Le p'tit coin de Yugcib

P1000015 1Bienvenue dans mon petit coin : ici c'est l'entrée et vous accrochez vos manteaux, vos vestes, vos impers... Ensuite je vous convie à la découverte de ces billets qui viennent les uns à la suite des autres depuis mai 2009... 

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  • La liberté encadrée, fichée ou muselée

     

    La liberté encadrée, fichée ou muselée

     

    Lorsque l'on n'aime pas en France Nicolas Sarkozy et sa politique ni en Italie Silvio Berlusconi et sa politique...

    Vaut-il mieux être Français sous Nicolas Sarkozy ou Italien sous Silvio Berlusconi?

    Toute la réponse à cette question tient à la liberté d'expression – ou du moins ce qui demeure encore de la liberté d'expression.

    Chez nous en France, en dépit de tous les trafics d'influence, de toutes les magouilles politico-financières, de tous les scandales et de toutes les pressions, de tout ce que les médias produisent en matière de sensationnel ou d'effets spéciaux induisant directement ou non des comportements, des modes ou une manière formatée de pensée... Et bien que nous soyons quasiment tous fichés, suivis, répertoriés, filmés, écoutés, lus et tout ce que l'on voudra... Il n'en demeure pas moins que le “citoyen lambda”, l'artiste de scène ou de télévision, l'écrivain, le poète, l'humoriste, le comédien, le chanteur... Peut encore s'exprimer librement dans la rue, sur les forums du web, sur une scène dans une salle, dans un journal, dans un livre, à la télévision...

    Autrement dit, la liberté dans un pays tel que la France est sans doute surveillée, encadrée et conditionnée... Mais elle n'est pas muselée comme en bien d'autres pays du monde où l'artiste, le journaliste, l'écrivain, le citoyen lambda, le poète, l'écrivain est emprisonné, assassiné ou interdit de paraître...

    Il y a encore -si l'on peut dire – une “différence” entre l'Italie de Silvio Berlusconi et la Chine des dirigeants Chinois... En matière de liberté d'expression.

    Mais pour ma part, je préfère encore être Français sous Nicolas Sarkozy, qu'Italien sous Silvio Berlusconi...

    La liberté d'expression se défend quand elle est encore défendable. Et c'est beaucoup plus difficile pour un écrivain, un penseur, un poète ou un artiste totalement muselé dans un pays de dictature absolue... Ainsi une oeuvre, une pensée peuvent-elles être ignorées du monde ou difficilement accessibles.

    Mais la liberté d'expression dans la mesure et dans les conditions où elle peut exister, contient en elle-même son propre pouvoir d'anéantissement ou de dilution dans l'espace relationnel. Et ce pouvoir là est plus sûr, plus pernicieux, plus laminant – que des forces de police, des prisons, des caméras de surveillance, des fichiers, des pelotons d'exécution et toutes sortes de trafics d'influence et de pressions.. Ce pouvoir a deux composantes : la vulgarité et la banalité.

    Ce qui est banal, répétitif, “de toutes les sauces touillé”, dispersé à tous les vents, et vulgaire, perdant toute consistance et toute influence réelle, rend inopérante la liberté d'expression... Qui ne devient alors qu'un “jouet d'enfant plus ou moins gâté faisant un caca nerveux de temps à autre...

     

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  • Petits papiers épars, d'hier et d'aujourd'hui 1

     

    En chic froissé, ta coiffure défaite, ton écharpe dénouée, l'un de tes hauts talons éculé, tu me faisais des idées chic et crasse : j'étais avec toi derrière le rocher mais c'était “une belle crasse” qui me venait...

     

    Dis, papa, qu'est-ce qu'elle fait la dadade?”

    ça mon fils, c'est pas du cinéma en vrai pour les mômes!”

    On dirait qu'elle se régale en se tortillant, la dadade!”

    Bah, il vaut mieux voir ça en vrai qu'au ciné : là au moins c'est la nature qui parle alors qu'au ciné c'est des crasses de salauds”...

    Empalée du derrière sur un trognon de branche sorti à la bonne hauteur, du tronc de l'arbre ; la dadade avait l'air de trouver bon de se tortiller...

     

    Les beaux discours ne sont que des coquilles vides... Et rien ne vient au monde, d'une coquille vide...

     

    Elle ressemblait à un soleil refroidi qui, dans une région éloignée et inconnue de l'univers, ou dans une autre partie de notre univers proche, n'aurait peut-être pas perdu sa chaleur...

    Et je la regardais, blonde et pâle, passant entre ces jours de saints de glace en mai, belle et mystérieuse en face de moi...

    Dessinateur de visages – mais je ne le suis point – je l'aurais tracée tendre et sévère à la fois, avec des boules Quiès dans les oreilles...

    ... En souvenir de Josiane, du temps des réunions de conseillers financiers de la Poste à Saint Dié des Vosges

     

     

    Gratte-cul

     

    On l'appelle “gratte-cul”... Et depuis tant et tant d'années dans cette petite ville des Vosges, il tient boutique au point le plus “stratégique” de cette ville... Mais ne voit jamais entrer personne dans sa boutique... En fait, sa boutique, ou plutôt la porte vitrée de sa boutique derrière laquelle il est assis... ou debout, est pour lui comme un point d'observation, une “vue plongeante” sur cette bonne ville des Vosges...

    Des gens de la ville racontent qu'à l'âge de trois ans il avait encore des couches, et que sa mère lui faisait faire le tour de la place, attaché comme un chien à une corde...

    Un jeune homme “beloud” qu'il a été, disent-ils aussi, les gens, les gens de sa génération...

    Alors les filles, c'était pas pour lui! Et pourtant il est riche! Il a hérité!

    Riche mais seul, toujours habillé pareil... Une vie de riens, sans aucun “extra”...

    Et quand il ne sera plus, la grand rue -et toute la ville – aura perdu l'un de ses orphelins... cousu d'or mais déconsidéré, englouti dans la “petite histoire” que les Historiens n'écrivent jamais – sauf peut-être les écrivains de terroir...

    ... “gratte-cul”... Mais il est musicien et homme de grande culture. Il ne parle à personne (en fait personne ou presque ne lui parle)...

    Mais moi, le type du guichet de la poste de cette ville à l'époque, je lui parlais, et il me parlait...

    [ A un ami Vosgien dont la vie en 2009 n'a guère changé...]

     

     

     

    Les filles des années 70

     

    Elles avaient toutes, vu “Le docteur Jivago”, visité la cathédrale de Strasbourg, elles étaient pour bon nombre d'entre elles, catholiques pratiquantes, souvent timides, aimant la lecture et le tricot, les promenades en forêt... Elles avaient toutes “une peur bleue du grand méchant loup”, elles préparaient un trousseau pour “quand elles se marieraient”, avaient un “coquet livret d'épargne” ; elles étaient “mademoiselle joliment arrangée dans un petit studio”, rêvaient d'une belle maison, d'un bon mari gagnant bien sa vie, voulaient des enfants, un grand chien ou peut-être même un cheval ; ne se rendaient jamais aux manifestations et ne faisaient pas grève, aspiraient à une meilleure promotion dans leur travail...

    Et pourtant leurs tartinettes battaient comme des castagnettes sous de beaux rêves tendres si joliment guirlandés de petits dessous...

     

    Quel crétin ce Jean-Charles! Lui qui rêvait – cet anarchiste et poète incurable qui ne possédait qu'un sac à dos et un vélo et qui n'habitait au jour le jour que dans des auberges de jeunesse – lui qui rêvait à s'en faire des cartes de France dans ses culottes – d'une fille “bien”... Il en avait trouvé une, chic et classe, gentille à en crever de régal, et pas emmerdante pour deux sous question principes, bondieuseries et autres “sens-du-monderies chocolat-glacetées à flanquer la colique trois jours après” ... Elle s'appelait Craqueline et elle était infirmière dans un hôpital de banlieue pourrie...

    Le Jean-Charles, il avait été reçu dans la famille de Craqueline, et invité, et écouté car il était poète... Et la Craqueline avec sa frêle silhouette, son joli visage, ses fringues chic, sa petite voiture, et sa “vision du monde” si peu dérangeante, et sa gentillesse de fille simple... Elle “en pinçait” ma foi, pour le Jean-Charles!

    Un jour elle l'avait accompagné jusque sur le quai du port d'embarquement : il se rendait en Angleterre par le ferry avec son vélo.

    ... Quel crétin ce Jean-Charles! Il ne lui a même pas envoyé une carte postale, depuis le fin fond des High-Lands ou de la verte Erin!

    ... Et quelques années plus tard lors d'un “coup de blues” un jour de pluie, claquemuré dans sa piaule et aux prises avec une solitude viscérale, il s'était décidé à lui écrire une lettre de dix pages, ayant retrouvé son adresse dans un vieux carnet... Une lettre qu'il soigna, qui fut presque un “monument littéraire”... Mais à laquelle il n'eut jamais de réponse...

    [En souvenir de Jean-Charles, un copain anarchiste et poète, sac à dos et vélo, qui revenait de Grèce où il avait vendu son sang pour acheter à bouffer, et rencontré au centre de tri postal PLM à Paris... Il a fini par en trouver une, par annonce, dans une agence matrimoniale catholique et “bien pensante”. Il m'a invité un jour chez lui, présenté sa femme... qui effectivement, était “très chic, très simple, très gentille et pas emmerdante du tout, avec un joli visage... Et catholique pratiquante]

     

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  • Racisme et affirmation d'un dieu créateur : deux écueils de taille...

     

    Dans ces sensibilités et ces cultures de l'Autre que je sens et perçois différentes ou même opposées aux miennes, rien à dire vrai me pose un réel problème... Si ce n'est deux choses :

    le racisme et l'affirmation d'un Dieu créateur du ciel, de la Terre, de l'homme et de l'univers.

    La race n'existe pas dans l'espèce humaine. Il n'y a qu'une seule et unique espèce humaine et l'on est noir ou blanc comme on a les yeux bleus ou marrons ou les cheveux blonds, châtains ou noirs...

    Et un Dieu créateur du ciel, de la Terre et de l'Univers, c'est la négation des découvertes de la Science en matière d'archéologie humaine.

    Je ne peux pas être poli ou respecteux devant une personne qui dit que les gens à la peau blanche ont une intelligence (une capacité cérébrale) supérieure à celle des gens à la peau noire.

    Je ne peux pas souffrir que l'on dise bêtement “C'est Dieu qui tout créé”...

    Mais je conçois que l'on puisse être Chrétien et Scientifique (ou philosophe ou homme de lettres et cultivé – et Chrétien-) en même temps :

    Un Chrétien et Scientifique n'affirme pas et ne croit pas, par exemple, que Dieu a fait la première femme en prenant une côte du premier homme...

    Aucun philosophe Chrétien, aucun homme de culture et de connaissance Chrétien, ne jette sur la table ou depuis une tribune que “Dieu a fait le monde en sept jours”...

    J'avoue, en dépit de ma très grande ouverture d'esprit et de reconnaissance de toute sensibilité et de toute culture, que je me sens très mal à l'aise – ou très agressif et incapable d'accueillir et d'écouter – en face de gens “bêtement et vulgairement racistes” d'une part, ou en face de gens qui “crient comme des veaux que Dieu a tout créé”... Et le pire ce sont les racistes créationnistes : avec ces gens là je pense qu'il n'y aura jamais de dialogue ou d'approche possible... Du moins dans les temps que nous vivons.

    Mais je pense aussi en tant qu'homme d'écriture animé si je puis dire de quelque esprit scientifique et philosophique... Que l'espèce humaine évoluera puisqu'elle a déjà évolué depuis sa venue sur la planète en devant nécessairement s'adapter lorsque l'environnement naturel et relationnel devenait différent voire hostile...

    Si l'être humain a pu survivre à une glaciation de cent mille ans, pourquoi ne survivrait-il pas à tout ce qui pourrait le détruire dans les temps qui viennent?

    Il n' y a pas de fatalité, rien n'est écrit que ce soit dans le ciel ou par la “main de Dieu”. Rien n'est figé, rien n'est immuable, tout change, tout évolue, tout se fait et se défait ou se refait, tout n'est que matière, intelligence naturelle, énergie, vie et symbiose... La pesanteur actuelle de l'obscurantisme, de la bêtise et de la violence, de l'intolérance et de l'injustice programmée et organisée entre les hommes... Ne me fait pas peur et ne me désespère pas. Je ne crois pas qu'il en sera toujours ainsi, de ce monde dans lequel nous vivons... Dans quelques milliers d'années ou en une autre ère, en une autre histoire...

     

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  • Un premier mai à la CGT

     

    Un premier mai de la CGT

     

    A Senones, un dimanche en 1983...

    Trois semaines auparavant j'avais dit à ma femme : “Si nous n'avons rien dans le frigo ce jour là, nous irons à Senones où la CGT organise une manifestation populaire et propose un repas”.

    Tel était le programme de cette mémorable journée : un apéritif en plein air, avec un grand discours pour commencer, sur la place du bourg, puis un repas en commun autour de longues tables, et diverses manifestations ou expositions, ventes de livres et de gadgets...

    J'avais envoyé mon bulletin de participation au siège de la Fédération à Epinal. Cinquante francs pour le repas (par personne). Et je m'étais encore inquiété de savoir si pour mon fils de trois ans, je devais aussi donner cinquante francs...

    Au jour dit, par un beau soleil nous arrivons à Senones le coeur en fête. Un rapide tour de ville et nous voilà sur la place puis dans la rue principale... Aucune décoration, pas de musique, pas d'affiches... Renseignement pris, il y avait bien en effet sur la place de la mairie, quelques baraquements : la guitoune de l'apéro, un modeste chapiteau, une tribune découverte et tout de même... pas mal de monde!

    Nous débarquons ma femme et moi, avec nos “idées de gauche” voire un peu “anar sur les bords”, la bouche en coeur, l'âme en liesse... J'achète à un “vieux camarade” au visage noueux et ravagé un brin de muguet rachitique – qui “schmuctait que dalle” - avec trois clochettes minables... “Y'en avait presque plus à cette heure, du muguet, tout était liquidé” qu'ils ont dit les mecs!

    Et l'apéro quelle affaire! C'était “à l'oeil”... mais fallait voir! Une bousculade monstre, enfin je parvins à me faufiler jusqu'au comptoir en planches. Un demi doigt de Suze, de Martini ou un quart de rouge au choix... Et deux ou trois assiettes de pique-nique emplies de sortes de frites sucrées.

    Une “faune hétéroclite” d'humains coiffés pour la plupart de casquettes et scotchés aux pulls et aux vestons de badges rouges ; quelques clodos du coin qui s'étaient donné rendez-vous, des poivrots “piliers de bistrot” tout heureux de se “rincer la gueule à l'oeil”... Et tout de même... quelques filles chic, bien sapées, de jolies femmes, un peu de “beau monde quoi!”...

    A l'heure présumée du repas nous approchons du lieu du festin... Au premier étage, au réfectoire du collège.

    Nous arrivons, de nombreuses personnes avaient pris place et certaines en étaient déjà au dessert, au fromage... Une fille au visage chevalin et aux longues dents, enveloppée d'un immense tablier à carreaux, nous place au fond de la salle. Nous attendons vingt minutes et v'là le “casse-dalle” qui se radine : salade de crudités portion ultra congrue, cassoulet en boîte William Saurin... Et au dessert, plus de fromage (il n'y en avait plus), plus de salade, mais en remplacement, une glace en carton comme un pot de yaourt aplati... Et le pinard : dix francs, en sus et servi dans une carafe de 50cl à moitié pleine (du “gros rouge” à 10 degrés du “Père Mathieu”)...

    Pour finir nous attendîmes le café – qui ne vint pas – suivant de nos yeux les allées et venues de trois ou quatre serveuses bénévoles... De “petites jeunettes” en mini jupe aux cuisses comme des troncs d'épicéa et chaussées de bottines en plastique.

    Avec ma femme on s'est regardés : nous étions tout tristes et tout déconfits... Elle avait mis une belle robe ; on arrive là dedans de tout notre coeur et de toute notre âme, des idées de fraternité plein les poches, pensant trouver chaleur humaine, réconfort et vraie communication... et au lieu de tout cela, nous tombions dans une ambiance “t'as pas cent balles”!

    Arnaqués de première, on nous avait glouglouté notre gentillesse avant même que nous l'exprimions!

    Dans l'après-midi le temps se gâta, il fit vent et froid, une bise glaciale et de gros nuages menaçants prirent d'assaut le ciel radieux du matin qui se mit à rétrécir encore plus vite que notre enthousiasme initial. Nous nous réfugiâmes sous une toile de cirque battue par la bise au milieu de la place : étalage de bouquins, de revues et de journaux ; discours de quelques leaders...

    Vers 5h de l'après midi fut annoncé un théâtre de guignol devant lequel tous les enfants et leurs parents prirent place, assis à même le sol (heureusement il ne pleuvait pas)... Les marionnettes représentaient des personnages historiques, un Louis XVI ventripotent, des nobles ficelés comme des saucissons dans un char à boeufs et conduits à la guillotine...

    Et en fin d'après midi, bal populaire sur la place.

    Une musique pop, boum zing krak, un vacarme de tous les diables, une sonorisation catastrophique... personne ne dansait ; les mecs et les nanas juchés sur des mobs bricolées, ou affalés dans la tribune, sirotaient des canettes de bière ou de coca...

    Nous avons filé, ni vu ni connu...

     

    ... En 2009 je cotise toujours à la CGT... Mais je n'y crois plus. Surtout depuis que Bernard Thibaut est plus souvent, beaucoup plus souvent à l'Elysée que dans les manifestations...

    Je suis de “la ligne dure”... Pas même de celle des “plus jusqu'au-boutistes” qui pour leur part n'ont qu'un seul mot d'ordre, le rapport de force... Certes le rapport de force, je suis “pour”... Mais cela ne suffit pas. Les petites grèves de 24h (qui d'ailleurs ne sont suivies qu'à 50% dans le meilleur des cas), les actions individuelles et sporadiques, les grandes manifestations dans toutes les villes de france avec leurs éternels mots d'ordre (et ce qu'il a de carnavalesque en elles)... Je n'y souscris plus. J'en ai assez de “battre le pavé” au milieu de gens qui en réalité se sont pour chacun d'entre eux d'une manière ou d'une autre vautré dans le “Système” pour autant que ce Système leur convenait encore tel qu'il était... A présent le Système se montre sous son vrai visage, le plus effrayant, le plus menaçant, le plus insolent et le plus injuste... D'où autant de monde dans la rue, autant d'actions plus violentes et plus spontanées...

    Si au moins les centrales syndicales suivies par l'ensemble des salariés et du monde du travail en totalité, décidaient la grève générale et illimitée (que tout s'arrête, que plus rien ne fonctionne)... Peut-être que l'on aboutirait déjà à de vraies négociations, et pas seulement à des dispositions qui en définitive arrangent surtout ceux qui détiennent le pouvoir et la finance...

    Si je cotise encore à la CGT, c'est uniquement pour garder le contact avec mes copains de la Poste, des Landes ou des Vosges... que j'aime bien rencontrer lors de réunions amicales une ou deux fois par an...

    ... Ce n'est pas comme au 1er mai à Senones en 1983 : pour le repas ils ne demandent que 5 euro de participation, et le pastis est offert... Et y'a la convivialité!... Et des femmes chic qui ne prennent pas une ride sur leur visage...

     

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  • Une toile aussi grande qu'une salle de bal, mais...

          Je ne crois pas au dieu des religions, ce dieu dont on nous serine depuis que les religions se sont répandues sur la Terre, qu'il a créé le ciel, la Terre et l'univers... Ce dieu ou plutôt ces dieux qui, avant les religions et de nos jours comme des sortes de religions, exigent des sacrifices et des rites et des pratiques... Ce dieu, ces dieux qui dans le courroux qu'ils peuvent avoir contre les hommes et contre la Terre, punissent et maudissent les hommes, les êtres, la Terre même tout entière...

    Je ne crois pas en quelque entité ou principe astrologique, ou toute autre croyance fondée sur la superstition, sur la magie, sur la manifestation de “phénomènes étranges”...

    Je ne crois pas en quelque esprit de “bien” ou de “mal” qui entrerait en nous et ferait de nous des êtres “possédés” et non libres...

    Je crois en la réalité et en la force de ce qui existe en soi et qui peut changer notre vie, changer la vie des gens autour de soi.

    La réalité de ce qui existe en soi s'exprime par la relation que l'on a avec les gens et avec le monde. Et c'est comme la littérature, la peinture ou la musique. D'ailleurs, la littérature, la peinture et la musique, et l'Art, l'Art dans toutes ses manifestations, ça vient de ce que l'on porte en soi. Et ce que l'on porte en soi, tout en étant unique et n'existant qu'une seule fois puisqu'il n'y a qu'une seule “traversée”... N'en est pas moins relié à ce qui fut et à ce qui sera.

    Le Claude d'Emile Zola dans “l'Oeuvre”, ce passionné, ce “dément” au dire de ses contemporains artistes peintres comme lui, ce Claude qui délaissait sa femme, une femme qui cependant l'aimait et se sacrifiait à lui, ce Claude qui “bataillait” sur une toile aussi grande qu'une salle de bal et montée sur un immense échafaudage... Portait sans doute en lui ce qui pouvait changer le monde (de la peinture en l'occurrence), mais Emile Zola nous le montre ce Claude “contre le monde”, c'est à dire contre les conventions, les règles, les croyances, les soit-disants vices et vertus et finalement “contre la vie” même... Et ce n'est point là, ce n'est plus là, porter en soi ce qui va changer le monde, changer la vie des êtres autour de soi.

    Autrement dit, il y aurait une “autre révolution” à faire, une révolution qui dépasserait ou qui irait beaucoup plus loin que le fait de s'opposer au monde, aux conventions, aux vices et aux vertus supposés... Et c'est en cela que je crois, c'est en cette capacité à réaliser cela que je crois, et il y faut la même passion, la même foi, le même entêtement, la même violence, le même travail que ce Claude de l'Oeuvre d'Emile Zola... Mais en aimant le monde et les gens tels qu'ils sont, en aimant le monde et les gens sans jamais se prostituer ni jamais non plus baisser les yeux quand on vous force à les baisser...

     

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  • Bateau pirate, et pas bateau de croisière !

     

    Autant je sens la nécessité parfois, de revoir un de mes textes, de le reprendre même de fond en comble, autant m'arrive-t-il de modifier une phrase, un paragraphe, de rechercher une nouvelle formulation, une nouvelle image... Autant cependant ai-je du mal, un mal fou à dire vrai, à revoir dans le détail la forme et la présentation de mon texte (règles strictes, précises et conventionnelles de typographie par exemple) lorsque je destine ce texte à publication (livre réel ou livre “en ligne”).

    Ce travail là, purement technique et ne modifiant en aucune façon le sens ou le contenu de mon texte, me semble fastidieux, inintéressant et sans “valeur ajoutée” littérairement parlant.

    Dans mon esprtit, la typographie et tout ce qui concerne les règles classiques (et officialisées) de présentation dans les moindres détails en matière d'édition d'ouvrages ; tout cela n'est que de la technique... Et absolument pas de l'Art!

    L'Art pour moi, c'est la littérature par elle-même : l'âme, les tournures, les mots, le rythme, les formulations, le langage, la phrase... Et jusqu'à la voix même qui “transpire” (ou se fait entendre) à la lecture du texte (si le texte était lu à haute voix devant un public). C'est aussi l'utilisation à bon escient et dans un contexte particulier, de différentes formes grammaticales, la subtilité de l'orthographe, les nuances, la manière d'ordonner ou de concevoir la ponctuation, l'emploi (non abusif cependant) de néologismes ou de barbarismes. Soit dit en passant un barbarisme n'est pas comme l'on pourrait croire, un mot “barbare” mais une forme langagière que la grammaire peut tolérer occasionnellement. C'est encore, une certaine hardiesse dans le style et dans le sens de ce que l'on souhaite exprimer, des métaphores appropriées... Enfin, toute une “palette” de couleurs, de tons, de nuances, de mélanges, de “lavis” ou d'”écorchures” et de “raclures”... Une sorte d'alchimie!

    Et à côté de tout cela, je trouve que ce qui n'est que règles consensuelles purement techniques c'est -excusez moi le terme- “un peu chiant”! Tel une machinerie complexe conçue pour “faire bien” en laquelle on enferme trop souvent des âneries, des insipidités ou de la “littérature de gare” ou du “petit roman de terroir” ou de “l'amour raté”...

    Certes je reconnais qu'un beau texte bien ou correctement typographié, bien aéré, bien présenté selon les règles classiques de l'édition, c'est un “plus”. Mais à mon sens, la technique seule, la manière seule (et super correcte) de procéder, sans l'Art, le vrai Art, sans l'âme, sans tout ce que je viens de dire plus haut... Cela ne prouve rien, absolument rien : c'est “sec comme du bois mort enduit de verni”...

    Aussi, sans courir comme un dingue, tel un écolier puni de cent lignes, je “fais mon pensum” de ces ouvrages que je destine à publication, et je “planche” donc sur ces contraintes épuisantes de typographie et d'arrangement technique...

    Je trouve que sur les sites et sur les blogs, question règles, technique et présentation et typopgraphie, on se sent beaucoup plus libre que lorsque l'on “fait un livre”:

    Tu ajoures un peu, tu choisis une police de caractère pour les gens qui n'aiment pas lire petit, tu intercales une ou deux images ou photos dans ton texte, tu optes pour une orthographe et une grammaire à peu près correctes, tu mets un peu de ton style à toi, un peu du “coeur de ton réacteur”... Et hop, ce serait presque une oeuvre littéraire! Et personne ne viendra t'emmerder pour quelques cagades de typographie ou d'espacement...

    C'est pourquoi je suis un écrivain sur le Net... Et peut-être avec moins d'ambition ou de motivation, un écrivain de livres édités...

    Bon sang! La plupart des auteurs rêvent tous de se faire éditer chez des Gallimard et Compagnie, ou de faire un livre “livre” en recourant aux services d'un éditeur sangsue qui va leur demander de payer une somme astronomique!

    Merde! Moi ça me fait gerber tout cela! J'aime mieux naviguer sur mon bateau pirate, inventer le monde à ma façon, partir sur les océans sans boussole et sans sextant, avec seulement les étoiles pour repères ; les vagues et les courants, et l'immensité de l'océan, à étreindre comme la silhouette d'une femme... Et tant pis pour les tempêtes, les glaces polaires, les déserts de mer, les brouillards des hautes latitudes, les brûlures de l'équateur et des tropiques, les îles peuplées de cannibales...

     

    Sur les bateaux de croisière, le soir à la veillée du beau et grand monde, veillée à laquelle sont cependant conviés pour autant qu'ils en aient les moyens, les gens du “tout venant... L'on s'y distrait de jolies et sympathiques âneries, de quelques histoires musquées ou “belles à pleurer” (mais ça se termine bien)... Et si d'aventure passe au large un bateau pirate, passe aussi sur le pont des Premières – et des Secondes- du bateau de croisière, un frisson d'épouvante... Qui parfois “pique au croupion” les belles dames et “lumine d'un drôle de feu” les têtes des costard-cravate et des rassis en jeans... Mais le frisson d'épouvante demeure et qu'aille au diable le bateau pirate! Demain c'est dimanche et y' a office religieux en musique, piscine sur l'avant pont, et pêche virtuelle au requin dans la salle des jeux...

     

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  • La littérature c'est encore mieux qu'une révolution

     

    Les gouvernements suspectent la littérature parce qu'elle est une force qu'on ne peut maîtriser” [Emile Zola]

     

    La littérature fait mieux que de s'opposer ou de résister aux gouvernements : elle rend les gouvernements inutiles, et tout aussi inutiles les religions et les cultes. Elle rend même inutile le gouvernement qu'elle pourrait imposer au monde par son esprit et par sa force...

    Le problème c'est que cette littérature n'existe pas encore. Quel gouvernement d'ailleurs, quelle civilisation, ferait exister cette littérature là, si d'aventure elle venait à naître?

    Ce que les gouvernements et les religions ne peuvent faire disparaître, même avec les moyens dont ils disposent, même avec leurs armées, leurs polices et leurs prêtres ; c'est cette capacité de réflexion que les gens et les peuples ont encore en dépit de tous les mensonges proférés.

    Ainsi la littérature qui s'opposera et résistera aux gouvernements et aux religions, viendra et se répandra dans le monde. La littérature n'est pas seulement de la pensée et de l'imaginaire, de l'écrit dans les livres et de la parole sur les scènes. La littérature c'est aussi de l'action, de l'oeuvre, de l'accomplissement... Une sorte de symbiose entre l'agissement, le “faire”, le “paraître”, l'être”, le “devenir” d'une part ; et la pensée, l'imagination, la réflexion, le dit et l'écrit d'autre part.

     

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  • Star Académie planétaire

     

    Il y a bien dans l'immédiat un certain contentement, c'est à dire du plaisir et de l'intérêt, à découvrir tout ou partie de l'oeuvre d'un auteur ou d'un artiste... Lorsque ce qui est produit atteint un public, émeut, surprend, rejoint des aspirations communes et populaires ou conforte dans des croyances, dans des rêves, dans des espérances...

    Il faut sans doute pour que le contentement du public soit réel, un talent particulier de l'auteur ou de l'artiste... Et quelque support médiatique ou autre.

    Mais l'on se moque bien en vérité, du devenir de l'onde de choc du contentement , et l'on ne fait jamais rien dans l'immédiat pour assurer un prolongement à cette onde de choc, le prolongement qui devrait lui faire suite...

    Une sorte de “Star Académie” planétaire s'est substituée aux représentations théâtrales, aux troupes de comédiens, aux écoles de peinture et de littérature qui elles duraient et tout en évoluant et se renouvelant, traversaient les générations.

     

    Cependant si l'on ne fait jamais rien dans l'immédiat, de nos jours et dans le monde actuel pour assurer un prolongement à l'onde de choc produite dans le public par une création artistique ou littéraire... N'en a-t-il pas été de même par le passé?

    En 1863 lors d'une visite d'exposition de tableaux de peinture, Napoléon III interpellé par certaines oeuvres jugées “barbares” défiant la tradition classique et l'esprit des différentes écoles, autorisa l'ouverture d'un Salon des Refusés... Ce qui d'ailleurs ne mit point pour autant “en vogue” les artistes les plus engagés dans une manière de peindre toute nouvelle et assez dérangeante à l'époque. Et cent ans plus tard sur les murs de tous les plus grands musées du monde, étaient accrochés les tableaux devenus célèbres d'artistes jadis décriés par le public ou bannis des écoles traditionnelles...

    L'immédiat c'est à dire le temps présent ou le temps historique en une période donnée de quelques années ou de l'espace d'une génération, l'immédiat peuplé des gens de ce temps présent, est dans l'ignorance complète de ce qui plus tard sera... L'immédiat se satisfait de ce qui le conforte et rejette ce qui le dérange ou lui est étranger.

     

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