3 avril au 24 juin 2013

Mes derniers écrits du 3 avril au 24 juin 2013

 

Ecrits de 2013, période du 3 avril au 24 juin :

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EXTRAITS :

Un pinceau de lumière imbibé de silence

 

     "Un peintre, c'est quelqu'un qui essuie la vitre entre le monde et nous, avec un chiffon de lumière  imbibé de silence"...

                                                [Christian Bobin – L'inespérée]

 

... "L'inespérée", éditions Gallimard, 1994, est l'un des livres de cet écrivain Français, Christian Bobin, né le 24 avril 1951...

Son père est dessinateur à l'usine Schneider du Creusot en Saône et Loire, et sa mère est calqueuse...

Poète et penseur voire "moraliste" (mais plus moraliste on va dire, dans le sens de la pensée et de la réflexion)... Christian Bobin est l'auteur d'une oeuvre fragmentaire dans laquelle la foi Chrétienne tient une grande place mais avec une approche différente et éloignée de la liturgie et du clergé (et de ce qui est consensuel, de "bien pensance" et de conformisme dans la pratique de la religion)...

 

... Je dirais la même chose pour un écrivain et plus particulièrement d'un écrivain poète : c'est quelqu'un qui de ses doigts, de sa main, de son regard, de sa pensée ; effleure la réalité du monde et laisse transparaître entre la réalité du monde et nous ( nous, c'est à dire notre "monde intérieur"), une vérité qui contient ce qu'il ne dit pas, n'écrit pas... Ou qui n'est exprimée que par de l'image en mots...

L'on peut dire aussi que les doigts, que le regard, que la pensée de l'écrivain, de l'écrivain poète, est comme un "pinceau de lumière imbibé d'un "silence vivant et parlant"...

La réalité du monde, ainsi d'ailleurs que la réalité de notre monde intérieur... Lorsqu'elle est  "mise en scène" avec tous les effets spéciaux pour attirer l'attention du consommateur que nous sommes  plutôt que de l'observateur que nous devrions être et qui lui, n'aurait nul besoin de ces effets spéciaux ; la réalité du monde ou de notre monde mise en scène donc, c'est comme un tableau de peinture que l'on regarde dans une galerie,  qui fait du bruit, qui assourdit même, et désenchante après avoir étonné sinon ravi dans l'immédiat... 

 

 

Il, elle...

 

 

 

Il, elle... N'apparaît que pour toquer à la vitre de ta fenêtre donnant sur la rue : il faut tout de suite  lui ouvrir la fenêtre, comme si le geste d'ouvrir la fenêtre s'imposait de lui même...

 

Il, elle... Se raidit dans ses certitudes prêtes à porter qui lui vont comme un sac de patates va sur le dos d'une femme...

 

Il, elle... Court comme un chat dans la rue où tu demeures mais ne vient jamais gratter au bas de ta porte...

 

Il, elle... S'éloigne, qui fut cependant si proche...

 

Il, elle... N'a plus le même visage mais c'est toi qui ne vois plus ce visage tel que tu le vis jadis...

 

C'est ainsi, l'ennemour : comme une certitude d'amour, un vêtement prêt à porter qui te va sur toi comme un sac de patates avec de drôles de dessins imprimés dessus...

 

Et il faut toujours que la fenêtre s'ouvre...

 

Et il faut toujours que le petit chat vienne gratter au bas de la porte...

 

C'est toujours la faute de la dureté du monde...

 

Mais il y a dans la dureté du monde une déconcertante et souveraine beauté qui, lorsqu'elle nous apparaît, est peut-être une réponse à certaines de nos interrogations, et, à coup sûr... "fout en l'air notre orgueil de merde" ...

 

 

 

Facteur à Sarlat

 

 

 

    Autrefois lorsque l'on demandait à un enfant ce qu'il voulait faire plus tard, il disait qu'il voulait être docteur, pilote, ingénieur, pompier... Ou plus rarement, facteur à Sarlat... Peut-être parce que ce gosse là, il avait été impressionné en voyant dans les rues de Sarlat, le facteur, ce personnage si populaire sur son vélo et entrant dans toutes les maisons...

 

Et c'est curieux, l'on posait toujours cette question du métier futur aux petits garçons, et presque jamais aux petites filles auquel cas ces dernières répondaient : infirmière, hôtesse de l'air...

 

Les temps ont changé... De nos jours les enfants disent “je veux être artiste” ou “je veux être champion”...

 

Et aucune petite fille ne dit qu'elle veut être cassière dans un grand hypermarché de Saint Ouen...

 

Et... est-ce qu'un petit garçon dit aujourd'hui qu'il veut être manager dans une grande banque du quartier de la Défense ?

 

Artiste... Voilà que derrière ce mot magique se profilent toutes sortes d'aspirations : artiste de scène, chanteur, écrivain, musicien, poète, équilibriste, humoriste, dessinateur...

 

Champion... Encore un mot magique... Champion de quoi? De foot, de tennis, de natation, de danse, star, chef de bande?...

 

Alors autrefois pour devenir docteur, pilote ou ingénieur, il fallait “bien travailler à l'école”, passer son bac, aller en fac de médecine, être reçu à Polytechnique ou aux Arts et métiers...

 

Et aujourd'hui pour être champion ou artiste, il ne faut peut-être que passer à la Télé dans un Talk Show, ou avoir été sélectionné sur un terrain de jeux... Mais cela fait tout de même “bien du monde au portillon”, bien plus que du temps des “docteur, pilote, ingénieur, pompier” ou des “infirmière, hôtesse de l'air”... Et pour le “facteur à Sarlat” c'est encore peut-être plus “problématique” puisque les facteurs de nos jours, n'entrent plus dans les maisons et qu'on en voit même sur des scooters avec des tenues d'extra-terrestres et des casques à visière noire.

 

À défaut de devenir artiste ou champion, on fait chômeur, un stage de formation bidon, serveur dans un bar ou employé de banque ou vendeur de fringues et de gadgets dans une galerie marchande de Grande Surface... Et "encore heureux" si l'on peut être pris "à temps partiel au tarif du smig horaire" comme technicien de surface ou caissière au Grand Leclerc Géant du coin...

 

Ou encore, pour les rêveurs, les "ceu's qui veulent pas "entrer dans le Système",  on “fait un bouquin”, on “violonise”, on écume les forums sur le Net, on fait des blogs, on "fait un carton sur Facebook"...

 

Et puis c'est vrai, maintenant on se fait à l'idée qu'on ne sera à la retraite qu'à 67 ans... Même si en 2050 il y aura -je crois bien- beaucoup moins de centenaires qu'il n'y en a encore de nos jours en ces années 2010 – 2020 ... et peut-être 2030 à la limite...

 

Et toutes ces maisons de retraite médicalisées que l'on construit actuellement, qui coûtent déjà 2000 voire 2500 euros par mois par pensionnaire... Qui coûteront deux trois fois plus en 2040 et que les futurs vieux devenus trop pauvres voire sans ressources ne pourront pas se payer ?

 

... Si j'étais banquier, homme d'affaires, investisseur, PDG d'un grand fonds de pension américain... Je ne mettrais pas mon fric dans un vaste programme de construction de maisons de retraite privées : c'est "un filon" ces années ci, mais pas après 2040...

 

 

 

 

 

... De toute manière, “tout le monde veut être quelque chose que tout le monde ne fait pas”, chacun se lance dans "quelque chose que les autres ne font pas", tout le monde dans sa vie écrit, peint, fait de la musique, enfin un "truc original auquel on n'avait pas encore pensé et qui va peut-être avoir du succès, se vendre, te faire connaître"...

 

Si les "temps de jadis" étaient "très durs", et certainement "pas si moraux" que l'on le dit aujourd'hui, si "dans le temps" on passait sa vie dans l'anonymat, dans le dénuement et sans autre perspective qu'une vie très banale faite uniquement de labeur et de contigences matérielles, si tout le monde n'était "rien de rien" en particulier...

 

Les "temps d'aujourd'hui", ces temps que l'on dit être si prometteurs, si "nouveaux", si emplis de perspectives de développement personnel pour chacun... Ne sont en réalité qu' eaux de vaisselle et crevettes qui sentent le sexe sale... Avec d'énormes enseignes lumineuses, des galeries marchandes à perte de vue, et de la téléphonite i-phonite smartphonite ordinatorite généralisée ne faisant de toi qu'une "vedette" à 50 zaps par jour...

 

 

 

 

 

 

 

 

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