courriers particuliers

 

     Vous trouverez ici quelques lettres 'mémorables', écrites à des personnes qui ont compté dans ma vie, ou à l'occasion d'évènements particuliers...

     Pour commencer, voici la suite de 'A quoi ressembl'je' ( voir le début dans l'introduction, 'un aperçu )

    A quoi ressembl’ je donc ?

Entres dans mon âme, la porte est grande ouverte avec un sourire immense et du soleil dans mes mains… De l a foudre aussi, parfois !... Et tu verras mon visage !

Mon visage a la couleur de mon âme… Enfin, pas toujours !

Au dire de ma femme et à celui de mes 3 cousines, ce n’est pas trop mal ! Mais ces filles m’adorent et rivalisent de gentillesse à mon égard.

Il est vrai que ma femme et mes 3 cousines sont pour moi les 4 piliers qui sous-tendent  l’idée que je me fais de la Féminité de la tête aux pieds et de toute son « essence 

 Oublions le côté hyper prosaïque de certaines réalités de la vie quotidienne : ces réalités là sont légion, nous vivons avec et ça ne sent pas très bon parfois !

Les belles fringues, la convivialité, les beaux après midi, les sorties chic, la gentillesse, l’émotion partagée, les fous rires, un peu de « flamberie »… Et cette « longueur d’onde » qui nous convie en l’instant vécu devenu petite éternité, à une si belle fête des âmes, des cœurs et des visages !

Disons que ma femme et mes cousines sont « hors jeu » comme dans les tribunaux le témoignage d’un être trop proche…

Dans cette si drôle et parfois si tragique expérience qu’est la vie, quatre tels piliers soutenant la Féminité comme jadis Atlas portant le monde sur ses épaules, m’ont inspiré cette phrase dite et redite, écrite et  récrite : « c’est une sacrée piqûre d’héroïne dans la veine à vif sans les effets secondaires dévastateurs et tant mieux si je ne me suis pas suicidé dans le ventre de maman avant de venir au monde ».

D’autant plus qu’il fut pour moi un cinquième pilier : ma mère ! Le tout premier pilier de féminité qui se soit élevé au dessus de mes jeunes années, qui jamais ne fit d’ombre mais une grande lumière sur ma grêle silhouette et jusqu’au cœur de mon réacteur, impulsant mes émerveillements…

Au dire des filles à mecs, par contre, je ne suis guère fréquentable. Je n’avais dans ma jeunesse qu’un vélo. Et en vélo, c’est dur pour draguer les filles !

Mais je ne drague pas, le vélo est d’ailleurs ma passion ex aequo avec l’écriture.

En vélo, je vole comme un oiseau… Mais excusez au passage mes bras d’honneur et mes colères de petit crétin !

Les filles à mecs ne m’ont jamais impressionné. Mais celles du genre «  instit à grandes lunettes plate comme une sole » ou « grosse dondon faisant tapisserie même dans les bals mormons » ; les éclopées, les fendues de la lèvre, les paumées au regard de biche apeurée, les fillettes battues et les mémés ridées de solitude… Ah ! celles là, par les lèvres de mon âme, je les effleure de mon sourire et de mon regard, je leur balance mon visage comme une main tendue dont les doigts viennent toucher leur « bulle ».

A chaque fois je « tape dans le mille », ça leur fait un bien fou.  Etre ainsi regardées… et de cette manière là, peut-être même une seule fois dans leur vie, elles n’en ont pas l’habitude !

De toutes les inégalités naturelles, celles qui touchent à l’intégrité de notre être, le corps et l’esprit, sont assurément les plus sensibles dans la traversée de l’existence. A ces inégalités là, l’espèce humaine par les artifices de ses civilisations, par les « valeurs sacrées » et les concepts dont elle se barde à travers les siècles, en ajoute une autre, non naturelle : LE CULTE DES APPARENCES.

Je dirais d’un visage ou d’une silhouette, qu’il est avant tout une « atmosphère »… bien plus qu’une apparence.

Les filles à mecs, selon les valeurs du monde riche ou pauvre, ont-elles une « atmosphère » ?

Oui, lorsqu’elles ne sont plus à un moment déterminé de leur vie, des filles à mecs.

            Atmosphères, chères atmosphères… Qui emplissez ma vie, compagnes de chaque jour pour ne pas dire de chaque instant vécu, c’est vous qui édifiez mon âme, c’est vous qui m’existez, c’est vous qui faites mon visage.

Et dans la poussière des étoiles réductrice de toutes les vanités, lorsque les souvenirs eux-mêmes auront disparu, je ne vous oublierai jamais.

Réponse à becdanlo pour son commentaire dans « forum 1er chapitre » au sujet de GRAND HOTEL DU MERDIER

 

 

         Dans cette 1ère partie, nos trois « coccinialbulles » sont réunis avec des filles de passage dans l’appartement squatté par l’un d’entre eux.

La 2ème partie évoque la « dérive » de Pou, l’un des trois compères qui lui, demeure dans une chambre d’hôtel minable. L’hôtel se nomme : Grand Hôtel Moderne. Mais cet hôtel n’a rien de moderne en fait…

D’où le « Grand Hôtel du Merdier ».

Et par extension, ce bistrot crado dans lequel Pou prend son petit déjeuner, cette merde qui est sa vie quotidienne, cet environnement général ayant pour toile de fond l’écrasante chape d’un système…

Mais Pou dans cette « dérive », va brusquement se métamorphoser… Et la « dérive » se met à dériver… Pou va se faire beau et propre pour une fille laide, bossue et infirme sur un fauteuil roulant. Mais cela n’a rien à voir avec un conte de fées, loin s’en faut !

         « Tu n’en prends pas le chemin, yugcib ! »… Quel chemin ? Celui de ces auteurs adulés, reconnus, qui passent à la télé, dont on peut lire les commentaires de journalistes littéraires dans « le monde des livres » le vendredi ? Ces auteurs qui, dans les salons, font de la dédicace au kilomètre ?

Quel chemin ? Le chemin de ces immortels qui traversent les siècles mais qu’une géante gazeuse un jour effacera parce que la Terre sera « avalée » ?

Je n’ai pas d’chemin, becdanlo ! A la moindre croisée de pistes dans ce désert bleu semé à perte de vue de fleurs cristallisées, je me fous de la droite ou de la gauche et je perds le sens de l’orientation. Quelle droite, quelle gauche, quel sens d’ailleurs ?

Là où je serai le samedi 9 avril, à Soustons au salon SF, « atmosphères », nous ne serons que 6 auteurs…et pas des plus connus ! Y’aura pas un monde fou, pas de dédicaces au kilomètre, juste une petite manifestation peu médiatisée. A ce niveau là ça me convient tout à fait. Je me vois mal prendre le chemin de tous ces écrivains et gens de plume entourés de journalistes et de toutes sortes de personnalités… Sans compter les « admirateurs » et surtout les « admiratrices », bien plus amoureux des modes et des apparences que du « message » ou de la pensée exprimés par l’ « auteur » qui n’est en fait que le dépositaire de quelque chose de bien plus grand que lui et qui le dépasse…

La télé, je connais… Un matin de décembre 2002, deux nanas de FR 3 Aquitaine débarquent chez moi avec un putain de matériel sophistiqué et commencent à m’entreprendre, me filment, me font « poser » et tchatcher sur AU PAYS DES GUIGNOLS GRIS… Un désastre ! Quand j’ai revisionné la cassette ( ma chère cousine avait enregistré le reportage ), je savais plus où me mettre. Une nullité. Je « bredouillais » plutôt que je ne parlais ! Dieu merci, la télé, trois jours après, t’as tout oublié, et puis y’a tellement de gens qui passent à la télé, qu’y a pas de risque qu’on te reconnaisse dans la rue !

         « On est pas déçu du voyage », que tu dis ! Le problème c’est que le « voyage », il continue sur deux autres parties ( plus longues que la première )… Et c’est vraiment Hard, Hard, Hard. Mais c’est pas grave, je me suis complètement défoncé dans une telle écriture aussi barbare.

  

 

A Marie José FEREY, guichetière à la poste de Bruyères dans les Vosges, le 10 janvier 2005.

 

         Bien que je t’adresse cette lettre à toi personnellement, je t’autorise et même je te suggère de la faire lire à tous ceux qui parmi vous sont encore présents à la poste de Bruyères, et qui m’ont connu.

L’estime que j’ai pour toi n’est d’ailleurs je crois bien, un secret pour personne.

Voilà…

Le 12 janvier 2005, un mercredi, sera pour moi le dernier jour de mon activité professionnelle. Il va sans dire que je fête cet évènement en « grande pompe » avec d’une part mes collègues de la poste de Saint Julien en Born, bureau dans lequel j’ai travaillé durant les 3 derniers mois, et d’autre part quelques uns de mes collègues brigadiers EAR du groupement Landes Océanes.

Le 12 janvier étant mon ultime jour de travail, c’est seulement le 14 que je fais la fête… toute la journée.

A ce niveau là, je n’en serai plus à une journée près…

Le 12 janvier n’est pas pour moi une date ordinaire, loin s’en faut !

C’est en effet ce jour là qu’en l’année 1977 tu fis ton entrée à la poste de Bruyères, venant je crois de Paris 61 si mes souvenirs sont exacts.

Une petite Vosgienne enfin revenue dans sa vallée de la Mortagne.

Je te revois encore ce 12 janvier 1977 dans une robe rouge, avec un grand imper blanc.

J’étais à la « cabine financière ». Au moment de la rentrée des facteurs. Y’en a même un parmi eux, peut-être était-ce Michel Douche, qui a dit «  voilà le petit chaperon rouge ».

Te voyant donc débarquer ainsi, alors que ton arrivée était annoncée depuis au moins 15 jours, j’en étais quelque peu ému. Et c’est bien normal : la féminité m’ a toujours émerveillé depuis ma plus tendre enfance. Soit dit en passant selon une expression de moi qui a fait long feu déjà, merci pour toutes ces « piqûres d’héroïne dans la veine à vif sans les effets secondaires dévastateurs »… Ces piqûres qui m’ont convaincu que le paradis existait déjà sur Terre avant d’exister dans le ciel.

Bien des années plus tard, un jour d’été au guichet, tu devais être en vacances, des gens qui te connaissaient bien m’ont parlé de toi, évoqué cette gentillesse, cette délicatesse, cette discrétion qui te caractérisent particulièrement.

J’ajouterai pour ma part «  une certaine élégance dans une merveilleuse et authentique simplicité ». Quoi que je puisse dire aussi ( mais ce n’est pas trop grave ) : « une réserve et une mesure en toutes choses qui confine parfois à une certaine froideur portant ombrage à ce meilleur de toi-même à nul autre pareil ».

         Le vendredi 14 janvier de cette année 2005 rappelle à mon souvenir ce même 14 janvier 1999 lorsqu’à la poste de Bruyères je fêtais mon départ… En compagnie de mes « petites fées », toi et Françoise à mes côtés et devant mes nombreux copains des Vosges, sans compter quelques « clients » que j’avais invités. Le conseiller financier que j’avais été neuf ans durant, dont quatre sans cravate, et qui se déplaçait à vélo, avait fini par avoir une « grosse cote » auprès des dames et demoiselles, naturellement bien conseillées pour leurs placements.

Six ans ont passé.

Un gouffre, une éternité…

Parce que je viens de traverser durant ces années un autre « segment d’existence »… Avec d’autres « piqûres d’héroïne » et une toute autre carrière comportant quelques épisodes atypiques.

Mais ce 14 janvier 1999 est aussi proche de moi aujourd’hui que le jour d’hier.

Mon écriture a évolué aussi.

Sans doute avez-vous pu me lire, les uns et les autres, dans l’Echo des Vosges, Marianne, l’Est Républicain, l’Humanité Hebdo et même, mais plus rarement, dans Le Monde et une fois dans le Figaro… Je « squatte » en effet partout où l’on veut bien accueillir mes propos généralement axés sur des sujets d’actualité.

Mais cette écriture là n’est pas la seule. J’en ai une autre, plus libertaire, plus « hard », plus « du fond de mes tripes ».

Cette écriture là envahit régulièrement les pages d’un petit fanzine qui se nomme ROUE LIBRE, distribué gratuitement, lu en pays de Born par quelques dizaines de personnes et notamment au cinéma de Contis, un espace où l’on pourfend cette culture kitsch ultra médiatisée genre Star Académy et autres conneries soporifiques édulcorées de nos différents programmes de télévision.

         Certains Chrétiens définissent l’enfer par la perte de la présence de Dieu…

Je dirais de l’enfer qu’il est assurément celui des fractures relationnelles.

Quand t’as été bien avec quelqu’un, que t’as bu avec lui au même verre, que t’as partagé avec lui des émotions, traversé avec lui des segments d’existence… Et que, suite à un énorme malentendu tu n’as plus jamais revu cette personne, il y a bien là une fracture relationnelle. Et c’est ce qu’il y a de pire, je crois.

Plus encore que d’avoir à subir toutes les injustices, toutes les hypocrisies et toutes les violences.

Dans cette si drôle d’expérience qu’est la traversée de la vie, j’ai parfois vécu ce genre de fracture. Je ne m’en suis jamais remis…

Telle est donc ma définition de l’enfer sur Terre.

J’exhorte tous les acteurs de la grande scène du monde à ne jamais porter à leurs lèvres la coupe si amère de ce vin maudit entre tous : celui de la fracture relationnelle.

Mais si j’ai une définition de l’enfer, j’en ai une aussi du paradis, semblable à celui qui fait vibrer de bien être les ailes de la mouche entre les plis d’un rideau… comme entre les plis de toutes les féminités.

  

         Monsieur Thierry Ardisson, le roi de « TOUT LE MONDE EN PARLE », qui pète le feu, beau comme un dieu, iconoclaste, arrogant, décapant...

 

Je n’aime pas votre émission. Enfin, ce n’est pas que je l’aime pas…Mais vous me faites rire.

Et quand on rit vraiment, la vulgarité, ça passe comme une lettre à la poste... Enfin "presque"...

Vulgaire et iconoclaste votre prestation du samedi soir, dis-je ?

Plutôt tordue à dire vrai...

Très franchement, moi qui ne suis ni un auteur connu, ni un personnage du « Show biz », être pourfendu, retourné comme une crêpe sur votre plateau de télévision devant quelques millions de nos concitoyens de tous bords et de toutes tendances, j’en crèverais de rire.

N’ayant rien à perdre et rien à gagner, autant se faire assassiner en beauté… Et être avalé comme Tricatel dans la gueule grande ouverte de « tous les coups sont permis »… Si je devais être un jour l’un de vos invités.

 

Cher monsieur Ardisson qui pète le feu beau comme un dieu…

J’ai écrit deux livres.

Une ânerie intitulée « Au pays des guignols gris », 450 pages, publiée en octobre 2002.

Une ânerie qui m’a tout de même coûté neuf mois de travail d'écriture à raison de trois à quatre heures par jour sinon plus certains jours …

Et un laïus pseudo philosophique en deux parties intitulé « Quel monde possible ». La première partie est une ineptie, un répertoire de commentaires sur des sujets d’actualité dans le genre de tout ce qu’on peut entendre au bistrot du coin.

La seconde  partie, quand à elle… Est un peu « valable », si l’on peut dire.

Ce livre fait 167 pages, ce qui semble déjà plus digeste pour un lecteur éventuel.

Il a été publié par Manuscrit point com...

 

Je concocte actuellement une oeuvre iconoclaste intitulée "Grand Hôtel du Merdier"...

Si l'on peut toutefois appeller "oeuvre" un torchon pareil !

Mais quel torchon !

Sans sombrer pour le moins du monde dans le narcissisme, j’en crève de rire à chaque paragraphe.

Pour ce bouquin là, cher monsieur Ardisson beau comme un dieu, je ne chercherai jamais un éditeur.

Il est impubliable.

Il sent trop la merde.

Il ne respecte rien.

Y’ a des mots qui sont pas dans le dico, et qu’il est hors de question d’appeler pompeusement « néologisme ».

 

L’ écriture est devenue enfin pour moi cet espace de liberté dont j’ai toujours rêvé.

Un espace de liberté…Absolue.

Et dans cet espace là, l’on y peut tout être, tout faire, tout dire…

Qui n’écrit que pour plaire ou distraire n’est qu’un artisan de l’écriture. En « liberté surveillée et plus ou moins médiatisée ».

En ce sens, il faut des écrivains, des poètes, d’excellents chroniqueurs, comme il faut des ébénistes ou des forgerons.

Lorsque l’écriture devient vraiment un espace de liberté, l’on n’a que faire de la reconnaissance, des préséances, des académies et des salons.

Voilà, cher monsieur Thierry Ardisson beau comme un dieu !

                   Et bien sincèrement… Parce que si vous saviez ce que je dis dans mon entourage, de ces « sentiments » qu’on torche au bas d’une lettre !

  

Lettre à Marie Thérèse Drouillot, le 12 octobre 2002

   

                                   Chère Marie-Thérèse,

 

       Si mes souvenirs sont exacts, vous devez maintenant exercer vos fonctions à la Poste d' Epinal, depuis le mois de mars 2002.

Au temps où j’ étais conseiller financier à Bruyères, dans mon jargon à moi, j’ appelais la Direction Départementale « la Sphère Céleste ». Mais, en ce temps-là, l’on y rencontrait Jean-Claude Plèche, Francis George et Bernard Lotz. Et tant d’autres personnes, dont la sémillante Evelyne Claude Mougel, personnes  toutes aussi sympathiques les unes que les autres…

J’avais alors coutume d’expédier par la Sacoche, de Bruyères, quelques « messages pirate », ainsi que diverses esquisses ou dessins de mon invention, et, il faut le dire, généralement, ça faisait rire et ça mettait une petite note d’humour entre ces murs gris de la « Sphère Céleste ».

Pour la « petite histoire », c’était en 1989, et peut-être jusqu’en 1991…

Au temps de ces  « pionniers » que nous étions, les conseillers financiers de la Poste,  notre vénérable « Mère Céleste nous gratifiait, nous, les premiers « conquérants », de toutes ses bénédictions…

Par la suite, en 1994, lorsque furent créés les Groupements ; ce fut à Saint-dié, auprès de nos animateurs de l’ époque, entre autres, Pascal Grosgeorges , que j’exerçais mes « talents » d’ humoriste… et de semeur d’ anecdotes…

Il y avait alors «  toutou Excellius », bientôt suivi de la « girafe au long cou », Altitus, grandes affiches publicitaires vantant ces placements "miracle" qu'étaient Excellius et Altitus... 

Il faut dire qu’ alors, nous avions des interlocuteurs « hors du commun », tels Denis Cablan, le directeur du groupement, et, bien sûr, ses adorables assistantes : Doriane Marchal et vous-même, Marie-Thérèse Drouillot.

Autant que je me souvienne, lorsque je venais au groupement pour des formations, nous nous retrouvions tous, toute la « bande » des « cofis », et… Qu’est-ce qu’on rigolait ! Je crois que si j’ ouvrais d’un seul coup tous les tiroirs de ma mémoire, je n’en finirai plus d’exhumer, avec « l’air du temps », un nombre incalculable de petites anecdotes et de reconstruire ainsi un « historique » de ce qui fut notre vie, nos expériences, durant ces années-là. Car la relation qui s’ établissait entre nous, avait, selon moi, quelque chose de tout à fait exceptionnel.

Mais, aujourd’ hui, je suis depuis le 1 er Février 1999 à la Poste des Landes... Et depuis le 30 Juin 2002, je n’exerce plus les fonctions de Chef d’ établissement à Lesperon. J’ ai donc «  changé de vie », en quelque sorte, aspirant à finir ma carrière dans des conditions plus conformes à mes projets futurs, soit des conditions moins contraignantes en responsabilités, et me laissant beaucoup plus de liberté et de loisirs. Je suis désormais Brigadier EAR dans le groupement des Landes Océanes, et je fais des remplacements dans les bureaux du littoral. Cela me convient beaucoup mieux. Je vois du pays, de nouveaux visages, et j’ ai plus de temps libre. Moins de soucis aussi, et plus aucun de ces objectifs commerciaux "impossibles" ni de portefeuille de clientèle à gérer. Guichet, services arrière, courrier, un peu de compta, et c’est tout.

...Je vous avais fait écouter une cassette de mes textes en 1994 je crois…

Je me souviens encore du jour où vous êtes venue me voir, début mai 1994 à la Poste de Bruyères, pour « m’interviewer » afin de me présenter dans « Jourpost », le journal des Postiers...

J'avais tout particulièrement apprécié votre "papier" avec photo à l'appui. Il est vrai que nous étions alors à cette époque les "anges à trompette" de notre "Mère Céleste", que nous étions "bien soignés" (en particulier lors de ces stages de formation de la CNP en Hôtel Mercure, bons repas et charmantes hôtesses d'accueil dans les "grandes messes" présidées par Jacques Lenorman le directeur des Clientèles Financières)... 

  

Lettre à Edwige Fournier, mon conseiller littéraire, en novembre 2002 après parution de 'Au pays des guignols gris'...

  

 

Comme convenu, voici l’un des mes exemplaires d’auteur dédicacé. A vrai dire, depuis que j’ ai appris, le 6 mai dernier, que mon livre venait d’ être retenu par un éditeur en comité de lecture, je me suis dit :

« Si ce livre sort, je serai vraiment très heureux de le présenter et de l’offrir à mon conseiller littéraire ».

Durant ces longs mois derniers, de mai à octobre, il m’ a fallu tout d’abord revoir la totalité de mon manuscrit (première version) jusqu’au 14 juin très exactement. Ensuite, j’ai attendu jusqu’à la fin de juillet avant de recevoir de la maison d’édition la première série d’ épreuves à corriger. Trois semaines plus tard, je leur retournai le texte corrigé et leur présentai le dessin de la couverture du livre. Puis ce fut la deuxième série d’ épreuves à vérifier et enfin la mention manuscrite « bon à tirer » avec ma signature au bas de chaque page ( le 6 septembre). Cela m’ a occupé tout l’ été. A partir de la mi-septembre, je commençai, avec une certaine émotion il faut le dire, à attendre des nouvelles de l’ éditeur… Qui ne venaient pas. L’ éditeur faisait son travail, tout simplement ! Il le faisait même avec une certaine diligence puisque, vers le 5 octobre, des « signes avant coureur » laissaient présager, comme au bout de la traversée d’un océan, l’arrivée sur une côte…

Et le samedi 12 octobre, en revenant de mon travail à midi, il y avait un énorme carton qui m’ attendait. C’était marqué dessus : éditions Bénévent. Tellement bien emballé hyper protégé qu’il m’a fallu un quart d’heure pour l’ouvrir ! 20 exemplaires d’ auteur plus une lettre et une grande note d’information sur le service de presse, la promotion du livre et quelques conseils utiles. 12 octobre… il faisait un temps magnifique, et chez moi, ce jour là j’ avais une amie de ma famille, que j’aime beaucoup. La toute première phrase de mon livre m’ a paru d’une actualité saisissante. C’est la vérité : « si tu entres dans ma maison… « 

La première personne à laquelle j’ ai pensé lorsque j’ ai vu mon livre imprimé, c’est à ma mère. Ma mère était une femme très belle et son âme était d’un bleu qui faisait rêver… Elle a disparu en 1984 sans avoir seulement vu le début d’une vieillesse qui lui faisait peur. Lorsque je vivais en Afrique du Nord avec mes parents, nous nous rendions souvent à Tipaza, près d’ Alger. Un lieu « mythique », les ruines d’une ancienne cité, le soleil, le ciel Africain, les cigales, la méditerranée… «  l’atmosphère »… Ma mère me disait alors qu’elle voulait faire un livre : Les jardins de Tipaza. Elle était bonne en Français, je savais qu’elle pouvait le faire, ce livre. C’était une histoire très belle et très émouvante… Elle n’ a jamais fait ce livre… peut-être parce qu’un autre livre, celui de la vie que nous vivions, celui du drame que nous avons vécu ensemble, dans ces années-là, lui a coupé les ailes…

Ce 12 octobre, je me suis dit «  ce que cette femme n’ a pu faire, son fils l’ a fait ». Evidemment, Au pays des guignols gris, c’est pas les jardins de Tipaza !

            Dans la semaine qui suivit ce 12 octobre, sur le conseil de l’ éditeur, je « fourbissai mes premières armes ». Soit dit en passant, j’ai pas attendu que le livre sorte pour contacter des journaux, des revues, des magazines, etc… Je ne vous dis pas le nombre de courriers que j’ ai expédié tous azimuths ( on fait ce qu’on peut quand on a la foi mais rien ni personne pour vous donner un « petit coup de pouce » ! Ma première « tête de pont » en quelque sorte, fut le Cinéma de Contis, un espace d’accueil très convivial, qui a été pendant mes débuts dans les Landes une sorte de « quartier général », un petit « Eldorado » où je rencontrais des gens hyper sympas, un lieu où l’on peut s’exprimer, nouer des contacts… Huit jours après la réception des exemplaires d’ auteur, v’la l’ éditeur qui sort «  l’ artillerie lourde »… Mais sur les murs d’inexpugnables forteresses, c’est à dire les grands Médias nationaux tels que Libération, le Monde, le Figaro, Magazine Littéraire, le Point… Exemplaire en service de Presse pour les journalistes de ces journaux. Heureusement, l’ éditeur a aussi « tapé » plus modeste, chez les canards de mon département, auprès des libraires et des maisons de la presse de là où j’ habite et à côté. De mon côté, pour appuyer l’ action de l’ éditeur, j’ ai fait le tour des librairies de Dax et Mont de Marsan, envoyé d’ autres courriers à Radio-France Landes, Sud-radio, France 3 Aquitaine, entre autres…

Bilan de l’opération : une modeste mais solide tête de pont, avec le Cinéma de Contis ( qui est aussi un espace culturel), l’ accueil des libraires, notamment Lacoste à Mont de Marsan, et puis, c’est là la grande espérance… Jean Claude Guillebaud, rédacteur à Sud-Ouest, écrivain et chroniqueur, qui veut bien lire mon livre, mais me disant aussi que c’est pas lui le grand patron, et que pour un « petit papier », ça sera dur dur ! Mais s’il le lit, il en parlera autour de lui.

            Vous savez, lorsque j’ ai débarqué ce 12 octobre sur le rivage du pays des auteurs, je me suis senti comme l’ immigré Italien des années 20 dans un port d’ Amérique, avec juste une petite valise en carton. C’est que, au pays des auteurs, il y a vraiment beaucoup, beaucoup de monde ! Et quelle ruche, quelle foire d’empoigne, quels martèlements et clameurs, quelle trépidance !

Mais avant le débarquement, il a fallu d’ abord prendre le risque de s’embarquer, monter sur le bateau, traverser l’ océan. Le débarquement ne résoud rien… Je n’ ai que mes images, ma « langue du cœur et des tripes » ; mes rêves…  Je crois que mon premier lecteur ému et sincèrement intéressé sera comme le sourire et le regard de ma première jeune et jolie maîtresse d’école, à l’ âge de six ans, le premier jour de classe.

            Je ne vous dis pas aussi, le nombre de petits « topos » que j’ ai bricolés, à droite et à gauche, pour essayer d’ allumer le feu. Lorsque vous lirez la dédicace générale, après la page du titre, vous comprendrez bien des choses… Relisez aussi plusieurs fois, les 4 premières lignes… Ce sont peut –être les plus essentielles, et très certainement, les plus vraies.

                                   Bien sincèrement, et… bonne lecture, chère lectrice !

  

  

     A Pascal, ce 1er avril 2005

            Il me vient une autre idée… Une idée moins géante. Sans doute plus « gérable » sur le site d’alexandrie.

Cela fait au moins 5 ans que je parle d écrire le livre des gens que j’ai le plus aimé dans ma vie depuis mon enfance…

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