Souvenirs, anecdotes, choses vécues

Récits et anecdotes de vie...

  • Souvenir d'un 30 mars

    … C’était le jeudi 30 mars 1967.

    Cette année là, ce devait être, ce jour, durant les vacances scolaires de Pâques, j’étais en 1ère C4 au lycée de Mont de Marsan…

    À l’heure du passage du facteur, à Tartas où je demeurais chez mes grands parents maternels depuis l’âge de 14 ans (fin mai 1962) – mon grand père était mort le 9 janvier 1967 jour anniversaire de mes 19 ans – ma grand mère venant de relever le courrier dans la boîte aux lettres, me tend une enveloppe brune portant l’en tête de l’administration des PTT… Une grande enveloppe rectangulaire qui visiblement, ne devait pas contenir un document volumineux, juste une feuille à l’intérieur…

    “Tiens, Guy, c’est pour toi, ça vient des PTT”, qu’elle me dit, Mamy…

    J’ouvre la lettre, je vois écrit : “Nous avons le plaisir et l’honneur de vous annoncer que vous êtes reçu au concours d’agent d’exploitation des PTT auquel vous vous étiez présenté en candidat externe le 17 novembre 1966, vous êtes reçu avec le numéro 293, vous serez nommé le 27 avril 1967 où vous devrez rejoindre le centre de tri postal du PLM à Paris situé au 7 rue du Charolais, 12 ème arrondissement.”

    Cette nouvelle venait bien à propos, du fait que je redoublais ma 1ère, et que les résultats de compositions trimestrielles, notamment en maths et en physique, n’étaient guère brillants voire catastrophiques ( 1/20 en maths et autant en physique)…

    Le jour du concours, le jeudi 17 novembre 1966, dans une salle d’examen sous le regard de plusieurs surveillants – nous étions les uns et les autres, au moins une quarantaine de jeunes et de moins jeunes, séparés de plus d’un mètre entre les tables – de 8h à 11h, nous “planchions” sur un sujet de composition française “On ne s’égare jamais si loin que lorsque l’on croit connaître la route”…

    Il faut croire que le sujet m’inspira… Je rédigeai alors une page et demie “au propre” après avoir fait un brouillon (l’on nous donnait, pour les épreuves, la feuille double avec une feuille intercalaire, assez grande, blanche, avec l’en tête de l’administration des PTT, et plusieurs feuilles de brouillon… L’on devait se présenter, s’asseoir devant la table, avec juste un stylo, pas même une trousse, et surtout sans aucun document avec soi, autre qu’une carte d’identité…

    Au bout de 2h, je suis sorti, ayant remis ma copie, et j’ai passé la 3 ème heure à attendre l’épreuve suivante de 11h à midi : une dictée et des questions sur le texte.

    L’après midi, une épreuve de géographie et une épreuve de mathématiques…

    Par la suite, dans les jours suivants, après vérifications auprès de personnes qualifiées de ma connaissance, ayant montré mes brouillons, il s’est avéré que j’avais fait 2 fautes à la dictée (un texte d’une trentaine de lignes), que j’avais à peu près répondu correctement aux questions ; et qu’à l’épreuve de mathématiques (deux problèmes dits “de supposition”, assez complexes) j’en avais réussi complètement un, l’autre j’avais séché, ce qui m’assurait de ne pas avoir une note éliminatoire – de 0 à 5/20…

    Quant à l’épreuve de géographie, là, j’étais “imbattable” sur la France, ses économies régionales, ses lignes de chemin de fer, ses préfectures et sous préfectures et autres villes…

    Sur la lettre reçue le 30 mars 1967, ne figuraient pas les notes obtenues (seuls les non reçus avaient connaissance de leurs notes aux épreuves)…

    J’imagine que c’est l’épreuve de composition française (fort coefficient) qui a fait la différence dans mon cas… Ainsi que l’épreuve de géographie…

    J’ai appris par la suite qu’il y avait eu, dans toute la France, ce jeudi 17 novembre 1966, à ce concours des PTT, près de 10 000 candidats pour 1500 places offertes. Et que, pour le seul département des Landes où l’on devait être plus d’une centaine de candidats, j’avais été classé 2ème…

    Je me souviens, le 30 mars il y avait à Tartas, aux “Allées Marines” une fête foraine avec des “auto tampon” et j’avais fêté mon succès au concours en compagnie de mon grand copain de l’époque…

    Cependant je regrettais que mon grand père soit mort le 9 janvier et qu’il n’ait pas connu mon succès à ce concours qui, en quelque sorte “assurait mon avenir”…

    Le “grand copain” de l’époque était Christian Minet, qui habitait à Bégaar près de Tartas, et c’était le seul de mes copains que ma grand mère avait accepté de recevoir à la maison, parce qu’elle le trouvait “très bien, très soigné de sa personne, discret, posé, poli et tout ce qu’on voudra dans les “critères” de ma grand mère… Il avait à l’époque, Christian, une mobylette bleue Motobécane, et moi, un vélo… On avait ensemble de “grandes discussions sur des tas de sujets”… Et durant tout l’été 1967 quand j’étais dans les “Ambulants” (trains Postes) à Paris, je lui écrivais toutes les semaines des lettres de 10 pages dans lesquelles je lui racontais ma vie à Paris, au PLM…

    C’était l’été de “Strangers in the nigth”, de “Night in wite satin”, des chansons de Petula Clark… Il faisait une chaleur à crever et je demeurais -mais seulement 15 jours – au 6ème étage dans une chambre minuscule d’un hôtel rue de Châlons à 200 m du PLM, avec vue sur les toits de Paris… 250 francs par mois (je gagnais, mon premier salaire 759, 56 francs)…

     

     

  • À Victor Duruy, dans un univers de garçons, je "luminais" pas

    … Durant toutes ces années, de 1962 à 1967 au lycée de Mont de Marsan, ce qui m’a le plus manqué, c’est les filles…

    Elles se trouvaient alors au Lycée des filles, à l’autre bout de Mont de Marsan, sur la route du Houga… Il n’y avait jamais d’occasion de rencontres.

    Dans cet “univers de mecs” j’avais bien parfois de “grandes envolées d’amitié”, mais j’étais un “pur” et j’idéalisais…

    Je me souviens, lorsque je prenais le car place Pancaut le samedi vers 16h 30, afin de retourner à Tartas chez mes grands parents jusqu’au dimanche soir, quand le car s’arrêtait à Tartas ville haute il y avait toujours une “brochette de jeunes filles” du collège Jeanne d’ Arc, une “école privée”, les filles attendaient le car qui devait les ramener en week end chez elles vers Pontonx et Dax…

    Habillées d’uniformes et de jupes qui leur donnaient une “allure chic”, dotées de jolis visages, ces jeunes filles me “faisaient rêver” et selon cette expression de moi m’étant venue à l’esprit “je luminais”…

    Il me semblait alors que “longtemps luminant”, durant le temps que cela durait, rien de fâcheux ne pouvait survenir dans ma vie à ce moment là, qu’il était impossible de mourir en luminant”…

    Aussi, à chaque fois, j’avais peine à descendre du car ; si je m’étais écouté je serais resté dans le car afin de me tenir aussi près que possible de ces jeunes filles…

    À Victor Duruy dans un univers de mecs en permanence, je “luminais” jamais…

    J’adorais en classe, avoir des profs femme, surtout en Français – ce qui n’est arrivé que l’année où j’ai redoublé ma 1ère, avec Madame Robert, à l’époque âgée d’environ 30 ans… Elle était toujours en robe, très chic, très classe et de visage agréable… Avec elle, j’ai réussi ce “tour de force” de me “peler” un 18 en composition française, sur un sujet ayant trait à la Culture… Un “véritable réquisitoire” de la “société de consommation”, le tout dans un humour assez leste, et avec quelques “idées” tout à fait personnelles…

    Le seul “problème” que j’ai eu avec cette prof, ce fut au courant du 3 ème trimestre, un devoir que je n’avais pas rendu, qui m’a valu 2 h de colle… En effet, ce 3 ème trimestre je le finissais “pour la forme”, ayant été reçu à un concours des PTT, et j’avais comme on dit “lâché la bonde”…

     

  • Au lycée de Mont de Marsan, de 1962 à 1967

    … Quelques personnages qui ont fait partie de notre vie quotidienne de l’époque, et dont je me souviens bien… Et quelques “anecdotes”…

     

    - L’ours, le proviseur monsieur Guinez, qui en effet “faisait ours dans son genre” mais que personnellement je voyais comme un “ours plutôt sympathique”, attentif qu’il était à mon égard.

    Lorsque je suis revenu d’Algérie, en mai 1962, âgé de 14 ans, ma mère et moi avons été accuellis dans son bureau situé au rez de chaussée en façade à côté de la porte d’entrée du bâtiment principal ; il avait été impressionné par déjà le “tempérament” de ma mère assez cocasse et en même temps très ouvert, très communicatif (ma mère alors était comme je dis dans mes souvenirs “une femme très chic très belle et très enjouée qui avait un très bon contact avec les gens, qui était marrante à sa façon et qui de surcroît était divinement bien habillée, dans une élégance et une simplicité associée hors du commun)…

    Et encore, monsieur Guinez – bon c’est vrai il avait un aspect “un peu ours” – avait-il aussi été interpellé par le jeune garçon de 14 ans qu’il avait en face de lui, et qui regardait bien droit devant lui, avec de grands yeux “un peu rêveurs”…

    Je n’avais pas de dossier, rien, absolument rien comme document, tout ayant brûlé lors du saccage du lycée Duveyrier à Blida, le 11 avril 1962, date à laquelle j’avais quitté l’école, avant le rapatriement vers la “métropole”… Je sortais d’une classe de 5 ème A1…

    Il a alors dit, monsieur Guinez après avoir écouté notre histoire, s’adressant à ma mère : “ quand je suis parti au Brésil où j’ai vécu quelques années, c’était pour échapper aux griffes de ma première femme”… Ont suivi quelques confidences et pour finir il m’ a dit ceci après m’avoir posé quelques questions, histoire de me jauger : “Normalement vous devriez à la rentrée prochaine redoubler la classe de 5 ème, c’est ce qui arrive à tous les jeunes dont les familles sont rapatriées d’Algérie, quand les dossiers scolaires font défaut. Mais je vous fais une proposition : si vous acceptez, habitant Tartas, de finir dans une de nos 5ème ici, l’année scolaire jusque fin juin, en tant que pensionnaire, eh bien à la rentrée prochaine je vous inscris en 4 ème, sous réserve bien sûr que vous fassiez vos preuves durant ces 15 jours qu’il reste du 3 ème trimestre”…

    J’ai accepté sans hésiter… “L’expérience” a été heureuse et concluante, d’autant plus qu’aussitôt j’ai acquis auprès des nouveaux copains et des profs, “une cote de tous les diables” ! (rire)…

    Ce qui me convenait tout à fait d’être ainsi une “vedette” du fait que je racontais un tas d’histoires aussi drôles que moins drôles à ma façon, les profs ont vite vu que j’étais bon en composition française, pas mauvais en maths, super bon en histoire et géographie ; du coup mon passage en 4 ème – sans dossier- n’a posé aucun problème…

    Voilà donc pour l’ “ours”…

     

    -Le Flic, monsieur Mula, le censeur, ainsi surnommé parce qu’il laissait rien passer… Un personnage froid, glacial même, qui ne riait et ne souriait jamais, fana de la consigne (avec lui, les “2h” le jeudi voire les 4h et même des fois 8, et le dimanche aussi pour les pensionnaires, ça pleuvait dur, sans jamais la moindre grâce)… Affublé d’une gabardine vert caca d’oie en toutes saisons qu’il pleuve vente fasse soleil, un visage de cadavre, des lunettes noires on n’a jamais vu son regard…

     

    -Le Pinguoin, l’intendant, qui, en personne, faisait le tour des tables de huit au réfec, pour me porter les restes des plats… On m’appelait Gargantua parce que je me farcissais des 1 plat et demi de petits pois, 88 pruneaux, enfin des quantités énormes de bouffe…

     

    -Le Zou, monsieur Cazenave, le surveillant général, avec sa grosse tête bien ronde, et surtout son ventre énorme, âgé d’environ 55 ans à l’époque en 1963, qui répétait “eh vous là bas, on pisse pas contre les platanes” !

     

    -Le Spountz, le veilleur de nuit au dortoir, ainsi surnommé parce qu’il arpentait le plancher des dortoirs avec ses grosses godaces, des brodequins jusqu’en haut des chevilles et que son pas résonnait fort…

    Un souvenir qui me vient : le dimanche matin quand on était à peine dix dans le dortoir, les “ceu’s “qui revenaient chez eux dans leur famille seulement tous les quinze jours -ainsi que les “collés dimanche” - (dont je faisais partie) on se levait qu’à 8h au lieu de 7 en semaine ; avant l’arrivée du jour quand passait le Spountz, y’avait déjà longtemps que j’étais réveillé, il me venait des “pensées” en écoutant, ému, les respirations de mes camarades endormis, il me semblait alors que ces souffles légers se faisaient paroles, comme si ces “paroles” étaient “de confidence”, me révélant des choses qui n’avaient jamais été confiées à personne mais à moi, si…

     

    -Et maintenant, les profs :

    Tout d’abord y’avait ceux et celles qui n’avaient pas de surnom, sans doute parce qu’ils étaient très charismatiques, ou très sévères et en imposant de toute leur autorité, des sortes de “monstres sacrés”, des “légendes”… Entre autres, Monsieur Chêne, un prof de français, sa femme prof d’espagnol, Monsieur Blanc le prof de français latin grec qui faisait les Seconde M, A, B et A’ ainsi que les 1 ère et Terminale Philo, monsieur Grangé, un prof d’allemand qui “notait sec” (4 grosses fautes à moins 4 points chacune t’avais zéro) et qui te faisait répéter des subordonnées et des phrases de plus en plus longues, que t’en perdais le souffle ; et d’autres “indéfinissables” (qu’on chahutait jamais on savait pas pourquoi) tel monsieur Giordan, un prof d’histoire très négligé de sa personne, un vieux costard élimé, cigarette au bec sans arrêt, la cendre qui tombait par terre, un peu fumiste sur les bords ; en compo, il nous donnait des titres de leçons, résultat on avait une bonne note si on était cap’ de reproduire tout le cours mot à mot… Et monsieur Hébert, un lunatique, pas toujours très drôle mais quand il était drôle quels fous rires! Il faisait les 4 ème et 3ème (je l’ai eu 2 ans), un prof de lettres classiques Français, Latin…

    Et puis ceux avec des surnoms :

    -Baba, monsieur Barusseau, toujours en blouse grise, très gentil, pas sévère du tout, tellement “cool” que personne n’avait l’idée de le chahuter.

    -Doudou, monsieur Doucinet, un prof d’anglais, lui très chahuté ; c’était pas vraiment un marrant dans son genre… Une fois il m’interroge, j’avais prévu le coup, mis des haricots en grain dans ma bouche, je sors la phrase, et les haricots qui se barrent et mitraillent les copains assis devant moi… Je m’écris “M’sieur, avec des faillots dans la bouche, ça fait qu’on parle mieux anglais avec l’accent”… Fou rire de la classe toute entière…

    -Marius, monsieur Fourteau, un autre prof d’anglais, un marrant celui là, très chahuté aussi, un fumiste !

    -Pepone, un prof d’histoire géo, le plus fumiste de tous les fumistes, mais qui néanmoins trônait derrière son bureau, tel un empereur Romain visage taillé à coup de serpe, mais rien à voir avec le centurion Octupus de la bande dessinée Astérix…

    … Enfin, celui là j’en parle en dernier, c’est monsieur Laffite un prof de gym, le roi des fumistes, aexéco avec Pepone, qui nous foutait pendant l’heure de gym un ballon dans les pattes, “allez démerdez vous”, ainsi que durant les 2 h de “plein air”. Avec lui, on faisait juste des exercices pour la compo : grimper de corde, lancer de poids, saut en hauteur (où j’étais nul) mais course à pied 1500 mètres où j’excellais (je faisais 2,49), oh, putain, le Laffitte là, il a jamais topé que j’étais bon à la course de fond… Et j’avais un copain, Lasserre, un déjanté toujours collé le dimanche, qui lui, avait été champion d’Aquitaine au 1500 mètres avec 2,48) mais encouragé par un prof plus sérieux…

     

  • À quoi tient un destin ?

    … Durant l’année scolaire 1963/1964, j’étais en classe de 3 ème M2 au lycée Victor Duruy de Mont de Marsan, pensionnaire…

    Cette année là fut de loin la meilleure de toute ma scolarité, j’étais premier dans toutes les matières, même en mathématiques où d’ordinaire je ne brillais jamais… J’avais obtenu le Prix d’Excellence à la distribution des prix en fin d’année…

    Sur le conseil de mes grands parents maternels ainsi que d’autres personnes de ma famille (du côté de ma mère) il m’avait été proposé de me présenter au concours de l’Ecole Normale, du fait que j’avais brillament passé le BEPC…

    J’avais en effet le “profil” pour espérer être reçu à ce concours et mes grands parents me voyaient très bien, ainsi que d’ailleurs moi-même, devenir instituteur et peut-être même poursuivre au delà des 3 années de l’Ecole Normale, avec “Normale Supérieure” pour être professeur (je m’imaginais professeur de Français – à l’époque on disait déjà “Lettres Modernes”- ou même mieux encore professeur de philosophie, une sorte de Jean Grenier, qui fut à Alger en 1930 le prof de philo d’Albert Camus…

    Cependant, ma mère préférait qu’au lieu de passer le concours de l’Ecole Normale, je continue au Lycée, que je suive la filière classique 2 ème, 1 ère, Terminale puis Fac… Ma mère – mais ce n’était point là, la seule raison – craignait que si au concours de l’Ecole Normale je n’étais pas reçu dans les premiers, je doive accepter d’aller dans un établissement situé loin des Landes où j’habitais à Tartas… C’est ce qui était arrivé, d’ailleurs, à un copain nommé Bouillerce, le fils du Chef de gare d’Arengosse dans les Landes, qui lui, reçu, avait été envoyé à Epinal dans les Vosges.

    J’avais appris quelque temps plus tard, que mon copain, un jour, était mort noyé en se baignant dans un lac, dans les Vosges alors qu’il atteignait sa 18 ème année…

    En définitive j’ai renoncé à me présenter au concours de l’Ecole Normale, j’ai écouté ma mère qui selon ses dires, trouvait que le lycée et la fac c’était mieux, plus prometteur pour moi, que cela pouvait me donner accès à une formation universitaire (études littéraires)… À cette époque je rêvais en effet d’être prof – de Français ou même de philo – dans une classe terminale de lycée (j’avais, je m’en étais aperçu, adolescent au lycée de Mont de Marsan, un très bon contact (discussions et relations) avec les autres (de mon âge, plus âgés ou plus jeunes que moi)… Au réfectoire, à midi, j’étais souvent invité par des grands de Terminale ) à leur table où manquait l’un de leurs camarades ; ils me passaient des “tuyaux” pour les maths, et je leur livrais mes brouillons de composition française, l’on avait ensemble des discussions passionnées…

     

    À la rentrée scolaire 1964/1965, j’entrais donc en classe de Seconde M1…

    Le premier trimestre s’était déroulé normalement pour moi, assez bons résultats dans l’ensemble, mais j’avais – hélas- comme on dit “ des profs crème” dans les matières principales , en Français un type jeune assez imbu de lui-même, très féru de classique et d’analyse de texte, peu porté sur les “grands sujets de réflexion, de société, etc., qui se laissait chahuter et dont on subissait les devoirs à faire, peu intéressants, demandant des recherches pointues dont nous ne voyions guère trop l’intérêt…

    Et en maths, j’avais “Baba” un type tellement gentil que personne ne pensait à se moquer de lui, à le chahuter… Et qui n’était pas sévère du tout avec les notes qu’il nous donnait (pour avoir en dessous de la moyenne il fallait vraiment être mauvais en maths)…

    “Manque de pot” pour moi, cette année là, à deux reprises pour maladie grave, une première fois tout le mois de décembre, et une autre fois tout le mois de juin avec une péritonite, j’ai été absent une partie de l’année, de telle sorte qu’en dépit de mes absences à certaines compositions trimestrielles qui comptaient pour le passage en classe supérieure, j’ai été tout de même admis en Première…

     

    À la rentrée scolaire 1965/1966, j’entre donc en Première M1… Et c’est là que mes lacunes (dues à mes absences trop longues) m’ont finalement “joué un sale tour”…

    1/20 en maths, 1/20 en physique chimie (avec cette fois “des profs caillou”)… Mon 15 en Français ne suffisait pas, à chacun des 3 trimestres, à me donner la moyenne d’au moins 8/20 d’admissibilité en Terminale…

     

    À la rentrée scolaire 1966/1967, je redouble en Première C4 (c’est l’année du premier “grand changement” dans les réformes scolaires)…

    Au départ, ayant eu connaissance de mon inscription en 1 ère C4, je me rends chez le Proviseur monsieur Guinez (qui me connaissait bien et me “comprenait”) et je lui demande l’autorisation de me laisser redoubler ma Première en A, en littéraire… Il était d’accord…

    J’entre alors, pour le premier cours, celui de monsieur Blanc, prof de Français, dans cette 1ère A… (Un prof “caillou” il faut dire – mais ça me faisait pas peur)…

    Au bout de 10 minutes, voilà le censeur, monsieur Mula, qui se pointe dans la classe, et qui dit : “qu’est-ce qu’il fout là, Sembic, dans cette classe ; il était en M depuis la 3 ème, il doit revenir en C !”

    Ce monsieur Mula, le censeur, à vrai dire, il avait un “ascendant” sur le proviseur monsieur Guinez, et c’était, le censeur, un type vache, fana de la colle (il graciait jamais), c’était un lugubre, il riait ni ne souriait jamais, très glacial de contact, je le revois dans sa gabardine vert caca toute droite, ses lunettes noires, son visage cadavérique – on l’aurait dit atteint d’une perpétuelle maladie de foie …

    Du coup je quitte à mon grand regret la classe de monsieur Blanc et me voici en maths avec un jeune prof en tablier blanc croisé ceinturé, très imbu de sa personne, réputé pour “noter sec”, en 1ère C4…

    Toujours 15 en Français à chaque trimestre, mais encore 1/20 en maths et 1/20 en physique…

    Je réalise que je vais la “louper” cette deuxième Première, avec ces deux profs là, que j’avais en C4, en maths et en physique… Du coup, je me décide à passer des concours administratifs dont celui des PTT agent d’exploitation, le jeudi 17 novembre 1966 (sujet de la composition française “ On ne s’égare jamais si loin que lorsque l’on croit connaître la route” )…

    Il faut croire que le sujet m’inspira, puisque, le 30 mars 1967, j’appris que j’étais reçu à ce concours des PTT, 293ème sur 1500 admis (plus de 10 000 candidats dans toute la France) et 2 ème sur le département des Landes…

    Faisant partie des 300 premiers, ma nomination était décidée pour le 27 avril, mais j’ai demandé un sursis afin de pouvoir terminer mon année scolaire, un sursis qui me fut accordé et finalement je partis pour Paris Centre de Tri Postal PLM, où je devais me présenter le lundi 17 juillet 1967…

     

    Sur le bulletin trimestriel fin d’année de 1 ère C4, c’était marqué “ Est prié de changer d’orientation” (le “coup de pied au cul” consensuel ) rire…

     

    … J’ai bien essayé, jusqu’à mai 1968, de suivre des cours par correspondance avec “L’Ecole Universelle”, et même rédigé les devoirs durant un certain temps… Mais j’ai fini par “déclarer forfait”… Y’avait les copains, les sorties, les premiers crapuhuts en vélo, d’abord en région Ile de France puis ensuite à plusieurs reprises des “tours de France” de 3000 kilomètres par étapes qui m’ont fait vagabonder et traverser la plupart des départements de France… Mais à vrai dire je fus un clochard en vélo, “créchant”soit à la belle étoile, soit dans des auberges de jeunesse et parfois chez des gens, dans des granges, bien accueilli que j’étais assez souvent… Il faut dire que travaillant de nuit au PLM, ça me permettait avec les “combines” (remplacements de collègues dans l’autre brigade, plus les repos compensateurs) de profiter de longs congés, évidemment payés en retour par des périodes de travail de 10, 15 vacations de 10 h de nuit de suite)…

    … J’étais déjà bien loin, après mai 68, de mes rêves d’être prof de français ou de philo, ou journaliste littéraire… C’est aussi, ce temps là, après mai 68, de mes premiers carnets, de mes premières écritures…

     

     

  • En 6 ème au lycée Duveyrier à Blida en Algérie, en 1960

    … J’avais un copain, enclin tout comme moi à “des coups pendables” et dont je ne me méfiais pas, n’ayant pas réalisé à quel point il pouvait être retors, faux jeton et vicieux… Qui s’appelait Oudjaoudi, “demi pancu” comme je l’étais… J’habitais avec mes parents au 9 ème et dernier étage d’un HLM à Montpensier, un quartier périphérique de Blida au delà duquel partait la route d’Alger. J’effectuais matin et après midi, 2 fois dans la journée, à pied, le trajet de 3 km pour me rendre au lycée et en revenir… Mais parfois, le matin, mon père me conduisait au lycée dans la 403 peugeot verte immatriculée 437 JK 9A qu’il avait fait revenir de Tunisie en 1959… Mon père, lui, se rendait à son travail, au central téléphonique de Blida…

    Oudjaoudi habitait avec ses parents dans la cité militaire située avant Montpensier, en bordure d’un vaste terrain vague jonché de gravats et de matériaux de construction abandonnés, une jungle de toutes sortes de plantes et d’herbes méditerranéennes et de buissons épineux… Il était, Oudjaoudi le fils d’un harki…

    Un matin entre deux cours, on était en “perm” (permanence) sous l’œil inquisiteur du pion au visage buriné et en lame de couteau, un type particulièrement antipathique, un fana de la colle…

    Oudjaoudi et moi on était assis côte à côte au dernier banc de la salle et voilà-t-il pas que l’Oudjaoudi, il me dit tout à trac, comme ça : “ je vais te mettre une olive” … En toute innocence que j’étais, je croyais à une vraie olive, bien verte ou noire… L’Oudjaoudi il commence à me mettre la main derrière la ceinture de ma culotte ( on n’avait pas encore à 12 ans, les jeunes garçons, de pantalons longs), et je sens son doigt sans doute l’index, me descendre entre les fesses…

    Bon sang, j’ai pas attendu qu’il me foute le doigt dans le trou du cul ! Aussitôt sec, je prends un compas posé à côté de ma trousse, et j’assène un coup brusque de la pointe du compas, visant sa main, manque de pot la pointe du compas se fiche dans le bois de la table entre deux doigts de l’Oudjaoudi ! Ça fait un bruit sec et sourd, le pion crie “ Sembic ça suffit ce bordel! Vous me ferez deux heures” !

    Les deux heures de colle, faites le jeudi suivant de 8h à 10h, je les ai pas digérées ! Je décidai de me venger…

    Trois semaines plus tard j’avise l’Oudjaoudi à la sortie du lycée à 4h de l’après midi, je lui dis “on va revenir ensemble puisqu’on habite pas loin l’un de l’autre, j’ai quelque chose à te montrer, dans le terrain vague, qui va autant t’intéresser que moi, tu vas voir”…

    On arrive dans le terrain vague, je lui montre deux briques posées l’une sur l’autre dans un tas de gravats, je lui dis “ creuse sous les deux briques, dessous y’a une caisse contenant des boulons, c’est au poil pour nos tahouels ( lance pierres ), avec ça on est les caids à la récré au lycée, moi je fais le guet parce que c’est interdit d’aller dans le terrain et si quelqu’un nous voit, on s’applatit entre les buissons”…

    Il commence à creuser avec ses mains… Je fais ni une ni deux, je lui tombe dessus et lui fous une raclée carabinée, le laissant étendu roué de coups de pied, et je lui dis “ça c’est pour l’olive et pour les deux heures de colle que le pion il m’a foutues à cause de toi”!

    Par la suite, pour le restant de l’année, l’Oudjaoudi il “faisait profil bas” ainsi d’ailleurs que quelques autres qui m’avaient emmerdé et que j’ai rossés tout aussi carabiné, à ma façon…

    Dont, dans l’HLM où j’habitais avec mes parents, un certain Rallous du septième étage, que je pouvais pas blairer et qui me dénonçait quand avec des autres copains de la cité, on canardait au tahouel des fatmas revenant de l’épicerie avec leur cabas à la main… -ça nous changeait de la chasse aux gros rats qui infestaient l’oued séparant la “cité européenne” de la “cité musulmane”…

     

  • Le "petit lycée" à Cahors, entre 1954 et 1957

    … À cette époque à Cahors, il y avait au Lycée Gambetta située rue Wilson (l’entrée principale) deux parties distinctes : le Grand Lycée, de la 6 ème jusqu’à la classe terminale du second baccalauréat, et le Petit Lycée, de la 12 ème jusqu’à la 7 ème (l’école élémentaire et primaire)…

    Mes parents, l’année de mes 6 ans ( 6 ans le 9 janvier 1954) avaient décidé de me mettre au Petit Lycée parce que là, selon les “critères” de l’époque, enseignaient les meilleurs instituteurs; le “Petit Lycée” étant aussi l’école des “gosses de riches” (fils de commerçants, d’artisans, de fonctionnaires et de notables )…

    En fait, ces “gosses de riches” étaient plus vaches, plus vicieux, plus pervers, plus durs et fortes têtes et chenapans, en général, que les “gosses de pauvres” qui eux, se rendaient à l’autre école communale, celle proche de la place Thiers…

    Je n’y ai eu aucun “vrai ou bon” copain, du jour où je suis entré en 11 ème, le mardi 21 septembre 1954, jusqu’à mon départ fin juin 1957 classe de 9 ème…

    Une autre raison pour mes parents de me mettre au Petit Lycée, c’est qu’il y avait là, contrairement à l’autre école, un réfectoire pour les demi pensionnaires, ce qui arrangeait fort mon père inspecteur à l’automatique rural (branche téléphone et installation, aux PTT) qui souvent, ne revenait pas à midi, ainsi que ma mère, à cette époque, secrétaire à la Chambre d’Agriculture…

    Dans ce réfectoire, “on y bouffait très mal” cependant ! D’infects ratas avec des sauces innommables, de la purée dont les restes refroidis dans l’assiette verdissaient et durcissaient comme du ciment, d’horribles faillots nageant dans une espèce d’eau de vaisselle gélatineuse, ou des lentilles pleines de petits cailloux, des viandes bouillies et filandreuses avec des nerfs et du gras très dur… Nous étions 10 par longue table rectangulaire, j’étais le seul “petit” au milieu de grands galopins de 4 ème ou 3 ème ou même de grands de seconde première terminale, tous en blouse grise, des visages très durs et parlant haut et fort avec plein de “gros mots”…

    … En 11 ème et 10 ème, je n’ai pas “particulièrement brillé” question notes (de 0 à 10), j’étais très dissipé, désobéissant, bagarreur, et je n’ai pas eu, dans ces 2 années scolaires là, des maîtresses “intéressantes” – qui auraient pu me motiver et surtout “m’exister”…Elles trouvaient ridicules mes pitreries…

    Mais en 9 ème j’ai eu Monsieur Cammas, un homme rude, sévère, mais juste, qui lui, sans pour autant “m’avoir à la bonne” du fait que j’étais encore plus dissipé, plus “tête en l’air”, plus réfractaire aux règlements et encore plus bagarreur “pour un oui pour un non” notamment avec tous ceux qui m’”emmerdaient” tant soit peu… Lisait en classe mes rédacs (qui servaient de corrigé), accrochait mes dessins d’imagination sur le mur de la classe dédié aux “productions”…

    J’avais régulièrement, souvent quatre quinzaines de suite, zéro en conduite, zéro en calcul mental, zéro en leçons à réciter par cœur, mais 9 en rédac, 9 en “sciences’nat” et 9 en histoire géo… Et en gym j’étais mauvais en exercices bras et jambes à tendre à plier, sans cesse dans la lune et très déconcentré, mais hyper bon en course à pied… D’ailleurs au spiromètre, je faisais dépasser de 10 cm de plus que tout le monde, la colonne rouge indiquant le niveau de capacité thoracique…

    Le carnet de notes devait être tous les 15 jours, rapporté au Maître, signé des Parents et surtout du Père… Avec mes trois zéros 4 fois de suite, j’avais imité la signature de Papa et caché le carnet dans une corbeille emplie de jeux de construction et de cahiers à dessin, dans ma chambre, mais une fois en faisant le ménage Maman a trouvé le carnet… Elle a dit “ On va pas le montrer à Papa, sinon t’auras droit à la séance de coups de grande règle plate sur les cuisses!”… Il était “dur”, Papa… La première année, il m’emmenait à l’école à califourchon sur le cadre de son vélo et, on avait pas fait dix mètres qu’il m’interrogeait : “alors, 2 plus 2 ça fait combien ?” … Je le savais mais rien que de l’entendre, papa, me questionner, j’étais complètement bloqué, incapable d’articuler la moindre réponse… “Quel crétin tu fais” ! Qu’il me disait…

    Mon grand bonheur cette année là et l’année d’avant, ce fut de pouvoir aller le jeudi tout entier à “l’Ermitage”, une sorte de colonie de vacances du jeudi, où il y avait des petites filles avec lesquelles j’étais très copain, leur racontant des histoires drôles, faisant le pitre… Je n’aimais pas les jeux de ballon et de guerre, je n’aimais pas ces garçons de mon âge, tous fiers, arrogants, méprisants en compagnie forcée que j’étais avec eux à l’école, où je m’ennuyais à mourir… Dans les jeux de ballon ils faisaient 2 équipes, les deux caids de chaque bande “faisaient les pas” pour savoir qui prendrait qui en premier et ainsi de suite… Sembic on le prenait jamais parce qu’il était toujours dans la lune, qu’il ratait le ballon ou bien s’en emparait et le donnait à personne, le serrant entre ses pieds et distribuant des coups de poing à tout va…

     

  • Au 2 rue Emile Zola à Cahors en 1952

    … Sur l’index de ma main droite, à la deuxième phalange, apparaît encore une petite cicatrice en forme de triangle sans base, une cicatrice cependant qui, avec l’âge (j’ai 73 ans) a presque disparue dans le modelé quelque peu vieilli, altéré, de la peau…

    Elle est le résultat, cette petite cicatrice, d’un coup de ciseau à bouts arrondis qui m’a été donné lorsque j’avais 4 ans par un garçonnet de mon âge, un chenapan parmi d’autres, à l’école maternelle de Cahors, en 1952… À la suite d’une dispute entre ce garçonnet et moi…

    Il faut dire qu’à cette époque là, en 1952 en classe de maternelle à Cahors, les mômes “n’étaient pas des enfants de chœur” ! Tous des chenapans prêts à tous les mauvais coups… Et les “gros yeux” ou les coups de règle sur les doigts de la maîtresse d’école, n’avaient bien souvent aucun pouvoir!

    Du coup, n’étant pas moi-même un “enfant de chœur’, suite à cette agression, je décidai de rendre “œil pour œil dent pour dent”…

    J’habitais avec mes parents en 1952, au 2 rue Emile Zola à Cahors, la dernière maison au bout de la rue, proche des “remparts” (une vieille enceinte de mur de pierre derrière laquelle se trouvait le cimetière)… “Un lieu de perdition” au dire des gens du quartier, où sévissaient des bandes de galopins chapardeurs et bagarreurs et où il ne faisait pas bon s’aventurer à certains moments de la journée notamment en soirée ainsi que le jeudi…

    Notre maison au 2 rue Emile Zola jouxtait un bâtiment de garages pour voitures, et un peu plus loin en direction de la ville, habitaient dans une belle et grande maison de pierre à la façade plantureuse, Monsieur et Madame Pouzergues exerçant le métier de maraîchers, avec leurs deux enfants jumeaux, de même âge que moi…

    Ces deux là, les frères Pouzergues, des brutes, cheveux coupés très court en brosse, visages de durs, n’arrêtaient pas de m’asticoter, me voyant revenir de l’école, de me “faire des niches”, de m’appeler “biquette” et un jour ils sont venus dans le jardin derrière notre maison, piétiner, casser des petites autos avec lesquelles je jouais en compagnie de Jean Claude mon meilleur copain…

    “Hou-hou la biquette” ! Criaient-ils en me voyant passer dans la rue… J’entends encore le son de leurs voix mêlées…

    Fou de rage, un jour où ils m’attendaient en embuscade, je ramassai un très gros caillou et les poursuivis prêt à jeter de toutes mes forces ce caillou à leur tête…

    Je ne connaissais pas ma force… Ma mère ayant entendu du bruit et des cris dehors, se précipite vers moi et juste à temps retint mon bras… Il s’en était fallu de peu que je fracasse le crâne de l’un des jumeaux Pouzergues…

    Du coup, après cet incident, les frères Pouzergues m’ont foutu la paix, on ne se voyait plus que de loin sans jamais se regarder…

    Cependant, l’”histoire” n’eut aucune incidence sur la venue, tous les 2 mois, du camion citerne de Monsieur Pouzergues (la “pompe à merde”), pour vider la fosse des cabinets (cabinets de l’époque, situés en dehors de la maison, à côté de l’entrée de la cave)…

     

  • Chez Véloland à Épinal le 22 juillet 2020

    ... Venant de découvrir Véloland à Épinal ce mercredi 22 juillet 2020, je suis littéralement ébahi par la modernité "high tech" de ce magazin de vélo où l'on voit toutes sortes de cycles de derniers modèles et pour la plupart "haut de gamme", des vélos (course, randonnée, VTT) valant entre 1000 et 3000 euro) ainsi que de vélos électriques tout aussi "haut de gamme"... Sans compter les pièces détachées, les articles pour cycles, tous ces matériels et outils nouveaux, performants, de grande qualité, innovants...

    Rien à voir avec les magasins de vélo de la fin du 20 ème siècle tel qu' il y en avait par exemple à Bruyères dans les Vosges ( cycles Oriel)... D'ailleurs dans les petites villes on ne trouve plus aujourd'hui de marchands et réparateurs de vélos...

    En arrivant à Véloland Épinal ce matin vers 10h ce 22 juillet, avec mon vieux vélo datant de 1998 acheté chez Cycles Oriel à Bruyères, j'ai eu l'impression ( c'est ce que j'ai ressenti ) que je "dénotais" complètement dans ce décor "ultra high tech", d'autant plus que les clients qui arrivaient à ce moment là en même temps que moi, eux, avaient tous de très beaux vélos dernier cri nouveaux équipements.

    Je venais pour une réparation que j'avais essayé d'effectuer moi même : refaire marcher et régler une manette de changement de vitesse de poignée droite au guidon. J'avais changé le câble du dérailleur (pignons), effectué réglages H et L avec les petites vis sur le dérailleur, mais en dépit de tous mes efforts, la manette ne répondait pas...

    J'ai même tenté ceci : graisser l'intérieur de la poignée avec WD-40 et ensuite chauffer à l'aide d'un sèche cheveux, rien à faire, la manette se mouvait à vide, inerte...

    De marque Shimano, cette manette changement vitesse droite (pignons) datant de 1998, peut-être ne peut plus être remplacée (mon "vieux vélo" datant d'une "autre génération" )...

    Ne séjournant dans les Vosges qu'une partie de l'année, je souhaitais ré-utiliser ce "vieux vélo" que j'ai conservé et m'a jadis donné grande satisfaction pour ce que j'en attendais... Mais cela faisait plusieurs saisons qu'il se trouvait au grenier, inutilisé...

    Contrairement à ce que m’avait annoncé un réparateur en atelier chez Décathlon à Saint Dié, où j’étais venu la semaine précédente avec mon vélo, la manette de changement de vitesse à poignée guidon de marque Shimano RXS n’était pas hors d’usage ; il y avait juste l’extrémité du câble de dérailleur qui se trouvait coincée et empêchait une installation correcte du nouveau câble que j’avais inséré…

    Et pour seulement 3,50 euro prix d’un autre câbe plus 12 euro de travail en atelier (environ une demi heure) chez Véloland Épinal, voilà mon dérailleur qui cette fois enfin, répond à la demande…

    Du coup je trouve que Véloland “palais du Vélo” (60 magasins en France) c’est “le top” (donc même si t’as un vieux vélo qui date d’une ancienne génération de vélos, si t’es pas un pro du vélo ; pour une réparation en atelier l’on t’y traite à égalité en conseil, accueil, intervention, avec des clients qui viennent avec de beaux vélos high tech dernier cri !

    C’est vrai que “par les temps qui courent” (2020 pandémie de coronavirus) les ventes de vélos ont bondi ces dernières semaines notamment dans les grandes zones urbaines où le transport public bus métro tram est devenu plus difficile en raison du port du masque et des mesures de protection renforcées, distanciation et sans arrêt faire attention…

    Je me disais que si j’avais 30 ou 40 ans et si je bossais, étant payé environ 2000 euro par mois et si je disposais de quelques milliers d’euro d’économies sur un livret A… Entre m’offrir une croisière en Méditerranée à 3000 euro en famille et m’acheter un vélo (de randonnée, ou VTT ou vélo électrique) à 3000 euro, mon choix serait vite fait sans hésiter, ce serait le vélo…

    Soit dit en passant, l’épargne des français sur livret A a bondi énormément ces derniers mois, du fait que l’on ne va plus en croisière, ni en voyage organisé en Thailande Bahamas Seychelles ou Baléares, donc l’argent ainsi économisé peut servir pour l’achat d’un beau vélo high tech chez Véloland ou autre “palais du vélo”!

    Un seul “petit” bémol ( mais tout de même “un peu gros”) : 90% de ces nouveaux beaux vélos high tech d’une valeur en général comprise pour beaucoup d’entre eux, entre 1000 et 3000 euros ; ainsi que les matériels, équipements, fournitures associés, en vente dans les grands magasins de cycles… Sont fabriqués en Chine…


     


     

  • Souvenir d'un passage à Arnay le Duc en novembre 1986

    Hotel de toutou

    Sur cette carte postale ancienne qui doit dater des environs de 1920/1930, l’on voit ce qui était ou était devenu à l’époque l’Hôtel de Paris…

    En 1986 cet établissement Hôtel de Paris existait encore en pleine activité, avec chambres en étage, bar et salle de restaurant…

    Aujourd’hui en 2020 et cela depuis déjà de nombreuses années, l’immeuble ne semble plus habité, n’a pas fait l’objet de réfection de façade ni d’arrangement, et l’on aperçoit encore au dessus de la porte d’entrée l’inscription quasiment effacée par le temps passé « Hôtel de Paris »…

    Cet Hôtel était dans sa grande et longue époque d’activité, situé tout juste après l’angle formé par la route D 981 et la route D 906 (ancienne Nationale 6) dans un renfoncement, à gauche en venant de Pouilly en Auxois…

    En 1986 j’avais un chien de race Bouvier des Flandres, que j’appelai Youcki, tout noir de poil un peu frisé et court, et dont je n’avais pas voulu selon la « mode » faire tailler les oreilles, un chien de belle taille de 35/40 kg, assez remuant, âgé d’un an (il était né le 10 octobre 1985)…

    Lors d’un congé à l’occasion de vacances de Toussaint, j’avais décidé de l’amener en voiture pour me rendre chez ma grand-mère dans les Landes (je travaillais alors à la Poste de Bruyères dans les Vosges).

    J’étais parti un soir vers 18h des Vosges et ayant l’intention de m’arrêter en route pour dormir dans un hôtel, j’arrivai à Arnay le Duc vers 22h…

    Auparavant j’avais consulté un guide des Hôtels pour savoir quels étaient les établissements d’hébergement acceptant les chiens…

    L’Hôtel de Paris à Arnay le Duc était l’un de ces hôtels.

    Il me prenait ce chien, la totalité du coffre arrière de la Wolkswagen Golf qui était alors ma voiture à l’époque.

    Arrivé à l’Hôtel de Paris à Arnay le Duc, il fallait monter un escalier pour accéder à la chambre que j’avais retenue, mais le Youcki, habitué qu’il était chez moi à ne pas emprunter l’escalier menant à l’étage, ne voulait bien évidemment pas avancer du moindre pas et il m’a fallu à grand peine le pousser, le tirer, marche après marche jusqu’à la chambre…

     

    Assez souvent et depuis de nombreuses années, je suis de passage à Arnay le Duc dans cette traversée de la France entre les Landes et les Vosges dans les deux sens, au moins deux fois dans l’année… Et à chaque passage je dis « tiens, v’là l’hôtel de Toutou ! » …

    L’ « Hôtel de Toutou » maintenant n’existe plus -mais le bâtiment lui est toujours là avec au dessus de la porte la trace «Hôtel de Paris »…

    Et l’toutou lui, (Youcki) il est mort le jeudi 9 avril 1997…

     

     

  • Le deuxième jour

    Pour le premier jour du dé-CON-finement, j'ai préféré ne sortir -en fonction du temps qu'il faisait enfin sans pluie- que le long des « Allées marines » à Tartas, au bord de la Midouze -en crue... Vers 16h, et … sans cet « aussweiss de merde » qu'il fallait produire en cas de contrôle de gendarmerie nationale...

    Et c'est hier , mardi 12 mai, que j'ai découvert, à Saint Paul les Dax, ce qu'il en est de ce « monde d'après » à l'intérieur et autour de la grande surface commerciale du Grand Mail, et au « Bio coop » alimentation bio...

    Auparavant entre 10h et midi, j'ai fait une promenade de plus d'une heure, à pied, le long du Lac de Christus, complètement désert à cette heure, hormis quelques joggueurs et un couple avec un chien... La température était celle d'un mois de février Vosgien pour ainsi dire, un ciel gris plombé... Oies et canards déambulaient au bord du lac, un couple de pies, un pinson, quelques moineaux, une merlette de ci de là... Le « monde d'avant » en somme, comme un matin de très bonne heure en une période de l'année sans curistes (de fin novembre à fin janvier)...

    Mais arrivé au Grand Mail ce n'était plus le « monde d'avant »... Déjà-était-ce lié au fait que le premier jour était passé et qu'en ce deuxième jour les gens étaient « moins curieux », l'on se serait cru dans une sorte de 1945 architecture 2020 avec bien les boutiques, les enseignes, l'environnement 21 ème siècle... Mais sans la consommation de masse, sans la clientèle du 21 ème siècle... Autant dire que « respecter une distanciation d'1,80 mètre » n'était pas du tout un problème ce mardi 12 mai vers 11h...

    Cependant, des masques partout, sur tous les visages, à perte de vue... De toutes les façons, des bariolés, des tout noirs, des blancs et jetables. D'une certaine façon dis-je -comme pour ne pas me « plomber davantage le moral »- il faisait froid et gris, donc pas le moindre rayon de soleil... Et en conséquence, pas de lunettes de soleil grosses comme des soucoupes volantes, pas de casquettes ni de bonnets ni de chapeaux en plus du masque sur la tête des gens...

    Je voulais me rendre au Multimédia fournitures imprimantes ordinateurs smartphones et autres appareils afin de me procurer cette fameuse cartouche HP 304 noire introuvable à Tartas, et le magasin se trouvant tout au bout de l'immense galerie, pas une seule fois je me suis regardé même furtivement, dans une glace, une vitrine, pour voir la tête que j'avais avec le masque... Déjà que je ne me regarde jamais dans une glace sauf pour me « faire le collier de barbe » alors avec un masque inutile de vous dire que « c'est pas le pied » de me mirer la tronche !

    Comme j'ai dit en sortant à la gentille demoiselle masquée en tablier rouge, préposée à l'accueil à côté de la tablette supportant le gros flacon de gel alcoolique : « ça me fait comme si je débarquais sur une autre planète, dans un monde comme celui qu'on voyait dans les films de science fiction post apocalyptiques des années 1950, un monde où l'air était devenu corrosif à respirer »...

    Une fois dehors, mon premier geste fut celui d'ôter le masque, et je me suis dit, alors que je voulais encore me rendre par curiosité du côté de Décathlon « ça suffit comme ça, j'en ai assez vu pour aujourd'hui ! »...

     

     

  • Printemps 2020, une prison (manque de liberté) à ciel ouvert

    Mon quotidien de vie, comme beaucoup de mes concitoyens en ce printemps 2020, est « une prison à ciel ouvert »...

    Je ne devrais cependant pas dire tout à fait cela, du fait que j'ai la chance de vivre, d'habiter en un lieu (une zone rurale urbanisée) où la nature, la campagne avec champs, forêt, sont proches de ma maison, et avec de surcroît un jardin de 1500 mètres carrés...

    Comment se passent mes journées ? Voici :

    Je me lève très tôt le matin, vers 5h 30, 6h au maximum... Ne pouvant rester au lit plus longtemps, des fois je suis réveillé vers 4h, 4h et demi...

    Il fait encore nuit... Soit dit en passant, avant le changement d'heure du 29 mars, à 6h et demi le jour se levait, ça me convenait mieux !

    J'allume mon ordinateur vers 5h 45 après avoir pris mon petit déjeuner. L'ordinateur, tout ce que j'y fais dessus (à 90% travail d'écriture il faut dire), tout ce que j'y regarde (infos, actualités, numériser mes dessins) c'est très bien pour moi durant les 2 premières heures de la journée (jusqu'à on va dire vers 9h) car c'est là, en ces heures matinales, que je me sens le plus inspiré, le plus productif... Après, une fois passé 8h et demi ou 9h, ce n'est plus pareil, je fatigue, j'ai moins de concentration, je suis moins inspiré, moins disponible pour continuer à voir tout ce qu'il y a à voir... Et plus la journée avance, plus longtemps mon ordinateur demeure en veille, durant 1h, 2h, 3h...

    Lorsque le soir arrive, vers 18h ou 19h, à ce moment là assez souvent je ferme complètement mon ordinateur, parce que je regarde la Télé (C dans l'air, C à vous, C news, LCI, BFMTV, le JT de 20h)... Tout cela pour cause de coronavirus, débats, infos, etc. … Et après 21h, soit un film (si le film m'intéresse ou un documentaire scientifique ou historique) soit j'éteins la télé et je lis un livre, ou je fais des dessins...

    Je vais au lit vers 23h, des fois un plus plus tard. Donc, plus du tout d'ordinateur la plupart du temps, après 18h...

     

    Vers 5h 45 lorsque j'allume mon ordinateur, j'ouvre en premier ma boîte mail, je vire ou escamote les pubs, les offres, les messages sans intérêt pour moi... Je lis les courriels de la famille, des amis, j'y réponds parfois de suite, d'autres fois plus tard, le lendemain ou trois jours après...

    Le problème pour moi, c'est qu'en ce qui concerne des courriels et leur contenu qui m'intéresseraient, par exemple tout ce que m'envoie mon organisation syndicale d'une part, ainsi que l'association dont je fais partie (y'en a il faut dire « des tonnes » depuis le début du coronavirus), avec les petites vidéos, les documents joints, tout le laïus en somme, y'en a des 30/40 lignes à lire... Le problème c'est que pour prendre connaissance dans le détail de tout ça, j'en aurais jusqu'à midi, et je ne peux pas, du fait du temps que je passe pour mon travail d'écriture et de diffusion (Ma page Facebook, mon blog, mon site, mon forum, un ou deux autres forums)...

    Quand arrive 8h et demi/9h, je mets l'ordinateur en veille, et jusqu'à vers 18h je n'y reviens que de temps à autre, une demi heure par ci par là, presque plus du tout l'après midi surtout s'il fait beau...

    Entre 9h et midi : toilette, des « bintzeries » quotidiennes (actions sans intérêt banales et répétitives) aller chercher à pied à Carrefour Market quelques denrées alimentaires, le pain à la boulangerie...

    Sur le coup de midi, des fois vers 11h 30/11h 45, repas (des choses rapides à faire, des plats genre riz et thon, pâtes jambon, lentilles ventrèche, cuisse de poulet pommes de terre au four), pendant que je « travaille de la mandibule » (rire) j'écoute à la radio André Berkoff sur Sud Radio ; à midi et demi le repas est expédié, je fais une sieste d'une heure environ (et oui quand on se lève très tôt et qu'on se couche tard, y'a forcément un moment après le repas de midi, où on « plonge » un peu)...

    Après la sieste je reviens un moment (mais pas trop longtemps) sur l'ordi : mes mails, Facebook, des infos ; je termine ou commence un dessin, je lis 2 ou 3 chapitres d'un livre (numérique ou papier), et arrive 15h, 16h, je pars me promener dans la nature, une marche (en fait un circuit en forme de boucle parcouru plusieurs fois) en veillant de ne pas m'éloigner à plus d'un kilomètre de ma maison... Ou je prends mon vélo (un VTT) et je fais pendant une heure à 20km h de moyenne, un circuit dans le lotissement en face (comme un genre de parcours de critérium) … rire...

    Dans ces promenades autour de ma maison, à pied ou en vélo, je vois jamais le nez du moindre flic (juste une fois quand je me trouvais dans le jardin, j'ai vu passer une bagnole de gendarmerie sur la route)...

    Les fois où je ne me promène pas, ni à pied ni en vélo, je travaille dans le jardin (entretien, couper des ronces, des branches, enlever de l'herbe, tondre... Avec des gants de jardinage et revêtu d'une « tenue de merde » (rire)... Comme la déchetterie est fermée, j'entasse ma « merde verte » dans des recoins du fond du jardin, bien tassé...

    Ces derniers jours j'ai débarrassé rangé nettoyé tout l'intérieur du cabanon et de l'appentis jouxtant le cabanon... Une ré organisation complète et viré des tas de vieilleries qui dataient du temps de ma grand mère...

     

     

  • Souvenir d'un réveillon de la Saint Sylvestre à Paris

    C'était le soir et la nuit du 31 décembre au 1 er janvier, passant de l'année 1999 à l'année 2000, sur les Champs Elysées à Paris.

    J'avais pris, cette fin d'année là, quelques jours de vacances, une semaine, entre le 26 décembre et le 2 janvier où je m'étais rendu tout d'abord dans les Vosges et ensuite à Paris, avant de regagner les Landes où, à cette époque, depuis février 1999, je travaillais à la poste de Lesperon en tant que chef d'établissement (receveur).

    J'avais précisé, dans une autre évocation de souvenirs, de cette année là 1999, où je travaillais à la poste et finissait ma carrière jusqu'au 12 janvier 2005 dans les Landes, que j'étais, dans ce village de Lesperon au cœur de la forêt landaise, au bureau de poste, un „receveur très atypique, très anti système et en conflit quasi permanent avec ma direction du Groupement Postal de Dax.

    En cette fin d'année 1999, le 26 décembre une tempête carabinée avait balayé toute la partie nord de la France, et le lendemain, le 27, toute la partie sud de la France...

    Néanmoins, le 26, je m'étais risqué à entreprendre le voyage en voiture, une Volvo 440, entre Lesperon dans les Landes et Bruyères dans les Vosges.

    Le 30 décembre j'arrive à Paris, je gare la voiture dans un parking souterrain du 17 ème arrondissement, pour la durée de mon séjour jusqu'au 1 er janvier au matin, puis je me rends à l'hôtel où j'avais réservé une chambre, au prix de 550 Francs sans petit déjeuner, la nuit...

    En début de soirée du 31, je me trouvais sur les Champs Elysées en grandes illuminations et féeries et sur le coup de 23 heures et quelque, me voici pris dans une foule extrêmement dense et fort nombreuse (des milliers de gens femmes hommes et enfants agglutinés, pressurisés pire que dans le métro aux heures de pointe)...

    Suivant le mouvement nous avancions pas à pas, épaule contre épaule, dans une presse indescriptible, vers le Trocadéro et la tour Eiffel toute étincelante de lumières de toutes les couleurs où s'affichait le compte à rebours des dernières minutes du siècle finissant quoique le 21 ème siècle ne devait vraiment commencer à vrai dire, que le 1er janvier 2001...

    Au plus fort de cette mêlée humaine alors qu'il devenait difficile de respirer, de faire le moindre mouvement, et que l'on n'avançait plus tant la foule était compacte et dense, près de moi, j'aperçois un jeune de 19 ou 20 ans à l'allure de banlieusard de zone, et vêtu d'un blouson de cuir à clous... Ce jeune homme assez grand dont la tête dépassait par dessus ses voisins, se met à crier ou plutôt à hurler d'une voix brutale au timbre évoquant la résonance d'un gros tambour d'orchestre „cœur de pieuvre“, et en levant haut et à bout de bras tendu vers le ciel une canette de bière : „AN 2000! AN 2000 ! …

    Vingt ans plus tard, ce hurlement, cette vocifération brutale „An 2000! An 2000“, résonne encore dans mes oreilles...

    Une fois minuit passé, et la foule refluant en partie, toujours aussi serrés les uns contre les autres ; l'écharpe de ma femme se met à glisser, se défaire de son cou puis à choir sur le sol que l'on ne voyait plus, couvert de chaussures qu'il était de tout ce monde en compression extrême. Impossible et hors de question de me baisser pour essayer de récupérer l'écharpe, au risque de ne pouvoir me relever et de mourir piétiné étouffé...

    Nous cherchions, revenus sur les Champs Elysées, après cette dure épreuve du passage à l'année nouvelle devant la tour Eiffel, un restaurant car nous n'avions rien pris depuis le matin mais à cette heure là entre minuit et une heure, il y avait foule partout, toutes les tables étant occupées et des gens en files de dix quinze personnes attendaient devant les bars, les restaurants...

    Nous trouvâmes enfin vers 3h, dans une rue voisine des Champs Elysées, une brasserie où l'on servait encore des sandwiches et pour optâmes pour des croque-monsieur assez racornis aux tranches de pain visiblement rassies et à peine réchauffés... Accompagnés de demis de bière...

    Durant cette mémorable nuit de la Saint Sylvestre 1999/2000, je pensais -ayant eu des nouvelles de la tempête ayant sévi dans les Landes- au village de Lesperon et alentours sans électricité depuis une semaine, et au bureau de poste où les 2 ordinateurs étaient hors service, celui du guichet et le serveur à l'arrière pour la comptabilité et autres opérations... Je me demandais comment j'aurais fait dans une situation aussi précaire, avec toutes les difficultés que cela représentait.

    J'ai appris par la suite qu'au bout de 5 jours, mon remplaçant, un brigadier particulièrement féru de bricolage et très débrouillard, avait réalisé un branchement pirate sur le réseau EDF afin d'alimenter en électricité le bureau, et avait aussi „mamaillé“ dans les ordinateurs et le modem, ce qui avait eu pour résultat de rétablir partiellement le fonctionnement de l'ordinateur de guichet afin d'effectuer des opérations de base...

     

    Dix ans plus tard, la nuit du 31 décembre au 1 er janvier pour passer de 2009 à 2010, me trouvant encore à Paris pour les fêtes de fin d'année, j'ai passé toute la nuit du réveillon aux abords de la gare Montparnasse, après un krapahut assez sportif, à pied dans une traversée de Paris depuis Montmartre, et le lendemain matin 1 er janvier je devais prendre un train TGV à prix cassé pour Dax, qui partait à 7h 00...

    Cette nuit là, je l'ai trouvé très longue, en partie passée dans un bar ouvert toute la nuit.

     

     

  • J'aurai jamais le souvenir de ...

    ... Je n'aurai jamais, du reste de mon vivant et forcément dans ces années 2030/2040 que je ne suis nullement pressé de voir venir... Le souvenir d'une arrivée à l'aéroport de New Delhi, débarquant d'un avion Ryanair low coast, sac à dos et chaussures de marche... Un "vol sec" c'est à dire rien que le trajet avion depuis Roissy Charles De Gaulle, aller retour, sans hébergement prévu (à toi de te démerder)...

    S'il y a bien un pays dans le monde qui ne me fait pas du tout rêver, où j'ai pas envie d'aller, qui me fait partir en courant rien que d'en entendre parler, c'est bien l'Inde, cette partie de l'Asie que l'on nomme aussi "le sous-continent Indien", ce pays de 1 milliard 400 millions d'humains où je me dis que quand y'a un accident de train ou une inondation qui fait 100 morts voire 1000, c'est peu, rapport au chiffre de la population et -honnêtement et sans aucune hypocrisie de larmoiement compassionnel- ça me fait "ni chaud ni froid"... (Vous aussi, reconnaissez le, mais vous allez pas le clamer le trompetter sur Facebook au risque de choquer vos amis vos followers!)...

    ça me gonfle ces histoires de castes sociales, de femmes battues, soumises, déconsidérées, là bas, qui sont légions, de foetus de filles qu'on tringle voire de bébés filles à peine nés qu'on fait disparaître parce qu'on veut que des garçons dans la famille, de non reconnaissance et de persécutions de minorités religieuses indésirables (Pour des Bouddistes en principe qui prêchent la non violence, ça la fout mal les massacres de musulmans), toute cette population, cette presse autant dans les villes que les campagnes, ces trains bondés avec des gens sur le toit des wagons et sur les marche-pieds, autant les bus...

    Je me vois mal voyageant au petit bonheur, au jour le jour sans rien de prévu ni de cadré, par mes propres moyens, dans ce pays... Monter dans des trains et devoir trouver une place assis sur le toit d'un wagon, bouffer des nourritures infectes dans des gargottes sordides, et autant pour dormir je sais pas où dans des conditions très précaires, avec plein de mecs autour de toi prêts à te chiper tout ce que t'as dans ton sac... L'horreur ! Les maladies, je ne sais quelle sorte de ventrite aiguë ou de furonculose ou de fièvre pernicieuse...

    Et l'internet, le haut débit, les téléphones portables? ... Avec de l'électricité dans des bleds paumés de plusieurs milliers d'habitants chacun tout de même, de l'électricité disponible rien que dans des échoppes et encore avec des groupes électrogènes, du gaz en cartouches pour s'éclairer la nuit et pour cuire des aliments sur un petit réchaud de fortune, pas de toilettes autrement que d'aller pisser ou bonzer derrière un arbre, un buisson, à la vue de tout le monde, etc/etc. ...

    Je me vois mal déambulant dans les rues de New Delhi ou de Calcutta, ou au bord du Gange aux prises avec un "besoin naturel" ou cherchant où aller... La cata, l'horreur, le stress, la crève, la chaleur humide, les mouches, les cris, les clameurs de toute cette foule autour, une pluie diluvienne subite et qui dure des heures...

    No-no-non, très peu pour moi, cet enfer ! A la limite, j'aimerais mieux -façon de dire- la Chine sauf Pékin (Beijing), Shangaï, Hong Kong, Singapour... où j'irai jamais de ma vie dans ces villes là... (Mais bon, "toilettes" en Mandarin, j'aurais du mal !)...

    Vous en connaissez, vous, des gens de plus de 65 ans qui prennent un vol sec pour New Dehli et aller faire du trekking le long du Gange jusque dans les terres du centre ? Déjà pour un baroudeur de 30 ans, débrouillard et intrépide, il faut avoir de l'estomac, de la ressource... Alors pour un type de plus de 70 ans même en bonne santé ou avec juste quelques trucs un peu emmerdants genre articulations pas trop souples... N'en parlons pas !

     

     

  • Un drôle de rêve, nuit du 23 au 24 septembre 2019

    ... Dans un drôle de rêve que je viens de faire cette nuit du 23 au 24 septembre, j'apprenais (l'on me faisait apprendre) que la poule pondait son oeuf par le bec... Et dans le rêve je voyais effectivement la poule pondre son oeuf par le bec... Je n'en croyais pas mes yeux, ayant toujours cru, ma vie durant, que la poule pondait son oeuf par le trou de bale...

    Cela ne me semblait absolument pas logique, contraire aux lois de la nature, parce que je ne voyais pas comment l'oeuf pouvait entrer dans l'appareil digestif, remonter l'oesophage, alors que le passage par le trou de bale est plus naturel, plus facile, plus logique...

    M'éveillant, je retrouvais la réalité, celle de l'oeuf qui "sort du cul de la poule", et je me disais que beaucoup de gens, même très cultivés et ayant fait des études, un beau jour, à un moment de leur vie, pouvaient se laisser influencer par des personnages, des sortes de gourous (scientistes, religieux, occultistes, voyants, médiums, pseudo-philosophes, spécialistes en sciences parallèles, etc.)... Au point qu'ils en viennent à douter des connaissances qu'ils avaient acquises jusque là depuis leur jeunesse...

     

    ... Ce rêve a fait aussi resurgir de ma mémoire, de mes souvenirs d'enfance, une petite anecdote datant de l'époque où ma grand mère, à Rion des Landes, élevait une dizaine de poules dans une basse cour d'environ dix mètres de côté, entourée d'une clôture en fil de fer, de quelque 3 mètres de hauteur...

    Enfant je me souviens, âgé de 8 ans, j'aimais beaucoup regarder les poules, observer leur comportement...

    Un jour je vois une poule qui venait de descendre de son nid aménagé dans une cage comme pour les lapins, ayant pondu son oeuf... Et dans l'effort qu'elle avait fait pour pondre l'oeuf, elle s'était déchiré la peau autour du trou de bale, de telle sorte qu'un bout de tripe ressortait...

    Les autres poules ayant vu le bout de tripe, se sont toutes mises à courir derrière elle, et chacune tirait le bout de tripe, et au bout de quelques minutes, la poule blessée avait perdu la moitié de ses intestins et continuait de courir...

    J'appelais ma grand mère mais le temps qu'elle arrive, la poule était morte, tous ses intestins répandus sur le sol en une longue traînée sanguinolente...

    Ce jour là, moi qui, enfant, héritier que j'étais du réalisme pur et dur de "petite mémé" mon arrière grand mère (qui comme elle disait elle-même "ne prenait pas les vessies pour des lanternes"), et donc "ne croyant plus depuis belle lurette au père noël"... Tout ce qui pouvait encore me rester du romantisme poétique de ma mère, ainsi que de la sensibilité "fleur bleue" des petites filles de mon âge avec lesquelles il m'arrivait de jouer... S'était envolé à jamais...

    Et je compris d'autant mieux alors, que la vie "n'était pas un conte de fées", je pris la mesure de la dureté de la vie...

    A vrai dire c'était pour moi, la vision de ces poules courant derrière la tripe de celle qui s'était déchiré la peau du trou de bale, bien plus une révélation qu'un traumatisme...

    On va dire (rire) : 10% de traumatisme et 90% de révélation...

     

     

  • Souvenir d'une journée de travail à la poste de Seignosse plage

    ... Lors de la dernière semaine du mois de juillet en 2002, je fus affecté par la direction du groupement postal Landes Océanes siégeant à Dax, à la tenue du guichet du bureau de poste de Seignosse plage, bureau rattaché à celui de Seignosse-bourg...

    Le bureau ouvrait à 9h 30 et fermait à 15h 30, avec une pause d'une demi-heure à prendre à tour de rôle entre 12h et 13h, avec l'auxiliaire, une femme, employée en CDD n'ayant pas le statut de fonctionnaire ni de postière en titre d'ailleurs...

    A ce moment de l'été au plus fort de la saison touristique et vacancière, sur la côte Landaise, je ne vous dis pas l'affluence, le nombre de "clients", le trafic en volume de courrier, cartes postales notamment, vente de timbres, opérations diverses...

    Je n'ai jamais, durant toute ma carrière à la Poste, autant souffert, sué et soufflé et détesté la position de travail où je me trouvais, qu'à ce bureau annexe de Seignosse plage... Aux prises sans cesse à des gens désagréables, au comportement impatient et égoïste, et qui demandaient des choses et des services "impossibles" tels qu'un timbre rare que je n'avais pas dans mes stocks en avance, un mandat télégraphique urgent international, un problème sur un compte CCP ou livret, un courrier non parvenu etc...

    Les gens se bousculaient, la file d'attente s'allongeait, j'en voyais "de toutes les couleurs" de tenues vestimentaires et de coiffures ahurissantes, de petits toutous hargneux, de gosses capricieux, de comportements agressifs, sans compter les injonctions du Chef (le Receveur de la poste de Seignosse-bourg) qui n'arrêtait pas de m'"asticoter" pour un oui pour un non, de me "chercher des poux" pour un inventaire (à réaliser après la fermeture du bureau) où j'étais toujours faux, pour une erreur de caisse, tout cela ponctué de son discours "c'est toi le titulaire, ta collègue c'est pas elle la postière"...

    A la pause de midi, une "petite demi-heure", j'achetais pour 2 euro 20, un pain bagnat (soit dit en passant le "cours" du pain bagnat dans les stations balnéaires de la côte aquitaine, entre 2002 et aujourd'hui, a "singulièrement augmenté" passant de 2,20 euro en 2002 à plus de 5 euro quelques années plus tard)...

    Le bureau fermant à 15h 30, il fallait pousser les gens dehors et en même temps empêcher d'entrer ceux qui se pressaient contre la porte... Quelle épreuve !

    Puis, la compta, la caisse, l'inventaire, tout cela jusqu'à des 4h et demi 5h du soir : j'avais la tête comme un compteur à gaz, le stress, les problèmes à n'en plus finir d'ajuster, de rechercher... Et le Chef qui s'impatientait parce que les chiffres n'arrivaient pas assez vite (c'était toujours faux ou incomplet)...

    Une horreur, cette semaine à la poste de Seignosse plage! Et dire que selon le directeur du Groupement, je devais rester dans ce bureau jusqu'à la fin de l'été... Le Chef en a eu tellement marre de moi que le directeur du groupement a fini par accepter de m'envoyer ailleurs dans un autre bureau "plus calme"... Mais il a fallu tout de même que je me "farcisse" une deuxième semaine cette fois au bureau de Seignosse-bourg sous la coupe de ce chef "impossible" autoritaire, exigeant, fanatique de carrière et du système... Et ce fut encore une semaine de calvaire, question "clientèle" ça valait pas mieux qu'à Seignosse plage! (En plus des vacanciers, y'avait toute la bourgeoisie aisée du coin, des gens aussi pointilleux, arrogants et aux comportements agressifs, minimum de politesse et maximum de condescendance ! Et qui de surcroît, prétendaient savoir comment faire dans les opérations, mieux que toi !)...