le silence

  • Silence ou révolte

    … Entre le silence et la révolte, je ne fais pas vraiment de différence : le silence n’est-il pas par lui même déjà, selon l’usage que l’on en fait – pour autant que l’on l’exprime et qu’il soit, le silence, pressenti ou réellement perçu – une forme de révolte ?

    Tout comme la révolte, le silence peut blesser, être mal perçu, indisposer, surprendre, vexer… Jusqu’à mettre fin à une relation…

    S’il y en a peut-être (ou sans doute) une, oui, de différence, entre le silence et la révolte, c’est dans le fait que le silence est plus violent, plus “laminant” dirais-je, que la révolte… Lorsque le silence est perçu dérangeant, accusateur, et donc lorsqu’il condamne sans que soit dit ou écrit un seul mot…

    Quoiqu’il en soit, du silence ou de la révolte, autant l’un ou l’autre perçu – et même “subodoré”- il est “interpellant”, il questionne, il “remet en cause” ce qui fonde une vision que l’on a, que l’on se fait, à propos de ceci ou de cela que l’on croit…

    Il n’est pas sûr qu’il “rectifie”, il n’est pas sûr qu’il change quoi que ce soit dans nos comportements, dans nos croyances, il est comme une gifle reçue ou comme un coup de règle plate sur les fesses, et après que cela eût bien cuit la peau, l’on remet un boulon dans le porte projectile du lance pierres…

     

  • Le silence dans ses deux sens : le sien et celui des autres

    C’est peut-être un silence heureux

    Mais il ou elle ne le sait pas

    Il ou elle ne le saura sans doute jamais

    Il ou elle pense que c’est un silence d’indifférence

    Un silence malheureux

     

    Mais son silence

    Ce silence qui serait le sien

    S’il lui était imposé

    Ou seulement conseillé

    Il ou elle ne s’y résoud jamais

     

    Ou s’il le manifestait

    Ce silence de lui ou d’elle

    Il se ferait tel un bras d’honneur

    En face de ces visages qui jamais ne se montrent

    Jamais n’ont le moindre regard

     

    Mais que dire de son silence

    Qui est autant le sien

    Que celui des autres

    Que dire de toutes ces non réponses

    À ce qui peut-être est attendu

    Oui que dire de ce silence qu’il ou elle dénonce

    Et qui est peut-être plus malheureux

    Venu de lui ou d’elle

    Que celui que l’on lui fait

    Pour autant qu’il soit malheureux

    Ce silence des autres qu’il ou elle dénonce

     

    Il y a aussi ce silence de lui ou d’elle

    Qui ne devrait point être

    Mais qui est pour des raisons particulières

    Et ne peut être exprimé

     

    Si cette réflexion que je fais au sujet du silence, est une “réflexion philosophique qui serait réservée aux philosophes”, alors je dirais que les philosophes, notamment ceux qui ont fait des études supérieures - ce qui n'est nullement mon cas- ont -en général pour ne pas dire "presque toujours" - un langage différent du mien, un langage "bourré" de termes et de formulations qui, non seulement me sont étrangers, mais parce qu'ils me sont étrangers et que je les ignore "souverainement", que je n'emploie donc jamais... De ce que je dis là, l'on pourrait en déduire que ma "philosophie" est "relativement compréhensible au commun des mortels "... Reste cependant, le "niveau" de réflexion - par des "chemins de pensée" sans doute difficiles - mais dont les contenus font état, disons, de "choses essentielles" qui sont souvent "éludées" (hélas)...

     

     

  • Et si le silence était une amitié dont on ne sait rien ? ...

    ... Le silence peut être celui d'une amitié dont on ne sait rien, ni du lieu où se tient cette amitié, ni de qui est cette amitié...

    Il faudrait pouvoir prendre le silence, dans la certitude d'une amitié dont on ne sait rien, dont on ne sait où elle se tient, dont on ne sait de qui elle est... Pour la meilleure, pour la plus sûre de toutes les réponses au pourquoi d'un silence, d'un silence dont on ne devrait pas déplorer l'existence, d'un silence que l'on ne devrait pas interroger avec autant d'insistance et parfois de colère ou de dépit...