Livres et littérature

  • Voyages extraordinaires

    Voyages extr

    … En 1999 dans le cadre du printemps des poètes j’avais participé à un concours de nouvelles sur le thème des voyages aventureux, concours d’écriture au cours duquel il était demandé aux participants, de se “mesurer” à ce maître que fut Jules Verne, né le 8 février 1828 et mort le 24 mars 1905, qui imagina, dans ses livres qu’il a écrit, de savantes constructions mécaniques, toutes sortes de moyens de locomotion, et cela dans une dimension narrative poétique…

    Ce fut le seul concours d’écriture parmi ceux auxquels je me suis par la suite inscrit durant les années suivantes, jusqu’en 2007, où mon texte fut retenu et primé ; ayant donc fait “chou blanc” à chacun de ces printemps des poètes du mois de mars, entre 2000 et 2008, année où j’ai finalement “déclaré forfait”…

    C’était une association littéraire “Paroles”, de Créon en Gironde, qui organisait en 1999 ce concours de nouvelles, ouvert à tous, à des jeunes, à des adultes, “écrivains en herbe” ou écrivains confirmés ayant ou non publié leurs œuvres soit dans des revues, soit chez un éditeur, soit à leur compte, dans la région Aquitaine…

    Le premier prix était un voyage d’une semaine sur un grand voilier en haute mer, et l’attribution aux douze gagnants sélectionnés, d’un livre édité aux frais de l’association (en fait avec l’aide de la Caisse d’Epargne d’Aquitaine-Nord ), tiré à 2000 exemplaires.

    Ce livre contenant le texte intégral de chacune des douze nouvelles sélectionnées, a été édité dans le cadre des deuxièmes prestivales créonnaises consacrées en 1999, à Jules Verne, du 10 au 14 juillet.

    Ci dessous, l’image du livre dont voici le résumé en 4 ème de couverture :

     

    “ Destination la lune ou le fond d’une éprouvette, la ligne d’horizon ou le cœur de maman ? …

    Le choix est vaste et l’embarquement immédiat. L’an 2000 est là, et l’imagination a pris le pouvoir… Tout au moins dans ce recueil où douze auteurs amateurs ont osé se mesurer à leur maître Jules Verne. Entrez dans leur rêve… Vous ne serez pas déçus.”

     

    … Voici la liste des douze textes sélectionnés :

     

    La ligne bleue, de Max Bajolle, 48ans

    Broutille, de Laurence Bordenave, 26 ans

    Le voyageur de Babel, Christine Doucet, 31 ans

    Le site secret, de Monique Favier, 40 ans

    Voyage au cœur de maman, Jean Louis Fornielles, 34 ans

    Balade islandaise, de Christophe Lartigue, 38 ans

    Le dernier voyage de Nemo, de Véronique Laroche, 32 ans

    Nina, de Gilberte Pernaud, 74 ans

    Le cartographe des souvenirs, d’Olivier Pichard, 17 ans

    Mission Cérès, de Laurent Schouler, 38 ans

    La séparation, de Guy Sembic, 51 ans

    De si beaux voyages, de Chloé Vicreux, 21 ans

     

    … L’ouvrage comporte 190 pages, mon texte occupe 10 pages…

     

    À noter – nous sommes en 2021 – les âges des personnes citées ci dessus, sont les âges qu’elles avaient en 1999…

    Vingt deux années depuis, pour ces personnes, se sont écoulées… La “doyenne”, Gilberte Pernaud, a aujourd’hui 96 ans… Si elle vit encore (ce serait heureux pour elle si sa vieillesse se déroule dans les “meilleures conditions possibles”)…

     

    … Le gagnant du voyage d’une semaine sur le grand voilier en haute mer, fut Olivier Pichard, 17 ans en 1999, avec son texte “Le cartographe des souvenirs”…

    Les douze, nous étions conviés à assister aux festivités et aux activités, à tout ce qui était organisé lors de ce festival, lors des journées du 10 et du 11 juillet 1999, à Créon en Gironde ; et à nous voir remis lors d’une “cérémonie” officielle, à chacun, 10 exemplaires du livre édité…

     

    La nuit du 10 au 11 juillet, je la passai dans un camping, proche de Créon… Une belle nuit douce et étoilée, je dormis sur une couverture étendue sur l’herbe… Deux journées d’un temps superbe, chaud et ensoleillé, sans nuages dans le ciel… Et… “de jolis visages” – de femmes notamment – à “en veux tu en voilà” (rire)…

     

    … Aujourd’hui, le livre est “introuvable” (non répertorié, non numérisé, plus accessible)… J’ai cherché en vain sur internet… Sur la Bibliothèque Nationale, avec les outils de recherche, Gallica ; le titre de l’ouvrage “Les voyages extraordinaires”, le numéro ISBN : 2-9514315-0-3, l’année de parution 1999… Figurent en bas page 4 ème couverture, les logos suivants : Créon, Caisse d’Epargne Aquitaine Nord, Belem, Centre Régional des Lettres Région Aquitaine.

    Si quelqu’un arrive à trouver en effectuant d’autres recherches, qu’il me le dise, merci…

     

    Pour accéder au texte intégral de ma nouvelle “La séparation”, voir sur mon site

    http://yugcib.e-monsite.com/ à “Mes œuvres écrites” et faire défiler la page jusqu’aux liens des pages numérisées, en bas.

  • Leurs enfants après eux, de Nicolas Mathieu

    Leurs enfants

     

    … De 1992 à 1998, dans une vallée proche du Luxembourg, où les hauts fourneaux, la sidérurgie, la métallurgie déclinaient la vie économique et sociale depuis des dizaines d’années, en fait depuis la seconde moitié du 19 ème siècle, où s’étaient succédées cinq, six générations d’ouvriers… Un monde, mais surtout une jeunesse qui meurt…

    Toute une région de cette partie Nord et Est de la France, que les “promesses” de la mondialisation ( des nouvelles économies de marché et de la consommation ) n’ont pas atteint, et encore moins dans ces villes et bourgades devenues des “cités” en majorité habitées par des chômeurs, des gens et des familles en situation d’assistance, ou vivant d’expédients, notamment avec la drogue, les marchés clandestins et informels, des artisanats ou des emplois de survie…

    Mais cette époque là, celle de ces années de la dernière décennie du 20 ème siècle, du Franc et des premiers téléphones portables, dans son “apogée” si l’on peut dire, en 1998 avec “Les Bleus” champion du monde de la coupe de football ( 12 juillet 1998)… Est aujourd’hui, une génération (20 ans) plus tard, une époque révolue…

    Révolue, en ce sens que, bien au delà encore du désastre économique et social laissé par la fermeture définitive des hauts fourneaux, bien au delà de cette détresse et de cette misère sociale, de toutes ces familles autant “normales” que “recomposées” qui se sont disloquées, éparpillées, métissées, etc. … Bien au delà des “promesses” non tenues, de projets d’avenir orientés sur l’économie touristique et de loisir, bien au delà des “discours” des élus de la République et des “politiques”, des partis de droite, de gauche et du centre, du Front National (aujourd’hui le Rassemblement National), des anticapitalistes et de l’extrême gauche, et des abstentionnistes de plus en plus nombreux aux scrutins électoraux…

    Bien au delà mais à plus vrai dire “en plus”, de tout ce qui était dans les années 1990, le monde en déshérence de la désindustrialisation avec ses conséquences sur la vie sociale ; il y a aujourd’hui, en 2021 et depuis déjà un bon quart de génération… L’islamisation radicale en progression, les communautarismes exacerbés, les crispations des minorités revendicatrices, le terrorisme et les attentats, toute une violence sociétale larvée, prête à se manifester à tout moment, une violence même assez souvent agissante…

    … Mais les “héros du jour” que sont cependant et indéniablement, les “gens de bonne volonté” – de toutes générations dont des jeunes et même des très jeunes – par les actions qu’ils mènent en fonction de leurs possibilités, de leurs imaginations, initiatives, énergie créatrice, détermination, optimisme… Là où ils demeurent et dans leur environnement de famille et de connaissances, en partie grâce il faut dire aux réseaux sociaux, à tout ce que permettent de nos jours les nouvelles technologies de communication… Les “héros du jour” ne font jamais la Une des Actualités, ce sont autant des humbles et des gens de modeste condition, que des personnages ayant quelque pouvoir, influence, notoriété locale (autant dire des pauvres Et des riches)…

    Ce sont ces “héros du jour” là qui feront finalement ce que sera le monde de demain (qui dans le “meilleur” et plus probable des cas il faut dire, ne sera, ce monde “ni pire ni meilleur” – mais différent)…

    … Cela dit, autant ce livre est intéressant, avec de nombreux passages d’une écriture travaillée, autant j’en recommande la lecture… Autant cependant je trouve qu’il ne justifie pas l’attribution d’un Prix Goncourt, déjà pour cette raison : il comporte des pages de description de “baise” (quelques passages tout de même un peu épuisants) d’une part ; et dans l’ensemble, il n’est pas à mon avis, suffisamment représentatif de la langue, de la littérature française dans son intemporalité si je puis dire… D’autre part…

    Mais bon, ce n’est là qu’un avis personnel…

    … Reste à savoir ce que ce livre aurait donné s’il avait évoqué non plus cette époque des années de la dernière décennie du 20 ème siècle, mais plutôt les mêmes lieux, les mêmes personnages, la même jeunesse, tout cela dans l’actualité des années présentes…

     

     

  • Suite française, d'Irène Némirovsky

    Suite francaise

     

    … Devant cet ennemi que l’on ne peut combattre avec les mêmes armes qui furent celles de la Résistance contre l’occupant Nazi en ces “années noires” 1940-1944, devant cet ennemi autrement occupant et envahissant qu’est le covid depuis février 2020 ; et qui a pris possession de la France, de l’Europe et du monde, rendu vulnérables les populations les plus exposées aux formes les plus graves du covid, radicalement modifié en les détériorant les rapports sociaux et nos modes de vie ; durement impacté nos économies et nos activités ainsi que nos libertés… L’on retrouve les mêmes désordres tragiques, les mêmes inerties, lâchetés, peurs, égoïsmes, individualismes, précipitations, préjugés, violences, prédations, hypocrisies, que durant le déversement sur les routes de millions de gens en juin 1940… Mais aussi il faut dire, les mêmes héroïsmes, les mêmes générosités…

    Sauf que ce ne sont plus les routes qui sont encombrées par des voitures, des charrettes, des bicyclettes, des familles et des gens à pied, mais des appartements en ville, des maisons de lotissements entourées de murs ou de palissades ou de haies, en lesquels les gens, les familles se “terrent”, se “barricadent”, dont ils ne sortent que masqués…

    L’on retrouve aussi la même désespérance, la même absence de perspective, le même fatalisme… La même idée qui s’impose selon laquelle “il faut désormais faire avec”, s’adapter en somme et donc, accepter, se soumettre, obéir aux ordres, se conformer aux prescriptions, renoncer à rêver, à penser, à imaginer, à réfléchir ; et se jeter sur tout ce qu’il reste encore d’accessible et de consommable, d’achetable, de vendable, de jouable (je dirais de “loisirable”)… Avec seulement son regard pour s’exprimer dans la mesure où l’on arrive à rendre son regard “parlant” ; avec le sourire en moins (dissimulé et d’ailleurs souvent inexistant sous le masque)…

    Ce sont les nouvelles “années noires” 2020 – 20…” De la “Suite française” d’Irène Némirovsky” emportée sur les routes de l’exode, trouvant refuge dans un village du Morvan et peu après, arrêtée, déportée à Auschwitz où elle mourut assassinée en 1942…

     

     

  • Quel avenir aujourd'hui pour un livre ?

    Les comités de lecture des maisons d’édition, consultent-ils sur Facebook :

     

    - Le site officiel des auteurs, écrivains, novellistes, conteurs, illustrateurs

     

    - Ecrivains poètes peintres faisons nous connaître

     

    - Promotion des auteurs inconnus

     

    - Textes en liberté, livres et poèmes à volonté

     

    - Promouvoir son livre sur Facebook et les réseaux sociaux

     

    Ou encore, les sites dédiés aux auteurs qui publient leurs œuvres en ligne (par exemple Edilivre) ou Editions999 le site des ouvrages publiés en numérique (e-books) ?

     

    J’imagine que, dans les comités de lecture des différentes maisons d’édition, en particulier les principales (les plus connues) de ces maisons d’édition ; les personnes chargées d’examiner page par page, intégralement ou partiellement voire très partiellement, les ouvrages reçus, chaque jour très nombreux (jusqu’à 3000 dans l’année), n’ont pas pour seule activité journalière la lecture de ces ouvrages reçus…

    Et qu’en conséquence, ces gens des comités de lecture, ne vont pas avoir le temps, ni d’ailleurs prendre le temps, de consulter les pages Facebook Promotion des auteurs inconnus, Ecrivains, site des auteurs… Ni les sites dédiés aux écrivains publiant en ligne, ni Editions999…

     

    De toute manière, même la consultation, la seule consultation des ouvrages reçus, implique un choix aléatoire qui consiste par à priori, à éliminer une grande partie des textes reçus… Quant aux textes sélectionnés en fonction de telle ou telle “politique éditoriale”, beaucoup sont sans doute sommairement parcourus voire au hasard quelques passages, pages…

     

    Et avec la technologie, l’intelligence artificielle, les algorithmes ; les réponses recherchées, les résultats apparaissant, tout cela fait qu’un vrai travail de lecture, d’analyse et d’appréciation, n’est plus nécessaire …

     

     

  • L'Histoire de France vue d'ailleurs, de Jean Noël Jeanneney et Jeanne Guérout

    Histoire de f... Collection Points Poche mai 2018, 50 événements racontés par des historiens étrangers. 

    … Selon une idée chère à Montesquieu, il est sain et tonique pour un peuple, en l’occurrence le peuple Français, de se contempler dans un miroir tendu par ses voisins Européens et autres de par le monde…

    Encore que, à l’époque de Montesquieu, l’idée de « patrie » ou d’appartenance à une nation, ne pouvait être que le fait de se sentir « sujet » du royaume, pour un Français de telle région, duché, province, village, coin de terroir…

    En effet un Français de l’époque et cela est d’autant plus vrai que l’on remonte dans le temps, jusqu’au haut Moyen Age, se sentait dans sa vie quotidienne, appartenir à la communauté territoriale dont il faisait partie, limitée au village où il demeurait et vivait, qu’il ne quittait d’ailleurs jamais… Être Français n’avait donc aucun sens, ne correspondait à aucune réalité en ces temps là…

    Il ne devait venir à l’idée de personne, dans les campagnes et dans les villes de l’époque, au 18ème siècle, pas même dans la bourgeoisie et la noblesse, de se mesurer ou de se comparer à un habitant de Milan, de Madrid, de Francfort, de Londres ou de Vienne, lequel habitant de l’une de ces villes aurait tendu à son voisin Français à Nancy ou à Toulouse ou à Chartres, comme un miroir… Chacun étant, pour les privilégiés, préoccupé de ses intérêts personnels et d’accroître son domaine et sa fortune ; pour les gens du peuple en général paysans, de survivre…

    L’Histoire de France telle qu’elle est enseignée dans les manuels scolaires depuis la troisième République notamment après 1881 avec l’école républicaine laïque obligatoire et gratuite ; dans ses grandes lignes et ses principaux événements, est encore (mais peut-être un peu moins de nos jours du fait de certaines « remises en question ») la plus « acceptable » qui soit, ou si l’on veut, la plus proche de la vérité historique… Il n’en est sans doute pas tout à fait de même dans des pays non démocratiques, où la religion ou quelque idéologie dominante, « font l’Histoire »…

    Outre les écrits, les documents, les témoignages, tout cela figurant dans les centres d’archives, qui ont pu être retrouvés de ci de là, transmis d’une génération à l’autre, il y a les œuvres de peinture, de sculpture, les statues, les monuments érigés, qui font trace…

    L’Histoire de notre pays, La France, qu’elle soit vue « de l’intérieur » par les Français que nous sommes, ou vue « de l’extérieur » par les autres peuples, et cela au sujet de tel événement passé… Cesse d’être l’Histoire lorsque des visions s’imposent, lorsque des idéologies dominent, lorsque des dénis, des refus, de la morale, des appréciations, des modes, des interprétations, des déformations, s’invitent…

    Ainsi ces appels à déboulonner, abattre des statues de personnages contestés, à mesurer à l’aune d’une « morale de bon aloi » ce qui à telle ou telle époque prévalait, se pratiquait et était la réalité de l’époque dans son contexte environnemental…

    Nier, juger, condamner – au nom de valeurs du temps présent – défait l’Histoire. Et si l’Histoire est défaite, alors quelle Histoire peut se faire dans les temps qui viennent ?


     

     

  • Qui étaient nos ancêtres, de Jean Louis Beaucarnot

    Nos ancetres

    Dans cet ouvrage, Jean Louis Beaucarnot nous convie à une vision -à mon sens- plus scientifique, de ce que furent la vie quotidienne, les activités, de nos ancêtres, depuis le Moyen Age jusqu'au 20 ème siècle...

    Alors que dans un autre ouvrage, « Ainsi vivaient nos ancêtres », l'auteur nous présentait une société notamment des 17 ème et 18 ème siècles, où régnaient l'ignorance, la superstition, l'obscurantisme, une religion castratrice, une condition féminine déplorable, dans des récits peut-être par moments amusants et originaux mais le plus souvent assez noirs...

    J'ai donc préféré cet ouvrage « Qui étaient nos ancêtres », précisément pour son contenu et sa documentation plus « scientifique »...

    De nombreux Français dont en particulier ceux âgés de plus de 50 ans, se posent la « grande question » de leurs origines et sont à la recherche de leurs racines, effectuant des recherches généalogiques, surtout depuis que les archives départementales sont numérisées et consultables sur internet.

    Une grande caractéristique se dégage, de toutes ces recherches que font les gens, c'est celle qui met en évidence, dès que l'on « descend » en dessous des années du début du 20ème siècle, le nombre d'ancêtres en ligne directe ou proche collatérale, nés dans un même village de la « campagne profonde, rurale, paysanne et des métiers d'artisanat, de telle sorte que l'on retrouve dans le même village ou celui d'à côté, ses arrière-arrière grands parents paternels et maternels... Ce qui n'est plus le cas, devenu plus difficile et demandant des recherches plus longues, à partir d'après la première guerre mondiale et à plus forte raison à partir de 1950...

    Le nombre d'ancêtres doublant à chaque génération, nous arrivons à la 27 ème génération sous le règne de Saint Louis au 13 ème siècle, à plus de 134 millions d'ancêtres chacun de nous (mathématiquement parlant), ce qui semble tout à fait surréaliste du fait qu'à cette époque du 13 ème siècle la France de Saint Louis n'avait que 15 millions d'habitants...

    C'est dire qu'en réalité, plus on cherche dans le passé, et plus l'on retrouve pour beaucoup d'entre nous, les mêmes ancêtres communs...

    Ce qui fait – à mon avis- l'intérêt réel, le vrai de ce livre, c'est que l'auteur s'est appuyé sur des extraits d'archives familiales ou municipales, de témoignages écrits, de récits anecdotiques qui sont autant d'histoires véridiques...

    L'on y trouve aussi l'explication et l'origine de certaines de nos habitudes, le sens qu'ont certains mots et expressions que l'on entend encore aujourd'hui...

     

     

     

  • Le liseur du 6h 27, de Jean Paul Didierlaurent

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    Ce livre, « Le liseur du 6h 27 », paru le 31 mai 2014 aux Éditions Au Diable Vauvert, dans la liste de tout ce que j'ai lu jusqu'à présent, « fera sans doute date » dans ma mémoire tant il m'a suscité de réflexion et interpellé, par le thème, le sujet qu'il évoque...

    Jean Paul Didierlaurent est un romancier et un nouvelliste né le 2 mars 1962 à La Bresse dans les Vosges, qui, après des études à Nancy, a travaillé à Paris avant de revenir dans les Vosges.

    Lors d'un premier concours de la nouvelle en 1997, il entre dans le monde de l'écriture, et remporte à partir de 2004, de nombreux prix.

    « Le liseur du 6h 27 » est son premier roman, en 2014, qui connaît un succès fulgurant.

     

    Un jeune homme, Guylain Vignolles, le personnage central du livre, travaille dans un centre de traitement destruction de livres mis au pilon par les maisons d'éditions... L'on détruit ainsi dans ce centre, chaque jour, des tonnes de livres invendus, dont des  Prix Renaudot, Fémina etc. … et même des Goncourt, de l'an passé...

    Il vit seul, ce Guylain, dans un petit appartement avec un poisson rouge pour compagnon « Rouget de l'Isle » - le 4ème, le 5 ème puis le 6 ème – parce que ces poissons ont une durée de vie assez courte...

    Il récupère des pages de quelques uns de ces livres broyés et, le matin en prenant le RER de 6h 27, il fait lecture d'une page, au hasard, dans la rame du RER, devant les gens assis ou debout...

    Un soir en rentrant de son travail (jamais il ne fait de lecture au retour) il trouve sous le siège où il est assis, une clé USB...

    Il branche la clé à son ordinateur et en explore le contenu, plusieurs dizaines de documents texte intitulés « Doc1, 2, 42, etc. »...

    Un matin dans le RER il rencontre deux dames d'un certain âge qui lui demandent de bien vouloir venir chez elles, lire des pages... Il accepte... Vu le succès de l'expérience, les deux dames proposent à Guylain de renouveler la séance de lecture mais en présence d'amies ou de voisines...

    Entre temps, Guylain ayant exploré le contenu de la clé USB, toute une suite d'épisodes d'une sorte de journal rédigé par une Julie, 28 ans, « dame pipi » dans les toilettes publiques d'un grand centre commercial ; décide pour le prochain rendez vous chez les deux dames avec leurs amies, de lire des passages de ces documents texte Doc1,2,42...

    Un ami et compagnon de travail de Guylain, Guiseppe, qui a perdu ses deux jambes, accidentellement broyées dans la machine au centre de destruction des livres, propose de rechercher cette Julie, dresse une liste de tous les grands centres commerciaux d'Ile de France... Et voilà Guylain qui passe toute la journée du samedi à visiter les centres commerciaux et bien sûr, les toilettes publiques... Il ne trouve pas cette Julie...

    Cependant, autant dans le RER, ce 6h 27 du lundi au vendredi, que chez les deux dames, et cela à force d'être renouvelé, la lecture ainsi faite devant un public inconnu ou dans l'intimité d'une réunion d'amis, remporte un succès inattendu en ce sens qu'elle semble contribuer à une modification des comportements, des rapports de communication entre les gens...

     

    Un extrait, page 135 livre de poche folio :

     

    « 4.Doc »...

    « Quand on tient des toilettes publiques, quelles qu'elles soient, on n'est pas censée tapoter sur le clavier de son ordinateur portable pour y tenir son journal. On doit juste être bonne à torcher du matin au soir, à astiquer les chromes, à récurer, à briquer, rincer, réapprovisionner les cabinets en papier toilette et rien d'autre. »

     

    Des séances de lecture, de livres, de textes divers, à haute voix, dans un train, un bus, un métro, à côté d'une file d'attente à la caisse dans un grand supermarché... Peut-être pas forcément une page entière, juste un paragraphe... Pourquoi pas ? … Il y a bien des musiciens parfois, jouant d'un instrument, dans le métro parisien, entre deux stations...

    Mais... « on va dire » (vais-je dire)... Lorsque sera passé le temps du port du masque... Et sans béret ou casquette renversé, par terre, avec des pièces de monnaie dedans... (rire)...

     

     

     

  • Cent ans de solitude, de Gabriel Garçia Marquez

    Cent ans de solitude

    Ce livre, de Gabriel Garçia Marquez écrivain Colombien né le 6 mars 1927 et mort le 17 avril 2014, prix Nobel de Littérature en 1982 ; « Cent ans de solitude », publié aux Éditions du Seuil en langue Française en 1968 ; fut classé il y a de cela quelques années, dans une liste de 20 ouvrages les plus lus sur la planète, autant dire le succès qu'il remporta auprès d'un très large public dans le monde entier.

    « Une épopée vaste et multiple, un mythe haut en couleur plein de rêve et de réel » lit-on en page de 4 ème de couverture en édition de poche « Points »...

    Je ne me souviens plus exactement du rang, dans la liste des 20 ouvrages, qui était celui de « Cent ans de solitude »...

    Toujours est-il que, peu de temps après avoir eu connaissance de cette liste des 20 ouvrages les plus lus dans le monde, je m'étais décidé à lire ce livre...

    Mais je dois dire que j'ai « déclaré forfait » à la 35 ème page, alors que j'avais pris soin cependant, de lire la présentation d'Albert Bensoussan, écrivain né en 1935 à Alger, traducteur et Docteur ès Lettres... Une présentation faisant état de l'écriture d'un auteur « épico-lyrique, parodique et grandiose, excessive et fleurie, à la fois hyperbolique et simple, charmante et fascinante, et parfois terrifiante, comme peut l'être le langage d'un conteur de village qui impose à la conscience stupéfaite de son auditoire-ici de son lecteur- des contes de fées et des histoires fantastiques »...

    Récemment, ayant retrouvé sur l'une des étagères de ma bibliothèque, ce livre « Cent ans de solitude » j'ai tenté un deuxième essai de lecture, m'étant aperçu qu'à la page 35, se trouvait encore le marque page, un bout de papier plié en deux avec une flèche écrite au stylo pour repère...

    Et cette fois en dépit de toute ma bonne volonté, j'ai encore déclaré forfait, cette fois, à la page 32...

    Je dois dire -il en a toujours été ainsi de mes lectures depuis adolescent- que le côté « conte de fée » et histoire fantastique mettant en scène des fantômes, des personnages aux pouvoirs surnaturels ; que tout récit de fiction trop éloigné de ce qui est rationnel, dont la crédibilité fait défaut (du moins une apparence de crédibilité)... Ne m'a jamais attiré ni passionné....

    Pour moi, dans le rêve, dans l'imaginaire, dans la fiction, il doit entrer une dimension -comment dire- « d'ordre universel » ou « cosmique » en rapport avec des lois physiques, des principes de relation, d'association des éléments ou particules, une sorte de chimie de la vie, et tout cela dans une « logique », un « sens »...

    Il m'est arrivé de dire que la réalité est plus « surréaliste » par elle même dans son état brut, naturel, complexe ; que le « surréalisme » des artistes (peintres ou écrivains) du surréalisme en Art...

    Je n'ai guère senti ou perçu le lien -s'il y en a un – entre le réel et le rêve, dans les trente premières pages de « Cent ans de solitude » ; je n'ai pas été sensible à ce langage de conteur de village épico-lyrique, parodique et grandiose, excessif et fleuri, en lequel je n'ai trouvé que ce qui me gêne dans le surréalisme, dans le récit de fiction, à savoir cette absence ou cette déficience de « dimension universelle ou cosmique » (dans la dimension universelle, naturelle et cosmique il n'y a pas de « fantômes » ni de surnaturel mais des formes, des organismes, des structures, tout cela d'une diversité quasi infinie, en somme une sorte de « réservoir inépuisable  de création », et d'une grande complexité (le « vrai surréalisme » donc)...

     

     

  • Ainsi vivaient nos ancêtres, de Jean Louis Beaucarnot

    Cvt ainsi vivaient nos ancetres de leurs coutumes a 3049

    Journaliste, chroniqueur sur France Inter, généalogiste, auteur de plusieurs essais dont l'odyssée des familles, chasseur d'ancêtres et les noms de famille et leurs secrets... Jean Louis Beaucarnot, né le 19 septembre 1953 à Saint Symphorien-de-Marmagne en Saône et Loire, nous présente avec son livre Ainsi vivaient nos ancêtres publié en juin 1990, un tableau pour le moins -à mon sens- assez noir, de ce qu'était la vie quotidienne de nos ancêtres, gens du « commun des mortels » dans les campagnes et dans les villes, aux 17 ème, 18 ème, 19 ème siècle et jusqu'en 1914...

    « Originale et amusante , l'histoire quotidienne de nos ancêtres vous réserve une foule de découvertes savoureuses »... Est-il écrit à gauche, dans le résumé figurant en première page interne de la couverture..

    « Original, amusant, savoureux »... Je veux bien … Mais à vrai dire, c'est effrayant : que de superstition, d'omni présence d'une religion « castratrice et punitive », de crasse, de saleté, de manque d'hygiène, d'obscurantisme et surtout de condition féminine encore pire que celle d'aujourd'hui dans les pays où la femme est déconsidérée...

    Puanteur, ignorance crasse, jamais d'autre contact du corps avec l'eau, que dans une rivière en été lors d'un bain, femmes battues à coups de bâton, de lame de faux, de tisonnier rougi au feu... Sorcelleries et diableries, bébés étouffés ; jeunes enfants gardant des oies ou des moutons dans des prés jouxtant des forêts infestées de loups et de bêtes sauvages, une médecine inexistante ou empirique, de décoctions avec des fientes de divers volatiles, de pratiques divinatoires...

    Il est difficile d'avoir du respect, de la considération, pour une telle « civilisation  de merde », d'obscurantisme et de si féroce imbécillité, qui fut celle de nos 17 ème, 18 ème, 19 ème siècles en France ! … Du moins dans la société du « commun des mortels »... Et ce « n'était guère mieux » dans la bourgeoisie ou chez les privilégiés -surtout en matière de traitement et de considération de la femme...

    Sans compter toutes ces pratiques visant à stigmatiser, à offenser publiquement, voire à exclure par la violence et par la cruauté, les « indésirables », les marginaux, les Juifs, les lépreux, les gens atteints de difformités, ou encore tout comportement n'entrant pas dans le sens commun, toute manière de penser jugée dérangeante... Jusqu'à la religion, jusqu'à ces passages de la Bible relatifs à la femme qui n'ont rien à envier à ce que l'on peut lire sur la femme dans le Coran...

    Notre époque -depuis 1920- « est peut-être ce qu'elle est, tout ce que l'on voudra lui reprocher, de violence, d'injustice et d'hypocrisie », mais elle est tout de même « préférable » à ce qui a été avant le 20 ème siècle !... Quoiqu'une « sophistication » de la barbarie notamment depuis la seconde guerre mondiale et à plus forte raison encore depuis la mondialisation de l'économie marchande et de la surconsommation, n'en fasse guère loin s'en faut, une « société modèle » !

    Reste à voir ce que cela va donner, au 21 ème siècle, avec ces « neunœils » partout, ces fichiers numériques, la liberté d'expression bafouée, muselée, la robotisation, les manipulations génétiques, le retour de diverses formes d'obscurantisme et d'intégrismes religieux, les pouvoirs accrus des décideurs, des puissances financières, des lobbies de la santé publique...

    Par comparaison, on peut dire qu'avant le 17 ème siècle, notamment au temps de « l'âge d'or » du Moyen Age du 13 ème siècle, à l'exception de l' épopée des croisades cependant, nos ancêtres alors, « vivaient un peu mieux dans leur quotidien »... Si l'on peut dire... (Au moins, déjà, ils se lavaient le corps entièrement, plus habituellement, plus fréquemment, qu'aux 17 ème et 18 ème siècles)...

     

     

  • Les mémoires de la comtesse de Boigne

    Née D'Osmond, récit d'une tante. Tome I, du règne de Louis XVI à 1820, édition présentée et annotée par Jean Claude Berchet, collection Mercure de France.

     

    Voici ma fiche de lecture de ce livre dont j'ai arrêté la lecture au bout d'une cinquantaine de pages :

     

    En livre de poche, cet ouvrage comporte 730 pages... Couvrant près de 70 ans, les mémoires de la comtesse de Boigne, depuis les dernières années de l'ancien régime jusqu'à la révolution de 1848, nous avons là un premier tome de 730 pages : du règne de Louis XVI à 1820...

    Il y a donc un deuxième tome pour la période 1820 à 1848, qui sans doute comporte autant de pages...

    Déjà, il faut parvenir à aller jusqu'au bout d'une longue introduction d'une vingtaine de pages...

    En règle générale, je ne suis que fort peu « partant » pour lire de ces préambules, préfaces, introductions, que je passe, afin d'entrer tout de suite dans le vif du récit, du roman ; et cela ne peut être qu' après avoir achevé la lecture du livre, que je me décide à prendre connaissance de l'introduction...

    Au début de la première partie, chapitre I, Versailles, nous devons « ingurgiter » tous les tenants et aboutissants d'une généalogie très compliquée, autant du côté maternel que paternel avec les grands et célèbres aïeux, leur place et le rôle qu'ils ont joué dans la société aristocratique et bourgeoise de l'époque... Tous ces personnages au noms composés à particules, difficiles à retenir -autant dire que ça te passe au travers de la tête d'une oreille à l'autre...

    Il va sans dire que pour un lecteur (en l'occurrence le lecteur que je suis), immergé dans son temps dont il est le témoin, pris par la vie qui est la sienne au quotidien, avec ses activités, ce qui le sensibilise, ce qui le motive... Les tenants et aboutissants d'une généalogie très compliquée de personnages dont les noms de surcroît ne sont en aucune façon mémorisables ne sont que de peu d'intérêt voire d'aucun intérêt...

    Je ne retiens de ce livre, de ces quelque 50 pages que j'ai lues, ainsi que d'autres pages entrevues (« survolées » on va dire)... Que la qualité de l'écriture, bien dans le « beau style » de ces auteurs notamment féminins de ce XVIII ème siècle des Lumières...

    En règle générale dans mes lectures, je privilégie des textes, des récits, où n'interviennent et ne sont mis en scène qu'un nombre restreint de personnages, et cela en l'absence de toute intrigue compliquée du genre « thriller » policier, psychologique, aventurier, etc. (En revanche je recherche là où il y a du sens, de la réflexion, du réalisme « pur et dur » -mais néanmoins empreint de ce qui participe à la beauté du monde et impacte-, tout cela au delà de la seule dimension émotionnelle)...

     

    À priori, du fait que je m'intéresse à l'Histoire, au récit historique, et cela de toutes les époques ; j'ai pensé en ayant vu ce livre en ma possession et se trouvant parmi d'autres livres sur une étagère, ce livre que j'avais dû sans doute trouver dans un vide grenier, et dont je n'avais point encore commencé la lecture, j'ai donc pensé qu'il pouvait m'intéresser et j'ai pris connaissance du résumé en 4 ème de couverture, puis je me suis lancé...

    Entre autres récits ou romans historiques relatifs à la période révolutionnaire 1789-1799, j'avais notamment lu, de Christian Gilles « Madame Tallien » et de Anne Couvreuse « Les mémoires de madame Roland », et Condorcet en livre de poche...

    Mais pour ces mémoires de la comtesse de Boigne j'ai déclaré forfait au bout de 50 pages... Je n'arrivais pas à « entrer vraiment dans le texte »...

     

     

  • Le Fléau, de Stephen King

    Le fleau

    Dans « Le Fléau », de Stephen King, entre 97 et 98% de la population aux USA et partout dans le monde, meurent de cette sorte de grippe très virulente qui ravage la planète et ne laisse donc survivre que 2 à 3% de gens de toutes générations...

    Il est évident qu'avec un nombre aussi réduit de survivants, à peine 20 à 30 personnes sur mille en des lieux où vivaient des centaines de milliers de personnes, dans des très grandes villes, plus rien ne peut fonctionner du fait que la plupart des activités humaines (industrie, commerce, emplois qualifiés, informatique, numérique, robotique, médecine, chirurgie, écoles, artisanat, métiers de maintenance entretien, tout ce qui nécessite du savoir faire) dépendent précisément et globalement de spécialistes, de chercheurs, d'ingénieurs, qui devenus très rares, font cruellement défaut... De telle sorte que les survivants eux-mêmes n'ont que très peu de chances de se maintenir longtemps en vie...

    C'est alors, dans le roman de Stephen King, qu'entrent en scène des sorciers, des illuminés, des imposteurs de tous bords, des empiriques, de redoutables prédateurs humains, toutes sortes de gens mal intentionnés dont les pouvoirs sont exorbitants...

    L'on pourrait imaginer une évolution de ce « virus chinois » (actualité février 2020) qui peu à peu, muterait et deviendrait aussi ravageur que celui du Fléau de Stephen King...

    En attendant, avec à peine 2% de mortalité à l'heure actuelle, toutes les places boursières affichent de fortes baisses...

    Que la Bourse capote et que la Bouse soit ! (rire)... (La bouse empuantissant les Marchés dévergondés et mettant des nuées de mouches en dividendes)...

     

  • La vie est ailleurs, de Milan Kundera

    La vie est ailleurs

    Jaromenil, un petit garçon ( futur poète et déjà poète), voit sa maman qui affiche ses premiers écrits sur de grandes feuilles de dessin et les accroche aux murs de sa chambre comme si c'étaient des tableaux...

    Tout étonné, et ravi, Jaroménil prend alors conscience de l'importance que l'on donne à ses mots... Il en est très ému, et, au delà, bien au delà de la fierté qu'il en a, il réfléchit et se dit que les mots qu'il prononce puis écrit, sont des mots qui ne vont pas disparaître, des mots que l'on retiendra...

    Beaucoup d'enfants de par le monde n'ont pas ainsi, une maman, quelqu'un de leur famille ou une autre personne dans leur entourage, qui présente, met en valeur, avec autant de sincérité et d'émotion leurs écrits, leurs dessins et tout ce qu'ils réalisent...

    Mais prendre des enfants pour de petits dieux, céder à leurs caprices, surdimensionner avec ostentation ce qui les porte à dominer, à devenir des petits héros, et cela sans jamais s'intéresser à ce qui les singularise et qui n'entre pas dans les normes, c'est aussi ce que l'on voit... Et ces enfants là, dans une société consumériste, technologiquement et économiquement développée, seront les adolescents, puis les adultes de demain, bien accordés à un système en place dans une bonne ou mauvaise conscience mais plutôt à vrai dire dans une conscience et dans une réflexion sans consistance...

    Jaroménil enfant et déjà jeune poète, ne se voit pas en un Rimbaud ou en un Mallarmé, il ne se se voit qu'en lui-même selon ce qu'il observe, selon ce dont il s'interroge, selon ce qu'il exprime, traduit, interprète avec ses mots à lui... Et ainsi en est-il de même de chacun d'entre nous, qui dès l'enfance, peut être comme on dit « un poète, un écrivain, un artiste en herbe »... Il n'y aura par la suite, que le travail, que la recherche, en lien avec le talent, le talent qui sans le travail, n'est plus que de la terre d'un jardin en friche...

    Si la maman de Jaroménil n'avait point accroché tels des tableaux sur les murs de sa chambre, ses premiers écrits, si elle avait mis à la place des dessins de grands humoristes caricaturistes que son petit garçon aurait un temps admirés... Peut-être que Jaroménil devenu adolescent puis adulte, aurait fini par ne plus considérer sa vocation de poète, aussi essentielle dans sa vie... Peut-être même aurait-il abdiqué...

    Il y aura cependant -comme il y a d'ailleurs quasiment toujours pour le poète, pour l'écrivain, pour l'artiste devenu ( Le Jaroménil du roman de Kundera ou le Jaroménil de la vie réelle en 1920 ou en 2020) n'échappant point à la « règle »)... Cette  bonne ou mauvaise conscience empruntée à l'époque, et plus ou moins accordée au système en vigueur, qui viendra se « greffer » en surface, sans que soit effacé le fond premier du tableau...

    Je ne pense pas qu'un Jaroménil d'aujourd'hui âgé de quatre ans, devienne un jour un incendiaire de voiture, de cave d'immeuble ou de forêt proche d'un village, s'il a une maman ou quelqu'un dans son entourage qui lui accroche ses mots comme des tableaux sur les murs de sa chambre...

     

  • Ma "fiche de lecture" du livre de Jean Pierre Poccioni "LUNGOMARE BELLINI" (éditions Weyrich)

    Lb

    https://www.mollat.com/livres/2376199/jean-pierre-poccioni-lungomare-bellini , pour se procurer le livre...

     

    Soit dit en passant : la librairie Mollat à Bordeaux, est la plus grande librairie de la région Nouvelle Aquitaine (il faut y avoir été pour s'en rendre compte)... C'est aussi une librairie dans le sens de ce qu'est vraiment une librairie dans le monde actuel des espaces culturels, et cela est d'autant plus « heureusement étonnant » pour une librairie de cette taille et de cette envergure !

     

     

    En lisant le livre de Jean Pierre Poccioni LUNGOMARE BELLINI, j'ai eu l'impression de plus en plus nette page après page, d'être comme en une promenade le long d'une plage immense sans vacanciers avec juste l'air du large et un grand soleil supportable aux yeux, ou dans une forêt bruissante de la vie qui la peuple, ou sur un haut plateau sans sentiers ou chemins balisés de grande randonnée d'une région de montagne ; en fait, dans un espace naturel qui aurait retrouvé sa pureté originelle...

    L'espace naturel est celui, en l'occurrence, du livre... De ce qui fait ce livre : l'écriture, le style de l'auteur ; avec, ce qui est peu commun dans la littérature d'aujourd'hui, l'auteur qui met en scène le personnage de Pierre racontant à sa nouvelle compagne, un livre « Lungomare Bellini, écrit par un « Bertrand Descombières », un livre dont se sert Pierre pour faire comprendre à sa compagne, la trahison dont il a été victime dans sa relation avec une autre femme précédemment...

    Mais bien au delà de l'histoire elle même, au delà du thème du roman (les péripéties d'une trahison dont soit dit en passant, beaucoup d'entre nous en font l'expérience douloureuse), c'est bien cet « espace naturel », celui de ce livre dans sa pureté et dans sa facture, celui de la littérature ; l'environnement de la « promenade »...

    Et durant toute la promenade, pas un seul instant je n'ai eu ces pensées, ni même ces rêves... Et encore moins ces longues et profondes réflexions qui d'ordinaire me viennent à propos de ce qui se passe dans le monde, dans l'actualité du moment, de l'époque présente...

    C'était, page après page, aussi, comme si je m'étais trouvé devant le tableau d'un artiste que j'aurais choisi d'acheter, dont chaque détail de ce tableau aurait retenu mon regard et l'aurait prolongé, revenant sur ce détail là en particulier, et sur un autre encore...

    L'artiste qui avait peint ce tableau ne me semblait appartenir à aucune de ces écoles dont on parle dans les académies, les salons, les expositions... Je n'y voulais voir, d'ailleurs, aucune école...

    Cependant, oui, mais seulement quand je n'avais plus le livre sous les yeux, parce que l'on lit une demi heure, une heure, de ci de là dans la journée... Il m'est venu cette pensée, après avoir plusieurs fois lu page 11 «  Le fait est que comprendre les autres n'est pas la règle dans la vie..../...  » de Philip Roth dans Pastorale américaine :

     

     Tant que notre culture, notre sensibilité, et par là même notre faculté à penser, à réfléchir, à juger, à témoigner de ce que l'on observe... Se fondent sur les valeurs qui nous ont été inculquées, d'une part ; et les valeurs qui nous sont personnelles et que l'on s'est forgées au fil de nos expériences et de ce que nous avons vécu, d'autre part... Et qu'avec et par tout cela l'on croit comprendre les autres, comprendre ce que les autres font ou ne font pas, comprendre le monde, comprendre l'époque en laquelle on vit, comprendre le pourquoi et le comment, comprendre l'œuvre d'un écrivain ou d'un artiste... Nous demeurons dans une dépendance qui fait de l'être vivant que nous sommes en tant qu'être humain, et précisément parce que nous sommes humains, un être vivant conscient -et imbu- de son existence, tellement conscient qu'il en perd de vue la nature même, la nudité, la pureté, le caractère intemporel de ce qui au fond, fait un être vivant à l'état brut, avant tout ce dont se fait lui-même cet être vivant, avant tout ce que les autres êtres vivants font de lui...

    La dépendance est d'autant plus déformante qu'elle se fixe sur des normes de pensée, de mode, de jugements, de préjugés, en flux et reflux de vagues déferlant sur le sable d'une plage souillée de tous les petits détritus que l'on abandonne sans se poser de questions...

    Dans la relation humaine de l'époque présente, peut-être plus encore que dans un passé relativement proche, celui d'avant Internet et des réseaux sociaux, de ce temps que l'on dit être celui des « trente glorieuses »... « L'air du temps » n'est pas, loin s'en faut, à la compréhension des autres, de ces autres même, qui sont des proches, des personnes de notre famille, des connaissances et amis... Et à plus forte raison, des gens que l'on connaît peu ou voit peu...

    L'on passe sa vie à se fourvoyer, bardés de ces certitudes que l'on s'est faites et auxquelles on croit jusqu'à les imposer aux autres, impactant ainsi les opinions, dans un sens ou dans un autre, souvent dans le sens d'une déconsidération, d'un mépris de l'autre... Ou dans le sens d'un « mieux » qui n'a de « mieux » que l'engouement, que l'attirance nous venant, ou qu'une propension à surestimer...

    « L'air du temps » n'est pas non plus, à refuser ou même à seulement douter d'avoir tort ou raison... Il faut à tout prix avoir raison et autant que possible, pas trop souvent tort ; et si d'aventure l'on se risque au refus ou au doute, alors ne chercher à avoir ni tort ni raison devient suspect, hors du sens commun...

    C'est pourtant, ne point s'attacher à avoir raison ou tort, peut-être la meilleure manière d'être témoin de ce qui se voit, se perçoit, s'entend, de l'autre …

    Témoin en somme, « comme en promenade sur le boulevard animé des gens qui passent, des musiques, des bruits environnants, du théâtre de la vie et de la cité »... Et peu importe si l'on a les mains dans ses poches ou le long du corps, sa casquette de travers ou bien droite, le regard perçant ou perdu, enfin le « genre » que l'on se donne... Peu importent ces certitudes que l'on a pu se faire... Peu importe ce que l'on nous a dit ou pas dit, d'un tel, d'une telle...

    La promenade ... Rien que la promenade...

    Et le sourire -parfois le rire- de temps à autre... Mais peut-être pas le sourire ou le rire qui « veut dire quelque chose »...

    Et le regard...

    Et dans le regard, une pensée sans jugement, sans mots, en face de tout ce qui fait la nudité, la pureté, le caractère intemporel, la réalité crue et authentique des êtres et des choses vus... En somme, face à la beauté qu'il y a dans le monde, dans un visage, un paysage, une œuvre d'art ou d'écriture... Extraite de ce tableau toujours raté des barbouilleurs fussent-ils de génie...

     

    Quelques extraits :

     

    -Page 48 et 49 : « La caricature consiste à grossir un trait pour le rendre visible à tous mais il ne faut pas oublier qu'elle sacrifie toute nuance au point qu'au bout du compte on n'obtient rien d'autre qu'une marionnette universelle destinée à faire rire plus qu'à éclairer. »

     

    -Page 69 : « Le libraire était seul et ouvrait des colis qui encombraient l'entrée. Muni d'un énorme couteau de cuisine il dépeçait les cartons dans une sorte de précipitation rageuse, les agrafes arrachées faisaient un bruit sinistre. »

     

    -Page 107 : « Pierre reportait alors son attention sur la route, seul avec ses pensées même s'il surveillait par de brefs coups d'œil une mèche de ses cheveux qu'un flux d'air silencieux agitait doucement. » ( Pierre conduit la voiture sur l'autoroute et regarde sa compagne Caro endormie à côté).

     

     

    C'est ce que j'appelle -pour très simplement dire les choses  : « de l'écriture ! »... Il n'y a absolument aucune « critique » à formuler, notamment « pharisienne »...

    Soit dit en passant, le « pharisianisme » d'aujourd'hui sonne désespérément creux lorsque l'on tape du doigt sur la surface du tableau hérissée de concrétions corrosives...

     

    Aux passionnés de littérature et d'écriture -et de travail d'écriture- je conseille la lecture de ce livre de Jean Pierre Poccioni « Lungomare Bellini »... Et je rappelle que Jean Pierre Poccioni est l'auteur de cinq autres livres :

     

    -Le beau désordre, éditions Autrement, 2000

    -La maison du faune, Phébus, 2006

    -Un garçon en ville, éditions du Rocher, 2008

    -La femme du héros, éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2015

    -L'histoire du marin blond, Z4 éditions, 2018

     

     

  • Mon chien stupide, de John Fante

    Mon chien stupide

    ... Le livre de John Fante est un roman dans la pure tradition autobiographique, style, écriture, de l'auteur, où sont abordés entre autres thèmes privilégiés de l'auteur ; les relations familiales et la place de l'artiste dans la société.

    Déjanté, débridé, irrévérencieux, brut d'émotion et d'humour, sur un fond d'amertume, de cette amertume dont John Fante dit qu'elle est la pire chose qui puisse arriver aux gens...

    ... Le film dont le titre est le même "Mon chien stupide", réalisé par Yvan Attal lui-même dans le rôle de Henri Mohen le personnage principal, avec Charlotte Gainsbourg dans le rôle de Cécile la femme d'Henri, et de Ben Attal le fils du réalisateur dans le rôle de Raphaël le fils d'Henri, est une adaptation proche du roman de John Fante, un écrivain américain du 20ème siècle fils d'immigrants italiens qui a grandi dans une famille croyante et conservatrice dans un environnement qui lui fut hostile et dans lequel il a été incompris...

    Pour reprendre une expression de Frantz Kafka, le film "Mon chien stupide" et surtout le livre de John Fante, est, par son style, par son écriture, et dans tout ce que le livre évoque, un "coup de hache sur la mer gelée"...

    Mon sentiment est que, dans l'époque où l'on vit en ces années d'autour de 2020, bien plus encore que la pesanteur des croyances et des habitudes avec tout ce que les croyances véhiculent de crispations et de violences ; bien plus que l'absence de repères dans les relations familiales et que la place incertaine et aléatoire de l'artiste dans la société ; bien plus aussi, que l'indifférence, que l'incompréhension, que le renoncement -ou que le radicalisme dans un engagement politique ou religieux... C'est le recul -ou le repli- de l'intelligence dans la relation humaine, sur fond de ce qui imite l'amour à s'y méprendre (ce que j'appelle "l'ennemour") ; c'est le recul de la réflexion, le remplacement de la bienveillance par la complaisance, la substitution de l'affirmation par l'outrance, la domination de l'apparence et de l'effet immédiat sur l'authenticité et la réalité vraie... De telle sorte que le "coup de hache sur la mer gelée" devient un "coup d'épée dans l'eau"... Et qu'en tant qu'artiste, écrivain, poète ; en tant qu'être de réflexion et de pensée, en tant qu'être "ordinaire" -mais purement humain... Ça devient, comme pour le petit renard des sables vivant et se déplaçant dans un désert de rocailles de ci de là habillé d'un peu de verdure... De plus en plus difficile, de plus en plus aléatoire... Avec le difficile qui pèse plus que l'aléatoire...

     

    http://yugcib.forumactif.org/t74-john-fante

     

     

     

  • L'Atlantide, de Pierre Benoît

    L atlantide

    ... Lors d'une mission d'exploration au Sahara dans le massif du Hoggar, deux officiers Français, André de Saint Avit et François Morhange, se retrouvent prisonniers d'Antinéa, descendante des Atlantes, la souveraine de ce petit paradis merveilleux situé dans ces montagnes du Hoggar, un territoire en fait, qui, dans le récit de Pierre Benoît, serait un "reste" de ce que fut l'Atlantide, ce continent mythique évoqué par Platon dans le Critias et le Timée, entre la fin du 5 ème et le début du 4 ème siècle AV-JC.

     

    ... L'intérêt véritable, dis-je, de ce livre, réside tout d'abord dans sa forme littéraire, dans la beauté de l'écriture...

    Ensuite sur ce qu'il y a de crédible, historiquement et scientifiquement parlant... À savoir que les Grecs du temps des Mycéniens et des Minoens (le monde Egéen de 1700 à 1200 AV-JC) et les Grecs du temps de Platon au 5 ème siècle AV-JC ; avaient mené des expéditions d'exploration jusqu'au fin fond du Sahara, dans le massif du Hoggar, et étaient même allés jusqu'au cœur de l'Afrique subsaharienne... Et de même ont fait les Égyptiens anciens de l'âge du Bronze, qui sont allés jusqu'en Ethiopie actuelle, jusqu'à l'extrémité de la mer rouge, et aussi vers l'Afrique subsaharienne (le Soudan actuel)... Et encore les Romains dès les 2ème et 3 ème siècles AV-JC, eux aussi jusqu'en Afrique subsaharienne...

    Les deux officiers Français en mission font la découverte d'une insciption en forme de croix, d'un dessin très régulier, avec des caractères entaillés dans la roche (du Grec traduit dans une langue locale d'un peuple qui vivait là, dans cette région du Sahara il y a plus de 2500 ans)...

    Mais là où s'arrête la science commence la légende et le mythe... Déjà, première constatation : autant du côté des Grecs anciens que des Égyptiens anciens, la présence dans cette région (le Hoggar), des uns et des autres, datent de l'âge du bronze c'est à dire, en gros, entre 3000 et 1200 AV-JC ; et ensuite de l'âge du fer après 800 AV-JC...

    L'Atlantide étant située dans le temps à plus de 9000 ans avant notre ère, il est absolument impossible qu'une civilisation méditerranéenne proche orientale comparable à celle qui a existé après 1700 AV-JC, ait pu s'épanouir à cette époque là vers 10/9000 AV-JC... Et donc, entrer en contact avec cette civilisation Atlantide... L'on sortait à peine du Néolithique au proche orient vers 9000 AV-JC...

    En supposant que cette civilisation Atlantide ait encore existé au delà de 9000 AV-JC, reste à savoir comment et quand elle aurait disparue, aurait été engloutie ou détruite ou étant tombée en décadence...

    Il me semble difficile d'imaginer une "jonction" entre "ce qui resterait encore d'une civilisation Atlantide" et la civilisation Egéenne par exemple vers 1500 AV-JC.

    Autant dans ce livre de Pierre Benoît j'ai été intéressé par le début, jusqu'au récit de la découverte des inscriptions, autant par la suite je n'ai plus du tout adhéré au récit faisant état d'un "paradis" au cœur du désert saharien, avec ce personnage d'Antinéa descendante de Neptune, un dieu des Atlantes, ni à cette description d'un paysage merveilleux avec sur les cimes des montagnes environnantes, de la neige! ... Même si parfois -cela peut arriver- à plus de 2000 mètres dans le Hoggar, en hiver, des passages de fronts et des dépressions peuvent provoquer des chutes de neige sur les sommets...