Le p'tit coin de Yugcib
Bienvenue dans mon petit coin : ici c'est l'entrée et vous accrochez vos manteaux, vos vestes, vos impers... Ensuite je vous convie à la découverte de ces billets qui viennent les uns à la suite des autres depuis mai 2009...
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Paris Colmar
- Par guy sembic
- Le 26/11/2009
- Dans Anecdotes et divers
Ah, Paris Colmar, Paris Colmar!...
Tout le monde a entendu parler de cette marche de cinq-cents kilomètres de Paris à Colmar, presque légendaire et à laquelle participent tous les ans des marcheurs chevronnés et déterminés...
... Et le Yugcib, lui, voilà-t-il pas qu'il nous pond une histoire (à sa façon) d'un Paris Colmar... En train!
Une “drôle de marche”, oui... À priori...
Par ce froid et maussade matin de février, il prend le train à la gare de l'Est pour Colmar.
Il s'était déjà “tapé” un Paris Brest, un Paris Moulins, un Paris Bordeaux... À la suite d'un échange de missives entre lui et une jeune femme...
Elle s'appelle Ange Marie. Sur la photo, elle fait assez chic, joli visage, bien habillée...
Il bosse de nuit. Il est un peu crevé... et pas dans le plus bleu vif de son âme... Le train part à 6h 13. Un express qui s'arrête dans toutes les villes de la ligne... Une chaleur à crever dans le compartiment. Et dehors, les arbres nus aux branches couvertes de givre, un paysage couleur de caca et tout plat...
Que va-t-il lui raconter ? À Brest, À Moulins, À Bordeaux... Fiasco/fiasco...
À Brest, l'arsenal, les Aristochats au ciné, une ballade en bagnole, les parents hyper sympa (ce qui l'avait beaucoup surpris vu son allure d'apache)... Mais la fille n'en avait à la bouche que pour son frère engagé dans l'armée, que pour ses études à terminer, selon ses dires...
Il eût peut-être suffi d'un effleurement de doigts sur la manche de ce joli petit manteau rouge entr'ouvert sur une robe tout aussi jolie...
Et la vieille Minette dans le logis des parents! Qui ne cessait de détaler de son coussin à chacune de ses approches!
À Moulins elle s'appelait Madeleine et elle lui avait réservé une chambre à l'Hôtel du Parc.
Cela avait “mouru en eau de boudin” en évocation de souvenirs d'enfance difficiles.
“Je vous aiderai, je vous aiderai”... qu'elle avait dit... Retour dans un autorail rapide par une journée de mars battue de neige et de grésil...
À Bordeaux, c'était une jeune, encore jeune divorcée dont le petit garçon était très polisson ... Il “faisait pas le poids” ce mec en vélo qui n'avait qu'un sac à dos et des carnets dans les poches de son pantalon... Il y avait juste eu quelques frottements assez émouvants dont il était ressorti le slip mouillé...
... Deux heures de l'après midi. Gare de Colmar. Et quel froid! Quelle grisaille!
Elle est là... Il la reconnaît tout de suite. Un grand manteau mais de bonne coupe. Le cou tout emmitouflé dans une longue écharpe de laine joliment nouée et tombant sur un côté du manteau.
Le visage... Ah, le visage! Un peu “chevalin”... mais bon... quelque chose de chic et de discret, presque émouvant...
Le “vous” disparaît au bout de quelques phrases... ça a l'air “bien parti”...
Sa deux chevaux est garée sur la parking de la gare. Comme prévu, ils se rendent à l'auberge de jeunesse où il “crèchera” - en principe – trois nuits...
Visite de l'auberge de jeunesse, puis tour du centre ville. Les boutiques (confiserie, antiquités, prêt à porter féminin...)
Elle habite dans un tout petit studio (une chambre quelque peu séparée d'un coin cuisine) situé au sixième étage d'un immeuble de la place de la cathédrale... Les deux fenêtres sont mansardées.
Avant le tour de ville, elle le fait monter, l'invite à entrer, lui propose de prendre un café... Et elle se change. La température s'est subitement adoucie, le ciel s'est dégagé. Elle apparaît vêtue d'une robe bordeaux, en laine, de très bonne coupe, ses jambes gainées de bas foncés. Elle n'a plus se dit-il, ce visage chevalin comme tout à l'heure à la gare... Elle est même émouvante.
Ils “font les boutiques” autour de la place de la cathédrale. Elle a l'air assez chic tout de même. Il se sent presque bien à ses côtés...
La nuit vient... Ils gravissent, lui derrière elle, les escaliers du vieil immeuble. Ils vont passer la soirée ensemble et elle le raccompagnera à l'auberge de jeunesse.
Elle avance deux chaises en face d'une petite table puis passe au mini four deux quiches... Elle sort d'un petit meuble bas, une bouteille de vin... Du Pinot Gris...
La bouteille à peine entamée, les deux quiches avalées, le papier gras encore sur la table avec les miettes éparses , elle se rend quelques instants dans sa chambre d'où elle revient soutenant un énorme album de photos...
Elle ouvre l'album...
Un moment de “flottement”... Une étrange sensation de bien être mais en même temps, une hésitation comme à tendre son visage juste au dessus d'une fleur dont on a perçu l'essence délicate mais qui, parce que cette fleur est une fleur chez la fleuriste, et que c'est veille de fête des mères avec plein de monde dans la boutique, l'on n'ose sentir à la vue des gens...
Elle est bien coiffée, la nuque dégagée, la peau blanche piquée de légères taches...
Il lui vient comme un courant électrique dans les doigts de sa main gauche qui se sont approchés de sa main à elle, posée sur le bord de la table...
L'album... Oh, l'album!
Rien que des photos d'elle avec des bonnes soeurs...
La plus belle... La plus éclatante... À Rome sur la place Saint-Pierre... Elle “pose” aux côtés du Pape...
Rien que des photos de bonnes soeurs, des pages et des pages de photos où on la voit en compagnie de bonnes soeurs...
Voyages de lieux saints, visites de cathédrales, processions, pélerinages... Des cars de curés, ou de filles en uniformes bleus...
Elle lui raconte son enfance...
Enfant de l'assistance publique, puis recueillie par les Soeurs... Éducation et pensionnat dans un établissement catholique...
“Ah”... “Oh”... “C'est toi, là?”... Il ne sait plus quoi dire... Il est comme “gelé”...
Il n'y a pas, il n'y aura pas d'effleurement de doigts...
Vers onze heures le soir sous la nuit étoilée et froide, elle le raccompagne à l'auberge de jeunesse. Ils se donnent rendez-vous pour le lendemain dimanche à midi... Elle viendra le prendre à l'auberge de jeunesse...
Dans la nuit, sur le lit de l'AJ, dans son “sac à viande”, il lui vient des insomnies... et un trouble... ça lui fait au plus profond de lui comme un galop de chevaux fous traversant un orchestre aussi long qu'un paysage, et le visage et la silhouette d'Ange Marie jetés sur lui, doucement jetés... Il a un râle, un long râle...
Ah, putain, quelle Amérique sur le “sac à viande”!
Il n' y avait plus de bonnes soeurs, plus de pape, plus de cars de curés et de filles en uniforme bleu...
Dimanche midi. Elle est pile à l'heure au rendez-vous. Elle a la même robe qu'hier...
Elle dit “ nous allons à la cafétéria du Mammouth, on a rendez-vous avec un jeune couple d'amis à moi. Ils viennent tout juste de se marier en janvier, tu verras, ils sont très gentils”...
Très chic en effet le jeune couple...
Ils ont beaucoup aimé les histoires qu'il leur a raconté... Des histoires de son invention. Rires, regards, émotion... Mais par moments tout de même, un peu de gravité...
Un peu traditionalistes et de style “vieille France” du genre “qui va à la messe aux Grands Jours”, les amis d'Ange Marie... Mais sympas.
De toute manière, il n'a jamais été, lui, du genre à “rentrer dans le lard” des gens qui ne sont pas de son monde, à partir du moment où il y a un fond de gentillesse dans l'air.
Un peu “gavatcho”, un peu anarchiste, sac à dos vélo auberges de jeunesse et auto-stop, fringué comme un as de pique, hirsute de barbe et de cheveux, oui certes... mais il a de la ressource et de l'imagination... enfin pas toujours...
Il n'y a qu'avec les acides, les perfides, les constipés de première ou les arrogants, les imbus de certitudes et les condescendants... qu'il se frite! Ceux là en général, quoi qu'il fasse, qu'il dise ou ne dise pas, qu'il écrive... Il sait qu'avec eux c'est foutu/foutu... Alors, là, oui, on peut “voler dans les plumes”!
Après le repas à la cafétéria du Mammouth, ils se rendent au col de la Schlucht. À deux voitures. La deux chevaux d'Ange Marie (poussive sur la route enneigée du col) devant, et la R8 du jeune couple ami, derrière... Une magnifique après midi grand soleil grand bleu de février ...
Mais en haut, pas de luge ni de ski... Juste un café dans un bar, puis longé les barrières et retour à Colmar...
Ah, le retour... Le retour!
Les amis les avaient quittés à la Schlucht car ils descendaient vers Gérardmer...
L'un à côté de l'autre dans la deux chevaux, Ange Marie au volant, pas un mot ne fut prononcé...
Trente kilomètres rien qu'avec le bruit du moteur de la deux chevaux...
Pas un mot, pas un regard l'un vers l'autre...
Il est sans ressource...
Ça lui porte sur l'estomac...
Il étouffe, il n'en peut plus... Il est obligé de lui demander de s'arrêter, juste avant d'entrer dans Colmar...
Ouvrant la portière de la deux chevaux, il s'arcboute, se tient le ventre et se met à vomir tout ce qu'il peut...
Sans un mot, elle s'arrête devant l'auberge de jeunesse...
Il descend, elle redémarre aussitôt...
Le lendemain matin, le “père aub” au moment de son départ, lui remet une petite enveloppe...
Dans l'enveloppe ce mot d'elle : “Ce n'est pas la peine de nous revoir”...
Retour le lundi matin, départ 10h 24 pour Paris Est...
Même temps gris et froid qu'à l'aller... Paysage couleur de caca et arbres dénudés aux branches couvertes de givre...
Retour sans magie... ou presque...
La bosse dans le pantalon... En face d'une jeune femme chic dans le compartiment, jambes ravissantes croisées et un panier à minou à ses côtés... Et un vieux type en gabardine crasseuse, pas rasé, la main enfoncée dans une poche de la gabardine, comme s'il tenait un revolver, à l'autre bout du compartiment côté couloir...
Cela n'avait tenu qu'à un demi centimètre de bout de doigt, ce demi centimètre qui, franchi, lui aurait fait se jeter doucement sur elle... Mais c'était un geste, un tout petit geste, ce doigt posé sur sa main, puis sur sa nuque, qu'il avait senti grave à accomplir... Elle eût pu devenir sa femme... Sans doute le serait-elle devenu... Il y avait en elle un fond de vraie gentillesse...
Il aurait été à l'église, oui...
Mais putain, toutes ces photos de bonnes soeurs, ces curés... !
Un jour, une lettre de 14 pages écrite à une autre “jeune femme chic” aurait raison d'un “hier passé à tirer la langue”... Et là, pas de curé, pas de religion, et le “demi centimètre” serait franchi sans la moindre hésitation mais avec une certaine gravité...
... Imaginons une issue différente à la fin de cette histoire...
Il ouvre l'enveloppe. Ce petit mot d'elle “ce n'est pas la peine de nous revoir”. Son train pour Paris Est part à 10h 24. Il décide de le rater, ce train...
Il se rend place de la cathédrale. Il est neuf heures du matin. Il tocque à la porte de son petit studio au sixième étage du vieil immeuble.
Elle ouvre. Ils se regardent... Elle est habillée, coiffée... Elle lui dit d'entrer. Sans un mot il se jette sur elle...
Les mots viendront après...
Elle lui dit : “pour l'église, t'en fais pas, j'ai pas de famille, ça sera comme tu voudras. J'aurai pour témoins les amis dont tu as fait hier la connaissance. Ils t'adorent...”
Et il lui dit “ j'aurai pour témoin mon ami, celui dont je t'ai parlé et qui a crapahuté dans toute l'Europe en auto stop et qui a vendu son sang en Grèce pour acheter à manger, et qui s'est marié en décembre dernier. Il viendra avec sa femme”...
... Cinq ans plus tard, il se tue bêtement lors d'une chute en vélo en descendant “à fond la caisse” le col de la Schlucht.
... Il a mieux valu que “ça se passe comme ça a eu lieu”, l'histoire...
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La jeune femme dans la vitrine, sans caca dans le ventre
- Par guy sembic
- Le 25/11/2009
- Dans Chroniques et Marmelades diverses
Dans le domaine du virtuel – et toute relation par messages et échanges sur les forums du Net est forcément virtuelle - le sourire, le regard, l'effleurement de lèvres, la main qui touche, la voix... Ne peuvent passer à travers l'écran d'un ordinateur...
Il y a bien "Web cam" (et autres technologies) mais bon...
... Tout au plus (ou "au mieux") peut-on "écri-sourire", "écri-regarder", "écri-lèvriser", "écri-toucher'"... "écri-visager"...
... Et si "tout"... dans le réel, dans le virtuel... dans le "virtuoréel"... N'était que chimères? Étroites ou lumineuses et vastes chimères? Chemins de poussières d'étoiles éclatées sciant en musique l'espace cosmique ?
... De toute manière quand la "purée" est partie, que les "tartinettes" ont fini de castagner, que le rêve est envolé... ça ressemble à un petit bout tout fripé de ballon de gosse...
Le virtuel ? les forums? les blogs? Ils faudrait déjà qu'ils... qu'elles s'habillent comme des jeunes femmes chic!
Parfois, il arrive qu'un espèce de clodo se plaque sur la vitrine, se mette à saliver devant un mannequin joliment arrangé, puis pète la vitrine et se barre avec le mannequin sous le bras... jusqu'à une cabane dans les bois, une cabane connue de lui seul, lui, le clodo...
Les “Conventionots”, ces êtres qui ne sont ni des clodos ni des barjos ni des “Ulumunus”... Et qui n'ont pas – en apparence – de “vices méchants”... Ne pètent pas les vitrines et ne se barrent pas avec la “jeune femme sans caca dans le ventre”... Mais ce sont eux, les “Conventionots” qui sont la loi du monde, cette loi du monde bardée de religion, de morale et de repères sécurisants, et qui poncent les planchers pour que disparaissent les traces des rêves...
Dans le domaine du virtuel, “relationnellement parlant”, l'on demeure cependant dans le spectre si élargi soit-il, du “tout venant”... Et les chimères n'en deviennent que plus étroites encore, du fait de la largeur du spectre qui leur donne la possibilité de se multiplier en un nombre quasi infini de fils momentanément argentés et lumineux...
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La vraie gentillesse
- Par guy sembic
- Le 22/11/2009
- Dans Pensée, réflexions, notes, tags
La vraie gentillesse est quelque chose de tout à fait exceptionnel qui, chez les gens en règle générale ne se manifeste presque jamais ou seulement en des occasions toutes particulières dans la relation... Elle est le fait, très rare, de seulement quelques personnes parmi des centaines et des centaines de personnes en ce monde.
Mais ce que l'on rencontre le plus souvent, c'est ce que j'appelle “le tout venant” dans la relation...
Et dans le “tout venant” il y a toutes sortes de nuances, comme dans un immense spectre, très élargi, de couleurs différentes jusqu'à l'une de ses limites ou bords, d'un côté ou de l'autre...
Il faut donc s'accommoder du “tout venant”, et recevoir, éprouver la vraie gentillesse lorsqu'elle se manifeste, comme un “cadeau du ciel”, quelque chose qui n'est jamais un dû, ni une récompense ni “allant de soi”...
La vraie gentillesse n'a rien à voir avec le fait d'être un grand écrivain, un grand penseur, un poète ou un artiste talentueux ; n'a rien à voir avec l'âge que l'on a, si l'on est un homme ou une femme, si l'on est cultivé ou pas, si l'on est Africain, Asiatique, Landais, Vosgien, Américain ou Australien...
La vraie gentillesse est... Ou n'est pas.
Mais le plus souvent, hier ou aujourd'hui, elle n'est pas... Et celui ou celle qui la porte en lui ou en elle depuis son enfance, n'a pas à se sentir en “exil” dans le monde du “tout venant”, n'a pas à rougir de l'avoir alors que tout autour de lui ou d'elle, bruit ce monde de criailleries, de trépidations et de moqueries...
La vraie gentillesse cependant, s'élève comme une petite herbe dans la fissure d'un caniveau, ou un rameau entre deux moellons sur la façade d'un bâtiment...
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L'aléatoire
- Par guy sembic
- Le 21/11/2009
- Dans Pensée, réflexions, notes, tags
Le caractère aléatoire des choses de la vie, de tout ce que l'on réalise, de tout ce que l'on exprime, de tout ce qui survient ou ne survient pas dans notre vie pour telle ou telle raison justifiée ou non... M'a toujours fasciné et interpellé... M'a toujours paru en définitive plus « juste » - et peut-être plus « moral »- si je puis dire... Il y a là une vraie réflexion, grave, profonde, sans réponse « toute faite » ou « proposée »...
Dans l'aléatoire il me semble qu'il y a comme une « vérité naturelle » - ou « cosmique » même... Une « vérité » qui mettrait tout le monde, tout ce qui existe, sur un même « plan d'égalité » - ou d'uniformité – mais comme un prisme qui aurait un nombre infini de facettes, de facettes différentes les unes des autres en nuances de couleurs et de luminosités...
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Voltaire disait...
- Par guy sembic
- Le 17/11/2009
- Dans Articles
Voltaire je crois, disait qu'il fallait "un peu de religion au bon peuple" afin qu'il ne donne libre cours à ses instincts primaires et qu'il se "civilise" un peu... Ce qui sous-entendait que les gens plus "nobles" ou plus et mieux éduqués... n'avaient pas besoin de religion.
Je ne tiendrais pas pour ma part, tout à fait le même discours que Voltaire...
D'abord il n'y a pas de "bon peuple" (bon ou mauvais ou inculte ou crédule). Il n'y a que le peuple “tout court” tel qu'il est dans l'environnement qui est le sien...
Ensuite, les "nobles" (en esprit et en coeur - ou en tout ce qu'on voudra selon les valeurs qui ont cours en ce monde), les "éduqués"( le "gratin" quoi)... Ont peut-être besoin de la religion dans la mesure où la religion conforte leurs principes "moraux" et les assoit sur les sièges du haut desquels ils dominent ou prétendent dominer...
Je dirais plutôt qu'au peuple il ne faut pas de religion. Mais je dirais cela de manière à ce que le peuple découvre lui-même sans y être forcé... que la religion est inutile. Car je crois le peuple doué d'une certaine intelligence que malheureusement on lui a comme interdit d'avoir.
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Tradition chrétienne et catholique
- Par guy sembic
- Le 16/11/2009
- Dans Articles
J'écoutais sur France Culture la semaine dernière une émission (je ne souviens plus de laquelle et je n'avais pas pris note) où il était question de “l'héritage Chrétien” (ou Catholique) en France...
Je ne puis dans l'exactitude reproduire les mots qui furent dits, mais voici le sens général :
Dans notre pays, une longue tradition chrétienne et catholique constituerait un socle culturel, une base commune et originelle, de la même façon que le seraient, les fondations d'une maison ou d'un bâtiment...
Et c'est ce “principe fondamental” qui était alors présenté dans l'émission, comme étant en quelque sorte la “valeur” à “mettre en avant” ou à restaurer et qui devrait “faire référence”.
N'en déplaise à ceux et celles de nos concitoyens dans ce pays, qui souscrivent à ce genre d'idée... “L'héritage chrétien et catholique en tant que socle à mettre en valeur, en tant que référence culturelle et morale”... je m'y assois dessus!” Et je dis “merde”!
Que ce soit en France ou ailleurs, de tous temps à jamais, aucune civilisation humaine présente ou passée et se réclamant d'un fondement religieux ou d'un culte, n'est plus “morale” qu'une troupe d'animaux sauvages ou qu'une communauté d'un million de fourmis dans une fourmilière...
Si l'on devait parler de “morale” c'est à dire donner un sens à un mot inventé par les hommes... Alors les animaux c'est à dire tous les animaux à l'exception des humains, seraient à mon sens “plus moraux” que les Humains...
Mais il paraît (c'est ce qu'on lit dans la Bible) que Dieu a donné pouvoir, tous pouvoirs, à l'homme sur tout ce qui vit, se meut et pousse sur la Terre... Et donc, le droit de se servir d'un animal (ou de toute forme de vie animale et végétale) comme bon lui semble, pour son profit et pour son bien-être.
Comme il est confortable et empli de certitudes rassurantes, ce pouvoir donné par Dieu à l'homme! Un Dieu qui, au moment de créer la femme (une “compagne” ou “auxiliaire utile” à l'homme selon l'idée originelle) n'a rien trouvé de mieux que d'extraire une côte à Adam pour y modeler dedans un corps de femme!
Comment une femme, digne de sa féminité, de tout ce qui la fait femme, peut, tout au fond d'elle même, en se sentant cependant chrétienne et catholique s'il en est... traiter ce passage de la Bible évoquant la côte extraite d'Adam?
... Bien sûr, l'on peut (Science et Connaissance obligent et obligeront de plus en plus)... Envisager un sens “philosophique” à “cette affaire là” (et à bien d'autres)... Il n'en demeure pas moins que ce qui est écrit l'est! (et écrit comme sur de la pierre)!
... Il y a tout de même quelque chose que j'aime bien, chez les Chrétiens (et les autres)... À propos de “ces conneries d'horoscope, de voyance, de magie et d'occultisme” : “ils peuvent pas blairer” (du moins les “vrais croyants et pratiquants” selon la doctrine)... et moi non plus!
... Il y a en outre (mais seulement lorsque c'est vraiment sincère et émouvant) quelque chose d'autre encore, que j'aime bien chez les Chrétiens (et les autres) : quand on parle d'amour, de gentillesse, de mansuétude, de pardon (mais pas systématiquement), de charité, de partage... (Tout ça, soit dit en passant, c'est ce qui existe chez les animaux sous une forme et avec des applications différentes mais peut être plus efficaces : par la solidarité instinctive de l'espèce pour sa survie, son évolution, son existence, sa faculté à se reproduire, s'organiser, s'adapter , vivre en symbiose avec d'autres êtres vivants ou végétaux, y compris dans les conditions environnementales les pires qui soient)... Et si l'on veut vraiment parler de “morale”, alors elle bien là, pour moi, cette “morale”! Et pas dans les religions, ni dans la politique ni dans les idéologies ni les civilisations humaines policées, règlementées, segmentées et aujourd'hui de plus en plus formatées...
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Le prix des choses vécues
- Par guy sembic
- Le 15/11/2009
- Dans Pensée, réflexions, notes, tags
Ce qui manque peut-être le plus à notre époque (celle qui commence depuis les années 90 du 20 ème siècle) c'est du prix aux choses vécues. Ce prix qui est fait de l'élan, du rêve, de l'action, de l'énergie, de la volonté, de l'intelligence et de l'imagination que l'on met afin que les choses soient vécues ; ce prix qui est fait de tout ce qui est ressenti, qui a de l'écho, de l'émotion, de la consistance, qui prend de la mémoire et se partage dans ces “choses vécues”... Et c'est dirais-je, le “coulant” qui prend le dessus sur le “prix”, ce “coulant” qui nivelle tout sur son passage et décolore les émerveillements...
"les choses vécues" ayant quelque peu perdu le prix qu'elles avaient au profit du "coulant"... l'on se passe du style, de l'âme et de la pensée comme l'on se passerait de vêtements devenus peu aisés à porter... Il est en effet plus aisé -et surtout plus "loisiresque", de se ballader sur des plages, des boulevards ou des terrasses de café, avec des bermudas et des maillots imprimés de slogans... De "bloguer" entre copains en se racontant et s'échangeant les derniers potins de la bande, les dernières vidéos et clips sensationnels...
Sans doute y-a-t-il là une culture "toute autre", qui a aussi sa place dans le monde... Et le seul reproche en définitive que j'adresserais à cette culture, c'est de n'avoir de la part de ceux et celles qui en font leur "pain quotidien"... que de l'ennemour... cet ennemour qui imite si bien -ou si mal – l'amour.
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La liberté est trop belle pour que l'on fasse n'importe quoi avec !
- Par guy sembic
- Le 13/11/2009
- Dans Pensée, réflexions, notes, tags
“La liberté est trop belle pour que l'on fasse n'importe quoi avec”...
Je l'ai déjà dit.
Je le répète...
À quand un ministre de la Culture – ou de l'Intérieur- qui donnera un grand coup de poing sur la table et sera à l'origine d'une loi qui interdira -et fera fermer d'office sans préavis, tous ces blogs et ces sites, ces vidéos et ces films qui circulent librement sur le Net et que leurs auteurs truffent d'images, de photos scandaleuses et brutales où l'on voit par exemple :
-Des hommes divorcés montrant ce qu'ils firent dans l'intimité avec leur ex-femme...
-Des filles de douze ans montrant leurs deux papas au pieu (quoique ces filles là ne doivent pas être légions, tout de même!... Mais avec tout ce qu'on voit circuler sur le Net, il faut s'attendre à tout...
Bien sûr ces “exemples” là sont extrêmes... Et je ne vais pas perdre mon temps à vérifier! Je sais seulement que “ça” existe...
Il y a “moins extrême” certes... Mais tout aussi vulgaire, tout aussi brutal, ignoble, injurieux, discriminatoire, perfide, voyeuriste...
Passe encore que l'on raconte à ses copains/copines ses états d'âme, ses “coups de blues”, ses amours ratés, ses coucheries, ses “problèmes intimes” et autres petits évènements de sa vie... Avec des participes passés en “er”, des mots à moitié bouffés ou d'un style “SMS”... Ou en s'échangeant des photos un peu raides et d'un rire facile... Oui, passe encore!
Mais de grâce, assez de violence et de vulgarité abjecte, de pornographie et d'intimités dévoilées !
... Et à côté de cela, dans l'immensité de cet univers des blogs, des sites et des forums ; lorsque surgit un poète, une femme ou un homme d'écriture et de pensée, personne ni aucun média ne semble s'y intéresser : là, il n'y a pas de promotion!
D'autre part, est-il “normal” qu'un auteur ayant reçu un prix littéraire et susceptible d'être invité dans un ou plusieurs pays étrangers lors de salons ou de conférences, tienne certains propos un peu “lestes” même si de tels propos seraient en partie justifiés ?
Toute hypocrisie me révolte, toute sincérité et tout ce qui est “du fond de ses tripes” m'émeut, m'interpelle (et je partage dans mon esprit et dans mon coeur une telle sincérité même sans “fioritures” et crue)... Mais toute violence (même juste) qui atteint un être, des hommes, un pays, une nation, dans ce qu'il y a de plus “naturellement humain” en cet être ou en ces hommes, dans ce qu'il y a de plus “naturellement particulier et recevable” en un pays, en une nation... Me révolte aussi...
Il me semble qu'en certains moments, dans telle situation particulière et qui ne se renouvelle peut-être pas, à un certain niveau de relation, lorsque l'on se trouve invité à dire le regard que l'on porte sur le monde, sur l'actualité... En tant qu'écrivain ou artiste, ou Intellectuel ou Scientifique... On ne peut plus se comporter, ni écrire ni parler “comme le commun des mortels” ... Et je sens bien alors, à quel point il est difficile de concilier une certaine humilité avec cette consistance empreinte de gravité que l'on peut porter en soi...
... J'en reviens à cette idée qui m'est venue sous le coup d'une grande colère et qui est celle d'interdire et de fermer ces blogs “scélérats”, ces sites abjects...
Et je réfléchis en ce sens :
Le monde est le monde (il l'a d'ailleurs toujours été et le sera toujours jusqu'à la fin)...
Et si “le monde est le monde”, alors le Net est aussi tel qu'il est... C'est à dire aussi dur, aussi injuste, aussi “crasse”...
Rien ni personne, ni aucun “espèce de dieu” ni aucune “entité philosophique ou idéologique ou d'une quelconque pensée”... Ne peut faire que la nuit ou le jour, l'ombre ou la lumière, la vie ou la mort, ne soient plus.
... Et que serait la vie sans la mort?
Que serait la poésie sans la vulgarité?
Que serait la littérature sans le langage ordinaire de tous les jours?
... Ce que j'aime dans la violence, c'est sa capacité à acquérir de la consistance, du talent, de la dérision et de l'humour. Et en ce sens, elle devient plus violente que la violence la plus brute et la plus habituelle. Je pense aussi que cette violence là, porte en elle une très grande dimension d'humanité.
... Ce que j'aime dans la conception de “l'homme révolté” d'Albert Camus, c'est que cet homme révolté est en puissance, en dimension, tout d'abord, un homme qui pense, qui réfléchit, qui “pèse et sous-pèse” (le pour et le contre), qui se sent intimément responsable de ses écrits, de ses propos et de ses actes... Mais c'est aussi, parce qu'il est homme, et seulement homme et animal, un homme déchiré parfois, un homme pouvant être traqué jusque dans ses derniers retranchements... à cause du genre de révolte qu'il a en lui et le fait souvent seul parmi ses semblables...