Fin du texte "L'écriture thérapeutique" :
Et si l'écriture a quand même un effet thérapeutique, ce ne peut être que pour l’auteur lui-même…
Je dirais pour ma part que, si un romancier, un conteur ou un poète envisage que l’écriture puisse avoir un effet thérapeutique, alors il vaut mieux qu’il « verse » dans la « littérature de gare » ou dans le roman de terroir « bien émouvant, bien mélodramatique, bien limpide et d’une langue savoureuse »… Quoique je doute fort que cela résolve les vrais problèmes personnels des gens…
Et c’est malsain, oui, l’écriture… quand tu ne fais pas partie de la confrérie, c’est-à-dire quand tu n’as pas derrière toi ou avec toi, d’autres « locomotives » de ces genres d’écritures qui « décoiffent » et essayent d’expliquer aux lecteurs, aux braves gens ; que TON écriture a peut-être de l’avenir…
Sans la « confrérie », ce sont les haines, l’exclusion, le rejet, qui viennent presque inévitablement… du moins pour ces auteurs « hors normes »
Pour conclure je dis que cette « confrérie » si elle doit exister et si tu peux en être… Il faut qu’elle en soit vraiment une… Vraiment une. Sinon, il vaut encore mieux « crever tout seul dans son trou en étant sûr et fou de ses rêves »…
TERRE DES BLOGS ET DES ECRITURES BLANCHES
Ce qui manque aujourd'hui dans le monde de la littérature c'est une dimension relationnelle, réflexionnelle et poétique... De grande envergure et pouvant, sans pour autant rassembler les peuples et les gens comme le ferait par exemple une idéologie ; fédérer des sensibilités différentes autour de valeurs universelles et indépendantes des modes, de l'ordre établi, de la domination des apparences et de tout ce qui dans notre vie actuelle détermine nos comportements, nos habitudes...
Une sorte de courant qui, dans le monde d'aujourd'hui, par la force d'une écriture, d'un langage, de mots imagés, d'un regard profond et poétique de quelques uns d'entre nous, écrivains contemporains ; puisse « emporter le monde » tel un torrent issu d'une montagne d'âme, d'esprit et de coeur...
Un torrent impétueux d'une eau claire, vive et chantante devenant rivière puis fleuve et delta...
Par le regard que je porte moi-même sur le monde, les gens et les choses de la vie ; les situations et les évènements, les drames, les secousses sociales, les jours heureux ou malheureux des uns et des autres ; il me vient parfois comme une grande tristesse d'enfant... Une tristesse, à dire vrai un chagrin qui n'a rien à voir avec, par exemple le chagrin d'un enfant pleurant au jouet convoité, au cornet de glace refusé...
Ce serait comme une intuition, un souvenir de ce qui fut, de ce qui m'aurait précédé avant que je ne vienne au monde... Ou une sorte de « porte des étoiles » qui s'ouvrirait dans un ciel n'existant pas encore. Et, dans ce qui fut et que je n'ai pas vécu ; dans cette « porte des étoiles » qui s'ouvre, je reconnaîtrais tout ce que j'aime : il n'y a plus d'ennemour... Alors le monde ou du moins certains coins ou recoins du monde, soit-disant « éclairés », me semblent « terres d'exil ».
C'est donc cela, mon vrai « chagrin d'enfant »...
D'autre part, étant né au milieu du siècle précédent, ma « formation intellectuelle » si je puis dire, s'appuie en partie sur la connaissance que j'ai des grands écrivains, penseurs, poètes et romanciers du 20ème siècle Français ou d'autres nationalités, qui à mon sens, avaient vraiment une envergure et une stature d''écrivain.
De nos jours il y a bien quelques dizaines de « très grands auteurs », précurseurs, novateurs, au talent indéniable et qui ouvrent des voies nouvelles, ont une écriture atypique... Et aussi, toute une pléiade de bons auteurs connus ou inconnus...
Mais c'est cette DIMENSION poétique, relationnelle et réflexionnelle, par dessus les modes et les tendances, les habitudes et l'ordre établi ; qui fait défaut dans le monde d'aujourd'hui. Ou qui existe mais n'est pas reconnue.
C'est à peine si de temps à autre sur la scène du monde, s'allument deux ou trois petits projecteurs d'une lumière blanche, vive et crue sur les visages de quelques jeunes blogueurs à l'écriture imagée et poétique, de nos cités fiévreuses.
Terre des blogs et des écritures crues, blanches et vives, du coeur, du ventre et de l'esprit... J'aime ta respiration, ton haleine, ta peau, tes couleurs et tes grandes fresques à rêver le monde!
LA DIMENSION RELATIONNELLE
Il est une dimension relationnelle à laquelle j'ai toujours aspiré depuis mon enfance... En l'absence de cette dimension là, je puis certes, être heureux de rencontrer des gens intéressants, chaleureux, accueillants. Mais si visiblement dans la relation qui, d'ordinaire s'établit entre les gens ; ne vient pas cette dimension réflexionnelle, poétique, de coeur et d'esprit, à laquelle j'aspire depuis mon enfance et qui m'est aussi nécessaire que de me nourrir ou d'avoir une activité intellectuelle et physique... Alors même si je me sens très bien avec des gens que je rencontre ou fréquente, je demeure assez sensible à l'inexistence ou au peu de consistance de cette dimension poétique, réflexionnelle, du coeur et de l'esprit, dans la relation.
J'ai connu depuis mon enfance et durant toute ma vie, un certain nombre de personnes « vraiment proches »... Je veux dire « encore plus proches » que ces proches si aimés cependant (mais auprès desquels je n'ouvre jamais le « coeur de mon réacteur »)
Que ce soit dans mon environnement familial ou dans le cercle de mes connaissances et amis, le fait d'avoir réellement vécu en la présence de quelques personnes dans cette dimension que je viens d'évoquer ; cela a été pour moi comme la révélation d'un « ailleurs » possible... Un « ailleurs » ressemblant un peu au paradis des croyants.
Je ne puis absolument pas comparer la relation vécue dans cette dimension là, avec la relation amoureuse par exemple, entre une femme et un homme... Quoi qu'il y ait cependant une certaine similitude : par l'impression d'un immense et absolu bien être éprouvé au plus profond de soi.
Pourrais-je me tromper... Ou me »condamner » dans un ressenti fort dépendant de l'aspiration que j'ai à vivre dans cette dimension relationnelle... Si je pensais que beaucoup de gens n'éprouvent pas vraiment le besoin de vivre ensemble dans cette dimension relationnelle? Il m'a semblé en effet que cela était bien le cas, au hasard d'un certain nombre de mes fréquentations, des discussions que j'ai pu avoir, de ce que je pouvais extérioriser et écrire et pouvant être lu ou connu, ma vie durant...
Comme je le disais par ailleurs : « l'impression de solitude... Ou d'exil, c'est parfois « assez dur à vivre »...
Une grande part de mon espérance résiderait dans le fait que « ce ne serait qu'une impression » (la solitude, l'exil) et peut être pas la réalité. Du moins, pas la réalité dans ce qui est invisible de la réalité...
L'une de mes plus grandes craintes dans la vie, c'est de me tromper sur des choses importantes : je ne veux pas me « pendre ».
J'ai donc besoin de savoir ce que pensent, ce qu'éprouvent les autres. Et de savoir que ce qu'ils disent ressentir est vrai.
Si tu me dis « j'en ai rien à foutre » ou « cela ne me touche pas » ou « je n'ai pas du tout besoin de cela »... Et que cela est vraiment vrai; alors pour moi c'est une réponse que je reconnais et que j'intègre dans ma pensée : je ne suis donc pas « pendu » mais bien vivant et existant de tout mon être.
Ce qui est terrifiant et désespérant dans la réalité ne me fait pas peur. L'on ne peut s'opposer à l'opposition qu'il y a entre la lumière et l'obscurité ; l'on ne peut s'opposer à la force de gravitation, à la vie et à la mort des étoiles... Mais l'on peut se rendre libre dans sa pensée, dans son coeur et dans son esprit.
ECRIRE : VIVRE OU SURVIVRE?
Pour Blaise Cendrars, « écrire ce n'est pas vivre. C'est peut-être survivre. »
Pour moi, « survivre » a deux sens :
-Le sens précisé par le dictionnaire, soit « demeurer en vie après un autre. Ou subsister après la perte de... »
-Et un sens peut-être, plus « yugcibien » si je puis dire :
« vivre et exister envers et contre tout, mais davantage envers que contre tout ( « contre » essentiellement contre une chose ou des choses en particulier dans une situation précise)...
... Alors dans le sens « yugcibien » je rejoins l'idée de Blaise Cendrars :
Ecrire en effet n'est pas vivre : l'on écrit ce que l'on AIMERAIT vivre... Mais que l'on ne vit pas dans la réalité de notre vie telle qu'elle est.
L'on écrit, aussi, ce que l'on dénonce... Mais que l'on ne peut que difficilement ou pas du tout, changer...
L'on écrit, encore, ce que l'on invente, ce que l'on imagine... Mais que l'on ne peut produire réellement et concrètement, parce que pour cela il faudrait aussi être ingénieur, technicien, bricoleur de génie c'est à dire avoir reçu la formation requise.
Ecrire en effet c'est peut-être survivre, car d'une certaine manière, c'est « s'exister envers et contre » en s'exprimant par l'écriture alors que presque personne dans ton entourage ou dans ton environnement ne « t'existe »...
« S'exister » s'apparente plus à « survivre » qu'à « vivre »... Celui qui vit plus qu'il ne survit est un être « existé » par les autres (enfin: quelques autres tout au moins).
L'EXCEPTION HUMAINE : LES GUERRES GENERALES
Les êtres humains sont les seuls êtres vivants de la Terre à se livrer entre eux à des guerres générales... Ou, depuis le 20ème siècle de l'ère Chrétienne, à des guerres mondiales entre des coalitions de peuples... Ou encore à d'autres formes de guerres qui elles, se font davantage par des systèmes économiques dont la puissance, la domination et la violence sont plus redoutables et efficaces que les armes avec lesquelles combattent les soldats sur les fronts de bataille.
Déjà dans l'antiquité, du temps des premiers empires, des civilisations du moyen orient, de l'Egypte, de la Grèce et de Rome ; existaient ces guerres qui, par l'ampleur des enjeux de territoires, de stratégies commerciales et économiques ou parfois pour des raisons de pure politique ou de conflits dynastiques, entraînaient peuples et armées vers les lieux de bataille...
L'on évoque dans l'histoire contemporaine la première guerre mondiale de 1914 à 1918, mais du 17ème au 19ème siècle en Europe, il y eut au moins deux grands conflits de dimension Européenne et même pour l'époque, mondiale, durant lesquels périrent lors de chaque bataille entre 30 et 40 mille combattants :
la guerre dite « de succession d'Espagne » qui fit rage de 1701 à 1713 ; puis de 1805 à 1814, les guerres napoléonniennes. Ces deux guerres ont mobilisé dans tous les pays d'Europe, plusieurs centaines de milliers de gens... Sans compter, ce qui fut une horreur , une épouvantable boucherie, la guerre de trente ans de 1618 à 1648 ; puis les guerres de Louis XIV dans la seconde moitié du 17ème siècle et la guerre si peu glorieuse pour la France, de sept ans, de 1756 à 1763 sous le règne de Louis XV.
Les mouches, les fourmis et les rats par exemple, se livrent-ils entre eux à des guerres générales ou planétaires?
A ma connaissance les êtres vivants « non humains » ne se livrent bataille entre eux ou entre représentants d'une même espèce, que pour des raisons naturelles liées à la survie, à la perpétuation de l'espèce, à la reproduction et à la recherche de nourriture. Et cela dans un territoire géographique n'excédant jamais la superficie d'une région du monde ou d'un lieu ou environnement déterminé...
Certains auteurs de science fiction ont imaginé des guerres menées par des insectes, des fourmis, des mouches, des araignées ou autres animaux, contre l'espèce humaine dans un dessein bien déterminé : anéantir l'espèce humaine.
Autant par un « heureux hasard » purement littéraire et idéologique dans le sens où l'être humain apparaît plus « intelligent » ; que par une triste et évidente réalité... Il s'avère quasiment impossible, surtout selon l'idéologie et le « romantisme » des auteurs de science fiction, que l'être humain perde la guerre contre les mouches, les fourmis ou les rats.
Dans une triste et évidente réalité donc, l'être humain par la technologie et les armes de destruction massive dont il dispose aujourd'hui, et si l'on ajoute encore dans l'arsenal tout ce qu'il est possible de faire avec la biochimie et la génétique... En peu de temps les humains peuvent anéantir 99% de la population de n'importe quelle espèce d'insecte ou autre être vivant s'ils en manifestent la volonté par la seule décision de quelques uns d'entre eux.
En fait, l'espèce humaine serait plus directement menacée dans un terme indéfini, par les effets secondaires et par les retombées d'une telle destruction massive d'une ou de plusieurs espèces vivantes.
Les êtres vivants seraient, selon l'idée que j'avance, de deux grands ensembles différents :
-L'ensemble constitué par tous les êtres vivants d'une part, regroupant tout ce qui est organisé selon la structure du vivant, du microbe, de la bactérie et de l'organisme unicellulaire jusqu'à l'être humain en passant par les insectes, les reptiles, les oiseaux, les poissons, les mammifères...
-Et l'ensemble constitué par les virus, d'autre part.
Un virus est un organisme incomplet ou inachevé, de structure différente de la structure du vivant, qui a besoin de « bouffer la vie » pour exister, proliférer (alors qu'il ne peut par lui même se reproduire comme le fait la cellule ou tout être vivant) et donc, essaimer et coloniser... Mais comme le virus est « une chose qui vit », il serait un être vivant mais un être vivant totalement différent de tous les autres êtres quels qu'ils soient. Et il y aurait peut-être autant sinon plus, de diversité dans les espèces de virus, que dans l'ensemble constitué par les êtres vivants...
Seuls, les virus, à mon sens, seraient capables de « gagner la guerre » contre les humains... Encore faudrait-il prêter aux virus, une sorte d'intelligence selon le concept par lequel nous, êtres humains, définissons l'intelligence.
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