Pensée, réflexions, notes, tags

Mots de la vie, interrogations diverses et parfois essentielles...

Le voyageur saltimbanque

... Plus encore que le sentiment de cette indifférence autour de toi, autour de ce que tu es, autour de ce que tu exprimes et dont tu dis qu'il n'y a pas d'écho, et qui est un sentiment dans lequel tu te fourvoies, que tu tires à tes basques tel un boulet...

Plus encore que cette lucidité aussi stérile que tragique qui est la tienne et accompagne ce sentiment...

Plus encore que ce silence en lequel tu te retranches dans la relation au quotidien que tu as avec tes proches, tes amis, tes connaissances...

Plus encore que tout cela...

Il y a cette question qu'en toi tu te poses et dont au fond tu souffres peut-être plus que de ce que tu crois et qui n'est pas forcément vrai ; plus que de ce silence en lequel tu te retranches...

C'est la question que tu peux te poser au sujet de ce que tu portes en toi et qui pourrait être attendu, accueilli... Mais n'est ni exprimé ni manifesté par toi, là et à qui il devrait être exprimé et manifesté...

L'idée qu'un jour tu seras comme le voyageur saltimbanque ou colporteur, sur le quai d'une gare, n'ayant jamais ouvert ton bagage dans les marchés des villages où tu as vécu (mais seulement dans cet espace virtuel qu'est internet), et que tu monteras dans le dernier train en partance, contraint d'abandonner ton bagage sur le quai, un bagage qui ne sera pas ouvert, ne sera nulle part acheminé ni réclamé... Cette idée cependant te poursuit... Et te désespères alors qu'elle devrait au contraire, t'inciter à changer d'épaule ton outil....

Il te faudrait faire de cette idée, un passage qui surplomberait le marais en dessous de tes pieds, (marais dont tu es soit dit en passant le paysagiste), et te mènerait sur la terre ferme, la terre vraie, la terre dure mais belle...

Il doit être remis, transmis, ton bagage. Mais l'acte de transmission est un acte difficile à exercer...

 

L' "ennemour" est une marée noire sur les rivages de la relation humaine

... L'ennemour ce n'est ni ne pas aimer ni détester.

Ce n'est même pas un sentiment.

C'est un état.

C'est une inconsistance dans la relation avec l'autre, apparaissant dans toute sa nudité et dans toute sa stérilité ; une inconsistance dans laquelle n'entre rien de ce qui peut habiller, déguiser, "atmosphériser" la relation.

Ou c'est ce qui donne à la relation une apparence à s'y méprendre, à de l'amour.

Je hais l'ennemour.

Je piétine l'ennemour tel un gosse qui écraserait le joli gâteau qu'on lui aurait donné en le gratifiant d'un "qu'il est mignon ce petit" avant qu'avec insolence le gosse écrase le joli gâteau et indispose les invités.

Sur les plateaux de télévision par exemple, il n'y a que de l'ennemour même quand ça fait pleurer d'émotion.

Est-ce que jeter des bouts de pain rassis à des canards ou à des pigeons, c'est de l'amour ?

Est-ce que "chic et beau" qui suscite la baise, c'est de l'amour ?

L'ennemour c'est une sorte de marée noire planétaire qui, depuis des temps immémoriaux, envahit les rivages de toutes les terres de la Terre.

L'ennemour c'est toutes les eaux de la Terre que nous ne voyons que bleues, où nous nageons en y prenant un plaisir fou, un plaisir malsain, égoïste et exhibitionniste.

 

 

L'autodérision

... Il y a, dans l'autodérision -et selon la manière dont elle est exprimée, "ciselée" dirais-je... Et produite...

"Une certaine ambiguïté"...

N'y a-t-il pas dans la pratique de l'autodérision, un "bon moyen" pour celui ou celle qui la pratique, de "se mettre en avant" ?

... Tu fais de l'autodérision... Tu m'en diras-t-en... Cela me fait penser à un trompettiste qui a mis du poivre dans le tuyau de son instrument pour que ça fasse une musique plus épicée... Ou à ce collégien polisson qui, en cours d'Anglais, se met des haricots dans la bouche pour prononcer une phrase de Shakespeare... ça fait toujours rigoler toute la classe mais pas le prof...

L'autodérision oui, mais quand il y a de la gravité et de la sincérité, et pas d'arrière pensée... Et cela dans une pratique ne revenant point en leitmotiv devant un public toujours le même en fait...

 

Les âmes d'acier, les âmes de papier

... Si les âmes fortes, en général s'en sortent, même et surtout dans les situations de relation et d'environnement les plus difficiles et les plus incertaines... Et si de telles âmes, aussi trempées que l'acier le plus résistant et en même temps aussi belles que des visages dont on se souvient toujours, ont toute ma faveur et sont pour moi les repères les plus fiables sans pour autant être des modèles... J'exècre en revanche, que l'on piétine, que l'on humilie et que l'on exploite les âmes "moins bien trempées", fussent-elles ces âmes là, des âmes aussi fragiles que du papier crépon...

"Tout le monde n'est pas fait dans le même moule" mais dans ce monde de dureté, de violence, de traîtrise, de m'as-tu-vu-isme, d'esbrouffe et de satisfaction de soi bardé de certitudes rassurantes et confortables ; ce sont toujours des mêmes moules, de la fonte la mieux côtée sur le marché, dont on se sert pour y "alchimiser" dedans, ce qui ressemble à de l'or (mais n'en est point)...

 

Les déserts relationnels

Les déserts relationnels que les humains ont étendu sur la planète en dépit des technologies de communication dont ils se sont dotés, et cela même depuis la fin du 20ème siècle surtout... Sont bien plus inhospitaliers que les déserts géographiques d'Amérique, d'Asie, d'Afrique ou d'Australie...

Dans les déserts relationnels il y a toujours quelque part sur un banc dans une gare, marchant sur un trottoir de ville, assis ou debout dans le métro ou dans le bus, avançant dans les allées d'un grand magasin ; un enfant, un homme ou une femme qui rêve, regarde, tend son visage ou sourit... Mais que personne ne regarde jamais...

 

Les marques d'estime

... Sans doute davantage à mon sens que dans la relation de vive voix avec un proche, un ami ou même l'une ou l'autre parmi nos connaissances autour de nous ; dans les réseaux sociaux et sur la Toile en général, les marques d'estime, de considération, les commentaires élogieux qui nous sont adressés... Ne sont-ils, en vérité, que le "son de cloche" qu'il nous sied d'entendre parce que la résonance en nous de ce "son de cloche" nous conforte dans l'idée que l'on se fait au fond de nous, d'un "plus vrai ou d'un meilleur de soi-même"...

Mais que dire, que penser, de tout ce que l'on n'entend pas, de tout ce que l'on ne voit pas écrit, et même de ce qui ne se dit pas, ne s'écrit pas, ne se voit pas... Que dire, que penser à la connaissance le plus souvent par hasard ou par "ouie-dire", d'un "tout autre son de cloche" que celui qu'il nous sied d'entendre ? Que dire, que penser de cet interminable silence dont on ne sait ce qu'il porte et dont on ne fait jamais la traduction qu'il conviendrait de faire ?

... Un jour, tout cela, tout ce que l'on a été, tout ce que l'on a fait ou pas fait, dit ou pas dit, écrit ou pas écrit, et qui aura retenu ou non les regards, ces regards là plutôt que d'autres... Tout cela sera le journal de bord inachevé d'un cosmonaute naufragé devenu silhouette de poussière dans une capsule-canot en errance dans l'espace...

 

La révolte des humbles

... La révolte des humbles et des bons commence dans un silence qui résiste au bruit que font les orgueilleux, les arrogants et les meneurs... Et se poursuit jusqu'à ce que les humbles et les bons demeurés debout et le regard droit devant alors que tant des leurs ont vu leurs yeux incendiés et sont tombés ; fassent de leur silence résistant une colère rendant inaudibles enfin les bruits faits par les orgueilleux, les arrogants et les meneurs...

 

D'un côté une tape amicale dans le dos, et d'un autre côté un coup de bâton...

... J'ai toujours été sidéré, ulcéré, révolté... Par l'hypocrisie (autant dans le propos que dans le comportement), de bon nombre de gens autour de moi (toutes générations confondues, de toute culture, de toute sensibilité, de tout "milieu social")...

D'un côté "une grand tape dans le dos" (avec des louanges, des mots d'encouragement et d'amitié qui te sont adressés dans une apparence de sincérité, de loyauté, de considération...) mais d'un autre côté, tout se qui se dit, s'écrit, dans ton dos, quand t'es pas là pour le voir et l'entendre... et que tu découvres un jour ou l'autre, en tel lieu d'expression notamment sur la Toile, exprimé précisément par l'une de ces personnes de ton entourage ou de tes connaissances...

Je préfère, et de loin, cent fois, mille fois mieux "qu'on me vole direct dans les plumes", "qu'on m'en mettte plein la figure"... Mais en face, sans fioritures...

Au moins, quand "t'en prends plein la patate", direct, même si ça fait très mal, pour peu que que tu te fendes de deux sous de réflexion, tu te dis que, après tout, il y a quand même une part de vérité dans ce qu'on te balance à la figure... Bon, c'est vrai parfois, la "part de vérité" elle est minime... mais elle n'en demeure pas moins, "une part de vérité" tout de même...

Et quand bien même n'y aurait-il aucune part de vérité dans ce que l'on te reproche et que par hasard tu découvres, exprimé ainsi à ton sujet et qui te dessert, te juge et contribue à éloigner les autres de toi... Il y a cette interrogation qui te vient sur ce que tu t'efforces d'être et de paraître "au mieux", cette interrogation qui te vient sur le sens, sur la portée, sur l'authenticité, sur la sincérité mêmes, de tout ce que tu produis, de toi, et que tu exposes...

Et cette interrogation qui te vient, qui suscite en toi de la réflexion, a toujours un impact en toi, de plus ou moins longue durée par la suite...

 

L'origine de "Travail Famille Patrie"

... C'est au colonel François De La Roque, né le 6 octobre 1885 à Lorient et mort le 28 avril 1946 à Paris, militaire, homme politique et résistant français ; que l'on doit cette devise demeurée si célèbre "Travail Famille Patrie", qui figurait dans "Le Petit Journal", un organe de presse ayant été l'un des 3 principaux quotidiens français, dans les années 1930...

Cette devise lui sera empruntée sans son autorisation, par "les crapules de la culture qui vont entourer, de 1940 à 1944, le vieux maréchal, chef de l'Etat Français" ( Dixit Eugène Saccomano dans son livre "Céline coupé en deux", roman )...

 

... Toute époque, en fait, et donc tout particulièrement la nôtre en ces années présentes depuis 2010, a ses "crapules de la culture", ses pourvoyeurs d'une pensée qui s'articule sur ce qui doit se croire et se savoir, et devant être consommé par le plus grand nombre... Mais avec, de temps à autre, quelques "marginalités" portées en avant, pour cause de "retombées économiques et financières" (il faut bien "caresser dans le sens du poil", c'est toujours bon à prendre)...

 

La vie est un héritage

... "La vie est un héritage, elle se transmet" ( Adolphe d'Houdetot, "Dix épines pour une fleur- 1853 ).

 

... En effet la vie (celle du monde tout entier d'une part, et la nôtre en particulier d'autre part), la vie d'aujourd'hui telle qu'elle est, est faite de tout ce qui nous a précédé (du monde, de nos parents, grands parents, de tous nos ancêtres depuis des siècles, des millénaires)...

Nous sommes, chacun de nous, le petit morceau nouveau d'un immense puzzle qui n' a cessé depuis des milliers d'années de s'étendre et de contenir de plus en plus de pièces ; et dans ce petit morceau il y entre une part de tout ce qui est acquis, et une autre part de "quelque chose de nouveau et qui nous est propre"... Et c'est aussi ce "quelque chose de chacun de nous qui nous est propre", que l'on va transmettre... (mais qui n'aurait pu être sans ce qui nous a été transmis)...

 

L'Art ne change pas la vie

... "L'Art ne peut pas changer la vie" ( Michel Houellebecq, dans Plateforme )...


 

... L'Art sous toutes ses formes, mais aussi le meilleur de soi-même que l'on peut donner ou offrir aux autres... Ne peut changer la vie, ne peut changer la vie des autres... dis-je...

Mais à mon sens, cela n'est pas aussi désespérant que l'on pourrait le penser et le croire... Parce que si vraiment le meilleur de soi-même donné aux autres, et l'Art, pouvaient effectivement changer la vie (en mieux)... L'Art et le meilleur de soi-même n'auraient alors pour seule et unique raison d'être, que la certitude d'un résultat heureux et fini, et donc limité à la vue de la ligne circulaire de l'horizon...

J'imagine le fameux "rocher de Sisiphe" enfin parvenu au sommet de la montagne, désormais immobile, en équilibre sur la ligne de la crête de la montagne... L'effort enfin "récompensé" mais être là, debout au sommet, les bras ballants, avec tout autour un paysage figé... et un ciel en somme, toujours aussi haut, toujours aussi inaccessible... Et au loin mais en fait tout proche, la ligne de l'horizon...

La raison d'être de l'Art et du meilleur de soi-même à donner aux autres, n'est autre que celle de ce mouvement sans fin d'avance et de recul du fameux "rocher de Sisiphe" tout au long de la pente de la montagne...


 


 

Fleurs fanées

Fleurs fanées

Avant la fin de janvier

Tous ces voeux pieux

 

Et, étrangement silencieux

Ou parfois sentencieux

Ces personnages

Dans notre entourage

Tout au long de l’année

 

Et comme par le trou d’un évier

S’écoulent les silences

Et les sentences


 

Les trois étapes que franchissent toutes les vérités

... "Toute vérité franchit trois étapes. D'abord elle est ridiculisée. Ensuite elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence."

 

[ Arthur Schopenhauer ]

 

... Plus longtemps, à mon sens, où la vérité est ridiculisée, plus elle a de chances d'être considérée un jour, comme étant une évidence... Mais la question cependant se pose, tant qu'elle est ridiculisée, tant qu'elle suscite de l'indifférence ou surtout, tant qu'elle ne s'impose qu'à une minorité, la question se pose donc, de son existence, de sa crédibilité, de sa possible évidence un jour...

Puis la vérité lorsqu'elle n'est plus ridiculisée et qu'elle commence à apparaître, subit en général une forte opposition parce qu'elle dérange dans son évidence...

Et lorsque la vérité enfin reconnue est considérée comme ayant toujours été une évidence, et que sont levées les ambiguités... Elle devient comme une "cosmogonie en cours" qui invalide les cosmogonies précédentes...

Et qu'est-ce qu'une cosmogonie sinon un modèle ou une orthodoxie de la pensée que l'on se fait de l'univers ?

 

Mes merdieurs voeux à toutes les Jet-Set !

... A défaut d'un petit vent de bolchevisme sur toutes les Jet-Set trente-et-un-décembre-premier-de-l'annique, une grêle de livres "Notre part des ténèbres" de Gérard Mordillat sur toutes ces assemblées festives trente-et-un-décembre-premier-de-l'annique de toutes les Jet-Set de cette planète !

 

 

https://www.babelio.com/livres/Mordillat-Notre-part-des-tenebres/53161

 

 

L'anarchie

... L'anarchie, par toutes ces vues que l'on s'en fait, entre autres celle du "Grand Soir"... N'est rien d'autre, par chacune des multiples faces du prisme selon l'angle par lequel on considère l'anarchie... Qu'un désordre de contestation dans une illusion de liberté qui s'apparente très vite, une fois que ce désordre a tout renversé, tout aboli, tout laminé et qu'il a instauré dans son mouvement sa mécanique... A un "ordre" qui ne vaut pas mieux que l'ordre qu'il a défait...

Je ne vois pour ma part l'anarchie, que comme un "ordre" ne s'apparentant à aucun ordre... Sinon sans doute, le seul ordre naturel des choses de la vie, du cosmos, de la relation entre les êtres vivants dans l'environnement qui est le leur...

 

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