Alvéole 10, nouveaux textes

Le passage entre deux mondes

 

L'on “découvre” aujourd'hui les dérives de la mondialisation économique... Comme si cette dernière était un “fait nouveau” particulier à notre temps!

Mais la mondialisation économique (et financière) n'est pas un “fait nouveau”... Ni ses dérives ou ses supposées vertus...

Je citerai ici deux exemples :

-L'empire commercial et économique des Phéniciens autour du bassin méditérranéen dans l'antiquité...

-L'empire commercial et économique de la république deVenise aux 15èmes et 16èmes siècles du temps des Doges...

Dans le temps qu'ont duré et se sont imposés ces deux empires, des ports situés à proximité d'importantes voies fluviales ou le long de côtes en des lieux à partir desquels on pouvait rejoindre rapidement d'autres pays voisins, ont contribué à l'émergence de puissances maritimes, économiques, marchandes et financières... Le pouvoir et la richesse des familles et puissances régnantes de ces empires était tel, qu'il ne pouvait que subordonner à leur rayonnement, à leurs lois et à leurs intérêts, tous les rois, tous les princes, tous les gouvernants des pays non seulement voisins, mais de l'ensemble du monde connu à l'époque...

Et n'oublions pas la piraterie, dont les activités au temps des Phéniciens puis à l'époque de la République de Venise arrangeaient bien les affaires des uns et des autres tout en organisant des réseaux prédateurs... Il en est de même de nos jours, avec les paradis fiscaux, les actionnaires, les organisations mafieuses, le blanchiment de l'argent venu de la prostitution, de la drogue et du racket...

Le fait de “découvrir” - et de s'offusquer des dérives et des vices qui découlent du fonctionnement d'une telle “machine universelle” (ou au contraire d'en louer les supposées vertus) ou encore d'en considérer les rouages comme se mouvant aussi inéluctablement que le vent... N'est pas, non plus, un “fait nouveau”...

Ce qui serait nouveau, ce serait une sorte de “passage” s'ouvrant entre deux mondes : le monde tel qu'il est d'une part , et le monde rêvé d'autre part...

Le fait nouveau serait que le “passage” s'ouvrirait entre le monde tel qu'il est, et le monde rêvé, sur un monde que nul n'a jamais imaginé...

 

L'homme qui aimait les femmes

 

Je viens de voir “L'homme qui aimait les femmes”, de François Truffaut, avec Brigitte Fossey et Charles Denner, en DVD...

 

Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie.”

 

ça commence bien! Un enterrement!... Qui n' a rien d'un “Grantenterrement Général”... Il n'y a QUE des femmes à cet enterrement! Et un corbillard des années 70.

... Cet enterrement, c'est un défilé de mode, “très chic/très classe”, assez émouvant... Et y'en a des jolies jambes, avec ou sans bas noirs...

 

L'on se demande “Mais où le réalisateur a-t-il été chercher ce Bettany, grande maison d'édition apparemment, dont une jeune éditrice décide de publier le livre de Bertrand Morane...

 

Il y a, certes, quelques “coucheries”... Assez classes cependant si l'on peut dire, dans la mesure où les partenaires ne sont pas vraiment à poil, où les lingeries, les chaussures et les vêtements défilent ou tombent sur le plancher...

J'eus préféré pour ma part que la rencontre entre la jeune éditrice de la maison Bettany et l'auteur du manuscrit, Bertrand Morane (ici Charles Denner)... Ne se soldât point par le tourbillon orgasmique et fou de deux êtres qui se sont plu et jetés l'un sur l'autre – sur un lit qui plus est – comme tout bonnement deux amants dans une chambre d'hôtel...

... Mais bon... Il est difficile, certainement autant en ces années 70 que de nos jours, de se départir de cette “consensualité sens-du-mondique” qui arpente le pavé de la littérature , les planches des scènes de théâtre et les linos des studios d'enregistrement, en toutes formes nouvelles ou renouvelées, et donnant à cette consensualité son charisme et son inéluctabilité...

 

... A voir! Je vous le recommande! Un grand moment de poésie, de sensibilité, d'exquise féminité, une fête de visages et d'habillements... Et essayons d'imaginer une rencontre un peu différente entre l'auteur du manuscrit et la jeune éditrice...

 

Je tiens à redire encore que ces "coucheries" étaient tout de même "assez classe"...

... Et à préciser en outre que la scène sur le lit dans la chambre d'hôtel entre l'auteur du manuscrit et la jeune éditrice, reste "très correcte" (et tout aussi "classe") et que d'ailleurs, l'on "ne voit rien" tout en imaginant “ce tourbillon orgasmique et fou” ; que les dialogues par contre, dans cette scène, ne "sont pas piqués des hannetons"!

De toute manière, quand y'a du "littéraire", de la poésie, de l'atmosphère, de l'habillement, du visage, du regard... Et dans tout ça, "pas un pet” de fioritures troudebalesques désastreuses ni de vulgarité blessante ... Y'a pas photo, ça passe toujours bien!

 

 

http://www.krinien.com/cinema/homme-aimait-les-femmes-l- -5086.html

 

 

 

 

Produire, diffuser...

 

... "Produisez et reproduisez" : combien, vraiment, de bloggeurs (et d'auteurs de sites, mais aussi de diffuseurs de messages, d'images, de poèmes, de documents et de textes dans un forum ou un autre)... Reproduisent ce qu'ils exportent en réalité, sur le Net?

Produire n'est pas forcément reproduire : nombreux sont celles et ceux d'entre nous qui s'expriment, présentent... Des documents, des images, des textes, des poèmes, des messages, des oeuvres...

Sur un blob, sur un site, sur un forum. Tout cela, indépendamment du fait que cela est lu ou visité ; entre dans le "grenier" (ou le "cellier") géant, et ne pourra dans un avenir lointain, être connu, découvert, que si l'on "ouvre la porte du grenier ou du cellier et que de surcroît, l'on effectue une recherche dans les tiroirs des vieux meubles, sur les étagères, dans les recoins..."

C'est vrai : les greniers peuvent brûler, les celliers être inondés!

Alors, "produire" ne suffit pas. Il faut diffuser. Et diffuser c'est reproduire, c'est à dire exporter en plusieurs exemplaires, exporter dans les "galaxies de l'univers actuellement connu"...

D'aucuns nous diront (et ils auront sans doute raison) "j'ai déjà vu ça quelque part", ou "oh, celui là il nous bassine, on le voit partout"...

Qu'importe ces "d'aucuns"! Laissons les causer! (Ils n'en font jamais autant, ils croient sans doute qu'il suffit d'avoir une "belle vitrine" dans la rue "la mieux fréquentée")...

Toutes les rues sont bonnes pour les navigateurs de rues collant leur affiche entre les vitrines... Une affiche décollée? On en colle une autre ailleurs!

 

Les extrémistes

 

Les extrémistes sont des gens qui portent en eux les agissements et les comportements dont ils ont l'intime conviction de leur justification... En ce sens, ils ne se voient pas extrémistes. Ils ont une “vision du monde” qui repose sur un nombre réduit de “fondamentaux” (à leurs yeux et dans leur esprit, sinon même dans leur chair et dans leur sang)...

Il y a bien sûr, ceux d'entre eux qui utilisent des armes ou font exploser des bombes, détruisent et tuent... Au nom de ces “fondamentaux”...

Il y a ceux qui sont partisans de quelque “solution finale ou radicale” (par exemple l'anéantissement d'un peuple et d'un pays tout entier)...

Mais je crois qu'il existe une forme d'extrémisme d'ordre beaucoup plus général : celle qui consiste à déclarer, à définir, à délimiter un “territoire convenable”, un “principe fondamental”... En somme une “suprématie” de ce “territoire” (et des gens qui en font partie) , une “suprématie” d'une “vision du monde” ou d' un “ordre des choses”...

Par exemple la suprématie des Blancs sur les Noirs en Amérique au temps de l'esclavage et jusqu'au milieu du 20ème siècle... La suprématie de la “civilisation Occidentale du monde libre et démocratique” sur la “barbarie du monde Musulman intégriste”, ou encore sur “ces pays qui ne respectent pas les Droits de l'Homme”...

Il y a bien là, une forme d'extrémisme... Peut-être encore plus dangereuse et plus “porteuse de guerres”... D'autant plus que cette forme d'extrémisme a ses “Saints”, ses “Sauveurs”, ses “Grands Esprits” vénérés et ovationnés, et aussi ses “cultes”, ses “méthodes d'approche”, sa logistique... Outre ses armées bien sûr...

Je crois qu'avant d'être un extrémiste en particulier ou un extrémiste en général... Un homme est d'abord (et essentiellement) un homme, un être humain avec ses passions, son instinct, mais aussi ses rêves, son intimité, sa singularité, son visage, sa voix, son regard, sa pensée, ce qui le motive, sa vie, sa souffrance, ses jouissances, et enfin sa mort...

Et, parce qu'il est avant tout un homme, un être humain, il a comme tous les êtres vivants, cette capacité à s'adapter et à évoluer dans un environnement qui lui aussi, évolue...

Quel était l'environnement des Noirs au temps de l'esclavage en Amérique? Un environnement qui faisait d'eux, des dominés par les Blancs et des êtres “inférieurs”...

Quel est aujourd'hui l'environnement des Palestiniens du Hamas ou du Hezbollah ou des extrémistes les plus déterminés et les plus dangereux du monde entier ? Un environnement de guerres et de nécessité à combattre, à “faire disparaître”...

Ce sont les évènements, tels qu'ils surviennent et s'imposent aux peuples, aux civilisations... Bien plus que les traités et les dispositions prises dans l'urgence et consignés par écrit, bien plus que les “Saints” ou les “Sauveurs” ovationnés par les foules ; bien plus que l'influence des Intellectuels ou même des artistes ou des écrivains ou des philosophes ; ce sont les évènements, oui, tels qu'ils surviennent et s'imposent... Qui en définitive par leur succession, leur répétition, leur force, leurs implications... Font évoluer les gens dans leurs comportements, leurs croyances, leurs visions du monde...

Un évènement peut-être (et bien souvent il l'est) celui de l'acte déterminé d'une personne ou d'un groupe de personnes dans une situation dramatique, particulière en laquelle des décisions ou un engagement est pris avec tous les risques possibles... Un évènement peut-être (et bien souvent il l'est) le début d'une série d'évènements...

Ce sont bien des évènements, une suite d'évènements, qui ont fait qu'aujourd'hui, des droits soient reconnus et appliqués sans distinction d'origine ethnique ou culturelle...

Ce qui a changé en Amérique au bout de trois siècles, ce qui a changé et que personne n'aurait cru possible... Pourquoi ce qui aujourd'hui est dans tous les extrémismes, ne changerait-il jamais? Pourquoi les extrémismes resteraient-ils tout aussi extrémistes?

Faut-il les tuer tous, ces gens là? Pour qu'il en survive des plus durs et des plus déterminés encore? Ne faut-il pas prendre le risque d'arrêter la violence meurtrière contre les extrémismes? Une violence meurtrière parce que cette violence là tue en même temps des femmes et des enfants, des gens sans armes...

Faut-il encore et toujours, comme au temps des pharaons, des empereurs Romains et des grands généraux victorieux, acclamer des Saints et des Sauveurs? Comme s'il n'était jamais possible de se sauver soi-même, tout simplement en voulant bien regarder différemment qu'avec un oeil noir ou fuyant, celui ou celle qui est en face...

 

Les artistes et la culture

 

Jean Jacques Aillegon ce matin vers 8h sur France Culture disait "les artistes sont là pour créer, pas pour penser ni organiser la culture"...

Cela est vrai, dis-je, dans la mesure où l'artiste est tout entier dans sa création, c'est à dire pour le plus complet et le plus étendu de son temps...

Et qu'en conséquence l'artiste ne peut être autant actif et disponible pour organiser et penser la culture...

Mais l'artiste cependant, est en droit de se demander pour quelles raisons sa création "ne passe pas"... Et lorsqu'il se pose cette question, essentielle pour lui, alors l'artiste "pense la culture" et l'exprime haut et fort, précisément contre ceux qui organisent la culture...

[ 3 février 2009 ]

 

 

 

 

 

Penseurs et créateurs

 

Tous ces grands esprits de tous temps, en particulier dans le domaine de l'écrit et de la littérature, qui “pensent le monde”, nous donnent leur “vision du monde”, critiquent et analysent les oeuvres de tel ou tel auteur, argumentent, soutiennent ou infirment ; produisent des articles ou des chroniques dans les journaux et les magazines d'actualité, et qui cependant, outre des essais ou des thèses, écrivent (le plus souvent d'ailleurs) des romans, des recueils de poésie ou des nouvelles... Sont-ils des créateurs?

Cela est banal à dire mais je le dis : un créateur crée...

Un créateur produit et diffuse ce qu'il crée. Un créateur ne pense pas dans le sens d'une pensée qui cherche une voie d'accès afin de convaincre, de mobiliser ou de fédérer des personnes, d'argumenter sur le bien fondé de son contenu ou encore d'entrer dans une polémique sans issue ou de poser une problématique sans réponse...

Si le créateur pense, c'est qu'il imagine, interprète, décrit ce qu'il voit et ce qu'il sent et le traduit dans son oeuvre.

Un créateur parce qu'il est tout entier et de tout son temps dans sa création, ne “pense pas le monde”mais “dessine le monde” comme le peintre réalise des tableaux.

Un créateur ne se pose jamais la question du sens de son oeuvre, ni de la place ni de la qualité ni de la pertinence ni de l'utilité de son oeuvre...

Sur la qualité de son oeuvre cependant, le créateur s'interroge sur la forme qu'il produit – dans l'instant de son travail ou après avoir achevé son travail – pour autant qu'il considère son travail achevé...

Un créateur crée, point barre!

Penser et créer, c'est à mon avis, difficilement compatible... Mais peut-être pas impossible à concilier.

Je ne suis pas sûr qu'un penseur qui soit en même temps un créateur, puisse être vraiment un créateur pur dans le sens de ce qu'est la création même...

Sans doute faudrait-il la créer cette pensée qui ne soit pas que pensée...

Mais tout n'a-t-il pas déjà été pensé? Même si quelques uns de ces si grands esprits qui ont pensé, dit et écrit, n'étaient pas venus au monde?

Un exemple de ce qu'est la création?

... Il y a vingt mille ans sur les parois des cavernes où s'abritaient les hommes et les femmes... Ces peintures représentant des scènes de la vie, des animaux, des paysages et aussi parfois des rêves et des croyances...

Peut-être ces gens là étaient-ils chacun à leur manière, et pour leurs semblables dans la communauté dont ils faisaient partie, les créateurs d'une pensée.

Les albums de photos

 

Les albums de photos dont on tourne les pages dans les réunions de famille ou d'amis nous montrent des visages pris dans un vent d'étoiles... Des visages qui passent, tombés du vent d'étoiles et portés un instant sur des chemins de lumière cailloutés d'images...

Et ces visages passent ainsi, images traversant un paysage de souvenirs...

De souvenirs parfois mêlés ou le plus souvent séparés d'autres souvenirs...

Les souvenirs ne se connaissent pas entre eux s'ils n'ont jamais été mêlés...

Les visages ne se connaissent pas entre eux s'ils ne se sont jamais vus...

De tous ces visages, il n'en passe que ces images dont on ne saura jamais le paysage qu'elles contiennent et dans lequel elles se projettent...

La dernière page de l'album une fois tournée, et l'album refermé, c'est le vent d'étoiles qui reprend nos visages dans son sillage...

Alors, de ces souvenirs qui ne se connaissent pas entre eux, et de ces visages qui ne se sont jamais vus, que demeurera-t-il?

 

Je dis cela...

 

N'est-ce point par les rêves les plus secrets, les plus intimes et les plus profonds... Parfois les plus inavouables et les plus difficiles à exprimer, les moins partagés par le plus grand nombre, sinon les plus décriés, vilipendés, moqués, proscrits, “interdits de séjour” par la morale conventionnelle ou par quelque législation, et d'une certaine étrangeté... Lorsqu'ils se rencontrent, se jettent les uns sur les autres, fous de s'être trouvés, que s'établissent les relations d'amitié, d'affection, de culture, de sensibilité, de compréhension entre les gens... Les plus durables et les plus solides?

Ce qui est effectivement vil, nous apparaît condamnable et scandaleux voire dangereux... L'est le plus souvent par la manière dont cela est présenté, à dire vrai médiatisé...

Et ce qui est beau, émouvant, étrange, et procède de ce qu'il y a de plus intime et de plus sincère et de plus authentique en l'être... Qui vient du plus profond de l'enfance sans qu'une influence ou une pression ou une contrainte ait été exercée ou qu' une “pollution” extérieure se soit manifestée... Ne peut à mon sens être “jugé” selon les lois, les règles, les modes, les conventions sociales et les cultures du monde...

Je dis cela pour ce que je sais et ce dont je me souviens de mon enfance et des rêves qui ont vécu dans mes si jeunes pensées...

Je dis cela pour avoir entendu et vu, de certaines personnes que j'ai connues et aimées, ces confidences si peu “orthodoxes”, si sincères et si émouvantes dans un témoignage bouleversant...

Il n'a jamais été question pour moi d'être convaincu ou désireux moi-même de telle ou telle “pratique” et encore moins de “dénoncer” ceci ou cela...

Je dis seulement que ce qui est laid existe... Et n'existe en vérité que par la forme de “prédation” qu'il y a dans la laideur... Mais les “prédateurs” ne sont pas des êtres qui se “confient” et qui parlent : ils agissent embusqués, et fondent sur leur proie...

 

Eternel : dans son oeuvre ou dans sa vie ?

 

Montherlant dans ses carnets écrit :

 

Je me foutais pas mal d'être éternel dans mon oeuvre. Ce que je voulais, c'est d'être éternel dans ma vie.”

 

... Phrase absolument magnifique!

 

Les écrivains, historiens, poètes et philosophes Grecs et Romains, ne savaient pas, de leur vivant, qu'ils seraient lus et étudiés plus de deux mille ans plus tard! Et sans doute étaient-ils assez peu connus en leur temps, de bon nombre de leurs contemporains...

Que n'eûssent-ils été, de leur vivant, “éternels”! C'est à dire déjà bien entourés et aimés et écoutés et lus, de leurs proches, de leurs contemporains!

C'est dans la vie que l'on vit, “l'éternel”! Et cela s'appelle l'éternité dans le temps réel vécu, dans le temps de ce qui est partagé entre les gens en un espace de diffusion dont les limites importent peu...

... Van Gogh, et tant d'autres! Des vies de misère, parfois d'exclusion ou d'exil et de solitude!... Et cent ou deux cents ans plus tard, des oeuvres, des tableaux qui valent des fortunes ou sont exposés dans des musées, ou complètent des collections de milliardaires! Ça leur fait “une belle jambe” à leurs âmes!

... Reste la question, très actuelle d'ailleurs, de ces engouements, de ces préférences et de ces notoriétés aussi soudaines qu'éphémères, ne conférant jamais d'éternité à leurs bénéficiaires au “cul bordé de nouilles” et d'un talent discutable...

Si de son vivant, être aimé n'est qu'être adulé, médiatisé et podiumnisé ; ça fait aussi une “belle jambe” pour l'éternité!

 

Une révolution inédite et inconnue se prépare...

 

Je pense que ce seront les évènements, tels qu'ils surviendront, et avec tout ce qu'ils impliqueront les uns et les autres dans la vie des gens en chaque pays, chaque région du monde... Qui feront le monde de demain...

Une crise économique et sociale, mondiale, que nous traversons actuellement, et qui est grave et profonde, va forcément produire d'elle même (comme un phénomène météorologique) des évènements précis, multiples, et divers... Evènements que nous pouvons prévoir, certes, mais dont personne ne sait comment ils évolueront dans leurs mouvements, ni même qui seront réellement les acteurs de ces évènements...

Il n'y a aucune réponse à la question de savoir comment les gens réagiront, pris dans ces évènements ou les subissant, ou en étant les acteurs... Ni à la manière dont les gens vont s'organiser individuellement et collectivement là où ils vivent...

La seule chose qui est certaine, absolument certaine, c'est qu'au delà de la dépression, de la tourmente et de la violence des évènements ; vont apparaître simultanément un peu partout dans le monde des formes diverses, locales, régionales, de vie sociale et économique ; et sans doute grâce à la technologie que nous connaissons, s'établiront un courant de communication et un “rapport de symbiose” entre des populations, des groupements humains, des régions, des pays... Une sorte de “marché informel” qui ne sera plus ni capitaliste ni collectiviste ni dirigé par des “guildes” ni idéologique...

Je pense que la plupart des systèmes économiques et sociaux qui jusqu'à présent se sont succédés, ont été expérimentés, ou furent délibérément choisis ou le plus souvent imposés par la force ; ainsi que toutes les grandes idéologies... Que tout cela a vécu, n'a plus d'avenir. Et qu'une révolution inconnue, inédite, se prépare... Par les évènements eux-mêmes qui détermineront les comportements, les adaptations et les expériences de demain...

 

Dénoncer, se révolter et ou mettre en culture et en valeur...

 

Je m'interroge sur la manière dont certains intellectuels, penseurs, philosophes, écrivains et artistes (dont je partage les idées, le regard qu'ils portent sur le monde et que je rejoins dans ma propre dimension de pensée)... Dénoncent le « vide intellectuel » de notre époque caractérisé par une absence de réflexion profonde ; une prépondérance des valeurs d'efficacité, de rentabilité, de compétitivité et d'orientations purement économiques, sur des valeurs humanistes...

En référence à ce genre de réfléxion de Nicolas Sarkozy (dont voici à peu près la teneur) : « A quoi cela peut-il servir de faire lire la princesse de Clèves à nos étudiants d'aujourd'hui, qui demain, se spécialiseront dans des matières ou suivront des filières professionnelles où l'on n'aura nul besoin d'avoir un bagage littéraire »... Je me dis que la manière de dénoncer cela – et tout le reste – Et toute cette révolte oh combien justifiée de ces intellectuels, penseurs, philosophes, écrivains et artistes tous engagés dans la communication et dans l'information qu'ils diffusent... Ne nous conduit pas à penser, nous qui pensons encore et rejoignons ces intellectuels et ces artistes... Que le monde est perdu?

Alors je pose avec gravité, cette question : « Le monde est-il réellement perdu? »

Les intellectuels, les penseurs, les poètes, les écrivains, les philosophes et les artistes ; ceux d'entre eux qui se révoltent, dénoncent, informent, diffusent ; et sont lus et écoutés... Ont à mon sens une immense responsabilité : une responsabilité aussi énorme qu'est l'irresponsabilité de ces autres intellectuels qui divertissent plus qu'ils n'interpellent, ou de ces acteurs de la vie politique, économique et sociale qui décident et imposent tout en se pavanant sur les planches de l'actualité !

C'est la responsabilité qui consiste à « mettre en culture et en valeur » et donc en développement, tout ce qui existe encore, tout ce qui n'est pas mort, tout ce qui croit encore, tout ce qui agit encore, tout ce qui se rassemble encore en dépit de ce qui ferme, obtrue, oppose, contraint, efface...

Même s'il faut dénoncer haut et fort, même s'il faut se révolter ; il importe plus de travailler, de « mettre en culture et en valeur »... Que de passer sa vie à déplorer, à mettre en évidence, à condamner...

Le pire qui puisse arriver en ce monde, c'est lorsque tout le monde, une fois informé et sensibilisé... Se met à penser, à cause de ce qui est divulgué, révélé, que « tout est foutu »!

La princesse de Clèves

 

A propos de "La princesse de Clèves" ( Marie Madeleine comtesse de la Fayette 1678 ) qui offusqua de première Nicolas Sarkozy (ayant du alors qu'il était étudiant, devoir en apprendre par coeur quelques pages)...

Nicolas Sarkozy donc, devrait (s'il en avait connaissance mais j'en doute) être très satisfait de ce qui dit Charles Dantzig, de "La princesse de Clèves" dans le Dictionnaire égoïste de la littérature Française...

Je cite : " Chaque époque a son chef d'oeuvre médiocre que la postérité admire, le croyant élégant. Il est caractéristique. Pour le 17ème siècle, c'est La princesse de Clèves... ... ... Madame de La Fayette a fait quelques romans... ... ... C'était le parler mondain de l'époque et sa vulgarité... ... ... Les dialogues sont faits de la façon la plus conventionnelle... ... ... la fin est un disque rayé où les mêmes actions se répètent... ... ... Même si l'on fait semblant d'y croire, ce livre n'a pas de logique intérieure... ... ... la princesse de Clèves est devenue une convention. Trois étoiles dans les Michelin littéraires, moins regardants que le Michelin de cuisine".

... Alors, alors, avec beaucoup d'humour et 10 tonnes de dérision et un grand éclat de rire je me dis ceci, à propos de "Grand Hôtel du Merdier" de Guy Sembic dans Alexandrie Online : "l'espèce de Charles Dantzig du 23ème siècle, dans son anthologie des oeuvres éditées sur le Web du 21ème siècle, quel commentaire fera-t-il de ce livre "Grand Hôtel du Merdier"?

Cela dit, je trouve ça "super", de la part des étudiants, en réaction à la réflexion de N. Sarkozy, de lire "la princesse de Clèves"...

Outre un peu plus de littérature, de culture, d'un p'tit chouia de chic, de délicatesse et de classe... Notre époque a besoin aussi de réflexion, de dialogue, de convivialité, de profondeur de pensée et de poésie... Et de quelques "authentiques et surprenantes pirateries" qui, tout en “décoif-dérangeant” (et brisant le “vase sacré”) ne brûlent pas pour autant les bateaux...

Les sources vives du monde...

 

Le monde des humains n'est pas moins cruel ni moins intolérant qu'il ne l'était au temps de l'inquisition et des bûchers...

Il y a quelque chose de “fanatiquement religieux” à considérer que la civilisation “sauve le monde des humains”...

Le monde des humains n'est pas moins dépourvu ni moins désireux de bonté qu'il ne l'était au temps où la civilisation ne l'avait pas organisé et régi...

La bonté dont le monde des humains n'est pas dépourvu est celle qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, qui est forte, qui écoute, qui reconnaît, qui partage, qui pense et agit, ne s'endort jamais sur quelque “paradis perdu” et parvient à transmettre sa force même là où la force s'impose, écrase, domine...

Alors que tout semble perdu dans le monde des humains, il n'y a effectivement rien ni personne qui puisse le sauver... Aucune idéologie, aucun système, et certainement pas la civilisation qui organise et régit...

Alors que tout semble perdu dans le monde des humains, il demeure de ce monde tout comme issues de toutes les montagnes, les sources vives des cours d'eau qui l'irriguent...

Les blogs

 

Les blogs portent en eux leur propre poison. Au petit jeu des contributions, le débat se résume trop souvent à un affrontement verbal où la vacuité des arguments n'a d'égale que la pauvreté de la langue. Un peu de tenue messieurs les bloggeurs, le monde entier vous lit!”

[Edito page 3 du magazine des internautes Février/mars 2009]

 

... Alors si le monde entier peut vous lire, mesdames, mesdemoiselles, messieurs et mondemessieurs les bloggeurs ; ou tout au moins la communauté d'amis et de connaissances qui est la vôtre...

Ne vous épuisez pas dans ces affrontements verbaux, dans ces argumentations et ces polémiques qui n'en finissent jamais et n'ouvrent aucune porte, aucun passage...

Arrêtez de “péter du nombril” dans cette langue que tout le monde ou presque, parle! Cette langue qui prétend détrôner la “langue de bois” de certains intellectuels “nombrilistes” et si obscurs de formation universitaire dans leurs développements, cette langue des tribunes officielles... Car tout aussi polémiques, arrogants, consensuels et épris de leur majestueux égo, ces intellectuels là nous “pètent” leurs blogs sur la Toile, ces blogs qui ont tant de succès et donc de visiteurs...

Faites nous rêver, poétisez, ouvrez le coeur de votre réacteur... Dites le monde, pensez le monde, oui... Mais avec des mots magiques, des mots vertige, des mots qui chantent comme des ruisseaux de montagne, des mots vifs et crus mais qui ne blessent pas et ne font pas bailler de contentement ou d'ennui!

Au lieu de porter en eux ce poison qui les dénature et les éloigne de leur mission de civilisation de l'esprit et du coeur... les blogs devraient être des regards, des voix et des paroles qui soignent, vitalisent et relient les gens entre eux au delà de leurs différences et de leurs aspirations...

 

Une histoire qui ne s'est pas encore faite...

 

Lorsque l'insurrection et la sédition gagnent du terrain à la suite de nombreuses manifestations populaires et une grève générale qui s'intensifie et se prolonge ; l'on voit fleurir dans les rangs des foules en marche, les drapeaux rouges des révolutionnaires et les drapeaux noirs des anarchistes...

Drapeaux ou étendards derrière lesquels défilent les meneurs de mouvements insurrectionnels, les preneurs de parole et toutes les personnes suivant ces symboles de ralliement que sont les drapeaux...

Mais un drapeau, qu'il soit rouge ou noir, est toujours un drapeau! Il devient le symbole d'une vérité sans nul doute partagée et fédératrice mais militante, engagée et d'une vision qui s'apparente à une religion... D'un côté celles et ceux qui ne croient qu'à cette religion et à son avènement universel ; et de l'autre côté les “non croyants”, les opposants ou “non convaincus” qu'il faut “aller chercher” et introduire dans le rang... Ou combattre voire éliminer.

J'ai une conception de l'anarchie dans laquelle toute idée de drapeau, de symbole, de mot d'ordre, d'organisation ou d'emprise sur les gens et le monde par la pensée “retentissante”, m'est totalement étrangère...

L'anarchie serait à mon sens une histoire du monde et des hommes qui ne s'est pas encore faite alors même que cette histoire a déjà “embryonné” en divers temps et lieux sans jamais venir à la vie.

C'est l'histoire du monde et des hommes qui succèdera à la civilisation, tout comme la civilisation elle même avait succédé à la barbarie...

Mais il y a dans le “processus” de succession, une “mécanique” : ainsi la civilisation, succédant à la barbarie, a conservé des traces et des formes de cette barbarie originelle qui dominait dans les rapports humains... Et ainsi l'anarchie, histoire du monde et des hommes qui ne s'est pas encore faite, conservera des traces et des formes de la civilisation dominante...

Au final... Mais à dire vrai sait-on la fin?... Les traces et les formes de barbarie, puis de la civilisation, auront disparu.

            Pour la suite, cliquer sur le lien ci dessous (Alvéole 11) 

http://yugcib.e-monsite.com/rubrique,alveole-11,1024599.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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