Alvéole 12, nouveaux textes

 

La grippe du cochon

 

Rappelez vous au printemps 2001, la fièvre aphteuse, la “vache folle”... Puis en 2006 la “grippe du poulet”...

Et voici maintenant la “grippe du cochon” (grippe porcine) !

... J'ai toujours dit qu'un jour viendrait où il y aurait un “gros pépin” avec ces virus mutants.

De plus en plus, les souches de certains virus de type HIN1 ( celui par exemple de la “grippe espagnole” qui fit 100 millions de victimes dans le monde selon certaines évaluations récentes) et à présent le AH1N1 celui de la “grippe porcine” (dont un 1er épisode de contamination massive à partir du porc avait décimé des jeunes recrues de l'armée Américaine à Fort Dix il y a une trentaine d'années)... De plus en plus donc, ces souches de virus franchissent de nouvelles “barrières”, résistent aux vaccins et accroissent leurs capacités de développement...

Par contre la souche aviaire H5N1 ne s'accroche que beaucoup plus difficilement aux cellules de l'appareil respiratoire humain. (Mais cela ne veut pas dire que le potentiel de mutation, et donc de résistance et de passage à une autre espèce, soit moins élevé que dans le cas de la souche AH1N1 par exemple)...

En 2001 en Angleterre et même en France, l'on “brûlait à ciel ouvert” dans des tranchées profondes de plus de cent mètres de long, des milliers de bovins morts (que l'on avait euthanasiés afin de “protéger” les autres bovins “moins exposés”)...

Et l'on détruisit ensuite lors de la “grippe du poulet” en 2006, des millions de volailles...

Rappelons que pour les besoins de la planète entière l'on élève par an 25 milliards de poulets ... Et quatre milliards de vaches (ou boeufs)! (Mais je ne sais pas combien de cochons – sans doute autant ou plus).

Je pense aux Musulmans qui ne mangent pas de porc : hélas pour eux comme pour tout le reste des Chrétiens, des Juifs et autres... Le virus se moque bien des religions et même dans un pays sans cochons, la “grippe porcine” affectant les Humains, “tout le monde risque d'y passer” !

Stephen King, le grand romancier Américain avait imaginé dans son livre “Le Fléau” une épidémie de “grippe” (une grippe extrêmement sévère) décimant 97 pour cent de la population des Etats Unis d'Amérique.

Essayons d'imaginer ce que serait la vie sur Terre dans de “grands déserts urbains emplis de cadavres” et sur d'immenses territoires totalement dépeuplés!

Si cela devait arriver, pour ma part, j'aime mieux encore mourir de cette grippe plutôt que de survivre sans la présence des gens que je connais et aime, et en rencontrant de ci de là quelques “fadas” ou personnages “diaboliques” et sanguinaires... Car je suis persuadé que moins on serait nombreux sur Terre, et plus ce serait dangereux et invivable!

... Ce qu'il faut noter dans le traitement de l'information lors de ce genre d'évènement par les médias (presse, radio, télévision...) puis par les gouvernements, les autorités sanitaires ; c'est cette dualité du langage utilisé :

-Un langage qui, d'une part, inquiète les gens et entretient la peur, notamment lorsque des précisions au sujet du nombre de victimes et des régions touchées par l'épidémie sont communiquées et répétées plusieurs fois dans la même journée...

-Un langage “sécuritaire” d'autre part, qui donne à penser aux gens que, par des mesures d'hygiène, un vaccin et des traitements appropriés, l'on parviendrait à limiter la progression de l'épidémie...

Mais le “citoyen lambda” n'est en fait jamais vraiment rassuré et si l'évènement prend une certaine ampleur dans la manière dont l'information en est traitée ; alors tous les autres sujets d'actualité (et en particulier les plus sensibles ou les plus “fédérateurs” d'opinions pouvant générer une “dynamique” sociale) se trouvent minorisés voire éclipsés... Ce qui de toute évidence renforce et entretient la domination des “décideurs économiques”, des grands monopoles et lobbies ; permet aux gouvernements et aux autorités de mettre en place toutes sortes de mesures visant à restreindre les libertés et à accroître les dépendances aux “drogues dures” d'une civilisation de loisirs faciles et de consommation... De surcroît, d'autres évènements sans doute aussi “graves” qu'une grande épidémie et aux conséquences durables, passent inaperçus et demeurent inconnus des populations...

... Et passe la “vache folle”, la “grippe du poulet”... Et viennent et s'ouvrent ces paysages barricadés et aseptisés, ces univers formatés et policés... Et s'exacerbent les égoïsmes, se diluent les confrontations ou les rapprochements dans une sorte d'indifférence générale... Se renforce la pression économique, politique et sociale des lobbies planétaires... Jusqu'à – peut-être – la “grippe du cochon, de la mouche ou de l'hirondelle” qui elle, ira plus vite que les médias et fermera la porte de l'histoire des hommes...

 

Grippe du cochon, suite...

 

Si les gens à Mexico, dans la rue, dans les lieux publics, et partout au dehors mettent des masques sur leur visage... L'on se demande si, revenus chez eux dans leur maison ou leur appartement en présence de leurs enfants, de leur famille, de leur femme ou de leur mari , ils gardent encore leur masque, s'embrassent, se touchent...

Au travail, à l'atelier, au bureau, à l'usine, dans les boutiques... Et dans les bordels... Quelle épouvantable contrainte que de garder un masque sur le visage! Et alors, dans les bars et les restaurants, pour boire, manger? Et dans la rue quand on s'arrête devant une sandwicherie ou quand on veut fumer une cigarette?

Ils ont fermé les écoles! Et peut-être les marchés, les stades, les musées... Et bien d'autres lieux de rencontre... Oui, mais tout cela va durer combien de temps? Imaginez un pays sans écoles pendant 3 ou 4 ou 6 mois ou encore plus longtemps? Imaginez des couples qui ne s'embrassent plus, de très jeunes enfants que l'on ne touche plus alors qu'il faut bien les changer et les laver et leur donner à boire et à manger? Imaginez la vie que c'est, pour les gens, au quotidien, s'il faut vivre ainsi, barricadé du nez et de la bouche toute la journée!

... En France ou en Europe, s'il fallait vivre comme cela, pour moi c'est hors de question de me conformer à toutes ces mesures d'hygiène : je veux vivre comme je vis d'ordinaire! Pas de masque!

... Je ne vois qu'une seule “prophylaxie” possible en face d'un fléau tel qu'une épidémie de grippe ou d'autre chose et qui ferait mourir beaucoup de gens :

Laisser le mal progresser et se développer de lui même jusqu'à ce qu'il s'éloigne peu à peu, tout comme autrefois s'en allaient le choléra, la peste, le typhus et toutes les grandes maladies épidémiques...

Plus on invente des vaccins nouveaux, plus on met au point des antibiotiques de plus en plus puissants, et plus on “aseptise” la planète, plus on “bétonne” et sécurise... Et plus, justement, les virus et autres organismes combattus, finissent toujours par trouver de nouveaux passages, à s'adapter à l'environnement que l'humain leur impose, et à se reproduire en développant une plus forte résistance...

C'est comme pour une bouilloire sans aucune soupape, totalement hermétique et pleine d'eau à ras bord, et que l'on laisserait sur le feu : le récipient sous la force de la pression accrue, éclate...

Autrefois, durant les épidémies de fièvre aphteuse, les éleveurs enterraient les bêtes mortes avec de la chaux vive ; sur un troupeau de trente têtes il s'en perdait dix ou douze... Mais l'on ne menait pas tous les animaux à l'abattage sur ordre préfectoral parce que chez le voisin à dix kilomètres il y avait une vache “suspecte”...

 

Une petite touche de vocabulaire Yugcibien

 

...Soit la phrase suivante :

Devant la téléconbalé ce soir, je m'endormais car le film était un navet de première... Aussi n'ai-je point attendu que vienne la fin du film, et me suis-je endodeliné plus tôt que d'ordinaire...

 

-Téléconbalé : la télé que l'on balaie... “On” sont les “faiseurs de télés”, c'est à dire les médias, les concepteurs ou directeurs de programmes... Et la télé “balaie” ses émissions et ses programmes comme une lampe de poche diffusant en face de la main qui tient la lampe, un secteur de lumière... En général, la lumière est pâle, mouvante et ne se fixe que sur ce qui retient le regard...

 

-S'endodeliner : se mettre sous la couette pour une petite sieste ; sentir que vient le sommeil et se mettre dans son lit en ramenant la couverture jusque sous le menton, sans lire quelques pages d'un livre de chevet ; ou encore, se pelotonner en position de foetus sous le drap et la couverture en sentant que le sommeil vient vite...

Lorsque le sommeil ne vient pas dans l'immédiat, c'est différent : on s'endort après quelques pages d'un livre, après quelques pensées ou réflexions, par une sorte de fatigue naturelle qui s'installe peu à peu alors qu'on est couché depuis un moment...

 

Un rappel (entre autres) :

-Ennemour : sorte d'indifférence volontaire ou larvée ; amour pour un “parce que” très marqué ; absence ou illusion d'amour comme dans une relation “qui va de soi”... L'ennemour à mon sens, n'est pas le contraire de l'amour, mais il peut faire plus de mal qu'une inimitié nettement affichée et exprimée...

Et je dis quelquefois : “On croit que c'est de l'amour alors que ce n'est que de l'ennemour”...

En somme je déteste bien plus l'ennemour que l'inimitié... (“L'ennemour je le vois comme une sorte de marée noire planétaire”)

 

... Mes “néologismes” sont parfois “hasardeux”... Je le reconnais.

 

Cependant, pour “s'endodeliner”, ma femme qui a un jugement sûr et “ne prend jamais les vessies pour des lanternes”... Le trouve très bien!

 

Culture du 20ème, culture du 21ème ?

 

Y-a-t-il une "culture du 20ème siècle"? Et donc, une "culture du 21ème siècle... Dans le domaine de la littérature et plus généralement, dans le domaine de la pensée?

Etant né en 1948 et ayant donc vécu la plus grande partie de ma vie dans la seconde moitié du 20ème siècle (et dans la "culture du 20ème siècle), et vivant aujourd'hui dans le début de la première moitié du 21ème siècle...

Je me dis ceci :

"Si je demeurais attaché à cette culture et conditionné et influencé par elle, il me semble que mon âme serait dans une sorte d'errance désespérée dans la "culture du 21ème siècle" (culture qui s'apparenterait plus à un esprit ou à une forme de pensée générale plutôt qu'à une "culture" réelle...)

Et ce n'est pas un "destin" (ou un avenir) d'être une âme en errance désespérée...

D'autre part, être une âme dont les "alchimistes de la culture du 21ème siècle" récupèreraient des "matériaux" afin de recomposer de nouveaux modèles, puis d'imposer de tels modèles... Cela je ne puis m'y résoudre, pas plus qu'à demeurer dans une forme d'errance désespérée...

... Peut-être qu'il y a, au delà des siècles qui se suivent, se chevauchent, ou s'opposent ; au delà des cultures et des formes de pensée, au delà des civilisations et des origines géographiques des gens... Au delà des langages... Une "culture purement et intemporellement humaine"...

 

Communauté réelle, communauté virtuelle

 

J'ai toujours pressenti depuis le début du Web, qu'il existait une différence fondamentale entre une communauté virtuelle et une communauté réelle.

Dans une communauté réelle (famille, amis, membres d'une association, voisins, gens se rencontrant dans la rue, foule même)... Une communauté de personnes réunies en un lieu ; il y a au delà de ce qui est dit, exprimé par telle ou telle personne ou par plusieurs personnes en même temps, une autre forme d'expression qui elle, est peut-être encore plus perceptible, plus présente : c'est celle du regard, celle de la manière d'être des gens.

Ainsi le “silence” de l'un ou de l'autre ou même de tous... Devient-il parole, réponse, expression... Le “silence” participe, le “silence” n'est pas dans l'espace d'une communauté réelle, un désert comme sur un fil de discussion dans un forum du Web (un fil par exemple, ouvert “dans le vide”)...

Au delà de l'échange purement verbal entre personnes réunies en un lieu, même si une ou plusieurs de ces personnes ne s'exprime pas, il y a tout ce qui participe à l'échange, tout ce qui entre dans la communication et lui donne ce que j'appelle “ de l'atmosphère”...

Dans une communauté réelle, celui ou celle qui s'exprime, quand bien même personne n'interviendrait pour répondre ou pour réagir, a devant lui, devant elle, des visages, des regards, de la “manière d'être”... Il y a donc bien dirais-je “absence de silence”... Car un visage, un regard, une manière d'être de l'autre, des autres... c'est de l'expression, c'est de la réponse, c'est de l'émotion, c'est du ressenti qui vient... pour celui ou celle qui dit, qui exprime, qui montre... et donc, perçoit directement, comme l'air ambiant, ce qui émane de la communauté réelle.

Et l'absence de silence, c'est aussi de l'absence de solitude... Et j'appelle cela “de l'écho”...

Dans une communauté virtuelle (famille, amis, membres d'un forum du Web, bloggeurs)... Une communauté de personnes dispersées qui ne se connaissent que par l'écrit ou l'image, et ne se sont jamais rencontrées... Il y a cette réalité du silence, du silence inexpressif, sans visage et sans regard, et donc, sans réponse, sans réaction, sans émotion perceptible, sans écho... Lorsque ce qui est écrit ou montré “part dans le vide” : au départ en effet, ce qui est exprimé en tapant sur le clavier d'un ordinateur “ne s'envole pas” dans un visage ou dans un regard en face... Il n'y a qu'un écran, un mur, une porte, une fenêtre, un paysage au dehors, ou une rue...

Et le “vide” alors, vient occuper de l'espace, de l'espace-temps...

... Alors vient pour celui ou celle qui “émet”, une sorte d'émotion, puis un imaginaire emplissant l'espace forcément vide du silence : il faut bien “inventer” un silence qui parle, un silence qui s'exprime, c'est à dire un visage, un regard, une manière d'être, du ressenti... Et “inventer” en l'occurrence, ici, devient une “drôle d'alchimie” : ça peut finir par puer, par étouffer, par aveugler, par assourdir... Et au mieux (ou au pire)... Par être “aussi orgasmique” qu'une silhouette ou un visage de femme en rêve...

L'écriture, lorsqu'elle est diffusée comme serait dite une prière de croyant, “voyage” de communauté en communauté (réelle ou virtuelle)... Et dans ce “voyage” d'une écriture devenue “prière”, il n'y a peut-être plus de “drôle d'alchimie”... Et donc, “ça ne pue plus, ça n'étouffe plus, ça n'aveugle plus”...

Mais l'écriture c'est souvent la “prière” de celui ou celle qui a toujours quelque chose à demander, à espérer qu'il advienne... C'est une “drôle d'alchimie”... Dont “Dieu” (ou ce qui “ressemble à Dieu”) n'a sans doute pas besoin...

Il faut donc que l'écriture devienne une sorte d'alchimie qui ne soit plus de l'alchimie...

Voilà donc la différence fondamentale qu'il y a, entre une communauté réelle et une communauté virtuelle...

Et il y a encore une autre différence : il peut y avoir de la virtualité dans une communauté réelle... Mais la réalité demeure en grande partie invisible dans une communauté virtuelle...

S'il y a une différence fondamentale entre une communauté réelle et une communauté virtuelle, la différence que je viens de dire... Il y a aussi une ressemblance fondamentale :

Dans la communauté réelle tout comme dans la communauté virtuelle, pour entrer il suffit de “toquer” à la porte... “On te demandera peut-être une pièce d'identité, on te fera remplir un formulaire, on te fera signer des papiers... Mais la porte est là, devant toi, elle existe...”

Ensuite, une fois entré dans la communauté, que vas-tu faire? Dire “coucou c'est moi, j'ai écrit un beau livre, j'ai un beau site, j'ai un beau blog, je suis ceci, je suis cela, j'ai fait ceci ou cela dans ma vie”... ?

Si tu dis tout cela, tu seras peut-être reçu et introduit dans la grande salle commune par “une sorte d'hôtesse dans le genre de celles qu'on voit derrière le comptoir d'accueil des grands hôtels, habillée d'un ensemble façon maison et la bouche en anus de pigeon barbouillée de rouge”... Et dans la grande salle commune, il y aura, au milieu, une table longue comme une limousine (mais trop courte vu le nombre d'invités et participants) chargée de verres et de petits gâteaux ; une table autour de laquelle “voltigent” les invités (qui bien sûr ont tous un beau site, ont écrit un beau livre et ont fait ceci/cela dans leur vie)... Et c'est fou (et épuisant) ce qu'il faut “jouer des coudes” afin de parvenir aux abords de la table et de pouvoir se servir un verre...

... Dans une communauté réelle ou virtuelle, entrer tu pourras toujours...

Mais si tu n'es pas “coopté” par quelqu'un qui, dans la place y est, sinon un “monument” mais tout au moins une personne bien présente et active... Alors “existe-toi”, “sois un bon alchimiste”!

... Mais il y a toujours ce qui se réalise, ce qui s'invente, ce qui se cherche, ce qui s'écrit, ce qui s'exprime, ce qui se croit, ce qui fait aller droit devant... Comme dans la prière du croyant...

 

Je pense à toutes ces personnes en mauvaise santé, handicapées ou trop âgées (mais néanmoins d'une grande vivacité d'intelligence et expertes en Nouvelles Technologies de Communication)... Qui, ne pouvant se déplacer de chez elles, et donc “sans lien social réel”... Ou encore même, à ces personnes sans ressources financières et vivant dans une extrême pauvreté, un grand isolement, confinées en quelque logement obscur d'un immeuble de faubourg miséreux (mais néanmoins possédant pour toute richesse des livres et un ordinateur connecté à internet)... Qui s'inscrivent à des forums du Web afin de “ne pas se sentir isolées” ; espérant trouver ainsi dans une communauté virtuelle, un peu de rêve à échanger, un peu de réconfort et d'amitié... Une sorte d'exutoire à leur solitude, et peut-être une “audience” à leurs écrits, à leurs propos...

Et par extension je pense aussi à tous ces “paumés, drogués, marginaux, révoltés de la société” (c'est ce qu'on entend dire) , ces “pollueurs de murs” (dont certains il faut le dire sont de vrais artistes en leur genre) ... Qui taguent murs, tunnels, couloirs et rames de TER ; exclus pour la plupart d'entre eux des communautés réelles (et reconnues)... Et qui s' agrègent en d'autres communautés informelles celles là, et comme virtuelles dans un certain sens...

Je pense encore à tous ces gens, hommes, femmes, adolescents, dont les rêves, les écrits, les pensées et les réflexions, ne sont jamais “existés” , c'est à dire considérés et reconnus, ni acceptés ou compris, dans la plupart des communautés réelles où prime une certaine consensualité, ou “normalité” du monde avec des codes, des règles, des modes...

Ceux là se tournent vers les communautés virtuelles du Web, par les blogs et les forums, afin de “vendre leur credo” pour certains d'entre eux... Afin de “ne plus se sentir seuls” pour d'autres...

Mais les communautés virtuelles sont parfois des univers de communication encore plus impitoyables, encore plus désertiques, encore plus stériles... Et quelquefois plus dangereux et plus violents, que les communautés réelles...

Les communautés virtuelles ont aussi leurs “lois” (si l'on peut dire!)... Leurs “signes distinctifs”, leurs victimes expiatoires, leurs “gourous”, leurs fidèles, leurs territoires, leur “bon chic/bon genre”, leur “façade”, leur “fonds de commerce”...

L'ennemour y est “pandémique”, la création y est “embryonnaire” ,et l'espérance aussi, y est démesurée...

... Et, comme je l'écrivais dans un texte du “Chien Vert” intitulé “le tableau raté” :

C'est le monde, étalé dans la laideur de son actualité, qui crépite de toutes ses escarbilles noircies, comme sur une toile couverte d'images corrosives hérissée de petites crêtes dentelées, parcourue de visages déchirés, exaltée d'ecchymoses, raclée au couteau, vibrante de musiques métalliques et dont le coeur démesurément étiré sous les plis de la croûte primaire, s'efforce de battre sous le soleil...”

Mais dans la dernière partie de mon texte, peut-être en “réponse” à ce que je viens d'exprimer ici, au sujet de ces communautés réelles et virtuelles... Voici ce que je dis, aussi :

... Il fallait devant ce monde étalé comme un tableau raté, un regard libre, un regard régénéré, un regard qui ne soit pas celui d'un juge, d'une victime, d'un condamné, d'un profanateur ou d'un illuminé... Un regard différent de tous les autres regards...

...Il fallait, par delà et même à l'intérieur de toutes ces noirceurs, un drôle de coup de patte pour redessiner ces petits personnages, bleuir les hiéroglyphes aux pattes de mouche, reconstituer le puzzle des visages, enluminer la toile, colorier les hachures et surtout, “atmosphériser” tous ces petits bouts d'images éparpillés que l'artiste avait bien semé dans son ciel mais pas jetés sur la toile...

Là où il n'y avait que laideur, grisaille, indifférence, griffures, dureté et corrosion, était-il encore possible d'embellir, de pardonner, d'extraire de l'immaculé, et de circonscrire l'ensemble du tableau d'un regard aussi bleu que libre, au royaume d'un imaginaire suspendu par des fils de lumière au dessus de la nuit?”

 

Droits d'auteur dans la corbeille successorale ?

 

Je trouve tout d'abord absurde, et ensuite injuste, immoral, voire scandaleux... Que dans la succession aux droits d'auteur les enfants, petits enfants ou descendants directs ou indirects d'un écrivain, d'un artiste... Puissent “toucher de l'argent” alors même que ces derniers, les descendants directs ou indirects, du fait que rien ne les lie par affinité d'esprit et de sensibiité à l'auteur disparu... se “foutent pas mal” de l'auteur ou de l' artiste qui fut leur père, leur mère, leur grand père ou arrière grand père...

C'est de l'argent “qui tombe du ciel” par la “bénédiction” des dispositions prises en matière successorale, de l'argent qui n'a pas été mérité!

Lorsque l'auteur ou l'artiste disparaît, s'il lui venait des revenus de son activité, s'il avait acquis de la notoriété ; il ne devrait pas y avoir de droits d'auteur pour les descendants directs ou indirects, sauf peut-être selon des clauses “spéciales” (lorsque par exemple le fils ou la fille, ou un descendant direct ou indirect “prend sur lui” par affinité d'esprit et de sensibilité, de contribuer au “prolongement” de l'oeuvre de l'auteur ou de l'artiste qui fut son père, sa mère, son grand père)...

Si tel n'est point le cas (et bien souvent ce n'est point le cas)... Alors l'oeuvre dans son intégralité, devrait être inscrite à ce que j'appellerais “le patrimoine de l'humanité tout entière”... C'est à dire aller dans des musées, des maisons de la Culture, des bibliothèques...

Toutefois, les éditeurs éventuels qui, dans un avenir proche ou moins proche, s'intéresseraient à l'oeuvre de l'auteur disparu, et assureraient par la publication d' ouvrages ayant pour thèmes et sujets d'étude l'oeuvre même de l'auteur disparu... Pourraient bien sûr, réaliser un bénéfice justifié par le travail produit (mais sans plus)...

Dans l'une de mes histoires (publiée dans Le Chien Vert) j'évoque l'arrière petite fille d'Elisabeth (une cousine “très proche affectivement et spirituellement” de Démostène) qui, en 2077 dans le grenier de la maison des parents de Démostène, retrouve les cartons à dessins de Démostène (qui était à l'époque, vers l'an 2000 un petit garçon)...

Personne à l'époque de la jeunesse de Démostène ne s'intéressait à ces dessins, surtout pas sa mère, ni son père (sa mère avait décroché le dessin que Démostène avait fixé sur le mur du salon pour le remplacer par une toile d'un peintre connu, une toile qui avait coûté “la peau des fesses” et pour laquelle maman s'était endettée)...

Voici le genre de suite que je pourrais donner à cette histoire (en gros) :

L'arrière petite fille de la cousine Elisabeth (tiens on va l'appeler Elisabeth aussi)... Ferait des études littéraires et artistiques, puis sa vie et son activité professionnelle dans l'art et dans la littérature... Elle passerait une partie de sa vie sinon sa vie entière, à “promouvoir” l'oeuvre de Démostène... Qui rencontrerait alors auprès du public un “certain succès”... Et comme elle aurait une “très belle âme”, cette Elisabeth de la fin du 21ème siècle, elle ferait inscrire l'oeuvre de Démostène au “patrimoine de l'humanité”...

 

... “A dormir debout” me direz vous, cette histoire... Pour “petites filles” et écrivaillons genre “sentiers de l'espoir”.... (comme l'histoire d'un certain Troussalet Hectorion de mon invention)...

... Mais je maintiens (dans un coup de gueule à la Yugcib) : “ Pas de droits d'auteur dans la corbeille successorale pour des descendants directs ou indirects qui, du vivant de l'auteur, n'ont pas levé une seule fois de leur vie le petit doigt en signe de soutien, de réconfort, d'appui... Et n'ont même pas lu l'oeuvre de l'auteur... Et se sont complu dans ce que le monde leur offrait de plus avantageux et de plus profitable pour eux... “

Pour quelles raisons (évidentes et essentielles) croyez vous que certains auteurs et leurs oeuvres, furent découverts et ont “traversé quelques générations”... Et pas d'autres?

Parce que dans leur vie ils ont eu une “cousine Elisabeth” (ou quelque ami, ou quelqu'un pour les soutenir et les promouvoir... Et que, par contre les auteurs qui n'ont été soutenus ni par quelqu'un de leur famille, ni par quelque ami “versé dans la place” ni jamais vraiment découverts, sont “tombés au fond des oubliettes”... ( que serait devenu Frantz Kafka sans Max Brod son ami, sans Ernst Rowohlt sa première maison d'édition et sans Kurt Wolff son éditeur par la suite?)

Mais après leur vie, il s'est aussi trouvé des gaillards et des gaillardes pour “passser à la caisse” s'il y avait quelque chose à récolter : ça, je suis pas d'accord!

 

1905

 

Qui a vu hier soir le mardi 12 mai sur France 2 le film “1905”, de Henri Helman avec Sophie Quinton dans le rôle de Marie Dutilleul l'institutrice ?

... Un très beau film.

Cependant, le réalisateur présente bien Marie “jeune institutrice républicaine et croyante”... Comme si le fait d'être “croyant” (Chrétien) et en même temps d'avoir un esprit “juste”, tolérant, et d'être pour la non violence... Etait “presque forcément d'une essence supérieure”... Que le fait d'être “non croyant” tout en étant aussi tolérant, pour la non violence et d'un esprit “juste” !

... Il y a là selon moi, non pas une “prise de position” mais une “préférence affichée”, ce qui est peut-être plus “insidieux”...

Par les temps qui courent, avec la religion qui “revient au galop”, et sous couvert d'une sorte de “ morale” qui se veut apaisante et fédératrice, on va se mettre à considérer que le fait d'être croyant, c'est encore mieux que ne n'avoir qu'une belle âme non croyante...

 

Parler d'un livre, s'exprimer en général...

 

La manière dont on parle d'un livre est "révélatrice" de ce que l'on sent, et donc de soi même...

... Cela m'amène à me poser la question suivante : " comment et avec qui (plutôt que qui) parler vraiment d'un livre... Faut-il en parler comme le ferait par exemple, un critique littéraire (dans le plein sens du terme c'est à dire en faisant abstraction de tout ce qui "touche à soi"? (pour autant que l'on adopte selon ses moyens et ses facultés intellectuelles, la manière du critique littéraire - qu'en réalité on n'est pas - sauf si l'on est "versé dans le métier")?

... Et d'une manière générale, pour s'exprimer, raconter, écrire... à partir du moment où l'expression et l'écrit sont diffusés ou communiqués... Faut-il "privilégier" plutôt une expression littéraire objective, analytique, argumentée, rationnelle, "bien construite", "très belle" sur le plan de la forme, sobre, épurée, discrète, élégante sans effets spéciaux inutiles ou désastreux... Plutôt qu'une expression ou une écriture plus "révélatrice de soi"?

... Le monde étant ce qu'il est, les gens ce qu'ils sont, et comme nous demeurons malgré tout dans les mêmes valeurs et les mêmes reconnaissances, les mêmes repères, les mêmes critères, en dépit de tout ce qui dévie... Je crois que la question est importante et mérite réflexion...

 

... Poursuivant cette réflexion, il me vient subitement à l'idée que Pierre Desproges, Coluche, Jacques Brel, par exemple (et l'on pourrait en citer bien d'autres)... N'étaient pas, il me semble, des gens "particulièrement discrets" (du moins sur la scène publique ou dans leur entourage d'amis et de copains artistes)... Peut-être (comme chez bon nombre de gens se produisant en public ou encore dans un "espace" public) étaient-ils "plus discrets" dans un espace "privé" ou avec leurs proches ou amis et copains non artistes (gens de leur connaissance, voisinage).

... Pour prendre un autre exemple :

Jean d'Ormesson, de l'Académie Française, qui a tout de même accepté de participer à l'émission "On est pas couchés" afin de faire de la publicité pour la rubrique culturelle du Figaro dans laquelle il parle de ses amis auteurs et écrivains préférés...

... L'ostentatoire et le "personnel" sont "mis à l'index" et passent pour être des défauts dont le principal est celui de se "mettre en avant"... "Le fonds de ses tripes" parce qu'il est sincère et qu'il "ne fait pas dans la dentelle", se fait "vérité"... Et il “déborde”...

... "Faire peu de bruit" autour de soi, être discret ; c'est plus “civil”...

... Avez vous lu "Les Autres" d'Alice Ferney? Quelle "école" dans le domaine du relationnel, ce livre là !

Reste encore une autre question... (à vrai dire la question est une question avec je ne sais combien de tiroirs) :

Dans le style vraiment personnel... Il y a parfois du vrai talent! (dans le cas de Jacques Brel c'est évident)...

Alors? Oser? Ne pas oser?

Je ne vois qu'une seule réponse possible... Enfin, je ne "vois" pas, j'avance : “s'il y a de l'amour dans ce que l'on exprime, de l'amour oui (pas de l'ennemour qui n'est que du semblant d'amour)... C'est peut-être "moins problématique" de "naviguer" entre le silence et la discrétion d'une part, et le personnel et le "fond de ses tripes" d'autre part...

 

 

 

 

 

 

 

 

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