félins

  • Le grand rut

    ... Et si mille félins, des roux, des tigrés, des Isabelle, des noirs et blancs, des plantureux et des faméliques, vrillés d'une faim souveraine et infinie dans un formidable rut d'esprit et de coeur, en un grand concert sans chef d'orchestre sous les étoiles, descendaient de leurs gouttières, sortaient de leurs caves, déambulaient sur les trottoirs, entraient dans les maisons et dans les jardins ; tous énamourés de visages, d'essences d'êtres, d'intimités aux effluves pénétrantes, d'étoffes et de vêtements délicats, d'émotions juvéniles ou vieillissantes, et se mettaient en marche mais sans former des rangs, dispersés qu'ils seraient, queues en l'air , multitudes de minettes et de matous soulevant la poussière des passages, des lieux qu'ils investiraient, rugissant leur faim droit devant eux, ne poursuivant plus de proies mais interpellant les humains arrêtés dans leur course contre la montre, ébahis à leur vue ?

    Peut-être alors, la course deviendrait-elle une danse à ciel ouvert...