regard

Regard d'autrui

Pensee

     Je suis aussi souvent que je le peux, cet autrui ; et dans mon regard brille ce que de toi je pressens, et qui -peut-être- rejoint ce que je suis... Ce que je suis qui ne se voit pas, et que tout comme toi je porte en moi...

 

Regard de truie

     Et... Ce regard de truie... D'une truie qui "sait" ce que vont devenir ses "gosses" ...

Pensée unique contre pensée unique, regard qui éructe contre regard qui parle...

... Le gros problème avec les intellectuels, je veux dire les intellectuels auxquels on reproche à juste titre tant de choses, c'est que par extension, on "met dans le même sac" les intellectuels qu'il faudrait lire et écouter, ceux, moins nombreux que les "imbuvables" ; qui ne sont pas "dans la pensée unique", pas "dans le système"... Non seulement ces intellectuels là, sincères, authentiques, purs.-et rares... Mais d'une manière générale, tous les gens qui pensent, réfléchissent, s'expriment et ne font pas dans l'émotion, dans le sensationnel, dans le paraître...

"Dans le même sac", c'est à dire que "par les temps qui courent", par réaction épidermique de type "anti/anti-rejet total", toute pensée exprimée et diffusée que ce soit sur un réseau social, dans un forum, sur un blog, dans un lieu public... toute pensée qui "pointe le bout de son nez" quelque part, est soit mal accueillie, soit rejetée, soit suscite de l'indifférence, du dédain...

Plus rien ne compte que de l'information immédiate, émotionelle, épidermique, souvent erronée ou dénaturée, ou même fausse, que l'on va chercher sur le Net, sur le petit écran de son smartphone, et que l'on va "partager" en boucle c'est à dire expédier à tous ses "amis" (amis qui ne sont pas des amis mais des "followers")... Et tout ce qui contrevient à cette "anti culture" de l'immédiateté, du sensationnel, du paraître ; tout ce qui s'oppose à cette frénésie dans la recherche de l'évènement ou du "scoop"... Tout ce qui "pense contre tout cela", qui ose le dire et l'écrire, est traité de la même manière dont on traite tout ce dont les intellectuels "imbuvables" nous gavent...

C'est comme si, écoeurés en tant que jeunes, de l'école en général, des profs, du système, de tout ce qui est essayé et qui échoue... L'on en arrive à ne plus vouloir rien apprendre, à ne plus rien trouver d'intéréssant, de motivant, d'utile... Et à déclarer -ou plutôt à éructer- que tout ce qui "montre tant soit peu le bout de son nez" question réflexion et pensée, n' a plus le moindre sens, n'est que du "caca nerveux", de la foutaise, de la daube...

Et cela va jusque dans le regard que l'on porte sur l'Autre, cet Autre qui pourtant te regarde lui, comme si tu étais un ami, quelqu'un de digne d'intérêt... Mais que tu prends pour un "putain d'intello", encore un, un de plus !

Oui, le quotidien à vivre, aujourd'hui c'est "ça" : tu ne peux plus rien dire d'autre que ce qui se dit, se répète à l'infini, se crache, se vomit, s'éructe à longueur de journée et de nuit, partout...

A la pensée, à la réflexion, à la poésie, se substituent et se généralisent l'éructation, l'injure, le vulgaire, la violence, l'apparence, le sensationnel, l'émotion primaire... Le dégôut, le rejet, l'indifférence à tout ce qui est pensée, réflexion, beauté, poésie... Quand ce n'est pas une immense hypocrisie qui masque toute cette indifférence et ce rejet par une bienséance bizounoursique qui d'ailleurs s'effondre comme un château de cartes au moindre claquement de porte...

Vivre dans un monde pareil aussi écoeurant, aussi désespérant, aussi "anti culturel" au point de nier même la "culture de résistance"... En demeurant un résistant, un poète, un penseur, un "qui ose dire", c'est être plus seul, plus "sans avenir", que jamais, jamais auparavant... Seul, et sans la moindre chance "d'être existé" parce que "n'est existé" que ce qui éructe, clignote de feux rouge-vert-bleu-jaune-violet sur la tête les pattes le ventre la poitrine métalliques le tout articulé gesticulant tel ces goldoraks pour gosses nés en 2010 accros de consoles de jeux vidéo guerre des étoiles... Ou fourmille de mille applis sur smartphone, de nouveaux programmes électroniques sur le tableau de bord du nouveau modèle de bagnole pour trentenaires à-la-coule...

 

... Je vous bassine, avec mon "langage" ?

 

... Eh bien je vous emmerde !

 

 

Les yeux fous

      Ce qui n'est pas écrit ni exprimé néanmoins nous traverse...

Ce qui est écrit et exprimé n'est en réalité que la partie émergente, visible, et donc lisible, d'une oeuvre inachevée reliée à d'autres oeuvres...

Ce qui n'est pas écrit ni exprimé disparaît à l'instant même de notre dernière respiration.

C'est dans ce qui néanmoins nous traverse sans l'écrire, sans l'exprimer, que nous vient parfois ce regard tourné vers d'inaccessibles lèvres de lumière, cette pensée qui entend d'innombrables voix et s' efforce de traduire les échos répercutés mais aussi les silences...

Transcrire ce regard sur une grande feuille de dessin, réaliser ainsi la fresque de tous ces souvenirs que nous n’avons pas eus, la fresque de toutes ces lèvres de lumière que nos doigts n'ont pas découvertes, la fresque de toute cette pensée ayant entendu les innombrables voix et à peine traduit  les échos et les silences...

Embellir, magnifier jusqu'à la déraison cette beauté et cette "essence des êtres et des choses"...

Froisser, déchirer, incendier la laideur du monde qui viole et salit les êtres et les choses...

Par ces yeux fous qui cherchent et finissent par trouver ou retrouver ce qui est perdu, oublié, délaissé, ignoré, mais qui cependant ne cesse d'exister...

a href="http://www.hebdo-landes.com" target="_top">Référencé sur Hebdo Landes !