imagination

  • L'imaginaire

    … « L’imagination ne veut pas dire le mensonge, elle consiste à voir les choses autrement que la banalité du jour » [ Émile Zola ]

     

    … De l’imagination, des imaginaires – de chacun – qu’en est-il de nos jours ? Qu’en devient-il de nos jours ?

    L’imaginaire est-il « seulement » l’apanage des artistes, des écrivains, des créateurs d’œuvres ?

    A-t-il quitté, l’imaginaire, le « commun des mortels » ? Les jeunes surtout ? Les plus de 40 ans, les plus de 60 ans ?

    Autant de questions – avec tant d’autres- qui sont toutes autres que « banales » ( donc autres que de savoir si oui ou non on va acheter ceci ou cela, ou mettre dans son jardin telle sorte de haricot, ou suivre telle ou telle de ses connaissances sur Instagram) … Autant de questions donc, qui ne sont pour ainsi dire jamais posées, notamment sur les réseaux sociaux ?

     

    L’imaginaire « est-il en train de se faire la malle » ?

    N’est-il pas de plus en plus au fil des ans, et surtout depuis ces 2 dernières années, investi par des « Chat GPT », par des « Canva », par toutes sortes d’IA génératives », de logiciels, d’applications sur smartphone, qui « font à notre place » sur demande ? De telle sorte qu’il ne demeure d’imaginaire, que la demande elle-même ?

     

    L’imaginaire investi par l’IA et par les algorithmes, par les Chat GPT et Canva et autres, alors oui, « ça c’est du mensonge »…

    Du mensonge qui emplit le vide fait en toi…

     

    La vocation de l’imaginaire, c’était – du temps d’Émile Zola, du temps des Gravettiens, des Solutréens, des Magdaléniens… Jusqu’à la venue au début du 21 ème siècle, des premiers réseaux sociaux internet… Oui, « de voir les choses autrement que la banalité du jour » … Et d’ailleurs, en l’an mil, un jeune berger de 10 ans illettré a peut-être imaginé une sorte de petite boîte tenant dans la paume de la main, avec laquelle on pouvait envoyer très loin une histoire inventée ou poser une question a un ami qui avait quitté le village pour vivre dans une autre contrée.

     

    La vocation de l’imaginaire, de nos jours, c’est de court-circuiter l’IA et tous ses outils, en somme de « battre l’IA à la course » …

    Dans les eucaryotes dont nous venons, d’il y a 3,5 milliards d’années… Et dans « l’ère de Planck » de presque zéro jusqu’au moment où l’univers eut un diamètre de 1,616 X 10 puissance moins 35 mètre… « il y avait déjà tout ce qu’il fallait »…

     

     

     

     

  • La ligne d'horizon au delà de laquelle se porte l'imagination...

    … Aucun humain vivant aujourd'hui, du bébé venant de naître au vieillard le plus âgé, ni d'ailleurs les bébés qui vont naître d'ici 2050, aucun humain vivant aujourd'hui ou en 2050, ne verra le monde tel qu'il sera devenu, tel qu'il aura évolué avec ses technologies, ce qui aura été inventé, ses modes de vie, sa civilisation, ses sociétés, ses pays et ses peuples… Au 23 ème siècle…

    Pas plus qu'aucun humain ayant vécu au début du 19 ème siècle, par exemple en France au temps de Napoléon en 1810, ne pouvait voir ou imaginer ce que le monde serait en 2019…

    … En dépit de ma capacité à imaginer le monde en 2050, et, dirais-je, de cette prescience qui est la mienne, de ce que sera déjà le monde en 2050 (né en 1948 j'aurai 100 ans en 2048), et à plus forte raison, de ce que sera devenu le monde au 23 ème siècle ; je prends conscience du fait que ma capacité d'imaginer et de pressentir, ne peut être comparable qu'à une ligne d'horizon dont je n'aperçois que ce que je crois être des cimes d'arbres ou des forêts ou des toitures d'habitations au travers d'une brume enluminée de rayonnement solaire…

    Et qu'aussi loin que je puisse avancer je ne verrai que cette ligne d'horizon au-delà de laquelle mon imagination se portera sans que jamais ce qui est au-delà de l'horizon se révélera à mon regard…

    C'est la raison pour laquelle la mort est pour moi comme une porte qui se ferme brutalement et pour toujours, une porte qui m'interdit en quelque sorte, d'accéder à ce que je veux voir, continuer à voir et à en être le témoin…

    „Comment ça va se goupiller l'affaire là?“ … La seule chose que je sais, en toute certitude, c'est qu'il y aura toujours des témoins… Autant qu'il demeurera encore possible de témoigner, de raconter, d'écrire, de transmettre tout ce qui aura été vu tel que cela aura été (et non pas tel qu'on aura voulu que ce soit vu)…

    … Le témoin de ce qui demain sera est en somme, le prolongement du témoin que l'on a été… Ainsi la porte ne se ferme-t-elle non pas à clef mais avec seulement la poignée, une poignée qu'il suffit de tourner pour entrer dans la pièce où le témoin qui ne témoigne plus n'a pu entrer…