ordre naturel

  • Le désordre est dans l'humanité, pas dans la nature

    « Il y a moins de désordre dans la nature que dans l'humanité »

    Edgar Morin

     

    En fait, il n'y a dans la nature aucun désordre.

    C'est par ce que l'on appelle le hasard au sens d'un agencement aléatoire ou fortuit, de particules dans un environnement particulier, que l'on explique l'origine d'un processus de développement d'une structure, d'un organisme...

    Par exemple les atomes d'hydrogène et d'hélium qui, répartis dans l'univers, sont les plus nombreux, puis les atomes d'oxygène, de carbone, d'azote, et de fer...

    Ce que l'on appelle les « briques de la vie » donnant naissance à tout ce qui est vivant dans l'univers – mais dans la nécessaire dépendance à des conditions environnementales particulières- est le résultat de l'association de ces atomes de base que sont l'hydrogène, le carbone, l'azote et l'oxygène...

    Nous ne comprenons toujours pas comment des atomes tels le carbone, l'azote, l'oxygène, l'hydrogène, éloignés qu'ils sont les uns des autres dans un espace difficilement mesurable, parviennent à se rejoindre, ni quelle « mécanique » rend leur réunion possible...

    Car il s'agit bel et bien d'une « mécanique » (impliquant un mouvement, une force d'attraction, un principe) qui s'opère afin que l'association soit possible... Et s'il y a « mécanique » et donc, un « principe intelligent », alors il n'y a plus de hasard... Mais un ordre qui est l'ordre naturel, intemporel, immuable ; un ordre régi selon les lois naturelles de la physique, de la chimie, de la relation entre les choses, les êtres vivants (relation de force, d'opposition, de symbiose, de complémentarité)...

    C'est cette « mécanique » -ou cet ordre naturel- que les êtres humains, avec leurs civilisations successives, selon l'idée qu'ils se font de la société régie par des règles, des systèmes politiques et économiques ; avec leurs technologies, leurs différents arrangements afin de « corriger » ce qu'ils appellent des « erreurs de la nature »... Ont perturbée, et ainsi, introduit le désordre qui, avant la venue de l'homme sur Terre, n'existait pas.... Ou du moins, n'existait pas encore du temps des hommes du Paléolithique (Néandertaliens, Sapiens de l'époque)... Dans la mesure faut-il tout de même souligner, où les hommes de cette époque du Paléolithique, ne modifiaient qu'assez peu leur environnement naturel, et ne prélevaient pour leurs besoins et pour leur nourriture, que ce qui leur était nécessaire, en bois, végétaux, minéraux, animaux (Ce qui n'était pas toujours le cas, puisque déjà à cette époque, la seule présence de l'homme impliquait une coexistence difficile avec certains animaux dont les territoires et habitats se trouvaient occupés par des humains)...

    Si la « mécanique » naturelle est -et demeure de tous temps et en tout espace ou environnement - un ordre d'une réalité aussi brute que violente (« ne faisant pas dans la dentelle ») pour employer cette expression populaire... Le désordre introduit par l'homme est d'une toute autre violence...

    Une violence qui est souvent masquée et dont les effets ne peuvent être perçus ou subis, qu'au bout d'un temps plus ou moins long....

    Une violence qui, contrairement à la violence de l'ordre naturel de l'univers contribuant au renouvellement et à la survie des espèces en dépit de quelques catastrophes ; détruit la vie, détruit les espèces, et cela encore plus radicalement...

    Les cinq plus grandes disparitions d'espèces vivantes dans l'histoire de notre planète-dont la dernière en date est celle qui s'est produite il y a 65 millions d'années, n'ont effacé la vie sur Terre qu'entre 85 et 95%... Alors que la prochaine grande disparition des êtres vivants -dont l'homme sera responsable par le désordre introduit dans l'ordre naturel, pourrait effacer cette fois la vie presque totalement ( à 99%)...