutes ces “petites choses” tout au long de sa vie, pour les autres... Dans le silence.

     

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  • Un signal émis : trop tôt ou trop tard ?

     

    Fut émis un signal d'une beauté inouïe. Mais le monde qui le devait recevoir ne demeurait dans l'espace qu'une écorce, une chrysalide...

    Il existait dans l'espace un autre monde qui était une ressemblance, une sorte de copie numérique du monde chrysalidé. Un monde tout aussi unique... Et c'est ce monde là qui reçut le signal.

     

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  • Le vivant numérisé ?

     

    On numérise l'image, le son et le mouvement...

    Parviendra-t-on à numériser les odeurs, les fragrances ?

    L'image c'est de la lumière, de très petits points de lumière. Et la lumière ce n'est pas de la matière. Ce sont des particules : les photons.

    Le son c'est des ondes, pas de la matière non plus.

    Le mouvement est une succession très rapide d'images dans une continuité ou dans un sens...

    Mais pour les odeurs ou les fragrances, les éléments constituants sont des atomes, des molécules... Et donc de la matière.

    Imaginons une goutte d'eau, ou un grain de poussière, numérisé : ce serait la plus grande révolution ou innovation technologique de tous les temps...

    Une “porte ouverte” sur la numérisation d'organismes simples, puis d'organismes plus complexes.

    La numérisation c'est un “voyage dans l'espace” : l'image, le son, le mouvement sont émis en un lieu et reçus en un autre lieu.

    La numérisation est une forme de traitement et de transformation de l'image, du son et du mouvement jusqu'à la reconstitution.

    Numériser un atome, une molécule, une odeur, une fragrance, une goutte d'eau, un grain de poussière, un organisme simple... Puis un être vivant, c'est traiter et transformer tout cela pour le reconstituer en un ieu ou en un espace donné.

    Une fois numérisée, la matière peut-être, tout comme l'image, le son et le mouvement, stockée ou enregistrée sur un support informatique, ou directement transmise vers une destination précise.

     

    ... L'ère de la numérisation du vivant, sera-t-elle l'ultime étape du développement de la technologie?

     

    J'imagine ceci :

     

    Je viens te voir dans un mail, en pièce jointe. Si tu me supprimes, je ne suis pas mort, je suis sur une clé, je suis sur un disque dur, je suis sur un fichier dans “windows live sky drive” ; je suis aussi “au vrai” pour le temps de mon existence, et encore “au vrai” dans le fichier où je suis numérisé... Jusqu'à la fin des temps ou l'usure complète du support ou le “tilt final” de windows live... Je peux me diffuser, multiplier les “copier/coller”, et si ce n'est plus moi qui me diffuse, d'autres me diffuseront.

    Tu ne peux pas me tuer! Tu peux seulement me zapper, me mettre en corbeille, effacer la pièce jointe...

     

    Et si la numérisation du vivant existait déjà dans la “mécanique du cosmos” sous la forme de “reproductions” n'étant jamais des “clones” mais des “ressemblances” aussi diverses et uniques les unes que les autres?

     

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  • La liberté est trop belle pour que l'on fasse n'importe quoi avec

     

    En écrivant ceci : "la liberté est trop belle pour que l'on fasse n'importe quoi avec"... C'est avec une "certaine émotion" que je l'écris (et que bien sûr je le pense)...

    "N'importe quoi" , c'est en fait ce qui fait perdre son sens à la liberté. Et la liberté perd son sens à partir du moment où celle que l'on prend soi même fait perdre la liberté aux autres humains, les humains qui nous sont proches,tout d'abord, et les autres humains plus généralement et dans la relation que nous avons avec eux...

    La liberté n'a que faire de toute "morale", de tout code social, de toute "éthique", de tout principe ou de tout règlement régissant la vie des hommes... Elle n'est pas l'affaire d'un seul et unique "acteur", elle est une conscience vive et aiguë de l'existence de l'autre. Elle est la plus grande richesse que les hommes sur cette Terre puissent partager.

    Et dans le partage de la liberté, dans le vécu de la liberté, dans ce qu'implique la liberté dans la vie des hommes, c'est à dire dans la conscience, dans la responsabilité et dans la réflexion qui lui sont inséparables ; elle abolit les frontières, les tribunaux, les états, les lois, les gouvernements, les polices et les armées...

     

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  • St Ex et l'aéropostale...

    Antoine de Saint Exupéry est (et demeurera toujours) l'un de mes écrivains préférés...

    D'ailleurs j'ai une partie de son oeuvre dans un livre de la collection La Pléiade... Une sorte de "Bible" si je puis dire...

     

    Je me souviens d'un commentaire sur un forum... D'une réflexion d'un auteur écrivain membre de ce forum, en réponse à une évocation que je fis de l'oeuvre de St Exupéry... Il disait que St Ex était "macho", que son univers n'était qu'un univers d'hommes et d'exploits aéronautiques, et que de surcroît il était plutôt "de valeurs traditionnelles" et qu'il s'étonnait qu'un auteur tel que moi (si atypique et si anticonformiste et si anarchisant" puisse apprécier Saint Exupéry...

     

    A dire vrai, je n'ai jamais trouvé nulle part, chez aucun écrivain encore, une telle "dimension humaine" (je veux dire à ce point là)...

    Certes, beaucoup d'écrivains ont de la "dimension humaine"... Mais celle de St EX est vraiment tout à fait particulière : nous sommes bien là dans une dimension d'émotion, de poésie et de réflexion que je qualifie de "révolutionnaire"... (quelque chose qui à mon sens fait défaut dans le monde d'aujourd'hui, mais peut être retrouvé, ou "réinventé")....

     

    En face de ce "vide"(le vide de la pensée, de la réflexion et de la poésie, au profit d'une autre culture, la culture de l'immédiateté et de l'effet médiatique et de l'émotion formatée")... En face de ce "vide", oui, je souffre comme on peut souffrir d'une fracture aussi pernicieuse, aussi béante, qu'inacceptée... Et je sens qu'au fil des années, dans cette traversée de la vie qui est la mienne, un fossé de plus en plus grand se creuse entre deux sortes de cultures fondamentalement différentes l'une de l'autre : une culture à laquelle j'adhère (et qui, en quelque sorte me ressembe"... Et une culture dont je ne puis supporter qu'elle nous envahisse et nous pervertisse, une culture que je suis prêt à combattre au risque d'y "laisser ma peau" parce vivre sous son empire, c'est pire que de mourir...

     

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