littérature

N'y a t-il de littérature et de poésie, que dans le réalisme ?

... Il n'y aurait -à mon sens- de littérature, de poésie, d'art d'écrire ; que dans le réalisme... Dans un réalisme qui se fonde sur la connaissance et sur le regard porté sur les faits, les événements ; sur l'observation des personnes, des choses, des situations réelles (ou imaginaires à partir du réel) ; sur le témoignage de ce qui fut, de ce qui est, qui a été vu... Un réalisme fondé, aussi, sur une connaissance scientifique, sur une connaissance des choses de la vie et de la nature...

Y-a-t-il -c'est la question que je me pose, ou plus précisément le doute qui me vient- une littérature dans le féérique, dans le genre "l'histoire du petit poisson qui fait en respirant dans l'eau des perles d'or"? Une littérature dans le surnaturel, dans le magique ?

Un art d'écrire, une poésie ? Sans doute... Mais une littérature, non je ne crois pas, du moins pas au sens de littérature tel que je conçois : la différence est dans l'impact, dans le retentissement, dans la portée, dans ce qui s'inscrit dans l'Histoire, dans ce qui est le vécu des gens... Le "petit poisson qui fait en respirant dans l'eau des perles d'or", le surnaturel, le magique, le féérique... tout cela dénature l'Histoire, tout cela est "échappatoire" à un réel dont on refuse, dont on conteste les effets et au lieu d'éclairer l'esprit, l'obscurcit...

Le réel à lui seul, est plus "surréaliste" que le surréalisme des peintres et des poètes dans leurs œuvres. Le réel suscite plus d'imaginaire que le rêve de ce qui n'existe pas...

Le rêve de ce qui n'existe pas ne s'appuie que sur de l'imaginaire qui ne vient pas du réel alors que l'imaginaire suscité par le réel devient intuition sinon même perception de ce qui sera...

J'affirme qu'il y a du merveilleux dans le réel, et que ce merveilleux dans le réel, est plus merveilleux que le merveilleux en dehors du réel...

 

La puissance de la littérature et de l'art

     La vraie puissance de la littérature, et de l'art en général... Et l'on peut associer l'humour à la littérature et à l'art... C'est cette possibilité qu'ont la littérature, l'art et l'humour, d'expurger l'inacceptable, par la manière même de formuler, d'exprimer cet inacceptable, prenant ainsi le risque d'une "levée de boucliers" et de s'aliéner quelques lecteurs, quelques spectateurs...

Le fait même que l'on puisse exprimer, représenter dans des livres, sur un tableau de peinture, ou par l'humour,  l'inacceptable ; c'est peut-être "désamorcer" cet inacceptable...

 

 

Réflexion sur la littérature

"La littérature doit être aisée à comprendre et difficile à écrire, non difficile à comprendre et aisée à écrire".

Wang Chung, Pensées.

 

Cependant, dis-je, lorsque la littérature est aisée à comprendre et tout aussi aisée à écrire, elle s'apparente alors, la littérature, à un produit de consommation culturelle de masse : il n'y a qu'à voir sur les étals en rayon librairie des grandes surfaces commerciales, tous ces livres qui "copient la vie" dans tout ce que la vie a de mieux et de plus connu du plus grand nombre de gens...

Quand à la littérature produite par bon nombre de personnages politiques, de personnages de télévision, de journalistes, d'économistes, de gens sortis de grandes écoles, elle est souvent difficile à comprendre... et aisée à écrire (ou à faire écrire) pour ces personnages qui sont les seuls à se comprendre et à être convaincus de leur talent... Et à se satisfaire du nombre de leurs "followers" sur les réseaux sociaux, du nombre d'exemplaires de leurs livres vendus...

La littérature aisée à comprendre et difficile à écrire, a toujours été une "denrée" rare parce que dans cette littérature là, toute la difficulté est celle de la réflexion, du niveau de réflexion à atteindre, du pouvoir d'observer, de regarder et de témoigner au plus vrai, et de transcrire au mieux dans une langue, la langue que l'on parle et écrit, qui ne soit point altérée, dénaturée, pervertie, simplifiée à l'excès jusqu'à n'être qu'une vocifération et donc appauvrie ; ou au contraire, accablée de formulations et d'effets, et donc, illisible, incompréhensive au "commun des mortels" d'une part et toute aussi illisible et incompréhensive à ceux qui ne sont pas de la "communauté" dont on fait partie d'autre part...

... Reste, avec la difficulté de la réflexion, avec le regard et le témoignage ; une capacité cependant, à manier la langue que l'on parle et écrit, avec ce que l'on peut y apporter dans cette langue, venant de soi et de personne d'autre et qui, dans le contexte peut être compris du plus grand nombre sinon de tous...

 

 

La littérature me sauve du désespoir

     La littérature, autant par ce que je choisis de lire (mais je ne lis pas tout) que par ce que j'écris, me sauve du désespoir.

Je dois dire que par ce que j'écris, je parviens à traduire ce silence que je porte dans mon regard contre les violences qui me sont faites et contre les comportements et les critiques acerbes qui me hérissent, des uns et des autres...

Ce que je choisis de lire en général me conforte dans ce que je pense et dans ce que je ressens, du monde, de la vie, des gens, de tout ce qui se pratique dans le monde ; et ce que je traduis et exprime par l'écriture me permet de viser, d'atteindre, de dénoncer, de témoigner ; mais aussi d'extraire de l'immaculé, de la beauté parfois, de ce tableau raté qui est celui de la grande scène du monde...

 

 

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