Alvéole 11, nouveaux textes

 

Riche ou pauvre, civilisation, repères culturels et vision politique

 

Beaucoup de ce que l'on appelle des “richesses” ne sont pas en réalité des “richesses” dans le sens de la possession et de la jouissance par quelques uns d'entre nous, de biens, de produits, d'objets ou d'avantages particuliers dont le plus grand nombre d'humains sur cette Terre est privé...

Ces “richesses” ne sont que des biens, des produits ou des objets que tout être humain devrait pouvoir utiliser, sinon posséder en propre afin de les partager avec les autres autour de lui...

Avoir un ordinateur portable, un appareil de photos numérique, un logement où arrivent l'eau courante et l'électricité, manger à sa faim, accéder à l'éducation et à la connaissance, se vêtir, se déplacer autrement qu'à pied (pour ne prendre que ces exemples là) ne devrait pas être ressenti par des centaines de millions d'humains comme quelque chose d'inaccessible, de seulement “pour les riches”, à tel point qu'il devienne nécessaire de recourir à la violence, au vol, au meurtre... Pour se l'approprier de force...

Dans un pays d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique du Sud, quand t'es “blanc”, que tu arrives par avion d'Europe, que tu as un ordinateur, un sac de voyage, un appareil de photos et que tu marches dans une rue en terre battue entre des huttes ou des cabanes en matériaux de récupération au milieu d'êtres à demi nus ne possédant visiblement rien à eux... Tu passes forcément pour un “riche”, et donc, tu es le type à “taper” ou à attendre quelque part en embuscade pour le voler...

Dans un pays d'Europe ou d'Amérique du Nord où les gens dans l'ensemble jouissent de tout ce dont on est privé partout dans le monde, s'impose l'image du “pauvre envieux et ayant recours à la violence”, une image qui “inquiète ou même fait peur”...

Les “riches” se “barricadent” entre eux et ont des préjugés de “riche”...

Les “pauvres” s'abattent comme des oiseaux sur des miettes de pain et ont des préjugés de “pauvre”...

Ce ne sont ni la politique ni la religion ni le discours économique (libéral ou socialiste) ni même la philosophie ou la science ou la poésie ou la littérature... Qui feront tomber le mur des préjugés, ou réduiront les inégalités non naturelles d'un côté ou de l'autre de l'humanité...

En ce sens, je ne vois donc pas quelle “vision politique” peut convenir aux populations du monde dans ces pays si différents les uns des autres en Afrique, Amérique du Sud, Asie... Ou succéder à l'ordre et aux options qui prévalent dans les pays dits “riches”...

Quelle “vision politique” pourrait en effet “éteindre” ce qui brûle de convoitise dans les yeux de tant et de tant de gens de par le monde... Et ce qui brûle de peur dans les yeux de gens moins nombreux mais mieux lotis ?

... Peut-être une dimension de communication et de relation pouvant s'établir entre des êtres de sensibilité, de culture, de mode d'existence et d'aspirations différentes ; lorsque ces êtres soudainement et fortuitement “rapprochés” autour d'un même besoin, d'une même émotion, dans un même agissement, vont se sentir “déconnectés” de leur condition habituelle de “riche” ou de “pauvre”, d'homme ou de femme d'une civilisation... Ce serait donc dans la venue et dans la poussée de l'évènement, dans une action à entreprendre ensemble, qu'existerait une “vision commune d'un avenir”, et que viendrait alors l'idée de partager, d'échanger... Cette “vision commune d'un avenir possible entre des êtres aussi uniques et aussi différents soient-ils les uns des autres” me semble au départ dans sa naissance même, comme la formation d'un “embryon”...

Dans un monde humain qui, depuis son origine et à travers les périodes historiques qu'il traverse, ne cesse de “bouillonner”... Il y a ce qui “embryonne” de ci de là, semble se développer un temps, puis “avorte” ou “dévie”... Mais ce qui “embryonne” participe à l'évolution générale, inéluctable, graduée, accidentée...

Le fait d'être “riche ou pauvre”, d'une condition ou d'une autre, d'une civilisation, d'une culture, de s'appuyer sur des repères, d'être d'une religion, de telle ou de telle origine ethnique, n'est pas un fait “embryonnaire” : c'est le fait (ou la réalité) du “bouillon de culture” qu'est le monde des humains. Mais l'embryon se forme dans le bouillon de culture...

Et la succession, la multiplication des embryons tend à modifier la composition du bouillon de culture...

Toute “vision politique”, ou “sociale” ou “économique”, toute idéologie en marche le plus souvent forcée, n'est qu'une “vue de l'esprit humain”... Ou un “déversement du contenu d'éprouvettes” dans un “bouillon de culture”... Qui rend encore plus complexe, plus stérile et plus aléatoire le “bouillon de culture”...

Il y a dans l'évènement, une poussée et une dynamique. Mais l'évènement s'il est déterminant dans la relation qui s'établit entre les êtres, n'est pas forcément un évènement “important” ou “hors du commun”... L'évènement peut-être tout à fait banal, ordinaire... Heureux ou, au contraire, dramatique ; pouvant s'inscrire dans la durée ou “passer comme un souffle”... Mais c'est bien lui, le “moteur” et avec lui, l'énergie déployée par les êtres agissant ensemble pour lui donner une poussée et une dynamique... C'est lui, le “moteur”, et pas la “vision politique, économique ou sociale”...

                  UN REVE QUE JE N'AI PAS AIME FAIRE..;

J'ai rêvé Doc Gynéco en fauteuil roulant...

Il avait la maladie de Parkingston...

Il faisait peine à voir...

Il se trémoussait sans cesse comme pris d'une très pressante envie de pipi...

Dans la salle à manger aux murs vert-eau décorés de naïfs dessins d'enfants de la maison de retraite médicalisée où il se trouvait désormais “pensionnaire de la dernière veille” ; attablé et recroquevillé sur son fauteuil – un fauteuil qui était aussi “d'aisance” - il tendait un bras décharné et tremblant comme un marteau piqueur vers une carafe emplie d'eau jusqu'au bord, une grande carafe qu'il ne pouvait pas même soulever...

Sur une assiette devant lui, achevait de couler sur la nappe déjà fort souillée de projections alimentaires et de taches jaunes et rouges, ce qui restait encore d'un gâteau à la crème...

En ce mois de juillet 2048, bien que la salle fût ventilée et climatisée, l'air pesait, moite et étouffant... Et les mouches, agaçantes et lestes, se posaient sur le bord de l'assiette, puis venaient assaillir un visage blême tout mangé de barbe naissante, et s'attarder en un petit essaim bourdonnant sur l'un des bras du fauteuil...

Un pot de yaourt renversé sur une serviette de table maculée de taches brunes dansait une gigue endiablée entre les genoux agités du “pensionnaire de la dernière veille”...

A bien des années de là je crois – cela devait être en 2007 un samedi soir de la fin du mois d'avril – Ce même Doc Gynéco fut l'un des invités d'une émission de télévision “On est pas couchés”...

Il se trouvait en présence, assis à son côté, d'un écrivain essayiste philosophe handicapé en fauteuil roulant. Un homme qui visiblement, n'était pas de la génération de Doc Gynéco... Et ne “rappait” pas!

L'intellectuel âgé s'apprêtait selon ses dires à voter pour Ségolène Royal aux toutes prochaines élections présidentielles.

Doc Gynéco pour sa part, affichait ouvertement et avec ostentation sa préférence pour Nicolas Sarkozy...

Je ne me souviens pas précisément des propos de Doc Gynéco, pas plus que de ce qu'argumentait l'écrivain âgé, lors de cet entretien entre les deux hommes... Il m'a semblé cependant que Doc Gynéco ne s'est pas particulièrement montré aimable envers ce monsieur d'une “autre génération”...

Pas plus tard que samedi dernier, le 11 avril 2009 veille du “saint jour de Pâques” -soit dit en passant, d'un côté l'on réhabilite la religion et de l'autre l'on “paganise-veaudorise”- J'ai juste “entrevu” la présentation de l'émission “On est pas couchés”, à la suite du journal de 20h... Avec en “flash” le visage de... Jean d'Ormesson! ) ...

Je “n'en revenais pas” qu'un écrivain et homme de talent, et d'autant de “valeur” et de surcroît membre de l'Académie Française tel que Jean d'Ormesson ait pu accepter d'être invité à une émission de télé “On est pas couchés”! Comme si Jean d'Ormesson avait besoin de passer à “On est pas couchés”, pour sa promotion et sa publicité!

Ah, putin, c'est pas possible, c'est pas Jean d'ormesson, que j'ai vu là, en un éclair!” ai-je dit à ma femme...

... Et oui, c'était bien lui!

Enfin... Imaginez François Mauriac dans les années 60, sur le plateau de “quelque chose de l'époque qui aurait ressemblé à “On est pas couchés”!

Pour en revenir au rêve dans lequel j'ai “vu” Doc Gynéco en 2048 handicapé sur un fauteuil roulant avec la maladie de Parkigston... Je n'ai pas aimé avoir fait ce rêve là... Pas aimé du tout, et ça me fait encore moins rire...

Parce que ce rêve me jette, me précipite, m'englue dans la pesanteur désespérante d'un monde qui ne fonctionne qu'avec de la haine, de la vengeance, du ressentiment, de l'orgueil, de la soif d'une justice ou d'un juste retour de bâton, de la jalousie, de la cupidité, de la violence, du mépris, du rejet de l'autre, de la certitude “qu'on a raison et qu'on pense juste”, et selon le principe “oeil pour oeil dent pour dent”... Et vas-y que j'te mets de la belle écriture, de la belle pensée, de la religion, de l'idéologie, du partage, de l'égalité, de la philosophie, de la poésie et tout le “fourbi” dans cet incommensurable et planétaire merdier général !

Il arrive un moment... Il arrivera un moment où enfin il faudra bien “foutre tout ça en l'air”!

C'est à dire la haine, la soit-disant justice “juste”, la certitude qu'on a raison, la vengeance, la violence, cet orgueil de merde, ce mépris, ce rejet “parce c'est un salaud ou un con”... Y'en marre que le monde fonctionne comme ça!

En 2007 lors du samedi de “On est pas couchés”, j'ai détesté Doc Gynéco! Mais aujourd'hui, avec le recul... Et tout ce qui me vient à l'esprit, je lui souhaite à Doc Gynéco, d'avoir la vie qu'il aime vivre, et de continuer à rapper...

Il peut y avoir de “mauvais livres”... Mais un livre est un livre...

Il peut y avoir de “drôles ou vaches de mecs et de nanas”... avec lesquels on vivrait pas... Mais un artiste est un artiste...

 

La forteresse imprenable

 

Ils ne cessent d'élever et de renforcer les murs de leurs forteresses que de surcroît ils doublent d'un fossé qu'ils creusent toujours plus en profondeur...

Ils ne cessent de poster des gardes armés aux portes de leurs forteresses et de filtrer les allées et venues des voyageurs...

Ils ne cessent dans les assemblées qu'ils tiennent à l'intérieur de leurs murs, d'établir des lois, des jugements, des codes et des procédures...

Ils ont des dieux, des cultes, ils disent des messes et prononcent des discours...

Ils parlent de paix, de justice, de liberté et ils ont des oeuvres d'art dans leurs musées...

Ils ont des découvreurs, des ingénieurs, des sages et des savants...

Ils ont des écoles, toutes sortes d'écoles, oui...

Ils ont des penseurs et des poètes...

Ils ont tout, oui...

Ils ont tout en leurs murs...

Et ils font aussi par leurs portes, passer des tombereaux chargés de barils de poudre et de caisses de fusils...

Ils sont le Verbe, la Force, la Foi, la Loi, la Connaissance...

Ils sont “tout”...

Et toi, tu n'es rien...

 

Ils ne cessent d'infirmer, de contredire, d'argumenter, de nuancer, de noter, de sélectionner, de décerner, de louer ou de condamner...

Ce sont Eux qui ont raison...

La preuve :

leurs gardes ne jettent parfois qu'un oeil distrait sur ton passeport et te laissent passer... Et ils t'indiquent même le chemin pour te rendre sur la Grande Scène du Milieu et qui il faut voir pour “parler” devant tous...

Une autre preuve?

Assiste à leurs démonstrations! Scientifiquement, ils vont te sortir un lapin d'un chapeau!

Intellectuellement et raisonnablement, quelle “vérité” pourras-tu opposer à leur “vérité clinique”?

Ce sont Eux, les “Veilleurs” du “Temple”... Et aussi les “Marchands”...

 

... La forteresse est “imprenable”...

Il n'y aurait – paraît-il – qu'une seule “poussée” possible contre ses murs, contre les gardes en armes devant les portes : la gigantesque poussée de la révolte des peuples et des bandes et des convois venus des plaines, des forêts et des montagnes et même d'au delà des océans...

La gigantesque poussée d'autres forteresses aux murs mouvants et aux fossés ondulants...

La poussée entraînante et laminante des “Veilleurs”... Et des “Pirates” de tous les “Ordres Nouveaux”...

... Et la casse, la casse générale, à l'intérieur de la forteresse des “Ils”...

 

... La forteresse était “imprenable”... Et la gigantesque poussée était “inéluctable”...

L'inéluctable était imprenable et devenait forteresses...

Alors s'ouvrit un étrange passage, et surgit un étrange esprit : pour la millième ou inconumième fois, l'Histoire se répétait...

 

... Y-a-t-il une fatalité de l'immuable?

... Y-a-t-il une fatalité de l'inéluctable?

... Y-a-t-il une fatalité de l'impossible?

... Y-a-t-il une fatalité des questions sans réponse?

... Y-a-t-il une fatalité de la lassitude, du désintéressement, de la vanité et du rejet de toutes ces questions?

 

Il y en a toujours un... Ou quelques uns... Pour énoncer une proposition, “ouvrir un passage” ou apporter une réponse...

Il y en a toujours un... Ou quelques uns... Pour se lever avant que les autres ne s'éveillent...

Et se mettre en marche alors que personne encore ne suit...

Mais “il faut faire avec ce qui existe”, “préparer le chemin”, avancer alors même que “tout force à reculer ou à se garer”...

 

Et l'Histoire sous la poussée dans le passage, fait son “plissement”...

Et surgissent les strates des paysages qui s'ouvrent devant les peuples...

Toutes les strates de tous les paysages sont posées les unes sur les autres et reliées entre elles par les effondrements dans lesquelles elles se touchent et se mêlent...

 

Et si l'Histoire n'était qu'une sorte de “gestation dans le ventre de l'univers”?

Faut-il inventer à l'Histoire une forme de gestation qui aurait pris naissance à l'intérieur d'un oeuf “recomposé par la science de l'Humain”?

... Ou par l'esprit de l'Humain?

Est-ce donc cela, la “réponse”? Le destin? L'avenir? Le “possible”?

 

On va finir par postuler, par énoncer, par définir, par affirmer... Et croire...

Voici le postulat : “Dieu existe et c'est Dieu qui a tout créé”...

 

Mais ce “Dieu”... D'où vient-il lui même? Qui le créa? De quelle sorte de “gestation de l'Histoire” est-il venu au monde?

 

Alors il a fallu des “légendes”... Partout, sur toute la Terre...

Des “charriots de feu” venus du ciel...

Des “Géants”...

Des “Etrangers” porteurs et diffuseurs de Connaissance...

Et c'est vrai qu'il y a “de drôles de traces” de ci de là, sur la Terre...

 

Les légendes sont sans doute l'interprétation des peuples au début de leur histoire, de la “gestation de l'Histoire”... Elles “savaient” toutes, ces légendes... Que la gestation ne pouvait avoir d'autre origine que celle de la semence déposée...

 

Dans le cas de l'espèce humaine (qui, il faut le dire, est une espèce assez particulière entre toutes les autres espèces)... L'on pourrait imaginer pourquoi pas, une “origine douteuse” ou “frelatée”, une “invention” de quelque “Dieu un peu fou ou présomptueux et bricoleur” qui aurait modifié à sa manière le processus originel sans penser aux conséquences forcément imprévues et infinies de son oeuvre de création...

Mais en quelque sorte, l'on peut dire que ce “Dieu un peu fou ou présomptueux et bricoleur” serait un “père de génie” car il y a dans son oeuvre de création, forcément, le meilleur de la création, quelque part disséminé dans tout le reste de la création... Et que ce “meilleur” n'existe pas en tant que tel, puisque personne ne l'a jamais trouvé ni donc utilisé... Ce “meilleur” c'est sans doute quelque “ressource” engendrée dans le “creuset” et passée dans la terre avant la venue du cultivateur ou du jardinier... Qui ne sait pas la “ressource” mais puise dans de multiples ressources depuis toujours...

 

Trous noirs

 

J'ai dit que je prenais le risque de déranger ou de déplaire, et cela tout à fait délibérément...

Par des mots crus, des formules langagières assez inhabituelles, surprenantes et non conformes aux principes de la bienséance... Les "trous noirs" de mon univers, je veux qu'on les voie se former, qu'on les entende bruire, qu'on en mesure la profondeur... Ou l'étrangeté, ou la banalité, ou l'inutilité même, de leur existence... Que l'on perçoive la grossièreté de leur gloutonnerie... Ou leur dimension insondable, leur capacité de destruction, leur incongruité... Leurs aberrations...

Oui, je veux que l'on voie mes “trous noirs”... Mais je les veux montrer par “personnages interposés”(en général imaginaires), par une sorte de détour et dans le récit qui “puise dans le vrai”, par des propos, par des mots à tel ou tel sujet “qui laissent supposer que... (en ce qui me concerne). Et il y a toujours une “frontière” : celle de l'indicible... Ou de l'intime... Car si d'aventure par mégarde, par ostentation ou par quelque intérêt particulier, l'on franchit cette frontière en rendant directement l'indicible ou l'intime par les paroles ou par les écrits “bruts” (tels ceux par exemple qui foisonnent – et “confiturent” - dans les journaux intimes et les blogs)... Alors ce ne sont plus des “trous noirs” mais des “poussières d'astéroïdes qui écorchent les pages du Grand Livre de l'Espace et brouillent la lecture du Livre...

L'on “se remet très vite” d'une lecture brouillée par ces “poussières d'astéroïdes”... Quoiqu'il en puisse exister de ces poussières, d'étonnantes, d' émouvantes ou de sublimes (mais c'est peu fréquent)...

Par contre, les “trous noirs” sont beaucoup plus “inopportuns, et “gênent” davantage... Parce qu'ils heurtent, dérangent et révèlent ce dont ne parle jamais. Mais ils existent et font partie de l'univers... Faut-il faire comme s'ils n'existaient pas? Exister, “s'exister” comme s'il n'y en avait pas en soi?

... Je sais que les “trous noirs” que l'on a soi même forés dans son univers peuvent interrompre ou suspendre pour un temps la relation... Ou même la perdre à jamais...

Mais dans ce dernier cas, la perte de la relation, la perte sans retour ; je ne suis ni dépité, ni enclin au ressentiment, ni "spécialement critique" ou "bétonné" de ces sortes de certitudes que l'on a en soi parce que ressenties comme personnelles et singulières et à se "retrancher derrière à tout prix"... Au contraire : il m'arrive même très longtemps après la perte de la relation, de comprendre la réaction de mon interlocuteur, et chose curieuse (et qui m'émeut toujours) d'avoir de "l'affection" pour ce que mon interlocuteur a pu éprouver en fonction de ses repères culturels, de son éducation, de sa sensibilité (repères, culture, éducation, sensibilité, qui ne sont pas les miens à priori)...

J'ai dit aussi qu'il n'y a pas d'univers sans "trous noirs"... Je ne sais pas vraiment où est la "vraie beauté", la beauté absolue... Si la beauté a réellement besoin de "trous noirs" pour qu'on prenne conscience de son existence si existence il y a, de cette beauté...

Dans le ciel que j'ai vu en avion à 11000 m d'altitude, invité dans le poste de pilotage et sur le 24ème degré de latitude Nord au dessus de l'Atlantique entre l'Afrique de l'Ouest et l'Amérique du Sud, le 17 mars 2009... J'ai bien vu qu'il n'y avait pas de trou noir, aucun trou noir, dans l'immensité sans horizon de ce ciel qui ressemblait à un espace céleste en bleu azur strié de "voies lactées" de nuages... Alors j'ai sincèrement et réellement cru à l'existence de cette "beauté absolue"... Qui devait forcément surpasser toutes les autres beautés supposées, réelles, virtuelles, toutes les autres beautés (de l'âme, de la poésie, de la littérature), toutes les autres beautés "crues et nues" du monde et des hommes...

 

Vive le poulet !

 

Dans les savanes tropicales Africaines, les gens élevaient des poulets qu'ils vendaient sur les marchés des villages...

Ils mangeaint leurs poulets, vivaient sur des bouts de terrain qu'ils cultivaient en famille...

En Francs CFA certes, le poulet c'était presque du luxe... Mais on avait quand même de la viande à presque tous les repas... Et pas de téléphones portables.

Et l'Europe dit : “ arrêtez d'élever des poulets, nous on vous envoie du poulet trois fois moins cher.

Quelle aubaine! Avec l'argent économisé sur l'achat d'un poulet Européen, on va pouvoir acheter des téléphones portables aux gosses et à toute la famille! Et peut-être même des scooters!” se dirent beaucoup de gens dans les villages des savanes Africaines...

Et c'est pas tout”, dit encore l'Europe, “ on va vous donner des subventions, c'est à dire de l'argent, pour que vous arrêtiez complètement d'élever des poulets. Et en plus on va vous racheter vos terrains pour en extraire le minerai, l'or et le pétrole. Vous aurez des parts en Bourse, des titres, des dividendes, vous allez devenir riches”...

Comme les Chinois et les Américains étaient aussi “dans le coup”, c'était au plus offrant mais qui en contre partie, était aussi plus exigeant en fonction de ses intérêts...

L'on “tordit le cou” dans les savanes Africaines, aux derniers poulets... Et des tonnes de poulet congelé blanc comme neige transparente furent déversées sur les marchés des villes et des villages Africains...

Tout le monde avait son téléphone portable...

Les gens pour un oui pour un non, se prenaient en photo avec leur téléphone...

Au lieu d'aller à l'école – avant quand ils n'y allaient pas c'était pour aller travailler la terre – les jeunes jouaient sur leur téléphone portable à des jeux genre “combat de goldoraks au sabre de feu”...

Quelques “cadors” paradaient sur des scooters à la carosserie “vaisseau spatial pirate”...

D'autres “cadors” encore plus “cadors” avec l'argent des subventions et des dividendes, étaient devenus guerilleros, trafiquants, chefs de rebelles...

 

Un peu “simple” me direz vous, cette vision politico socio économique!

Et pourtant c'est bien ça!

Il paraît que c'est mieux que la colonisation et l'esclavage...

Ah putin, avec les Droits de l'Homme, le Pape et le Libéralisme c'est quand même mieux que le Communisme!

En attendant, les Chinois, ils creusent en Afrique des trous comme dix fois le gouffre de Padirac et ils chargent des bouts entiers d'écorce terrestre dans des containers géants qui partent sur des cargos pour la Chine... C'est dans les centres industriels de l'Empire Populaire que les bouts d'écorce terrestre seront exploités...

Vive le Poulet Frangaoui!

Good bye Lénine, good bye les marguiliers, good bye les marabouts!

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