Le p'tit coin de Yugcib

P1000015 1Bienvenue dans mon petit coin : ici c'est l'entrée et vous accrochez vos manteaux, vos vestes, vos impers... Ensuite je vous convie à la découverte de ces billets qui viennent les uns à la suite des autres depuis mai 2009... 

NOTE : les billets sont classés par catégories qui figurent dans le menu à gauche : faire défiler jusqu'à BLOG où apparaissent les noms des catégories du blog, puis la liste des derniers billets publiés. 

  • Question de purée...

     

    Les dieux avaient condamné Sisiphe à rouler sans cesse un rocher jusqu'au sommet d'une montagne d'où la pierre retombait par son propre poids. Ils avaient pensé avec quelque raison qu'il n'est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir”... [Albert Camus]

     

    ... Oh certes... L'histoire que je raconte dans la rubrique “Super Pirate” de mon site, est “un peu raide”... Mais bon, nous sommes là dans l'un de ces “registres Yugcibiens”... Et peut-être dans un de ces thèmes “récurrents” Yugcibiens... Qui de temps à autre, “ressortent” (avec quelques variantes)...

    De toute manière, “Super Pirate” ou pas, “dimension poétique et de réflexion” ou pas... Je pense au rocher de Sisiphe, à ce rocher qui sans cesse retombe par son propre poids... Je ne cesse effectivement (c'est le sentiment que j'ai) de rouler ce rocher jusqu'en haut de la montagne... Et pourtant je ne suis pas Sisiphe... Je ne sais pas (parce que je n'en ai pas vraiment conscience) si mon “travail” est inutile et sans espoir... Et je m'en fous ! Je sais seulement que je roule le rocher, et que je ne considère pas cela comme une “punition”... Ni comme une “vocation”... Ce serait à mon sens – du moins c'est ainsi que je le ressens- “quelque chose d'heureux, de profondément heureux, qui dépasserait tout désespoir, oui, tout désespoir même effectif”...

     

    ... Question de purée, donc... Dans “Super Pirate, suite”... (dernier texte publié voir fin page)

     

     

  • Tout commence dans la violence

     

         Ce que j'ose appeler - et c'est "un peu vrai sans être vrai" - la "beauté de mon âme", n'est qu'une vue de l'esprit soutenue par de l'émotion...

    Cela se résume très concrètement, très brutalement, avec un réalisme cru et nu, à ceci :

    "Je ne suis pas du tout sûr de ce que je ferais ou ne ferais pas, dans une situation désespérée et dramatique, par exemple si ma vie ou plus encore celle d'une personne que j'aime, se trouvait en jeu ... Ferais-je quelque chose de terrible, ne ferais-je rien ou prendrais-je une décision, trouverais-je les mots ou l'énergie et la force nécessaires pour que l'événement ait une autre issue, sans doute moins dramatique ou même inédite ?"

    Je suis un humain dans une humanité qui est dans la "première phase" de son évolution...

    Il y aura je pense, une "deuxième phase" parce que le destin de toute vie originelle ou primitive ou déjà évoluée dans sa première phase, c'est de gagner peu à peu en complexité et en diversité, en un certain nombre d'autres "phases" ou mutations.

    Ainsi pour l'humain, la "phase numéro un" dans laquelle il se trouve depuis sa venue sur cette planète, est une phase nécessaire... À dire vrai le passage naturel, intemporel et universel.

    Tout commence par la violence ou par l'une des multiples formes de la violence. La naissance d'une étoile n'est-elle pas un événement violent? La naissance d'un être humain ou d'un animal n'est-elle pas un événement violent avec du sang et de la souffrance endurée?

    La naissance puis l'organisation d'une civilisation, d'une société humaine ou animale ou végétale ; ne sont-ils pas dans leur phase initiale, une sorte de révolution qui s'accomplit dans la violence?

    Et cette violence là, a-t-elle quelque chose à voir avec la morale, le droit, la religion, la raison, l'absurdité ou toutes ces "choses de l'esprit humain"?

    Je la verrais - si je puis dire - cette violence, comme une "alchimie" naturelle et universelle, dans le creuset de laquelle l'humain devient un acteur... Ou un créateur. Un créateur qui a créé de toutes pièces la morale, le droit, la religion, le bien, le mal, la raison, l'absurdité... Tout comme la fourmi a construit la fourmilière - quoique cette comparaison ne me semble guère raisonnable...

    Je n'ai donc pas peur de cette violence que je sens en moi, et qui s'oppose à la violence que je vois (ou subis) autour de moi. Pourquoi m'en affranchirais-je au nom d'une vue de l'esprit (la "beauté de mon âme") ou de quelque "ordre de pensée"?

    Opposer de la violence, sa propre violence, à la violence du monde ou des gens... C'est déjà reconnaître l'existence de la violence. En effet, quelle violence exercer contre une violence qui n'existerait pas et donc ne serait pas reconnaissable et identifiable?

    "Rien" même, appelle la violence... Parce que "rien" (ou le néant) c'est la violence absolue.

    "Rien", c'est ainsi que je le vois : "une bulle de roche creuse et aux parois d'une épaisseur sans limite, une bulle de roche avec l'être (humain?) au milieu et prisonnier jusqu'à ce qu'il meure"...

    C'est ça, la violence absolue... Et dans la "phase" où se trouve cet être en tant qu'humain parmi les humains, la violence à opposer c'est de concevoir que dans la prison sphérique où l'être va forcément mourir, au lieu du "noir" (parcequ'il n' y a aucune "fissure-ouverture") , il y ait "de la clarté"comme la clarté du jour... Imaginez donc la, cette "bulle de roche" creuse : imaginez vous prisonnier en son intérieur sphérique aux parois de roche, et imaginez la clarté diurne, sans ciel ni soleil ni même lumière autrement, à l'intérieur... Alors ce ne sera pas tout à fait la même mort que dans le "noir" absolu... Mais la "clarté", la clarté diurne dans l'intérieur de la bulle de roche, c'est terrible, vraiment terrible... Parce qu'ainsi la roche telle qu'elle est, apparaît visible avec ses rugosités, ses aspérités, sa dureté extrême, son absence de fissures ou de boyaux d'ouverture... et la quasi certitude de son immense épaisseur...

     

  • "Possibilité d'une île"... Ou d'un autre monde ?

     

    ... Je pense qu'il y a parfois une ambiguité entre d'une part : aide humanitaire, politique, économique, technologique, intervention dans un pays ravagé par une guerre, des conflits ou par une catastrophe naturelle... Et d'autre part : une forme d'ingérence ou de colonisation (une sorte de colonisation consistant à "remettre en valeur" le pays en question - mais au mieux des intérêts du ou des pays intervenants ou au profit de grandes puissances économiques et financières -)

    C'est cette ambiguité qui me gêne, en quelque sorte : l'on voit bien où, finalement, cela mène !

    Autrement que la "possibilité d'une île" ("cette" possibilité là - que je déplore- celle de l'ingérence et de la "mise en valeur" à des fins de profit et d'intérêts économiques ou stratégiques) je souhaiterais la "possibilité d'un autre monde", un monde qui aurait enfin compris où était vraiment son intérêt...

    ... Tous ces avions cargo aux dimensions d'immeubles de quatre étages, venus des Etats Unis d'Amérique et chargés de tous ces matériels, de ces tonnes de produits alimentaires et de tous ces engins mécaniques, de ces équipements et structures médicales, et encore ces milliers de soldats et de personnels d'aide humanitaire débarqués, sur l'aéroport de Port au Prince... Cela est tout à fait impressionnant en comparaison de tout ce qui vient d'ailleurs dans le monde...

    Mais bon... Ce sont les Etats Unis d'Amérique de Barak Obama.. Alors...

    L'Amérique de George Bush en aurait fait autant... Tout est démesuré dans ce pays, le pire comme le meilleur, l'obscurantisme et la religion comme la science et la technologie, les émotions, les sentiments, la misère et la pauvreté comme la richesse, la terre à perte de vue, les montagnes, le ciel, les ranches, les routes et les voies ferrées, les camions...

    La démesure en toutes choses me ferait presque peur par ses violences et par ce qu'il y a de dangereux en elle... Mais je la souhaiterais presque “contagieuse” pour le monde – et elle commence à l'être – alors je sais aussi qu'elle porte en elle cet “autre monde” comme une houle encore dans les abîmes profonds mais qui déjà gronde et roule... Un jour viendra où la houle évacuera les crasses qui ont dominé le “monde-îles”...

    Le monde tel qu'il est ne me fait pas peur, du moins pas peur dans l'équilibre même si fragile dans lequel il parvient à tenir... C'est seulement la crasse, la toute puissance de la crasse qui peut me faire peur – lorsque la crasse écrase et asphyxie- alors il me vient des doutes, des rêves mauvais, des colères, des larmes...

    La terre tremblera encore et encore... L'ennemour imitera l'amour encore et encore... La haine sera, et la richesse puera encore et encore... Mais le “monde-îles” deviendra le monde. Ce ne sera ni pire ni meilleur, ce sera différent comme des paysages sont différents...

     

  • Une terre brisée

     

         Haïti, une terre éclatée comme la peau craquelée d'un poulet trop cuit... Un poulet si décharné, que les os pulvérisés ont jailli en fumée de poussière grise par les déchirures brûlantes de la peau... Et tout à côté, Saint Domingue, une peau dorée de canard gras qui fond sous le palais entre les dents de gens venus des pays riches et voyageant en avion, hôtels et autocars de luxe...

    Haïti... La “colère de Dieu”, la “malédiction”... Pour la religion... Mais peut-être, peut-être oui, une “conscience du monde” devant l'ampleur d'une catastrophe naturelle pouvant aussi se produire ailleurs à tout moment...

    Honte à Bonaparte d'avoir rétabli l'esclavage en Haïti en 1801 ! Honte à tous ces dictateurs qui se sont succédés depuis la proclamation d'indépendance en 1804 ! Honte à toutes ces bourgeoisies Blanches, Noires et Mulâtres, propriétaires et affairistes qui ont saigné ce pays durant deux siècles, associées à toutes les mafias des Caraïbes, d'Amérique et d'ailleurs...

    Plus un pays est pauvre, et plus il remplit les poches d'une minorité dominante...

    Oui, il faut reconsruire Haïti... Avec tout ce que la conscience du monde mobilisera dans tous les domaines : économiques, politiques, sociaux, aide humanitaire, technologies...

    De toute manière les humains que nous sommes n'ont qu'une seule alternative : si la Terre ne se casse pas toute entière, si l'humanité ne meurt pas toute entière... Ils doivent nécessairement reconstruire, refaire...

    De la plupart des citoyens du monde, seuls peuvent se rendre sur les lieux des catastrophes naturelles, les personnes qui ont les compétences, du métier, du savoir-faire et des équipements, ainsi que les médecins et professionnels de la santé, de la sécurité civile... On voit mal en effet des milliers de gens affluer en même temps pour ne proposer que leur bonne volonté... Mais ce que chaque citoyen du monde peut faire, pauvre ou riche, c'est donner ce qu'il peut, en argent ou produits alimentaires, médicaments ou matériaux, le plus rapidement possible... et ensuite de prévoir un pour cent de l'ensemble de ses revenus mensuels ou annuels, afin de constituer un fonds de secours, en vue des catastrophes à venir...

     

  • La France ailleurs, et l'ailleurs en France...

         J'avance une idée selon laquelle il y aurait une différence fondamentale entre les communautés Françaises établies à l'étranger et particulièrement hors d'Europe d'une part, et les communautés étrangères établies en France d'autre part...

    Non pas que les communautés étrangères établies en France aient plus de difficultés qu'ailleurs à se faire accepter et reconnaître – quoique parfois elles aient réellement ces difficultés – mais elles subissent peut-être plus que dans bien d'autres pays, la pression d'une pensée et d'une culture, de traditions et de repères, d'une histoire sociale ayant tendance à “se mettre en avant”, à s'extravertir... Et par là même à “marginaliser” sinon à isoler chacune de ces communautés étrangères... Il y a aussi en France, le sentiment général d'une diversité perdue de vue, et d'autant plus perdue de vue alors que la diversité s'est accrue...

    Les communautés Françaises établies à l'étranger ont forcément dû se fondre dans une diversité que les autres pays ont intégrée dans leurs institutions, leur histoire souvent récente, et une culture sans doute plus introvertie mais aussi plus “exportatrice sans excès d'intellectualisme porté en étendard”... Voilà donc la différence : d'un côté une pensée “mise en avant” mais figée ou évoluant lentement, et de l'autre une pensée “en marche” que la diversité fait à présent “pédaler”...

    L'on entend souvent dire de Français revenus de pays étrangers et particulièrement hors de l'Europe de l'euro... “que ce n'est pas la même vie là-bas”... Avec une “pointe de nostalgie” en pensant au pays quitté... Autant dire que le retour en France est ressenti “un peu difficile”...

    Certes, bon nombre d'étrangers “aiment” la France et sont heureux d'y vivre... Pour autant qu'ils y aient un métier, un travail, des revenus suffisants et quelques relations... Ces étrangers là n'ont pas “plié” leur coeur et leur esprit sous la pression d'une pensée se proclamant universaliste... En fait ils ont aimé le “bien vivre tel qu'il se vit en France”...

    Il est – peut-être – plus heureux , de “plier” son coeur et son esprit, et de vivre avec une pensée “en marche” – sans s'y sentir forcé – en Amérique, en Australie ou en Russie ou en Afrique...

     

  • Funérailles nationales

    Funérailles nationales, un drôle de passeport mais à la sortie du territoire des vivants...

     

          Philippe Séguin était, incontestablement, une grande figure du monde des hommes politiques... Mais quelle médiatisation, sa mort, ses obsèques!

    A l'église, comme lors de tous les enterrements, imaginons le prêtre invitant les gens à se toucher la main en signe de recueillement, de miséricorde, de réconciliation et d'amitié... Au nom du Christ et de l'amour du prochain...

    Imaginons Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing côte à côte et se touchant la main... Ou d'autres “géants” de la politique, ennemis de longue ou de récente date, devoir ainsi sans se regarder, se serrer la main... Mais en l'occurrence, le prêtre ne crut point “nécessaire” de soumettre les personnes présentes à ce “rituel” de la main offerte...

    Si Philippe Seguin fut réellement une figure politique de grande stature, peut-on en dire autant de Lionel Jospin vieillissant et blanchissant de ses cheveux en chou-fleur? Quelle “claque dans la gueule”, au soir du 21 avril 2002, lorsqu'un désamour général de bon nombre de nos concitoyens lui fit perdre la seconde place au premier tour des Présidentielles au profit de Jean Marie Le Pen ?

    Ma tante d'Arengosse, Jeanne Dupouy, avec laquelle j'avais assez souvent de longues conversations d'ordre philosophique et culturel, et d'actualité... Et dont je me sentais très proche d'esprit et de coeur... Le “portait aux nues”, cependant, Lionel Jospin ! Pour ma part, je ne lui trouvais aucune envergure, aucune originalité et le tenais pour responsable de l'arrivée en force de cette “droite dure” qui d'ailleurs “ne fit pas de cadeau” au parti de Jean Marie Le Pen lors des présidentielles de 2007... En prenant à son compte, et peut-être davantage que ne l'aurait fait le Front National, certaines “idées” si “accrocheuses” en électeurs des classes dites “modestes”...

    “Ils” peuvent bien le pleurer, oui, Philippe Seguin, l'homme qui “passa à côté de son destin”, et qui, tout comme Michel Rocard, fut un “grand perdant” - quoique Michel Rocard a été premier ministre et pas Philippe Seguin...

    ... Allez, chiche ! Que l'un ou l'autre d'entre vous, connaissant “mieux” Lionel Jospin, que moi... Et ayant un jugement un peu moins “péremptoire”... Me dise ce qu'il a fait de “très bien” (et d'original) aussi bien dans sa vie que dans les “affaires” qu'il a menées...

    En général, quand je n'ai “pas une bonne idée” de quelqu'un en particulier, ou un “ressenti” assez mauvais, et que je n'ai guère le temps ni l'envie d'approfondir, de “voir” et d'apprendre vraiment à connaître... Je peux tout de même “apprécier” -sans toutefois me rallier – une opinion fondée sur des “choses vraies” que j'ignorais ou ne tenais point pour “essentielles” dans le cas où j'en aurais eu quelque “vent”...

     

     

  • Au Multiplex à Dax, le samedi 9 janvier 2010

    ... Huit salles de cinéma, seize films à l'affiche... Un parking à voitures archi plein à 16 heures, deux caisses et deux grandes files d'attente... De gigantesques bacs à pop corn au bar, et une salle de jeux vidéos...

    Le nombre de places encore disponibles sur des écrans, avec le titre des films, pour chaque film dans chaque salle...

    Je pensais bien qu'il y aurait une certaine disproportion entre la répartition des spectateurs dans les différentes salles... Mais il y avait à l'affiche : AVATAR(en 3D) sorti durant les vacances de Noël, THE LIMITS OF CONTROL (nouveau), et LE SIFFLEUR (nouveau)... Et... AGORA (tout aussi nouveau...)

    J'étais avec ma femme dans la salle 4 pour voir AGORA. Un grand, très grand écran, mais une salle de seulement 134 places dans laquelle nous étions, ma femme et moi, ainsi qu'un autre couple (relativement âgé) les seuls spectateurs présents...

    J'avoue que je suis resté “assez rêveur” - et interrogatif – en face de cette réalité : celle de l'énorme disproportion dans la répartition des spectateurs selon les films...

    Alexandrie, avant le 5 ème siècle de notre ère, était après Rome la deuxième plus grande cité du monde connu de l'époque... Dans le film AGORA, l'on se rend bien compte à la vue des plans généraux de la ville qui se succèdent, de l'importance de la population... C'était une cité d'intellectuels, de savants, de philosophes, d'orateurs, d'écrivains, historiens, géographes et artistes... Où régnait une grande liberté de pensée, où coexistaient plusieurs religions et cultes dont la religion toute nouvelle des Chrétiens et celle des Juifs... Et en même temps Alexandrie était un carrefour économique, une cité marchande et un port...

    Un décret de l'empereur Théodose officialisa la religion Chrétienne et dès lors, les Chrétiens renforcèrent leur emprise sur les affaires de la cité, puis évincèrent -à dire vrai- expulsèrent tous les Juifs du pays, et éliminèrent les cultes paiens par la force ou la dissuasion brutale... La bibliothèque d'Alexandrie, un temps sous la direction d'Hypatie, une femme astronome et mathématicienne, fut mise à sac lors d'une émeute populaire de Chrétiens en révolte, manifestation soutenue et encouragée par les autorités locales. De nombreux textes et ouvrages furent détruits, brûlés sur la place publique, et Hypatie, mise à nu et lapidée par une foule furieuse... Et son corps brûlé...

    Hypatie, qui venait tout juste de mettre en évidence par une expérience simple et concrète, le mouvement de la Terre autour du soleil, que des astronomes Grecs et Egyptiens avaient déjà suggéré environ mille ans plus tôt... Accusée de sorcellerie et lapidée à mort...

    ... Il faut croire que ce n'est point là, tout à fait, le sujet ou le thème qui prévaut, au cinéma, dans un monde où la religion se hérisse et “reprend du poil de la bête”, dans un monde qui se “trou-de-balise” de grands effets médiatiques bien pétants, de mise-en-scène de la violence, et de toutes ces hyper-productions où anges, démons et sorciers se livrent des guerres féroces.

     

  • Tant qu'il y aura des Humains...

         Tant qu'il y aura des divinités et des dieux avec les cultes qui leur sont dédiés, tant qu'il y aura des religions, des “sciences” ésotériques, de la magie, de la sorcellerie, des sectes avec leurs “gourous”... Oui tant qu'il y aura tout cela sur la Terre, en partie ou tout ensemble, et même dans les sociétés, les peuples et les civilisations les plus “avancés” en économie, en technologie, en organisation... Alors ces sociétés, ces peuples et ces civilsations me sembleront en général, “assez primitifs”...

    Lorsque n'existaient pas encore les grandes religions se disant chacune d'entre elles, “universalistes”, et qu'il n'y avait que des divinités et toutes sortes de “dieux”... Le monde des humains était primitif et barbare. Je songe en particulier à tous ces sacrifices humains, ce sang et ces entrailles d'animaux répandus sur des autels de pierre, afin de se “concilier” les faveurs des dieux ou des divinités...

    Avec l'arrivée puis l'essor des grandes religions universalistes, le monde humain est demeuré primitif et je crois qu'il est devenu plus barbare encore qu'avant les religions universalistes... Car ce qui est -ou est affirmé universel- finit forcément par tendre à éliminer tout ce qui n'entre pas dans l'universel, tout ce qui s'oppose ou se différencie... Alors les armes et la violence s'exercent, et la force, et le pouvoir autoritaire, et les attributs du pouvoir qui sont l'argent, la richesse et la propriété...

    Le communisme et ce qui en demeure encore dans le monde, le capitalisme avec sa loi du marché et son libéralisme sauvage, sont aussi des sortes de religions qui le plus souvent coexistent en une entente opportuniste avec les grandes religions universalistes, en particulier le capitalisme.

    Combattre les religions et s'opposer au pouvoir établi par la force, par la violence, par la lutte armée, c'est inévitablement contribuer à l'émergence d'une autre sorte de religion ou de pouvoir qui tendra à devenir universel et à s'imposer dans le monde.

    Si les sociétés humaines, les peuples et les civilisations me semblent encore “assez primitifs”, ce n'est pas tant à cause des religions, des cultes et des divinités, ni même par l'existence de ces systèmes que sont le communisme ou le capitalisme... Mais essentiellement par le fait avéré que les sociétés, les peuples et les civilisations ne cessent par des révolutions, des évolutions ou même tout bêtement par des modes, de remplacer une religion par une autre religion... Ou un pouvoir par un autre pouvoir...

    Au fond de lui-même, un scientifique ou tout simplement un homme (ou une femme) “de réflexion” doit se dire, s'il est croyant et de l'une des religions universalistes... “Qu'il y a un hic dans l'histoire de la création et de l'origine de l'univers selon la Bible ou le Coran ou autre livre saint”... Comment Dieu se serait-il lui même créé, venu de rien? Essayez d'imaginer une éternité de néant absolu, de “rien absolu”, de laquelle un jour aurait surgi l'univers, et donc la vie, la Terre, le soleil, les planètes, les étoiles ?

    En somme, cette histoire de “Big-Bang”, cette théorie des origines, et même encore toutes ces variantes de l'histoire des origines selon de nouvelles découvertes scientifiques... Cela “ arrange bien les affaires” des grandes religions universalistes !

    Au IV ème siècle après JC, à Alexandrie sous domination de l'Empire Romain d'Orient (ce n'est pas si éloigné de notre époque)... L'astronome et mathématicienne Hypatie tente de préserver les connaissances accumulées depuis des siècles, dans la plus grande bibliothèque du monde connu à l'époque... Elle vient de mettre en évidence le mouvement de la Terre autour du soleil, alors que tout le monde croyait, scientifiques compris, à l'époque, que c'était le soleil qui tournait autour de la Terre... Les Chrétiens et les savants de l'époque, au IV ème siècle, ne reconnaissaient pas les travaux déjà entrepris mille ans auparavant par des astronomes Grecs et Egyptiens...

    Hypatie, lors de la révolte des Chrétiens devenus de plus en plus puissants à Alexandrie et soutenus par l'empereur Théodose, fut mise à nu et lapidée sur la place publique, par une foule inculte toute abrutie de la nouvelle religion...

    Je me souviens de cette histoire : “Le dragorek”, que j'ai un jour écrite... C'est un très jeune enfant d'une grande sensibilité, quelque peu “visionnaire” et d'une capacité de réflexion hors du commun pour son âge... Il a un pouvoir “terrible” : celui de déclencher le “dragorek” en pressant entre ses doigts un simple caillou. Avec la seule force de son esprit, il peut provoquer l'implosion et donc l'anéantissement du monde... Il rencontre un vieil homme, un savant très puissant, très riche et très connu, qui sort d'une conférence pour la paix et l'avenir du monde... Une conférence à laquelle il était invité en tant que savant et personnalité mondialement reconnue et présentant son “projet” pour l'humanité... Le vieil homme est tellement déçu, tellement désespéré à l'issue de la conférence, qu'il dit à l'enfant : “fais le dragorek”! Mais l'enfant ne fait pas le dragorek... Il dit : “il faut que l'homme suive son destin, il est responsable de ce qu'il décide et choisit de faire... Et puis tu sais, au fond, le vrai pouvoir c'est peut-être celui de faire le choix de ne pas exercer le pouvoir que l'on a : c'est la conscience même du pouvoir que l'on a en soi, qui est, s'affirme et s'exprime autour de soi en tant que vrai pouvoir agissant...

    ... Non, non... Pas le dragorek! Pas un Dieu “courroucé et vengeur qui punit l'humanité” par quelque terrifiant fléau ou par la destruction totale...

    L'humanité c'est la vie, une vie, une histoire, dans l'immensité de l'univers... Et cette vie, cette histoire, elle est ce qu'elle est... Elle est un chemin, une évolution...