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  • Le pain rouge, de Marie-Paul Armand

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    … Marie-Paul Armand est une auteur écrivain romancière Française, de la région du Nord, qui, après des études universitaires à la faculté de Lille, enseigna les mathématiques à l’école publique durant dix ans, et s’engagea dans l’écriture…

    Elle est née le 14 août 1946 et décédée le 7 octobre 2011 ; a publié son 1er livre en 1985 « La poussière des corons », puis « le vent de la haine » en 1987, « les nouvelles du Nord » en 1998, « l’enfance perdue » en 1999, « un bouquet de dentelles » en 2001, « le cri du héron » en 2004…

    « Le pain rouge » est son 3ème roman, publié en 1989…

     

    Dans ce livre « Le pain rouge », Marie-Paul Armand fait le récit de ce qu’ont été dans les villages des campagnes du département du Nord, les années de la Révolution Française entre 1789 et après 1795…

     

    Il ressort de ce récit – à mon sens- que ces années de la Révolution Française, en 1789 au moment de l’établissement des « cahiers de doléances », puis avec l’Assemblée Constituante, suivie de la Convention et enfin du Directoire, avec les décrets dont il était fait lecture jusque dans les villages des provinces françaises, ont eu en général beaucoup plus d’impact (ont pesé davantage) dans les villes, que dans les campagnes ; en ce sens que, plus la population était nombreuse (comme à Paris et autour de Paris à l’époque) ainsi que dans les grandes villes et dans les villes moyennes – Dans le Nord Arras, Cambrai, Douai entre autres- et plus en conséquence les gens étaient « aux premières loges », impliqués et agissant… Alors que dans le fin fond des campagnes, dans les villages, il n’en était pas du tout de même, car les « nouvelles » n’arrivaient que quelques semaines plus tard, ne faisant état que de l’essentiel (et du plus marquant ou contraignant)… Et de ce fait, l’emprise des changements et des décisions survenant, de l’Assemblée Nationale, de la Convention, siégeant à Paris, était moins forte, moins prégnante que dans les grandes villes (à l’exception toutefois surtout en 1793 et en 1794, de la lutte menée par les révolutionnaires contre la religion, contre les traditions liées à la religion ; ce qui dans les campagnes était très mal ressenti…

     

    Ce qui est « frappant » aussi – et qui « à mon sens ne m’a guère étonné »- c’est cet engouement autant provoqué qu’entretenu, pour la « cause », d’une majorité assez large de la population française en général surtout des villes, des zones densifiées d’habitat… À tel point que durant la période de la Terreur entre octobre 1793 et début juillet 1794, les gens du commun venaient assister « comme au spectacle » aux exécutions et que, pratiquement au pied même de la guillotine, des marchands de boissons et de fanfreluches, s’installaient ; que les gens « comme un seul homme » criaient « à bas les aristocrates » et autres invectives et insultes à l’adresse des condamnés menés à l’échafaut… (Les femmes n’étant point loin s’en fallait les dernières à vociférer, à crier et insulter ; pourtant mères qu’elles étaient pour bon nombre d’entre elles!)…

    Il y avait d’ailleurs, organisé, prévu par les autorités en place chargées d’appliquer les décrets durant la Terreur, des gens qui étaient payés pour « crier insulter » …

     

    C’est fou ce que de tout temps, sous tous les régimes, il y eut, il y a, toujours (c’est une réalité), une majorité de gens « servant ou adhérant à une cause, à un ordre établi ; un courant d’opinion publique majoritaire – souvent entretenu par les tenants de l’Ordre… C’est « assez désespérant » de constater cela !

     

    « J’ai dans l’idée » que si j’avais vécu à cette époque là, adulte âgé de 30/40 ans entre 1789 et 1795, étant « ce que je suis aujourd’hui », et pour peu que j’eûsse pu diffuser autour de moi des « écrits iconoclastes et contestataires assez critiques de l’ état social et des différents régimes et ordres en place », j’aurais sans doute été « un anarchiste de tendance girondine » et assez certainement destiné à figurer sur une liste de suspects… Et guillotiné ! ( Et ce n’est point ma vindicte iconoclaste contre la Religion qui eût pu pour autant me sauver)…

     

     

     

  • De l'autre côté du monde

    Les événements brutaux les plus actuaux

    Et qui font crier haut et fort haro sur le baudet

    Ce baudet sur lequel on nous fait monter

    Et cheminer tout au long de prés aux fleurs de cire

    Et aux herbes de synthèse

    Ne font le monde que d'un seul côté

    Et de ce côté là c'est vrai le baudet est si commun

    Que dans les écuries

    Les écuries royales et de cour

    Les écuries de cirque à trois ou six mâts

    Les écuries de manèges boueux ou sablonneux

    L'on n'y voit pas d'autres montures

    Que ce baudet

    Dans toutes ces écuries d'incurie

     

    Les événements qui pètent sont actuaux

    Il leur faut des tambours dont on nous fait entendre le tam tam

    Dans les brousses et dans les cités

    Pour pas qu'on écoute les cymbales et les guitares des musiciens poètes

    Venus de l'autre côté du monde

    Mais surtout et en foules les pétarades battant coeur de pieuvre

    Des enchanteurs patentés autorisés appelés sur les plateaux-télé

     

    Actuaux chaque jour les derrières à plume haut hissés

    Les derrières à plumes des sorciers que sont les marchands opulents

    Suivis des légions de chalands suçeurs de quignons de pain sucre-rosi

     

    C'est de l'autre côté qu'il faut tous aller chalander

    Là où l'on retrouve le goût du pain

    Là où les regards se touchent et où on se sent

    Un peu moins seul dans sa peau

     

    NOTE : « actuaux » pour « actuels » est, de ma part, une « incorrection grammaticale volontaire »… (Je dis cela pour ne pas « troubler » des personnes -en France ou ailleurs- qui, dans la mesure du possible s'efforcent du mieux qu'elles peuvent, de respecter l'orthographe et la grammaire du Français)…

    Il m'arrive parfois volontairement, de commettre (dans un contexte particulier et/ou imagé), ce genre d'incorrection… On peut être d'accord ou pas, c'est à voir…