mirage

  • L'effet de mirage ou la force du courant ?

    ... A l'écart des marchés du spectacle et des manifestations culturelles qui attirent les foules et emplissent les salles et les lieux publics en place ou en rue, s' élèvent des voix, se diffusent des écrits, se font entendre des musiques, se découvrent des expressions artistiques de poésie, de littérature, de théâtre de rue, tout cela de facture informelle et avec peu de retombées économiques locales ou régionales du fait que les puissances médiatiques ne sont guère présentes et ne soutiennent pas de leur logistique ces manifestations, spectacles, expressions artistiques, et ne tiennent ces voix, ces écrits, ces musiques, que pour "quantité négligeable"...

    Mais dans ce qu'il y a d'informel et néanmoins empli d'imaginaire, de rêve, de talent, de créativité, des uns et des autres qui s'expriment et se produisent, oubliés ou méconnus qu'ils sont des médias, que l'on ne voit jamais sur les plateaux de télévision ni dans les salles polyvalentes... Il y a bien là, aussi, une réalité vraie, authentique, intemporelle, de cette expression artistique informelle, qui, en dépit du mépris dont elle fait l'objet de la part des puissances médiatiques, des décideurs et des officiels, existe bel et bien, quoi qu'elle en soit réduite à devoir "s'exister"...

    Le courant qui porte une expression artistique informelle et seulement de ci de là passante, par la voix, par l'écriture, par la musique, par la gestuelle et par tout ce qui caractérise ce courant dans son mouvement ininterrompu, a une force que les puissances médiatiques n'ont pas dans la mécanique de leur noria, sinon celle de l'effet du mirage de ce qu'elles mettent en valeur et en scène...

     

    ... Le drame, je crois, de notre époque, plus encore que par le passé, c'est que la banalité, la pauvreté de l'expression, la médiocrité, la faconde, l'effet d'émotion... Dans une diversité qui "n'arrange rien", règne autant sur la scène publique, mis et porté en avant, médiatisé, "télétisé", suivi et applaudi... Qu' en dehors de la scène, dans les coulisses, ou qui se produit envers et contre tout au vu et au su de tout le monde ,véhiculé bruyamment et répétitivement...

    Et Internet depuis le haut débit ainsi que les appareils (smartphones, tablettes) de communication/diffusion instantanée d'image, son, messagerie vocale ou écrite ; amplifie ce phénomène qui est celui de la banalité, de la médiocrité, de la pauvreté de l'expression...

    ... Il est difficile de s'y reconnaître dans un tel environnement d'expression aussi hétéroclite qu'un vide grenier brocante où voisinent les uns à côté des autres toutes sortes d'objets dont on ne peut en définitive, déterminer vraiment la valeur, l'origine ou l'authenticité de certains de ces objets... A moins comme on dit "d'avoir l'oeil" ! ...