L'écriture du pirate, 3ème tirade

      Les textes qui suivent dans cette rubrique, comme dans la précédante d'ailleurs, ne sont pas des "monuments littéraires", loin s'en faut! Mais c'est aussi mon langage...

 

                        LE  VISAGE

 

            La partie la plus chic et la plus esthétique de l’être humain, c’est le visage… Sûrement pas le cul !

Un cul, c’est bête, ça chie, ça pète… Un cul, ça ressemble à tous les autres culs même s’il y en a qui sont plus enveloppés que d’autres, ou plus mignons parce que féminins et se tortillant…

Y’a rien de plus con et de plus ordinaire qu’un cul… Un cul n’a pas d’âme. Un cul, ça heurte l’intellect, surtout quand ça hume la pète.

Ah, quand même, il faut être juste : un cul ça sert à s’asseoir.

Un visage, par contre, c’est une fenêtre ouverte sur l’âme, une sorte de carte d’identité de l’âme, et aucun visage ne ressemble à un autre visage. Le visage authentifie l’être. Un joli visage, ça te fait tellement de bien à l’âme, que ça te ferait presque lever le kiki !  [décembre 2003]

 

 

                        LE  CUL  ET  LA  GUEULE

 

            Si le fric n’existait pas, le cul et la gueule mèneraient le monde. Mais sans cul et sans gueule, le fric n’a plus sa raison d’être.

L’âme peut-elle exister sans le cul et la gueule ?

L’on prétend que oui, mais je dis que c’est de l’utopie !

L’âme chevillée au cul et à la gueule, c’est ce que vous sentez parfois avec un plaisir intime, sur vos doigts que vous venez de passer entre vos fesses… [décembre 2003]

 

                        LETTRE OUVERTE A CELUI QUI A VOLE MON LIVRE

 

            Ce livre a disparu le 29 ou le 30 décembre… Exposé depuis début décembre, je le vendais 23 euro.

23 euro, oh ! Il vaut bien ça ! Même sans aucun support médiatique… Après tout, lorsqu’on voit tous les bouquins du genre Loana qui trônent pendant des mois dans les maisons de la presse, je pense que le mien vaut bien celui de la star de la saison…

Je n’aurais jamais cru qu’à Magescq, au guichet de la Poste, je me ferais piquer mon bouquin !

A la Poste de Mimizan plage en Août dernier, que je me sois fait refaire d’un bouquin, je le comprends : c’était au plus fort de la saison touristique.

            Toi qui a volé mon livre, saches que tu n’as pas fait une bonne affaire ! Si tu comptes le revendre pour te taper un joint, qui va donc te filer 20 euro pour t’envoyer en l’air ?

Si tu l’as volé parce que le résumé t’a percuté, tu t’es bien fait avoir, mon pauvre ! Je présente ce livre comme une fabuleuse aventure dans un avenir très lointain, mais le voyage risque te décevoir. Tu vas te choper une tête comme un compteur à gaz, oui !

Ce n’est pas un livre pour toi ! Tu n’as pas volé ce livre par intérêt littéraire…

Dans les 20 ou 30 premières pages, il y a une putain de description géographique avec des noms barbares, des villes, des pays impossibles, tu vas te perdre là dedans ! Et l’aventure en fait, est truffée de réflexions philosophiques, entrecoupée de contes énigmatiques, jalonnée de toutes sortes de réflexions. Fourmillement d’idées et développements socio-économiques vont te bassiner…

Cette supercherie monumentale ne vaut pas un joint, crois moi ! Je te conseille de fourguer ce bouquin dans le prochain vide grenier de la région afin d’en tirer 1 euro si possible…

Oui ! Cela me ferait rire, de voir ce livre, couverture gondolée et recouvert de poussière dans une caisse sur l’étal d’un vide grenier ! A côté du livre de Loana, pourquoi pas ! Je te pardonnerais alors de m’avoir volé ce livre…

Georges Brassens après avoir été cambriolé, a bien fait une chanson pour son voleur. Je peux donc faire un poème !

Mais… tout de même ! Tu es un drôle de crétin ! Si tu me rendais ce livre avec dix tonnes de remords, je ne te le dédicacerais pas ! J’aimerais mieux que tu te torches le derrière avec ses 450 pages !  [janvier 2004]

  

                        MADEMOISELLE  JOLI  VISAGE

 

            Mademoiselle joli visage, vous me faites bander le cœur…

Mais je n’ose vous le dire seul à seul alors que j’en cause à gogo avec mes copains…

Votre silhouette est dans ma tête une fête perpétuelle…

Vous vous habillez à ravir… A tel point que je ne puis vous imaginer nue.

Mademoiselle joli visage, quelle trace de lumière blanche dans le bleu de mon ciel !

Mademoiselles joli visage, si bien campées dans vos si beaux atours… Du bal du muguet au grand enterrement général…

Hâââh !!!                                                        [novembre 2004]

   

                        BEAU ET GENTIL ?  POUR QUI  POUR QUOI ?

 

            Quand tu couines comme un petit chat, les pattes de devant tendues, à plat ventre, avec la queue en l’air et tes yeux pleins d’amour, on te marche dessus sans savoir que t’existes…

Quand t’aboies et que tu mords, quand tu pisses et que tu chies sur le trottoir devant une charcuterie fine ou une pâtisserie, on te marche pas dessus et l’on sait que t’existes car tu emmerdes tout le monde… On te donne des coups de pied au cul !

            Il n’y a pas d’amour heureux mais il n’y a pas non plus de colère tranquille !

Au regard de la moyenne des rémunérations dans cette Europe socialement et économiquement nivelée par le bas, j’ai une paye de petit cadre pour un boulot de trouduc alors que les trois quarts des gens qui bossent en subissant de très lourdes contraintes en ayant des responsabilités et des objectifs énormes, font des boulots de chef ou de cadre, sont payés moins cher que moi !

Ce boulot de trouduc sur lequel je chie, des tas de chomdus se battraient pour le faire, se lever à 5heures du matin, rouler cent bornes aller retour en bagnole six jours sur sept…

Ce système de merde dans lequel je squatte sans la moindre ambition de carrière, des millions de gens en fait leur patrie bardée de militaires, constellée de clochers d’église et polluée de cultes…

            Faire le beau et le gentil ? Pour qui, pour quoi ? Plutôt crever avec la bave aux lèvres, lacérer quelques mollets potelés, pisser sur les choux des platebandes municipales…

Entre Shopi la peau du pis, Champion la peau du croupion, Super U la peau du cul et leur tonne de pub, tous ces tarés en bagnole qui t’engueulent au moindre prétexte, ces « riche-à-crever » pleins de placements et d’arrogance, ces pauvres que s’ils étaient riches ils t’en feraient peut-être encore plus chier que les riches nés riches… Oui, il y a de quoi mordre !

            L’amour, ça paie pas ! Et quand t’es mort, c’est trop tard ! Ils peuvent se les foutre au cul, les fleurs sur ton âme !  [décembre 2004]

 

                        PETIT  LAIUS  SANS  TITRE  DEFINI

 

            Je suis né être humain l’année de la sortie de la 4 chevaux. J’aurais pu naître minou, toutou, dada ou limaçon à n’importe quelle époque de la vie sur cette planète…

Si je serais né dada du temps de Napoléon, j’aurais peut-être crevé sur un champ de bataille à Essling en Autriche ou à Borodino en Russie. Un grenadier amputé de ses deux guiboles se serait traîné sur ses moignons déchiquetés jusqu’à moi, m’aurait éventré d’un coup de baïonnette, et pendant qu’il aurait touillé dans mon bide pour arracher le foie et le cœur, j’aurais dans un ultime sursaut d’agonie, relevé la tête sans même hennir de douleur… D’autres soldats à la gueule à moitié emportée par les boulets auraient rempli de mon sang encore chaud, quelques seaux pour le boire parce qu’il n’y avait plus de soupe et qu’il faisait moins trente…

            Quoi qu’il en soit… Ou qu’il aurait pu être… Ou ne jamais être, sur les pentes calcinées d’un Golgotha, au fond d’un cratère de Mars ou d’un ravin d’un satellite de Saturne, pour autant qu’il existerait un putain de paradis selon l’idée ou l’imagination des hommes, des humanuscules, des aliens – curés ou des anges exterminateurs de liberté, la réalité c’est bien ce con d’enfer qu’on nomme la vie et dans lequel on nous convie à coup de pubs et d’images – suppositoires, à cet « ailleurs » hypothétique où paraît-il, c’est mieux.

            Mon cul, le paradis des hommes, des humanuscules ou des pigeons – dragons ! Moi, c’est au paradis des minous que je veux aller !

Je ne pense pas que les humains iront au paradis des dadas, sauf peut-être les gens des centres équestres du temps où il n’y avait plus de diligences à tirer ni de canons à traîner sur les champs de bataille…

Mais putain, comment je vais faire, moi, au paradis des minous, pour revoir certains visages humains ?

Je crois que je vais demander au PDG des minous, en une audience spéciale, que les portiers – félins prévoient dans la clôture de séparation entre les deux paradis, une petite ouverture. Ainsi pourrais-je me pelotonner sur les genoux de mes « piqûres d’héroïne » à l’occasion.

Je jure que je ne ronronnerai pas trop fort ni trop longtemps et que, très vite, je rejoindrai ma résidence principale, avec Fripouille, Minette, Grosse Bulle, Sirius et Matoune…

            Enfin, pour terminer ce petit laïus sans titre, voici une historiette :

Supposons que Madame Oooo, de Llll, au lieu d’être née comme moi l’année de la 4 chevaux, ait vécu au temps où Van Gogh peignait à Arles. Et qu’elle ait connu Van Gogh.

Au lieu d’être prof de ----, elle aurait été prof de dessin. Elle aurait dit à Van Gogh, artiste méconnu à l’époque, que sa peinture était géniale… Il y aurait eu entre Van Gogh et Madame Oooo (allez, on va l’appeler Raimuse) une correspondance.

Comme les dessins de Raimuse, par leur contenu et leur atmosphère semblaient autoriser Van Gogh à quelques confidences non-conformistes et trop « du fond de ses tripes », il arriva que les deux dernières lettres de Van Gogh furent sans réponse… Enfin, de guerre lasse, Raimuse aurait signifié en un ultime message à Van Gogh «  qu’il aille voir un psy et suive une thérapie »…

Il est vrai que Van Gogh a fini dans un asile. Aujourd’hui, ses toiles se vendent la peau du cul à l’infini, mais ça lui fait une belle jambe !  [janvier 2005]

 

 

Petite discu philo 

            --Tu dis que t’es pas très copain avec les concepts ?

            --Non, c’est vrai, les concepts ça m’emmerde. Tu sais, j’ai arrêté mes études en classe de première, j’ai pas été jusqu’au bac, j’ai pas de formation universitaire, j’ai pas lu Descartes, Kant, Hegel et toute la clique des Grands Philosophes. Chaque fois que j’ai essayé d’y foutre mon nez là dedans, j’ai coulé, oui, coulé/coulé… C’est trop compliqué ce langage pour moi. J’avais d’autres vélos dans la tête…

            --Alors t’es pas bon pour aller bailler tes fesses dans les salons littéraires ni dans les cafés philosophiques ?

            --Non, vraiment non. Je saurais pas quoi raconter. Tu comprends, quand t’as pas de « bagage », tout ce que tu dis c’est du pipeau et on en a rien à foutre des cavalcades qui te traversent la tête…

            --Tu sais, à mon avis, au risque de les choquer, tous ces rupins de la caboche, j’ai envie de dire qu’il n’y a pas beaucoup de différence entre le philoxéra et la philosophie.

            --Ah, tiens, tu m’étonnes !

            --Le philoxéra pourrit le raisin et la philosophie pourrit toutes les raisons d’aimer son prochain…

            --Comment ça ?

            --T’as déjà vu que la philosophie faisait que les gens s’aimaient d’amour, je veux dire s’aimaient tout court sans chercher des traces de pattes de poux sur les cadres de vélos ?

Regarde des mecs comme Socrate, ou comme Alain, avec leur sagesse, l’idée qu’ils pouvaient se faire du bonheur, de la relation humaine, et de tant d’autres trucs à te faire bander dans le cyclotron… Tu crois que ça a fait avancer le schmilblic ? De la merde, oui !

Enfin, eux, Socrate, Alain et les autres, non, eux, ils étaient pas de la merde ces mecs, franchement ils ont essayé de faire quelque chose… Mais c’est tous les cons qui se sont pavanés dans les antichambres des académies et qui se sont congratulés d’interrogations oiseuses et pisseuses qui ont tout fait capoter, la choucroute, le clafoutis, les orgues de Barbarie et les vrais rêves…

            --Continue, tu m’intéresses…

            --Oui, le seul concept, disons, « acceptable », c’est le concept de reconnaissance. Le seul auquel je me rallie.

Quand tu reconnais, tu penses pas « c’est bien, c’est mal, ça se fait, ça se fait pas » et autres considérations uniquement dépendantes d’un putain de système de valeurs, de vérités établies en vertu de principes à la con, comme si il y avait les « bons » et les « aseptisés » d’un côté, et les « ulumunus », les foireux, les enculés, les cons et autres « êtres virus », du côté qu’on « fly-toxe ».

Tiens, regarde ou plutôt imagine la scène : t’as 50 vaches agglutinées au bas d’un pré boueux en bordure d’une voie ferrée. Les panars dans la mouscaille, la crotte au cul, plein de mouches autour des globes oculaires… Qu’est-ce que c’est con une vache ! Et toi tu leur largues « Deux plus deux ça fait combien ? » « racine carrée de 17 au cube ? »… T’entends un putain de « MEUH » à te fendre l’âme ! Si encore elles avaient des clochettes, comme sur les Hauts !

T’installes une mini chaîne Hi Fi et, à fond la caisse, tu leur balances du Mozart en compact disc ! Tu me croiras si tu veux, eh bien les 50 vaches, elles ont toutes tourné la tête comme un seul homme vers toi et ta boîte à zizique. Sublime ! Voilà : Mozart d’un côté, avec son génie, la beauté de son œuvre… Et 50 bovins crottés de l’autre !

C’est ça, vois-tu, le principe de reconnaissance selon la philosophie des bêtes à deux pattes !

Eh bien moi, j’y crois pas, à cette vision de la reconnaissance.

Je vais te dire, moi, ce que j’entends par reconnaissance : c’est exactement comme quand tu regardes une étoile dans le ciel de la nuit. Tu sais pas si cette étoile là en particulier est plus belle ou plus brillante qu’une autre ou si elle phagocyte tout autour d’elle. Tu la vois, tu sais qu’elle existe, c’est tout.

            --Mais les hommes ne sont pas des étoiles !

            --Non. Mais ils veulent être reconnus à tout prix. C’est la raison pour laquelle ils ne se reconnaissent pas entre eux. Comment veux-tu qu’ils s’aiment s’ils ne se reconnaissent pas ?

            --Quand tu dis : « Pour une gouine ma queue c’est pas du poulet », on n’est pas vraiment dans le concept de reconnaissance, non ?

            --Selon une vieille légende des marais de je ne sais plus quel pays, une gouine était une créature de rêve, très belle, avec une queue de poisson comme les sirènes. Lorsque tombait la nuit, alors que l’horizon était encore tout rouge, la gouine chantait au bord de l’eau. Elle était tellement belle que, l’apercevant, l’on avait envie de se jeter sur elle. D’autant plus que sa voix et son regard t’étreignaient jusqu’au fond de tes tripes. Les gens tombaient directement dans l’eau et s’enfonçaient dans la vase. L’on ne retrouvait jamais rien de tous ces gens qui disparaissaient, même en asséchant le marais et en creusant dans la terre.

Je ne sais pas si c’était la faute de la gouine si les gens tombaient dans le marais… Elle était comme elle était, la gouine… Quand les hommes n’existaient pas encore, elle chantait déjà.

Et pour une gouine, une gouine dans le langage des hommes pour désigner une femme qui n’aime baiser qu’avec des femmes, une bite d’homme n’est pas du poulet.

            --Oui, bien sûr… Il faut de tout pour faire un monde, comme on dit chez les branchés d’office par la force des modes…

Autrefois, les « gouines et les pédés », on les grillait sur les bûchers de l’inquisition, puis, la « civilisation » évoluant, on les plus brûlés mais lapidés et exclus des communautés villageoises, puis on s’est seulement moqué d’eux en les considérant comme des marginaux et en commençant à les tolérer au sein de nos communautés… Et pour finir, mais pour combien de temps, on leur a donné un statut, on les a « sacralisés », pacsés…

On fait de même avec toutes sortes de marginalités qu’autrefois on refusait de reconnaître. Et le pognon est vite tombé dans les tiroir-caisse des « prédato-sacralisateurs ». Toutes ces reconnaissances de marginalités ont dopé l’économie de marché… Il est beau, le concept de reconnaissance !

Mais la reconnaissance, la vraie reconnaissance, ne va-t-elle pas jusqu’à reconnaître la non reconnaissance que l’autre a de toi ou des autres ?

            --Eh, Bon-Diette, si on terminait par un coup de gueule ? A propos de ces vagues de froid qui en hiver, paralysent l’Europe entière ?

Oh, pas à cause de la neige ni du verglas… Mais à cause de la connerie du Système qui fait qu’on continue à avancer quand même  pour que des milliers de petits cons, et un peu moins de milliers de grands cons aient à tout prix chez eux, même au prix fort, leur petit chouia de gâteau pourri, leurs putains de goldoraks et de godemichés de merde, leurs putains d’équipements dernier cri dernier modèle, alors que les routes sont impraticables, que les ordinateurs tiltent, et que les poulets crèvent de froid avant de crever de la grippe aviaire…

            --Ah, toi, on t’arrête pas, il faudrait te baillonner avec des lamelles découpées dans des boîtes de conserve !

            --Merde ! même si les « plantureux en manteau de cuir écharpe blanche au cou et grosse tête carrée » étendaient leur ombre par-dessus nos épaules, j’évoquerais encore ces olives bien huilées, telles des crottes vertes dont je dénoncerais le chocolat pervers qu’elles seraient sensées contenir… Je les aurais chopées en plein vol, ces traîtresses d’olives, avant qu’elles ne me fassent jouir le trou de bale pour ma plus grande déconvenue à venir !

Ah, oui, parlons en justement, de ces vagues de froid ! Comme si on pouvait pas tout arrêter, ne plus rien foutre et attendre que ça fonde, bordel ! Non, il faut que ça tourne à tout prix, il faut faire avancer le schmilblic… Les camions en travers de la route, les bagnoles au fossé, rien n’arrête le Système ! Putain, si ça pouvait geler à mort, que tout soit enfoui sous trois mètres de neige, il faudrait bien, alors, que ça s’arrête enfin ! C’est pas trois ou quatre jours de léthargie économique qui vont faire s’écrouler le Système ! Par contre je ne vois pas comment en 2039, selon les experts et les spécialistes, la Chine devenue 1ère puissance mondiale pourra envoyer en vacances 10 millions de Chinois par an photographier la Tour Eiffel sans que Paris n’ait prévu les structures hôtelières suffisantes pour héberger tout ce monde là, ni comment la planète pourra supporter cent fois plus d’activité humaine qu’aujourd’hui…

Et pour conclure, mon pote, eh bien je conclue rien du tout ! T’as qu’à continuer le débat…

 [septembre 2003]

 

GRANTENTERREMENT GENERAL

            C’était l’âme de sa queue, au défunt… Elle planait au dessus de ces Messieurs Dames qui dans leurs belles pompes cirées, cheminaient compassés, englués, gominés, raides comme des manches de bêche, costardés, pardocklés, imperdés, cravatés ou foulardisées quant à ces dames chic, en un sombre défilé silencieux sous un pâle soleil d’hiver derrière le fourgon mortuaire, un vieux Peugeot des années 50 à l’ échappement pétaradant, promu en futur camping car pour retraités pauvres à l’ambition voyagesque démesurée…

 Et le Mort sauf l’ âme de sa queue, balloté vers son destin tant envié de prétendant à la couronne des souvenirs pieux de tous ces vivants qui, du vivant du défunt accablaient ce dernier de pieuses hypocrisies, sottes moqueries et insipides politesses, recroquevillé dans cette bulle de solitude qui ne s’était point brisée dans l’infarctus, n’avait plus rien à payer pour jouir si l’on peut dire de cette halte mobile en cette pension ambulante et provisoire... Son fils, sa belle fille, ses vieux parents, héritaient désormais des désordres, des errements et du marché aux puces de son humble et courte vie, pourvoyant ainsi aux frais occasionnés par cet ultime voyage organisé en hôtel-calèche noire. 

  Ah ! Qu’ils étaient beaux et chic, ces messieurs dames !

 Joliment fringuées, demoiselles et jeunes dames en bas noirs, petites écharpes, trench-coat tendance, jupes fendues, robes sombres et droites, bien cintrées à la taille, décolletés discrets, visages anguleux, regards brûlants comme des lèvres amoureuses…

 Tristesse et compassion, épluchures de réminiscences, sanglots furtifs, balayés par le râle d’une âme en transe… L’ âme de la queue du défunt, suspendue au dessus de cette assemblée endimanchée…Emergence impudique d’un bout de slip de ciel bleu pâle, toute vibrante et enfiévrée d’ondes de féminité en noir. 

             Et le dernier morceau bleu de ce slip de ciel disparut dans l’immense houppelande nuageuse, puis le pâle soleil d’après midi d’hiver, palpitant encore au plus profond de l’âme de la queue du défunt, fit pleuvoir sur les trench-coat, sur les fines écharpes, sur les robes cintrées, ainsi que sur les visages anguleux des filles et des femmes… De pesantes gouttes blanches.

 C’était l’âme de sa queue, au défunt ! Une âme qui, du vivant de sa queue, au défunt, n’aurait assurément jamais raté un grantenterrement général…

 

LA GENESE DE CE "GRANTENTERREMENT GENERAL"

C’était par une pluvieuse après midi de la fin du mois de septembre en 2004, alors que j’effectuais pour le compte de la Poste de Saint Julien en Born (Landes) le ramassage du courrier dans les bureaux avoisinants… Alors que je traversais la commune de Lit et Mixe, je fus retardé par l’un de ces « Grantenterrements Général » qui mobilise une bonne partie de la population du village, d’autant plus si le Défunt est une personnalité importante (président d’association, ancien maire, ou autre « sommité »… En effet j’ai toujours remarqué, que lorsque les gens étaient « riches et connus », il y avait beaucoup de monde à leur enterrement…

 Ce jour là, vu le nombre de véhicules garés le long de la rue principale, sur la place du village et dans les rues adjacentes, le Défunt devait vraiment être un « grand personnage ».

 J’étais carrément bloqué, l’embouteillage était inextricable. Des gens bien habillés, de belles et jeunes dames en petits imperméables noirs et parapluies, et bien sûr, le fourgon mortuaire chargé de gerbes et de couronnes , tout cela aurait pu inspirer un artiste peintre célèbre, qui, en une toile « immortelle », aurait brossé cette scène de « Grantenterrement Général »…

 J’étais donc bloqué, et, dans mon véhicule Postal je maudissais en de scélérates pensées, ce « temps perdu »… Cependant il me vint quelque réflexion. J’imaginais que ce Défunt, personnage important certes, avait une belle âme…

 Une belle âme néanmoins, dans le tréfonds de laquelle notre Défunt aimait à se vautrer en secret… Un tréfonds à vrai dire, qui eût pu dénoter, être un peu « en porte à faux »… Dans cette belle âme…

 Et j’en « crevais de régal », en ces longues minutes qui en définitive devinrent savoureuses, à l’idée de cette « foudre de bien être » qui vitrifierait l’âme envolée dans le ciel, du Défunt,  au dessus du corbillard, et devenue  comme cette « queue » gonflée de rêves inavoués à la vue de ce qui lui plaît, mais n’en ayant pas moins « une si belle âme »… pour autant que cette « queue » pût avoir de l’âme !

 C’est ainsi que l’idée me vint, de cette « âme en transe dans la houppelande nuageuse », et de ces pesantes gouttes blanches dont je percevais le petit claquement, agréable à entendre, sur les jolis imperméables de ces dames et demoiselles en noir…

 

PETITE "DISCU PROVOC"...

            Cela va sans doute vous étonner mais je suis très sincère dans mon propos que voici :

Toutes les personnes auxquelles dans ma vie j’ai déplu, que j’ai « bassinées », qui m’ont connu, ont entendu ou lu des choses de moi qui leur ont fait « dresser les cheveux sur la tête », qui ont trouvé que j’étais tordu, fumeux, ennuyeux au possible, qui ont eu du mal à me lire et à me « décrypter », et qui, dans les commentaires qu’ils m’ont fait, ne m’ont « pas fait de cadeau »… et bien, tous ces gens là, vous ne pouvez pas savoir à quel point il me sied de leur répondre « du tac au tac », de les « bassiner » encore davantage, de friser l’insolence même à ma manière à leur égard, de leur déplaire souverainement, et de persister avec un « malin plaisir » dans ce qu’en particulier ou globalement ils me reprochent, « enfonçant ainsi le clou » et faisant tout, pour que dans leur cœur et dans leur esprit ils me honnissent !...

… Parce que le jour ou ces gens là apprendront ma disparition de cette Terre (s’ils l’apprennent), je suis absolument certain de ne pas leur faire la moindre peine… Je pense en effet que, plus tu as autour de toi des gens qui ne t’aiment pas, et plus cela fait de gens auxquels tu ne causeras aucun chagrin ! Et ça, c’est une consolation, un vrai plaisir, que de penser, d’être sûr même, que tu vas quitter cette Terre en ne causant aucun chagrin à quantité de gens !

En somme, c’est ma manière de les aimer, tous ces gens, en leur faisant pour « cadeau » cette absence de regret, de chagrin, de peine… Comme c’est « confortable » de ne pas aimer : tu ne m’aimes pas, et si je pars tu n’en souffres pas !

Je déteste que les gens souffrent. Il me sied donc qu’ils ne m’aiment point… Alors même que, je vous l’avoue très humblement (parce que c’est vrai, je ne peux le nier) j’adore qu’ils m’aiment ! [Et oui, je suis tordu, je vous l’ai dit !]

… Y’a quand même un sacré « hic » dans tout ça : des gens m’aiment vraiment, sur cette Terre (enfin… quelques uns)… Et à ceux là, je leur demande pardon pour la peine que je leur ferai en quittant cette Terre.

Sur les deux plateaux de la balance, deux poids… Le poids de « l’ennemour », et le poids de l’amour… Une toute petite « milli-once » d’amour, et j’ai raté ma vie… [ il eût mieux valu que je ne naisse point… Mais je suis venu, je ne me suis pas suicidé dans le ventre de maman, j’ai bu les jolis visages, et je n’ai pas résisté à la tentation de me faire aimer, alors que j’aspirais à me faire désaimer…]

 

Le migrant à la peau dure

[ ... Ou : lettre ouverte à ces univers Webiens “bon chic/bon genre” qui filtrent leurs nouveaux migrants]

 

La pratique qui consiste, pour un auteur ou un écrivain du Web, à “copier/coller” sur plusieurs forums, ses textes, ses messages, ses oeuvres... Peut être considérée comme "ostentatoire"  voire "rafale de mitraillette" dans bien d'univers du Web (qui tiennent quasiment tous à se prévaloir "pas comme les autres")... Mais c'est le seul moyen jusqu'à présent, “à bout de bras” et immédiatement disponible pour "exister".
Cela vaut ce que cela vaut, l'auteur ou l'écrivain en est certainement conscient, il persiste et signe envers et contre tout : c'est un peu comme le "migrant" qui sans cesse, s'évertue à trouer le grillage dans les barbelés de la frontière! Et comme ce "migrant" qui "veut pas crever", souvent il est éconduit, ramené derrière la frontière, poursuivi par les flics du Système, considéré comme un indésirable! Mais qu'à cela ne tienne : il repasse encore et encore, monte sans papiers dans des bus, se rend dans des villes et vend sa marchandise, sa pacotille, sa bouffe... De temps en temps, y'a quand même des mecs sympas, des gens qui "achètent" et n'appellent pas les flics!
J'appelle pas ça de la provocation (cette insistance à trouer les barbelés)... C'est tout simplement "exister", ne pas accepter de crever comme ça tout seul dans un fossé ou dans un "camp de rétention"...

... Au nom de certaines normes et règles (de bienséance, de “déontologie”... et autres “bizarreries ségrégatrices”...) Il est “de bon ton” de faire au départ “profil bas” (ou “profil normal/normal), de prendre une chaise et de s'asseoir discrètement sans trop déranger personne, de ne pas surtout se lever et intervenir dans le débat sans y avoir été invité, de ne pas sortir de son sac ses éternelles pancartes... Il y a dans ces “univers webiens”, parfois (et même assez souvent) plus de consensualité, d'hypocrisie, d'indifférence, de “troudebalerie”... Que dans la vie réelle!

... Mais le “migrant”, avec son sac à dos pourri, ses basketts troués et ses cisailles à barbelés... A la peau dure!

Sites d'édition et forums, aujourd'hui...

 

... Les éditeurs en ligne ou les sites d'édition en ligne, ainsi que les éditeurs classiques (les plus connus et les plus anciens comme les plus récents ou les moins connus)... Ont en principe (et cela me paraît logique) une politique éditoriale, une orientation générale ou particulière, et par conséquent, recherchent des auteurs dont les oeuvres peuvent correspondre à cette politique, cette orientation générale ou particulière...

En somme c'est un peu comme un commerçant (de gros, de détail, ou un boutiquier)... Un épicier par exemple, peut vendre “de tout” mais il peut aussi se spécialiser dans la vente de certains produits : exotiques, régionaux, de terroir, biologiques etc... Par contre on voit mal un boucher vendre des gâteaux, un boulanger vendre des eaux de toilette...

... Dans le cas des forums d'expression, forums littéraires, forums de discussion... Il n'en est pas tout à fait de même : l'orientation y est plus générale. Ce sont à la fois des lieux d'échange et de production... Et la production, là, dans les forums, ne se vend pas car elle y est “éclatée”, fragmentaire, diversifiée, sporadique, spontanée, ne s'apparente presque jamais à ce que l'on pourrait appeler “oeuvre littéraire”... Et bien sûr, avec tout cela, on ne fait pas de livres à vendre!

Il y a, je le sens, dans les forums, une évolution, surtout depuis 1 an, 1 an et demi en gros :

Tout d'abord par le nombre croissant, de plus en plus important, d'adhérents, de membres inscrits, de visiteurs...

Ensuite par la participation de ces mêmes adhérents, membres... une participation qui au départ semblait plus active, plus réactive, mais qui depuis quelques mois se disperse ou réagit moins...

A mon avis, si les forums ont plus de monde qu'avant mais que paradoxalement les gens s'y dispersent et réagissent moins, c'est parce que les gens s'inscrivent dans plusieurs forums davantage en tant que producteurs d'écrits ou d'oeuvres, qu'en tant que demandeurs de “lien social”, de “relationnel” ou d'échange culturel ou d'information... ( ce qui, en 2005 et 2006 était assez patent en général, du fait que les forums débutaient encore, que les éditeurs en ligne ou les sites d'écriture et de poésie se trouvaient encore en “voie de développement” et que les gens en fait, venaient beaucoup dans les forums pour se rencontrer et échanger)...

Enfin, il y a aussi le fait que, noyé dans un nombre sans cesse grandissant et diversifié d'auteurs, d'adhérents, de producteurs, de membres... Le nouvel arrivant la plupart du temps, se sent “un peu perdu” et ne voit pas comment il peut “émerger”...

Au bout du compte, cela va finir par devenir encore plus dur sur le Net, pour se faire reconnaître, que dans la “jungle”du monde...

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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