Avril Mai 2011

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               Quelques extraits :

Actuel, ce qui pète et brute dans les brousses et dans les cités

 

Les évènements brutaux sont actuaux

Et je crie haut et fort haro sur le baudet

Le baudet sur lequel on nous fait monter

Et cheminer tout au long de prés aux fleurs de cire

Et aux herbes de synthèse

Le baudet est si commun que dans les écuries

Les écuries royales et de cour

Les écuries de cirque à trois ou six mâts

Les écuries de manèges boueux ou sablonneux

L'on n'y voit pas d'autres montures

Dans toutes les écuries de l'incurie

Les évènements qui pètent sont actuaux

Et je crie haut et fort haro sur le tambour

Le tambour dont on nous fait entendre le tam tam

Dans les brousses et dans les cités

Jusqu'à ne plus entendre les cymbales et les guitares des musiciens poètes

Actuaux

Actuaux

Les hauts plus hauts que le derrière à plumes

Le derrière à plumes des sorciers

Des sorciers enchanteurs des marchands opulents

Et des chalands au quignon de pain sucre-rosi

 

Une mauvaise farce

 

J'organisai ma mort afin qu'elle fût crédible...

Mais je ne mourus point...

Alors je sus...

Tout ce qu'ils dirent.

La farce était mauvaise, finalement...

Il me fallut me "ré-exister"...

Puisque j'étais censé être mort...

Alors je fis comme si ne savais pas que je savais...

Mais je n'en pensai pas moins...

Je les aimais encore plus fort, je leur pardonnais tout...

Enfin je les comprenais...

Mais je n'étais plus "moi"...

J'étais "un autre"....

Un autre qui devrait sans doute, mais dans une "moins mauvaise farce", organiser sa mort... sans mourir".

 

La farce était perverse

 

J'acquis le pouvoir de faire mourir...

Il me suffisait d'y penser très fort...

À l'effacement...

Et je les fis mourir donc...

Mais ils ne moururent que comme je souhaitais qu'ils mourussent...

Et sans mourir parmi ceux auprès desquels ils vivaient...

Et peu m'importait que pour eux je fusse mort...

Sans être mort...

Et ayant dû me ré-exister...

 

L'attente heureuse

 

Il y a dans l'attente heureuse, comme une "petite éternité"...

Et quelle plus belle, plus heureuse attente, que celle qui mène à ces visages amis approchant de jour en jour ou d'heure en heure jusqu'à cet ultime moment, peut-être le plus éternel, et qui fait penser à ces bourgeons ayant traversé une première nuit d'équinoxe de printemps avant d'éclore au matin en petites lèvres vertes encore fripées !

Il y a dans ce moment, l'ultime, tout juste avant l'arrivée des visages, une "petite éternité"... Comme s'il était devenu impossible de mourir à ce moment là.

Comment en effet, peut-on mourir lorsque l'attente heureuse, ainsi se prolonge ?

On ne meurt jamais durant le temps d'une érection de bonheur et de bien être, ce temps qui précède la rencontre.

 

... Connaissez-vous cette expression : « J'ai vu Carcassonne » ou ses variantes : « As-tu vu Carcassonne », « Non, il (elle) ne sait pas ce qu'est Carcassonne », « N'a pas vu Carcassonne » ?

Une manière un peu moins ordinaire mais néanmoins populaire , de dire

« Je suis allé au septième ciel »...

Eh bien ma foi, le temps d'une érection de bonheur et de bien être précédant Carcassonne, est un temps pour ne pas mourir et qui rend la mort incongrue, voire irréelle...

Alors autant qu'elle dure, cette attente de Carcassonne...

Carcassonne dont on aperçoit les tours autrement qu'en rêve, c'est à dire au vrai...

... Àl'âge de trois ans, j'entrevoyais déjà les tours de la vieille cité de Carcassonne : c'étaient les visages de mes cousines, le visage de ma mère, ces visages qui ont peuplé mon enfance... Aujoud'hui, les tours paraissent encore : elles sont crénelées du bleu que j'y vois dans le gris environnant, et les remparts de la cité sont comme des murs pour un merveilleux jeu d'escalade...

... Nous ne mourrons que lorsque nos émerveillements se seront décolorés.

 

... Dans « Au pays des guignols gris », mon premier livre, au début je crois, de « La Traversée » ; j'avais imaginé un ballon de gosse gonflé à bloc, qui n'éclatait jamais alors que le gosse ne cessait de souffler dans le ballon...

Eridan, le personnage principal, disait à ses copains «une fois éclaté, le ballon pend tel un petit bout de caoutchouc déchiré et fripé »...

 

 


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