culture

Les voies de la Culture

... Les voies de la Culture, là où commence le Territoire inconnu et parfois même dans la traversée du Territoire connu ; tout comme les voies de Dieu, sont "impénétrables"... C'est la raison pour laquelle on veut à tout prix que les voies, celles de la Culture comme celles de Dieu, soient pavées, asphaltées, qu'elles aient des bornes tous les kilomètres, des panneaux directionnels lorsqu'elles se croisent, que l'on y trouve tout au long de leur tracé dans un paysage de montagne, de forêt ou de plaines herbeuses, des gens cheminant se rencontrant devisant ou se croisant sans se voir ou se jetant des cailloux... Mais cela ne rend pas pour autant les voies, "pénétrables" puisque des herbes que l'on ne peut écarter tant elles sont drues recouvrent les pavés, puisque les bornes et les panneaux ont des marques qu'il faut comprendre, puisque les gens cheminant se rencontrant devisant se croisant ou se jetant des cailloux sont autant étrangers à nos yeux que tout ce qu'il y a d'étranger en nous mêmes...

 

Il n'existe pas de pensée ou de culture universelle

     Il n'existe pas, je crois, pour le monde humain dans son ensemble tous peuples confondus, tous peuples avec chacun leur histoire, leur passé, leur présent, leur mode de vie, leurs croyances religieuses ou autres... Il n'existe pas une « pensée » (ou une « culture ») que l'on puisse considérer universelle, et par là même, convenir à tout le monde...

Mais... au fond... Qu'est-ce qu'une « pensée », qu'est-ce qu'une « culture » ?

En partie, mais en partie seulement, on peut dire que c'est, en particulier pour la culture, un ensemble de connaissances acquises par l'éducation, par la transmission orale et écrite, par l'apprentissage, par tout ce que cet ensemble de connaissances acquises implique dans notre vie quotidienne, dans nos relations, dans nos modes de vie...

Pour la pensée, on peut dire que c'est une « logique » commune à tous les humains, qui fonctionne selon un même « principe » (par exemple : « j'ai faim, je mange ; je suis fatigué, je me repose ; je veux gagner de l'argent, je travaille -ou je vole-)...

Voilà : la culture et la pensée, c'est ça... Mais en partie seulement... La partie que l'on peut considérer comme étant celle là, cette partie « universelle »... Et dans laquelle nous nous retrouvons tous...

Qu'en est-il, alors, de « l'autre partie », autant de la pensée que de la culture ? Et cela, indépendamment d'une histoire, d'un passé, de croyances religieuses ou autres ; indépendamment aussi de la connaissance acquise, de la « logique » ou du « principe général » ou du « fonctionnement » de la pensée humaine ?

Je pense que cette « autre partie » tient de « l'âme d'un peuple » (âme d'un peuple dans le sens de culture intérieure générationnelle faite de relation avec les êtres et les choses dans un environnement naturel donné, cet environnement étant géographique (si l'on vit en forêt, au bord de la mer, en montagne, dans une plaine, dans le froid, dans la chaleur...)

Dans cette culture là, il y entre une sensibilité, une réactivité et s'établit une relation entre les êtres et les choses, en somme une âme, un esprit, quelque chose qui va constituer une sorte de ciment... Et c'est bien là qu'est la différence entre les peuples, entre les sociétés, entre les modes de vie... Parce que le « ciment » (l'esprit, l'âme, la relation, la façon de réagir) n'est pas le même d'un peuple à l'autre...

A connaissances égales, à niveau intellectuel et capacité de réflexion identiques entre deux interlocuteurs, l'un des deux s'exprimant selon sa culture, selon son intériorité en lui, dans le langage qui est le sien... Est sans doute « illisible » ou irrecevable, pour l'autre... Quand bien même cet interlocuteur qui s'exprime selon sa culture, selon son intériorité et avec son langage, serait un homme ou une femme de grande capacité de réflexion, usant d'images, de métaphores, et étant un personnage d'une grande dimension d'humanité... Et à plus forte raison si les deux interlocuteurs ne sont pas d'égales connaissances, de niveau intellectuel similaires...

C'est pour cela qu'il n'existe pas de pensée, de culture, que l'on puisse considérer comme étant universelles, recevables, lisibles par tous et pouvant en quelque sorte être le « ciment des ciments »...

Reste cependant ce qui est du domaine du possible...

Possible et en même temps nécessaire...

Quoi que très difficile...

Parvenir à « entrer » dans la culture, dans l'âme, dans cette partie qui arrive à être lisible et recevable de l'Autre, afin que le langage, que la transmission, que la communication, puissent s'établir...

La réciprocité, dans cette capacité de l'un ou de l'autre, à parvenir à « entrer » dans la culture, dans l'âme, dans la partie visible et recevable de l'Autre... Est-elle une nécessité, cependant ?

Je ne pense pas que la réciprocité soit la nécessité...

Je pense que c'est la volonté de ce que l'un ou l'autre essaye de faire dans le sens de parvenir à entrer dans la culture de l'autre, qui est la nécessité... La nécessité par laquelle s'établira -peut-être- la réciprocité...

 

 

De l'humilité oui, mais pas la tête baissée les yeux dans les chaussures !

     Confronté à la supériorité autant intellectuelle que culturelle ainsi qu'à la dimension humaine de certaines personnes, de personnes que nous rencontrons parfois, ou avec lesquelles nous entretenons une relation ou bien avons un échange, que ce soit dans le réel ou sur le Net ; l'on ne peut qu'humblement s'incliner, et cela d'autant plus que ces personnes ne cherchent point à "se mettre en avant", à paraître, à afficher ostensiblement leur culture, leur connaissance...

De tels interlocuteurs, si l'on peut les avoir, dans le réel ou sur le Net, qui ne sont jamais des gens qui applaudissent comme l'on applaudit au moindre "bon mot" d'un humoriste dans une salle de spectacle, qui sont peu prolixes en paroles ou commentaires de louanges, qui sont le plus souvent sans aucune complaisance consensuelle ; sont rares... Certes, se sont là des interlocuteurs "difficiles" mais à mon sens, nécessaires...

Mais, confronté à une supériorité intellectuelle et culturelle, celle là plus superficielle que profonde, qui "touche à tout/sait tout", qui est bardée de diplômes et de formation universitaire, et qui "enterre tout le monde" surtout en particulier les "sans références" n'ayant d'autre culture que la culture qu'ils ont acquise par eux-mêmes ; confronté à l'arrogance, à la suffisance et à l'auto-satisfaction de ces "bardés de formation universitaire et de références" ... Pas question alors, de s'incliner mais au contraire de relever la tête, de résister et de "croiser le fer" !

J'irais même jusqu'à dire qu'une "certaine ignorance crasse" dans certains domaines qui ont "le vent en poupe" et qu'une "certaine inculture" de ce qui doit "se croire et se savoir dans le sens du monde", doit être brandie avec détermination à la face de tous ces arrogants et de tous ces condescendants qui "font la pluie et le beau temps" sur le Net, à la télévision, dans la presse... Ou même plus communément, dans notre entourage...

La culture

      "La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert"

                        [André Malraux]

... Et j'ajoute pour ma part que la culture, une fois acquise de haute lutte par le travail, la recherche personnelle, la connaissance, la mémoire, la réflexion, l'analyse... Et si possible par la création... Se conserve et s'entretient, s'affine, se développe, s'étend, se fait messagère, se partage...

Et qu'elle est aussi un combat de haute lutte contre ce qui lui ressemble mais n'en est point, et qui la contrefait...

La culture effectivement ne s'hérite pas comme l'on pourrait par exemple hériter d'une maison ou d'un bien, d'une fortune... Cependant, si elle ne s'hérite pas, il n'en demeure pas moins que, né de père et ou de mère "pétri de culture", ou ayant évolué, enfant, dans un milieu culturel, un milieu d'artistes, un milieu "intellectuel", un milieu où l'on vit autrement qu' avec des "fins de mois difficiles"... La culture vient alors "un peu moins de haute lutte" (en général)... Et sera-t-elle "meilleure", ou seulement "coulant de source" ... rien n'est certain... Car "un coup de hache sur une mer gelée" vient toujours de là où il faut combattre de haute lutte, c'est à dire depuis partout, depuis n'importe quel milieu ou environnement social ou familial...

Est-ce que c'est si simple que cela, de savoir jouer quand on a en main les meilleures cartes ?

Est-ce que c'est si évident que cela, de savoir jouer, aussi, quand on n'a pas en main les meilleures cartes mais que l'on est déterminé et habile à abattre les cartes sur le tapis ?

La maladie et la foi au moyen âge

D'après "Les miracles de Nostre Dame" de Gautier de Coinci ( 1178-1236)

 

De Lydia Bonnaventure, La Louve Éditions.

 

Diplômée de l'Université de Perpignan en Lettres modernes, Lydia Bonnaventure est actuellement formatrice de Français et d'Histoire. C'est son premier ouvrage.

 

Lydia Bonnaventure anime un site "Mes promenades culturelles", un blog "Une autre vision de la littérature, et un forum littéraire "Nota Bene forumactif"

 

http://www.lydiabonnaventure.com/

http://medieval-lydia.blogspot.com/

http://notabene.forumactif.com/

 

Le livre de Lydia Bonnaventure, "La maladie et la foi au moyen âge", est un livre dont la lecture est aisée... Ce qui, à mon avis, pour un livre "de cette nature", et donc sur le thème dont il est question, confirme un "talent d'écrivain" (mais un talent d'écrivain "au sens dans lequel je l'entends")...

En effet le "reproche" si je puis dire, que je fais assez souvent à un certain nombre d'écrivains contemporains (romanciers ou essayistes mais surtout essayistes), c'est qu'ils "versent" tous ou presque dans un style ou dans un discours trop technique ou trop abstrait, et qu'en conséquence, leurs ouvrages ne sont guère faciles à lire, et que le "commun des mortels" n'ayant pas reçu de formation secondaire ou universitaire, a bien du mal à suivre et à s'y retrouver... Si toutefois il se risque à la lecture de ce genre d'ouvrage...

Déjà, ce titre "la maladie et la foi au moyen âge" - à priori- (je dis bien "à priori")... N'incite pas le "lecteur Lambda" à acheter et à lire... D'autant plus dans le contexte actuel de "consommation livresque de loisirs" qui privilégie les ouvrages, les collections et les séries romanesques standardisées et où ce sont les mêmes thèmes "bateau" que l'on retrouve, avec les mêmes "scies", le tout "bien bourré" de formes langagières ou lapidaires sans aucune "magie"...

Et, à côté de toutes ces productions de masse, l'on voit par contre en vente et avec "bien le vent en poupe", un autre genre de productions, celui là s'adressant quasiment uniquement à ce que j'appellerais "les intellectuels branchés"...

Mais il arrive -et de cela j'en suis très heureux et très réconforté- que des intellectuels, des écrivains, des gens "de formation universitaire" (souvent d'ailleurs issus de "milieux modestes" et qui, comme on dit "ont beaucoup galéré" pour étudier et passer examens et concours)... soient en mesure de concevoir que le "lecteur Lambda" justement, puisse se révéler un lecteur "intéressé"... Intéressé parce que soudain éveillé : et c'est là qu'intervient ce que je définis personnellement comme étant "une dimension de communication, d'approche de l'Autre et d'humanité"... (Une dimension à mon sens, qui n'est pas encore dans le monde où nous vivons, ressentie comme une nécessité de premier plan)...

 

Je cite ici un passage que j'ai particulièrement apprécié, à la page 85 du livre de Lydia :

 

"Dans un couvent de Palestine vivait un homme de moeurs irréprochables et d'une austérité sans égale, nommé Zosime. Dès son enfance, il avait suivi sa sainte vocation et, comme il entrait dans sa cinquante-quatrième année, il lui vint la pensée qu'il était arrivé au suprême degré de la science et de la vertu et que, désormais, il n'avait plus rien à apprendre sur cette terre. Mais une voix lui cria de sortir aussitôt et de changer de pays car la perfection n'était pas de ce monde, le combat décisif est toujours devant nous, même à notre insu."

 

... Plus encore, sans doute, que le partage de la richesse et du pouvoir que l'on a pu acquérir par le travail, l'ingéniosité, l'intelligence et le désir d'entreprendre... Le partage de la connaissance acquise en toutes choses au prix de l'effort, de l'étude et de la réflexion, est un partage nécessaire... Et dirais je, vital pour le devenir de l'espèce humaine... Et c'est bien là, à mon sens, que doit intervenir dans la relation avec l'Autre, avec les Autres, en particulier dans la relation avec les plus démunis ou isolés des humains... Cette dimension de communication, de partage, d'approche de l'Autre, d'humanité en somme, qui, dans le monde où nous vivons présentement, dans la complexité et dans la dureté des crises et des conflits actuels, ne semble pas encore devenir "la priorité absolue"...

... En somme le méchant, le bête, l'accapareur, l'indifférent, celui qui "ne comprend rien"... C'est toujours l'Autre... Il ne vient pas du tout à l'idée du "commun des mortels", et à plus forte raison du "moins commun des mortels"... Que le lecteur, le client, le consommateur, l'usager "Lambda", puisse être soudainement intéressé, éveillé et désireux de savoir, de comprendre, puisque "de toute évidence" paraît-il, ce personnage "Lambda" serait un mur contre lequel on ne peut que se heurter, d'où la violence déployée sur ce mur...

 

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