Y-a-t-il une mécanique de la violence ?

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  • Le 04/10/2026 à 06:13
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… S’il y en a une – et il y en a vraiment une – elle est, la violence d’une mécanique, très complexe :

 

Par exemple, si, en tant que « personnage d’un certain niveau de culture, ayant acquis des savoirs, des connaissances, et homme ou femme de réflexion, de pensée »… Tu ne sais pas résoudre une équation du second degré, et que dans ta vie au quotidien depuis tes seize ans, cette incapacité qui est la tienne de résoudre une équation du second degré, à aucun moment de ta vie ne te gêne, n’est pour toi un handicap… Ce n’est point pour autant que tu vas agresser, violenter une personne qui elle, sait résoudre une équation du second degré…

 

En revanche, si, « prenant de l’âge » tu es impacté par une déficience auditive se traduisant par une difficulté de compréhension à l’écoute de l’autre… Que tu te trouves assis dans une cathédrale où se tient une conférence, « pas trop mal placé », muni de prothèses auditives ; le conférencier s’exprimant dans un micro « bien réglé » et que, sur les piliers de la cathédrale, sont installés des haut-parleurs diffusant le son partout… Mais qu’il y a manifestement une résonnance assez forte pour rendre difficilement compréhensive la parole du conférencier, et qu’en conséquence tu ne comprends absolument rien de ce que dit le conférencier… Alors que le monsieur qui est assis à côté de toi, lui, n’ayant pas l’air d’une personne spécialement antipathique, semble parfaitement comprendre et applaudit le conférencier… Quelque chose en toi surgit qui t’incline à de l’agressivité à l’égard de ce monsieur qui a la capacité que tu n’as pas, à comprendre le conférencier…

« Pourquoi lui il comprend, et moi pas ? » tu te dis… Il y a là « comme une aberration », et de l’inacceptable en somme, d’où ce sentiment d’injustice qui te fait réagir dans l’agressivité, dans la contestation de la capacité de ce monsieur qui lui, perçoit et comprend, «arrive à comprendre en dépit d’une résonance rendant difficile la compréhension de ce qui se dit »…

 

Dans une manifestation qui « dégénère » dans la violence, un jeune de 16 ans qui n’est pas ordinairement, un « casseur » ni un voyou… Dans une incapacité qui est la sienne d’accéder à ce que l’ordre du monde met en place pour lui (fait l’effort de mettre en place en fonction des moyens dont dispose cet Ordre)… Réagit dans l’agressivité, dans une violence le poussant à détruire, à casser, ce qui matériellement représente ce à quoi il ne peut accéder et qui lui est en fait refusé par un Ordre prétendant le lui offrir…

 

Car c’est bien là le paradoxe ( l’aberration, l’inpensable) : d’un côté « tout ce qui est fait » (pour ou contre) et qui « devrait » résoudre, remédier – les médiathèques, les écoles et les lycées « de la modernité », les infrasctructures pour le sport, pour la culture – et les personnels formés au service des populations, des jeunes notamment…

Et d’un autre côté l’impuissance de tout ce qui est mis en place, de tous ces agents formés, de ces éducateurs, de ces initiatives de la « puissance et de l’ordre public »…

 

En somme « à la base même de la mécanique de la violence » il y a cette « énorme fossé », ce « vide », cette « inadéquation » entre d’une part la « volonté de faire – de faire au mieux – qui émane de l’Ordre (ou de l’Autorité)… Et d’autre part, la réalité sur le terrain, le « dans sa peau dans son ressenti de chacun », toutes les difficultés, tous les manques, tous les besoins, toutes les aspirations qui ne sont « pas prises en compte » ou « repoussés sous le tapis » … Et tous les obstacles, toutes les barrières dont à la base, à l’origine l’on trouve la ségrégation par l’argent, par le fait d’être « mieux né qu’un autre », issu de tel ou tel environnement social, milieu familial… Tout cela dans un contexte de déliquescence de la société… Et de surcroît encore, dans le contexte des dangers qui pèsent sur le monde, la planète, la société, la civilisation humaine, avec les guerres – Ukraine/Russie, Moyen Orient- avec les désastres liés au changement climatique – incendies, inondations, ouragans et pénuries alimentaires, impact sur les approvisionnement, conséquences des sécheresses et des guerres…

 

Au salon du Livre lors de la 37 ème édition du Festival Internationnal de Géographie de Saint Dié dans les Vosges, figurait cet ouvrage de Magali Reghezza-Zitt, grand témoin de ce FIG 2026 : Bienvenue en 2055 (Le Seuil 2026)…

Ce monde « possible », donc, de 2055, complètement décarbonné et – si l’on veut- « meilleur » (avec des technologies « adaptées » et de « nouveaux modes de vie plus éco-responsables ») … L’auteur le reconnaît elle-même « il n’existera peut-être jamais »… Du fait que pour qu’il soit, ce monde, cela implique que la société actuelle dans laquelle on vit, cesse de se déliter dans la violence, dans l’individualisme exacerbé, dans la décomposition de ses « tissus et structures » : famille, éducation, état, institutions, autorité ( confondue ou remplacée par la domination)…

 

 

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