mépris

  • La "pensée du joiur", vendredi 19 juin 2026

    … La réduction du champ lexical dans l’expression écrite notamment sur les réseaux sociaux (les mots utilisés, les phrases formées, le texte produiit)…

    Est-elle associée à un défaut de réflexion, de pensée ; est-elle la marque d’un niveau de sensibilité culturelle et d’un champ de connaissances déficients ?

    Selon les apparences, « tout porte à le croire »…

    C’est sur cette idée là, d’un champ lexical réduit, d’un défaut de réflexion, d’un champ de connaissances limité, que se fondent les méprisants, les arrogants, les « imbus de leurs certitudes et de leur supériorité intellectuelle, dans leurs jugements, leurs appréciations, leurs critiques, leurs avis…

    « Plus exactement » - si je puis dire – le mépris, l’arrogance, le sentiment d’une « supériorité intellectuelle »… Tout cela n’est pas « directement conscient », il s’agit plutôt d’une inclination qui vient – dans le sens du mépris- dont on ne se rend pas vraiment compte…

    La personne que tu rencontres lors d’une réunion, lors d’un événement dans l’association locale dont tu fais partie, ton voisin de l’appartement ou de la maison d’à côté de chez toi – par exemple- qui ne lit pas de livres, qui ne « smartphone » sur son Instagram ou sur son Facebook, que du texte bref, utilisant des mots simples, qui déclare « ne pas se prendre la tête avec des choses trop compliquées pour lui »…

    C’est « peut-être » cette personne là, celle qui, dans une difficulté survenant un jour dans ta vie, te viendra en aide…

    C’est « peut-être » aussi, cette personne là, qui ne lit pas de livres, qui ne « s’encombre jamais avec de grands discours », qui un jour ou l’autre (et sans que tu le saches parce qu’elle ne te le dira pas forcément)… Fera – occasionnellement certes- l’effort de te lire, alors que « le temps lui est compté », dans une journée de travail bien remplie !

     

    Oui c’est vrai : la réduction du champ lexical, la déficience de la réflexion et de la pensée ; c’est bien là « une calamité » !

    Mais l’idée que l’on se fait, qui en découle, et qui a pour conséquence la manière dont on se comporte à l’égard des autres (c’est à dire « pas amicalement loin s’en faut)…Ça, c’est « encore plus calamiteux » !

     

     

  • la réflexion du jour, jeudi 20 novembre 2025

    … Tout comme Robert Ménard – dont je ne partage aucunement les idées pour autant – je pense qu’il a eu raison d’exprimer sa colère au sujet du mépris affiché publiquement par bon nombre d’intellectuels, d’artistes, de gens de pouvoir et d’influence, et même de gens du commun aussi, à l’égard de personnes qu’ils traitent de « cons » ou d’imbéciles parce que proches de sensibilité d’un parti politique en l’occurrence le RN ou LFI, ou jugées, ces personnes « incultes » ou encore « peu enclines à la réflexion »…

    Être en colère, être insolent et iconoclaste, critiquer durement, oui… Mais mépriser NON !

    Et NON encore lorsque le mépris se « conjugue » avec l’hypocrisie et avec « donner des leçons de morale » !

    D’un côté on plaint, on s’afflige, on descend même dans la rue pour protester, on soutient… Mais d’un autre côté on pue la haine le mépris et la condescendance !

    L’inculture, l’obscurantisme, un parti et les idées et les orientations et les défauts de ce parti (le RN, LFI ou un autre) oui on peut dire que l’on est contre, on peut critiquer durement… Mais la haine et le mépris NON !

    Ce qui manque, ce qui fait défaut dans le monde où l’on vit, c’est de la bonté et de la bienveillance associée à de l’écoute et à de la considération, tout cela qui se ne laisse pas piétiner, écraser, qui relève la tête et fait regarder droit dans les yeux – en non pas ses pieds- avec la dureté qu’il faut de temps à autre, et sans haine, sans mépris…

    Qu’on se le dise !

     

     

  • Le mépris de l'autre est toujours contre-productif

    … Celui ou celle qui, dans un mépris affiché et délibéré, de l’Autre ; accuse, conspue, dénonce, discrédite, foule aux pieds, et exerce toute sa violence, toute son agressivité dans la suffisance, dans l’orgueil, dans la certitude de ses savoirs et de ses acquis culturels, dans ses argumentations, dans ce qu’il montre, dans ce qu’il stigmatise des obscurantismes et des ignorances de l’Autre… Est en général plus écouté, plus suivi, plus cru, autour de lui ; que celui ou celle qui, au contraire, dans la réflexion et dans la clairvoyance, s’attache à comprendre le pourquoi et le comment des comportements de l’Autre, de ce qu’est l’Autre dans l’environnement qui est le sien…

    Et à « tant enfoncer le clou à coups incessants de marteau » il fend la planche, fait éclater la planche et la planche, cassée, fragmentée, réduite en copeaux, c’est une planche en moins pour la construction de la cabane…

     

    « J’étais d’une famille qui ne parlait pas le Français, qui ne lisait pas, et le seul endroit où j’avais une île à moi tout seul, une île de milliardaire, c’était la langue Française »

     

     

    [Kamel Daoud, écrivain, lauréat du Prix Goncourt 2024]

     

    … Dans ces familles où l’on parle mal le Français, où l’on ne lit pas, « encore heureux » -il faut le dire- que l’un ou l’autre des enfants de ces familles, ne soit pas empêché d’avoir « cette île à lui » qui est celle des livres, de ce que produit d’œuvres, la langue Française…

    Ignorer, méconnaître, en tant que parent, n’implique pas forcément d’empêcher son fils ou sa fille, d’apprendre, de savoir…

     

     

    … S’il est vrai que dans de nombreuses familles vivant en France, l’on parle et l’on écrit si mal le Français, et si dans bien de logements et de maisons en ville et dans les campagnes, l’on ne voit guère de livres sur des étagères et donc pas de meuble bibliothèque…

    S’il y a tant de banalités, tant de propos réducteurs qui foisonnent sur les réseaux sociaux, s’il y a autant de nos jours alors que tout le monde va à l’école, d’obscurantismes, d’ignorance, de préjugés ou d’idées reçues, et d’inculture… Oui l’on peut dénoncer, déplorer tout cela et le dire… Mais afficher son mépris à l’égard de l’Autre, non…

    « Prendre par la main » et essayer de transmettre, de trouver les mots qui touchent, oui c’est risqué parce que c’est se heurter à de la violence en réponse, ou que cela se révèle sans effet parce que se heurtant à de l’indifférence »…

    Mais écraser de son mépris et de sa suffisance de privilégié et de chanceux parce que vivant dans un milieu favorisé ou faisant partie de l’élite, cela élargit la fracture sociale, cela rend encore plus agressifs les piétinés et les conspués, cela fait de ces Ordres – ou de ces désordres – qui se bousculent, qui parfois l’emportent et s’imposent…

     

    Si le mépris de l’Autre est toujours contre-productif, et si le pardon ou la mansuétude ou encore le fait de tendre la main est assez souvent contre-productif… Il faut bien cependant à un certain moment selon la situation qui se présente, se résoudre à prendre le risque de tendre la main – tout en se protégeant de l’inacceptable, de ce qui met notre vie en péril…

    Faire coexister bonté et dureté n’a jamais été facile…

     

     

  • Éboueurs et Éclaireurs

    Sur la purulente montagne de tous les déchets ménagers et industriels, dont les perfides nectars heurtent mes narines, à regarder trop longtemps, de l’une des branches maîtresses d’un arbre nu, le seul arbre sur la pente abrupte du versant situé en face de moi, ce triste gardien de l’Ordre du monde suspendre la corde qui peut-être me rompra le cou, nul sourire ne me vient aux lèvres…

     

    Mais d’attendre depuis tant d’années, non pas que me berce mais m’illumine cet étrange songe que je n’ai pas encore fait, seulement « entr’imaginé »… C’est, dis-je, craindre que ne vînt jamais à passer devant mes yeux pourtant devenus voyants, enfin… Le vrai visage du monde…

     

    Le vrai visage du monde n’est pas celui des éboueurs de métier ni des jeteurs d’ordures, n’est pas non plus celui des Éclaireurs des Petites et Grandes Compagnies…

     

    Je n’attendrai donc pas, j’ouvrirai plus grand, tout de suite, mes yeux pourtant devenus voyants…

     

     

    La corde suspendue à la branche de l’arbre par le gardien de l’Ordre – en fait par LES gardiens de l’Ordre, ces gardiens de la « citadelle du monde » qui sont les acteurs de la vie publique, les chantres de la Parole devant être entendue et écoutée, les pourvoyeurs de la « manne » devant être servie à tous, les officiants des « messes » appelant les fidèles à l’obéissance… C’est celle de ce silence crasse en réponse à une liberté d’expression se démarquant des autres libertés prises qui, quasiment toutes, font l’objet d’admirations ou de disputes sans aucune limite et dans l’irresponsabilité de chacun… Ce silence crasse qui, par le mépris et l’indifférence qui le caractérise, rompt le cou de ceux et de celles qui, dans leur liberté d’exprimer, se démarquent, s’écartent de la route à suivre…

    Merde au silence crasse, au mépris, à l’indifférence…

    Merde aux admirations mille fois likées, aux disputes qui n’en finissent plus d’ennemouriser d’isoler de crisper de séparer …

    Merde aux gardiens de l’Ordre qui font la sourde oreille à qui les interpelle sur des questions souvent éludées mais laissent les éboueurs de métier et les jeteurs d’ordure entretenir la montagne des immondices !