lecteurs

  • Peut-être que ...

    … L’un de mes plus grands regrets – et qui est aussi un manque – sur cette Terre où je vis, c’est celui de ne pas avoir vu vivants ma mère et mon père, tous les deux morts en 1984 quand j’avais 36 ans, et qui donc, auraient pu lire tout ce que j’ai écrit depuis cette année 1984 jusqu’à aujourd’hui où ils auraient, ma mère 102 ans, et mon père 101 ans…

    Cependant, s’ils étaient morts vers 90 ou 95 ans, ils n’auraient pas connu, lu, mes derniers écrits datant d’entre 2014 et aujourd’hui…

     

    L’être dont ils sont les auteurs – les concepteurs- né le vendredi 9 janvier 1948 à Linxe dans le département des Landes, à dix kilomètres de l’Océan Atlantique, vu les personnes qu’elles étaient ma mère et mon père… Ne pouvait être cet être là, que le fils de sa mère, que le fils de son père… Et ils auraient été assurément l’un et l’autre après 1984 s’ils avaient vécu, mes lecteurs et mes interlocuteurs privilégiés…

     

    En 1984 l’année de leur mort – le 3 janvier pour mon père et le 26 août pour ma mère- j’en étais, dans le 2ème carnet de 192 pages à petits carreaux dans lequel je notais mes « pensées », à « 146 »… Le premier carnet ayant été commencé le 30 mai 1983… Depuis 1967 c’étaient des cahiers ou des feuilles volantes, et « ça » ils ont connu, mes parents…

     

    Et depuis ce dimanche 26 août 1984 à 8h 13 le matin où ma mère s’est éteinte, à peine 2 semaines après avoir passé son 60 ème anniversaire – elle était née le 10 août 1924 – jusqu’au jour d’aujourd’hui, l’écriture du fils de sa mère et de son père emplirait plusieurs volumes de plus de mille pages de la collection La Pléiade…

    C’est « tout ça » que ma mère et que mon père n’ont pas eu sous leurs yeux…

    Durant toutes ces années qui ont passé depuis 1984 je n’ai cessé de penser à l’absence de ces deux lecteurs et interlocuteurs privilégiés…

     

    Un croyant me dirait « ils te voient et te lisent de là haut »…

    Je ne suis pas croyant…

    Pas croyant comme un catholique,ni comme un musulman…

    Pas croyant dans une religion…

    Le fait est là : ils – ma mère et mon père- depuis 1984, depuis le fond de sa tombe pour ma mère, depuis les cendres dans son urne pour mon père… « Ne se réexistent pas pour me lire »…

    Je partirais à mon tour et ils n’auront pas su…

    Les croyants, ils peuvent dire ce à quoi ils croient, ça n’y change rien… Ou alors… « il faut croire l’histoire de Lazare »…

     

    Mais bon… Avec la Science, avec tout ce qui reste à découvrir ; avec ce qui est étranger à l’entendement humain au stade d’évolution actuel de Sapiens ( et que les religions « pour faire simple » et pour faire modèle prêt-à-croire comme prêt-à-porter, ont shématisé imagé arrangé) …

    Peut-être que…

     

     

  • Les bobos

    … Les bobos, les bobos…

    Combien de fois ai-je glosé, caricaturé, iconoclasté, vitupéré, me suis moqué, à leur sujet, et continuerai-je à le faire…

    MAIS – et je tiens à le dire :

    Ils ne sont pas racistes ni mysogines ni homophobes, ils paient leurs impôts sans trop broncher, ils ont une certaine idée de l’égalité, de la fraternité, de la tolérance, de la solidarité ; beaucoup d’entre eux sont généreux…

    Jamais, au grand jamais – pas une seule fois dans ma vie (j’ai 77 ans en 2025) – je n’ai été agressé par l’un ou l’autre d’entre eux, et encore moins insulté…

    Ils me lisent ou ils ne me lisent pas, ils mettent parfois un « like » ou ils se fendent d’un bref commentaire, ils ne réagissent pas (silence radio)… C’est selon…

    Il y a ce « principe » auquel je tiens depuis toujours :

    Personne n’est obligé d’être d’accord avec ce que je raconte…

    J’ai le souvenir d’un de mes séjours à Paris – le dernier en 2019- donc avant le covid – je déambulais dans la rue du Faubourg Saint Honoré en partie 8ème arrondissement, il y avait plein de cafés avec terrasses – tous ou presque des « bobos »… Je regardais « de mes yeux ronds et sans la moindre noirceur dans le regard » tous ces gens de tous âges attablés devant leur verre je « risquais un sourire – ou ce qui pouvait ressembler à un sourire… Et les visages se tournaient vers moi et je percevais dans le regard de ces gens, que je n’étais pas considéré comme le dernier des clodos, ni comme un intrus… Et « quelque part « ça m’a remis les pendules à l’heure »… Et à ce moment là, les mots pour dire, pour exprimer, n’étaient pas nés – mais ils existaient et c’est aujourd’hui que les mots me viennent…