Pensée, réflexions, notes, tags

Mots de la vie, interrogations diverses et parfois essentielles...

A la Une de mes colonnes

... Il n'est vraiment rien qui ait autant de poids, et à plus forte raison qui ait davantage de poids encore, en face de ce que pèse -et que vaut- toute une vie humble entièrement passée sans aucun de ces certificats, passeports, titres ou "césames" qui ouvrent les portes des meilleurs endroits, toute une vie humble mais aussi obstinée et courageuse dans l'adversité complexe que naturellement émerveillée dans la joie toute simple...

Je pense à tous ces gens autour de moi qui ne seront jamais d'aucune Une de leur vie mais qui pour moi sont à la Une de mes colonnes de "littératoque témoin de mon temps"... Et que, par quelques anecdotes de ci de là dans mes vingt mille lieues d'écriture, j'ai en quelque sorte "éternisés"- à ma manière certes...

 

Notice failure

... Je pensais aujourd'hui à des personnes dont je n'ai plus de nouvelles et avec lesquelles je n'ai pas communiqué depuis plusieurs années, mais dont l'adresse courriel figure dans mon répertoire...

En principe lorsque l'on change d'adresse courriel, tout ce que l'on reçoit à l'adresse quittée si l'on l'a bien spécifié en "transfert", est automatiquement transmis à la nouvelle adresse courriel. Cependant, au bout de -par exemple 2 ans- le transfert ne se fait plus...

Ainsi en 2008 je suis passé de "la poste.net" à "yahoo"... Et effectivement durant au moins 2 ou 3 ans sinon même 4, tout ce que je recevais à mon adresse courriel de "la poste.net", était automatiquement transféré à mon adresse "yahoo".

Le problème avec ces adresses dans mon répertoire, qui sont aujourd'hui, vraisemblablement obsolètes, c'est que si je me hasarde à joindre une personne à cette adresse là... Je ne vais certainement pas "passer 3h" (écrire plus de 2 phrases courtes) pour voir après avoir cliqué "envoyer", quelques instants plus tard en réponse automatique du serveur : "notice failure" suivi d'un laius indéchiffrable...

Il est "absurde" (et surtout "en pure perte de temps et d'énergie") et "totalement improductif" et frustrant de surcroît... De se lancer dans un "pavé" (sinon un "monument de littérature") tapé sur le clavier d'un ordinateur et envoyé à un destinataire dont l'adresse courriel n'est plus la même... Et de voir peu de temps après avoir "sué sang et eau et âme", voir affiché "notice failure..."

 

L'interminable solitude

... Jeté une fois, une seule fois dans la vie, comme sur un bout, un tout petit bout de chemin d'éternité, d'une éternité qui à vrai dire n'est que provisoire... Souvent abandonné des autres hommes et femmes eux mêmes abandonnés, tout au long du petit bout de chemin dans un petit bout de paysage entre ces deux lieux que sont celui où tu es né et celui où tu cesses d'exister ; dans une interminable solitude parfois déchirée de regards mais jamais rompue... Tu es toi une seule fois, qui un jour s'en va...

De ce qui se doit savoir de cet autre, de ces autres, dont tu ne sais rien ou croies savoir, c'est à toi à te renseigner, à demander et à comprendre le pourquoi et le comment... et si possible le sens...

Même dans le recueillement, même dans le souvenir, lorsque nous sommes entre vivants, encore vivants réunis... Viennent ces questions, ces doutes, ces "non dits", ces suppositions, au sujet de l'un ou de l'autre des vivants réunis que nous sommes...

Même dans le recueillement, même dans le souvenir, nous les vivants réunis nous croyons savoir de celui, de celle qui n'est plus...

Et l'interminable solitude qui est la tienne... que des regards ont à peine déchirée, ne peut être au mieux, exprimée, que par quelque témoin parvenant à la rejoindre...

 

Deux milliardaires en discu filo, en bagnole :

Le conducteur à son ami :

"balance ton cochon d'or" !

 

Et l'ami, assis à côté :

"balance ta porsche" !

 

Silence livide

... Un silence profond et livide, en réponse à tout ce qui, venant des autres, te heurte ou te contrarie ; c'est, cette réponse, une violence qui lamine, qui pétrifie, qui vitrifie... Plus sûrement que de passer ta vie entière à échanger des propos, des regards et des gestes de colère et de résistance opiniâtre avec ces autres qui te heurtent, te contrarient, te mettent pour un oui pour un non, des bâtons dans les roues...

Mais le même silence tout aussi profond et livide, en réponse à une indifférence ou à une déconsidération de l'autre à ton égard, dont tu n'es pas sûr, n'étant que supposée... et qui est une pensée que tu te fais... C'est, par ce silence, une réponse bien malheureuse... autant pour toi que pour l'autre...

 

Jours heureux

... L'ivresse des jours heureux disparaît comme s'enfuit l'eau du bain tourbillonnante et encore toute chaude, par le trou de la baignoire...

Il reste alors autour du trou, une écume qui se cristallise et que seul, un regard ivre de souvenir, aperçoit...

 

Le maëlstrom ...

... Dans le gigantesque maëlstrom de toute l'actualité du monde entre le 9 janvier 1948 et le ? - ? - 20?? ... Et dont les limites sans cesse mouvantes et indéfinies ne sont jamais au bout du grand nuage elliptique, des sillons de lumière ; je suis poussiéré vivant, dans le tourbillon de ce maëlstrom ...

Et je vois passer, de près comme de loin autour de moi, tous ces nuages de particules incandescentes dont je ne suis pas, de mon regard, le sillage...

 

Le pouvoir des mots

... J'attends des mots qu'ils acquièrent le pouvoir de guérir, d'effacer les cicatrices et de se poser tels des doigts de jeune femme sur des attentes maltraitées...

Ces mots existent bien mais leur pouvoir n'est que potentiel, et, trop rarement, réel...

 

Une définition que je me fais, de l'enfer ...

... Certains Chrétiens définissent l’enfer par la perte de la présence de Dieu…

Je dirais de l’enfer qu’il est assurément celui des fractures relationnelles.

Quand tu as été bien avec quelqu’un, que tu as bu avec lui au même verre, que tu as partagé avec lui des émotions, traversé avec lui des espaces d’existence… Et que, suite à un énorme malentendu tu ne l'as plus jamais revu... Il y a bien là une fracture relationnelle. Et c’est ce qu’il y a de pire, je crois...

Pire que toutes ces injustices, que toutes ces hypocrisies et que toutes ces violences dont nous subissons les effets...

Dans cette si drôle d’expérience qu’est la traversée de la vie, s'en remet-on vraiment, de ce genre de fracture ?

Telle est donc ma définition de l’enfer sur Terre.

Mais si j’ai une définition de l’enfer, j’en ai une aussi du paradis ...

La vibration de bien être qui me vient entre les plis de toutes les féminités comme celle des ailes de la mouche lovée entre les plis d'un rideau dans l'instant de la chaleur d'un trait de lumière...

 

Les bagages resteront sur le quai

... Merci à tous ces visages, à tous ces esprits généreux, parfois il faut dire "quelque peu critiques" ; qui accueillent depuis tant d'années déjà, le personnage d'écriture, de poésie et de pensée que je suis... Mes tags ou mes "placards", mes révoltes, mes "salasseries", mes bras d'honneur, mes différents "registres" d'écriture ; le tout comme un torrent qui dévale des kilomètres de pentes rocailleuses...

... Merci à tous ces silences que j'ai parfois pris pour de l'indifférence mais qui étaient en fait -et de fait- les réponses les plus crédibles, les plus explicites et peut-être les plus amies, les plus fidèles...

De toute manière, à la fin, je serai comme le voyageur laissant sur le quai de la gare tous ses bagages, et, monté en marche dans un train venant de ralentir -mais pas de s'arrêter- je m'en irai au loin ; le train disparaîtra du paysage et, dans un grand ciel je m'envolerai...

Je volerai alors pour des yeux, tous ces yeux qui me verront voler et dont le regard n'est pas encore né...

Mais... Que puis-je dire de tous ces yeux qui me voyaient, dont je n'ai jamais rencontré le regard, quand, à chaque fois que je me trouvais sur le quai d'une gare avec mes bagages, je n'attendais que de voir passer des profils de visages derrière les fenêtres des trains qui passaient sans s'arrêter ?

 

... Cette question des bagages sur le quai à la fin (car la fin concerne bien chacun d'entre nous un jour ou l'autre – soit dit en passant le plus tard possible-)... Je l'avais déja évoquée, et j'y pense de temps à autre, en particulier lorsque me viennent doute et interrogation sur le sens de ce que l'on réalise tout au long de notre vie...

Certains jours, je range mes crayons, c'est à dire que je ne poste rien, mais les crayons cependant, demeurent à portée de ma main (ou plutôt du clavier de mon ordinateur)...

Qu'y -a-t-il à vrai dire, de vraiment plus important, de vraiment plus essentiel dans la vie, dans cette vie de chacun de nous, que ce lien, que cette relation privilégiée à savoir le lien ou la relation que nous avons avec les personnes qui sont le plus proches de nous-mêmes ? Un mari, une femme, des enfants, une famille ? Et, par extension si l'on peut dire, les amis, les connaissances... de longue date ou qui viennent d'entrer dans notre vie...

Lorsque cette relation privilégiée ou ce lien fait défaut, ou est rompu ou devient affrontement ; ce vers quoi l'on se tourne alors, prend tout son sens dès lors que ce vers quoi l'on se tourne et nous fait agir, réaliser, entreprendre... fait venir du lien, de la relation...

 

ça existe, je le sais, je l'ai vu ...

... S'il devait exister une vérité -ou une valeur- au dessus de toutes les autres ; et d'une indépendance, d'une liberté d'esprit où toute morale, où toute mode, où toute tendance, n'auraient plus le sens que le monde leur prête mais une intelligence, une énergie, en somme le principe naturel et intemporel qui fonde une relation heureuse et durable entre les êtres ; alors cette vérité -ou cette valeur- dans le monde humain, serait faite de bonté, d'accueil, d'humilité, de gentillesse...

Dans le monde humain, ça existe, je le sais, je l'ai vu, on m'a même laissé toucher... C'était tellement beau que je me suis demandé si c'était bien humain... Parce que j'avais déjà vu ça, d'une chatte de 15 ans pelotonnée sur une plaque de cuisinière et que cette chatte et moi ne communiquions que par des regards...

 

... Mais c'est vrai -il faut bien le dire- il y a la violence, il y a l'orgueil, il y a le mépris, et... toute l'intelligence, toute la malignité qui va avec la violence, l'orgueil, le mépris...

Mais il y a, dans la dureté du monde, comme une "gestation" qui n'en finit pas ; une "gestation" dont ne sait quel être un jour, en pourrait sortir, et auquel on prête toutes sortes de formes et de visages...

 

Deux parties intégrantes de la personnalité humaine, inégales et indéfinies

... La part d'égoïsme, de cupidité, d'intérêt personnel, de préoccupation de ce que l'on va faire, de ce dont on a besoin à titre personnel... Est partie intégrante et naturelle de la personnalité humaine, tout comme l'est aussi la part d'humanisme, de considération, d'intérêt pour l'autre...

Les deux parties intégrantes sont cependant inégales d'un être humain à l'autre, et surtout, il existe toujours entre les deux parties, une sorte de "territoire" incertain, ambigu, indéfini...

Sousestimer l'existence de la part d'égoïsme, de cupidité, d'intérêt personnel, de préoccupation et de besoin personnel, relève d'angélisme et expose à des déconvenues... Mais au contraire surrévaluer et amplifier l'existence de la part d'égoïsme et de cupidité, relève d'un pessimisme pouvant devenir obsessionnel et de nature à rendre la relation à l'autre difficile, hésitante voire à l'empêcher... Et contribue à l'isolement, au repli sur soi...

 

"Comment ça va se goupiller l'affaire là ?" ...

... Ne plus être témoin de ce qui dans l'avenir sera et se fera... Pour un grand curieux, pour des yeux qui se portent sur la ligne d'horizon et cherchent à voir ce qui est au delà ; parce que l'on doit disparaître... C'est cela, ce qu'il y a de plus terrible, de plus inacceptable, de plus frustrant, dans la certitude de la mort...

Est-ce que pour le fataliste, pour celui qui trouve tout normal, pour celui dont son jardin lui suffit, est-ce que pour le soumis, pour celui qui n'est pas trop curieux, pour celui qui ne se pose guère trop de questions au sujet de ce qui un jour sera ou se fera... La certitude de la mort est aussi terrible ?

Pour le curieux, le témoin encore vivant de tout ce qui se passe, pour les yeux qui n'ont de cesse de scruter la ligne d'horizon afin d'essayer d'apercevoir ce qui est au delà... Il n'y a que l'imaginaire, l'idée que l'on peut se faire, du "comment cela sera" lorsqu'on ne sera plus là en ce monde... Et c'est d'aujourd'hui, sur la base de tout ce que l'on sait, de tout ce que l'on voit se faire et évoluer, du monde en lequel on vit ; que se fondent notre imaginaire et l'idée que l'on se fait du monde dans lequel on ne sera plus...

Quand j'ai devant moi un enfant de cinq ou de six ans, ou une jeune personne de 30 ans ; je me dis que cet enfant, que cette jeune personne, vieux qu'ils seront dans des années où je serai mort, verront ce que je ne verrai pas...

J'ai la curiosité très forte de savoir ce que le monde deviendra... Autant dire (façon de parler) : "comment ça va se goupiller l'affaire là ?" (l'affaire du monde des humains) ...

 

L'homme de main, l'homme de regard...

... "Il faut choisir : être un homme de main ou être un homme de regard"

Etre seulement l'un ou seulement l'autre, à mon sens, n'est pas le choix qui convient au mieux...

L'homme de regard qui n'est pas un homme de main est peut-être effectivement un homme de pensée, de réflexion, d'observation, de témoignage, mais seulement contemplatif et témoin qu'il est, il agit peu...

L'homme de main qui n'est pas un homme de regard, est peut-être effectivement un homme agissant, mais il agit davantage dans le présent que dans la perspective d'un avenir, il agit davantage par réaction que par réflexion.

A choisir, autant être à la fois un homme de main et un homme de regard...

Mais il y aussi, l'homme de parole et d'écrit qui, assimilé à l'homme de regard, s'il n'agit que peu parce que ses moyens d'agir sont limités ; n'en demeure pas moins par la puissance et par la portée du verbe qui est le sien, un vecteur de l'agissement qui se fera, "la brassée d'étincelles" dont partira le feu...


 

Et si le silence était une amitié dont on ne sait rien ? ...

... Le silence peut être celui d'une amitié dont on ne sait rien, ni du lieu où se tient cette amitié, ni de qui est cette amitié...

Il faudrait pouvoir prendre le silence, dans la certitude d'une amitié dont on ne sait rien, dont on ne sait où elle se tient, dont on ne sait de qui elle est... Pour la meilleure, pour la plus sûre de toutes les réponses au pourquoi d'un silence, d'un silence dont on ne devrait pas déplorer l'existence, d'un silence que l'on ne devrait pas interroger avec autant d'insistance et parfois de colère ou de dépit...


 

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