Banalité, pauvreté dans le langage, dans l'écrit

… Lu ceci, je vous le livre tel quel, sur une page Facebook d’écrivains et d’auteurs souhaitant se faire connaître :

 

“J’ai visité écrivains poètes s’est vraiment une source d’imspiration j’ai passé un agréable moment à vous visité merci”

 

… J’en suis resté comme deux ronds de frite !

Je veux bien croire, à la limite, que le “m” d’ ‘imspiration” pourrait être une “faute de frappe” -quoique sur le clavier AZERTY le “m” et le “n” ne soient guère “voisins”…

Le “s’est vraiment” ainsi que le “visité”, et l’absence de ponctuation me gênent davantage… Surtout de la part d’un commentateur (ou d’une commentatrice) s’exprimant sur une page Facebook d’écrivains auteurs…

Et l’on s’étonne que bon nombre d’ “auteurs écrivains poètes en herbe” – ou “de longue date depuis leur adolescence – méconnus et dont les manuscrits ou “tapuscrits” sont refoulés, refusés par les éditeurs, enragent de voir leurs “œuvres” “passées à la trappe” !

Cela dit, en vitrine dans les librairies – et surtout dans les rayons des “Leclerc Culturel” – et qui plus est encore, dans les productions d’ “ouvrages en ligne” de textes numériques à lire sur écran de liseuse ou de smartphone… Que choisir dans tout ce qui paraît, dans les derniers romans sortis, dans une telle profusion et diversité de sujets, de thèmes traités, en des histoires qui, pour la plupart d’entre elles, sont “de la vie qui court”…

Ce terme “en herbe” pour désigner des auteurs débutants, m’exaspère quelque peu, je le trouve “convenu” ou “passe partout”… Est-ce que par exemple un auteur âgé de 60, 70 ans, qui écrit depuis ses 15 ans, peut-être un “auteur en herbe” ?

L’herbe – dans un sens général pour qualifier tout ce qui est vert et pousse dans des champs et des près ou en forêt au sol entre les arbres- c’est le mot employé lorsque l’on n’y connaît rien ou presque, de ce que l’on voit pousser de vert en brins, en tiges, en feuilles, au sol…

À force de banalité, et surtout de pauvreté dans le langage, dans l’écrit ; l’on finit par n’être plus qu’un consommateur insensible, inapte à faire la différence entre telle ou telle production, forme d’expression… Et, plus grave ou plus désolant, ce qui mériterait de la considération, en somme “ce qui sort du banal et du commun”, en arriverait à déranger, à être rejeté, “zappé” à plus vrai dire…

 

… Bien que privilégiant l’intelligence du cœur à celle de l’orthographe, je constate que malheureusement et assez souvent, l’intelligence du cœur et l’intelligence de l’orthographe font en même temps défaut… Et que, pour s’en convaincre il suffit de “balayer du regard” quelques pages de différents réseaux sociaux du Net, emplies d’imprécations, de vociférations, de contestations lapidaires, où l’infinitif se substitue au participe passé, de la part de personnes “bien françaises de souche” titulaires d’un baccalauréat !

Cela dit, bien sûr que le commentateur ou la commentatrice que j’évoque ci dessus, pourrait être une personne étrangère, sensible à la poésie et aux livres, et que dans ce cas, l’on peut effectivement et par respect, considération de cette personne, être indulgent…

Ce qui me gêne dans la pensée générale de notre époque, en France en particulier, c’est ce “pas d’amalgame” qui s’apparente à de la complaisance, à de l’acceptation de la différence lorsque la différence devient agressivement revendicatrice et ostentatoire, que l’on laisse s’exprimer au nom de la liberté d’expression…

En somme le même “pas d’amalgame” à l’égard des musulmans par exemple, ou des intellectuels, ou des “tout ce que l’on voudra” , dans l’idée qu’il ne faut paraît-il en vertu d’une correct pensence consensuelle “ne pas mettre tout le monde dans le même sac”… Le même “pas d’amalgame” à l’égard des gens de peu de culture et maîtrisant mal le langage et l’écriture pouvant tout aussi bien être “des gens de cœur” (à bien sûr considérer), que des crétins, des abrutis, des “épidermiques” (qui, soit dit en passant, ne le sont vraiment, crétins, abrutis, épidermiques, que “sous influence”, ou “en meutes” – mais beaucoup moins voire plus du tout, pris seul à seul entre quatre yeux, en privé)…

“Pas d’amalgame” d’accord… Mais encore faut-il ne point faire de ce “pas d’amalgame”, du renoncement à dénoncer ce qui doit être dénoncé au nom d’une tolérance qui est devenue de la complaisance ou de l’abdication…

 

 

 

écriture langage

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