Articles de yugcib

  • Les regards de nos contemporains

         La "problématique" -si je puis dire- de la plupart des regards de nos contemporains, qu'ils soient ceux, ces regards, de poètes, d'artistes, d'écrivains, d'intellectuels ou de penseurs, et même ce regard de gens tout à fait ordinaires mais quelque peu lucides, révoltés ou tant soit peu réfléchis...

    C'est que tous ces regards là, enfin presque tous... Sont des regards de juge, de victime, de condamné, de profanateur ou d'illuminé...

    Ce sont des regards parfois émouvants, drôles ou tragiques, ou désespérés...

    Des regards de témoins, des regards de croyants ou d'incroyants...

    Mais des regards "partisans" d'une cause ou d'une autre, des regards qui crient ; des regards dont l'incandescence d'une lumière n'en demeurant pas moins voilée, font se lever d'autres regards...

    Des regards qui somme toute, ne sont jamais si différents que l'on le dit, que l'on le croit, et cela depuis des millénaires...

    Reconstituer le puzzle des visages, embellir, enluminer, dérouler la pelote faite de tous ces fils entremêlés dans une réalité aussi complexe qu' inaccessible dans son intimité profonde, pardonner, extraire de l'immaculé... De toute cette grisaille, de toutes ces griffures et de toute cette corrosion dont le monde est fait et se perpétue ... Il y a bien là, à s'y efforcer, à y fonder une espérance, un défi hallucinant ; un défi qui dépasse toutes les Histoires, tous les possibles, tous les "paradis" rêvés ; un défi « impossible » à tenter de relever, mais néanmoins d'une dimension humaine et donc, atteignable...

     

    … J'avais lu dernièrement « Le bûcher des vanités », de Tom Wolfe, et le souvenir que j'ai gardé de ce livre, me fait penser à l'affaire DSK...

     

    Le livre : (résumé sur Wikipédia)

     

    Sherman McCoy est un riche financier de Wall Street ; il est marié à Judy et père d'une fille de sept ans, Campbell. Alors qu'il revient de l'aéroport où il allait chercher sa maîtresse, Maria Ruskin, Sherman se trompe dans la sortie d'autoroute et se retrouve en plein milieu du Bronx. Maria et lui-même paniquent rapidement, la tension atteignant son paroxysme quand ils se trouvent bloqués par une barricade de pneus et que deux jeunes Noirs proposent leur aide.

    Maria prend le volant et, en tentant de fuir, renverse l'un des Noirs, Henry Lamb, âgé de 19 ans. Une enquête est menée et conduit rapidement à Sherman qui se voit alors la proie des journalistes, des politiciens profitant de l'affaire pour forcer leur réélection. Henry Lamb devient vite le symbole du combat contre une « justice pour les Blancs ».
    Au fur et à mesure que l'affaire se développe, Sherman voit tout son univers s'écrouler. Il perd sa femme, son travail, ses amis et connaît les pires humiliations pour assurer sa défense.

    C'est finalement l'histoire d'un homme qui se croyait au-dessus de tout – « Maître de l'Univers », comme il le dit – et qui comprend que sa vie pleine d'artifices – prétendus amis, prétendue puissance – ne peut plus être et doit brûler sur le bûcher de ses propres vanités.



    ...La justice américaine, sans doute fondée sur la base de la Déclaration d'Indépendance des Etats Unis d'Amérique en 1776, se dit "indépendante, souveraine et populaire"... C'est à dire qu'elle traite le justiciable sans tenir compte de sa notoriété, de son aisance matérielle, ou du pouvoir qu'il peut exercer sur ses concitoyens... Sans tenir compte à l'inverse, de sa pauvreté et de ses origines...

    Cela, c'est "Le grand principe"... très universel, très moral, très juste... et auquel on ne peut déroger... sous peine d'être parjure...

    Mais la justice "indépendante" peut être "infiltrée"...

    Mais la justice "souveraine" n'est pas, comme le disent les Chrétiens, la justice de Dieu...

    Mais la justice "populaire" se révèle finalement et inéluctablement "partisane" et se justifie alors dans ce qu'elle argumente et qui "passe" aux yeux du plus grand nombre...

    ... Néanmoins, qu'elle soit américaine ou de n'importe quel pays du monde, la justice est comme un "organe" essentiel dans un corps : le corps social.

    ... Je dirais que ce qu'il y a d'injuste dans presque toutes les justices du monde, c'est que toutes les affaires, et particulièrement les plus "sensibles", sont sous les feux des projecteurs , des flashs de photographes ; sous le feu des écrits des journalistes, sur les écrans des ordinateurs et des téléphones portables via Internet... Non pas à titre d'information, de seule information, mais à vocation de "sensationnel et d'effets spéciaux" qui dans tous les cas de figure, présente le personnage incriminé ou soupçonné dans une apparence la plus défavorable qui soit...

    Que le type soit riche, influent et puissant, et charismatique... Et plus il y a de flashs, d'images, d'écrits, de médiatisation...

    Que le type soit pauvre et méconnu, mais ayant commis un acte horrible... Et plus y a, aussi, de flashs, d'images, d'écrits, de médiatisation...

     

  • Le tableau raté

    Le tableau raté

         Ces révolutions dans le monde Arabe, de janvier à mars 2011, dont on ne sait pas quelles vont en être les évolutions et les conséquences ; le colonel Kadhafi et la guerre en Lybie, le séisme et le tsunami au Japon le 11 mars dernier, et la centrale nucléaire de Fukushima ; la fin de Ben Laden, l'affaire DSK...

    Ce sont bien là des évènements d'actualité médiatisés, très longuement et universellement médiatisés, dont deux d'entre eux à l'excès : la mort de Ben Laden et l'inculpation de DSK dans une affaire de viol... Qui font le “tableau raté” ou la “fresque démentielle” du monde d'aujourd'hui...

    ... Cette "affaire là", celle de l'inculpation de DSK pour séquestration et tentative de viol (une de plus mais quelle affaire !) s'inscrit dans l'actualité "historique et inculturelle" d'une époque de décadence à tous les niveaux...

    Valeurs et justice bafoués, repères familiaux et sociaux en décomposition, irrespect de la personne humaine...

    Banalité d'un quotidien de violences, de crimes, de délits, de provocation, d'agressivité, de “potins”, de scandales de toutes sortes...

    Tout cela exposé sur internet, sur les blogs et dans les forums, sur les télés et les radios du monde entier à la vitesse de l'éclair et aussi accessible que l'air respiré !

    Hypocrisie générale, amoralité ou immoralité, exacerbation ostentatoire et provocatrice du "sentiment" religieux (et de la pratique religieuse), et saccage organisé de la planète sur laquelle nous existons mais pour combien de temps encore...

    Nous atteignons aujourd'hui, en 2011, "des sommets" !

    … J'avais écrit en juillet 2003, ce texte : “le tableau raté”... Huit ans plus tard ce texte me semble d'une terrible actualité et modernité... Je vous le livre, accompagné cependant d'une réflexion complémentaire :

     

      C’est le monde, étalé dans  la laideur de son actualité, qui crépite de toutes ses escarbilles noircies, comme sur une toile couverte d’images corrosives, une toile de peinture brute hérissée de petites crêtes dentelées, parcourue de visages déchirés, exaltée d’ecchymoses, raclée au couteau, vibrante de musiques métalliques et dont le cœur démesurément étiré sous les plis de la croûte primaire, s’efforce de battre sous le soleil… Mais le soleil est voilé, grillagé, ne diffuse qu’une haleine de four puante d’œuvres indigestes ou scélérates, et la chaleur malsaine du four s’insinue dans les veines annelées qui se croisent et s’entrecroisent entre la toile et la croûte de la toile.

    Les images corrosives, les visages déchirés, les vomissures de feu et les postillons incendiaires de ce soleil grillagé qui tombent sur la toile sont gris et huilés, il n’y a ni tendresse ni élans ni sourires ni bonté ; seulement de l’indifférence, des mots inutiles, des regards concupiscents, de la poussière de soute, des eczémas renouvelés, des liasses de billets de banque froissés, poisseux et identificateurs d’existences de personnages intouchables portés aux nues…

    De nombreux petits personnages griffonnés à la hâte, parfois surmontés ou entourés d’ épaisses raclures au crayon noir, imitent dans une drôle de sarabande dévoyée ressemblant à une transe de derrières en fête, un dessin animé proscrit par des arbitres de touche n’ayant rien compris au sens de la danse. Mais le dessin circule sur le terrain entre les joueurs fatigués après l’orgie des compétences, de la rentabilité et des performances perforatrices. Le dessin se fige, s’arrondit et roule jusqu’à la ligne de but adverse…

    D’un bout à l’autre de la toile, l’artiste dément et adulé et surpayé a griffé toutes les concrétions mouvantes, inventé de nouvelles crêtes discontinues, noires et émaillées d’épines cassées…

    Les visages se sont enduits de lumière molle, les liasses de billets sur la toile n’ont qu’une épaisseur illusoire, mais les hiéroglyphes aux pattes de mouche semblent effectuer des transactions scélérates entre des territoires aux hachures irrégulières, circonscrits par des lignes provisoires…

    La corrosion attaque la trame, des trous aux lèvres brûlées s’enfoncent dans la croûte primaire où des galeries se forment, telles des veines putrides qui finissent par éclater et répandre du sang noir ressurgi des entrailles de la croûte par de petits cratères charbonneux.

     

    … Mais, sans doute parce que le “tableau” s'agitait, se contorsionnait ou vibrait dans un grondement de séisme...

    Et que dans la violence, dans l'indécence de son mouvement, ce tableau battait le désespoir à la course...

    J'imaginai qu'il y eût une sorte de “détroit” possible menant à un autre océan, s'ouvrant quelque part sur une côte déchirée d'une immense terre de roche et de jungle, après une traversée interminable et sans cesse périlleuse :

     

    …. Il fallait, devant ce monde étalé comme un tableau raté, un regard libre, un regard régénéré, un regard qui ne soit pas celui d’un juge, d’une victime, d’un condamné, d’un profanateur ou d’un illuminé… Un regard différent de tous les autres regards…

    Il fallait, par delà et même à l’intérieur de toutes ces noirceurs, un drôle de coup de patte pour redessiner ces petits personnages, bleuir les hiéroglyphes aux pattes de mouche, reconstituer le puzzle des visages, enluminer la toile, colorier les hachures, et surtout, « atmosphériser » tous ces petits bouts d’images éparpillés que l’ artiste avait bien semé dans son ciel mais pas jetés sur la toile…

    Là où il n’y avait que laideur, grisaille, indifférence, griffures, dureté et corrosion, était-il encore possible d’embellir, de pardonner, d’extraire de l’immaculé, et de circonscrire l’ensemble du tableau d’un regard aussi bleu que libre, au royaume d’un imaginaire suspendu par des fils de lumière au-dessus de la nuit ?



  • Une chambre à Manhattan

    ... Les médias, comme d'ordinaire à chaque évènement important, font dans le tambour de brousse ou dans le clairon de caserne...

    Mais il faut reconnaître que dans cette affaire Strauss-Kahnienne, le "scoop" est tout de même de taille ! A la limite du crédible ! Surréaliste !

    La première chose qui me vient à l'esprit, c'est déjà "comment est-il possible, dans un hôtel à 3000 dollars la suite et la nuit, qu'une femme de chambre puisse avec son passepartout, entrer dans une chambre sans avoir la certitude que cette chambre n'est point alors occupée?"

    Ensuite, il n'existe pas en l'occurrence d'autres témoins oculaires et présents sur les lieux, autres que cette femme qui donne sa version des faits dont elle a été la victime...

    En effet, l'accusation (ou l'inculpation) de DSK, ne peut s'appuyer et se fonder QUE sur le témoignage (et la parole) de cette femme...

    La seul élément "probant" sur lequel peut s'édifier l'accusation, c'est le fait que DSK ne soit pas immédiatement demeuré sur les lieux afin de s'expliquer sur cette affaire avec les personnes intervenant aussitôt... Et que les enquêteurs aient trouvé dans la chambre des effets personnels dont un téléphone portable, ce qui incite à penser à un départ précipité...

    Il y aurait eu résistance aux dires de la femme de chambre se déclarant victime d'une agression sexuelle... C'est à dire que, selon toute vraisemblance dans ce genre de situation, la femme tente, avec ses mains, ses bras, de tout son être même, de s'opposer...

    Il y a eu quelques écorchures (constatées par un examen médical)...

    Les enquêteurs, sur place dans la chambre se sont livrés à une investigation scientifique et précise et ont relevé des traces et donc, de l'ADN...

    Ce sont les résultats de l'analyse scientifique qui vont permettre aux enquêteurs de déterminer si oui ou non, il y a eu résistance de la part de cette femme (ce qui rendra la version de cette dernière, plus fiable) si tel est le cas (d'une résistance de sa part)...

    L'on pourrait en effet penser à une "opération de nuisance organisée" supposant la coopération de cette femme dans des conditions prévues et téléguidées par avance selon plusieurs scénarios possibles... Mais l'on voit mal, vu la complexité et la diversité et la confrontation des intérêts en jeu ( au sein du FMI, dans les milieux politiques de droite comme de gauche, ou même à titre de vengeance personnelle)... Comment il aurait été possible de monter une machination pareille digne d'un thriller embrouillé à effets spéciaux garantis...

    Si les faits sont vraiment "réels", si cela s'est vraiment passé comme le dit cette femme, alors nous sommes bien là dans une réalité d'un surréalisme absolu que même un Hitchcock n'aurait pu concevoir...

    Si les faits sont "autres", alors nous sommes là aussi dans une réalité tout aussi surréaliste mais de surcroît, "scandaleusement et désespérément puante"...

     

  • La grosse lune rousse

         Une grosse lune rousse, dans un voile de sang, se lève au dessus des carcasses calcinées d’autobus dont on devine à peine les formes déchiquetées, alignées sur l’autoroute à arches de métal.

    Le cadavre tout gonflé d’un homme… ou d’une femme, flotte à la surface d’un étang situé près d’un village. Une forêt, entre le village et l’autoroute, s’étend, bruissante de feuillage d’un côté, craquante de branches mortes de l’autre côté…

    Les petits vieux les plus valides de la maison de retraite du village partent chaque jour en excursion jusque sous les arches de l’autoroute et regardent pisser les bus, n’osant allumer leur pipe ou leur cigarette. Les bus pissent dru parce que les réservoirs d’essence sont vrillés et que les cadavres sur les sièges suent de pus noirâtre.

    Oscar, le lunatique à face de renard, en déboutonnant sa braguette, s’époumone en direction d’Ursuline :

    « eh, Pipine, quand tu auras fini de te tripoter la figue, tu m’expliqueras pourquoi y’a plus de tourterelles autour de la maison de retraite ! »

    « C’est les Bonnes Sœurs qui les ont piégées pour leur bouffer le foie ! »

    « Saloperie, va ! On les entendra plus roucouler à l’heure de la sieste. Mais j’aurai bien aimé sucer les carcasses de ces bestioles ! Tu viens avec moi dans la forêt, Pipine ? »

    « De quel côté ? Celui tout vert, ou celui tout sec ? »

    « N’importe ! J’ai une vie intérieure aussi riche dans le vert que dans le rachitique ! »

    Au moment précis où la vieille Ursuline ôte son slip et le jete sur la tête du cadavre dans l’étang, rotant un bec de tourterelle et pétant trois noyaux d’olive, un grand astronef flamboyant, au ventre d’araignée vert et or et aux pattes d’éléphant, emplit tout le milieu du ciel.

    Une aspiration gigantesque se produit, un tourbillon se forme, et dans le cône du typhon, tout disparait, tout fond, tout se liquéfie.

    Il ne reste bientôt plus que la boursouflure d’une peau de pomme, comme sur un bout de drap froissé, là où flotte le cadavre sur l’étang.

    Après le tourbillon, l’astronef éclate et des visages s’éparpillent à l’infini.

     

  • Le futur océan Erythréen

     

         Prenez un Atlas, ouvrez-le à la page de l' Afrique, regardez l'extrémité de la Mer Rouge et le Golfe Persique...

    Dans l' Antiquité, avec l'océan indien, tout cela, c'était la mer Erythrée.

    Les deux plaques, celle de l' Asie et celle de l' Afrique s'éloignent progressivement : un nouvel océan est en train de naître, l' océan Erythréen.

    La contrée délimitée par le lac Assal et le Goubet-Al-Karab, qui fait partie de la dépression Afar, n'est qu'un chaînon émergé tout à fait provisoire dans l'histoire de la géographie de la Terre.

    Afar, Mer Rouge et Golfe d'Aden sont un étroit sillon marin de nos jours... (Mais « de nos jours » cela veut dire en réalité une période d'environ 25 millions d'années)...

    Cet étroit sillon marin va devenir dans quelques centaines de millions d'années, un océan aussi vaste que l'Atlantique actuel...

    Les plaques d'Afrique et d'Arabie se déplacent de 2 centimètres par an.

    Le lac Assal est le point de convergence de trois parties du rift mondial et en ce point l'écorce terrestre n'a pas 5 kilomètres d'épaisseur, alors qu'elle est en moyenne de plusieurs dizaines de kilomètres normalement...

    En novembre 1978, près du lac Assal, au moment d'un séisme, a surgi un volcan de 40 mètres de hauteur et il se produisit en même temps un brusque écartement de un mètre vingt entre la côte Africaine et la côte de la péninsule Arabique. Une faille, en outre, de 12 kilomètres de long, s'ouvrait entre le lac Assal et l'anse du Goubet.

    Ce qui est surprenant dans cette « affaire là », c'est que d'une part il s'opère une évolution à une échelle de temps sans commune mesure avec la durée de vie humaine, et que d'autre part lors d'évènements très violents, l'on observe une transformation du paysage directement et immédiatement perceptible...

    Soit dit en passant, lors du dernier séisme survenu au Japon, l'axe de la Terre s'est déplacé de 2 mètres 40. (l'on peut donc réviser la position exacte de chaque degré de latitude de 2 mètres quarante)... Rappelons qu'entre chaque degré de latitude il y a une distance de 111 kilomètres.

     

    Dans quelques centaines de millions d' années, la Terre n'aura plus le même visage...

    En accéléré, juste le temps de laisser une image fugitive se former dans votre esprit, imaginez cet océan immense, l'océan Erythréen, entre deux continents qui n'auront plus les mêmes contours.

    Tous les bateaux « actuaux » des Hommes auront coulé et il n'en demeurera plus aucune trace nulle part à la surface de la Terre...

    Toujours en accéléré, rejoignons ce nouveau visage de la Terre...

    Trois continents par exemple, dont le premier, le plus vaste, englobant l' Afrique, l' Europe, l' Asie et l'Australie réunis ; le second, beaucoup plus petit, réunissant l'Amérique du Nord et une partie de l'Amérique du Sud... Et enfin pour le troisième, une très grande " Terre Australe ", soit le très lointain devenir du continent Antarctique actuel.

    Et si nous nous donnions rendez-vous, alors, dans... quelques centaines de millions d'années ? En une « ère » E d'une nouvelle (et différente) histoire des Hommes ?

     Je pense que, à ce moment-là, il y aura encore, ou de nouveau, des humains sur la Terre. Des plantes, des arbres, des animaux, des oiseaux, des insectes.

    L'histoire se reconstituera, à la fois semblable et différente... D 'autres civilisations viendront... (enfin j'ai imaginé ce « scénario » !)

     

     

  • Les poètes sont dans la rue

         Lézard dans le Système ?

         Lézard sur la Toile ?

         Ou lézard dans la relation ?

     

          Le dimanche 17 avril 2011, les poètes étaient dans la rue à Mézos dans les Landes...

    Un dimanche beau et chaud, et lumineux comme un jour de juin ou de juillet... Nous sommes partis du "hangar des artistes", situé dans la zone artisanale de Mézos, un lieu de création, de théâtre et de livres et de poésie, où tous les ans au mois de mars en général, lors du "printemps des poètes", trente à quarante personnes venues des environs sont réunies et lisent des textes...

    Voir le diaporama que j'ai réalisé sur http://parolesetvisages.blogs.sudouest.com  (dans l'album "Une manifestation de poésie à Mézos).

  • Une forfaiture

         Dans la page Dialogue (courriers des lecteurs) de VOSGES MATIN, le dimanche 8 mai 2011, je lis ce qu'écrit une lectrice du journal s'insurgeant contre le classement au patrimoine culturel mondial de l'Unesco de la tauromachie...

     

    Je cite :

     

    "... La tauromachie ne faisait pas partie de la culture française mais a été introduite au dix-neuvième siècle pour agrémenter les séjours dans le Sud de la France des riches oisifs qui y venaient en villégiature...

    ... La mise à mort des taureaux .../... n'était pas non plus dans les habitudes françaises.Elle a donc été introduite tardivement pour faire jouir des spectateurs avides de sang et de souffrance. "

     

    À titre personnel et au risque de déplaire – mais tant pis- aux gens qui "aiment la corrida", aux toréros et aux organisateurs, j'inscris la tauromachie au "patrimoine de l'inculture et de la barbarie"...

    Encore nuancerais-je cependant mon propos à l'égard des gens qui aiment la corrida en tant que spectacle festif au même titre qu'un match de football ou de rugby, qui ne se réjouissent pas de l'exécution du taureau tout en ne l'estimant pas moins "inévitable".. Ceux là en effet sont sans doute les plus nombreux des spectateurs...

    Mais de grâce, que l'on fasse capoter ce projet d'inscire la tauromachie au patrimoine culturel mondial !

    L'on serait à mon avis bien plus avisé de faire inscrire la littérature et la poésie sur le Net au patrimoine culturel mondial !

     

    Voici le genre de photo de couverture de première page d'un journal ou d'une revue de tauromachie, que l'on peut voir le lendemain d'une corrida à Dax, Mont de Marsan ou Bayonne... Accompagnée de ce titre " Deux oreilles pour Don Castro de la Meseta"...

     

    Excusez ma vulgarité mais j'ai envie de dire " Deux oreilles? Et pourquoi pas les couilles!"


     

  • L'écriture

         L'écriture devrait être comme une femme très belle, d'une grande délicatesse dans ses lignes ou ses formes, et par moments d'une étonnante hardiesse, surprenante dans ses attentions, ou encore en d'autres moments, discrète dans les mouvements qui la portent en avant, sans règles à suivre à la lettre, sans affèterie, sans genre mais unique et touchant à tout, et néanmoins souveraine dans le plus élégant et simple vêtement qui soit ; faisant l'amour aux hommes qu'elle rencontre et même aussi aux femmes...

    Mais elle ne peut, cette femme, répondre à toutes les envies, à toutes les attentes, parce qu'il y a les impuissants et les frigides...

    Les impuissants et les frigides mais aussi les pervertis, les furieux, les drogués, avec leurs lubies, leurs manies, leurs fêtes solitaires ou en clubs fermés...

    Les impuissants et les frigides mais aussi les pharisiens, les sectaires de ces religions de la culture où l'on ferme la porte à la femme très belle qui ose et s'enhardit...

     

    ... Mais l'écriture ne peut être que cela...

    Elle peut être cette femme au visage terre australe mordu par la froidure de l'hiver et battu par le vent furieux de l'été, attendant qu'on lui fasse l'amour... Mais quelle sorte d'amour ?...

    Elle peut être cette femme en prison dans un couloir de la mort qui depuis vingt ans inscrit ses prières sur un mur crasseux...

    Elle peut être cette femme à la robe déchirée qui marche pieds nus et les cheveux en désordre, qu'aucun homme ne regarde, qui jette ses prières en confettis dans une fête imbécile et cruelle...

     

  • La petite fille 2011

         C'était "La petite fille 73"... Je ne me rappelle plus quel était le chanteur à l'époque ! En ce temps là dans le début des années 70, encore sous le coup de Mai 68 et de ses retombées, les filles étaient en jupe courte, très courte même, et – paraît-il- "l'on baisait à couilles rabattues" !

    ... Soit dit en passant, si en 2011 on "baise moins", c'est pas à cause du Sida (qui tue toujours)... Mais à cause de la dope, de la drin'ke, des jeux vidéos et des films américains, de facebook et de la "i-phonite" 24h sur 24...

    Et d'autre part, dans les discothèques "branchées" c'est plus le "look" encore, que la "bonne vieille drague" qui prime... Et au lieu de se frotter dans des slows du genre "One more try", l'on se tortille et le cul et toute la charpente sans même se regarder dans les yeux...

     

    ... Alors aujourd'hui même si je ne chante pas – puisque j'écris seulement – j'invente "la petite fille 2011"... À dire vrai, cette "petite fille 2011" c'est la jeune (ou moins jeune) femme d'aujourd'hui...

    Qui de première s'emmer-dreu-rait royalement si elle devait passer huit jours "au vert" lotissement Les Alouettes en zone rurale semi urbanisée sans autre perspective loisiresque, que le "tabac-journaux" du coin ou le Café du Commerce...

    Qui passerait ses journées au pieu en chemise de nuit ou en slip accroupie devant son ordinateur portable en train de visionner à la chaîne des thrillers américains ou des séries de Docteur House de TF1...

    Qui penserait déchoir de devoir enfourcher un vélo pour aller acheter à deux cents mètres un paquet de clopes...

    Qui sans forcément être fana de revues people, n'en suivrait pas moins tous les petits évènements des "locomotiv' men/women" du show biz et du cinéma...

    Qui n'aurait en tête que sorties branchées en centre ville, apéros dînatoires et soirées disco entre copains/copines...

    Ah, oui, qu'est-ce qu'elle s'emmer-dreu-rait, la "petite fille 2011" dans une maison au beau milieu des champs, sans télé câblée 50 programmes, sans connexion internet haut débit, avec la plus grande ville du coin à 100 bornes de là !

    Bien que "pétant de la plante des pieds" sur le carrelage entre le pieu et le frigo, en serviette de bain et la chevelure hérissée... Parce qu'elle est femme malgré tout... Elle n'est pas comme son mec (ou ses mecs)... "Pètedevanlefrigoquibaille"...

    Mais bonjour l'intérieur de son frigo, cependant !

    La petite cuiller plantée dans la sauce en pot à côté de l'assiette contenant une moitié de steak, trois chips et un colombin de mayonnaise avec une olive à moitié mordue...

     

    ... La voilà, la "petite fille 2011" version Yugcib...

    Mais bon... Je plaisante ! Elles ne sont pas toutes ainsi !

     

  • Si actuel, ce qui pète et brute !

    Les évènements brutaux sont actuaux

    Et je crie haut et fort haro sur le baudet

    Le baudet sur lequel on nous fait monter

    Et cheminer tout au long de prés aux fleurs de cire

    Et aux herbes de synthèse

    Le baudet est si commun que dans les écuries

    Les écuries royales et de cour

    Les écuries de cirque à trois ou six mâts

    Les écuries de manèges boueux ou sablonneux

    L'on n'y voit pas d'autres montures

    Dans toutes les écuries de l'incurie

    Les évènements qui pètent sont actuaux

    Et je crie haut et fort haro sur le tambour

    Le tambour dont on nous fait entendre le tam tam

    Dans les brousses et dans les cités

    Jusqu'à ne plus entendre les cymbales et les guitares des musiciens poètes

    Actuaux

    Actuaux

    Les hauts plus hauts que le derrière à plumes

    Le derrière à plumes des sorciers

    Des sorciers enchanteurs des marchands opulents

    Et des chalands au quignon de pain sucre-rosi

     

  • La femme en longue robe passant sur la grille au sol

     

    Un souffle puissant venu de catacombes sous la cité pieuse et commerçante, s'élève au dessus d'une grille posée au sol...

    Et ce souffle est celui d'un vent chargé de fragrances agréables faisant perdre la tête aux Fidèles s'égaillant dans les catacombes...

    Dans les catacombes c'est la fête lubrique des Fidèles en vacances interdites...

    Et l'homme de religion et sa femme en longue robe passent...

    Le souffle impudique et impie soulève la robe de la femme qui traverse la grille...

    Et met en l'air la barbe de l'homme de religion...

    L'homme de religion qui ainsi, passe et ne voit rien...

    Le slip rouge, les moiteurs suintantes, et les regards d'en bas...

    Puis tout rentre dans l'ordre après le passage sur la grille...

    L'homme de religion n'a pas vu...

    Mais Dieu, lui, a vu...

     

    Et Dieu sait que tout cela est...

    Les catacombes, les fragrances, les délires...

    Et toute la religion en somme...

    Avec sa grande tour aux péchés, ses monuments et ses livres saints...

    Et ses prophètes et ses officiants...

    Et l'orgueil du monde...

    Et ses guerres...

    Et l'humilité comme un drap blanc de rude étoffe...

    Recouvrant l'orgueil...

    Dieu pleure davantage à cause de la religion que des catacombes...

    Dans les catacombes il arrive que l'on y prie, aussi...

    Sur les murs...

    Des kilomètres de prières...

    Ce sont ces prières là que Dieu écoute...

    Lorsque l'homme ou la femme dans les catacombes, riant ou pleurant...

    Un instant seul devant le mur déjà si griffé de prières...

    Y ajoute la sienne...

     

  • La fin de l'homme le plus recherché du monde

     

    Ben Laden est mort

    Cela faisait dix ans que cet homme était recherché

    Il a finalement été abattu

    Le président George W. Bush avait offert dès 2001 une prime de vingt cinq millions de dollars pour sa capture "mort ou vif"

    L'on se serait cru revenu au temps des westerns

    Une "nation Chrétienne" – en l'occurrrence les États Unis d'Amérique – toute entière se réjouit de la mort d'un être humain, d'une part...

    Et d'autre part, des Musulmans depuis des siècles, au nom de ce qu'ils appellent "la guerre sainte", tuent des êtres humains...

    "L'Occident"... C'est à dire la civilisation Judéo Chrétienne, serait la "Babylone" des Musulmans "purs et durs"

    "L'Islam" de ces mêmes "purs et durs" Musulmans, serait le "mal absolu, selon les Juifs et selon les Chrétiens

    Est-ce que c'est cela, le destin de l'Homme...

    La "Babylone des péchés" d'un côté

    Ou le "mal absolu", de l'autre côté

    Dans un combat millénaire pour un "bien" qui ne sera jamais ?

    Dans un combat millénaire qui ne produit que des cadavres, des ruisseaux de sang, des pendaisons, des exécutions sommaires, des otages, des massacres...

    Dans un combat millénaire où contre toute raison, contre toute humanité, les uns et les autres veulent avoir raison à tout prix...

    Pour aller "au Ciel" !

     

    Ben Laden est mort

    S'il eût été capturé vivant – pour qu'on lui fasse un procès – il y aurait eu très vite des otages, sans doute des personnages "représentatifs", pour "monnaie d'échange" contre une libération du "Grand Chef"

    Il y aura quand même des otages

    Il y en a déjà, d'ailleurs

    Les cadavres, les ruisseaux de sang, les pendaisons, les exécutions sommaires, les massacres...

    Ce n'est pas fini

    Le combat continue

    Qui n'ouvrira jamais la porte du "Ciel"

    Une nation Chrétienne qui se réjouit de la mort d'un être humain

    Cela n'éradique pas le "mal absolu"

    Des frères du Djihad qui tuent des êtres humains

    Cela ne met pas "Babylone" à terre

     

    Ah, ces insupportables enfants de la Terre !

    Ils vont la tuer, leur Téterre !

    À force de jeux brutaux dont les "meneurs" fanatisés ont cru qu'ils étaient des Dieux vengeurs

     

    Si un extraterrestre voyait tout cela, de l'un des hublots de son vaisseau ?...

    Cela lui "rappelerait peut-être quelque chose"...

    Ou cela lui donnerait peut-être aussi l'idée d'un "Empire" plus grand, à réaliser... S'il était déjà, venu d'une lointaine galaxie, un "grand chef"...

     

    ... Il peut, à très juste titre, paraître scandaleux de dire de Oussama Ben Laden "qu'il était un être humain"... et par là même, concevoir que l'on puisse lui donner le "statut" de personne humaine en tant que l'un des milliards d'êtres humains qui peuplent la Terre...

    Mais il en était un... Ce n'était ni un animal à quatre pattes avec un museau, ni un être vivant tel que l'est un insecte, un reptile ou un oiseau ou un poisson... Ni un extraterrestre descendu de je ne sais quelle planète...

    Et cela, c'est une réalité. Mais la réalité dans sa brutalité est qu'il existe des êtres humains plus dangereux que des fauves proches d'un village parce que ce sont des tueurs, des tueurs nés ou des tueurs devenus... La réalité dans son extrême brutalité, est inacceptable à "l'entendement humain" (je veux dire à l'entendement humain commun à la plupart des humains)...

    Si tuer un être humain se révèle nécessaire et en dernier recours dans l'urgence d'une situation dramatique et désespérée, ou parce qu'il faut éliminer un tueur qui n'arrêtera pas de tuer... Il est "absudement et uniquement humain" de se réjouir de la mort d'un être humain, cependant... Et c'est en ce sens que je précise à titre personnel, que je comprends la position de l'Eglise Catholique (et sans doute des autres églises Chrétiennes), exprimée par son ou ses représentants, lors de cet évènement qui est celui de la mort de Ben Laden. Soit un appel à "ne pas se réjouir de la mort d'un être humain"...

    Il est plus dans le sens "humain" de dire : "c'était un monstre"...

    Directement responsable qu'il l'était, d'environ dix mille morts, et vu le nombre de gens et de familles endeuillées à la suite de tous ces attentats, avant et après le 11 septembre 2001, il est certain que sa disparition est considérée comme un "bien"...

    Mais je le redis, le "mal" n'est point pour autant abattu et le "bien" ne sera peut-être jamais...

    L'être humain est l'une des innombrables – à dire vrai incommensurables- composantes de la nature et de l'univers... Et c'est peut-être celui qui, par sa nature différente de celle des autres êtres vivants, se trouve confronté au plus impossible défi qui soit : demeurer l'une des composantes de la nature et de l'univers dans son intégrité et dans sa réalité ; et en même temps, s'affranchir de ce qui le contraint à être, à devenir... Et il risque dans cette affaire là, sa disparition très largement anticipée sans doute d'un assez grand nombre de ses générations à venir.

     

    ... Les Musulmans "de paix" (et d'amour du prochain)... Et les Juifs "non fanatiques"... Ont-ils appelé, les uns par leurs Imans, et les autres par leurs Rabbins, à ne pas se réjouir de la mort d'un être humain ? Ont-ils prononcé quelque chose dans ce sens ?

    Il me semble que non... (Mais je n'affirme pas, n'ayant pas suffisamment d'informations)...

    Lors de l'attentat du 11 septembre 2001, ainsi que chaque fois qu'il y eut des intérêts occidentaux mis à mal par des attentats, des foules Arabo-musulmanes ont fêté en grande liesse ces évènements tragiques...

    Alors aujourd'hui, la "nation Chrétienne" qu'est les USA, se réjouit de la mort de Ben Laden...

    La religion, c'est donc "de la foutaise", et de l'hypocrisie, et du sang versé... En dépit de quelques "vrais purs" qui ont peut-être raison et qui sont d'un esprit différent de celui du monde... et de celui de toutes les religions dominantes selon lesquelles "on prend les armes si Dieu l'ordonne"...

    Les religions ont ceci d'archaïque, qu'elles n'ont pas encore rencontré Dieu et ont mis la religion à la place de Dieu, de Dieu qui n'a rien à voir avec ce Dieu auquel les hommes croient...

     

     

  • Un écrivain peut-il, doit-il expliquer son livre ?

    D'André Gide, introduction à " Paludes" :

     

    "Avant d'expliquer aux autres mon livre, j'attends que d'autres me l'expliquent. Vouloir l'expliquer d'abord c'est en restreindre aussitôt le sens ; car si nous savons ce que nous voulions dire, nous ne savons pas si nous ne disions que cela. - On dit toujours plus que CELA. - Et ce qui surtout m'y intéresse, c'est ce que j'y ai mis sans le savoir, - cette part d'inconscient, que je voudrai appeler la part de Dieu. - Un livre est toujours une collaboration, et tant plus le livre vaut-il, que plus la part du scribe y est petite, que plus l'accueil de Dieu sera grand. - Attendons de partout la révélation des choses ; du public, la révélation de nos œuvres."

     

    Le livre, un livre parmi de nombreux, très nombreux livres ; est celui qui raconte par exemple, l'histoire d'une fourmi... Une toute petite fourmi très commune, telle que l'on en voit courir au bas des murs des maisons, parcourant son chemin sur une distance de quelques mètres sous le regard que l'on lui porte...

    L'auteur du livre fait ressembler la fourmi à un sous-marin mille pattes avançant sur le fond d'un océan d'atmosphère... C'est l'image de l'humain préoccupé de ce qu'il va faire sur son chemin de vie, se mouvant de ses deux jambes tout au fond de l'océan d'atmosphère...

    Mais la nature n'a que faire de nos imaginations... Et toute l'écriture même, et en particulier l'écriture "imagée"... Est un rêve qu'aucun être vivant excepté l'homme, ne fait...

    Ainsi l'auteur du livre, d'une certaine manière et la plupart du temps à son insu, explique son livre... Puisqu'il précise ce qu'il imagine et rend intelligible l'histoire qu'il raconte...

    Ce qu'il y a – peut-être – de plus important dans un livre, c'est cette part d'inconscient que l'auteur a mise dans son livre...

    André Gide dit que cette part d'inconscient serait la part de Dieu... Je dirais, moi, que cette part d'inconscient serait la part d'une connaissance universelle en nous, dont nous ne percevons fugitivement et de loin en loin, que des fragments voire des éclats de fragments, et qui peu à peu, nous deviendra accessible... Mais sans doute jamais en totalité....

    "Plus la part du scribe est petite"... C'est à dire : lorsque l' écrivain ne "fioriture" pas, ne fait pas de son écriture une école, une architecture stylisée comme toutes ces oeuvres de pierre qui traversent les siècles...

    "Plus la part du scribe est petite", donc... Et plus "l'accueil de Dieu", donc de l'universel et de la nature, "sera grand"...

    Mais la part du scribe "petite"... Cela ne veut pas dire qu'elle soit "de tout venant" ou "du plus ordinaire voire du plus vulgaire"... Elle ne peut-être tout simplement, que d'une grande pureté et ressembler à l'eau claire et chantante d'un torrent encore tout près de sa source... L'on doit pouvoir entendre les cailloux et toute la rocaille sauter et se heurter, les chutes éclabousser dans la lumière du soleil...

    ... Il y a de cela quelques millions d'années (ce qui n'est rien ou si peu dans le temps de l'univers)... L'homme n'existait pas... Et l'écriture n'existait donc pas non plus... Mais entre les roches, coulait l'eau en ruisseaux...

     

  • Kate Middleton et le prince William

    ... Oui, si je me suis décidé à "jeter un coup d'oeil" (à dire vrai, un peu plus qu'un coup d'oeil) à la cérémonie du mariage de Kate Middleton avec le prince William... C'est seulement à cause des dames et demoiselles "si bien fringuées" (pas une seule en "ensemble pantalonant")!

    C'est vrai que la Femme bien habillée, ça m'a toujours fait rêver depuis mon enfance , à commencer par ma mère qui était une femme très belle et très chic, et en même temps d'une drôlerie et d'une gentillesse "époustouflantes"...

     

    Mais à part cela, tous ces gens du "grand monde", princes, souverains, reines, stars, célébrités, personnages médiatisés, grands écrivains et grandes cérémonies... Chanteurs à la mode et vedettes... Cela me laisse quelque peu indifférent dans la mesure où je ne me fais aucun souci pour ces gens là : ils y arriveront toujours ! Ils trouvent très facilement pour leurs productions littéraires, poétiques, musicales, artistiques s'il en est, un producteur, un éditeur...

    Leur page Facebook a un succès fou, ils font la Une de l'actualité "people", ils sont riches...

     

    Autrefois, dans les campagnes, les jeunes filles et les femmes esseulées, et aussi les jeunes gens, les mères de famille, les grand mères et d'une façon générale les gens de "modeste condition", regardaient le petit écran (télé-caisson) en noir et blanc, achetaient Paris Match, Point de Vue, Détective, Nous-Deux, Confidences...

    Aujourd'hui, excusez moi l'expression, c'est "toute une chiée" de revues people aux couvertures glacées avec des photos sensationnelles de femmes à moitié à poil ou arborant des tenues excentriques...

    Je sais bien que tout cela, ça fait rêver les gens et je le comprends ! C'est comme une fenêtre ouverte sur une sorte de jardin enchanté... Un jardin où jamais ils ne se promèneront un jour, où ils ne seront jamais invités... Un monde qui n'est pas le leur, mais qui néanmoins représente pour eux le "summum de la réussite"... Oui, je comprends cela!

     

    Je préfère pour ma part, les "petits", les humbles, les "sans succès", les "oubliés de l'Histoire", les gamins des rues, les jeunes qui taguent sur les murs des cités, les "Bondy Blog" and Cie ! les personnages de bistrot, les petits marchands des foires, les musiciens de rue... Et d'une manière générale tous ces gens simples et de bon sens, qui parfois tout au long de leur vie, réalisent des choses dont personne n'a idée, et ne sont pas moins des êtres tout à fait exceptionnels quand on les connaît vraiment...

    Tous ces gens là, on les voit jamais sur des plateaux télés, ils n'ont pas d'éditeur ni de producteur, et leur page Facebook s'ils en ont une, est comme une aiguille dans une meule de foin...

    Et j'aime bien les écrivains qui parlent de ces gens là, et qui les font parler... Je pense à ces petits bergers ou à ces jeunes paysans, à ces gens dans les veillées, en l'an mille, au temps néolithiques, et jusqu'à de nos jours même, ayant eu la capacité de raconter de si belles histoires... Alors qu'ils n'ont qu'une instruction très rudimentaire...

     

  • La vie sera élucidée...

         Voici un texte qui me semble d'une fantastique modernité et que j'ai apprécié...

     

    D' Henri Pichette (1924-2000) : La vie sera élucidée.

     

    Néanmoins, la vie sera élucidée.

    Car à vingt ans tu optes pour l’enthousiasme, tu vois rouge, tu ardes, tu argues, tu astres, tu happes, tu hampes, tu décliques, tu éclates, tu ébouriffes, tu bats en neige, tu rues dans les brancards, tu manifestes, tu lampionnes, tu arpentes la lune, tu bois le lait bourru le vin nouveau l’alcool irradiant, tu déjeunes à la branche, tu pars à la découverte, tu visites l’air les champs les ruines les métropoles les stades et les musées, les jungles et les églises, les arènes les volcans les chutes les fjords les oueds les lagunes les bayous les canons les toundras les déserts les grandes salles des châteaux les jardins suspendus les pyramides les mégalithes les catacombes les cavernes ornées les blanches montagnes les théâtres étoilés la mer Océane, tu bolides, tu pagaies, tu varappes, tu dribbles, tu crawles, tu voles à voile, tu hamaçonnes les filles, tu t’amouraches, tu gamahuches, tu renverses la vapeur, tu déploies les couleurs, tu dérides les bonzes, épouvantes les bigotes, scandalises les vieux birbes, tu convoles un jour dans l’infanterie un jour vers les ciseaux-lyres les aigles-bugles les cygnes au cri de cuivre un jour avec les clartés furieuses les splendeurs d’ombre la nature, tu idéalises, tu ambitionnes, tu adores, tu détestes, tu brilles.

    À quarante ans je te retrouve rongeant ton frein, tu fondes sur la sympathie, il y a un cerne noir à toute chose, tu déshabilles du regard, tu convoites, tu prémédites, tu disposes tes chances, tu te profiles, tu places ton sourire tes phrases tes bouquets tes collets tes canapés, tu estimes, tu escomptes, tu commerces, tu carbures à prix d’argent, tu te pousses dans les milieux tu médis du tiers et du quart ou fais du plat selon le rang, tu arroses, tu gobichonnes, tu prends du ventre, tu prends des mesures, tu prends médecine, tu te mets au vert, tu récupères, tu remets ça, tu enrobes et te lisses le cheveu, tu ne veux pas avoir l’air, tu opères comme en glissant, tu serpentes, tu attaques, par le faible, tu escarmouches à petits coups de champagne, tu endors les chagrins, tu tamises les lampes, tu officies sous le manteau de la nuit... mais se réveiller : la grisaille la routine les manigances lea vacheries... comme tu voudrais un jeu neuf ! que s’il te l’était donné, tu laverais les sons, ressourcerais les images, procéderais à la toilette des Muses des Grâces des bonnes fées, or tu dissèques, tu calcules, tu cogites, tu épilogues, tu fais silence.

    À soixante ans tu dates, tu radotes, tu perds la main l’ouïe tes dents, le cœur te faut, les jambes te flageolent, tu tombes en faiblesse, encore un peu et tu retombes dans une enfance touchée à mort.

     

    [ Henri Pichette, Les Épiphanies, 1948. ]

     

    Déjà la première phrase m'interpelle : " Néanmoins la vie sera élucidée" ...

    Je rapproche cette phrase, de cette pensée qui m'est récemment venue : soit l'idée que "tout un jour sera retrouvé" et qu'une sorte de vérité (en fait une réalité) originelle, intemporelle et quasi éternelle nous deviendra accessible parce qu'elle nous sera comme rendue... Ayant été perdue dès notre naissance...

    J'aime bien toutes ces énumérations surtout dans "ce style là et avec ces mots là"... J'aime ce réalisme ainsi exprimé, à dire vrai ce qu'il y a dans ce texte, de "surréaliste"...

    Mais à 60 ans pour moi, "l'enfance touchée à mort" serait la venue d'un temps de "révélation" (ou d'intuition) lié à un regard, à une pensée, à une interrogation... Et cela dépasserait toutes les révoltes anciennes et encore présentes... Et toutes les jeunesses vécues.

    A défaut "d'emporter le monde" cette sorte de "révélation" qui viendrait - sans même peut-être avoir été cherchée - rendrait plus supportable le monde...

    Une "enfance touchée à mort", qui en somme, dans son innocence blessée, dans sa blancheur demeurée tout aussi incandescente que du temps où elle ne savait pas et interrogeait... Pardonnerait "le lait bourru, l'alcool irradiant, les ruines, les jungles, les églises et les canons."..