Le p'tit coin de Yugcib

P1000015 1Bienvenue dans mon petit coin : ici c'est l'entrée et vous accrochez vos manteaux, vos vestes, vos impers... Ensuite je vous convie à la découverte de ces billets qui viennent les uns à la suite des autres depuis mai 2009... 

NOTE : les billets sont classés par catégories qui figurent dans le menu à gauche : faire défiler jusqu'à BLOG où apparaissent les noms des catégories du blog, puis la liste des derniers billets publiés. 

  • Le 22 juillet

         La date du 22 juillet demeurera toujours dans ma mémoire, une date terrible...

     

    ... À cause de deux évènements, l'un celui de la disparition d'une amie dans un accident de la circulation, et l'autre celui des attentats d'Oslo... Même jour en effet, le 22 juillet 2009 pour le premier, et le 22 juillet 2011 pour le second...

     

    ... Deux ans plus tard jour pour jour après ce tragique 22 juillet 2009, survient ce drame en Norvège, ce pays que j'ai tant aimé alors que j'y avais vécu seulement 34 jours...

    C'est, je le redis encore à quel point je suis bouleversé... Comme si effectivement une femme très belle dont j'aurais fait la connaissance, aurait eu le visage soudain déchiré dans un terrible accident... Cette femme m' aurait pris par la main une seule fois, un seul jour, non pas pour me convier à quelque fête ou à quelque bon moment à passer avec elle, mais pour m'éviter de me sentir perdu et étranger... Cette femme très belle n'aurait pas été "très belle" comme peut être belle une femme qui plaît par son apparence, elle aurait été d'une élégance et d'une simplicité toutes naturelles et émouvantes. Elle aurait ainsi, cette femme, symbolisé si je puis dire, ce que j'aime en ce pays et en ce peuple, ces valeurs de discrétion, de simplicité, de manière d'accueillir sans imposer quoi que ce soit et sans faire dans l'exhibitionnisme ou dans l'assistance inconsidérée...

    Et cette femme , l'image de cette femme blessée si cruellement au visage, symbolise ce pays meurtri, atteint dans ce qu'il a en lui de plus beau et de plus émouvant... Et cela fait vraiment très mal...

    J'ajoute également qu'en face d'une telle femme, et donc en face de telles valeurs de discrétion, de simplicité et d'élégance naturelles, en face d'une telle manière d'accueillir l'autre, l'étranger... Il m'aurait été impensable d'envisager de raconter un seul instant de ma vie... Sans doute parce que dans ce genre de relation, c'est, réciproquement, comme si l'on se reconnaissait sans s'être jamais vu avant...

    ... Une autre chose encore, que je voudrais dire :

    C'est vrai que la Norvège n'est pas un pays pour les fêtards bruyants et exubérants tels qu'on en voit par exemple aux fêtes de Dax ou de Bayonne !

    Néanmoins, petite anecdote :

    Dans un village de pêcheurs et de vacanciers en dessous de Trondheim, proche du camping où je me trouvai alors, durant une promenade du soir (un soir interminable bien sûr) je vis dans une forêt de bouleaux près d'une large rivière tumultueuse, une dizaine de caravanes de vacanciers Norvégiens ; et les gens, les familles se préparaient ensemble une fête intime entre eux... Il y avait de longues planches sur tréteaux, des pots avec des bougies, des bouquets de fleurs, des couverts mis, des bouteilles et des verres... Et les gens riaient, visiblement heureux d'être ensemble, parents, amis, enfants... Sur la rive opposée de la rivière large et tumultueuse, "bataillait" un solide gaillard en bottes dans l'eau, tirant à grand peine un énorme poisson et en face, de l'autre côté, tout le monde applaudissait et riait et poussait des cris joyeux... J'observai un long moment tout cela, assez proche de ces gens, et je sentis que pour eux, je n'étais point un intrus ni un gêneur, à tel point que je me suis demandé s'ils n'allaient pas me proposer de boire un verre avec eux !

    ... Même leurs "minous" ne sont pas des minous comme les autres ! Ce sont de bons gros chats, bien plantureux, à très longs poils touffus et soyeux, en général tigrés ou blanc et noir, avec de belles têtes et des yeux adorables, placides, gentils, peu farouches et se laissant approcher et caresser... Des "minous Norvégiens" qui eux aussi à leur manière, symbolisent en partie cette "âme Norvégienne"... Quoi que les gens en fait, autant les femmes que les hommes que les enfants, ne soient point aussi "câlins" que leurs chats en apparence !

    Tout est dans la mesure, dans un équilibre presque parfait entre réflexion, distance, discrétion d'une part, et spontanéité, chaleur humaine d'autre part...

     

     

  • Les attentats d'Oslo

         J'ai été "littéralement assommé" à l'annonce des attentats survenus à Oslo le 22 juillet.

    Pour avoir séjourné 34 jours en Norvège en 2009 de la mi juin à la mi juillet, et pour qui lit ou relit mon récit du voyage que je fis dans ce pays (voir sur mon site ou sur mon blog)... L'on comprend que je puisse avoir une "énorme sympathie" pour ce pays ainsi que pour ses habitants...

     

    Un extrémiste d'une "droite très dure"... apprend-on. Un homme âgé de 32 ans étant l'auteur des deux attentats perpétrés à Oslo, l'un par une bombe détruisant un bâtiment où se tenaient le premier ministre et des membres du gouvernement, et l'autre par une fusillade dans un rassemblement de jeunes du parti Travailliste...

    Deux questions me sont venues immédiatement à l'esprit :

    -Comment une personne qui se dit "de religion chrétienne" et appartenant à un parti extrémiste, même de la "droite la plus dure qui soit" ; peut-elle envisager déjà, une telle action aussi meurtrière et ensuite, aller jusqu'à perpétrer cette action ? En sachant bien au fond d'elle même, qu'un tel acte ne peut susciter que l'horreur et la désapprobation de l'ensemble d'un peuple ? Et alors même qu'il y aurait au sein de ce peuple, 20 % d'électeurs potentiels pour un parti de droite ?

    -Comment est-il possible, à une seule personne utilisant une seule arme, de tuer en si peu de temps, autant de gens à la fois? Car même à courte distance, lorsque les gens sont rassemblés très proches les uns des autres, les balles atteignant les plus exposés ne font que blesser les autres placés derrière. Et l'arme elle même, une arme automatique à répétition, ayant un chargeur, il faut que ce chargeur soit remplacé car un seul chargeur ne suffit point pour tuer plusieurs dizaines de gens. Et dans le temps même très bref du rechargement, une réaction, une résistance s'avère possible de la part d'un intervenant dans la foule... Et il faut en outre, pour arriver à perpétrer un tel massacre, de plusieurs dizaines de personnes, que le tireur se place au milieu de la foule et fasse feu à bout portant en tous sens mais en visant les personnes de manière à ce qu'elles soient mortellement touchées... Impossible donc, à priori, de tuer 90 personnes à la fois en seulement quelques secondes! (plusieurs minutes au moins sont nécessaires).

    Le tireur certes, était habillé comme un policier, et il n'y avait aucune force de sécurité à proximité... Mais "cela paraît surréaliste, atrocement, incroyablement surréaliste" !

    Dans un pays aussi paisible, aussi sûr pour la liberté et la sécurité des personnes, où la délinquance y est marginale, et où "l'étranger" venu de n'importe quel pays du monde, n'y est pas "regardé comme une bête curieuse", mais respecté, accueilli, considéré, correctement payé pour le travail qu'il accomplit (dans des conditions il faut le dire, des plus justes et des meilleures qui soient)...

    Lors de mon voyage en Norvège j'ai eu l'occasion à maintes reprises, de parler avec des Espagnols, des Roumains et des Africains (entre autres), tous parlant Espagnol, un peu Français ou Anglais ou Allemand, gens travaillant sur des chantiers de construction ou de rénovation, dans la restauration, le commerce, l'hôtellerie, le tourisme... Et tous m'ont dit sans exception la même chose : "ici on t"emmerde pas, on te respecte, t'es pas un forçat au boulot quinze heures par jour, à cinq heures de l'après midi on s'arrête, le matin on commence pas avant 9 heures, tu gagnes jamais moins de 10 000 Noks par mois ou l'équivalent en tarif heure ou jour si tu fais pas le mois, et c'est comme si tu avais 1500 euro en France... Va-t-en gagner autant ailleurs !

    Un pays où la Reine elle-même vient manger dans un modeste restaurant de pêcheurs des îles Lofoten, au milieu de gens comme vous et moi, où les gens du gouvernement prennent le bus, le métro, le train, se promènent le dimanche dans des jardins publics au milieu des familles, où la "richesse" (en particulier la grande richesse de quelques uns) n'est jamais ostentatoire, provocante et insolente comme on le voit ailleurs dans d'autres pays...

    Où la plupart des maisons ne sont jamais d'une apparence impressionnante (quoique très douillettes et très bien équipées à l'intérieur), où les cimetières sont simples et émouvants (une pierre fichée en terre, pas de monument, juste un mètre carré de fleurs ou de plantes et une inscription sur la pierre avec un petit oiseau sculpté dessus)...

    Où beaucoup d'églises sont en bois, où le sourire est certes "discret" mais chaleureux ainsi que le regard des gens, où les femmes de tous âges sont agréables à regarder tant elles ont souvent de l'élégance et de la simplicité...

    Et plus on va vers le Nord, plus c'est "comme je dis"!

    Un pays d'à peine cinq millions d'habitants, où le gouvernement subventionne les "ruraux" pour les inciter à demeurer dans les campagnes (nombreux petits villages disséminés), à créer un artisanat, à faire de l'élevage... Un pays où si tu n'as pas de voiture, tu peux toujours compter sur un train, un bateau ou un bus, un pays où les jeunes ne sont pas à la charge de leurs familles pour aller étudier à Oslo ou dans les grandes universités... Et bien sûr, les paysages fabuleux, les étés du Grand Nord, les fjords et les aurores boréales...

    En fait j'ai visité ce pays non pas en touriste en camping car, voyage organisé, hôtels et fréquentation de lieux "mythiques", mais plutôt en aventurier au jour le jour, étape par étape, en camping, en essayant de parler quelques mots de Norvégien (mais plus souvent Anglais ou Allemand), en rencontrant des gens et en observant, en parlant chaque fois que j'en avais la possibilité...

    Je conçois cependant, qu'aux yeux de personnes n'ayant pas eu la même expérience ou la même vision "idyllique" que moi, de ce pays et de ses habitants ; mon récit puisse paraître "irréel" en partie et peut-être dominé par des sentiments tout à fait personnels... Mais ce que j'ai observé et surtout, les contacts que j'ai eu, m'inclinent à vraiment penser ce que j'écris...

    Pour en revenir à ces deux attentats... Il faut croire que ce qui règne en ce pays en matière de dispositions sociales, de culture, de relation, de démocratie, cela gênerait certains "durs des durs" (qui veulent "casser" tout cela)...

    J'en suis si bouleversé qu'il me vient l'image d'une très belle femme, d'un visage sublime, d'un regard chaleureux, qui m'aurait pris un jour, une seule fois par la main, à la quelle je n'aurais pas osé raconter un seul instant de ma vie, et qui dans un accident stupide et dramatique, aurait été blessée au visage...

     

  • Le verdict des "scientifiques de la littérature"

         Il y a assurément, des "scientifiques de la littérature"... Ou si l'on préfère : "des entomologistes de la langue Française"...

    Ce sont de vrais savants expérimentés et, une fois rendu leur verdict, si celui si est "bon", alors vient pour l'auteur dont l'oeuvre a été analysée dans le moindre détail et au microscope, l'heureuse certitude d'avoir accompli un travail hors du commun et d'une qualité extrême, à tel point que la critique s'avère difficile voire impossible...

    Mais si le verdict n'est pas "bon"... L'auteur peut comme on dit, se rhabiller et aller voir ailleurs...

    Bien sûr les "aficionados" ou les amis inconditionnels d'un auteur, d'un poète, d'un écrivain, n'auront jamais tout à fait la même rigueur que les "scientifiques de la littérature"... Même s'ils sont réellement des "experts" en la matière...

    Et les médiocres, les acides, les perfides, les indifférents... Et ceux et celles qui relativisent, infirment, critiquent... et ne sont en aucune façon des "entomomogistes de la langue Française", porteront toujours sur l'auteur décrié, un regard de "petit juge"...

    ... Disons que les scientifiques de la littérature et les entomologistes de la langue Française m'embarrassent, et que les "petits juges" m'emmerdent...

    ... Pour toute production d'écriture sur le Net, sous la forme par exemple, d'un blog ; l'on serait enclin je crois, à se dire – et je me dis- "qu'un blog c'est un peu comme un livre"... parce que le livre peut être découvert fortuitement, ou choisi d'être lu, une fois découvert. Et il en est de même pour un blog...

    Mais là s'arrête la "comparaison" si je puis dire...

    En 2011 ou si l'on veut dans les années actuelles, les oeuvres de littérature ou les travaux d'écriture présents et diffusés sur le Net, ne sont pas encore perçus de la même manière que les oeuvres de littérature ou que les travaux d'écriture publiés en des seuls livres... Il est à peu près certain que les "scientifiques de la littérature", que les "experts" en la matière dans leur grande majorité, ne commencent qu'à "percevoir" une évolution ou à "supposer" cette évolution...

    L'on peut dire je crois, que l'existence réelle cependant, d'une littérature sur le Net, ne peut être aujourd'hui mise en évidence, que si elle est soutenue par l'existence effective et déjà reconnue, d'une littérature publiée en des livres.

    Ainsi en est-il d'un blog d'auteur ou d'écrivain : le blog soutient les oeuvres publiées et vendues en librairie, le blog soutient ce qui est écrit dans des chroniques ou des articles de journaux, de revues... Et réciproquement, les écrits publiés en livres, en articles de journaux, soutiennent le blog...

    En sera-t-il ainsi pour longtemps encore ?

    Quoi qu'il en soit, lorsque "ce qui est vraiment beau" (et difficile à critiquer) te "tombe sur la tête"... et de surcroît est confirmé par des "scientifiques de la littérature"... alors tu peux te sentir "littéralement assommé ou écrasé", à l'examen de ton propre travail qui te semble dérisoire...

    Mais ce n'est qu'un état d'esprit passager... puisque rien ne se compare à rien en matière de valeurs réelles et intemporelles dans des domaines distincts et diversifiés...





  • Paysage et visage

         Ainsi les paysages ont-ils autant de couleurs dominantes en leur ensemble, qu'en leur tout premier plan...

    Ainsi en est-il de tous les visages des femmes et des hommes...

    Mais la saison, le temps qu'il fait, la lumière du soir ou du matin, le regard que l'on porte sur le paysage aperçu... Tout cela fait du paysage un moment unique de ce paysage...

    Et l'apparence dominante d'un visage dans l'évènement ou dans la situation du moment, tel ou tel détail ou signe particulier dont on va se souvenir, et ce regard qu'il a, et ce regard qu'on lui porte... Tout cela fait du visage aperçu, un instant unique de ce visage...



  • Cette immense continuité qu'est la vie

         C'est fou le bien, tout le bien que l'on dit des gens lorsqu'ils sont morts (qu'ils viennent tout juste de mourir en fait, et qu'ils ne sont pas même encore mis en terre ou incinérés)...

    Ensuite, lorsqu'ils sont morts depuis "un certain temps", les éloges s'espacent ou deviennent moins "élogieux"...

    ... Et quand les gens sont en vie, tout proches de nous, parents, amis, connaissances, on les "enterre" pour un oui ou pour un non, on médit d'eux, on se moque d'eux, on les méprise, les vilipende, on les prend pour des "demeurés" ou des "allumés" ou des hautains, des dédaigneux, des "ours" ou je ne sais quoi encore !

    Tout ce "cinéma" au moment de la mort des gens alors...

    Mais toute cette crapulerie et cette hypocrisie du temps de leur vivant, quelle triste et inféconde réalité !

    Que ne dit-on aux gens (plus souvent qu'on ne le fait en réalité) qu'on les aime, et pourquoi on les aime ! Et de leur vivant! Pas attendre qu'ils soient morts !

    Lorsque tu "suces les pissenlits par la racine" comme on dit, que les vers te rongent les chairs putréfiées dans un cercueil qui a éclaté ou quand tu n'es plus que cendres et poussière dans une urne que peut-être même on érigera en "vase sacré" sur un manteau de cheminée... Ou que tu seras empaillé comme un toutou vénéré... C'est "trop tard"! (L'image de l'urne en "vase sacré" sur le rebord de la cheminée, et du "toutou empaillé vénéré", est certes, surréaliste et caricaturale)...

    J'imagine l'âme du mort pétant au visage des imbéciles encore en transit temporaire avant le grand saut dans une éternité supposée, un bras d'honneur à faire tomber toutes ces louanges caramélisées qui peu de temps avant, étaient de l'acide sulfurique !

    ... Mais je ne crois pas du tout à la vie éternelle des religions, des cultes et des croyances, ni même dans le sens où l'on entend parler dans le monde, de la vie éternelle...

    Je ne vois pas la vie éternelle comme le "prolongement direct" de sa vie vécue de la naissance à la mort, que ce soit sous une forme ou une espèce de "résurrection", ou par l'âme ou par l'esprit "désincarné" qui "vivrait toujours"...



    Je verrais la vie éternelle, en fait, comme étant l'existence même de la vie.. La perpétuation de l'existence de la vie humaine ou animale ; de la vie, de toute vie en général sous n'importe quelle forme... Nous serions, ainsi, chaque être (humain ou autre) un "instant" de cette immense continuité qu'est la vie... Et il y a sans cesse un grand nombre d'instants, comme il y a sans cesse des vagues à la surface de l'océan...





  • Itaye, le petit extraterrestre

         C'est Itaye...

    Descendu de sa soucoupe volante, petit extraterrestre aux grands yeux d'enfant, au coeur grand comme un cosmos et avec une grosse tête...

    Itaye, dont les yeux d'enfant au dire des comédiens ne jouant que dans de belles pièces, sont des yeux plus noirs que bleus...

    Itaye, dont le coeur grand comme un cosmos, au dire des mêmes comédiens, est un maëlstrom qui épuise les étoiles dans toutes les galaxies...

    Itaye, dont la grosse tête, encore au dire des mêmes comédiens, est comme une pastèque emplie en sa chair de cent mille pépins...

    Et Itaye s'agite, se contorsionne et cabriole dans la fête, une fête qu'il dit imbécile et cruelle, imaginant une autre fête, celle là informelle, sans forains aux gros bras, sans manèges trépidants avec le pompon à attraper, sans tireurs d'élite descendant mille pipes ; une fête improvisée, inattendue et apparaissant comme au détour d'un chemin dans une clairière, au milieu de la nuit ; une fête où les visages sous les lumières jaunes, rouges, vertes et bleues des lampions, s'ouvrent au regard du promeneur venant de traverser la nuit...

    Itaye avec des yeux d'enfant au coeur grand comme un cosmos et à la grosse tête... Tout le monde y croit...

    Enfin... Tout le monde "pas tout à fait comme les autres"...

    Et si Itaye... C'était une sublime imposture ?

    Une imposture comme Lucifer en ange de lumière ?

    Alors, Itaye qui dans son enfance encore proche s'était inventé Rampono, un personnage sévère et critique qui le prenait par la peau des fesses, le jetait dans l'eau et le forçait à nager... S'invente aujourd'hui Hèmèmène, un "ennemi nécessaire", pourfendeur d'Itaye...

    Hèmèmène suggère une possible imposture.

    Et Itaye recouvre d'échardes hérissées et coupantes les hublots de sa soucoupe volante afin que les doigts curieux s'y blessent...

    Se chausse de sabots pointus et ferrés qu'il enduit de boue putride...

    Autant dire qu' Itaye "suicide" son image de petit extraterrestre aux grands yeux d'enfant, au coeur grand comme un cosmos et à la grosse tête...

    ... Mais même là, il y a peut-être encore, embusquée, ricanante, obscène... L'imposture !

    Cette imposture que les Inabusés vont révéler...

    Cette imposture dont les Abusés croyent "dur comme fer" qu'elle est une vérité sublime et singulière...

    Quel arrangement, tout de même, cette "vérité" qu'il y paraît, entre imposture à dénoncer, et existence d'un passage étroit menant à un espace de lumière et de certitude, à montrer !





  • Bonnes vacances !

         Je souhaite d'agréables vacances d'été, à toutes celles et ceux d'entre vous, leur famille et leurs enfants, qui, un jour de juillet ou d'août, vont traverser la France en une diagonale, en une horizontale ou en une verticale, afin de se rendre en l'une ou l'autre des si belles régions de notre pays... ou ailleurs...

    Il y a aussi celles et ceux qui ne partent pas... Peut-être pas forcément parce qu'ils ne veulent pas partir, mais tout simplement pour se reposer ; ou plus pratiquement, pour effectuer quelques travaux à l'intérieur ou à l'extérieur de leur maison, ou encore, pour recevoir des personnes de leur famille, des amis...

    Il y a enfin celles et ceux qui... ne peuvent point partir... et l'on en perçoit les raisons qui les contraignent ou les portent à ne point partir... Je leur souhaite un ciel d'Afrique dans leur tête, une brise marine de carte postale d'ami dans leur boîte aux lettres, des voyages dans des livres, des enfants autour d'eux qui les amusent et les occupent, des fleurs dans leur jardin, et juste la pluie qu'il faut, sans plus, s'ils ont quelques plants de haricots ou de salades...



  • Des bulles de toutes dimensions dans un vaste bouillon de culture

         Autrefois étaient les clubs, les bandes, les groupes, les cénacles et toutes sortes de constellations d'écrivains, de poètes, d'artistes ou de personnages plus ou moins atypiques ou exerçant une activité sortant de l'ordinaire...

    Et tous ces gens là se réunissaient dans des lieux publics, salons ou cafés, souvent à Paris...

    De nos jours, ces groupes, ces bandes, ces clubs et ces cénacles, forment aussi des constellations, sans doute en plus grand nombre, et leurs membres communiquent entre eux par des blogs, ou par des messages et par des images qu'ils exportent à partir de leurs téléphones portables ou de leur ordinateur via le Web...

    Mais l'on peut dire que le Web a "changé la donne", dans la mesure où se sont constituées des communautés virtuelles rassemblant des centaines voire des milliers de membres, tous dispersés aux quatre coins de la France et du monde...

    Ainsi s'étend à perte de vue, désormais, un immense bouillon de culture planétaire dans lequel fourmille toute une vie grouillante de germes, de bactéries, d'animalcules... Et les bandes, et les cénacles alors, y sont, dans ce bouillon de culture, comme des bulles...

    Des bulles identifiables, indépendantes les unes des autres ou s'interpénétrant à l'occasion ; des bulles qui ont chacune leur univers relationnel propre, mais qui dans une déconcertante et étonnante réalité, évoluent dans la mouvance du bouillon de culture de dimension devenue "cosmique"... Où tout ce qui existe et se diffuse, va et vient, apparaît, disparaît, éclate, se décompose, se reforme, se superpose, s'entrechoque...

    Comment s'y retrouver là dedans, comment y envisager dans une telle mouvance, une histoire et une géographie de la relation avec des repères, des ports, des attaches ?

    Avez-vous déjà observé dans nos villes et à la périphérie de nos villes, ces galeries et espaces marchands en lesquels s'ouvrent et se ferment au rythme des saisons, autant de boutiques ?

    Alors j'imagine... Dans ces constellations de forums du Net, non plus des boutiques comme dans une galerie marchande, mais des visages, de "vrais êtres", dans une "galerie" ou espace de communication... Des visages qui apparaissent puis disparaissent au rythme des saisons et des évènements, au rythme des émotions, des sensibilités, des engouements, des préférences ; au rythme du flux et du reflux d'une marée qui elle-même enfle, envahit les terres proches, puis s'arrête et ravale son flux et son reflux...

    Pour l'artiste, pour le poète, pour l'écrivain... Il y avait jadis un monde, une véritable planète avec une géographie et une histoire... Et donc, une existence.

    À présent, avec tout ce qui va et vient, apparaît, disparaît, se forme et se déforme ou se dilue, il n'y a plus de planète tellurique avec des continents et des océans, il n'y a plus qu'une planète "boule de gaz", sans histoire, sans géographie... Et l'artiste, le poète, l'écrivain, n'existe plus : il "lumine" comme une sorte d'arc-en-ciel de particules pris dans un tourbillon d'autres arc-en-ciel... C'est cette "luminescence" qui se substitue à son existence...

    ... Un ami me disait un jour (cet ami est plus anciennement présent que moi, sur le Net puisqu'il y est arrivé en 2000 au temps des premiers forums dans leurs balbutiements, alors que moi, je ne suis vraiment présent que depuis 2005) :



    "Depuis les blogs, les forums deviennent des déserts"...



    En effet, j'ai vérifié sur tous les forums sur lesquels je m'étais inscrit depuis 2004 et surtout en 2005/2006... Et j'ai pu constater qu'au départ, ces forums étaient très animés, bien fréquentés... (avec certes leurs "locomotives") mais qu'à partir du moment où le "phénomène blog" a commencé à prendre une grande extension, en gros après 2007, eh bien tous ces forums à l'exception de deux ou trois, sont devenus des "déserts" ... en ce sens que, même ceux et celles qui les animaient, n'y postent à présent plus rien ou presque.

    J' y vois là, dans cette tendance à la baisse de fréquentation et au vide laissé par celles et ceux qui postaient régulièrement mais se sont envolés...

    une explication : le blog est devenu en quelque sorte la "sphère relationnelle" de son auteur, avec ses "fidèles" d'une part, et les quelques amis ou connaissances qui de temps à autre visitent le blog...



    D'ailleurs mon ami qui lui-même avait créé un forum en 2007, constate qu'en 2008 son forum "marchait bien" mais qu'ensuite à partir de 2009, il n'y a plus que 1 ou 2 messages de loin en loin...



    Personnellement, je déplore la "désertification" des forums au profit de l'activité et de la fréquentation qui se reporte sur les blogs...

    Pour cette raison :

    le blog c'est l'univers des copains, amis, des gens "à votre dévotion" (ce qui de toute évidence est très confortable)... mais "t'enferme comme dans un terrier peuplé de gentils lapins"... Et le forum c'est l'univers dans lequel existe une vraie confrontation, une vraie mise à l'épreuve, une vraie communication...(autrement dit, tu n'y rencontres pas que des "gentils lapins" qui vont te mordiller-bisuquer le bout du nez)...