paysage
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Un rêve étrange
- Par guy sembic
- Le 18/07/2026
- Dans Imaginaire en rapport avec objets et lieux
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… Un chemin de promenade avec de part et d’autre des bois, des champs et des prés, et dans le lointain, quelques maisons d’habitation…
Puis les bois, les champs et les prés peu à peu laissent place à un paysage désolé, de plus en plus aride, de rocailles, d’entassement de roches, de terre ocre, d’arbres morts de ci de là, et dans le lointain, des crêtes, des pics aigüs, de montagnes grises et pelées ; plus aucune habitation n’apparaît, le chemin devient étroit et rendu difficile à la marche, crevassé et jonché de gros cailloux, de pierres… Sous un ciel couleur rouge orangé et brumeux ; une chaleur ambiante étouffante…
Au détour d’un virage en pente, assez long, apparaît un espace de terre nue en partie recouvert de gravier, d’une dimension de quelques centaines de mètres, délimité par une barrière de collines basses très rocheuses, de couleur gris-violet, encerclant l’espace…
Et au milieu de cet espace, se tiennent des bâtiments délabrés ; en fait une suite de bâtiments… Étaient-ce ces bâtiments, une usine, une fabrique, des hangars de stockage de matériaux, des ateliers… ? Les fenêtres disjointes, sans vitres ou de vitres cassées, les toitures cependant encore en état, mais à l’intérieur les planchers séparant les deux niveaux rez-de-chaussée et étage, à moitié effondrés ; des machines-outils, des élévateurs, des échelles, des remorques, des brouettes, des échaffaudages brisés et tordus , tout un fratras d’objets divers… Tel était, abandonné, épars, rouillé, recouvert de poussière, tout ce que l’on pouvait apercevoir en arrivant près de ces bâtiments…
Et – chose curieuse, surréaliste même – à l’intérieur, tout au long de ces bâtiments en enfilade, galopaient ou se tenaient juchés sur des tabourets, des meubles déglingués, des étagères d’armoires métalliques portes ouvertes… Des minous ! Des dizaines, peut-être des centaines de minous ! Il y en avait des gris, des blanc et noir, des roux, des tigrés, à poils ras ou longs, des plantureux, des maigrichons… Et qui n’avaient nullement, aucun de ces minous, un aspect farouche, que l’on pouvait approcher et même toucher sans qu’ils ne déguerpissent, si amènes qu’ils semblaient être et pourrait-on dire « amis des humains » !
Littéralement médusé à la vue de tous ces minous, le promeneur que j’étais, égaré en ce lieu « éloigné de tout » et en l’état de délabrement, de nudité et d’aridité, de silence angoissant où se trouvait ce lieu… Demeurait coi, immobile, observateur, perdu dans des pensées, dans quelque chose qui ressemblait à une sorte d’étonnement heureux mêlé d’une sensation de solitude absolue quoique cette solitude « n’en était plus vraiment une »…
C’est alors qu’observant attentivement à l’intérieur du bâtiment, apparurent jonchés sur le sol entre les gravats, des carcasses de volailles, des os avec de la viande autour, des boîtes de pâté ouvertes, des tas de déchets alimentaires carnés, qui devaient avoir été intentionnellemnt déposés – mais par qui ? – pour tous ces minous…
Et, au sol, des cuvettes et bacs en plastique emplis d’eau…
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Le paysage de la poésie, un désert ?
- Par guy sembic
- Le 29/03/2021
- Dans Imaginaire en rapport avec objets et lieux
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… Selon Salman Rushdie, dans “Les versets sataniques”, “ le paysage de sa poésie restait le désert”…
… Plus encore que le terme de “désert”, c’est la formulation “restait le désert”, qui m’interpelle…
Est-ce que le paysage de la poésie est un désert qui “resterait” toujours un désert ? Et quel désert ? Un désert de quoi ? De sable, de rocaille, d’absence d’amour, de violence, de solitude ?
Le paysage de la poésie, désertique, serait alors un désert parsemé de fleurs de sable qui auraient un langage ? Et habité par une sorte de “petit prince” qui traverserait ce désert dans l’espérance d’une rencontre avec un renard des sables qu’il n’apprivoiserait pas ? …
Le paysage de la poésie est un désert lorsque ce paysage par la ligne d’horizon qui le cerne, ne s’ouvre pas à ce qui est situé au delà de la ligne d’horizon, et qu’il ne reste que les fleurs de sable, plus imaginées que réelles par “le petit prince”, à perte de vue, aussi belles, aussi “immortelles” qu’elles soient mais n’illuminant le paysage que d’une clarté aveuglante…
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Le tableau
- Par guy sembic
- Le 26/03/2019
- Dans Chroniques et Marmelades diverses
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... Au milieu du siècle précédent, jusque dans les années 1980, le monde était comme un tableau, un paysage avec des personnages. Et le tableau semblait immobile, comme figé dans le temps, un temps relié au temps qui précédait... Mais le tableau cependant était bien vivant, et les personnages animés, et c'était comme si l'on se trouvait, acteur ou spectateur ou témoin, à l'intérieur du tableau, un tableau dans lequel on respirait, on vivait...
Les scènes, les personnages, tout ce qui constituait le tableau dans le détail et dans son ensemble, tout cela était de couleurs aussi criardes et violentes que dans le tableau d'aujourd'hui, celui des années présentes de ce début de 21ème siècle... Autant dire que le "monde d'avant" était aussi inique, aussi empli d'hypocrisies, et les gens aussi préoccupés de gagner toujours plus d'argent, d'accroître ou de conforter leurs possessions matérielles...
Mais il y avait, dans le tableau d'avant, comme un fond, un arrière plan dans lequel on discernait des tons, des couleurs qui ne changeaient pas et qui, si lointaines que ces couleurs nous eussent parues, si peu visibles ; n'en étaient pas moins présentes et immuables... Des couleurs et des tons somme toute, dans le fond du tableau, qui étaient pour nos yeux comme le ciel du jour ou de la nuit au dessus de nos têtes...
Dans le tableau d'aujourd'hui, celui de ce début de 21ème siècle, les couleurs de l'arrière plan du tableau sont craquelées, si craquelées qu'elles partent en éclats, des éclats de plus en plus dispersés, de plus en plus petits ; autant dire que le fond ou l'arrière plan disparaît peu à peu, et qu'il ne demeure dans le tableau devenu aussi mouvant que la rosace tournoyante dans un kaléidoscope, que les couleurs criardes et violentes du nouveau paysage avec des personnages dont la vie court comme un train sur des rails de gare en gare, et les gares sont des lieux de marchés et de consommation...
... Il sera plus difficile pour l'artiste, d'extraire du tableau, de l'immaculé... Difficile, mais nécessaire...
Par exemple, ce n'est point parce que tant de gens (et pas forcément les plus jeunes), en bus, en tramway, avant que le film au cinéma ne commence, à table en famille... Ont les yeux rivés sur l'écran de leur smartphone, qu'il n'y a plus de relation, plus de regard vers les autres, plus de solitude, moins de liens, etc. ...
C'est le regard porté sur le tableau, qui ne se fige pas sur les craquelures éclatées ; qui entre dans les couleurs mouvantes, qui suit les personnages de la vie qui court ; ce regard de témoin bienveillant mais lucide, indépendant, insoumis aux jugements, aux modes et aux complaisances... Qui appréhende le tableau dans sa dimension réelle et dans ce qu'il y a d'intemporel dans le tableau mouvant et changeant...
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Le temps
- Par guy sembic
- Le 22/07/2016
- Dans Pensée, réflexions, notes, tags
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Les années n'existent pas, ce sont les jours, les nuits et les saisons, qui viennent et reviennent, sans commencement, sans fin...
Un seul temps en somme...
Un temps où le passé, le présent et le futur sont comme un immense paysage sans ligne d'horizon...
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Paysage minéral
- Par guy sembic
- Le 31/05/2016
- Dans Pensée, réflexions, notes, tags
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Un paysage désolé aride minéral
Et de part et d'autre des points cardinaux
Ces flancs rocheux et abrupts ne renvoyant jamais l' écho
De ce cri pirate qui décide de briser
Juste le temps d'une colère coup de poing
Un long silence blême
Le silence blême et ordinaire du pirate
En réponse aux outrances aux violences aux indifférences
Jetées des balcons et des trottoirs et des maisons et de tous les lieux inhospitaliers
Au milieu de la circulation générale bruissante de sons discordants
Emporter son silence jusque dans la chute finale au bout du chemin
C'est ne laisser pour seule trace que ce silence
Qui sera peut-être interrogé et dont on imaginera des sons
Des sons enfouis et s'enfuyant
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Les deux hémisphères de paysage dans la boule
- Par guy sembic
- Le 05/12/2013
- Dans Chroniques et Marmelades diverses
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Tout le problème est là : la qualité littéraire d'une part, et l'homme -ou la femme- en tant qu'être humain (comportement, relation) d'autre part...Ainsi, Hugo homme, Rousseau homme, Voltaire homme par exemple ?...
Le discours d'une part, et l'agissement d'autre part...
Le paraître, le vouloir être, d'une part ; et l'être d'autre part...
Mais bon, que c'est difficile d'avoir "le regard qu'il conviendrait" (pour autant qu'un tel regard puisse exister...)
Déja, regardons ce que nous sommes nous-mêmes, de préférence sans personne devant nous, avec réalisme et humilité...
... Il me vient aussi cette pensée, à propos de ce regard qu'il conviendrait d'avoir, pour autant que ce regard puisse exister... Qu'il aurait toujours existé en fait, qu'il n'a jamais cessé d'exister, mais de l'autre côté du paysage dans lequel nous sommes et où nous regardons avec des yeux aveugles...
Bien sûr, ce que je dis là ne veut pas dire grand chose... Mais je ne vois pas comment l'exprimer autrement que existant de l'autre côté du paysage dans lequel nous sommes...
... Deux "hémisphères de paysage" à l'intérieur d'une boule de verre...
Entre les deux hémisphères, un "plan équateur" qu'aucune "surface frontière", qu'aucune sorte de "pellicule" ne sépare visiblement.
Et cependant, les deux hémisphères de paysage sont comme deux paysages séparés : nous sommes tous, tous les êtres vivants, durant tout le temps de notre vie, dans un seul de ces deux paysages : celui de la vie que nous traversons.
Et ce paysage où nous sommes tous, nous le voyons, nous l'observons, nous le parcourons, nous l'habitons, avec le regard que nous portons et qui nous semble lumière.
Et il existe en dessous, ou de l'autre côté, dans l'autre hémisphère de paysage, ce regard, cette lumière que nous aurions si nous pouvions aussi être de l'autre côté en même temps... Dans cet autre côté où nous ne sommes jamais, sauf peut-être, virtuellement ou illusoirement ou au travers d'un miroir ou d'un mirage, en ces moments de "nostalgie" ressentis comme du "paradis perdu" (ou de la connaissance perdue)... Mais alors le regard qui nous vient ainsi n'est encore pas celui que nous aurions si nous étions vraiment dans l'autre hémisphère de paysage...
La boule aux deux hémisphères de paysage, est en fait Une et Une seule... Mais elle peut tout aussi bien être, la boule, grain de sable, galaxie, ou conglomérat de galaxies...