4ème suite des courriers et articles

                        GENERATIONS  MAUDITES

 

            Nous serons pour les humains qui peupleront la Terre dans quatre siècles, ces générations maudites des alentours du dernier millénaire…

Et les « Grands Personnages » de notre actualité présente seront pour la plupart d’entre eux, les représentants de ces générations maudites : leurs noms seront inscrits dans les livres d’école, et très certainement, l’on aura alors bien plus de sympathie pour un Hubert Reeves que pour un Georges W Bush ou un Jacques Chirac… Si tant est que dans quatre siècles il y ait encore des humains sur la Terre.

Que représenteront en effet pour nos lointains descendants, ces personnages qui, de leur temps, s’intéressaient plus à leur empire financier, aux pouvoirs qu’ils s’attachaient à conserver, qu’à l’avenir de l’espèce humaine et de la Terre en général ?

Le « Tribunal de l’Histoire » jugera…

Nous serons bien alors, ceux de nos générations présentes, avec les « Grands » et les célébrités de ce monde que nous avons fait tel qu’il est, pour les enfants des écoles en 2417, pour les habitants des villes et pays des zones habitables, ces générations maudites du passage d’un millénaire à l’autre.

Ces générations qui ont épuisé et pollué la Terre, qui en ont pompé l’eau…

Ces générations qui, pour un cinquième d’entre elles, par leur mode de vie et leurs besoins démesurés, ont contribué à la précarité et la pauvreté des quatre cinquièmes autres…

Ces générations qui ne se sont même pas soucié de l’avenir de leurs enfants vivant sous leur toit !

Le « Tribunal de l’Histoire » cependant, exhumera de l’indifférence quelques proscrits des cénacles officiels dont l’esprit éclairé à l’époque, n’était guère considéré.

Il ne fait pas bon pour la postérité, d’être de ces « générations maudites » qui érigèrent en « pensée unique et universelle » une nouvelle forme d’immoralité supplantant l’immorale morale des générations d’antan mais battant l’immoralité à la course jusqu’à l’effacement même de tous repères…

Le « bateau » de ces générations là n’était même plus ivre : il prenait l’eau de toute part, l’on y dansait des gigues d’une imbécillité cruelle ou d’un automatisme désespérant.

 

                        PREMIER  OU  NOUVEL  EMPLOI

 

            Vous, les jeunes de moins de 26 ans, parmi ceux qui ont écouté monsieur Villepin à la télévision, ou qui pensez qu’une manif de plus ou de moins ne changera rien, que l’un d’entre vous m’explique comment vous ferez, avec un contrat de première embauche, sans garantie d’un emploi ne débouchant pas sur un licenciement ; pour obtenir un prêt bancaire afin de financer l’achat d’une voiture ou de régler le montant d’une caution équivalent à trois mois de loyer ?

Croyez vous vraiment que monsieur Villepin a le pouvoir de convaincre un banquier de vous prêter de l’argent sans réelle garantie ?

« Rapport de confiance »… Prétend monsieur Villepin, alors qu’employeurs et banquiers qui sont les principaux acteurs de ce prétendu « pacte de confiance », n’ont d’autre « idéal » que la rentabilité, le moindre coût et l’absence de risque financier ?

Vous, les jeunes de moins de 26 ans, votre place n’est-elle pas dans la rue pour manifester contre une « casse » du code du travail sans précédent depuis des dizaines d’années ?

Non seulement vous n’aurez pas de prêt pour acheter une voiture ou financer un projet immobilier, mais vous serez corvéables à merci et jetables comme des Kleenex !

Ne dites pas que cela est mieux que la précarité actuelle. Il s’agit bel et bien d’une précarité renforcée, d’une absence de perspective d’avenir, pour vous-mêmes, vos familles et vos enfants. Et dans une telle précarité généralisée, il n’y a plus, en premier ou nouvel emploi, de consommation, même à « prix cassés »…

 

                        DROIT  DANS  LE  MUR

 

            Voici une petite phrase qui a fait long feu déjà, mais que l’on ne cesse d’entendre : « On va droit dans le mur ! »

Non seulement nous le savons que nous fonçons droit dans le mur, mais nous y courons encore plus vite avec le moteur emballé du « développement durable » et de la sauvegarde à tout prix d’une « économie de marché » impliquant une activité humaine qui ouvre une « crise du Vivant » et de la biosphère.

Toutes les études qui ont été réalisées sur les conséquences du réchauffement climatique et l’épuisement des ressources énergétiques, avancent des scénarios possibles selon des analyses chiffrées et des graphiques. Mais le caractère en réalité imprévisible d’une évolution dont nous mesurons mal les étapes et les limites ; les incertaines capacités d’adaptation et de survie de tant d’espèces vivantes, tout cela ne peut en aucune manière nous permettre de prévoir, d’organiser et de gérer, pour le temps de quelques générations, un « développement durable » maîtrisé…

Il y a bien là dans ce concept de développement durable, une utopie tragiquement suicidaire… alors même que nous ne sommes pas « candidats au suicide ».

Peut-on imaginer de nos jours, vivre sans Internet, sans téléphone, sans électricité, sans utiliser de voiture, sans avions pour traverser océans et continents ?

De la manière dont nous vivons aujourd’hui et inadaptés que nous sommes à une existence totalement dépourvue de tout ce qui nous sécurise, comment pourrions nous renoncer à ce développement durable, à ce conditionnement actuel de notre vie fondé sur une technologie du « tout programmé, formaté et automatique » ?

Rappelons que nous sommes pour la plupart d’entre nous incapables de reconnaître dans la nature les plantes et les herbes dont nous pourrions nous nourrir, que nous ne devons d’avoir chaud ou froid à volonté que par l’appui d’un doigt sur une touche ; que pour avoir de l’eau il nous faut un robinet, et pour obtenir des marchandises ou des services, une carte bancaire nous est nécessaire…

Que restera –t-il de nos musiques, de nos arts, de notre littérature, de notre culture et de notre technologie, sans support inaltérables à grande capacité, pouvant être retrouvés par d’autres civilisations ? Et de quelle utilité, de quel intérêt, d’ailleurs, pourraient être tout cela, pour des êtres qui auront une expérience et une évolution très différentes des nôtres ?

J’imagine en l’an 20 - - (j’ose à peine dire 21 - - ) en un lieu où, par je ne sais quel concours de circonstances, il sera possible de vivre encore… Deux survivants parmi quelques autres : l’un, « ex-milliardaire » ayant jadis été propriétaire d’une île paradisiaque, ayant possédé Jet privé, Internet très haut débit et comptes bancaires défiscalisés ; et l’autre, « ex SDF » jadis le plus démuni et le plus malchanceux… Les deux « ex », perdus au beau milieu d’une cohorte d’autres « ex » d’ « ex-conditions » très diverses… se mouchant dans leurs doigts !

 

 

                        TEXTOS  ET  SMS

 

            Beaucoup de nos parents, amis et connaissances, ne voyagent pas sur le Net et n’utilisent pas d’ordinateur… Ils ne sont pas forcément de ces générations d’un « autre temps »… Mais ils vivent bien sans le Net et sans ordinateur, c’est certain !

Beaucoup de nos amis, parents et connaissances, « télétètent » et « phototélétètent » comme l’on se gratte l’oreille, ne peuvent vivre sans leur « portable » au ceinturon ni suivre une « téléréalité » sans mitrailler du SMS ni souhaiter un anniversaire autrement qu’en « texto »… Ils ne sont pas forcément de ces générations « de maintenant »… Ils vivent aussi avec le Net et l’ordinateur même s’ils « téléchargent » plus qu’ils ne « surfent » ou « forumment »…

Je suis d’une génération « d’un autre temps »… même si je me demande parfois de quel temps… Si l’on me dit « accro » de l’ordi et du Net, je ne le suis guère plus ou moins que le peintre devant son chevalet et sa toile, au bord d’un paysage ou dans l’air d’un visage… Alors, « accro », oui, je le concède mais en ce sens seulement !

Par contre je vis très bien sans textos et SMS. Aussi bien que tous ceux qui vivent sans le Net et sans ordinateur.

Rien ne vaut un « e-mail » (couriel en bon Français moderne). Avec de vrais mots, une vraie phrase, un vrai bonjour ou un vrai merci avec un brin de poésie !

Et je brandis ma pancarte, dans une manif imaginaire :

« TEXTO  O  POTO ! »

« SMS  ALAKES ! »

Bien entendu, le petit TOTO qui n’ a pas été beaucoup à l’école, ne sait écrire que « JETEM », et qui des idées « PLIN PLIN PLIN », celui là, je ne le mettrai jamais « ALAKES ».

 

 

                          

                        CE POUMON DE LA TERRE EN PATE A PAPIER

 

            Combien faut-il d’hectares ou de kilomètres carrés de forêts pour produire la pâte à papier nécessaire à l’impression d’un best seller traduit en 40 langues et vendu en plusieurs millions d’exemplaires ?

Je pense à un livre tel que Harry Potter, par exemple. Et, plus généralement, à propos de tous ces livres qui se vendent si bien, j’évoque cette papeterie de Tartas, dans les Landes, recevant jour et nuit, par 24 heures, environ 3000 tonnes de bois pour sortir 500 tonnes de pâte à papier, soit cent camions de 30 tonnes de pins par 24 heures.

C’est donc cela, ce qu’on nomme « développement durable » ou « croissance économique »… La littérature, elle aussi, adhère au développement durable ! On coupe donc des forêts avec d’énormes « buldozzers tondeuses » pour faire des livres, des emballages, des journaux, des magazines, des couches culottes, du PQ et de l’essuie tout…

Comme dirait Evelyne Déliat à la météo sur TF1 si elle s’adressait aux écrivains :  « faites des sites et des blogs plutôt que des livres, c’est bon pour la planète ! »

Mais n’oublions surtout pas que le salarié de la papeterie de Tartas est directement intéressé par ce qu’il produit ou contribue à produire, puisqu’il vient d’acheter un terrain dans un lotissement pour y faire construire sa maison, et qu’en conséquence il devra reverser le tiers de son salaire à une banque durant vingt années de sa vie…

C’est ce que j’appelle l’enchaînement durable, forme moderne d’esclavage.

Si les livres, comme le disait si bien Simone de Beauvoir « sauvent du désespoir », aujourd’hui les livres communément lus ne sauvent plus : ils deviennent des produits et des marques que l’on présente sur des plateaux de télévision entre séquences de Pub, séries Américaines et images maquillées. L’espoir « se fait la malle » et Simone De Téléréalité est un baobab aux proéminences peinturlurées qui cache aux Tondus et aux Bronzés de la rue, toutes les forêts que tondent les Mastodontes.

Mais, à force d’être tondue, bronzée, karchérisée, parquée et marquée, la rue va finir par vider ses poubelles et racler de l’espoir sur les traces d’eaux usées.

 

 

                        EXHIBITION MAN EXHIBITION WOMAN

 

            L’exhibitionnisme agressif du paria, de l’exclu, de l’oublié… ou celui, par exemple, du cycliste qui, pour virer à gauche, mord la ligne médiane cent mètres avant le croisement en agitant frénétiquement son bras, ne me choque pas !

Il est de ces points qu’il faut, avec une certaine insistance provocatrice, bien mettre sur les « I » ! Certaines formes d’indifférence, de bêtise ou d’outrecuidance, souvent associées à un sentiment exacerbé de l’importance de sa personne, me semblent si révoltantes, si inacceptables, que j’en conçois que les mots deviennent des glaives ou des bouteilles de feu !

Toutefois, reconnaissons que l’image du cycliste agitant son bras avec une souveraine insistance est tout à fait significative d’un état d’esprit fondé sur l’idée en vertu de laquelle l’automobiliste est un individu convaincu de son bon droit, de sa puissance, et n’admettant pas l’existence du cycliste !

Un bras d’honneur, bien impoli, bien crasseux, à s’en bleuir le creux du coude, au passage et de ma part, au conducteur de tout véhicule motorisé, me matraquant de son avertisseur sonore ou de ses phares lorsque m’étant égaré ou cherchant un lieu dans une ville, je dévie légèrement de ma trajectoire !

Il est de ces violences, anonymes et abjectes, « pseudoïquement hememene », de ces comportements imbéciles et irresponsables, de ces réflexions sans intelligence ni délicatesse, de ces propos intolérants ou trop fondés sur une vision du monde rétrécie et ségrégative, aux quels on ne peut répondre que par une violence qui vitrifie et lamine… Ou un silence exhibitionniste d’une infinie condescendance !

L’état d’esprit fondé sur l’idée que l’autre ne reconnaît pas, se complait dans son droit supposé, son privilège, sa situation acquise, ou sa vision du monde, est bien souvent hélas, conforme à une tragique réalité. C’est pourquoi il faut « mettre les points sur les « I », oser lever le poing et taper dur plutôt que de se laisser béatement enterrer ! Et pour accompagner le geste, des mots glaive et bouteille de feu !

            Une autre forme d’exhibitionnisme qui ne me choque pas et dont je me fais même l’avocat de la défense, c’est celui de ces êtres incompris, réputés marginaux, « casseurs de vase sacré », ces êtres que l’on écarte des familles et de la « bonne société », que l’on n’écoute jamais ou dont on se moque avec une cruauté imbécile et « civilement vulgaire ». Lorsque ces êtres là sont des « extravertis », ils me font penser à ces gosses mal mouchés que l’on fait systématiquement taire à table et dont on considère l’imaginaire comme un jardin névrosé de lubies : ces gosses là, que l’on n’écoute bien sûr jamais, lorsqu’ils deviennent des adultes, comment voulez vous que leur premier souci ne soit pas avant tout celui de se faire entendre… à défaut d’être compris !

Selon certains repères ou « clichés » bien connus… et acceptés sans réflexion… l’on prétend que des génies ont été jadis des enfants incompris ou rejetés ; et qu’à l’inverse, de parfaits crétins furent des enfants gâtés, choyés, instruits et écoutés. En vérité ce n’est pas si simple, étant donné la complexité et la diversité de la nature humaine en une  seule et unique personne ne ressemblant à aucune autre…

Ainsi est-il peu aisé de défendre, moins difficile d’accuser, hasardeux d’affirmer ou de définir ! 

 

DIRECTIVE DE BOLKESTEIN

 

            La directive de Bolkestein c’est l’ingéniosité des Pieds Nickelés pour se « faire des sous », avec la générosité de Croquignol en moins…

Le contrat de première ou de nouvelle embauche, précédant le contrat unique d’embauche, c’est Tante Pim faisant charrier des caisses de bois par Pam et Poum, avec le rouleau à pâtisserie prêt à servir de matraque, et… un petit gâteau dans un petit moule sur le rebord de la fenêtre pour tout salaire… qu’Adolphe et Léna, de corvée de patates dans la cuisine de Tante Pim, auront peut-être bouffé avant !

            Par cette caricature du monde du travail qui nous attend désormais, vous voyez ainsi de quel côté je me situe… Il est vrai que, même attaché à une certaine indépendance d’esprit, et se gardant d’une « vision orientée du monde », il est bien difficile de ne pas « pencher plutôt d’un côté que de l’autre »… Affaire de sensibilité, d’éducation parfois, et d’expérience traversée !

Mais ce n’est peut-être pas vraiment là l’essentiel : la crise que nous traversons est si grave et si profonde, que, bâbord ou tribord, le naufrage a déjà commencé.

 

            TANT QU’ON IMMOLERA DES HOMMES

 

            Le monde avait changé : une forme de pensée « assez novatrice » supplantait peu à peu l’ancienne et universelle « pensée unique »… Cependant, la « pensée unique » avait encore de nombreux adeptes. Alors, la « nouvelle pensée », pour prouver au monde qu’elle n’était pas unique, immola quelques uns de ses représentants…

            Le monde n’avait pas changé !

            Le monde ne changera jamais…

            Le monde périra.

            Dans la pensée actuelle, qui prétend –et semble le prouver –s’articuler autour des « Droits fondamentaux » et de l’idée d’un « Développement Durable », il est un devoir particulièrement médiatisé : celui de « mémoire »…

Mais il est aussi, rentabilité, mondialisation et concurrence obligent, de ces « droits fondamentaux » que l’on bafoue.

D’autre part, l’obsession de la sécurité absolue et d’une « aseptisation » généralisée de notre environnement, prend une si grande dimension dans les préoccupations d’une catégorie « relativement privilégiée » d’humains, que ces derniers accepteraient sans aucune opposition une restriction de leurs libertés.

Ainsi, dans la crainte d’une généralisation de la violence et de la délinquance, sont à l’étude des projets qui visent à prévenir les risques sociaux : dès l’âge de 3 ans par exemple, le comportement « anormal » de l’enfant, serait recherché, puis identifié et ensuite « rectifié » par un conditionnement approprié, ou même par des traitements thérapeutiques à base de médicaments nouveaux dans le genre de ceux que l’on prescrit aux névrosés et psychotiques.

Comment ne pas craindre, par la généralisation de tels projets, une « dérive » programmée à l’échelle planétaire vers une humanité vidée de ses rêves, de ses émotions, de sa capacité de résistance à la soumission et de ses possibilités naturelles d’évolution ?

Contre un tel « projet de société » dont un seul petit nombre de privilégiés serait bénéficiaire puisque désormais détenant tous les pouvoirs ; il y a bien là un combat planétaire à mener, dont l’enjeu est l’existence même d’une humanité… humaine !

            Il est un fait, de nos jours, particulièrement représentatif de l’hypocrisie de ceux qui prétendent se référer aux « Droits fondamentaux »…

La condamnation à 3 ans de prison de l’historien et intellectuel David Irving pour négation de l’existence des chambres à gaz, en est à mon avis un exemple. Certes, une telle condamnation me parait juste : il est en effet scandaleux qu’un intellectuel jouissant d’une « surface financière » et d’une notoriété puisse se permettre au nom de la liberté d’expression, d’avoir des propos diffamatoires et propagateurs d’idées racistes ou xénophobes… que le pouvoir de l’argent et de la notoriété l’autorise à diffuser en dépit, précisément, d’une reconnaissance des « Droits fondamentaux ».

Mais, pour un intellectuel ainsi condamné, combien d’autres, intellectuels ou « grands décideurs » de l’économie mondiale –par ailleurs affiliés à des organisations maffieuses –ne jouissent-ils pas d’un statut de privilégiés dans les « cours » diplomatiques et princières, alors même qu’ils orchestrent d’une manière organisée, toutes les « invasions barbares » ?

De même que les représentants d’une « nouvelle pensée » immolent quelques uns des leurs afin de prouver qu’ils n’instaurent pas de « pensée unique », les représentants de la « pensée officielle » immolent l’un des leurs, parfois, afin de crédibiliser cette « pensée officielle ».

Il y a aussi un combat planétaire à mener contre toute pensée qui tendrait à se généraliser d’un bout à l’autre de la Terre, que cette pensée soit nouvelle, officielle ou affiliée à une idéologie. L’enjeu d’un tel combat est l’existence même, dans toute sa diversité, de l’évolution de la pensée.

            Tant qu’on immolera des hommes, il n’y aura jamais de pensée en évolution. Au risque de me faire lyncher ou d’avoir à me contredire, je choisis le pardon… Non pas parce que ce « serait bien », mais parce que je le sens !

 

                        LE CANARD, LA DINDE… ET APRES ?

 

            « Le virus était dans le canard » titrait Sud Ouest Dimanche, le 19 février 2006… Le virus est, quelques jours plus tard, passé dans la dinde. Et la dinde était confinée…

Quelque mesure que l’on prenne, et quand bien même l’on prendrait toutes les précautions possibles, les voies de transmission de ce virus sont impénétrables…

400 dindes retrouvées mortes un matin dans un élevage de 11000 de ces animaux ; et, comme cela semble être la seule possibilité d’éviter une progression de l’épizootie, l’on élimine donc toutes les dindes de l’élevage.

Lorsque sévirent voici quelques années, la maladie de la « vache folle » et la fièvre aphteuse, ce fut par milliers que l’on abattit et incinéra bovins et ovins. Qu’adviendrait-il si une ethnie, donc des humains, devait par quelque disposition particulière et jusqu’alors inconnue, être atteinte d’un virus contre lequel il n’y aurait aucun vaccin ou traitement efficace ?

Tant que ne meurent que canards et poulets, ou même des vaches ou des moutons, et que les « Autorités » mettent en place des dispositions graduelles qui, d’un « palier à l’autre », préparent en douceur l’opinion publique à une « élimination nécessaire », l’on se dit après tout : « c’est dans l’air du temps ». L’on invoque alors les conséquences de toutes sortes de manipulations du vivant dans une « bio – économie » mondiale relayée en outre par l’industrie pharmaceutique et une recherche médicale dont on ne diffuse pas certaines informations.

S’il devait mourir des chiens et des chats en grand nombre, je crains alors que l’on franchisse une « frontière » au-delà de laquelle se profilerait la pire de toutes les  inhumanités  des humains. Une petite frange d’espèce humaine pourrait-elle cependant survivre au prix d’une telle inhumanité ?

 

 

                        ESPOIRS  ET  ENGAGEMENTS

 

            Selon Myriam Revault d’Allonnes, philosophe, auteur du Pouvoir des Commencements, essai sur l’autorité….

« Nous ne disposons plus aujourd’hui d’un avenir ou pourraient se fonder nos espoirs et nos engagements. La fin des idéologies serait le nom de cette crise de la temporalité d’un temps sans horizon d’espérance que nous avons du mal à regarder en face. Qui a dit que les intellectuels n’avaient plus rien à dire sur l’actualité la plus brûlante ? Et si le vrai problème était plutôt qu’on parvienne à les entendre ? »  (Magazine Littéraire, février 2006)

 

            Quels espoirs, et quels engagements aujourd’hui ? Dans un siècle qui se devait être spirituel mais qui tourne à une guerre de religions et d’inter – religions ? Un siècle qui sombre dans la barbarie, l’intolérance, le succès des médiocrités et du voyeurisme le plus agressif ?

            Est-ce cependant la fin des idéologies alors que jamais encore à ce point là l’on n’avait sacralisé et instrumentalisé les plus invalidantes de ces idéologies pour l’évolution de l’esprit humain, soit le nivellement brutal et totalitaire du monde par la peur ; et cette idée de développement durable par une croissance économique sensée satisfaire un plus grand nombre de consommateurs dépendants, soumis et déshumanisés ?

            Ce temps sans horizon d’espérance que nous avons du mal à regarder en face, qui ne nous fait même plus peur à cause d’autres peurs entretenues et médiatisées, n’aura-t-il donc pas pour le dénoncer et mettre un terme à sa course, de ces grands esprits et de ces hommes courageux en nombre croissant qui, sans le soutien des peuples de la Terre n’ont qu’un pouvoir illusoire ?

            Ceux qui disent que les intellectuels ne s’expriment plus sur l’actualité brûlante sont des menteurs, des négationnistes ou des intellectuels complices de l’ordre établi.

Parvenir à entendre les voix des intellectuels qui s’élèvent contre l’ordre dégradant de la caste des Prédateurs et des Aide – Prédateurs, c’est l’affaire la plus urgente de tous les peuples de la Terre.

 

 

            CES  « PREDATEURS »…

 

            Je distingue deux espèces de prédateurs :

La première est celle qui règne dans le monde animal. Je considère que cette espèce ne peut faire l’objet d’un débat idéologique ou philosophique : les prédateurs dans le monde animal sont des êtres qui, pour assurer leur existence ont besoin de se nourrir de proies, c'est-à-dire d’autres êtres vivants.

La deuxième est celle qui règne dans le monde des humains : celle là peut faire l’objet d’un débat idéologique ou philosophique, dans la mesure où existe le pouvoir arbitraire, démesuré et fondamentalement injuste d’une minorité d’humains organisant la soumission, l’exploitation ou l’élimination organisée d’un grand nombre d’autres humains. Pour cette espèce d’humains, que je déclare nuisible et inutile parce que le plus grand nombre des humains peut très bien vivre sans ces « prédateurs humains », je n’ai pas eu assez d’imagination pour la définir autrement que par le mot de « prédateur »… et je me demande même si cela « vaut le coup » de faire les frais d’un néologisme  pour dire « prédateur humain'.

 

                        UN TOUT PETIT UNIVERS DANS UN TRES GRAND VERRE

 

            Un ami m’a dit :  « Le Net est petit ! » Cela m’a surpris ! Je croyais qu’il était immense !

Alors, cela me fait réfléchir… J’ai appris en effet lors du dernier festival de géographie à Saint Dié dans les Vosges, festival dont le thème était « Le monde en réseaux », que seulement 15% des humains sont connectés à Internet, soit un humain sur sept.

Si l’on considère qu’une grande majorité de ces humains connectés ne le sont que dans un but utilitaire, sexuel ou ludique ; cela en fait peu qui le sont en priorité pour s’exprimer et communiquer. Alors oui, quelques millions de sites et de blogs, et même cent millions de messages de forums, c’est encore un tout petit univers dans le vaste univers.

15% d’humains connectés, cela fait environ un milliard d’internautes réguliers ou occasionnels. J’évaluerais à 40% le nombre de ces humains qui ne vont pas sur le Web uniquement dans un but utilitaire mais utilisent le Web avant tout pour communiquer. Soit 400 millions de personnes dans le monde entier.

Sachant que les gens s’expriment sur le Net dans les langues les plus communément utilisées, j’évalue à une sur vingt, soit 20 millions de personnes réparties dans le monde entier, les francophones ( dont certaines d’entre elles d’ailleurs, s’expriment aussi en une ou plusieurs autres langues ).

Etant donné la diversité des sujets et thèmes de communication, tout ce qui est du vaste domaine de la littérature, de l’actualité, de l’écriture, de la poésie, de la philosophie et de la culture en général, ne représenterait à mon avis que 10% de l’ensemble des domaines. Soit 2 millions de francophones et 38 millions de non francophones dans le monde…

Petit, alors, le Net ? La réponse me semble à présent évidente : le Net n’est qu’ UN moyen de communication parmi d’autres sans doute encore beaucoup plus répandus. Et ce moyen de communication à lui seul, est effectivement un tout petit univers dans un très grand verre…

            En ce qui concerne les « évaluations » que j’avance, j’aimerais avoir vos avis afin de corriger mes estimations si nécessaire.  

 

                        UNE JEUNESSE QUI ESPERE ET AGIT

 

            Les jeunes semblent divisés en deux mondes assez différents l’un de l’autre… La question n’est pas d’évaluer l’existence de l’un de ces mondes par rapport à l’autre, ni de définir lesquels de tous ces jeunes sont de l’un ou de l’autre de ces deux mondes. Je crois que la différence est perceptible au niveau de l’espérance et de l’existence d’un avenir possible…

            Il y a bien une jeunesse qui espère, imagine, réfléchit, agit, s’exprime et souhaite que le monde de ceux qui « font le monde » s’ouvre à ses aspirations. Cette jeunesse là est le plus souvent bafouée, incomprise dans ses rêves et ses projets, contestée dans sa manière de vivre et de communiquer, niée dans ses valeurs et ses repères…

Depuis 30 ou 40 ans, dans les domaines essentiels de l’activité humaine que sont la politique, l’économie, la justice, les médias, la culture et les sciences, règnent sans partage les mêmes « éléphants » inamovibles. Vieux et rassis, enracinés dans leur notoriété par les livres et les écrits qu’ils publient, maniant une « langue de bois » relookée, bardés de privilèges, de patrimoine immobilier et de portefeuilles boursiers, ces « éléphants à la couenne patinée » ont, paraît-il, des solutions aux problèmes d’une actualité brûlante, solutions qui toutes ou presque, tournent autour du sacro saint concept de « développement durable et maîtrisé »…

Cette espérance en l’existence d’un avenir encore possible et différent de celui auquel on veut nous faire croire, est une réalité, pour un certain nombre de jeunes aujourd’hui, et sans doute plus encore demain. C’est bien autre chose que de simples états d’âme, ou que l’expression d’une générosité, d’une colère ou d’une interrogation : il y a bien là une lucidité, une volonté d’agir, des projets, de l’intelligence ! Encore faut-il que tout cela soit reconnu !

            Mais il y a aussi une jeunesse autant vêtue de marques et de mode que de fringues bon marché, une jeunesse « fifils fifille à papa maman » ou gosse de rue courant après la thune facile, une jeunesse « Star Ac texto SMS people et glamour » qui se fout de l’avenir du monde et des grandes interrogations, qui assimile toute pensée et toute réflexion à une « branlette intellectuelle »… Et qui, même en sachant ce que l’avenir lui réserve (c'est-à-dire une vie de merde), ne bougera pas d’un poil lorsque nos « politicards flicards » à la solde des maffias et subordonnés aux marchés financiers vont la réduire en esclavage…

Pour cette jeunesse là, l’espérance n’est que celle qui s’exprime par l’idée « que tant qu’il y a de la thune et que ça marche comme ça, il ne faut pas s’en faire »…

            Il est enfin une jeunesse qui n’est ni du monde de celle qui espère, pense et agit ; ni du monde de celle qui se fond dans le moule « people fringues et glamour ». C’est la jeunesse que les politicards flicards pensent pouvoir museler dès l’âge de l’école maternelle avec des carnets de suivi comportemental et des camisoles chimiques. C’est la jeunesse méprisée de tous les ghettos sociaux qui elle, est exclue du monde du travail et de la consommation. Et personne ne pense, n’ose vraiment dire qu’il y a peut-être dans cette jeunesse là, une forme d’espérance en voie de développement… Qu’une économie souterraine d’expédients et de raketts, que la loi des gangs, n’est en réalité que l’un des aspects d’un paysage mouvant dans l’histoire d’une immense géographie humaine.

Tout ce qui a cours ou fait force de loi en un temps donné n’a que la durée que lui accorde l’évolution des choses et des êtres sur des trajectoires qui se rapprochent ou s’éloignent.

            Quelque soit cependant le niveau d’espérance en un avenir possible, et que les jeunes soient d’un monde ou d’un autre, ils sont tous les enfants de cette génération d’humains qui, durant la première moitié du siècle présent, va devoir peu à peu céder ses places, peupler les maisons de retraite, vieillir esseulée et transmettre un patrimoine ou une galère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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