Pensée, réflexions, notes, tags

Mots de la vie, interrogations diverses et parfois essentielles...

Le feu qui brûlait dans le fourneau

... "L'angoisse de la page blanche" ou le manque d'inspiration, le "vide" en somme, qui vient un beau matin, pour celle, celui qui s'exprime... Et se retrouve devant son bol de café, sans mots, sans idée, la "panne sèche" quoi !... Et n'a pas encore allumé son ordinateur (il, elle se demande d'ailleurs s'il, elle va l'allumer, l'ordinateur)... Ah, cette "bonne question" qui, à vrai dire n'en est pas vraiment une puisque -en principe- "ça revient"... (enfin jusqu'à présent c'était toujours revenu)...

Ce feu de la veille qui brûlait dans le fourneau et dont la chaleur emplissait la pièce et qui au petit matin, sans braises encore incandescentes ne repart point... S'il repartait ce feu ? Mais de quelle flamme incertaine ? Et de quelle portée calorifique ?... Et pour quel (s) visiteur venu du dehors, qui "pointerait le bout de son nez" ?

Il y a dehors ces bois, ces champs, ces chemins, ce grand ciel, ce vent, ce soleil qui invitent à s'éloigner du fourneau refroidi... Et à éviter cette fatigue qui viendrait après avoir fait revenir en soufflant et tisonnant, une flamme qui n' éclairerait aujourd'hui pas grand chose autour d'elle ? ...

 

Les prestiges ou les mal-façons de la parole et de l'écrit

... Il manque -peut-être- à la parole et à l'écrit, ce qu'il y a dans le regard, dans le geste et dans le mime, qui, parce qu'ils ne disent et écrivent rien mais expriment tout ; en particulier l'indicible, n'ont jamais cette faculté du langage (la parole et l'écrit) à générer de la polémique et du commentaire...

La parole et l'écrit qui parviendraient, comme le regard, le geste et le mime, à se suffire à eux-mêmes ; et qui rendraient autant pour la parole que pour l'écrit, le commentaire et la polémique inutiles, se dépouillant de toute forme d'abstraction, pour ne laisser entendre ou lire que l'essentiel dans sa pureté même... Cela serait -peut-être- la forme la plus élevée et la plus épurée de la littérature...

C'est ainsi que commencerait la littérature, que commencerait aussi la puissance de toute forme d'expression...

En disant cela, je pense au célèbre mime Marceau, qui, sur toutes les scènes où il s'est produit, n'a jamais prononcé un mot... et a pourtant "tout dit/tout écrit"...

Il manque à la parole et à l'écrit, de pouvoir se défaire des prestiges qu'elles ont l'une et l'autre, des prestiges qui soit dit en passant, peuvent être des mal-façons qui font illusion par ce qu'elles ont d'habillé afin de paraître au mieux...

Le "meilleur César possible" en "récompense" ou en reconnaissance de l'écrit et de la parole, ne serait-il pas... Le silence qui se fait tout autour et qui, cependant, n'est pas pour autant tout à fait unanime ?

Ce silence qui se fait en soi et qui, par ce qu'il exprime sans les mots pour dire ou écrire, s'établit et consacre... Bien que souvent il juge, condamne, désapprouve ou est indifférence...

 

L' ANARCHIE

... L'anarchie ce n'est pas "toute forme de contestation, de refus, de rejet, d'anti ceci/cela, enfin n'importe quoi qui va faire un autre monde on sait pas trop comment ni avec qui" ...

Il n'y a pas d'anarchisme de Droite ni d'anarchisme de Gauche ni d'anarchisme noir ni d'anarchisme blanc ou rouge...

L'anarchie ça fait pas des sortes de nouveaux curés, des sortes de nouveaux flics, une nouvelle sorte de morale ni un pouvoir sans pouvoir qui est quand même un pouvoir...

Pour y croire à l'anarchie, il faut croire en l'humain et en la vie, en "l'ordre" de la nature, de l'univers... mais d'une foi (en l'humain) dont il faut supporter que cette foi se dévisse et qu'on s'y troue le doigt en essayant de la revisser parce que revisser sans cesse y'a pas d'autre solution.

Peut-être qu'un jour à force de revisser ça finira par tenir sinon on revisserait jamais...

L'anarchie je la vois comme si je voyais un visage qui aurait un air d'Elysée Reclus, de Louise Michel et de Jean Ferrat...

Un visage, pas un "pape" ni un "Che"...

 

Le silence de la misère, ou sa visibilité qui dérange

... Ce qu'il y a de terrible avec la misère c'est quand elle est silencieuse et qu'elle se fait discrète afin de ne pas gêner et que celui ou celle dont elle est le quotidien, l'"arrangeant" comme il, elle peut, lui donne l'air de ne point être...

Et c'est aussi quand elle se voit et que celui ou celle qui la voit, fait semblant de ne pas la voir passant son chemin "rapidement mais pas trop"...

Je n'ai que mon franc-parler, que tout ce que je puis exprimer à ma manière et selon ce que je vois autour de moi, je n'ai que mon regard et cette pièce de 1 ou de 2 euro que je mets dans la main d'un homme ou d'une femme dans la rue, un SDF, un "pauvre bougre"...

L'on dira -c'est d'ailleurs ce que souvent j'entends- que cet homme ou cette femme va s'acheter un paquet de cigarettes ou une bouteille de pinard avec les sous qu'on lui donne...

J'en ai marre de ces "leçons de morale", de cette "bien-correcte pensence" des uns et des autres y compris des "presque aussi pauvres" que ce SDF ou que cet indigent ; j'en ai marre de cette condescendance bardée de certitudes personnelles ou d'une certaine aisance, de ce mépris affiché à l'égard des humbles et des fragiles, des très pauvres, des "laissés pour compte", des accidentés de la vie ; j'en ai marre de cette hypocrisie des "du bon côté de la barrière" (dont soit dit en passant certains d'entre eux ne sont pas très loin de la barrière mais du bon côté quand même)...

Cet homme, cette femme dans la rue à qui je donne 1 ou 2 euro parce que c'est là tout ce que je peux faire, eh bien, la pièce que je lui donne, c'est sa liberté, la seule liberté encore qu'il lui reste, d'en faire ce qu'il veut...


https://www.youtube.com/watch?v=5tfjsIH5FcY

Les peurs et les silences

... Ce sont les peurs et les silences qui font la puissance des dominants et contribuent à l'instauration de la dictature de ces derniers...

Les peurs sont réelles, certaines d'entre elles sont les mêmes depuis toujours, d'autres changent de nature selon les époques...

Les silences sont plus apparents que réels, même dans le temps qu'ils durent et s'ils sont ceux du plus grand nombre...

Les dominants entretiennent, véhiculent et dimensionnent les peurs qui entrent dans la vie des gens, et profitent d'un silence qu'ils font durer par tout ce qu'ils jettent de leurres, d'expédients et de drogues rendant les gens dépendants et donc silencieux...

Mais c'est lorsque vient dans ce silence une grande souffrance de beaucoup de gens, qu'un vent alors se lève qui bouscule les dominants...

 

La parole refusée ou niée

... Les êtres humbles et sans défense qui de surcroît n'ont guère été comme on dit "particulièrement gâtés par la vie", n'ayant en rien réussi quoi que ce soit et cela dès leur enfance où à l'école ils ne brillaient pas, et qui plus tard dans leur vie, dans leur famille, leurs relations, ont été peu considérés, "inexistés"... Et le plus souvent exploités pour ce qu'on pouvait tirer d'eux sans que jamais ils ne se plaignent et encore moins se révoltent...

Ces êtres là auxquels la parole n'a pas été donnée, non pas parce que cette parole leur manquait réellement mais surtout parce que l'on a nié qu'elle pouvait exister à l'intérieur d'eux, dans leur coeur... Sont les êtres que l'Histoire et que les livres ont le plus souvent oubliés... Et que notre civilisation du paraître, de la performance, de l'effet, des modes et de la singularité en vogue, a souverainement méprisés...

Mais cette parole, des êtres humbles et sans défense, et que la vie n'a pas gâtés... Ainsi d'ailleurs que la parole, également, de millions de gens en France, en Europe et dans le monde, qui n'est "que ce qu'elle peut être à la manière et selon la culture de chacun"... N'en est pas moins aussi existante, aussi réelle, que celle de ceux qui "savent parler" ou écrire (ceci n'étant que "relatif")...

C'est pourquoi -et je le dis haut et fort et avec une certaine gravité- le devoir de celui ou de celle qui s'exprime publiquement, qui écrit, diffuse... D'autant plus qu'il peut avoir une audience... C'est d'essayer de porter autour de lui par la parole qui est la sienne, la parole refusée, la parole niée, de tous ces gens d'ici et de partout qui n'ont que les mots qu'ils connaissent et que les regards avec lesquels ils s'expriment...

 

Condiments et accompagnements

... Les mayonnaises aux couleurs vives et plaisantes accompagnent des mets dont la qualité est incertaine...

Et des traces jaunâtres devenant des croûtes se forment à l'intérieur le long des pots qui les contiennent, à mesure que l'on pioche à la petite cuillère...

Et il faut toujours que le pot soit grand et haut, format familial...

Et de même que les mayonnaises accompagnent des mets dont la qualité est incertaine, les effets de culture accompagnent une culture incertaine...

 

-Rodolphe, encore un peu de mayonnaise avec vos crevettes ?

-Non merci madame.

 

... On peut être SDF ou apache, invité à quelque bonne table... Et ne point aimer les traînées jaunâtres de mayonnaise ou de moutarde le long du pot...

C'est fou tout ce que l'on peut voir en nombre et en variétés, de pots de moutarde, de mayonnaise, de condiments et de sauces, dans les Leclerc, les Carrefour et les Intermarché...

 

Nostalgie ou souvenir

... Entre la nostalgie qui fait prématurément mourir de vieillesse et le souvenir qui chante comme une bûche dans le feu en diffusant lumière et chaleur, il y a tout de même une différence.

 

Des larmes qui ne sont pas de même nature ...

... Si la violence, la brutalité, l'orgueil, l'ignominie et l'hypocrisie peuvent me faire pleurer de rage avec tout ce qu'elles ont de mesquineries, de vulgarité, de faconde et de déguisements... Et si elles me font porter le fer par les mots et par mon regard quand elles me tapent dans le dos et pire, quand elles cinglent ou écrasent de leur hargne ou de leur suffisance les personnes qui me sont chères ainsi que les êtres humbles et sans défense... Ce ne sont point là, pour autant, les vraies larmes qui me viennent... C'est juste du fiel qui me coule des yeux...

Les vraies/vraies larmes, elles me viennent de la bonté des gens lorsque cette bonté surprend , se fait engagement, qu'elle résiste à la dureté des temps, et qu'une âme forte soutient cette bonté encore renforcée dans sa détermination à ne pas céder et à agir...

 

 

la pauvreté chaleureuse qui aide à vivre et à vaincre

" Mais il s'était évadé, il respirait, sur le grand dos de la mer, il respirait par vagues, sous le grand balancier du soleil, il pouvait enfin dormir et revenir à l'enfance dont il n'avait jamais guéri, à ce secret de lumière, de pauvreté chaleureuse qui l'avait aidé à vivre et à tout vaincre."

 

[ Albert Camus, dans "Le premier homme", page 53 collection Folio ]

 

... Il y a chez les pauvres qui ne trépignent pas et n'enragent pas, dans le regard qu'ils portent autour d'eux et dans tout ce qui émane d'eux au quotidien, une dignité et une sobriété dans l'expression qui sont bien là une vraie résistance à la violence, au mépris et à l'indifférence des possédants ... C'est sans doute cela, le "secret de lumière"... Et, la pauvreté qui ne trépigne pas et n'enrage pas est chaleureuse parce qu'elle rapproche des êtres qui souffrent, dans le peu qu'il y a à partager... Ce que ne fait jamais la pauvreté qui trépigne et enrage...

Il y a aussi chez les pauvres qui ne trépignent pas et n'enragent pas, ce qui reste de leur enfance : cette sorte de connaissance des êtres et des choses qu'ils avaient, autant intuitive que dans un imaginaire à eux, et qu'ils ont gardée...

 

Crispations autour de valeurs considérées "sacrées"

... Je déplore toutes ces crispations d'un bon nombre de gens -en France et ailleurs dans nos sociétés policées- autour de "valeurs" qui sont certes des valeurs, mais dont on fait montre avec une ostentation plus proche de l'invective que d'une conviction personnelle d'adhésion à ces valeurs .. Et que l'on "met en avant" sous couvert de citoyenneté de bon aloi afin d'être "dans le ton qui convient" (le bon)...

Si tu contreviens tant soit peu par quelque propos pouvant déranger ou choquer, fût-ce avec une argumentation qui "vaut ce qu'elle vaut", à l'esprit même de l'une ou l'autre de ces valeurs "sacrées", tu te vois très vite interpellé , vilipendé... Quand ce n'est pas autour de toi, une "levée de boucliers" qui se met en place dans les réseaux sociaux notamment, ou parmi tes voisins, tes connaissances, et même tes amis ou ta famille...

"Il ne fait pas bon" dans l'environnement de relation qui est celui que nous connaissons au quotidien autour de nous, un environnement de crispations, de violences verbales, d'agressivité réelle ou latente, de préjugés ou de parti-pris... De dire ou d'écrire "ce qu'on a sur la patate", de "franc-parler"...

Devoir en conséquence "tourner sept fois sa langue dans sa bouche" avant de s'exprimer, pour finalement à la huitième fois, se taire ou s'efforcer de demeurer dans le bon ton en en pensant pas moins... C'est rageant, c'est frustrant et surtout "ça fait pas avancer un schmilblic" qui ne peut en vérité avancer que dans un dialogue aussi vivant qu'animé entre les interlocuteurs concernés...

 

Le regard que je porte sur le monde actuel ?

... C'est un regard interrogatif, un regard étonné, un regard désespéré par moments, mais parfois aussi un regard optimiste quand je vois certains jeunes ou même très jeunes, du moins quelques uns d'entre eux qui ont des réflexions que beaucoup d'"anciens" (de ma génération -je suis né en 1948) n'avaient pas du temps de leur jeunesse... Non seulement des réflexions intéressantes mais des comportements...

C'est aussi le regard du témoin de mon temps que je porte sur tout ce que j'observe de ci de là, des gens, des événements...

Et un regard qui se projette dans l'avenir, un avenir que je ne verrai pas mais dont je me soucie et que j'essaye d'imaginer...

 

Une brèche dans le mur tagué à l'infini

... Dire les choses nettement, appeler un chat un chat... Et sans pour autant qu'untel une telle ici ou ailleurs se sente personnellement visé voire agressé ; sans pour autant aussi, susciter l'adhésion de tous autour de soi, à ce que l'on exprime... Et cela dans un débat, un dialogue, un échange aussi vivant qu'animé entre interlocuteurs ; c'est peut-être le passage qui s'ouvre par une brèche faite dans un mur tagué à l'infini, sur un paysage de l'autre côté du mur, un paysage que l'on avait imaginé sans croire qu'il pouvait exister...

Cette brèche, faut-il nécessairement quoique parfois cependant, l'ouvrir à coups de masse ?

C'est bien là, tout un travail à effectuer, un travail difficile, que celui d'ouvrir la brèche dans le mur...

 

L'autocensure

... L'autocensure au sens où je l'entends, pour autant que quelques uns d'entre nous la pratiquent (mais reste à savoir si elle est sincère) est un "travail"... Un travail difficile... Elle n'est pas, l'autocensure, un "principe moral", elle n'en est à vrai dire pas du tout un, de "principe moral"...

 

La Marseillaise

... Si, "biologiquement parlant" un sang n'est pas "impur" -mais est "du sang" tout naturellement- ... La Marseillaise dit clairement et explicitement que le sang de nos ennemis, de ceux qui nous veulent du mal et ont juré notre perte... Est du sang "impur" !

... La Marseillaise est peut-être un chant "guerrier" -au dire de certains- mais c'est un chant qui a du caractère et de l'âme ! N'oublions pas que ce chant a été écrit dans un contexte particulièrement difficile pour la France qui, en 1792, avait toute l'Europe liguée contre elle et massée à ses frontières prête à fondre de toutes ses armées sur nos villes et nos campagnes... Et il en fallait, en 1792, du "coeur au ventre" et de l'âme, en face d'un ennemi qui prétendait nous "mettre à genoux" !

Il faut dire aussi que la France en 1792 était le pays le plus peuplé d'Europe (donc, capable d'aligner devant les armées étrangères, davantage de combattants et que de surcroît, l'armée française avait de bons généraux et maréchaux, et une puissante artillerie, un armement souvent supérieur en efficacité, que du côté de l'ennemi...

Aussi la question a-t-elle été vite réglée, il y a eu Valmy... Les armées étrangères ne sont finalement revenues sur le sol Français qu'en 1814...

Le "sang impur" du chant de la Marseillaise, est au sens figuré -différent du sens propre- tout à fait explicite et parlant ! Il n'y a donc pas à s'en offusquer comme certains s'y emploient au nom d'une morale dénonçant la violence...

 

 

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