Quelle époque !

… Dans les dix dernières années du 20 ème siècle, pour être précis, du 2 octobre 1989 jusqu’au 12 janvier 1999, j’ai exercé à la Poste de Bruyères dans les Vosges, la fonction de conseiller clientèle…

Mon patron de l’époque, en 1989, monsieur Blaise, le receveur, que je surnommais « Firmin le bougon » tant je le trouvais peu amène, déplorait mes fréquences erreurs de caisse au guichet, et sur le conseil de monsieur Glath, l’inspecteur (un Alsacien lui, en revanche, très amène) décida de m’octroyer cette fonction de conseiller financier, se basant sur le fait que j’avais suivi depuis 1984 à plusieurs reprises des formations, de temps à autre, d’une journée, soit à Epinal soit à Saint Dié…

 

En ces années là, la Direction de la Poste on va dire « innovait » en incitant certains de ses agents – des guichetiers, des « facteurs-receveurs » de petits bureaux – à se lancer dans le conseil à la clientèle, en tant que « vendeurs » et « placeurs » de produits financiers, dont en particulier – et surtout- de l’assurance vie épargne de la CNP – Caisse Nationale de Prévoyance…

 

Je pris donc mes fonctions le lundi 2 octobre 1989 ; il était convenu que de 6h 15 jusqu’à 8h 30 tous les matins (et 1 samedi sur 2) je participais aux travaux d’arrivée du courrier – cabine de chargement recommandés ou aux Boîtes Postales ; et que de 9h à 12h, dans un bureau « spécialement aménagé pour ma fonction » je devais recevoir les clients pour ouvrir des comptes, conseiller…

Ce bureau était séparé de la salle du guichet par une grande porte vitrée par laquelle j’avais vue sur « mes deux petites fées » - des deux guichets – Marie José Ferey et Françoise Ancel, que « j’adorais » (et me le rendaient bien)…

Fini les erreurs de caisse !

Et pour l’après midi, c’était marqué sur la feuille de présence où chacun signait en arrivant, en ce qui me concernait «  activités extérieures »… Autant dire que j’étais libre…

 

Parfois il m’arrivait, de 9h jusque vers 13h, d’accompagner dans leur tournée, des facteurs, et ainsi, de prendre contact avec des gens au moment où le facteur remettait le courrier… J’étais toujours très bien reçu et c’est ainsi que je me suis fait peu à peu dans les villages environnant Bruyères, une « popularité »…

Certains autres matins je me rendais en vélo chez les clients – plusieurs kilomètres – muni sur le porte bagage, de ma sacoche de conseiller financier.

 

De tout le Groupement celui dit « des Brimbelles » de Saint Dié, et celui dit « des Images » d’Epinal, j’étais le seul de tous les autres conseillers, à circuler en vélo, y compris pour me rendre, les jours de formation, à ce que je surnommais « la sphère céleste » c’est à dire la Direction Commerciale de la poste des Vosges à Epinal, où siègeaient entre autres Jean Claude Plèche mon « grand ami » (celui qui, en septembre 1976 lors de mes débuts à la Poste de Bruyères, avait été « très gentil avec moi » l’ingérable, le rebelle – mais question rapports humains lui et moi nous avions en commun les mêmes valeurs)… Et la « sémillante » Evelyne Claude Mougel, la secrétaire, dont la musique des hauts talons sur le pavé de la « sphère céleste » me « faisait littéralement craquer (rire), et qui était toujours « hyper bien sapée »… Et encore le Directeur Commercial Bernatz Lotz, auprès duquel « OVNI » que j’étais dans le lot des conseillers, j’avais « plus ou moins la cote »…

 

Il est vrai que souvent, depuis mon bureau à Bruyères, j’envoyais à la Direction Commerciale, par la sacoche de communication, des dessins humoristiques et iconoclastes de ma facture personnelle, au début de chaque « campagne Harpon » de la Poste….

 

Donc à chaque réunion de formation, que ce soit à Saint Dié ou à Epinal, depuis chez moi à La Chapelle devant Bruyères, je m’y rendais en vélo… Sauf s’il pleuvait ou neigeait en hiver…

 

 

Un jour du mois de mai cela devait être en 1992 ou en 1993, où j’étais en congé, je n’avais « rien trouvé de mieux » - il faisait un temps splendide – que de me rendre en vélo à Epinal 35 km de chez moi, afin d’aller dire bonjour à toute l’équipe de la « sphère céleste » où j’arrivais vers 11h ; nous prîmes l’apéro et le « menu du jour » au restaurant du coin, proche de la Poste, rencontre « historique » comme l’étaient d’ailleurs toutes les rencontres entre nous les conseillers des 2 groupements à Saint Dié ou à Epinal…

 

En 1994 Denis Cablan ancien Receveur de la poste de Rambervillers, devenu Directeur du Groupement « Les Brimbelles » de Saint Dié, fut remplacé par Aline la nouvelle directrice…

Le jour de son « pot de départ » - vu la « stature que je lui trouvais en matière de relation humaine, de réflexion, de pensée, de droiture… J’ai remis à Denis Cablan à son intention « l’une de ces fameuses lettres mémorables, écrites dans ma vie, dans laquelle je louais à ma façon, ses qualités « hors normes »… Après lecture il me dit « ah celle là je vais l’encadrer » !

 

Trente années ont passé depuis les dernières années du 20 ème siècle… Inutile de vous dire que la « banque postale » de 2026, n’a « plus rien à voir » avec ce qu’était la Poste entre 1990 et 2000… Notamment la Poste dans le département des Vosges (quoique si je la compare, la poste des Vosges, avec celle des Landes ; je crois que dans les Landes elle est plus « avancée » on va dire, dans le « nouvel Ordre du monde d’après le covid »)…

 

Inutile aussi de vous dire que ces années 1990, « ont été les années les plus heureuses de toute ma carrière à la Poste »… À tel point que les vacances pour moi à cette époque « cela ne signifiait pas grand chose » -du moins dans le sens que l’on entend par vacances, axé sur le loisir, le « farniente », les férias, les lieux « branchés », les boutiques, etc. …

 

 

 

 

la poste

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