Le p'tit coin de Yugcib
Bienvenue dans mon petit coin : ici c'est l'entrée et vous accrochez vos manteaux, vos vestes, vos impers... Ensuite je vous convie à la découverte de ces billets qui viennent les uns à la suite des autres depuis mai 2009...
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J'irai cracher sur l'autel des agences de notation
- Par guy sembic
- Le 16/06/2011
- Dans Chroniques et Marmelades diverses
... Et sur tous ces autels d'ignominie sur lesquels on immole les "infidèles" qui ont fâché les divinités...
J'irai couper la parole à ces prêtres qui officient en vains discours et en pieuses élévations ...
Je renverserai les calices et piétinerai les osties...
Je cracherai sur ces ors et sur ces brillants dont on recouvre le marbre des Saints...
Car ces prêtres qui officient en vains discours et dont les armoires sont pleines de titres de créances, ont liquéfié l'or qu'il ont pris dans les caisses des églises... Cet or qui venait des soupières et des pots de terre des fidèles prévoyants et industrieux...
Jadis les troupes guerrières des empires conquérants réduisaient les peuples vaincus en esclavage et s'appropriaient leurs champs, leurs maisons et tous leurs biens...
De nos jours, par un sceau d'ignominie comme la marque sur la chair d'un fer rougi au feu, c'est tout un troupeau que l'on marque ainsi pour le conduire à l'abattoir...
Et il faudra encore que l'un ou l'autre de ces prêtres tout-puissants et scélérats, assisté de témoins apeurés ne disant mot et baissant la tête... Bénisse chaque animal du troupeau avant qu'il ne soit proprement égorgé puis dépecé...
L'abattoir au feu !
Sus aux armoires des prêtres bourrées de titres de créance !
Nos champs et nos maisons et nos églises ne sont pas à vendre et encore moins à prendre !
... Et cent containers de gigot d'agneau Néo-Zélandais dans le port de Rotterdam !... Cent !
... Et mille containers d'écrans plasma Chinois dans le port de Hambourg !... Mille !
Il y a plus de cargos sur les océans, que de cheminées de barbecues dans les lotissements des villages nouvellement urbanisés !
... Un jour tu verras...
Dans les ports il n'y aura plus de géants des mers...
Dans les lotissements l'on aura fait des "For Sale", des pancartes "Bienvenue chez Marcel"...
... Certes, mille containers d'écrans plasma Chinois, rien que des écrans plasma, sur le seul port d'Hambourg... "ça fait un peu beaucoup" !
Mais n'y-a-t-il pas là une démesure et une arrogance- et une absurdité- dans le dogme du "toujours plus et encore plus" d'un univers mondialisé de consommation ?
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V comme Vian
- Par guy sembic
- Le 16/06/2011
- Dans Chroniques et Marmelades diverses
... Hier soir, mercredi 15 juin 2011 sur France 2 à 20h 35...
Soit dit en passant le film de Philippe Le Guay s'étant terminé à 22h 20, j'ai pu observer ensuite l'éclipse totale de lune jusqu'à 23h 02 heure à laquelle très précisément est apparu un petit trait de lumière en bordure du disque rouge brique-et sombre- de la lune... Et ensuite j'ai vu évoluer un croissant lumineux qui peu à peu jusque vers minuit, est devenu le disque habituel de la pleine lune... Une pleine lune de juin, qui parcourt dans le ciel de la nuit la même trajectoire que celle du soleil en décembre dans la journée... Autant dire qu'une pleine lune de décembre proche du solstice est la plus éclairante de toutes les pleines lunes de l'année tant elle "monte haut dans le ciel". En comparaison, une pleine lune de juin, basse dans son parcours de seulement huit heures, "fait un peu pâlote" !
... Mais j'en reviens au film de Philippe Le Guay :
Bravo à Julie Gayet dans le rôle de Michelle, la première épouse de Boris Vian... Une femme "bien de son temps", simplement habillée mais à ravir et "très chic" en son allure , dans le style des années 50, devant sa machine à écrire... Un visage qui eût pu m'inspirer si j'avais été un sculpteur !
Et puis cette atmosphère "hautement et profondément littéraire" de cette époque aujourd'hui révolue, si empreinte de surréalisme, d'existentialisme, de philosophie et d'engagement, avec des Gaston Gallimard, Jean Pauhlan, Raymond Queneau, Albert Camus, Jean Paul Sarthe et tant d'autres poètes et écrivains...
Ces caveaux de Saint Germain des Prés parfois investis par une marée chaussée au service de la morale bourgeoise et catholique, où l'on dansait au rythme du Jazz...
Et cette chanson "monsieur le président je vous fais une lettre" devenue célèbre par la suite, conspuée par une troupe de militaires depuis le "poulailler" de la salle...
Boris Vian... Sa longue "traversée du désert" jusqu'à sa mort en 1959... Introduit auprès de Gaston Gallimard par Jean Paulhan alors directeur littéraire, mais non soutenu par le même Jean Paulhan lors du concours pour le Prix de la Pléiade (il fut battu par l'abbé Grosjean, sans doute au nom des sacro-saintes valeurs bourgeoises et catholiques)...
... Oui, cette époque à mon sens "de légende, de rêve et de dimension de pensée" (et de productions littéraires et artistiques de grande envergure)... Semble aujourd'hui révolue en dépit des "fadas visionnaires farfelus poètes- et parfois de génie- " qui s'expriment sur la Toile, ont tous des rayonnements mais que l'immensité du Cosmos dilue dans le firmament...
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Peut-on résister en demeurant pacifiste ?
- Par guy sembic
- Le 16/06/2011
- Dans Articles
... Précision cependant : j'entends "pacifiste" le fait (et seulement le fait) de ne pas se servir d'une arme pour un autre motif que de celui de sauver sa vie ou celle d'un ami ou d'un proche. Ainsi, un "pacifiste" à mon sens, peut se servir des mots qu'il dit -ou de son écriture- pour combattre avant même qu'il ne soit attaqué, et raison de plus s'il est attaqué...
Il peut aussi, ce "pacifiste", se servir de ce qu'il exprime -peut-être encore mieux qu'avec les mots- par son comportement, par son regard, par le choix qu'il fait dans ce qu'il achète ou vend, dans ce qu'il décide d'être ou de ne pas être, de faire ou de ne pas faire...
Le "vrai pacifiste", celui qui ne se sert jamais d'une arme même pour défendre sa vie ou celle d'un proche, celui qui aussi, ne se sert ni de ses mots ni de son écriture ni de rien de ce qu'il pourrait exprimer, s'il demeure seul ou isolé dans la foule, avec son pacifisme en lui, est à coup sûr un vaincu.
Le "vrai pacifisme" n'a de sens – et d'efficacité- que s'il est celui d'un peuple tout entier debout en face de ses bourreaux...
"Ma religion n'est pas une religion de prison. Elle offre une place aux plus deshéritées des créatures de Dieu. Mais elle est à l'épreuve de l'insolence, de l'orgueil de race, de religion ou de couleur. Je ne crois pas qu'il puisse y avoir sur Terre une seule religion. C'est pourquoi je m'efforce de découvrir ce qu'elles ont en commun et de prêcher la tolérance mutuelle."
[ Gandhi ]
L'épreuve est si terrible que l'on en vient à prendre les armes si on le peut, ou à résister de toutes ses forces...
Mais peut-on résister en demeurant pacifiste et ne prenant pas les armes, alors même que les Autres en face, sont en armes et tirent ? Et qu'ils ont avec eux la puissance de leurs milices, leurs positions retranchées, leurs forteresses et leurs territoires ?
Alors quoi ?
Crever ? Se soumettre ?
Crever, c'est le premier rang d'une foule aux mains nues qui tombe sous le feu des milices... Puis un deuxième, un troisième rang et ainsi de suite...
Jusqu'à ce que dans les milices, il y en ait qui cessent de tirer car la mort même, la mort qui recouvre la terre à perte de vue, devient une arme contre les armes...
Se soumettre, ce sont tous ces rangs d'une foule immense, agenouillée et ployant sous les coups de matraque...
Et les coups à force de pleuvoir, et la foule à force de ne pas même murmurer, c'est ce qui finit par démobiliser les milices, car la soumission de tout un peuple qui ne dit mot et ne relève jamais la tête, la soumission consciente, délibérée et unanime d'un peuple ne pouvant autrement résister ; fait de la terre une poussière stérile et devient ainsi une arme contre les armes...
Prenons les, de force et d'assaut, par là même ce qui les enrichit lorsque nous sommes soumis à leur culture du profit et de l'argent... Tarissons les sources qui font leurs torrents puis leurs rivières puis leurs fleuves, faisons en ultime et périlleux et absurde recours même, de nos terres, une poussière stérile même si nous-mêmes n'avons plus rien à manger... Alors ils verront et leur orgueil, leur insolence et leur puissance, et toutes leurs milices rouleront dans la poussière...
Il n'y a pas sur Terre une seule religion, une seule pensée, une seule culture, décidée et organisée par des seuls élus au détriment du plus grand nombre d'humains...
Il n' y a qu'une infinie diversité de croyances, de cultures et de peuples, avec la difficulté extrême de l'épreuve et de la coexistence... Et la découverte de tout ce que les croyances, les cultures et les peuples ont en commun pour envisager ensemble un destin possible, une terre qui ne devienne pas poussière stérile...
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Affreuseries de la vie, ou incongruités
- Par guy sembic
- Le 14/06/2011
- Dans Anecdotes et divers
Les petites “bintzeries” de la vie quotidienne, d'ailleurs plus ou moins escamotées, et ponctuées de “accouches” ou de “fais pas chier” à l'adresse de sa femme, de sa mère, de son fils ou de sa fille!...
Toutes ces hypocrisies puantes de singeries civilisées entre voisins de palier ou collègues de bureau!
Nénés qui frétillent au dessus d'une poêle à frire au camping de la Vacherie !
Jolie femme qui pète sur le canap' en levant la fesse gauche!
Beau mec qui rote au dessus de son assiette sale à côté de son amie et de ses copains!
Fromages qui puent et longues traînées brunes du grand pot de moutarde presque vide!
Frigos qui fleurent, la porte un instant entrebaillée!
Assiettes de la veille au soir enduites de beurre d'escargot refroidi!
Salades composées barbouillées de mayonnaise rose et aux crevettes puant le sexe sale sur assiettes en carton posées sur les genoux une fesse sur le canapé en face de la télé!
Haleines de bébé-dinosaure au p'tit dèj en pyjama fripé et gratouilles les ongles noirs dans l'entrejambe!
Café au lait tiède “peauhant” en surface et tartines beurrées au munster avancé!
Le choc des viandes sur un lit défait qui pue la sueur et le foutre!
L'ordi qu'on rallume, une canette de bière à côté du clavier, en bermuda de clown torse à poil à midi moins le quart quand toute la famille et les invités sont prêts à se mettre à table!
Cartons de pizza balancés de la bagnole sur le trottoir et cendriers vidés au feu rouge!
Coups de klaxon et appels de phare rageurs de jeunes et vieux chauffards mâles, imbéciles et pressés!
...”Pourvu qu'il y en ait pour moi!”...
“T'as pas cinq euros, tata, je vais chercher un DVD?”
“Alors il se maille le cul ce connard?”...
… Entend-on, rentend-on...
Sur fond tambourinant de battement de coeur de pieuvre portières ouvertes à l'arrêt au Mac Drive...
... C'est contre toutes ces “affreuseries”, déjà, qu'il faut se battre! Qu'il faut se révolter!
Pour qu'il y ait un peu plus de chic, de classe et de gentillesse entre les gens que nous sommes!
Ça n'a l'air de rien, mais ça commence peut-être par un coup de brosse à dents avant le p'tit dèj , le pet qu'on retient en ouvrant le frigo, l'ordi ou la télé qu'on arrête avant de se mettre à table en famille...
Et tous ces coups de klaxon rageurs en moins !
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Avatars et pseudos
- Par guy sembic
- Le 13/06/2011
- Dans Anecdotes et divers
Il m'arrive parfois de consulter les listes de membres de différents forums, mais je considère que c'est du temps "improductif" et sans doute une action vaine...
Je suis littéralement sidéré de voir se succéder au fil des pages tous ces noms de gens dont on se demande s'ils existent bel et bien, s'ils ont un visage...
Car chacun s'inscrit sur un forum ou un autre et parfois sur plusieurs forums, sous un pseudo ( ce qui me semble sans surprise et tout à fait logique) et avec un avatar (c'est à dire une petite figurine ou dessin ou logo censé remplacer une photo de son visage que l'on ne montre pas)...
À dire vrai ce qui me sidère c'est le libellé du pseudo : passe encore "Vic Tauruguaux", "Alambic", "Capucine", "Violette", "Nez-de-Singe", "Pirate", Oiseau-des-îles", "Canari" et tant d'autres...
Mais quand j'en vois des imprononçables ou des hiéroglyphiques suivis de chiffres, je me dis "mais c'est un être humain ça?"
Déjà l'anonymat sur le Net, j'arrive pas à m'y faire...
Il y en a déjà assez, de l'anonymat, quand tu marches dans une rue au milieu d'une foule... Et d'ailleurs, même là où tu habites, c'est pas écrit "Michel Tartempion" sur ton front quand tu entres dans une boutique de la rue principale de ton bled, dans le supermarché de ton quartier ou quand tu achètes ton journal au Tabac Presse du coin...
Quand aux festivals, aux fêtes et aux marchés régionaux... En vacances dans un endroit hyper fréquenté, n'en parlons pas, tu n'es plus alors qu'un "type", un "mec" ou une "nana" ou un "individu"...
Dans tous ces forums quand je vois certains pseudos pour le moins étranges et aussi hiéroglyphiques que des formules algébriques, qui sont ceux de gens n'intervenant pratiquement jamais (on se demande pourquoi ils se sont inscrits)... Je me dis : "comment se fait-il que les administrateurs de ces forums puissent concevoir l'existence de toutes ces entités indéfinissables dans un univers de communication qu'ils ont proposé et qu'ils gèrent sur le Net ?"
Absurde !
Pour moi, je vous le dis, une personne humaine, homme, femme, jeune femme, fille, dont j'aperçois dans une rue ou en n'importe quel endroit, le visage... N'est jamais "un mec, une nana, un individu"... Je "vois sans la voir" une histoire, une vie, dont je ne sais rien mais qui me "rentre dedans" et me fait inventer des souvenirs que je n'ai pas... Et un rêve prend forme, qui bien sûr est emporté et s'éloigne, puis revient sous une autre forme à la vue d'un autre visage...
Je ne m'ennuie jamais là où il y a des visages à voir et à regarder en n'importe quel endroit...
L'on ne saura pas...
Je ne saurai jamais...
Ce n'est pas écrit sur le visage qui je suis ni qui tu es...
Ni d'où je suis ni d'où tu es...
Ni ce dont je rêve ni ce dont tu rêves...
Ni ce que je fais de ma vie ni ce que tu fais de ta vie...
Mais ce visage et ce regard que j'ai, je veux qu'ils se voient en entier sur la vie et sur la Toile...
Et ce visage et ce regard que tu as, je veux les voir en entier sur la vie et sur la Toile...
... Ah ces "Vic Tauruguaux"... et autres "Gaspardinos"... Avec un profil de visage à la Charlie hebdo... C'est à peine mieux que quatre murs aux portes et fenêtres fermées avec un carnet et un crayon tout seul assis au milieu de la pièce !
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Programmes télé du samedi 11 juin
- Par guy sembic
- Le 13/06/2011
- Dans Chroniques et Marmelades diverses
Le samedi 11juin, entre "Le plus grand cabaret du monde " de Patrick Sébastien et un film adapté d'un livre de Jorge Semprùn, "Le temps du silence", scénario écrit avec Franck Apprédéris ; mon choix fut vite fait sans la moindre hésitation...
Bravo que FR3 ait remplacé "Cet été là", par une diffusion du film adapté d'un livre de Jorge Semprùn !
"Mon p'tit doigt" me dit cependant que... Six ou sept millions de Français ont regardé - com'd'hab'- "Le plus grand cabaret du monde" !
Ce sont d'ailleurs les mêmes Français qui, le samedi soir aussi, regardent "Les années bonheur", du même Patrick Sébastien...
Ensuite, je suis tombé sur "Sur le chemin de Compostelle", un film de Didier Grousset, un film qui aurait pu être "d'un bouquin de Musso ou de Lévy un peu épicé"
... Et pour finir, je "croche" une séquence de "On est pas couché" de Laurent Ruquier, où était entrepris sur le plateau devant les deux Eric, Michel Delpech qui a sorti un livre dans lequel il parle de son expérience spirituelle et de sa sensibilité religieuse : "cela sort de l'entendement de mon regard sur les gens et les choses", que l'on puisse déballer sur la place publique des moments de vie aussi personnels et d'une certaine manière aussi intimes"...
Que Michel Delpech ait écrit un livre sur "cette affaire là", soit ! (Un livre pareil en fait, intéresse plus particulièrement des personnes de sa famille ou des amis de longue date, ou même encore des gens sensibilisés sur ce genre de question)... Mais en tant qu'invité sur un plateau de télévision pour parler "de ces choses là", oui je trouve cela "un peu fort" !
... Soit dit en passant, j'imagine mal à l'avenir, cette émission "On est pas couché", sans les "deux Eric" !... Et est-ce que la séquence "ce soir nous ne recevrons pas..." nous gratifiera encore de ces "saillies" un peu trop "grosse soupe" mitraillées par un Laurent Ruquier en permanence hilare et déjanté ?
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Tout ce qui se souviendra
- Par guy sembic
- Le 12/06/2011
- Dans Chroniques et Marmelades diverses
Tout ce qui se souviendra sans moi, sans toi, sans nous, sans vous, sans eux...
Vivra, sera retrouvé...
Ce sera comme un verre tout empli de lumière blanche et bu dans une ivresse de création par des êtres venus de nous qui auront traversé des univers...
Ce sera peut-être même seulement un filament fugitif ou intermittent de lumière plutôt que la trace filante et visible durant mille tours de voûte céleste d'une chevelure de comète...
Ce sera une pâle aurore boréale ou australe dans la nuit polaire d'une Terre d'Andromède... Ce sera la naissance d'un univers dans l'ovaire d'une femme stellaire...
Ce sera peut-être... Rien du tout... Rien, avant que de nouveau, il y ait tout...
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Métamorphoses
- Par guy sembic
- Le 11/06/2011
- Dans Chroniques et Marmelades diverses
... Le ciné branché
C'est un cinéma très sympathique avec un grand hall d'accueil
Il y a foule ce soir au cinéma
Le film est une première
Une étrange histoire de voyage dans un train amphibie
Il y a un immense livre d'or aux pages épaisses et rugueuses sur l'une des tables basses du grand hall
Gypsie la dame du cinéma coiffée en barbe à papa
Va et vient d'un groupe à l'autre
Ce sont tous des branchés venus là dans ce cinéma pas comme les autres
Des branchés et des égarés et des poétants et des gauche-culture
Prospirou le petit papy aux cinquante minous
Est venu ce soir là au cinéma
Les minous se font leur cinéma dans le grand jardin de Prospirou
Une page encore vierge dans le livre d'or
Prospirou dessine des lézards à tête humaine dressés sur de longues et étroites pattes
Le dessin achevé
Prospirou relève sa tête puis regarde dans le grand hall
Il n' y a que des fourmis géantes debout sur leurs pattes arrière et les antennes se mouvant en tous sens en avant
Et même Gypsie est une fourmi géante
... La femme chic
C'est une femme très belle
Une femme sans âge
Très bien habillée
Mais qui lui semble égarée
Ayant passé la nuit entière dehors
Une étrange légèreté dans la silhouette de cette femme
Lui donne à penser
Qu'elle peut s'envoler
Elle lui passe tel un rêve fou
Un rêve qui le régale
Depuis son enfance
Un rêve dont il peut luminer des heures durant
Luminer à la seule vue d'une femme qui lui plaît...
Il la suit dans la rue ses hauts talons musiquant
Telle une pluie crépitante et tiède d'après midi d'été en ville
Un râle dans sa gorge
Une faim prédatrice et subite
Il s'approche d'elle
Elle ne s'éloigne pas
Elle se retourne et s'arrête
Ainsi visagée
Ainsi habillée
Elle lui plaît à en crever
Leurs regards se croisent et se touchent
Il la plaque contre une porte
Elle n'est pas particulièrement consente mais...
Il la lumine de ses doigts et de ses lèvres
Le temps qu'un long nuage en écharpe
Glisse d'un bout à l'autre sur un quartier de lune
Un doigt planté dans sa déchirure
Elle crie
Elle se régale
Et il s'enfonce en elle
Elle est tellement chic
Elle a un si joli visage
Au tout premier jet il lui crie merci
À la toute dernière secousse...
...
C'est une mouche bleue et velue
Une grande mouche d'un bon mètre soixante quinze
Qu'il étreint
Il vient de trouer l'abdomen de la mouche
De son dard de chair durcie et veineuse