Ecrits-1-6 à 21-7-2011

Juin 2011-21 juillet 2011.pdf

Titres des textes :

Les deux hannetons. Sur le plateau des mille étangs. A côté du grand Jaurès. Un site répertoire. Le concombre de la mort. La chambre bleue. La fourmilière sera édifiée de nouveau. L'écrit situé dans le temps. La parole et l'écriture. Des antidotes. La beauté d'un livre. L'insoutenable légèreté de l'Etre. Une incontournable réalité. Rumeurs bruits et couleurs sur la plage. Ces boucs et ces boucques. Le sens des mots. Métamorphoses. It's a free world. Louis Ferdinand Céline. Tout ce qui se souviendra. Avatars et pseudos. Programmes télé du 11 juin. Incongruités. Peut-on résister en demeurant pacifiste? J'irai cracher sur l'autel des agences de notation. V comme Vian. Les chutes du Rhin. Résidence de voyage. Au pays des banques et des montres Rollex. Un village de pêcheurs au Néolithique. La côte d'azur des Allemands. Un nid dans l'eau. Le Danube. D'immenses paysages continentaux. Ces blocs mûs par la puisssance d'un jet d'eau. Les châteaux de Louis II de Bavière. Perdu en pleine forêt un autre château de Louis II. S'il te plaît ne m'apprivoise pas. Vacances scolaires d'été en France. Une souveraine et imprévisible force. Le vieux. Le silence. Le festival d'Avignon. Le monde pris par le col de la chemise et regardé droit dans les yeux. Des bulles de toutes dimensions dans un vaste bouillon de culture. Bonnes vacances. Itaye le petit extraterrestre. Cette immense continuité qu'est la vie. Paysages et visages. Le verdict des scientifiques de la littérature.

 

                                                                                 EXTRAITS :

 

Affreuseries de la vie, ou incongruités...

 

Les petites “bintzeries” de la vie quotidienne, d'ailleurs plus ou moins escamotées, et ponctuées de “accouches” ou de “fais pas chier” à l'adresse de sa femme, de sa mère, de son fils ou de sa fille!...

Toutes ces hypocrisies puantes de singeries civilisées entre voisins de palier ou collègues de bureau!

Nénés qui frétillent au dessus d'une poêle à frire au camping de la Vacherie !

Jolie femme qui pète sur le canap' en levant la fesse gauche!

Beau mec qui rote au dessus de son assiette sale à côté de son amie et de ses copains!

Fromages qui puent et longues traînées brunes du grand pot de moutarde presque vide!

Frigos qui fleurent, la porte un instant entrebaillée!

Assiettes de la veille au soir enduites de beurre d'escargot refroidi!

Salades composées barbouillées de mayonnaise rose et aux crevettes puant le sexe sale sur assiettes en carton posées sur les genoux une fesse sur le canapé en face de la télé!

Haleines de bébé-dinosaure au p'tit dèj en pyjama fripé et gratouilles les ongles noirs dans l'entrejambe!

Café au lait tiède “peauhant” en surface et tartines beurrées au munster avancé!

Le choc des viandes sur un lit défait qui pue la sueur et le foutre!

L'ordi qu'on rallume, une canette de bière à côté du clavier, en bermuda de clown torse à poil à midi moins le quart quand toute la famille et les invités sont prêts à se mettre à table!

Cartons de pizza balancés de la bagnole sur le trottoir et cendriers vidés au feu rouge!

Coups de klaxon et appels de phare rageurs de jeunes et vieux chauffards mâles, imbéciles et pressés!

 

...”Pourvu qu'il y en ait pour moi!”...

 

“T'as pas cinq euros, tata, je vais chercher un DVD?”

 

“Alors il se maille le cul ce connard?”...

 

… Entend-on, rentend-on...

Sur fond tambourinant de battement de coeur de pieuvre portières ouvertes à l'arrêt au Mac Drive...

 

... C'est contre toutes ces “affreuseries”, déjà, qu'il faut se battre! Qu'il faut se révolter!

Pour qu'il y ait un peu plus de chic, de classe et de gentillesse entre les gens que nous sommes!

Ça n'a l'air de rien, mais ça commence peut-être par un coup de brosse à dents avant le p'tit dèj , le pet qu'on retient en ouvrant le frigo, l'ordi ou la télé qu'on arrête avant de se mettre à table en famille...

Et tous ces coups de klaxon rageurs en moins !

 

J'irai cracher sur l'autel des agences de notation

 

... Et sur tous ces autels d'ignominie sur lesquels on immole les "infidèles" qui ont fâché les divinités...

J'irai couper la parole à ces prêtres qui officient en vains discours et en pieuses élévations ...

Je renverserai les calices et piétinerai les osties...

Je cracherai sur ces ors et sur ces brillants dont on recouvre le marbre des Saints...

Car ces prêtres qui officient en vains discours et dont les armoires sont pleines de titres de créances, ont liquéfié l'or qu'il ont pris dans les caisses des églises... Cet or qui venait des soupières et des pots de terre des fidèles prévoyants et industrieux...

Jadis les troupes guerrières des empires conquérants réduisaient les peuples vaincus en esclavage et s'appropriaient leurs champs, leurs maisons et tous leurs biens...

De nos jours, par un sceau d'ignominie comme la marque sur la chair d'un fer rougi au feu, c'est tout un troupeau que l'on marque ainsi pour le conduire à l'abattoir...

Et il faudra encore que l'un ou l'autre de ces prêtres tout-puissants et scélérats, assisté de témoins apeurés ne disant mot et baissant la tête... Bénisse chaque animal du troupeau avant qu'il ne soit proprement égorgé puis dépecé...

L'abattoir au feu !

Sus aux armoires des prêtres bourrées de titres de créance !

Nos champs et nos maisons et nos églises ne sont pas à vendre et encore moins à prendre !

 

... Et cent containers de gigot d'agneau Néo-Zélandais dans le port de Rotterdam !... Cent !

... Et mille containers d'écrans plasma Chinois dans le port de Hambourg !... Mille !

 

Il y a plus de cargos sur les océans, que de cheminées de barbecues dans les lotissements des villages nouvellement urbanisés !

 

... Un jour tu verras...

Dans les ports il n'y aura plus de géants des mers...

Dans les lotissements l'on aura fait des "For Sale", des pancartes "Bienvenue chez Marcel"...

 

... Certes, mille containers d'écrans plasma Chinois, rien que des écrans plasma, sur le seul port d'Hambourg... "ça fait un peu beaucoup" !

Mais n'y-a-t-il pas là une démesure et une arrogance- et une absurdité- dans le dogme du "toujours plus et encore plus" d'un univers mondialisé de consommation ?

 

Une souveraine et imprévisible force...



Je ne crois pas aux dieux des hommes, ni au diable ni aux sorciers ni aux fables ésotériques ni à la magie ni aux fées ni aux anges ni aux sornettes pseudo scientifiques ni aux discours consensuels du monde érigés en pensée unique ou en modèles prêts à porter en soi dur comme fer et inamovibles toute la vie durant... Mais je crois à la "souveraine sorte d'intelligence et de justice" du hasard et de l'aléatoire...



Le hasard et l'aléatoire se foutent du talent, de l'ordinaire ou du sublime, des riches et des pauvres, des amis et des pas amis, de ce que tu fais ou ne fais pas, de la raison, de l'intelligence ou de la bêtise, de la morale et des religions, des lois et de la justice humaines, de la logique ou de l'absurde...

Le hasard et l'aléatoire peuvent te faire autant gagner le yoyo, que te laisser perdant pour l'éternité quoi que tu fasses et sois...

Et cela, cette vision, cette quasi certitude de la vérité du hasard et de l'aléatoire, ne t'empêche en aucune façon, à aucun moment de ta vie même le plus noir, le plus dramatique, le plus désespéré, le plus défavorable ; de te dire "je vais le dire, je vais le faire, je vais me donner les moyens nécessaires pour accomplir, réaliser, je vais persévérer dans telle ou telle voie, je vais apprendre ceci ou cela, je vais essayer, je vais voir"...

... Et ça vaut bien, je crois, quelque foi en Dieu que ce soit !

Comment est donc venue la civilisation du feu, sinon par l'expérience fortuite, un jour, du frottement de deux morceaux de bois, et un peu plus tard, de deux pierres ?



Le vieux



Il est vieux

Enfin... Est-on vieux de nos jours, à 70 ans ?

Il leur balance un chèque

De quatre vingt, cent, cent vingt euros

A chaque fête, anniversaire

Des ses fils et belles filles

Et ce n'est pas un richard

Il est loin d'être plein son livret A

Mais tous les ans à chaque fête, à chaque anniversaire

Il leur balance un chèque

Il est vieux

Vieux et bon

Il a baigné dans son enfance

Dans un monde de gentillesse

Avec un papa, une maman, emplis de petites attentions

Et des oncles et des tantes

Et des parrain marraine tout aussi emplis de petites attentions

Il leur balance le chèque

Et le chèque arrive avec une jolie carte dans une belle enveloppe

Il vient toujours bien à propos, le chèque

Somme toute, ce chèque, c'est une rentrée de pognon comme une autre

Il est vite encaissé le chèque

L'un des deux fils est professeur de biologie en faculté

L'autre est agent d'assurances

Une belle fille est professeur de Lettres Modernes

L'autre coiffeuse dans un salon de quartier chic

Ni comment ça va ni merci ni merde

Autant dire pas de réponse

Pauvre vieux !

Pauvre vieux qui comme un gosse

Le gosse qu'il a été et qu'il est resté

Croit encore au pèr'nohel !

Avec ses rêves, sa gentillesse et sa candeur

... Un beau jour cependant...

"Qu'ils aillent se faire foutre"

Il a dit, le vieux !

Et il n' a plus envoyé de chèque

Il s'est payé une moto, le vieux !

Il a fini par se tuer avec sa moto

Dans un virage traître sur une route de montagne

Pour avoir trop longuement regardé

Une jolie auto-stoppeuse en robe d'été

Qui souriait aux anges dans le virage

Il ne laissait à son notaire, le vieux...

Que quelques cahiers de poèmes

Et quarante euro sur son livret A

Et sur la table de sa cuisine le chèque du montant de son loyer...



 

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