Les terrains abandonnés
- Par guy sembic
- Le 06/02/2026 à 08:00
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… De très nombreux terrains privés, dont des particuliers sont propriétaires, en général ces terrains d’une superficie de moins d’un hectare, se trouvent à l’état de friche, abandonnés, envahis de broussailles, de ronces, de fourrés, de taillis, de bosquets d’arbustes ayant des racines communes, entremêlés et poussés ensemble, de végétation sauvage, impénétrables…
Ce sont le plus souvent des parcelles situées tout à fait à l’écart de chemins d’exploitation ou de passage, qui eux, sont entretenus ; éloignés de routes et de zones proches d’habitations, au beau milieu de forêts, en pleine nature, isolées et devenues avec le temps, inexploitables… Et que les communes, les municipalités même, n’envisagent pas de récupérer, d’aménager, dans le cas où les héritiers demeureraient introuvables ou renonceraient à leur bien…
Les propriétaires de ces parcelles abandonnées, en friche, ne sont donc nullement inquiétés par quelque obligation que ce soit de devoir entretenir ; ces parcelles n’ayant plus aucune valeur… Et non réclamées qu’elles sont en cas de déficience de leurs héritiers, pouvant être reprises par les communes…
Jadis, les anciens, au 19 ème siècle et jusque vers le milieu du 20 ème siècle, qui étaient de modestes exploitants, paysans, ou ouvriers-paysans, pensaient que « posséder de la terre » - un bois, un pré, un champ- c’était de qu’il y avait de plus sûr, en valeur, pour transmettre à leurs enfants, et dès qu’ils disposaient de « quelques économies », ils achetaient « un bout de terrain »…
À l’époque l’on exploitait ces parcelles en s’y rendant – 1 ou 2 « lieues »- depuis la maison, par des chemins entretenus, à âne, à mule, à cheval, avec une charrette sur laquelle à l’aller, on plaçait les outils – et le « casse-croûte »…
Et là où à présent il y a de la friche, des ronces, des orties, de la broussaille, il y avait en ce temps là un champ de culture, du blé, des pommes de terre, des betteraves, etc. … Ou du bois que l’on coupait pour le feu de la maison, ou du pré à faucher…
De nos jours, et cela depuis 2 ou 3 générations déjà, les enfants, les petits-enfants et les arrière-petits-enfants vivent en ville, en lotissement autour des villages, parfois sont partis dans un pays lointain hors Europe et ne se soucient aucunement de la parcelle du vieil ancêtre dont ils ont hérité – et n’ont que faire…
Pour mettre en valeur de telles parcelles si mal situées à l’écart de voies de passage et de surcroît parfois en terrain difficile – pentu, accidenté de relief – il faudrait déjà pour commencer, faire venir sur place de gros engins afin de dégager un passage rendant accessible le lieu, puis débroussailler, abattre des arbres, déraciner, etc. …
Et dans quelle perspective sinon celle par exemple, d’aménager une aire de loisir, un gîte pour promeneurs… Encore faut-il à cette fin, que le terrain devienne un terrain à bâtir aménageable en fonction de la nature du projet… Ce qui s’avère difficile si la parcelle n’a qu’une superficie de moins d’un hectare…
Dans la mesure où les terrains abandonnés – de moins d’un hectare de superficie- seraient en grande partie, de la forêt, 2,2 millions de personnes en France en sont propriétaires de ces terrains… Auxquels il faudrait ajouter des terrains qui ne sont pas à proprement parler des forêts mais plutôt des terrains envahis de broussailles, ronces, arbustes en bosquets, ce qui mènerait peut-être alors à une « estimation » de quelque 3 millions de personnes en France propriétaires de parcelles de moins d’un hectare ; soit réparti de ci de là sur l’ensemble du territoire français, environ 30 000 kilomètres carrés.
À titre de comparaison, la superficie de la Région « Grand Est » est de 57400 kilomètres carrés…
Il y a donc actuellement en France, trente mille kilomètres carrés de terrains abandonnés et en friche retournés à la nature et en général situés dans des zones peu ou difficilement accessibles (éloignées de grands chemins de traverse, de routes et d’habitations)… Soit l’équivalent de presque une région française (mais en quelque sorte « satellisés » un peu partout dans le paysage français)…
Les « anciens » depuis déjà longtemps décédés, s’ils voyaient ce que sont devenues leurs parcelles dont ils avaient pris tant de soin et cultivé la terre… « ils se retourneraient dans leur tombe » ! (Mais comment aurait-il pu en être autrement, vu le changement dans les modes de vie et dans des valeurs qui ne sont plus du tout les mêmes aujourd’hui que hier en l’espace de 4 générations ? )
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