Imaginaire en rapport avec objets et lieux

Vous trouverez ici des textes, petits récits, anecdotes, en rapport avec des objets, des images, des lieux, des scènes, des situations. 

  • Un rêve, fin de nuit, ou matin vers 4h, mercredi 14 avril

    … Ou un cauchemar, plutôt, oui…

     

    … La perspective d’un environnement “meilleur”, de relations sociales, ou si l’on veut, d’un monde plus humain, s’ouvrait devant moi, se “matérialisant” par la vue d’un paysage situé au delà d’une sorte de défilé très étroit, un passage difficile et périlleux, sinueux, rocailleux, entre une haute muraille de roche verticale hérissée d’arêtes coupantes le long de la paroi, et un ravin irrégulièrement pentu, empli d’une végétation luxuriante, de ronces, de buissons épineux, d’arbres aux troncs difformes et aux branches enchevêtrées…

    Une clôture rouillée, de fil de fer barbelé, disjointe, tordue, bordait le côté du passage donnant sur le ravin…

    Afin de parvenir par ce chemin, par ce passage difficile, jusqu’au débouché s’ouvrant sur le paysage nouveau, “prometteur” on va dire ; il fallait s’acquitter d’un droit de passage, et, dans une guérite ressemblant à un WC algéco, se tenait un garde armé qui percevait la somme demandée…

    Une fois payé le droit de passage, il ne restait plus qu’à s’engager sur ce chemin étroit, au risque de trébucher à tout moment, de tomber dans le ravin, la clôture cédant tant elle était rouillée, disjointe, en partie défaite et dont les poteaux entre lesquels elle était fixée, branlaient…

    Le paysage, au bout, qui apparaissait en partie, n’était pas, à vrai dire, j’en étais conscient, ou plus exactement j’en avais l’intuition, un paysage -ou un environnement - “meilleur”, mais tout de même il semblait mieux “y faire bon vivre” en ce sens que, selon les informations et les connaissances que j’avais pu acquérir, il y avait moins de violence, moins de haine, et davantage de reconnaissance des “vraies” valeurs naturelles et intemporelles…

    Au bout d’environ un bon premier kilomètre très difficile où je dus frôler les arrêtes coupantes de la paroi, de cette muraille de roches, et maintes fois trébucher, manquer de tomber dans le ravin ; j’aperçois un gros arbre penché, au tronc de platane, qui barrait complètement le passage tant ce tronc était énorme…

    Il me fallait me faufiler, m’insérer tant bien que mal, dans un espace laissant à peine la place d’un corps humain, entre le tronc de l’arbre et la muraille…

    J’y parvins mais au moment de me dégager, je demeurai coincé et contraint à un effort démesuré, au risque d’avoir la cage thoracique enfoncée…

    C’est alors que le tronc de l’arbre commença à se redresser, et en conséquence, à m’écraser…

    Je compris alors que ç’en était fait, de ma vie, que j’allais mourir étouffé, écrabouillé, entre la muraille de roches et le tronc de l’arbre…

     

  • L'on ne s'égare jamais si loin que lorsque l'on croit connaître la route (conte)

    … C’est le petit prince…

    Mais pas le même Petit Prince que celui d’Antoine de Saint Exupéry dans son livre “Le Petit Prince” qui est l’un des vingt livres les plus lus dans le monde…

    Ce Petit Prince là n’est qu’un petit prince, un petit prince que l’on pense être un enfant mais qui n’est pas forcément un enfant…

    Un petit prince qui n’est prince de rien à vrai dire…

    Et ce petit prince là, dans le paysage qu’il parcourt en suivant un chemin en droite ligne, avec de part et d’autre une étendue de terre ocre brûlée par le soleil, recouverte par emplacements, de cailloux, de pierres blanches ou d’herbes sèches en touffes ; rencontre un petit muridé, un rat des sables qui se dresse devant lui sur ses pattes arrière…

    Le petit rat semble dire, tant il paraît expressif et surtout peu craintif à la vue de cet être bien plus grand que lui qui s’approche mais n’a pas l’air menaçant et même se montre “amical” : “je veux bien faire ta connaissance, dis moi d’où tu viens, où tu vas ; mais surtout, ne m’apprivoise pas… Y’en a un, te ressemblant, comme toi sur deux grandes pattes recouvertes d’une sorte d’écorce lisse, il n’y a pas longtemps, le jour où le vent était plus brûlant qu’aujourd’hui, qui m’a demandé de le suivre en m’expliquant que si je voulais bien l’accompagner, il me ferait connaître un meilleur endroit où habiter, que là où je vis, tu vois, derrière ces rochers, dans un trou que je me suis creusé et qui conduit à ma maison dans la terre”… Il me disait que lorsque les grandes pluies viennent, là où il me propose d’aller, je n’aurai plus les pattes ni le museau dans l’eau…

    -Dis-moi, petit rat, où conduit ce chemin, reste-t-il tout droit, au delà de là où on ne voit plus rien d’autre qu’une brume de lumière ?

    -Je n’en sais rien, je ne suis jamais allé au delà de ces touffes d’herbe sèches que tu aperçois à peut – être cent fois la longueur de tes grandes pattes.

    -Mais moi je sais où il va, le chemin, et même jusque bien au delà de la ligne de brume, il reste toujours droit, c’est ce que j'ai vu et appris en regardant sur la grande carte du pays, tous les détails du parcours, et qui d'ailleurs, confortait l'idée que je me faisais, du pays, et la certitude qui me venait; de trouver le lieu où je dois me rendre. Je vais donc toujours suivre ce chemin…

    -C’est bien possible que tu y arrives… Mais est-ce que tu es sûr de ce que dit la carte et de ce que tu crois ?

    -Je vais te laisser, petit rat, je ne te demande pas de me suivre, au revoir!

     

    … Au delà de la ligne de brume, effectivement, le chemin continue tout droit. Mais passent les kilomètres, et les étendues de terre ocre, de cailloux, de roches et de touffes d’herbe sèches, et la fin du jour, et la nuit sous les étoiles et la froidure, et de nouveau le matin…

    Le petit prince regarde la carte qu’il a prise avec lui ; la distance indiquée sur la carte entre le village de départ et le lieu de destination ne correspond pas avec la réalité d’après le temps de marche – cela fait tout de même une journée entière et une nuit – et, finalement, regardant encore attentivement la carte, le petit prince aperçoit une ligne très fine qui, à un certain endroit, part du trait représentant le chemin, dans une direction différente... Il n'avait pas vu, au village où il s'est arrêté hier, cette ligne très fine, qui elle, rejoint le lieu où il doit se rendre.

    Cependant, sur la carte, si l'on suit toujours le même chemin tout droit, l'on arrive aussi à ce même lieu... Du moins, c'est ce qu'il semble, quoi que le point représentant ce lieu, ne soit en fait que trois petits points à peine visibles...

    Alors, que croire? Que décider? Revenir en arrière et rejoindre la bifurcation pour emprunter l'autre chemin, celui représenté par la ligne très fine qui devient une ligne en pointillé, puis s'efface avant les trois petits points représentant le lieu d'arrivée ?

    Fort de ce qu'il sait mais surtout, plus fort encore de son intime conviction, le petit prince petit prince de rien, qui s'imagine dans la lumière du matin, Petit Prince du livre de Saint Exupéry, continue de suivre le chemin tout droit, toujours tout droit, même si midi vient, même si un autre soir vient, puis encore une nuit...

    "Je suis tout de même le Petit Prince, tout petit prince que je suis" ! Est-ce que le Petit Prince peut se perdre ?

    ... Ce que le petit prince, petit prince de rien ne sait pas, c'est que la carte date du temps où il y avait encore des arbres et des hautes herbes, et des centaines, peut-être des milliers de rats, non pas des sables mais des champs...

     

    ... Il a grandi, le petit prince... Ou il a forci, ou il a vieilli, ou il s'est confronté au monde, ou il a mûri, ou il s'est construit, ou il s'est comme je ne sais quoi fait, avec les années ; et il s'est étoffé comme on dit, question de personnalité, ou encore, singularisé, ou démarqué du commun... Et dans tout ce qu'il a exprimé, réalisé, il a pris peu à peu – toujours comme on dit – de la consistance, de la vigueur, et ça, ça a eu de la patte – comme on dit ; de la patte comme la patte de ceux qui ont de la patte...

    Mais peut-être aussi que sa candeur, que sa naïveté, que tout ce qui le rendait, par ses mots et par ses regards, par ses rêves, par ses cabrioles, par ses emportements, aux yeux du monde fragile, vulnérable, et comme on dit "en herbe"... Et donc, finalement, peu crédible, mal étoffé, ou malhabile, ou portant à sourire... Tout cela s'est en partie défait, il l' a même combattu...

    En somme, il a "un peu trop cru connaître la route", le petit prince s'imaginant devenir Petit Prince...

     

     

  • Entérid 22

    … Survient une pandémie, non plus cette fois, de covid, mais d’ entérid, causée par un virus de la famille des lentivirus , et infectant les organismes vivants (dont l’humain) par l’eau (eau potable, eaux usées, eaux des ruisseaux, des rivières, eaux circulant dans les canalisations en réseaux, des villes et des villages partout en zones habitées ) … Mais pas, cependant, par les eaux des mers et des océans, en milieu salin qui “endort” et rend inactif ce virus, apparu fin 2021…

    Ce virus s’attaque aux humains, aux animaux domestiques, chiens, chats, ainsi qu’aux oiseaux, aux animaux d’élevage pour la production de viande et de lait, beurre, fromage, … Mais pas aux insectes, pas aux animaux à sang froid…

    La maladie se déclare sous la forme d’une gastro-entérite avec fièvre intense qui s’aggrave et devient sévère, laisse d’importantes séquelles invalidantes, permanentes ou récurrentes dans environ 50% des cas, et la mortalité s’établit autour de 15 à 20%…

    En l’espace de seulement quelques jours, avec la vitesse de propagation dans les eaux, notamment l’eau circulant dans les canalisations, les tuyauteries, jusqu’à nos robinets de cuisine, salle de bain etc. … C’est toute une population dans les villes et les campagnes qui est infectée, de telle sorte qu’en moyenne au moins une personne sur dix, développe les premiers symptômes de la maladie : une fièvre intense se déclarant brusquement, suivie de nausées et de douleurs abdominales…

    Dans environ 50% des cas, les gens atteints doivent être hospitalisés et demeurent dans un état critique, nécessitant des soins particuliers et permanents, durant une dizaine de jours, puis le mal régresse et laisse des séquelles…

    Mais 10 à 15% des personnes gravement atteintes, décèdent au bout de quelques jours…

    La gravité de l’atteinte ainsi que les décès, affectent les populations quelque soit leur âge, leur mode de vie et leurs habitudes de consommation alimentaire, quel que soit aussi leur environnement social, s’ils sont riches, aisés, pauvres…

    La différence avec le covid 19, c’est que l’entérid 22 ne se transmet pas par l’air, et donc pas par la respiration, mais par l’eau avec laquelle le corps entre en contact… Or, tout le monde boit de l’eau, se lave, utilise de l’eau pour la cuisine…

    L’afflux des malades dans les hôpitaux, cliniques, centres de soins est tel et surtout si soudain, que les services notamment de réanimation et soins intensifs sont saturés, que des dizaines de personnes sont allongées sur des lits de fortune dans les couloirs, jusqu’en extérieur ; la mortalité est effrayante…

    Les chiens, les chats, les animaux domestiques, d’élevage (bovins, porcs, etc.) et de basse cour (poulets, dindes, canards etc.) meurent en masse… Ceux qui survivent doivent être abreuvés avec des eaux minérales conditionnées en bouteilles et cubitainers… (Il en est de même pour les humains qui ne peuvent plus utiliser d’eau du robinet)…

    D’où la prépondérance que prend le marché des eaux minérales produites en masse – mais avec la perspective à moyen terme d’un épuisement du fait de l’importance des besoins… Même si les gens ne prennent plus de douches, encore moins de bains, et pour beaucoup d’entre eux, ne se lavent plus le corps…

    Alors que pour le covid 19 on avait trouvé un vaccin en l’espace de quelques mois, cette fois pour l’entérid 22, il s’avère impossible de mettre au point un vaccin ( ce virus, de la famille des lentivirus, s’apparente au virus du sida – contre lequel depuis 40 ans que le sida sévit, on n’a jamais trouvé de vaccin)…

    Le seul moyen de se sortir de cette pandémie, c’est de faire venir de l’eau de mer par camions citernes, trains de wagons citernes, d’édifier des entrepôts de stockage d’eau de mer , afin que tout le monde, partout, puisse s’alimenter en eau pour les toilettes, les salles de bains, la vaisselle… Et pour boire, faire la cuisine, n’utiliser que des eaux minérales (autant qu’il s’avère possible de s’en procurer)…

    Des essais pourront être faits, de désaliniser l’eau de mer, afin de la rendre consommable pour l’alimentation, la cuisine, la boisson… Mais en veillant à ce que cette eau désalinisée échappe au contact de l’entérid 22…

     

  • The Queen below the seas

    Queen below the seas

    … Avec en option : plongée sous-marine le long des côtes de Terre Adélie, Antarctique, exploration de grottes s’ouvrant sous la banquise et s’enfonçant tels de gros boyaux sinueux dans la masse rocheuse sous-continentale… Pour les sportifs de l’extrême, aguerris, intrépides, amateurs de sensations fortes…

     

     

  • Le paysage de la poésie, un désert ?

    … Selon Salman Rushdie, dans “Les versets sataniques”, “ le paysage de sa poésie restait le désert”…

     

    … Plus encore que le terme de “désert”, c’est la formulation “restait le désert”, qui m’interpelle…

     

    Est-ce que le paysage de la poésie est un désert qui “resterait” toujours un désert ? Et quel désert ? Un désert de quoi ? De sable, de rocaille, d’absence d’amour, de violence, de solitude ?

     

    Le paysage de la poésie, désertique, serait alors un désert parsemé de fleurs de sable qui auraient un langage ? Et habité par une sorte de “petit prince” qui traverserait ce désert dans l’espérance d’une rencontre avec un renard des sables qu’il n’apprivoiserait pas ? …

     

    Le paysage de la poésie est un désert lorsque ce paysage par la ligne d’horizon qui le cerne, ne s’ouvre pas à ce qui est situé au delà de la ligne d’horizon, et qu’il ne reste que les fleurs de sable, plus imaginées que réelles par “le petit prince”, à perte de vue, aussi belles, aussi “immortelles” qu’elles soient mais n’illuminant le paysage que d’une clarté aveuglante…

     

  • Basile, le coléoptère

    Dans un grand visage bleu

    Le chyle de Basile

    Le coléoptère

    Se répand et s’entache de miasmes rouges

    Le visage s’est fait nuage

    Aucune créature de ce temps là

    Des origines nouvelles

    D’un essor en entonnoir tourbillonnant

    Arythmique et pulsant

    Ne décrypte les essences du nuage

    Tout en bas sous la Cloche

    Dans un paysage de Bêta II

    S’agitent les Zombres et les Loumières mêlées

    Dans la rougeur décandescente et intemporelle

    De ce qui ressemble

    A un matin des origines anciennes

    C’est de la crypte que forment les Zombres et les Loumières

    Sans voûte et sans arcs

    Mais aux colonnes torsadées

    Et d’une hauteur atteignant le nuage

    Que s’est élevé Basile le coléoptère

    Avant d’épandre son chyle

    Eclaté par la tête d’Artémise

    La comète insoumise à la loi de la Mécanique

    Qui le percuta

    Des miasmes rouges jaillirent les hyménoptères

    Qui se symbiosèrent avec les coléoptères

    Et toutes les autres créatures de Bêta II et d’ailleurs

    Mais les essences du nuage

    Ne seront jamais décryptées

     

     

  • L'Histoire, ascenseur en panne

    Cœurs froissés

    Fleurs glacées

    Zappes incessantes

    Tambours battants

    Fulgurances jutées au feutre noir

    Sur les consignes de sécurité d’un ascenseur en panne

    Éveils poisseux de rèdes qui dans les rêves ont taché des visages imaginés

    Toutes les nuits sans pluie d’étoiles

    Ou toutes les aubes crépitantes de pluie froide

    L’Histoire et ses morts suspendus ou dépendus

    D’évêques

    De sorciers

    D’empereurs

    De malfrats et de génies

    L’Histoire taguée

    Dans l’ascenseur en panne

    Entre deux étages

    Qui se chevauchent et se tordent

    Les âmes calcinées

    Les esprits torturés

    Les rèdes qui ont juté des amériques

    Engloutis dans les éboulements des rêves

    Exclus des paradus

    Ou soumis à examen de passage

    Pour d’improbables purgatoires

    Dans les enroulements des galaxies

    Où se joue acte après acte

    Scène à scène

    Et avec des personnages revêtus

    De costumes inimaginés

    L’Histoire qui casse l’Histoire

    Plus sûrement encore

    Que les mécaniciens qui peut-être casseront la Mécanique

    Et que les poètes et les prosateurs

    Qui ont cassé la littérature

     

     

  • La caravane

    … Des ânes, au Mali, en caravane menée par des griots “new age” et transportant sur leur dos, à leurs flancs, en échafaudages disparates, des rouleaux de tissus, des cornes de rhinocéros, des pierreries extraites de galeries creusées par des mineurs du Paléolithique Supérieur au plus profond du désert du Kalahari ; suscitèrent l’incompréhension des villageois voyant passer cette caravane d’ânes devant leurs maisons bâties de torchis, et troublèrent par la résonance de leurs pas, le silence qui d’ordinaire chaque jour, se fait, à l’heure de la prière…

    Et la caravane poursuivant sa route après avoir traversé le village, atteint un ancien forum romain dont ne subsiste qu’un bout de terrasse de mosaïques, quelques bases de colonnades, un autel brisé, une statue de femme sans tête…

    Sur un pan de mur l’on peine à discerner les formes et les couleurs d’une gigantesque fresque d’étranges personnages, d’animaux, de plantes et de fleurs mêlés… Et, tout à fait surprenant après tant de siècles écoulés, au fond de ce qui devait être un bassin, un lieu de baignade, apparaît ce dessin tracé dans la pierre, aux lignes, aux formes, aux traits bien nets ; une représentation artistique sans aucun rapport avec le monde de l’époque…

    Image 25

    Han’Dou, l’un des griots “new age” qui venait tout juste de quitter Philadelphie sur la côte Est des USA, où il jouait du tambour sur des poubelles renversées dans le West Side multi ethnique, s’interrogeait sur le bien fondé de cette caravane d’ânes chargés de tant de ces pierreries dont la vente était bien incertaine, sur ces marchés du Nord en partie désachalandés du fait de la progression d’une fièvre hémorragique venue du Moyen Orient…

    Et Juliana, une Argentine écrivain dont le dernier livre “Au pue- bas des caves aux cruches tachées” avait obtenu le Renault d’O, envisageait une possible liaison amoureuse avec Han’ Dou, le batteur du West Side de Philadelphie…

    Cependant, les ânes, au Mali comme ailleurs, sans son et sans eau n’ont aucun avenir… Pas plus que les cons naissant, sans provende et sans vin ; pas plus que les génies de fer sans piédestaux, n’ont de chance d’historier…

    Tout de même, des pierreries enfouies depuis tant de siècles dans des galeries au plus profond du désert du Kalahari… Un beau jour de 21ème siècle, en charge aux flancs d’ânes en caravane au Mali ! …

    Et ce dessin anachronique, au fond d’un bassin !

    L’on imagine une horde de bandits du désert fondant sur la caravane, des bandits non pas à cheval mais en 4X4 Toyota et s’emparant des sacs de pierreries.

    L’on imagine également Han’Dou et Juliana, assaillis par l’un des bandits brandissant un sabre, le faisant tournoyer, et les deux têtes tranchées d’Han’Dou et de Juliana roulant dans les cailloux de la piste ; puis dans les jours suivant l’attaque de la caravane, un détachement de soldats des Forces Armées Françaises poursuivant les bandits du désert, et à la sortie d’un étroit défilé, lit asséché d’un oued entre deux plateaux rocheux, le détachement en partie décimé dans une embuscade…

    … À l’annonce de l’attribution du Prix Goncourt à Hervé Le Tellier, pour son roman L’ Anomalie, j’ai été surpris par cette analogie, ou plutôt ce rapport avec les genres mêlés thriller/science-fiction/espionnage/policier dont il est fait état dans la présentation… Et la lecture du résumé en 4 ème de couverture de cet ouvrage, m’a inspiré ce texte où il est question d’une caravane d’ânes traversant le Mali et se dirigeant vers des régions situées au delà du désert dans le nord, peut-être un pays du Maghreb…

    Et je me suis souvenu d’un dessin que j’avais réalisé en 2013, dont j’ai fait, dans cette histoire de caravane, une fresque surréaliste gravée au fond d’un bassin, un lieu de baignade d’une ancienne cité romaine dont subsistent les vestiges à la sortie d’un village au Mali…

    Les Romains dans l’exploration qu’ils firent des terres africaines sont sans doute arrivés jusque là, dans ces régions du Mali d’aujourd’hui…

     

  • Le masque fessier anti coronapétus

    Masque fessier

    … Un virus nouveau survient, bien plus létal que le covid 19 : le coronapétus…

     

    Avec un mode de transmission, non plus par la respiration mais par la pète…

     

    Afin de protéger les autres autour de soi, de cette pète hautement virulente pouvant tout au long de la journée à plusieurs reprises, intempestivement, se manifester, que cette pète soit odorante ou inodore, bruyante ou silencieuse, voici ce masque protecteur à placer sur son fessier.

     

    Comme le masque sur le visage pour le covid, mais renforcé par une couche intérieure d’une sorte de mousse absorbante des gaz de pète, et se fixant sur le ventre par deux bandes de tissu adhésif… Garanti totalement étanche, ne laissant pas passer la moindre particule de gaz de pète au travers du “masque” … Et au travers du pantalon !

     

    Si survient un jour ce terrible coronapétus très létal, je veux bien alors sans problème sans état d’âme, porter 24h sur 24 ce masque fessier, quitte à prendre le risque d’une constipation carabinée, du fait d’un retour des gaz de pète au tréfonds de mes boyaux…

     

    Tous les culs se ressemblent, en revanche aucun visage ne ressemble à un autre visage…

     

    Si Nicolas Bedos voit ça, il va regretter de ne pas avoir eu l’idée de ce masque anti coronapétus!

     

    Au choix : en bleu, en vert, en rouge, en noir. 5 euro le masque fessier ( 2 euro étudiants et bénéficiaires aides sociales , gratuit pour les démunis et les RSA

    Peut être utilisé 48 h, lavable 20 fois à 60 degrés.

     

    Chez Dolce Gabbana, également, pour les “branchés”, à 120 euro pièce, ou 200 euro la paire - de deux dessins différents…

     

    “Putain, quel cul” !

     

     

     

  • Sur un grand banc public (errance littératoque déjantée)

    Sur un grand et long banc public, Mokrane découvre ses miches et se masse le coccyx…

    Et Belle de Mai la jument bai piétine un vase d’expansion cabossé rouillé qui jadis tout en haut du conduit de cheminée dans la maison de Mokrane, trônait percé, son contenu se déversant sur une chaise de bébé, une trottinette sans roues et un gros nounours guillotiné, au grenier…

    Pété le hameçon, finie la pêche au barbeau et rangé le havre-sac avec encore deux carapaces de tortues naines et un opinel planté dans un vieil œuf d’oie au fond d’une poche intérieure trouée…

    Veni vécé boudi Karaoké douze stories qu’ont capoté et que personne les a zieutées, Mokrane et sa Douda se sont enfilés sur le canapé sans un instant penser au papu de Douda loopinguant sur son vélomoteur au milieu d’une troupe de canes happant de petites punaises rayées juchées sur des herbes dansant dans le vent d’occitan…

    Rasta, hépatite-virale et jacule de verrat et tambourins en peau de zèbre ; radada et couscous à la saucisse chez Rotko le fat qui taillait des mâts de bâtelets et dont sa femme de ménage Mina faisait des cannes pour les seniors chaussant 48 et au tour de tête 58…

    Si jamais l’une des douze stories au moins capotait pas, cela voudrait peut-être dire que les fanes de Douda se relayeraient pour sucer le coccyx de Mokrane et que les troupes de canes happeraient de plus grosses punaises ocre-et-jaune juchées sur de jeunes bambous ployant sous le vent d’autan…

    Mais non, les stories capotent toutes et sur le grand et long banc public, découvrir ses miches et se masser le coccyx, ça fait pas pousser des fèves dans le jardinet de papu ni ne décalamine le pot d’échappement du vélomoteur de papu…

    « Eh, le fat » s’écrie Rotko, « tu m’en tailles un, de mât, pour le bassinou en peau de porc que je veux faire voguer dans une piscine de bébé devant Céline ma chouru ? » …

    Cela dit, complètement déjantée la roue du paon qui se déployait sous l’œil de la paonne mouillée de neige rose et dansolotant sur une patte avant d’être prise par un renard…

     

     

  • La route des masses que ...

    ... Sur la route des masses, que toute seule Clémentine  parcourt, rêvant de grandes foules ; s'acheminent également Firmin et Barnabé, partis de leur village tôt ce matin, Clémentine un peu plus tard... 
    Firmin, dit "Le solitaire", au village,  est un jeune homme qui se plaint souvent, de quelque mal l'affectant, aussi l'appelle-t-on Firmin   le valétudinaire, de son deuxième surnom... 
    Barnabé est un jeune ferblantier qui s'est installé au village depuis peu... 
    Tous deux Firmin et Barnabé sont partis quelques heures plus tôt que Clémentine, de ce village perdu qu'est Saint Ragondin des Essarts dans le Cher et loir... Un village sans réseau internet... 
    Mais Clémentine, Firmin et Barnabé ne savent pas que tout au bout de la route là où les masses humaines se pressent dans les galeries marchandes des espaces commerciaux, ou dans les rues à boutiques, dans les marchés de quartier et même à bicyclette et à trottinette sur les pistes réservées aux véhicules à deux roues, il faut masquer son visage... 
    En effet dans la grande ville l'anonymat vient d'être  décrété obligatoire par décision des Autorités qui à cet effet ont dépêché des escouades de  flics chargés de vérifier si chacun est bien coiffé d'une casquette, porte des lunettes noires et un foulard lui entourant  le nez, la bouche et le cou... 
    Ce qui va surtout contrister Clémentine, Firmin et Barnabé, en arrivant dans la grande ville la faim au ventre après une longue marche, c'est que dans les cafés où l'on peut croustiller, l'on n'aura pas même le droit de rabattre son foulard autour du cou, il faudra soulever une partie du foulard à peine au dessus de la bouche pour ingurgiter un morceau de son sandwich. 
    Partis plus tôt du village que Clémentine, Firmin et Barnabé sont peut-être arrivés à la ville... S'ils ne sont pas recrus de fatigue, suant et soufflant, assis au bord de la route, attendant de reprendre leurs forces. 
    Firmin qui, mine de rien "en pinçe" pour ce tendron de Clémentine, l'une des plus jolies jeunes filles du village, avait un jour dit à Barnabé : "cette route qui mène à la ville c'est la route des masses, ici à Saint Ragondin l'on n'y voit d'autre masse que celle de chair flasque du gros Louis tout déparpaillé, ce gros Louis croque-lardon, paltoquet de surcroît", autant dire un personnage vulgaire et vaniteux... 
    "Canulant tout de même, ce rêve de grandes foules, des trois jeunes villageois Clémentine, Firmin et Barnabé", disaient les voisins, les amis, les parents ! ... Et, quelques uns de renchérir : "en serinant les mêmes rengaines ils nous fatiguent!" 
    C'était prévisible : Clémentine rencontre Firmin et Barnabé assis au bord de la route, s'acagnardant, Firmin taillant avec la lame de son couteau un bout de bois, et Barnabé endormi, sa petite boîte en fer blanc contenant du tabac à priser, ouverte et renversée près de sa main droite... 
    Lorsqu'ils arrivent à la ville, plusieurs cars de flics stationnent de part et d'autre de la route et les trois jeunes gens doivent passer devant un poste de contrôle. Un policier en tenue de combat, casqué et masqué, interpelle les trois jeunes :"vos papiers s'il vous plaît" et demande "où vous rendez vous dans cette ville ?... Vous n'avez pas votre visage couvert, procurez vous de suite, là, derrière ce car, au stand d'accueil, des lunettes noires, une casquette et un foulard, sinon vous ne pouvez entrer en ville, ici personne ne doit être reconnu de qui que ce soit"... 
    "Mais dans les cafés et dans les restaurants, alors, comment on fera pour boire et manger" demande Barnabé, au policier. 
    "Vous soulèverez votre foulard au dessus de votre bouche... Et attention, vous devrez en outre ne prononcer aucune parole, aucun mot"... 
    "C'est ça, la ville?" s'écrie Clémentine... 
    Et puis, demande encore Barnabé au policier : "pourquoi nos papiers, puisque nous devons être anonymes, donc sans identité?" 
    Le policier est étrangement silencieux après cette question de Barnabé... 
    "Ça me revient à présent" intervient  Firmin : "j'ai lu dans un journal qu'un écrivain poète avait appelé Acédie cette ville cobaye d' un monde déshumanisé où tout désir, toute volonté, toute expression de soi, sont annihilés... Mais où, cependant, les Autorités répertorient dans leurs fichiers, pour chaque personne, leur empreinte génétique, enfin tout ce qui se passe dans leur vie"... 
    En conclusion de  cet échange entre le policier et les trois jeunes, Clémentine dit : " nous retournons dans notre Saint Ragondin, décidément cette route des masses, de ces masses que nous espérions embrasser  de nos personnes, de nos visages, de nos regards, de nos paroles, et connaître dans leurs mouvements, dans ce qui les mêle... N'est pas la route idéale,  nous aurions dû peut-être prendre celle qui mène à Saint Saturnin, le village voisin où réside Madame Basile, cette vieille femme encore dans toute sa sémillance et qui nous aurait si bien accueillis...  
    Mais... La route de la grande ville et des masses...  Peut-être au printemps prochain... Si d'aventure, à la suite  d'une résistance de quelques opposants dans cette ville cobaye,  les Autorités décident de ne plus imposer l'anonymat"... 

     

  • Nuées d'étourneaux ...

    Dans un grand ban de heurts, des nuées d'étourneaux ébouriffés s'entrecroisent en des battements et des frottements d'ailes dans un ciel tout grillagé de traces blanches et écumeuses, longs sillages d'avions de ligne...

    Et dans les sillages bruissent les échos de tout ce qui, au sol, s'élève et se disperse de cris, de hurlements, d'incantations, de tambourinements, de cacophonies et de sons désaccordés...

    Des prêtres cruels et insolents dans leurs aubes multicolores grêlées de pierreries étincelantes, officient depuis des autels métalliques aux colonnes torsadées, invectivant des foules disparates et turbulentes, indifférentes aux discours des prêtres mais néanmoins soumises à un ordre qui vient de se substituer à l'ordre qui auparavant prévalait...

    Des essaims de fourmis rouges, noires, grises, couleur de terre ou de boue ou de sable, ou encore blanches comme les sillages des avions dans le ciel, se forment autour de poubelles renversées , de monceaux de gravats et de puits bouchés dont les margelles de ciment, fissurées, enduites de mousses lourdes d'humidité, sont piquées de fleurettes en détresse... Et de gros rats, des chats pelés, des chiens faméliques, de petits êtres, sortes de gnomes ou d'enfants singes ou de poupées animées, devant et derrière des éléphants sans trompe se balançant en funambules sur des troncs d'arbre, forment dans le paysage ambiant, une société qui ressemble à un agglomérat de peuples venus d'une confédération de planètes de plusieurs systèmes d'étoiles de quelque galaxie lointaine... Bien sûr, ces peuples extraterrestres sont une vue de l'esprit, purement imaginaires, d'ailleurs les rats et les chats pelés et les gnomes aussi difformes qu'ils soient, sont bien des êtres vivants de notre Terre, même ces gnomes sortes d'enfants singes sans doute issus de manipulations génétiques...

    Les étourneaux, point las cependant, de leur vol en nuées, tout à coup s'abattent au sol et font déguerpir les essaims de fourmis, les gros rats, les chats pelés, les chiens faméliques et les gnomes... À l'exception de quelques uns de ces gnomes qui, inconscients de leur difformité et de leur petite taille, juchés sur de hauts tabourets où ils ont pu grimper on se demande comment, se mettent à souffler dans des trompettes, s'imaginant entendus de la buse Ulhémane au vol bas et lourd dont le cri de ralliement surpasse les appels étouffés des fourmis qui dansent en sarabandes piétinantes autour des poubelles renversées...

    Des puits bouchés aux margelles fissurées, se lèvent de gros vers blancs aux anneaux hérissés de poils, dont les têtes dressées de chacun de ces vers, semblent émettre de puissantes ondes.

    Putrécanti, ribauminé et enlèvetonpantalon, et coiffe la tête de la buse Ulhémane d'une casquette de santon après lui avoir arraché la crête, glapit Rékurjon le meneur des gnomes depuis le plus haut des tabourets... À l'intention de Vachekichiale le gnome aux yeux dans ses souliers éculés qui rate toujours Tandem à la télé et toutes les émissions politiques...

    Mais le tabouret aussi haut qu'il soit, est bancal...

    Et les étourneaux en autant de nuées qu'ils soient, au sol abattus et froufroutant de leurs ailes, ne trouvent d'autre pitance que ce qui reste de bouts de pattes de coccinelles que les fourmis n'ont pu porter sur leur dos...